Lemercredi des Cendres (enlatinDies cinerum, « Jour des cendres ») est un jour depénitence qui marque le début duCarême dans lechristianisme. Cettefête mobile a lieu 47 jours avantPâques en comput ancien[Note 1]. La veille du mercredi des Cendres, leMardi gras, est le dernier jour « gras » avant le carême, qui va durer 40 jours.
Il se fête au plus tôt le 4 février, au plus tard le 10 mars.
Imposition des cendres par un ministre du culte.Gravure de 1878 où une femme vêtue de noir symbolise le mercredi des Cendres pendant que s'éloignent deux personnages en costumes deMardi gras.
La ritualisation des cendres est liée à lapénitence dès l’Ancien Testament, notamment dans leLivre de Daniel et leLivre de Jonas : « Et je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, me disposant à la prière et à la supplication par le jeûne, et avec le sac et la cendre[1] » et « Le bruit étant parvenu jusqu’au roi de Ninive, il se leva de son trône, jeta bas son manteau, se couvrit d’uncilice et s’assit sur la cendre[2]. »
Le papeGrégoireIer institue aux alentours de l'an 591 la coutume, en ce mercredi, de consacrer au service divin les cendres desrameaux de l'année précédente et de tracer avec ces cendres une croix sur le front des fidèles. En recevant cette croix de cendres, les fidèles doivent prendre conscience de leur caractère éphémère et faillible. Aussi, sont-ils appelés à laconversion (engrec ancien :μετάνοια,metánoia : « repentance », accompagnée de « changement de pensée, changement de sens, conversion de la pensée »).
La première prière pour la bénédiction des cendres date duXIe siècle. Lors dusynode de Bénévent (1091), lepapeUrbain II recommande la coutume de l’éparpillement des cendres pour toute l’Église[4].
Lapénitence peut se résumer en trois actions : la prière, l'aumône et le jeûne. Le but est de se préparer à la fête dePâques. C'est une manière concrète pour le chrétien de s'unir àJésus-Christ, qui lui-même, après son baptême parJean le Baptiste, a jeûné quarante jours dans le désert pour se préparer à sa mission, celle de sa mort et de sarésurrection.
C'est aussi l'occasion de se détacher de tout ce qui éloigne de Dieu ; le jeûne ne prend pas toujours la forme de privation de nourriture, mais peut être plus large. Diminuer ou se priver représente un chemin de détachement et d'humilité qui permet de mieux prendre conscience de ce que tant d'êtres humains sur Terre vivent au quotidien, et de rester dans une attitude d'accueil : que le prochain en difficulté ne nous soit pas étranger.
Dans lechristianisme primitif, ce qui était mis de côté par ceux qui jeûnaient était redistribué aux pauvres.
Dans l'Église catholique, les fidèles assistent à unemesse où le prêtre, après la proclamation de l'Évangile et l'homélie, leur trace une croix sur le front avec de la cendre, en prononçant ce verset de l'Évangile selon Marc (Mc 1,15) :« Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » ou celui de laGenèse (Gn 3,19) :« Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière » (enlatin :Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris). L'imposition de cendres au front du pénitent est une évocation symbolique de la mort, un appel à la conversion, un symbole de renaissance, une image de la pauvreté de l'être humain et le signe de lamiséricorde de Dieu[5].
Les catholiques sont tenus à l'abstinence et au jeûne le mercredi des Cendres[6] sauf cas particuliers (jeunes enfants, personnes âgées ou malades, personnes exerçant un métier physiquement difficile).
En Allemagne et dans une moindre mesure en Autriche, leMercredi des cendres politique est devenu un événement non religieux mais important dans la vie politique.
↑a etbLes Anciens décomptaient le nombre de jours entre deux dates en incluant le jour de départ et le jour d'arrivée. Dans la manière actuelle de décompter, du mercredi des Cendres à la date de Pâques, cela fait 46. De même, pour le Lundi Pur, 48 jours avant Pâques.
↑Gunther Gassmann & Mark Oldenburg,Historical Dictionary of Lutheranism, Scarecrow Press, 2011(ISBN9780810874824), p. 229.
↑Adolf Adam,Das Kirchenjahr mitfeiern. Seine Geschichte und seine Bedeutung nach der Liturgieerneuerung, Herder, Freiburg/Basel/Wien, 1979(ISBN3-451-18648-9), p. 87–88.