Remarié en 1972 avec Michèle Legendre (1941-2010), docteur en psychologie[5], le couple a deux enfants,Loïc et Olivier. Le, il épouse Sylvie Pélissier,conseillère en communication[6].
Michel Rocard passe par lescoutisme unioniste où il entre comme « louveteau », avant d'être « éclaireur ». Il exerce des responsabilités trois ans comme chef de troupe adjoint et trois ans comme chef de troupe (ayant d'ailleursLionel Jospin comme éclaireur)[1]. Il porte alors letotem (surnom scout) d'« hamster érudit »[7].
Après avoir été à l'école primaire avecClaude Chabrol, il est élève à l’Écolealsacienne[8] puis aulycée Louis-le-Grand[9], et obtient son baccalauréat scientifique mention assez bien en1946, grâce à ses bonnes notes dans les matières littéraires[1]. Inscrit enhypotaupe (Math Sup), il comprend qu'il n'a pas en sciences les mêmes dons que son père qui le destine pourtant à une carrière scientifique comme la sienne. Il décide de se détourner de cette voie, ce qui provoque un conflit familial[10] : son père, souhaitant qu'il entre àPolytechnique, lui coupe les vivres dans un premier temps[11].
Pour subvenir à ses frais d'études, son père le fait engager pendant deux ans commetourneur-fraiseur dans son laboratoire dephysique de l'École normale supérieure, où il a pour contremaître un militant politique et syndical qui l'initie à l'histoire de la gauche[13]. C'est avant tout pour militer en faveur de l'Europe qu'il adhère en 1949 aux Étudiants socialistesSFIO[14], où il essaie en vain d'attirer le jeune Jacques Chirac. Il rencontreVictor Fay en1953 et tire un grand enseignement de cet intellectuel militant[15]. Michel Rocard déclare plus tard :« [il] venait nous faire des séminaires d'éducationmarxiste. Nous nous réunissions depuis octobre1955 une fois par semaine entre une quinzaine de participants. Nous nous rendions à son domicile… La pédagogie de Fay était rude mais d'une efficacité terrible… Ma rencontre avec Victor Fay est une des clés de mon orientation »[16].
Michel Rocard décide, durant sa scolarité à Sciences Po, de préparer le concours de l'École nationale d'administration afin de devenirhaut fonctionnaire[12]. Diplômé en 1952 au 51e rang, il intègre la classe préparatoire aux concours de la haute fonction publique de l'établissement. Après avoir été admissible à l'ENA en 1952 et 1953, il est admis en 1954[12]. Il entre à l'ENA en1956, classé 9e, au sein de lapromotion18-Juin. Il y étudie notamment aux côtés deJacques de Larosière et deMichel Gentot. Il fait son stage préfectoral à lapréfecture de l'Yonne et obtient la troisième meilleure note de stage de sa promotion, et sort classé 10e[17] ou 13e[12] en1958[12].
Alors que se déclare laguerre d'Algérie, il rejoint les socialistes en rupture avecGuy Mollet à propos de la politiquealgérienne. C'est par refus des guerres coloniales qu'il décide d'entrer en politique[19]. Il qualifie d’« assassin » leministre de la Justice d’alors,François Mitterrand, qui n'est pas favorable, dans 80 % des cas, aux demandes de grâce de condamnés à mort algériens[2].
Il adhère auParti socialiste autonome (PSA) dès sa création parÉdouard Depreux etAlain Savary[20]. Il écrit :« Pendant plus d'un siècle, la France a prétendu mener en Algérie la politique dite de l'assimilation, qui seule justifiait l'intégration de l'Algérie dans le territoire de la République. En fait, cette politique fut proclamée et jamais appliquée […] L'égalité des devoirs existait, et notamment l'impôt du sang, mais point d'égalité des droits ». Il relève« une mentalité proche de laségrégation raciale qui interdisait auxmusulmans, sauf exception, l'accès aux fonctions de responsabilités, même mineures, dans leur propre pays »[21].
Il rédige pour la SFIO un rapport dénonçant lescamps de regroupement dans lesquels seraient « parqués » deux millions de paysans, soit la moitié de la population algérienne rurale[22],[23],[24]. Envoyé sur place en 1958 comme inspecteur des finances, il aurait découvert que des milliers de personnes étaient menacées de famine dans l'ignorance de la population et l'indifférence apparente des autorités civiles et militaires[22]. Accueilli àAlger par son ami le sous-lieutenantJacques Bugnicourt, il le met au courant que l'armée française procéderait, dans le plus grand secret, à desdéplacements massifs de population[23], afin d'empêcher leFLN de s'enraciner sur place, de le priver de son ravitaillement et permettre à l'aviation le bombardement aunapalm.
