Droitier au formidable jeu de jambes, Michael Chang accède à une renommée mondiale en remportant les Internationaux de France, en 1989, âgé seulement de dix-sept ans (il est le plus jeune vainqueur du tournoi en simple messieurs, record qui tient toujours), en ayant écarté en 5 sets le favori et numéro un mondialIvan Lendl en huitièmes de finale, au terme d'un match haletant et qualifié d'inoubliable[1],[2],[3],[4]. En finale, mené 2 sets à 1 par le SuédoisStefan Edberg, il gagne à nouveau en 5 sets.
Membre du top 10 mondial durant sept saisons, entre 1989 et 1997, il atteint son meilleurclassement ATP le, à la seconde place mondiale.
Michael Te-pei Chang est le fils de deux immigrants chinois ayant grandi àTaïwan bien que n'étant pas nés dans l'île. Son père, Joe, né àChaozhou, dans la province duGuangdong (sud de laChine continentale), vivait à Taiwan depuis l'âge de sept ans, tandis que sa mère, Betty (née Tung), est née àDelhi enInde, où son père Michael Tung exerçait la fonction d'ambassadeur deChine. Elle s'installa aux États-Unis en 1959, où son futur époux arriva en 1966. C'est donc dans ce pays que naît Michael Chang, le.
En1987, Michael Chang devient le plus jeune joueur à gagner un match lors de l'US Open et le le plus jeune à entrer dans le top 200 : 15 ans, 7 mois et 26 jours.
Le, il devient le plus jeune joueur à entrer dans le top 100 : 16 ans, 3 mois et 13 jours. En septembre, pour sa deuxième participation à l'US Open, il dispute son premier huitième de finale en Grand Chelem, face à son futur grand rival,Andre Agassi, numéro 4 mondial, contre lequel il s'incline en trois sets (7-5 6-3 6-2).
En1989, il fait un extraordinaire parcours lors deRoland-Garros. En huitième de finale, il batIvan Lendl, numéro un mondial, lors d'un match épique où il lutte contre des crampes et gagne le match après avoir fait craquer psychologiquement Lendl, grâce notamment à son fameux service surprise à la cuillère dans le5e set, à 4-3[6]. Il remporte ce jeu, et dans le suivant, à 5-3, l’Américain se procure deux balles de match. Lendl est au service et rate sa première balle ; Chang va alors se placer à la limite du carré de service concerné. Le Tchèque conteste et dira plus tard avoir été gêné par les rires du public. Déstabilisé par cette action insolite de Chang, Lendl rate sa deuxième balle, concédant la double faute et donc le match[7].
Chang remporte les deux parties suivantes contre l'HaïtienRonald Agenor et le RusseAndrei Chesnokov, avant de remporter ensuite la finale contreStefan Edberg après avoir été mené deux sets à un (6-1, 3-6, 4-6, 6-4, 6-2) devenant alors le plus jeune vainqueur d'un tournoi du Grand Chelem en simple messieurs, record qu'il détient toujours. Le, il devient le plus jeune joueur à entrer dans le top 5 : 17 ans, 5 mois et 14 jours. À partir de cette année et jusqu'en 1997, Chang va parvenir à jouer au moins un quart de finale par an en Grand Chelem.
L'année suivante, il fait partie de l'équipe victorieuse de laCoupe Davis : il qualifie tout d'abord les États-Unis pour la finale en remportant le cinquième match décisif face à l'AutrichienHorst Skoff, en réussissant l'exploit de remonter un déficit de deux sets à zéro (3-6, 6-7, 6-4, 6-4, 6-3). Victorieux de la finale face à l'Australie, Chang apporte le premier point contreDarren Cahill (6-2, 7-6, 6-0). Plus tôt dans l'année, il perd son titre à Roland-Garros au stade des quarts de finale, contre Andre Agassi qui le bat en quatre sets (6-2 6-1 4-6 6-2). Quelques mois plus tard, il remporte son premierMasters 1000 à Toronto, en battant sur sa route Andre Agassi en quart de finale (4-6 7-5 7-5) puisPete Sampras en demi (3-6 7-5 7-6).
