En1947, elle figure dans un film aux côtés de sa mère. Elle paraît dans un court métrage de neuf minutes destiné aux enfants,Duck and Cover, une production des années1950. Le film est projeté dans les écoles pour apprendre aux enfants ce qu’il faut faire en cas d’attaque nucléaire : plonger et se couvrir[3] !
Mia Farrow tourne un bout d’essai, sans lendemain, pour le rôle de Liesl von Trapp dans le filmLa Mélodie du bonheur. Le rôle échoit finalement àCharmian Carr. Ce métrage a été conservé et figure sur le DVD du quarantième anniversaire du film.
Farrow débute réellement sa carrière en1959 dans un film réalisé par son père et intituléJohn Paul Jones, maître des mers. Elle enchaînera des seconds rôles dans plusieurs films desannées 1960. En1964, sa prestation d’Allison Mackenzie, femme naïve et abandonnée, dans la série téléviséePeyton Place lui apporte un début de notoriété. Elle abandonnera le rôle deux ans plus tard sur les conseils pressants de son premier mariFrank Sinatra. Quatre ans après, c’est la consécration dans le rôle principal deRosemary’s Baby réalisé parRoman Polanski (1968). Encensé par la critique, le film est un succès commercial et constitue toujours un classique des films d’épouvante.
L’interprétation de Mia Farrow dans ce film lui vaut de multiples récompenses dont leGolden Globe Award du meilleur espoir féminin de l’année et la conforte dans sa notoriété. Le critique et auteur américain Stephen Faber décrit sa prestation en ces termes :
« Un choc électrisant… un des rares exemples d’une conjonction miraculeuse et quasiment mythique entre un acteur et son personnage. Si l’histoire d’Ira Levin touche astucieusement à la croyance de femmes enceintes qu’un étranger grandit en elles, Mia Farrow donne à ces croyances consistance et force[4],[5]. »
Le critique de filmsRoger Ebert note que« le côté brillant de la production est surtout le fait de la direction dePolanski ainsi que d’interprétations réellement inspirées… Les personnages apparaissent comme des êtres humains en action. Une grande partie de cette réussite revient à Mia Farrow dans le rôle de Rosemary[6],[7]. »
AprèsRosemary’s baby, Farrow, pressentie pour tenir le rôle de Mattie dans le filmCent dollars pour un shérif, se montre enthousiaste mais, avant d’interpréter ce film, elle tourneCérémonie secrète auRoyaume-Uni avecElizabeth Taylor etRobert Mitchum, qui lui apprend queHenry Hathaway, le réalisateur deCent dollars pour un shérif, se montre très dur avec les actrices. Farrow demande alors au producteurHal Wallis de remplacer Hathaway, ce qui lui est refusé. Farrow renonce donc au rôle, qui est confié àKim Darby[8]. Elle enchaîne avecMaldonne pour un espion (Anthony Mann,1968).Cérémonie secrète reçoit un accueil mitigé de la part des critiques mais a connu un bel avenir. En1969, Farrow donne la réplique àDustin Hoffman pour le filmJohn et Mary.
Au cours desannées 1990, Mia Farrow est moins présente sur les plateaux de tournage pour se consacrer à l’éducation de ses enfants alors en bas âge. Elle prête néanmoins son concours à la production de plusieurs films marquants dont elle assure le rôle principal :Parfum de scandale (Widow’s Peak,1994),Miami Rhapsody (1995) etReckless (1995).
Plus récemment, l’actrice assume le personnage de Mrs. Baylock, la grand-mèresatanique duremakeLa Malédiction. Bien que le film ait eu une critique plutôt tiède, la prestation de Farrow est appréciée. L’Associated Press déclare :
« Dieu merci ! Mia Farrow… Un rare exemple où le nouvelOmen améliore l’ancien[9],[10]. »
Filmcritic.com ajoute :« Farrow vole le spectacle[11],[12]. » Le quotidienSeattle Post-Intelligencer renchérit« un rôle de rentrée réellement exquis pour Rosemary. Mia Farrow, hautement crédible, vous glace le sang dans les veines en grand-mère doucereuse tout droit venue de l’enfer »[13],[14].
