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Maurice Druon

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Pour les articles homonymes, voirDruon.

Maurice Druon
Maurice Druon en 2003.
Fonctions
Secrétaire perpétuel de l'Académie française
-
Député européen
1re législature du Parlement européen
France(en)
Rassemblement pour la République
-
Suppléant de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
France
-
Ministre de la Culture
Gouvernement Pierre Messmer II
-
Président
Association des lauréats du concours général
-
Fauteuil 30 de l'Académie française
-
Député français
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Samuel Roger Charles Wild, puis Druon
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
À partir deVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Membre de
Distinctions
Œuvres principales

modifier -modifier le code -modifier WikidataDocumentation du modèle

Maurice Druon, né le àParis où il est mort le, est unécrivain ethomme politiquefrançais. Il est le neveu deJoseph Kessel et est particulièrement connu comme auteur avec son oncle des paroles duChant des Partisans.

Fils naturel de Lazare Kessel (mort en 1920), il porte deux patronymes avant de recevoir celui de « Druon » en 1926. À la fin des années 1930, il devient très proche de son oncleJoseph Kessel et de sa compagne, la chanteuseGermaine Sablon. Très tôt résistants après le désastre de 1940, ils quittent tous trois laFrance pourLondres (viaBarcelone etLisbonne) après l'invasion de lazone libre par les Allemands (novembre 1942).

ÀLondres, il est attaché au programmeHonneur et Patrie de laBBC. À l'instigation d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie, qui souhaite un hymne pour laRésistance, lui et Joseph Kessel rédigent en mai 1943 les paroles duChant des partisans, sur la musique d'unechansonrusse d'Anna Marly.

Après la guerre, il devient un homme de lettres à succès avecLes Grandes Familles (prix Goncourt 1948) et la saga desRois maudits,roman historique en sept tomes publiés entre 1955 et 1977, que l'adaptation télévisée fait connaître à un très large public. Il est l'auteur de nombreuses autres œuvres, commeTistou les pouces verts, en 1957, un conte pour la jeunesse, ainsi que des pièces de théâtre et des essais.

Il est élu à l'Académie française en 1966, à quarante-huit ans, et en devientsecrétaire perpétuel de 1985 à 1999.

Druon s'affirme également dans le domaine politique.Gaulliste aux prises de positionconservatrices, il estministre des Affaires culturelles en 1973-1974, sous la présidence deGeorges Pompidou.

Biographie

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Origines

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Maurice Druon[1] naît le dans le13e arrondissement de Paris, auno 89 duboulevard de L'Hôpital (quartier Saint-Marcel). Il est le fils de Lazare Kessel (1899-1920) et de Léonilla Samuel (1893-1991)[2], épouse de Roger Fernand Wild[3]. Il est enregistré à l'état civil comme Samuel Roger Charles Wild.

Un jugement de 1919 rompt cette filiation et lui donne le patronyme de sa mère. Il devient donc Samuel Roger Charles Samuel[3].

Le, sa mère épouse René Druon[3] (1874-1961), notaire dans leNord[2],[3] ; René Druon reconnaît l'enfant, âgé de près de8 ans qui s'appelle désormais Samuel Roger Charles Druon[3].

Son père naturel, Lazare Kessel (1899-1920), né àOrenbourg enRussie, est arrivé àNice en 1908 avec ses parents juifs d'origine lituanienne et son frère aîné,Joseph. Se destinant au théâtre, Lazare sort du Conservatoire avec le premier prix et devient pensionnaire de laComédie-Française. Mais il se suicide le à l'âge de21 ans sans avoir reconnu son fils.

En dehors de sa parenté avec Kessel, Maurice Druon est aussi :

Jeunesse et formation

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Maurice Druon passe son enfance àLa Croix-Saint-Leufroy, enNormandie, où il fait la connaissance de Pierre Thureau-Dangin[4], fils du secrétaire perpétuel de l'Académie française,Paul Thureau-Dangin.

Il fait ses études secondaires aulycée Michelet deVanves. Lauréat duconcours général en 1936 (il présidera l'Association des lauréats du concours général de 1967 à 1973 et de 1983 à 1988[5]), il commence à publier à l’âge de18 ans dans des revues et journaux littéraires, tout en étudiant à lafaculté des lettres de Paris, puis à l'École libre des sciences politiques dont il sort non diplômé en 1937 (section diplomatique)[6].