Michel Rocard se voit confier officieusement une enquête sur les camps de regroupement jusque-là passés sous silence[22]. Cette enquête a lieu de septembre à. Il sillonne l'Algérie dans un rayon de 500 km autour d'Alger et visite notamment desdouars et mechtas[25]. Il estime à 200 000 les morts de faim[22],[24]. Le, Michel Rocard rend son rapport àPaul Delouvrier, qui le fait taper en neuf exemplaires. Il lui en confie deux en lui demandant de le transmettre par ses propres moyens au plus proche entourage dugénéral de Gaulle au cas où il ne parviendrait pas lui-même à entrer en contact avec le chef de l'État[26],[23]. Le rapport est publié le dansFrance Observateur, puis le lendemain dansLe Monde[23]. Le Premier ministre,Michel Debré, aurait alors en vain tenté de le révoquer[27].
Michel Rocard est nomméinspecteur des Finances en 1958, puis secrétaire général de la Commission des comptes et des budgets économiques de la nation en1965. Remarqué lors des Rencontres de Grenoble en1966, il devient secrétaire général duPSU en1967. Michel Rocard prend, à partir de 1953, le pseudonyme de « Georges Servet » (du nom d'un hérétique protestant,Michel Servet) ; c’est sous ce nom qu'il est connu au PSU avant 1967. Il partage également le nom de plume « Jacques Malterre » avecHubert Prévot[28]. EnMai 68, il joue un certain rôle car l’UNEF, le principal syndicat étudiant, est contrôlée par les étudiants du PSU dont fait notamment partieJacques Sauvageot, alors vice-président de l’UNEF. Il accompagnePierre Mendès France au meeting deCharlety.
Après la défaite dugénéral de Gaulle lors du référendum du, Michel Rocard en appelle à « un pouvoir de transition vers lesocialisme »[29]. Il se présente à l’élection présidentielle de 1969, où il recueille de 3,61 % des suffrages exprimés ; ce score est inférieur aux 4,94 % obtenus par le PSU au premier tour des élections législatives de 1968. De son côté, le candidat socialisteGaston Defferre, allié àPierre Mendès France, n’obtient que 5 %.
D'un point de vue économique, Michel Rocard vante alors les vertus de l'autogestion yougoslave :« La performance économique de laYougoslavie autogestionnaire est en termes globaux une des plus remarquables du monde entier »[32]. Il soutient encore cette idée en2009 en prenant ses distances vis-à-vis du modèle historique de l'État yougoslave[33].
Lors de lacampagne présidentielle de 1974, il soutientFrançois Mitterrand. Mais en octobre, lorsqu'il propose au PSU de rejoindre lePS, il est mis en minorité (40 %). Il quitte alors lePSU et participe auxAssises pour le Socialisme (12-13 octobre 1974) qui préparent l’entrée au PS des minoritaires du PSU et de certains militants proches de la CFDT commeJacques Chérèque. Son entrée auParti socialiste date de décembre1974. Il devient membre du bureau exécutif en et secrétaire national chargé du secteur public. Il est élu maire deConflans-Sainte-Honorine en1977, à la tête d’une liste d’Union de la gauche ; il conserve ce mandat jusqu'en 1994. Il reconquiert le siège de député de lacirconscription de Conflans auxlégislatives de 1978. Le, il annonce sa candidature à la candidature du PS pour laprésidentielle de 1981, mais la retire le8 novembre suivant, lorsqueFrançois Mitterrand annonce la sienne. L'antagonisme qui couvait entre les deux hommes depuis au moins 1977 dure jusqu'à la mort de Mitterrand, en 1996[2].
La fin desannées 1970 marque l'avènement au sein duParti socialiste du « rocardisme », également appelé « nouvelle gauche » ou « deuxième gauche »[34]. Celle-ci affiche une tendance décentralisatrice (congrès de Nantes, 1977), puis ouvertement hostile aux nationalisations intégrales (à 100 %) préparées par les mitterrandistes (congrès de Metz, 1979). Il profite du procès contre des membres duFLB, durant lequel il témoigne en faveur des accusés, en novembre1979, pour justifier ses appels à la décentralisation :« Je sens profondément que ce mouvement centralisateur, commencé parPhilippele Bel, doit s'arrêter »[35].