Mia Farrow épouse le chanteurFrank Sinatra le. Elle a 21 ans et lui 50. En 1968, Frank Sinatra lui demande d’abandonner le plateau deRosemary's Baby au profit de son filmLe Détective ; il se heurte à un refus. Il lui présente alors les papiers du divorce sur le plateau de tournage deRosemary's Baby[15]. Le divorce, prononcé en1968, est relaté dans le livre de Jay J. Ames en1976.
Dès le divorce prononcé, Mia Farrow et sa sœur cadette Prudence s’envolent pour l’Inde où elles passent une année entière à l’âshram deMaharishi Mahesh Yogi àRishikesh,Uttarakhand. Elle y étudie laMéditation transcendantale en compagnie desBeatles et d’autres artistes commeDonovan ouMike Love desBeach Boys. L’une et l’autre inspirent deux chansons de l’album blanc des Beatles composées parJohn Lennon. La chansonDear Prudence s’adresse à la petite sœur, qui reste toute la journée cloitrée dans son bungalow pour méditer, sous la forme :Dear Prudence, won’t you come out to play?. L’autre chanson de l’album,Sexy Sadie, est inspirée par un incident survenu entre Mia et le Maharishi qui aurait fait des avances à l'actrice ; l'apprenant, John Lennon considère que le « Maître » est un imposteur, quitte l’âshram de Rishikesh avec éclat et écrit la chanson accusatriceSexy Sadie (expression utilisée pour ne pas nommer ouvertement Maharishi).
En1970, l’actrice épouse le chef d’orchestre et compositeur d’origine allemandeAndré Previn. Dans une chanson acerbe intituléeBeware of Young Girls (Garde-toi des Jeunes Filles),Dory Previn, la précédente épouse de ce dernier reproche à Mia Farrow d'avoir détruit son mariage. Ils ont trois enfants et adoptent deux enfants vietnamiens puis une enfant coréenne, prénommée Soon-Yi (voir ci-après). Mia Farrow et André Previn divorcent en1979 mais restent en bons termes.
Mia Farrow en 1980.
Vers1980, Mia Farrow commence uneidylle de douze ans avec le réalisateurWoody Allen, pendant laquelle ils ne se sont jamais mariés et ne vivent même jamais sous le même toit. Durant cette période, Farrow est la vedette d’un certain nombre de films du réalisateur, où plusieurs de leurs enfants ont aussi joué des rôles.
Mia Farrow donne naissance en1987 à Satchel Ronan O’Sullivan Farrow, présenté alors comme l'enfant naturel de Woody Allen (mais Mia Farrow confie ultérieurement que son père est peut-être Frank Sinatra[16]), actuellement connu sous le nom deRonan Farrow etavocat spécialisé dans lesdroits de l'homme. Le couple se sépare lorsque l’actrice découvre la relation sexuelle entre Woody Allen et Soon-Yi, la fille que Previn et elle avaient adoptée vers 1978. Au cours de la bataille juridique qui s’ensuit pour la garde de leurs trois enfants, Mia Farrow dépose une plainte contre Allen pour avoir abusé de leur fille adoptive Dylan alors âgée de sept ans. Allen rejette énergiquement ces accusations. Les charges pesant sur Woody Allen sont finalement abandonnées pour éviter de présenter l’enfant devant le tribunal (la garde ayant déjà été accordée à la mère, et Allen n'ayant pas le droit de visite), et que les enquêtes ont démontré les nombreuses incohérences du discours de Mia Farrow, bien que l'avocat de Farrow ait déclaré « avoir des présomptions sérieuses »[17].
Dylan Farrow, en 2014, maintient ses accusations et regrette de n'avoir pas témoigné plus jeune[18].