Avec son oncle Joseph Kessel, aviateur pendant laPremière Guerre mondiale, il côtoie les grands noms de l'Aéropostale (Mermoz,Saint-Exupéry,Guillaumet), rencontre desartistes d'Europe de l'Est[pas clair] et fréquente les cabarets russes[7].

Très proche de son oncle Joseph Kessel, il est selonDominique Bona« un neveu idéal, plein d'admiration pour son oncle, il lui est également dévoué[8]. »

La Seconde Guerre mondiale et la Résistance

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En, lorsque la France déclare la guerre à l'Allemagne, il est appelé sous les drapeaux et il publie dansParis-Soir dePierre Lazareff, un article intitulé « J'ai vingt ans et je pars ».

Il se marie le avec Geneviève Gregh, fille d'Harlette Hayem (1881-1958) et deFernand Gregh (1873-1960), dont il divorce quinze années plus tard, le[3].

Élève officier decavalerie auCadre noir deSaumur en 1940, il est de la promotion qui précède celle descadets de Saumur sur laLoire. Présent dans la région, il termine la bataille de France en Dordogne[9] Contrairement à ce qui est souvent évoqué, il n'a pas participé à la bataille de Saumur avec les Cadets.

Démobilisé, il s'installe enzone libre. Il fait représenter sa première pièce,Mégarée, au Grand Théâtre de Monte-Carlo le[4]. Il s'engage dans laRésistance.

Il est l'auteur, en 1942, de la chanson françaiseLe Galérien, mise en musique parLéo Poll et interprétée parYves Montand, puis parLes Compagnons de la chanson en 1950, ensuite parArmand Mestral, puisMouloudji en 1958 et enfin par de nombreux autres artistes interprètes[10].

Il quitte la France en décembre 1942 avec Joseph Kessel et Germaine Sablon, pour rejoindre les rangs desForces françaises libres dugénéral de Gaulle, traversant lesPyrénées, puis l’Espagne et le Portugal, avant qu'un hydravion ne les emmène en en Irlande, puis un avion de la RAF à Londres[2].

Il devient l'aide de camp du général de l’Armée de l’airFrançois d'Astier de La Vigerie, puis est attaché au programme « Honneur et Patrie » de laBBC auprès d'André Gillois.

En, il écritle Chant des partisans qui, sur une musique composée parAnna Marly, devient l'hymne des mouvements de laRésistance[2]. La première interprétation est celle de Germaine Sablon dans un film de propagandeTrois chansons pour la Résistance, d'Alberto Cavalcanti.

En 1944, il est envoyé en mission à Alger pour le compte du commissariat à l’Intérieur et à l’Information, puis devient correspondant de guerre auprès des armées françaises en 1944, jusqu’à la fin de la guerre (mai 1945).

L'après-guerre et le succès littéraire

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Revenu à la vie civile, il consacre son premier livre à ses souvenirs de guerre,La Dernière Brigade, publié en 1946.

Avec son romanLes Grandes Familles en 1948, premier volet de la trilogieLa Fin des hommes (suivie deLa Chute des corps et deRendez-vous aux enfers), il reçoit leprix Goncourt. En 1953, sa pièce en un acte,Un voyageur, entre au répertoire de laComédie-Française sur une mise en scène deJean Piat, et il publie avecJoseph Kessel la pièceLe Coup de grâce.

Il accède définitivement à la célébrité avec le succès de sa saga historiqueLes Rois maudits, publiée à partir de 1955, et adaptée en 1973 à la télévision. Maurice Druon n'a jamais caché que sa sérieLes Rois maudits avait été le résultat d'un travail d'atelier. Au nombre des collaborateurs, qu'il remercie dans sa préface, on relève les noms deGilbert Sigaux,Matthieu Galey,Pierre-Henri de Lacretelle,José-André Lacour etEdmonde Charles-Roux, parmi quelquesintervenants de moindre envergure[11].

Avec ces deux sagas, ainsi que les romans mythologiquesAlexandre le Grand etLes Mémoires de Zeus, il semble se spécialiser dans le roman historique, réputé« écrivain pessimiste[4] », tout en s'aventurant dans la littérature jeunesse avecTistou les Pouces verts et en écrivant des nouvelles.