Alors que sa popularité est très élevée, Michel Rocard apparaît à partir de 1978 comme le plus vraisemblable des présidentiables et comme une figure incontournable du paysage politique français[36]. En s'opposant aux « nationalisations à outrance » et en acceptant l'économie de marché, le rocardisme semble être à l'opposé des positions défendues par leParti communiste dans les négociations duProgramme commun. Les rocardiens se réclament souvent de la pensée dePierre Mendès France lorsqu’ils prônent une politique économique « réaliste » et uneculture de gouvernement.
Il confie par la suite qu'il était le seul à craindre les dérives économiques pouvant résulter desnationalisations promises. Il déclare que bien qu'il fût ministre d'État, il n'avait pas plus de prérogatives que les autres, et que François Mitterrand n'avait pas vraiment l'intention de suivre lePlan mis en place. Il demanda à Mauroy l'aménagement du territoire, qu'il obtint, et l'ajout de l'économie sociale, sans succès. Malgré tout, il déclare avoir créé le concept, ses outils, son conseil supérieur, sa banque et son groupement financier associé[39].
Son action pendant ces années est notamment marquée par la loi du, dont il est à l'origine et qui établit lescontrats de plan État-Région.
Michel Rocard (droite) avec le Premier ministre néerlandaisRuud Lubbers (gauche) et la Première ministre norvégienneGro Harlem Brundtland (centre), en 1989.
Michel Rocard est nomméPremier ministre, le, au début du second septennat deFrançois Mitterrand. La principale raison de ce choix pragmatique réside dans la volonté d'ouverture vers le centre de Mitterrand, et que Michel Rocard, par ailleurs très populaire, aurait été le mieux à même de réaliser[43]. Peu avant sa nomination àMatignon, ce dernier avait déclaré àAmbroise Roux en 1987 :« Je vais le nommer puisque les Français semblent en vouloir […] Mais vous verrez, au bout de dix-huit mois, on verra au travers »[44],[45]. On fait référence également à une citation cinglante, dans laquelle Mitterrand, interrogé sur ses successeurs potentiels à la présidence, déclare enoff« par ordre de préférence :Jacques Delors,François Léotard,Raymond Barre,Giscard d'Estaing,mon chien, Michel Rocard »[46]. Les analystes font remarquer que Mitterrand ne facilite pas la tâche de son Premier ministre durant son mandat[47], Rocard déclara que« lacohabitation Mitterrand-Chirac était plus heureuse »[48]. Des journalistes interprétèrent même la fameuse randonnée du aupic Saint-Loup comme une manœuvre pour humilier et railler Rocard, sa tenue vestimentaire étant inadaptée[49],[50],[51].
Il détient le record du plus grand nombre de ministres dans son gouvernement sous laVe République avec 49 membres[52].Pierre-Emmanuel Guigo relève que Michel Rocard, ayant pris ses distances avec les« ressources « modernes » de la communication à partir du début des années 1980 et devenant ainsi« plus réticent à intervenir à la télévision, et hostile aux journalistes »,« ne participera qu'à trois grandes émissions politiques » comme Premier ministre,« établissant ainsi un record de silence pour cette fonction »[53].
Durant son mandat de Premier ministre, Michel Rocard dispose comme résidence secondaire deLa Lanterne, ancien pavillon de chasse situé dans le domaine du château de Versailles. Il fait procéder à des travaux de rénovation, fait ajouter une piscine et un court de tennis[réf. nécessaire].
Utilisation record de l'article 49.3 de la Constitution
Michel Rocard arrive au pouvoir dans une période de croissance économique[56] (3,8 % en 1988) au moment où un dollar faible aide l'industrie exportatrice française. Il bénéficie, du fait de la progressivité de l'impôt, de recettes fiscales exceptionnelles[57].
Influencé par le pèreJoseph Wresinski[58], il instaure lerevenu minimum d'insertion (RMI) le, l’un des rares projets de loi votés à l'Assemblée à l'unanimité[59]. Présenté comme une assistance temporaire pour aider les chômeurs en fin de droits à se réinsérer, il deviendra un potentiel revenu à long terme[60]. L'absence de projet d'insertion et d'encadrement prévu à cet effet permit très rapidement à ses détracteurs de dire que du sigle RMI, le « I » d'insertion était « jeté aux oubliettes ». Selon ceux-ci, le prétexte de la réinsertion était le motif nécessaire pour faire passer la loi, alors que ses promoteurs n'ignoraient pas que l'administration n'avait aucunement les moyens de suivre les bénéficiaires et de leur proposer des « projets d'insertion ».