Gagnant en régularité, il rejoint en 1991 pour la troisième fois consécutive les quarts de finale de Roland-Garros où il s'incline en trois sets face àBoris Becker (6-4 6-4 6-2), après avoir battu l'immense championJimmy Connors (4-6 7-5 6-2 4-6, abandon) au troisième tour. Preuve de ses progrès, Chang parvient pour la première fois à battreJohn McEnroe, au troisième tour de l'US Open et en cinq sets (6-4 4-6 7-6 2-6 6-3). Enfin, en décembre, lors des demi-finales de laCoupe du Grand Chelem, il réédite son exploit de Roland-Garros et parvient une nouvelle fois à battre Ivan Lendl après avoir perdu les deux premières manches (victoire 2-6 4-6 6-4 7-6 9-7).
Dès1992, après deux ans de travail acharné, il redevient crédible sur le court et dit alors :« Je suis un peu plus fort, un peu plus expérimenté, un peu plus âgé et plus intelligent. Je suis enfin sorti de l’adolescence. »[réf. nécessaire] Sur les courts, il est devenu plus agressif : «« J’ai énormément fait progresser mon service et ma volée, ce qui me permet d’être plus agressif. Maintenant le jeu est devenu très rapide. On ne peut plus espérer battre un joueur en attendant qu’il fasse la faute de lui-même. Il faut la provoquer. En quelque sorte, maîtriser davantage son propre destin. »[réf. nécessaire]
Cette année-là, il réussit à remporter, coup sur coup, les Masters 1000 d'Indian Wells et deMiami — un doublé très rare dans l'histoire du tennis — en enregistrant au passage des victoires sur des joueurs de premier plan commePete Sampras etJim Courier.
Surtout, lors de l'US Open, il est tout proche d'atteindre une nouvelle finale de Grand Chelem. Après deux matches disputés en cinq sets en huitième de finale (victoire 6-2 2-6 3-6 6-3 6-1 face àMaliVai Washington) puis en quart de finale (victoire sur le fil 7-5 2-6 6-3 6-7 6-1), Chang affronte leno 2 mondialStefan Edberg en demi-finale. D'un niveau de jeu extraordinaire, il s'agit alors du plus long match de l'histoire de l'US Open, qui se conclut en 5 h 26 sur une victoire de Stefan Edberg, sur le score de 6-7, 7-5, 7-6, 5-7, 6-4. D'un sang-froid à toute épreuve, le Suédois doit refaire son retard dans le dernier set, Chang ayant mené 4-2 dans ce set décisif. Avec un total de 57 victoires pour 23 défaites, Chang finit la saison au6e rang mondial.
En1995, il atteint pour la première fois les demi-finales de l'Open d'Australie, vaincu par Pete Sampras en quatre sets (6-7 6-3 6-4 6-4), en ayant réussi 20 aces au cours du match, soit 7 de plus que son adversaire. Grâce à ce résultat, il fait alors partie des rares joueurs ayant réussi à jouer les quarts de finale des quatre tournois du Grand Chelem. Il remporte ensuite le tournoi de Hong-Kong et réalise une très bonne saison sur terre battue avec un titre à Atlanta et une victoire en finale surAndre Agassi,no 1 mondial, puis un quart de finale au Masters de Rome, perdu 6-2 6-3 face àThomas Muster, intouchable cette année-là sur cette surface où il ne perd qu'un seul match. Il accède à nouveau à la finale deRoland-Garros mais perd encore contre Thomas Muster (7-5, 6-2, 6-4), malgré un bon départ (Chang mène 4-1 avec deux balles de 5-1, puis il sert pour le set à 5-3). Sur son parcours, Chang s'offre notamment une victoire de prestige en demi-finale sur le double tenant du titreSergi Bruguera (6-4, 7-6, 7-6). Après une défaite au deuxième tour de Wimbledon, Chang réussit un bon été sur ciment en atteignant la finale du masters de Cincinnati, dont il est double tenant du titre, mais doit s'incliner contre le numéro un mondial Andre Agassi. Il réussit un nouveau quart de finale à l'US Open où il s'incline en 3 sets et 3 heures (7-6 7-6 7-5) contre unJim Courrier de retour à un haut niveau. L'Américain réussit ensuite une excellente fin de saison en remportant deux titres à Pékin et Tokyo, et en jouant un quart de finale au Masters de Paris-Bercy. Il termine cette saison 1995 par sa seule et unique finale enMasters Cup perdue face àBoris Becker en trois sets (7-6, 6-0, 7-6 alors qu'il a servi pour le gain du premier set à 5-3), après des victoires surPete Sampras,Jim Courier etThomas Muster. Ses 65 victoires pour 19 défaites, 4 titres et 5 finales le portent à la5e place mondiale.