Après divers prix prestigieux, dont le prix Pierre-de-Monaco qui récompense l'ensemble de son œuvre en 1966, il est élu, le de la même année, au30e fauteuil de l’Académie française, succédant àGeorges Duhamel.

Il se remarie avec Madeleine Marignac en 1968.

Il participe entre 1969 et 1970 à la commission de réforme de l'ORTF.

Ministre des Affaires culturelles

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Le résistant gaulliste reste engagé politiquement durant toutes ces années. Peu à peu, le romancier laisse la place à l'écrivain engagé et au polémiste. Publiant tour à tourL'Avenir en désarroi où il analyse les mouvements deMai 68,Une Église qui se trompe de siècle dans lequel il critique l'évolution de l'Église catholique, ou une édition augmentée de sesLettres d’un Européen, publiées initialement durant la guerre, et dans lesquelles il prend parti pour une Europe des nations avec monnaie unique et suppression des frontières[4]. Ne refusant pas l'étiquette de conservateur, il écrit« Dussé-je souffrir encore quelques vices dans ma société libérale, je ne suis pas monté de l'amibe à l'homme pour retomber à la société d'insectes. Je refuse de devenir le completassisté, donc le complet esclave d'une société égalitaire, dont rien ne m'assure d'ailleurs qu'elle serait moins vicieuse ou viciée que la mienne, puisque ce seraient tout de même des hommes, quelques hommes, qui la commanderaient[12]. »

Maurice Druon est nommé leministre des Affaires culturelles[13] parGeorges Pompidou. La nomination de cette figure historique dugaullisme, seul membre du gouvernement à ne pas être élu, homme de lettres popularisé par ses succès littéraires et l'adaptation télévisuelle desRois maudits, résistant ne cachant pas son goût pour l'ordre, doit permettre de calmer une majorité échaudée par le projet ducentre Beaubourg[14].

Qualifié de« Malraux de Pompidou » parPaul Morand[réf. nécessaire] et de« Malraux du pauvre » parL'Humanité au moment de sa nomination[15], en référence à l'écrivain premier titulaire du ministère des Affaires culturelles, il s'appuie sur son succès littéraire et télévisuel pour assoir sa légitimité politique, affirmant àJean Mauriac :« Et puis, au fond, mes lecteurs ne sont-ils pas mes électeurs[16] ? »« Logique qui donne l'Élysée àGuy Lux etMatignon àZitrone » lui répondMaurice Clavel[17]. Par ces premières déclarations abruptes, il se fait« chantre national » selon le mot dePompidou — il inaugure son ministère en jugeant quePicasso« doit beaucoup à la France » — et incarne une culture conservatrice comme« intellectuel à contre-courant » selonLe Monde, s'étonnant que l'on puisse représenterLes Paravents deJean Genet dans un théâtre public, car« il appartient à l'État de faire respecter la liberté d'opinion mais non de financer les adversaires de l'État[15] ». Ainsi, quand il menace les directeurs de théâtre qu'il estimesubversifs de leur couper lessubventions en proclamant que« les gens qui viennent à la porte de ce ministère avec unesébile dans une main et uncocktail Molotov dans l'autre devront choisir[18] », il fait craindre à l'aspiration d'unart officiel et provoque la polémique : après la parution dansLe Monde de la réponse deRoger Planchon puis de celle deJean-Louis Barrault qui dénonce« le clairon de la répression culturelle », une procession funèbre silencieuse symbolisant la mort de laliberté d'expression rassemble, le, à l'initiative de plusieurs metteurs en scène, dontAriane Mnouchkine,Jean-Pierre Vincent,Jean Jourdheuil etBernard Sobel, avec le soutien de la gauche, plusieurs milliers de manifestants. Surnommé« Druon-la-joie » parLe Canard enchaîné, il est comparé àJdanov parFrançoise Giroud[19].