Il fait adopter par l'Assemblée le la loi sur laContribution sociale généralisée (CSG), nouvel impôt prélevé à la source dont l'assiette est constituée de tous les revenus, qu'ils proviennent du travail ou du patrimoine[61]. Simultanément, il diminue les charges assises sur les salaires de façon à favoriser l'emploi sans modifier le montant global des prélèvements obligatoires. Par la suite, le montant de la CSG s'est accru jusqu'à représenter en 2010 le double du produit de l'impôt sur le revenu, soit 6 % durevenu national[62].
Michel Rocard est l'instigateur en1991 du premier « livre blanc sur les retraites », un diagnostic général de l'état des finances qui soulignait la nécessité de modifier le système de retraites existant alors[63]. Par la suite, il conseillera le rapprochement du régime des fonctionnaires sur celui du privé, mais restera opposé à l'augmentation de l'âge de la retraite au-delà de 60 ans qui est, selon lui,« un chiffon rouge » qui cache la complexité des situations réelles[64]. Selon lui, laréforme des retraites en France en 2010 permet de« gagner un répit de dix ans sur le plan comptable » sans résoudre le fond du problème :« Le problème des retraites reste devant nous »[65].
Dans un article duMonde, en 1996, puis au70e anniversaire de laCimade, en 2009[66],[67], Michel Rocard se plaignit de ce que les médias et les politiques tronquaient, en la citant sous la forme« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », une phrase de lui dont la teneur exacte était, selon lui :« La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre fidèlement sa part ». Cependant, cette phrase ne trouve pas de trace dans les archives et les discours référant à la simple et ferme première expression sont nombreux[68].
Michel Rocard a bel et bien prononcé la version courte de la phrase, au moins à deux reprises : le, à l'émission7 sur 7[69], et le, devant des élus socialistes originaires duMaghreb[70],[71]. Dans les deux cas, il s'agit de justifier une politique anti-immigrationniste. (« Aujourd'hui je le dis clairement la France n'est plus, ne peut plus être, une terre d'immigration. Je l'ai déjà dit et je le réaffirme : « nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde » », le[72]). Ce n'est que le, à une nouvelle émission de7 sur 7, que Michel Rocard, qui cherche à se distancier de la droite revenue au pouvoir et à qui l'animatrice rappelle sa phrase célèbre, donne à sa position une forme moins absolue. Dans cette nouvelle version, il ne dit d'ailleurs pas que la France doive prendre une part de la misère du monde, mais seulement traiter le mieux possible la part qu'elle en a déjà :« laissez-moi lui ajouter son complément, à cette phrase : je maintiens que la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde. La part qu’elle en a, elle prend la responsabilité de la traiter le mieux possible. Mais à partir de là, ce n’est pas non plus une raison pour que la France se charge de toutes les xénophobies du monde »[71].
Le, Michel Rocard fait signer lesaccords de Matignon entérinant les droits de laNouvelle-Calédonie à l’autodétermination et mettant fin aux violences sur l’île. Cette action pour la pacification de la Nouvelle-Calédonie est, selon lui, ce qu'il a fait de mieux au gouvernement, mais c'est aussi l'action pour laquelle il dit avoir subi les pires attaques[73].
Avec son conseiller à la sécuritéRémy Pautrat, auparavant directeur de laDST, il relance leComité interministériel du renseignement (CIR)[74] et un Plan national de renseignement visant à ce que Matignon prenne une part active dans l'orientation générale de la recherche des services en France plutôt que la laisser à la seule initiative de ces derniers.
Le,François Mitterrand, avec qui sa mésentente est alors de notoriété publique, lui demande de démissionner de sa fonction de Premier ministre[75] et le remplace à ce poste parÉdith Cresson.
En février1993, alors que leParti socialiste est promis par les sondages à une déroute électorale auxélections législatives de mars, Michel Rocard plaide pour une rénovation du PS, en affirmant que la gauche française a besoin d'un« big bang » : l'expression attire l'attention des médias qui voient là l'émergence d'une possible alternance de gauche au mitterrandisme[76]. Lors du scrutin législatif au cours duquel les socialistes sont lourdement défaits, Michel Rocard est lui-même battu dans sa circonscription desYvelines parPierre Cardo, maireUDF deChanteloup-les-Vignes ; malgré cet échec personnel, il devient en octobre de la même année premier secrétaire du PS, le premier à être élu par les délégués au congrès national. Il remanie profondément les institutions dirigeantes du parti donnant notamment son autonomie auMJS.
