Cetteplanteannuelle herbacée, cultivée pour sesgraines comestibles, est unecéréale secondaire, bien adaptée aux zones semi-arides, qui constitue encore uneculture vivrière dans certaines régions d'Asie. C'est aussi unemauvaise herbe des cultures, classée comme telle dans certains États desÉtats-Unis.
Le millet commun est le vrai millet (milium) des Romains. Cultivé dès les temps préhistoriques, et probablement avant la culture dufroment en Europe ainsi qu'en Égypte et en Asie. Il est probablement originaire dusous-continent indien. Il était également cultivé dans laChine ancienne où il était appelé黍 shǔ.
Contrairement aumillet des oiseaux, l'ancêtre sauvage du millet commun n'a pas encore été identifié de manière satisfaisante. Des formes adventices de cette plante se rencontrent en Asie centrale, couvrant une vaste zone allant de lamer Caspienne auXinjiang et à laMongolie, et il se peut que ces zones semi-arides abritent des formes « véritablement sauvages » dePanicum miliaceum[6]. Le millet commun était cultivé en Chine dès le VIe millénaire avant notre ère[7].
La date de son apparition dans le Caucase, où il a peut-être étédomestiqué indépendamment[7], et en Europe est moins sûre. Si certaines publications ont mentionné des sitesnéolithiques enGéorgie (daté duVe millénaire av. J.-C.) et en Allemagne (près de Leipzig, Hadersleben) dans des sites de laculture à céramique linéaire (5500-4900 avant notre ère)[8], une étude récente avec datation au radiocarbone de graines a démontré que les plus anciennes traces de millet dans le Caucase sont de l’âge duBronze moyen, vers 2000 avant notre ère[9].
Le millet commun semble avoir atteint l'Europe peu de temps après son apparition en Géorgie[7], apparaissant d'abord en Europe de l'Est et en Europe centrale. Cependant la première preuve de sa culture auProche-Orient vient d'une découverte dans les ruines deNimroud (Irak) datée vers 700 av. J.-C[6].
Bien que le millet commun ne figurait pas dans lescultures fondatrices du Néolithique, il est arrivé en Europe sensiblement à l'époque de ces introductions, et la domestication indépendante du millet commun pourrait être antérieure à l'arrivée des céréales du Proche-Orient[6].
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Le millet est arrivé en Europe dès leNéolithique et y a été beaucoup consommé, notamment sur la rive nord de laMéditerranée jusqu'auXVIe siècle et son remplacement progressif par lemaïs[7]. En France, la culture du millet ne s'est guère maintenue qu'enVendée et dans lesLandes pour l'alimentation des volailles ainsi que pour quelques plats locaux comme lepilaïe ou millet au lait[7],[10]. Sa culture y est en expansion du fait de ses besoins limités en eau, engrais et pesticides, ainsi que de son prix de vente élevé[7].
C'est une plante qui résiste bien à lasécheresse, et probablement celle qui a le moins d'exigence en eau de toutes les céréales : il est possible d'obtenir une récolte avec 200 mm de précipitations annuelles, dont un tiers doit survenir durant la période de croissance[7].Les rendements en grains sont toutefois faibles : 400 à 800 kg à l'hectare en culture sèche, 1 à 2 t/ha en culture irriguée[5].Le rendement potentiel maximal en grain est de plus de 6 t/ha.
Plusieurs facteurs contribuent à maintenir une faible productivité en grain : Le maïs, plus productif et plus nutritif, a repoussé la culture de ce millet sur les terres les plus marginales. Ensuite, les méthodes de culture de cette céréale parmi les plus anciennes comptent aussi parmi les plus archaïques dans les pays du Sud (culture itinérante). Surtout, cette plante à système racinaire superficiel ne répond ni aux labours profonds, ni à une irrigation poussée[11].
Aux États-Unis 4,5 t de grain/ha ont déjà été atteint en utilisant le millet commun comme interculture dans un système de non-labour contrôlé chimiquement et non-irrigué (isohyète 380 mm). Cette culture intercalaire de millet commun permet d'éviter une jachère d'été, et l'occupation continue du sol permet une meilleure rotation des cultures. Son système racinaire superficiel et sa résistance aux résidus de biocides de la culture précédente (notamment l'atrazine…) font qu'il se positionne bien entre deux cultures asséchantes en profondeur, et où la pression des biocides a été forte. Les chaumes de la culture précédente réchauffant le sol, le millet peut démarrer plus vite et plus tôt. Pendant qu'il occupe le sol, du fait de ses racines peu profondes, le millet commun permet au sol de se recharger en eau en profondeur, au profit de la culture suivante. Cette dernière, par exemple un blé d'hiver, est ensuite à son tour protégée par les chaumes du millet, qui permettent notamment de faire s'accumuler plus de neige[12].
Le millet commun ne contient pas degluten[13]. Les graines de millet non décortiquées sont riches en vitamines du groupe B et contiennent également un peu de vitamine E. Elles présentent des concentrations en minéraux tels que manganèse, zinc,magnésium, phosphore, fer mais également en silice[13]. Le millet est riche enfibres alimentaires[14].
Le millet est unecéréale vêtue qui doit être décortiquée avant préparation[7]. Cela se faisait autrefois au pilon et mortier.
Alimentation humaine : le millet commun décortiqué se consomme soit sous forme de graines entières, généralement bouillies comme le riz, soit réduit en farine qui peut servir à préparer des bouillies, des galettes, ou, mélangée avec de la farine de blé, du pain[7].
EnHongrie la bouillie de millet a été un plat fréquemment proposé dans les mariages[7].
Dans l'ancienEmpire ottoman, on l'utilise avec d'autres céréales pour faire une boisson, leboza[7].
Alimentation animale : il est utilisé pour nourrir lesoiseaux de volière et debasse-cour[7]. L'intérêt fourrager du millet commun est faible : producteur de biomasse correct, il est néanmoins possiblement irritant du fait de la forte villosité de ses tiges, et surtout il possède un faible ratio feuille:tige, plus faible que le millet des oiseaux (Setaria italica) qui lui est donc préféré pour cet usage, notamment la variété moha qui elle est de très haute qualité fourragère
Le millet blanc fut durant des centaines d'années l'aliment principal du gavage des ortolans qui, trois semaines durant étaient gavés avant d'être noyés dans l'Armagnac. Cette pratique a disparu des assiettes françaises depuis 1995 par un décret européen.