Cependant, malgré l'apparente rupture avec l'ouverture et la modernisation voulue parJacques Duhamel, Maurice Druon inscrit ses actions dans la continuité de son prédécesseur, conservant à leur poste les principaux directeurs du ministère, et reconduisantJacques Rigaud comme directeur de cabinet, jusqu'au départ de ce dernier et son remplacement parDominique Le Vert. Ses relations au sein du ministère sont parfois délicates, ses différends avecPierre Emmanuel provoquant la démission entière duConseil du développement culturel, créé en à la suite de la commission culturelle duVIe plan. Et, si lacensure au cinéma persiste, à travers l'interdiction d'Histoires d'A deCharles Belmont etMarielle Issartel, qui présente unavortement par aspiration en direct, et le refus de distribution deLa Bonzesse deFrançois Jouffa, racontant l'histoire d'une femme qui se prostitue pour payer un voyage àKatmandou[20], les coupes et interdictions sont restées limitées sous ce ministère, selonEmmanuel Wallon[14].

Sous son ministère, doté d'un budget d'environ 0,5 % du budget de l'État, pas encore grevé par les travaux de Beaubourg, est créée l'Association française pour les célébrations nationales, tandis que la Caisse nationale des lettres du ministère de l'Éducation nationale est transférée, sous le nom de Centre national des lettres, à celui des Affaires culturelles, avec des attributions élargies à l'aide aux auteurs et à lalittérature francophone non française[14]. De nouveaux centres d'action culturelle (CAC) sont homologués àAnnecy,Douai,Fort-de-France,Montbéliard et Paris (Carré Thorigny), les orchestres nationaux se mettent en place àToulouse,Bordeaux etAlfortville[14], les budgets desthéâtres nationaux sont augmentés et laComédie-Française rénovée[21].

Il n'est pas reconduit dans letroisième gouvernement dePierre Messmer en, le dernier de Georges Pompidou qui ne dure que quelques semaines. Il entre au comité central de la nouvelle formation gaulliste, leRassemblement pour la République, et siège à son conseil politique en 1979 et 1980. Vingt ans plus tard, il critique dans une tribune duFigaro le parti deJacques Chirac auquel il dénie la filiation àCharles de Gaulle et qu'il juge n'avoir été conçu que comme« un ascenseur destiné à hisser un présidentiable[22] ». Il est élu députéRPR de Paris de à. Il occupe aussi divers postes diplomatiques ou politiques comme membre duConseil franco-britannique ou représentant aux Assemblées parlementaires duConseil de l'Europe et de l'Union de l'Europe occidentale, démissionnant de ses fonctions après.

Secrétaire perpétuel de l’Académie française

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Secrétaire perpétuel de l’Académie française à partir du en remplacement deJean Mistler, il limite l’évolution de l’Institut[7], critiquant l’élection de la première académicienne,Marguerite Yourcenar, en craignant que« d’ici peu vous aurez quarante bonnes femmes qui tricotent pendant les séances du dictionnaire »[23]. Il ouvre la « Coupole » aux auteurs francophones et contribue à y faire entrer des grands noms telsFernand Braudel,Georges Duby,Claude Lévi-Strauss[24].

Déclarant dans son discours de réception à l’Académie en 1967 que« la civilisation est d’abord un langage[2] », il intervient régulièrement sur l’évolution, qu’il souhaite très lente, de lalangue française face à la société, particulièrement hostile sur laféminisation des noms de métiers. En 1990, à l’occasion des réflexions sur lanouvelle orthographe demandée par lePremier ministreMichel Rocard, il prend parti pour des rectifications limitées, et surtout non restrictives, pour que ce soit l’usage qui ratifie les évolutions de la langue. Il publieLettre aux Français sur leur langue et leur âme en 1994 etLe Bon Français en 1999. Plus tard, en 2006, sa critique du français« pittoresque » desQuébécois, comparée à la langue« très sûre, très pure, très exacte » cadrée en France auXVIIe siècle lui vaut plusieurs critiques dans laprovince canadienne[25]. Il joue un rôle important lors de la création du programme franco-britannique desbourses Entente cordiale, comme il y fait référence dans son discours prononcé à l’occasion de sa nomination comme chevalier commandeur de l’ordre de l’Empire britannique[26].

Dernières années

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Maurice Druon est témoin de moralité lors du procès deMaurice Papon en 1998, considérant que le procès avait été fait en 1945 et qu’il ne faut pas« juger avec nos yeux instruits d’aujourd’hui mais avec nos yeux aveugles d’hier[27] ».