En1997, où il resteno 2 mondial pendant la majeure partie de la saison, il atteint les demi-finales de l'Open d'Australie pour la troisième fois consécutive, mais s'incline à la surprise générale contre la révélation du tournoi, le jeune EspagnolCarlos Moya, en trois sets (7-5 6-2 6-4). Toujours très régulier, il affiche, au, le meilleur bilan de la saison, avec 28 victoires pour seulement 3 défaites et 4 titres, dont son septième (et dernier) Masters 1000 à Indian Wells. Sur ces trois premiers mois de la saison, Chang enregistre des victoires sur des joueurs de premier plan commeThomas Muster,Marcelo Rios,Goran Ivanisevic etPatrick Rafter. Favori pour le titre à Roland-Garros, il perd en huitième de finale après avoir mené un set et un break contreSergi Bruguera (3-6 6-4 6-3 6-4), de retour à son meilleur niveau après de nombreuses blessures. Si le début de saison sur gazon s'avère prometteur avec une demi-finale au tournoi de Bois-le-Duc, Chang perd d'entrée à Wimbledon (7-6 3-6 6-2 3-6 8-6) face àTodd Woodbridge qui atteint ensuite les demi-finales. De retour sur le ciment américain, Chang passe encore une fois tout près de la première place mondiale grâce à un nouvel été performant. Il remporte d'abord son cinquième titre de la saison à Washington, puis atteint les demi-finales des Masters 1000 de Montréal et Cincinnati et enfin les quarts de finale de Long Island. Très bien préparé pour l'US Open, où il est tête de série numéro 2, il commence ce tournoi par victoires plutôt faciles, avant de remporter deux matchs consécutifs en cinq sets, d'abord contreCédric Pioline qui sert pour le match en huitième de finale (victoire 6-3 0-6 5-7 7-5 6-1), puis contre Marcelo Rios (7-5 6-2 4-6 4-6 6-3). Ces deux victoires difficiles laissent des traces. La quasi-totalité du top 10 ayant été battu avant les quarts de finale, et alors qu'il ne reste plus que deux têtes de série en demi-finale (Michael Chang,no 2 et Patrick Rafter,no 13), l'Américain apparaît toutefois comme le grand favori pour le titre, ayant un bilan victoires/défaites positif face aux trois autres joueurs encore en course (Patrick Rafter,Greg Rusedski etJonas Björkman). En cas de titre dans cet US Open, Michael Chang a encore la possibilité de devenir numéro un mondial. Pourtant, l'Américain perd sèchement sa demi-finale contre un grand Rafter (6-3, 6-3, 6-4). La déception est grande pour Chang et le public américain. Carl Chang, frère et entraîneur de Michael, reste d'ailleurs plusieurs heures seul, le regard dans le vide dans les gradins du stade après le match.John McEnroe estime alors que pour Chang,« c'était l'année ou jamais »[réf. nécessaire]. La suite des évènements lui donnera raison.
