Pour les articles homonymes, voirFeferman.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Activité |
| Membre de | |
|---|---|
| Conflit | |
| Distinctions |

Maurice (Mordka) Feferman, né le àVarsovie enPologne et mort le àParis, est unrésistantfrançais, membre desBataillons de la Jeunesse duParti communiste, intégré au deuxième détachement desFTP-MOI.
Il a deux ans quand ses parents fuient le régime de dictatureantisémite dePologne pour s’installer à Paris. Bon élève, attiré par lejournalisme etpoésie, il ne peut suivre les études qu'il souhaite et s'inscrit dans une école commerciale[1]. Il poursuit néanmoins parallèlement ses études à l'Université ouvrière installée dans les modestes locaux de la Maison des Syndicats de la Région parisienne, au 8avenue Mathurin-Moreau, près de la place Combat (actuellementplace du Colonel-Fabien,19e arrondissement de Paris). Il suit en particulier les cours dispensés parGeorges Politzer pour laphilosophie,Jean Bruhat pour l'histoire,Georges Cogniot pour lalittérature.
Lorsque la guerre éclate, il travaille chezHispano-Suiza àColombes. Il est domicilié chez ses parents, artisans fourreurs,rue Poulet (18e arrondissement de Paris). Au moment où les troupes allemandes envahissent la France, l’usine est évacuée et Maurice Feferman part en province. Il revient rapidement à Paris, pour prendre contact avec les premiers éléments de la Résistance. Arrêté le pour distribution de tracts et collage d’affiches et donc infraction à l'ordonnance allemande du , il est incarcéré successivement à laprison de Fresnes, puis à laprison de la Santé pour être envoyé aucamp de Pithiviers (45), d’où il s’évade[2].
Il constitua avec son camarade Maurice Feld, le deuxième détachement des Bataillons de la jeunesse puis intégra le deuxième détachement des FTP-MOI (détachement juif).

Militant très actif, plusieurs faits d’armes lui sont attribués. Ainsi, par exemple, en compagnie du jeunePierre Georges (futur Colonel Fabien), deSamuel Tyszelman et d’Elie Wallach[3], il s’empare des premiers vingt-cinqkg dedynamite que se procurera la Résistance et qui serviront à la fabrication debombes. D’autres vols d'explosifs auront lieu, par exemple en novembre 1941 dans une carrière entreCreil etChantilly.
En, il participe au sabotage de câbles au croisement des routes duBourget et deGonesse (banlieues parisiennes).
Le, il lance des bouteilles d’essence et des cocktails Molotov contre le garage de l’armée allemande situé au 21boulevard Pershing (17e arrondissement de Paris).
Le, en compagnie de Maurice Le Berre[4], dePierre Georges et deMarcel Bourdarias, il lance des bombes incendiaires dans les vitrines de la librairie collaborationniste Rive gaucherue Victor-Cousin (5e arrondissement de Paris).
En compagnie de Maurice Feld, il exécute l'officierallemand Kercher,boulevard de Magenta (10e arrondissement de Paris) le.
Il lance desexplosifs contre l'hôtel Imperator au 70rue Beaubourg (3e arrondissement de Paris), le.
Le, il échange plusieurs coups de feu dans une permanence duRassemblement national populaire (RNP) deMarcel Déat, 11rue de la Procession (15e arrondissement de Paris).
Toujours en, il lance une bombe contre le cinéma Delta où était projeté lefilmantisémiteLe Juif Süss.

Le, vers 18h40 ausquare Montholon (9e arrondissement de Paris), Maurice Feferman et Maurice Feld, sur le point d'être arrêtés par lesinspecteursGaston Barrachin et Pontet, desBrigades spéciales (1re section de la BS 2), qui les filaient depuis des mois, ripostent par des coups de feu au moment d’être appréhendés. Maurice Feld est blessé à la jambe, il est immédiatement arrêté et sera fusillé le, il avait 17 ans[5]. Sa mère sera internée aux Tourelles, son père à Châteaubriant. Les deux seront déportés.
Maurice Feferman est grièvement blessé mais il réussit à prendre la fuite. Les policiers (aidés par des passants) le rattrapentrue des Petites-Écuries (10e arrondissement de Paris). Réalisant qu'il ne peut leur échapper, il avale un cachet decyanure en criant« Vive le communisme ! Vive la France ! » et il se tire la dernière balle de sonpistolet6,35 mm dans la tête, pour ne pas se livrer. Transporté à l'hôtel-Dieu, il y mourra le lendemain matin. Il est enterré aucimetière de Bagneux (92).
« Mort pour la France », il sera décoré à titre posthume de lamédaille militaire, de lamédaille de la Résistance et de lacroix de guerre.
Deux plaques commémoratives sont visibles au 58rue des Petites-Écuries (10e arrondissement de Paris) et au 12rue Poulet (18e arrondissement de Paris).
La Traque de l’Affiche Rouge (2007),documentaire deJorge Amat avecDenis Peschanski.
Extrait deParis-Fantômes (2002), un film deRuth Zylberman sur les plaques commémoratives de Paris[6].