Toujours membre de l'Académie, il abandonne le secrétariat perpétuel en, au profit d’Hélène Carrère d'Encausse, afin de pouvoir lancer librement l’essai polémique,La France aux ordres d’un cadavre (ce cadavre étant le communisme) dans lequel il fustige leParti communiste français, le statut de lafonction publique française, laCGT, ladirection générale des Impôts et se lamente des différentes réformes scolaires et de la baisse du niveau[28]. Il publie ensuiteOrdonnances pour un État malade. Devenu le suivant, secrétaire perpétuel honoraire, il conserve sa position de« gardien du Temple »[29], et s’oppose avec virulence à l’entrée sous la coupole duquai Conti de l’ancienprésident de la RépubliqueValéry Giscard d'Estaing en 2003.

Il continue à prendre la parole sur la politique française, soutenantNicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, fustigeant le candidatFrançois Bayrou, approuvant la lecture de la lettre deGuy Môquet dans les écoles.

Il collabore également comme chroniqueur irrégulier auFigaro, rassemblant ses écrits en plusieurs ouvrages dontLe Bon français (1996-1999) etLe Franc-parler (2001-2002).

À la mort d’Henri Troyat, en 2007, l’ancien benjamin des« Immortels » devient le doyen d’élection.

Collectionneur d’œuvres d’art

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Amoureux des vieilles pierres, il découvre en 1965 et restaure après l’avoir racheté le site gallo-romain deThésée avant d’en faire don au département en 1976[30], il milite pour la reconstruction dupalais des Tuileries, achète en 1972 les ruines de l'abbaye de Faise (XIIe siècle), sise auxArtigues-de-Lussac dans leLibournais (département de laGironde), qu'il restaure dans les années 1970, où il passe beaucoup de temps et reçoit nombre de personnalités. Il choisit d'y être inhumé[31].

Fin 1961, il présenta lui-même sous le titreMon style : la haute époque son appartement dans un immeuble parisien de la seconde partie duXVIIe siècle situé en face de l'ex-hôtel de Furstenberg, « décor de théâtre pour toutes les saisons », où dans un décor conçu par le décorateur Gérard Mille étaient présentées entre autres une « allégorie de la luxure vénitienne ou de l'école de Fontainebleau », une suite d'estampes de monuments antiques parPiranèse, une épée de parade deFrançoisIer offerte par son amiJacques Deval, les profils (en médaillon) en marbre de l'empereurTibère et du papeInnocentIX, une armoire flamande provenant de l'hôtel de Balzacrue Fortunée, une réplique du buste deRacine parBoizot... et son propre buste par le sculpteur bulgare Assen Peikov (numéro 117 / novembre 1961 deConnaissance des arts - arch. pers.).

Une partie du contenu de cet appartement fut dispersé en 272 lots lors de la vente « Maurice Druon - Vies d'un immortel » à Paris le, au cours de laquelle l'allégorie anonyme précitée s'avéra être uneÈve de Giovanni Paolo Lolmo (1550-1595) qui atteignit 65 000 euros, et où apparurent une douzaine d'estampes et trois toiles de Bernard Buffet ainsi que deux autres portraits de Druon, en habit d'académicien dessiné par Taly-Brice, et un buste en bronze anonyme.

Mort et funérailles

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Maurice Druon meurt le dans le7e arrondissement de Paris[3],[32].

Le service religieux de ses obsèques est célébré le dans lacathédrale Saint-Louis des Invalides parClaude Dagens, de l'Académie française, en présence du président de la République,Nicolas Sarkozy, de plusieurs hommes d'État et d'autres personnalités. Les honneurs militaires lui sont rendus dans la cour de l'hôtel des Invalides au son duChant des partisans.

Son épouse Madeleine Druon meurt le à91 ans.

Maurice et Madeleine Druon sont inhumés dans l'abbaye Notre-Dame de la Faise, auxArtigues-de-Lussac[33].

Reconnaissance à l’étranger

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Grâce auxRois maudits qui furent traduits en de nombreuses langues et à la série télévisée vendue à des chaînes étrangères, Maurice Druon obtient une notoriété internationale importante. Il a été membre de plusieursacadémies, comme celles d’Athènes, duroyaume du Maroc et l’Académie roumaine.

Maurice Druon avecVladimir Poutine (Moscou, le 16 janvier 2003)[34].