Fin septembre, Michael Chang permet pourtant aux États-Unis de se qualifier pour la finale de laCoupe Davis en remportant ses deux matches, contrePatrick Rafter (6-4 1-6 6-3 6-4), prenant au passage sa revanche de l'US Open, etMark Philippoussis. Mais ceci est son dernier fait d'armes de l'année. Semblant toujours très affecté moralement et psychologiquement par cette occasion manquée à l'US Open, Chang perd au premier tour des trois tournois auxquels il participe ensuite (Singapour, Stuttgart et Bercy). Qualifié pour la Masters Cup en tant queno 2 mondial, il remporte de manière convaincante son premier match de poule face àSergi Bruguerano 8 (7-6 6-2), mais s'incline ensuite lourdement contre leno 6Ievgueni Kafelnikov (6-3 6-0) et rate les demi-finales en s'inclinant pour la première fois face au nouveauno 4 mondialJonas Björkman (6-4 7-5). Redescendu à la troisième place mondiale, Chang compte alors sur la finale de la Coupe Davis face à la Suède pour bien terminer son année. Chang mène 5-7 6-1 3-1 et balle de 4-2 lors du match d'ouverture contre Björkman, avant de s'incliner en quatre manches (7-5 1-6 6-3 6-3). Déçu, à court de confiance, il déclare :« Je n'ai pas été capable de gagner les points importants »[9] ;« J'ai connu des déceptions au cours de ma carrière, aujourd'hui, sur ce court, c'en est une grande. Il n'est jamais facile de passer par là. Chaque jour devient difficile pour se rétablir, se reprendre, continuer et travailler durement. Quand vous travaillez beaucoup et que vous arrivez encore un peu juste sur le court, échouant encore, ça peut devenir compliqué. »[10]
Le cauchemar continue puisqu'il perd également son deuxième match, les États-Unis s'inclinant même 5-0 en y ajoutant l'abandon dePete Sampras, blessé lors du deuxième simple. Depuis sa défaite en demi-finale de l'US Open contre Rafter, Chang n'a gagné que trois matches sur dix disputés. Il termine l'année à la troisième place mondiale, juste derrière Rafter ; il est alors le seul joueur, avec Pete Sampras, à finir la saison dans le top 10 pour la sixième année consécutive. Au total, il a remporté un peu moins de matches que lors des précédentes saisons (57 victoires pour 21 défaites). Chang affirme que le fait d'avoir été doublé in extremis par Rafter au classement provoque en lui« le désir de s'entraîner encore plus durement pendant l'intersaison pour faire de 1998 la meilleure saison de ma carrière et atteindre la première place mondiale »[11]. Ainsi, Chang ne se repose que quatre jours après cette saison harassante et se lance, avec son frère et entraîneur Carl, dans un programme d'entrainement intense : pendant 5 semaines et ce 6 jours par semaine et dès 6 heures du matin, l'américain enchaîne footing, musculation et séances dekaraté pour être« plus fort » ce qui s'avère être une grave erreur de la part du clan Chang[11] : les blessures vont en effet s'enchaîner en 1998.
Il arrête sa carrière en2003 après avoir effectué une tournée d'adieu où il participe aux tournois qui comptent le plus pour lui. Chang s'incline deux fois contre son vieux rival Agassi, à Scottsdale puis Miami (6-4 6-2). Pour son dernier Roland-Garros, l'Américain est battu au premier tour par le FrançaisFabrice Santoro après avoir régalé le public dans une première manche de haut niveau (7-5 6-1 6-1). L'organisation du tournoi rend hommage à Chang lors d'une cérémonie sur le court que L' Américain, ému, quitte en pleurs sur une dernière ovation. Il joue son ultime match à l'US Open où il perd en quatre sets acharnés au premier tour face au ChilienFernando Gonzalez, tête de série numéro 15 et quart de finaliste l'année précédente. C'est sur cette défaite honorable que Chang termine sa carrière.
Appelé en renfort par la fédération chinoise de tennis en vue desJeux olympiques de Pékin en 2008, il prend en charge l'entraînement dePeng Shuai. Malgré des résultats concluants, il arrête cette collaboration en cours d'année afin de se consacrer à son académie de tennis en Chine[15].
En 2013, il intègre l'équipe du joueur japonaisKei Nishikori, en tant que conseiller avant de devenir officiellement son entraîneur.