Moses, son frère, quant à lui témoignera des années plus tard sur le déroulement des faits ce jour-là ; et prendra la défense de son père adoptif qui n'a pas pu, d'après lui, avoir un comportement déplacé envers Dylan.
Finalement, Mia Farrow obtient la garde des enfants. Dans son autobiographieWhat Falls Away (Ce qui part), Mia Farrow révèle que Frank Sinatra lui aurait proposé de faire briser les jambes de Woody Allen.
Mia Farrow et Soon-Yi ne se sont plus revues depuis le mariage de cette dernière avec Woody Allen en1997. Farrow qualifie cette perte de « tragique » dans les colonnes du journalThe Observer déplorant« qu’elle ne revient pas[19] ». Mia Farrow enchaîne en disant à propos de sa fille adoptive :
« Elle était dans la rue en Corée lorsqu’elle a été appréhendée et conduite à l’orphelinat d’État. Et en me plaçant de son point de vue — un point de vue extrêmement limité — elle a amélioré sa situation. Pour une petite gamine coréenne… peut-être n’est-elle pas à blâmer[20]. »
Soon-Yi aurait quant à elle déclaré que sa mère adoptive« n’était pasMère Teresa ».
Plus tard, Mia Farrow adopte six autres enfants dont Gabriel Wilk Farrow en1995 et nommé d’après Elliott Wilk, le juge qui a présidé la bataille juridique entre elle et Woody Allen en1993. Tam Farrow, la fille adoptive de l’actrice est morte en 2000 des suites d’une longue maladie à l'âge de 21 ans. Le, Mia Farrow perd une autre fille adoptive, Lark Previn, malade depuis une dizaine d’années dusida[21].
Mia Farrow perd encore son frère Patrick Joseph Farrow, né le, sculpteur aux multiples récompenses qui s’est suicidé le d’une balle dans la tête à l’intérieur de sa galerie d’art[22] à l’enseigneFarrow Gallery deCastleton,Vermont,États-Unis[23]. Il laisse sa femme Susan, artiste comme lui.
Moses Amadeus Farrow surnommé « Misha » né le et adopté en1980 ;
Dylan O’Sullivan Farrow surnommée « Eliza » née le, elle s’appelle actuellement Malone.
et six enfants adoptés à titre personnel :
Tam Farrow née en 1979 et morte en des suites d’une longue maladie ;
Isaiah Justus Farrow (né en 1992) ;
Kaeli-Shea Farrow surnommée « Quincy » a été adoptée en1994 ;
Frankie-Minh, ainsi appelé en hommage à Frank Sinatra, est né en1991. Farrow l’a adopté en1995 ;
Thaddeus V. Farrow, né en1988 et adopté en1994. Il est mort le à l'hôpital de Danbury (Connecticut) des suites de ses blessures. Il avait été retrouvé blessé par balle dans sa voiture. L'origine criminelle ne serait pas avérée. Il pourrait s'agir d'un suicide. Le jeune était atteint d'unepoliomyélite qui l'avait rendu paraplégique ;
Mia Farrow s’est faite l’avocate des droits de l’enfant, travaillant à récolter des fonds et s’occupant des enfants dans les régions en état de guerre, surtout enAfrique. Elle est Membre Bienveillant et Ambassadrice de l’Unicef. À ce titre, elle a beaucoup œuvré dans la lutte contre lapoliomyélite dont elle a été victime dans son enfance. Elle s’est personnellement déplacée trois fois auDarfour. Les deux premières en et, en compagnie de son fils Ronan (qui a travaillé pour l’UNICEF auSoudan), pour plaider en faveur des réfugiés de ce pays[26]. Les photographies qu’elle a prises au cours de ses voyages ont été publiées dans les pages du magazinePeople au mois de. Elle a aussi autorisé la publication sous son nom, dans les colonnes duChicago Tribune du, d’un article traitant de la crise que traverse le pays.