Le, il reçoit chez luiVladimir Poutine à l’abbaye de Faize[35] dans leLibournais. Ce dernier déclare à sa mort qu’il« salue la mémoire d’un ami fidèle de laRussie[31] ». Le présidentDmitri Medvedev, quant à lui, a regretté la disparition« d’un éminent acteur de la culture mondiale[36] ». En, Maurice Druon avait été nommé membre de l'Académie des sciences de Russie[37].

L'écrivain américainGeorge R. R. Martin, auteur de la série fantastiqueLe Trône de fer, est un admirateur desRois maudits, dont il s'est inspiré pour son propre cycle romanesque[38].

Décorations

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Décorations françaises

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Décorations étrangères

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Distinctions

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Hommages posthumes

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Dénomination de lieux

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Plaque du parvis Maurice Druon.

Prix Maurice Druon du roman historique

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Créé en2024 à l’initiative d’Hervé Marignac, neveu de Madeleine et Maurice Druon et président de l’association Maison Druon, de François Varay, filleul de Maurice Druon, et de l’association Cocktail & Culture, le prix Maurice Druon du roman historique récompense un roman dont l’esprit s’inscrit dans la lignée de l’œuvre du résistant et homme de lettres[42].

Œuvres

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Romans

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  1. Les Grandes Familles, 1948,prix Goncourt 1948 ;
  2. La Chute des corps, 1950 ;
  3. Rendez-vous aux Enfers, 1951.

Essais, théâtre et nouvelles

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  • Mégarée (1942), pièce de théâtre.
  • Le Galérien, chanson (1942).
  • Le Sonneur de bien aller (1943), nouvelle.
  • Le Chant des partisans, avec Joseph Kessel (1943).
  • Lettres d'un Européen etNouvelles Lettres d'un Européen (1943-1970), essais.
  • Un voyageur (1953), comédie.
  • Antilopes des prés (1955), nouvelle.
  • L'Hôtel de Mondez, (1956).
  • Le Coup de grâce (1953), mélodrame, avec Joseph Kessel.
  • Des seigneurs de la plaine à l'hôtel de Mondez (1962), nouvelles.
  • Le Train du 12 Novembre (dansThe black Prince and other tales, London, Rupert Hart-Davis, 1962).
  • Paris, de César à saint Louis (1964), essai historique.
  • Bernard Buffet (1964), essai.
  • Du soleil sur la Normandie (1964), recueil de nouvelles historiques.
  • Le Pouvoir (1965)
  • Le Bonheur des uns… (1967), recueil de nouvelles :
    1. Les Seigneurs de la plaine ;
    2. Le Train du 12 novembre ;
    3. L'Hôtel de Mondez ;
    4. Le Bonheur des uns ;
    5. Le Malheur des autres.
  • L'Avenir en désarroi (1968), essai.
  • Une église qui se trompe de siècle (1972), essai.
  • La Parole et le Pouvoir (1974, Plon).
  • Attention la France ! (1981, Stock).
  • Réformer la démocratie (1982, Plon).
  • La Culture et l’État (1985, Vouloir la France).
  • AvecJean-Pierre Brancourt etStéphane Rials,Mémoire, Paris, Mémoire, 1986, 144 p.
  • Vézelay, colline éternelle, nouvelle édition (1987, Albin Michel).
  • Lettre aux Français sur leur langue et leur âme (1994, Julliard).
  • Circonstances (1997, Le Rocher).
  • Circonstances politiques (1998).
  • Circonstances politiques II (1999).
  • Le Bon Français (1999, Le Rocher).
  • La France aux ordres d’un cadavre (2000), essai.
  • Ordonnances pour un État malade (2002, éditions de Fallois / du Rocher).
  • Le Franc-parler (2003, Le Rocher).
  • Mémoires. L'aurore vient du fond du ciel (2006, Plon / éditions de Fallois).
  • Mémoires II. C’était ma guerre, ma France et ma douleur (2010, Plon / éditions de Fallois).

