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Uneminute de silence est un moment de recueillement pendant lequel, debout le plus souvent, on s'abstient de parler en signe d'hommage, pendant une durée assez longue pour s'assimiler à uneminute.
La minute de silence sert généralement à lacommémoration d'un événement tragique pour unecommunauté qui est diverse, de sorte qu'unrite particulier à unereligion est inapproprié.
Le « silence » dont il est question se comprend dans le sens premier, l'état d'une personne qui s'abstient de parler. La minute de silence montre leconsensus du groupe, puisqu'elle offre l'occasion d'une manifestation d'opposition, et que si aucun son ne l'accompagne, l'indifférence même se manifeste par un brouhaha[1]. Mais les minutes de silence sont quelquefois accompagnées de sons, comme celui duglas ou celui desirènes d'alerte[2], ou, dans les enceintes sportives, d’applaudissements[3].
Le silence des voix est le plus souvent complété par une suspension de l'activité : on s'immobilise debout, dans une attitude recueillie[4]. Le silence et l'immobilité symbolisent la solidarité avec les morts, qui ne peuvent ni bouger, ni parler[5].
Dans la littérature « une minute de silence », expression marquant plutôt la stupéfaction que le recueillement attestée auXVIIIe siècle, ne signifie pas une minute montre en main, mais un peu plus que quelques instants de silence. Il en va de même pour les modernes célébrations civiques. Par exemple, pendant lejour du Souvenir, la durée de recueillement est, dans la plupart des pays, de deux minutes.
Cette forme, dans laquelle certains ont vu une forme dereligion civile[6], remplace laprière dans une société de respect desreligions diverses, incluant l'athéisme ou l'agnosticisme. Elle remplace, pour lescivils, lasonnerie aux morts des cérémonies militaires.
Afin de convenir d'une telle opération commune à plusieurs pays, on engage, ce que l'on appelle dans le langage diplomatique, un protocole de silence. Les diplomates représentant les pays impliqués font des propositions jusqu'à éventuellement arriver à un accord[réf. souhaitée].
Le Portugal a donné le premier exemple connu d'hommage rendu sous forme de temps de silence, à la mort le deJosé Maria da Silva Paranhos Júnior, baron de Rio Branco. Ministre brésilien des Affaires étrangères, il avait été en 1910 l'un des premiers hommes d'État à reconnaître laRépublique portugaise. Le, la séance du Parlement portugais fut suspendue une demi-heure, comme il était d'usage ; l'innovation vint des sénateurs, le lendemain, qui restèrent à leurs sièges pour observer dix minutes de silence. Avec le temps, les dix minutes sont passées à cinq, puis à une minute, jusqu'à nos jours[7].
L’armistice signé le 11 novembre 1918 fut fêté avec enthousiasme et de bruyantes manifestations dans les rues. Le journaliste australien et ancien combattant de l'armée britanniqueEdward George Honey (en) aurait souhaité plus de sobriété et de solennité pour marquer la fin de la Grande Guerre qui avait endeuillé tant de familles. Dans une lettre ouverte au journalLondon Evening News (en) en, il suggéra le principe d'un temps de recueillement silencieux pour célébrer le premier anniversaire de cet armistice dans leCommonwealth. Cette forme laïcisée de la prière pouvait réunir aussi bien croyants de toutes dénominations qu'agnostiques et athée. Il proposa une période de 5 minutes de silence qui fut jugée trop longue, tandis qu'une minute était trop courte[8]. L'homme d'État sud-africain SirJames Percy FitzPatrick suggéra deux minutes le àGeorge V, roi duRoyaume-Uni, qui rendit ce temps officiel le pour lejour du Souvenir : deux minutes de silence (symboliquement une pour les morts, une pour les survivants) sont dès lors observées à 11 heures dans tout le pays (heure de l'entrée en vigueur de l'armistice), le11e jour du11e mois de chaque année[9].
EnFrance, le Parlement vote une loi relative à lacommémoration et à la glorification desmorts pour la France au cours de laGrande Guerre le. On sonnera les cloches et tirera le canon le jour anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918. À partir de 1922, la minute de silence pour la France entière le à 11 heures s'ajoute aux commémorations[10].
La minute de silence se répand ensuite dans les pays d'Europe et d'Amérique comme solennité commémorative.
Dans lasérie téléviséeaméricaine24 Heures chrono, ungénérique de fin d'épisode silencieux, sans bande sonore, manifeste la mort de personnages importants de lafiction[réf. souhaitée].
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