La même année 2006, on retrouve Mia Farrow àBerlin pour prendre part à une action caritative desOursons Unis qui vend les dessins de 142 artistes membres desNations unies[27].
Farrow donne son aval pour publier un éditorial sous son nom dans les colonnes duLos Angeles Times. Il paraît le sous le titre « World must not turn away from Darfur’s desperation »[28] et part pour un troisième voyage au Darfour dans le cadre d’un film documentaire sur ce pays[29]. Le, l’actrice offre « d’échanger sa liberté » contre celle d’un chef rebelle hospitalisé dans un hôpital des Nations unies mais peu désireux de le quitter par peur de représailles. Elle souhaite être incarcérée en échange de la possibilité pour le rebelle de quitter le pays.
Depuis2007, Mia Farrow s’est impliquée dans la campagne« Un rêve pour le Darfour »[30] qui a fait un effort important pour sensibiliser l’opinion publiquechinoise à soutenir le gouvernement soudanais avec une attention toute particulière sur lesJeux olympiques de l’été2008 qui se sont déroulés àBeijing. En, l’actrice, alors ambassadrice de l’Unicef, envoie auWall Street Journal une lettre ouverte àSteven Spielberg dans laquelle elle lui reproche son rôle de conseiller artistique du gouvernement chinois pour les émissions télévisées des Jeux olympiques de 2008. Elle y spécifie que le réalisateur risquait de devenir le« Leni Riefenstahl des Jeux dePékin ». Sa démarche fait suite à deux lettres qu’elle lui avait adressées personnellement, et qui étaient restées sans réponse. Mia Farrow demande au réalisateur américain de quitter ce qu’elle appelle« les Jeux dugénocide » si le gouvernement chinois ne se décide pas à peser sur leSoudan pour mettre fin à la crise duDarfour.
Talonné par Mia Farrow, Spielberg démissionne de la charge le dans la droite ligne deGeorge Clooney, qui décide de faire pression sur OMEGA (chronométrage des JO)[pas clair]. En outre, pendant la diffusion des Jeux, Mia Farrow, depuis un camp de réfugiés soudanais, a mis en lumière par Internet l’implication de la Chine dans la région[31].
L’actrice a récemment accepté de prêter sa voix à un film documentaire intituléAs We Forgive Those relatant la lutte de nombreux survivants dugénocide des Tutsi au Rwanda pour pardonner aux assassins de leurs pères, mères, sœurs, frères, enfants et amis[32].
Mia Farrow a monté son propre site Internet[33] comprenant un blog avec des entrées pour leDarfour, leTchad et laRépublique centrafricaine. Le site renferme aussi un guide exposant la manière de s’impliquer dans l’activisme au Darfour, accompagné des photos qu’elle a prises lors de ses voyages dans le pays.
Le, laCour pénale internationale émet un mandat d’arrêt contre le président du SoudanOmar al-Bashir provoquant l’expulsion de 13 missions humanitaires. Mia Farrow s’élève contre cette situation en entamant un jeûne le pendant douze jours. Elle absorbe uniquement de l’eau[34]. Le8 mai, elle doit mettre fin à son jeûne en raison de problèmes de santé[35].
↑« electrifying impact… one of the rare instances of actor and character achieving a miraculous, almost mythical match. If Ira Levin’s story shrewdly taps into every pregnant woman’s fears about the stranger growing inside her, Mia Farrow gives those fears an achingly real and human force ».
↑« the brilliance of the film comes more from Polanski’s direction, and from a series of genuinely inspired performances… The characters emerge as human beings actually doing these things. A great deal of the credit for this achievement must go to Mia Farrow, as Rosemary »
↑« She was on the streets in Korea when she was captured and brought to the state orphanage. And in a way I can see from her perspective — a very limited perspective — that she’s improved her situation. For a little orphan kid from Korea … Perhaps she’s not to be blamed ».