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| Maurice Gabolde | |
Maurice Gabolde en 1943. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Garde des Sceaux, ministre de la Justice (Vichy) | |
| – (1 an, 4 mois et 22 jours) | |
| Président | Philippe Pétain |
| Premier ministre | Pierre Laval |
| Gouvernement | Laval VI |
| Prédécesseur | Joseph Barthélemy |
| Successeur | François de Menthon |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Maurice, Felix, Bertrand, Émile Gabolde |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Castres |
| Date de décès | (à 80 ans) |
| Lieu de décès | Barcelone |
| Nationalité | Française |
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Maurice Gabolde (né àCastres le, mort àBarcelone le) est unmagistrat ethomme politiquefrançais.
Collaborateur, il futgarde des Sceaux pendant lerégime de Vichy. Il fut condamné à mort par contumace le 13 mars 1946.
Il est le fils de Hermance Bourdil (1859-1943)[1] et de Louis Gabolde (1856-1939), sous-inspecteur de l'administration de l'Enregistrement[2]. Le couple avait eu deux autres enfants morts en bas âge en 1881 et 1883[2]>. En 1905 la famille déménage à Paris et Maurice Gabolde poursuit ses études auLycée Condorcet. De 1910 à 1913 il étudie en licence à la faculté de droit de Paris[3].
À partir de 1913, il effectue son service militaire quand débute laPremière Guerre mondiale. Il est blessé le àNeuville-Saint-Vaast et doit être amputé d'une jambe. Il se marie le et aura un fils né en 1924[3].
Après avoir réussi le concours d'avocat, il devient rédacteur au ministère de la Justice avant d'être nommé substitut du procureur àSaint-Omer. En 1922-1923 il devient procureur àLons-le-Saunier, puis en 1925 àBelfort. En 1927 il est substitut général à lacour d'appel de Lyon puis en 1929 avocat général. En 1934 il est nommé substitut général à la section financière de Paris[3].
Après avoir été procureur général à Chambéry en, il est nommé en 1940, au début durégime de Vichy,avocat général à laCour suprême de justice de Riom[4], un tribunal d'exception créé par lemaréchal Pétain pour juger les dirigeants de laTroisième République et les généraux, que le nouveau régime estimait responsables de la défaite[5].
En 1940, il adhère auGroupe Collaboration d'Alphonse de Châteaubriant[4].
À partir de, il estprocureur de la République à Paris. À ce titre il est impliqué dans la loi d'exception voulue parPierre Pucheu à l'occasion de l'assassinat de l'aspirant allemand Alfons Moser parPierre Georges. C'est en effet lui qui rédige l'article 10 de laloi du réprimant l'activité communiste ou anarchiste :
« L'action publique devant la juridiction saisie seprescrit par dix ans à dater de la perpétration des faits, même si ceux-ci sont antérieurs à lapromulgation de la présente loi. Toutes juridictions d'instruction ou de jugement sont dessaisies de plein droit à l'égard de ces faits au profit de la section spéciale compétente qui connaîtra en outre des oppositions faites aux jugements de défaut et aux arrêts de contumace. »
Cette loi crée dessections spéciales dans chaquecour d’appel, chargée de prononcer, sans possibilité derecours, despeines capitales à l'encontre descommunistes et desanarchistes. L'article 10 lui donne un effetrétroactif, ce qui signifie qu'elle concerne aussi des actes commis avant sa promulgation.
Du au, il estgarde des Sceaux dugouvernement Laval, remplaçantJoseph Barthélemy qui a été écarté à la demande des pro-allemands. Il est surnommé « von Gabold »[6] ou « von Gabolde »[7] par ses collègues[6]. Il enjoint aux tribunaux, sans grand résultats, de radicaliser la répression, reprochant par exemple dans une circulaire du la faible application de l’article 233 du Code pénal qui permet la condamnation à mort, même sans indication de préméditation, des prévenus accusés d’avoir tué un agent de la force publique[8]. Il accompagne ensuite legouvernement en exil à Sigmaringen, dans le Sud-Ouest de l'Allemagne[4]. Il fait alors partie des « passifs »[9], ces ministres qui, comme Laval, abandonnent leur charge et refusent de participer à la délégation gouvernementale dirigée parFernand de Brinon. Il s'enfuit enEspagne franquiste[4] début avecPierre Laval etAbel Bonnard[5]. Il est interné quelques semaines auchâteau de Montjuïc par les autorités espagnoles, puis est placé en résidence surveillée[5].
Il est condamné à mort parcontumace par laHaute cour de justice de Paris[4] le.
Il se fixe en Espagne où il exerce un temps la profession desubrécargue sur un cargo qui fait du cabotage le long des côtes puis il devient enseignant de français[3]. À partir de 1967, à échéance dudélai de prescription de la peine (20 ans après la date de condamnation), il recouvre ses droits à pensions civile et militaire de retraite française[3].
Il meurt àBarcelone en[4], à80 ans. Son fils, Christian Gabolde (1924-2023),conseiller de préfecture, deviendra membre duConseil d'Etat[10].
Dans le filmSection spéciale (1975) de Costa-Gavras, son rôle est interprété parJacques François.
Il a rédigé divers ouvrages de droit, d'histoire et récits autobiographiques :