Notes et références

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  1. Nom de plume sous lequel toutes ses œuvres ont été publiées.
  2. abcd eteFrancine de Martinoir, « Maurice Druon, mort d’un partisan de la langue française »,La Croix, 15 avril 2009.
  3. abcdef etg« Acte de naissance n° 1460, page 18/31 à l'entrée "Wild Samuel Druon", avec mention marginale du décès », surarchives.paris.fr(consulté le) :« Le àh 15 du matin est né boulevard de l'Hôpital 89, Samuel Roger Charles de sexe masculin de Roger Fernand Wild,24 ans, dessinateur, et de Leonilla Jenny Lucie Samuel,25 ans, artiste dramatique, mariés, rue Bonaparte 72bis. Dressé le à10 h du matin sur présentation de l'enfant et déclaration faite en l'absence du père par Henri Kohler,45 ans, employé boulevard de l'Hôpital, ayant assisté à l'accouchement […] [Mentions marginales : ] Rectifié par jugement du tribunal de la Seine le et transcrit le, en ce sens que l'enfant inscrit sous les nom et prénom de Samuel Roger Charles, fils de de Roger Fernand Wild et de Léonilla Jenny Lucie Samuel, mariés, ne pourra porter le nom de Wild, qui n'est pas son père et à la famille duquel il ne peut appartenir […] Légitimé par René Édouard Marie Druon et par Léonilla Jenny Lucie [sic] Samuel lors de leur mariage célébré à Paris15e le […] Marié à Paris16e le avec Geneviève Isabelle Charlotte Harlette Catherine Raymond Gregh. Divorcé de Geneviève Isabelle Charlotte Harlette Catherine Raymond Gregh par jugement de divorce rendu le par le tribunal civil de la Seine […] Décédé à Paris7e le ».
  4. abcd eteLouis Pasteur Vallery-Radot,« Réponse de M. Pasteur Vallery-Radot au discours de M. Maurice Druon, séance publique de l'Académie française »[archive du], suracademie-francaise.fr,(consulté le).
  5. « Histoire de l’Association et anciens Présidents », surAssociation des Lauréats du Concours Général,(consulté le).
  6. MarieScot,Sciences Po, le roman vrai, Sciences Po, les presses,(ISBN 978-2-7246-3915-5).
  7. a etbPhilippe-Jean Catinchi, « L'académicien Maurice Druon est mort »,Le Monde du.
  8. Dominique Bona,Les Partisans, Kessel et Druon, Gallimard 2023, page 249
  9. https://www.memoresist.org/temoignage/maurice-druon/
  10. Précisions fournies par le site internet babord.amures. Le refrain de cette chanson commence par :
    J'ai pas tué, j'ai pas volé
    Mais j'ai pas cru ma mère.
  11. G.Dt, « Druon, l'homme des Rois maudits », surLa Libre.be,(consulté le)
  12. Une église qui se trompe de siècle, cité par Alain de Benoist,Vu de droite : Anthologie critique des idées contemporaines, Éditions du labyrinthe, 2001,p. 310.
  13. Nomination de Maurice Druon ministre des affaires culturelles.
  14. abc etdEmmanuel Wallon, « Druon (ministère) », dans Emmanuel de Waresquiel (dir.),Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959, Paris, Larousse / CNRS éditions, 2001.
  15. a etbGuy Dumour, « Maurice Druon par lui-même »,Nouvel Observateur, 16 avril 1973.
  16. Entretien pour l'AFP, reprise dansLe Monde du 4 mai 1973.
  17. Maurice Clavel,Nouvel Observateur, 14 mai 1973.
  18. Cité parPhilippe Poirrier dansLa politique culturelle en débat. Anthologie, 1955-2005, La Documentation Française, 2006.
  19. Sylvie Pierre-Brossolette, « Pompidou, esthète et bétonneur »,L'Express,‎(lire en ligne).
  20. Jean Montagnard, « Silence, on coupe »,L'Unité,1er mars 1974.
  21. Benoît Yvert (dir.),Dictionnaire des ministres (1789-1989), Perrin, 1990(ISBN 978-2-26200-710-2).
  22. « Maurice Druon accuse Chirac d'avoir dénaturé le gaullisme »,Libération, 18 juin 1998.
  23. Virginie Girod, « Comment l’Académie française a fini par faire une (petite) place aux femmes »,Ouest France,‎(lire en ligne).