Il choisit d'être tête de liste auxélections européennes de, lors desquelles il doit subir la concurrence de la listeradicale deBernard Tapie, soutenue discrètement parFrançois Mitterrand. À la suite du mauvais score de sa liste (14,5 %), une coalitionEmmanuelli-Fabius le met en minorité au conseil national du PS et il doit démissionner de son poste de premier secrétaire le, remplacé parHenri Emmanuelli, qui convoque dans l'urgence uncongrès à Liévin[43].
Revenant sur cet épisode, il déclare qu'avoir accepté le poste de premier secrétaire est« la faute de [sa] carrière »[77]. Michel Rocard doit alors abandonner l'idée d'une deuxième candidature présidentielle que les médias lui prêtent depuis 1981. Il est élusénateur desYvelines le24 septembre 1995.
Il démissionne de son mandat de sénateur en 1997, car le Premier ministreLionel Jospin lui a demandé de choisir entre leSénat et leParlement européen, où il siège de 1994 à 2009, et où il s'illustre par son opposition auxbrevets logiciels dans l'Union européenne. Il exerce plusieurs fonctions au Parlement européen en présidant les commissions de la coopération et du développement (1997-1999), puis de l'emploi et des affaires sociales (1999-2002) et enfin de la culture (2002-2004)[78].
Michel Rocard est un fervent défenseur de l'entrée de laTurquie dans l'Union européenne. Il a d'ailleurs écrit un plaidoyer concernant ce sujet[79] : selon lui,« la Turquie est un enjeu stratégique » et« une vraie chance pour l'Europe ». Il met en avant les arguments liés à l'accès aux routes énergétiques, une plate-forme de paix dans leCaucase, lesBalkans et leProche-Orient, une économie de marché en plein essor et une nation démocratique et laïque : « La Turquie représente une démocratie chrétienne à la mode musulmane à la fois économiquement libérale et conservatrice sur le plan des mœurs »[80]. SelonPascal Gauchon, l'ensemble des analyses de Michel Rocard concernant le « tropisme européen » de l'AKP deRecep Tayyip Erdoğan seront démenties par la réalité[81].
Dans un livre en forme de dialogue avec l'ancien commissaire européenFrits Bolkestein publié en2006[82], Michel Rocard va jusqu'à estimer que « viendra un jour où on débaptisera l'Union européenne, parce que, comme Français, je suis obligé de vous dire que quand l'Algérie sera là, nous serons plus tranquilles »[83].
Un mois avant le premier tour de l'élection présidentielle de 2007, il tente en vain de convaincreSégolène Royal de se désister en sa faveur, pensant pouvoir éviter la défaite de la gauche face àNicolas Sarkozy[84],[85]. La candidate socialiste le charge de rédiger un rapport-programme sur le numérique qui sera publié sous le titreRépublique 2.0 - Vers une société de la connaissance ouverte[86]. Il se prononce dansLe Monde du, soit neuf jours avant le premier tour, pour un accord Royal-Bayrou[87],[88].
En, il est membre de la « commissionPochard », sur la condition enseignante et le statut des enseignants, voulue parNicolas Sarkozy et lancée par le ministre de l'Éducation nationale,Xavier Darcos ; il en démissionne le à la suite du titre d'un entretien auFigaro qu'il juge « mensonger »[91].
Il démissionne du Parlement européen à la fin du mois de, mettant fin à sa carrière d'élu politique après quinze années de présence au Parlement européen et quarante ans après son premier mandat d'élu[92]. Le lendemain de cette annonce, il est salué par une ovation des députés du Parlement européen[93].
Le, Nicolas Sarkozy le nommeambassadeur chargé de la négociation internationale pour les pôlesarctique etantarctique[94],[95]. En, il préside à la demande du gouvernement français une conférence d'experts sur l'institution d'uneContribution climat énergie[96] et remet son rapport le[97] dans lequel il préconise une taxe carbone de 32 euros par tonne deCO2[98].
En, il publie, avec l'économistePierre Larrouturou, un essai alarmiste sur lacrise, prédisant la fin de la croissance[101].
Le, il exprime ses réserves sur le projet de loi autorisant lemariage homosexuel, estimant que lePACS « aurait pu suffire »[102]. Par la suite, il se montre très critique envers la politique économique deFrançois Hollande, qu'il appelle à ne pas se représenter en2017[103].
