Pour les articles homonymes, voirWolf.
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| Parentèle | Laurent Schwartz (neveu) |
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Mathieu Wolf ou Mathieu Woff[1] ( àRosheim - 1944 àAuschwitz) est unrabbinfrançais, rabbin deSedan, déporté et mort àAuschwitz. Il est l'oncle dumathématicienLaurent Schwartz.
Mathieu Wolf naît le àRosheim (Bas-Rhin), fils d'Isaac Wolf, marchand forain, né àHorbourg et de Marguerite Hausser[2].
Dès l'âge de 14 ans, il quitte l'Alsace afin de poursuivre ses études en France, rejoignant sa sœur Rose qui demeure à Paris. En 1887 il est admis auSéminaire israélite de France (SIF) comme boursier de la Ville de Paris, il y reste jusqu'en 1893. En 1891 il est réintégré dans la nationalité française.
Le, il épouse à Nancy Delphine Schwartz, née le 22 nombre 1876 àBalbronn, sœur du rabbinIsaac Schwartz et nièce du grand rabbinSimon Debré. Ils auront deux fils : André, médecin, et Edgar, professeur agrégé de philosophie[3].
En 1908, le rabbinErnest Ginsburger devient leGrand-rabbin deGenève. Avant qu'il ne soit choisi pour ce poste, le nom du rabbin Mathieu Wolf avait aussi été mentionné[4] et, de fait, le rabbin Ginsburger remporte l'élection de Genève par une voix seulement contre le rabbin Mathieu Wolf[5], qui était alors rabbin deSedan (Ardennes)[6]. Toujours en 1908, il refuse de "concourir" à l'élection de rabbin d'Épinal (Vosges), pour succéder auGrand-rabbin Moïse Schuhl[7].
Après Sedan, le rabbin Mathieu Wolf devient rabbin deBelfort, puis rabbin de laSynagogue Buffault située dans le9e arrondissement de Paris.
Dans l'Univers israélite du, Mathieu Wolf écrit:"Un bel avenir est réservé au judaïsme français s'il s'en montre digne et s'il se prépare, si les Juifs français font leur devoir aussi bien qu'ils font leur devoirs de Français[8]."
Le rabbin Mathieu Wolf estaumônier militaire de l'armée d'Alsace. Il célèbre la victoire de 1918 dans la synagogue deStrasbourg[9].
Il contribue à la revueMenorah[10].
Le, le rabbin Mathieu Wolf officie au mariage de son neveu, lemathématicienLaurent Schwartz, comme le raconte ce dernier[11],[12]:
"Pour mon grand-père, le rabbinSimon Debré, j'acceptai le mariage religieux. J'avais célébré mabar-mitzva en dépit de ma répugnance à prononcer des mots par lesquels je promettais au Seigneur une foi éternelle. J'avais l'impression que l'on me poussait à mentir, puisque je n'avais aucune foi. Mais la cérémonie du mariage ne comporte pas de telles compromissions. Elle n'eut pas lieu dans unesynagogue mais au domicile de mon grand-père[13], et nous fûmes bénis par mon oncle Mathieu Wolf, rabbin, mari de ma tante Delphine (sous l'Occupation, Mathieu et Delphine sont restés àParis et ont porté l'étoile jaune, puisqu'il étaitrabbin[14]; ils furent déportés et ne sont jamais revenus)."
Peu avant laSeconde Guerre mondiale, le rabbin Mathieu Wolf prend sa retraite, en raison de son âge et de sa mauvaise santé[15].
Le rabbin Mathieu Wolf reste à Paris durant la guerre[16] et reprend son service à laSynagogue Buffault[15].
Le rabbin Mathieu Wolf est déporté par le convoino 76[17] en date du àAuschwitz, en même temps que son épouse Delphine Wolf, où ils sont morts. Ils ont respectivement 75 ans et 68 ans.
En 1929, il est nommé chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur, à titre militaire et décoré de lacroix de guerre 1914-1918[3].