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Maurice Duhamel, de son vrai nomMaurice Bourgeaux (1884 àRennes - 1940 àRennes), est un musicien et un homme politiquebreton. Rennais, militant breton, il apprend lalangue bretonne et adhère, en 1912, à l'Union régionaliste bretonne (URB) avecEmile Masson etFrançois Vallée, entre autres. Il crée leParti autonomiste breton où ses opinions le classent rapidement dans la tendance de gauche fédéraliste. II en démissionne lorsque ce mouvement se radicalise à l'approche de laSeconde Guerre mondiale. S'intéressant à l'histoire de laBretagne, il édite en 1939 un premier volume de l'Histoire du peuple breton mais décède avant d'en achever le second volume.
C'est grâce à la rencontre deLouis Tiercelin qu'il se lance dans une carrière de compositeur. Il s'intéresse aussi aucollectage musical (en Bretagne ou ailleurs) et il exploite les nouvelles possibilités qu'offre laradio. Mélodiste aguerri, il s'inspire de lamusique traditionnelle bretonne et harmonise plusieurschants.
Il eut plusieurs enfants, dontMorvan Duhamel.
Maurice Duhamel est né le, fils d’un marchand de charbon deRennes. Personnage d’exception, excellentmusicien, qui a composé diverses œuvres, recherché et harmonisé deschansons bretonnes et participé commejournaliste à des revues musicales. Parallèlement, il a appris lebreton, et rédigé des études sur lalittérature bretonne. À19 ans, il fait la chronique pour un journal local duprocès Dreyfus, qui a lieu dans les locaux de son lycée àRennes. Il estDreyfusard comme son pèrefranc-maçon et entre aussi en maçonnerie. Il en sort, car il est choqué par l’affaire des fiches.
En 1912, il quitte l’Union régionaliste bretonne (URB) avecEmile Masson,Camille Le Mercier d'Erm,François Vallée etLoeiz Herrieu, pour créer laFédération régionaliste de Bretagne qui ne survit pas à laPremière Guerre Mondiale. Il se fait alors, parantimilitarisme, réformer pour sa petite taille[1].
En 1926, il rencontreOlier Mordrel etMorvan Marchal qui l’amènent rapidement dans le comité directeur duParti autonomiste breton créé en 1927. Il est chargé de suivre la politique française, en particulier les relations avec la gauche française et devient rédacteur en chef deBreiz Atao. Il donne à ce parti une orientation degauche et fédéraliste, mais doit régulièrement s'opposer à l'ailenationaliste du parti. A noter son livre très important et novateur en 1928 : La question bretonne dans son cadre européen, qui sera réédité en 1978 (164 p) et porte un projet fédéral.
Au début 1931, il démissionne de Breiz Atao. Sur le fond, il pense que « le statut actuel de l’Europe est périmé et que l’internationalisation de la vie économique appelle une fédération politique où les États actuels céderont la place aux véritables communautés nationales. Mais, ici, l’autonomie des composantes fédérales n’est plus requise au nom de l’histoire, de la race ou de traités caducs; c’est l’aboutissement naturel d’une organisation nouvelle qui s’impose à l’Europe si elle veut échapper aux guerres que ses frontières économiques attirent comme le fer attire la foudre… » Face auParti national breton, il constitue avec d’autres laLigue fédéraliste de Bretagne, mais celle-ci ne survit pas après 1933.
Son ouvrage le plus important est certainementMusique Bretonne paru en 1913. Dans ce volume, Duhamel s'est donné pour but de communiquer les« airs et variantes mélodiques des chants et chansons populaires de la Basse-Bretagne publiées parF. M. Luzel etA. Le Braz ». Il précise dans l'introduction que ces mélodies viennent en partie de notations personnelles de 1909 à 1912 enTrégor,Cornouaille, Pays deVannes, de phonogrammes (plus particulièrement ceux deFrançois Vallée), de notations d'amateurs de musique populaire, communiquées par Vallée. Dans cet ouvrage de plus de quatre cents thèmes, il a su être précis, donner les références de ses sources, faire les renvois utiles à la collection Luzel, donner des variantes[2]… Rédacteur en chef de la revueLes chansons de France, il avait commencé dès 1910 à faire paraître les chants collectés par Loeiz Herrieu dans le Vannetais, et pour lesquels il avait noté la musique. Ces éditions durent jusqu'en 1913. Dans leno 18 en 1911, il fait une présentation des caractères musicologiques propres aux chants bretons sur le plan modal et rythmique, analyse qu'il fait paraître dans les 56 pages de son livreLes 15 modes de la musique bretonne. Puis il développe ces réflexions dans la préface du tome III desGwerzenneu ha sonnenneu Bro Gwened (Chansons populaires du pays de Vannes), écrit avecLoeiz Herrieu.
Il meurt d’un cancer le, sans avoir pu composer le2e volume de sonHistoire du peuple breton, pour la période située après 1532.
Outre ses activités littéraires, Maurice Duhamel écrit essentiellement pour lepiano et la voix. Ses œuvres pour orchestre sont plus rares. La Bretagne est au centre de ses productions :Impressions de Bretagne,Esquisses bretonnes... Il collecte les chants traditionnels et devient l'un desethnomusicologues les plus réputés duXXe siècle. Ses ouvrages sont des références dans le domaine musical. Il s'intéresse également aux nations sœurs, comme lePays de Galles, l'Écosse ou des pays plus lointains et tente d'en comprendre les particularismes et les ponts qui les unissent. Il s'essaie également à des pièces plus exotiques et publie, en 1929, sonHabanera, dix ans après son compatrioteLouis Aubert[3].
Duhamel (M.). La Bretagne dans son cadre européen, éd. Delpeuch, Paris, 1928 (rééd. 1978, 164 p).
Duhamel (Maurice).Histoire du Peuple Breton des origines à 1532, War Sao, Paris, 1939, 167 p (en ligne idbe). Le « petit livre (…à est composéé sur la demande des Bretons Emancipés de la région parisienne » (p.8). Inistant sur le brassage des peuples, il s’interroge dès la p.16 « sur la chimère, à notre époque, de la recherche d’une race « pure » ». Il n’aura pas le temps d’achever le tome 2.