  24. François Dufay, « Maurice Druon : Souvenir d’un vieux lion »,Le Pointno 1758.
  25. Marie-Éva de Villers, « Le bicorne de M. Druon… »,Le Devoir, 20 janvier 2006.
  26. Un certain jour de juin : la Grande-Bretagne et le Général de Gaulle, 1940,, 63 p.(lire en ligne),p. 56.
  27. Le Figaro, 24 octobre 1997.
  28. La France aux ordres d'un cadavre, Éditions de Fallois, Éditions du Rocher,p. 117 : « Il est beau de se glorifier d'avoir 75 % de reçus au baccalauréat ; la moitié d'entre eux il y a seulement cinquante ans, n'auraient pas obtenu le brevet simple, dit brevet élémentaire. »
  29. « Maurice Druon, toute une vie pour l'Académie », surLe Figaro,(consulté le)
  30. Jean-Louis Boissoneau, « Maurice Druon avait sauvé les Mazelles de Thésée »,La Nouvelle République du Centre-Ouest, édition du Loir-et-Cher, 16 avril 2009.
  31. a etbEmmanuelle Fère, « Tel un enfant du pays »,Sud Ouest, 16 avril 2009.
  32. Insee, « Extrait de l'acte de décès de Maurice Samuel Roger Charles Druon », surMatchID
  33. L'abbaye de Faise, surmaisondruon.org
  34. Marina Nickels, « Poutine et Medvedev saluent la mémoire de Druon, l'ami de la Russie », surTageblatt,Esch-sur-Alzette,(consulté le).
  35. Jean-Michel Selva, « En images : quand la Gironde accueillait Vladimir Poutine, en février 2003 »Accès limité, surSud Ouest,Bordeaux,(consulté le).
  36. Irina Vaag, « Maurice Druon, chéri des Russes »,L'Express, 16 avril 2009.
  37. « Maurice Druon est nommé membre de l'Académie des sciences russe »,La Croix, 12 juin 2006.
  38. George R. R. Martin, « My Hero: Maurice Druon »,The Guardian, 5 avril 2013 (anglais). Voir Michel Weber,Pouvoir, sexe et climat. Biopolitique et création littéraire chez G. R. R. Martin, Avion, Éditions du Cénacle de France, 2017.
  39. Ordonnance Souveraineno 14 664 du 18 novembre 2000 portant promotions ou nominations dans l'Ordre de Saint-Charles. Publiée dans leJournal de Monaco du 24 novembre 2000.
  40. « Les membres de l’Académie », surSite officiel de l'Académie du Royaume du Maroc,.
  41. Décision votée par le conseil municipal de Libourne dans sa séance du 29 septembre 2023.
  42. « Les finalistes du prix Maurice Druon du roman historique 2025 », surLivres Hebdo(consulté le).
  43. Critique de l'ouvrage par M. C.,Lu, discuté, approuvé, inLe Figaro littéraireno 894 du samedi,p. 5.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Denise Bourdet, « Maurice Druon », dansBrèves rencontres, Paris, Grasset, 1963.
  • Christophe-Luc Robin, Christian Martin, Alain Chaume, « Maurice Druon (1918-2009) », Numéro spécial de laRevue historique et archéologique du Libournais et de la vallée de la Dordogne, Tome LXXVII,no 294, 2009, 62 pp. [contient une histoire documentée de sa demeure, l'abbaye de Faise. Hommages d'Alain Decaux,Jean-Claude Bireau,Pierre Durand,Serge Labégorre].
  • Hervé du Boisbaudry, Philippe Verdin,Maurice Druon, le partisan. Paris, Les éditions du Cerf, 2014.
  • Michel Mourlet, « Druon, le vieux lion qui griffait encore », chapitre XXVIII d'Une Vie en liberté, Paris, Séguier, 2016.
  • Dominique Bona,Les Partisans : Kessel et Druon, une histoire de famille, Gallimard, 2023.
  • Dominique Bona, Caroline Fillon, Tom Dutheil, Georges Hoffman, Hervé Marignac, Christophe-Luc Robin, « Maurice Druon, l'homme et ses amitiés artistiques », SilvanaEditoriale, 111 ppp., 2023 ; catalogue de l'exposition consacrée à Maurice Druon sous ce titre et présentée à la chapelle du Carmel du musée des Beaux-Arts de Libourne du 14 octobre 2023 au 14 janvier 2024.

Articles connexes

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