Michel Rocard est membre du Comité de soutien de l’Association Primo Levi (Soins et soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique)[117] et membre du Comité d’honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)[118].
En 2014, il participe à la création de l'association MichelRocard.org, qui valorise son héritage politique et intellectuel[120],[121]. Cette association, créée à l'initiative dePierre Pringuet,Bernard Spitz etPierre Zémor, vise à collecter et numériser l'intégralité des œuvres de Michel Rocard[122].
Officier honoraire de l'ordre national du Québec pour avoir« contribué de façon remarquable au développement du rôle international du Québec et au maintien des liens privilégiés entre les deux gouvernements » (2000)[126].
Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale (Québec, 2001)[127]
La plupart de ses discours et livres ont été numérisés par l'association MichelRocard.org et sont accessibles sur le sitemichelrocard.org. Y sont également présents un grand nombre de photographies et de vidéos[120].
Le PSU et l’Avenir socialiste de la France, Seuil,1969.
Le Marché commun contre l’Europe, Seuil,1973. Face au défi des « multinationales » lesocialisme sera européen ou ne sera pas (avec Bernard Jaumont et Daniel Lenègre).
Propositions pour sortir de la crise (avec collaborateurs), Cerf, 1974.
L’Inflation au cœur, Gallimard,1975 (avec Jacques Gallus).
« Faire de Strasbourg la capitale intellectuelle de l'Europe », article (signé en collaboration avec Éric Kaija Guerrier, Véronique Kretz et Charlotte Ricateau-Pfersdorff), publié dans leno 7 de laRevue Le Diable probablement,Éditions Verdier),.
Si ça vous amuse. Chronique de mes faits et méfaits, mémoires, Flammarion, 2010(ISBN978-2-08-123790-2).
Il s'agit d'un livre-disque dans lequel participe une quarantaine d'invités aux titres d'auteurs ou d'interprètes : Michel Rocard y signe un texte inédit (non mis en musique) consacré à sa propre interprétation de ce titre énigmatique deN'importe où, hors du monde.
↑Par intérim du 3 avril au 24 octobre 1993 (désigné et investi officiellement le 24 lors ducongrès du Bourget).
↑Devenu agnostique sur la fin de sa vie, il disait :« Je ne crois plus à aucune transcendance et suis devenu agnostique. Mais je constate que l'humanité n'a pas su trouver en elle-même les sources d'une morale de la vie ». Source :« La France rend un triple hommage à Michel Rocard »,Challenges,.
↑Un premier hommage lui est rendu le lundi 4 juillet au soir au pied de l'Hôtel de Ville de Conflans-Sainte-Honorine.Cf.« Hommage à Michel Rocard », surconflans-sainte-honorine.fr,.
↑a etbJean-Marie Mignon,« Chapitre I. Geneviève Poujol, une vie », dansUn engagement à l'épreuve de la théorie. Itinéraire et travaux de Geneviève Poujol, L'Harmattan,(lire en ligne),p. 17-45.
↑a etbFrédéric Attal, Christophe Bellon, Noëlline Castagnez-Ruggiu,La France de la Ve République : 1958-2008,Armand Colin,,p. 248.
↑Raphaëlle Bacqué,L'Enfer de Matignon : ce sont eux qui en parlent le mieux, Points, 2010,p. 83.
↑Rocard, dans le livre d'entretiensSi la gauche savait apprit cette confidence de l'industriel Roux, lorsqu'il visita l'Association des grandes entreprises de France, huit ou neuf mois après avoir quitté son poste de Premier ministre.
↑« Michel Rocard « Nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde » »[vidéo], surina.fr,(consulté le). Si on visualise l'émission de 1989, on voit que Michel Rocard prononce bien une version courte de la phrase, mais précise cependant que, conformément à ses engagements internationaux (laConvention de Genève), la France doit rester une terre d'asile politique :« Nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde […] la France doit rester ce qu'elle est, une terre d'asile politique […] mais pas plus […] ».
↑« Michel Rocard préconise une taxe carbone de 32 euros par tonne de CO2 »,Le Monde,(lire en ligne, consulté le)
↑a etb« Pour un désarmement nucléaire mondial, seule réponse à la prolifération anarchique, MM. Juppé, Norlain, Richard et Rocard »,Le Monde,(lire en ligne, consulté le)
↑Sophie Bastide-Bernardin, « Programme philatélique officiel 2023 des Terres australes et antarctiques françaises »,L'Écho de la timbrologie n°1979, janvier 2023, p. 24-27.