Des exactions sont commises par laMilice française sur tout le territoire, en représailles de l'exécution du collaborateurPhilippe Henriot le par un commando de laRésistance. Un groupe de miliciens dirigés parJoseph Lécussan et laGestapo, soutenus par laPropagandastaffel, au sein de laquelle Pierre de Varga semble être infiltré par la Résistance[1], arrêtent dans la nuit du au et transportent àBourges, dans laprison du Bordiot, 70 personnes. Ces dernières représentent la quasi-totalité de lacommunauté juive deSaint-Amand-Montrond. Il s'agit pour la plupart d'Alsaciens-Lorrains,réfugiés depuis l'automne à Saint-Amand, sous-préfecture du département du Cher, et dans ses environs, cette partie du département du Cher étant enzone non occupée. Ils y ont vécu pendant cinq ans dans une relative sécurité.
Sur trois jours, 36 de ces personnes, hommes et femmes de 16 à85 ans, sont tués sur le site des puits de Guerry[2],[3],[4] :
Le, 3 hommes sont assassinés, de manière semblable, dans un second puits de la ferme.
Le, 8 femmes subissent le même sort, certaines portant des traces de violence sadique[6].
Dans les trois cas, les assassins jettent des sacs de ciment et des grosses pierres sur les corps pour les écraser et masquer leur présence[7].
Après laLibération, le témoignage du seul survivant, Charles Krameisen, permet de retrouver le lieu du drame et les corps des victimes, identifiées le[4].
La tragédie des puits de Guerry peut être considérée comme un épisode de laShoah en France[14] et un exemple parmi des centaines qui témoignent de l'atrocité du génocide des Juifs entrepris par les nazis en France avec l'aide de milices françaises[2].
Mais le massacre est ordonné parFriedrich Merdsche(de) dit Fritz,Kommandeur (Kommandeur der Sicherheitspolizei und des SD : KdS) de laSIPO-SD d'Orléans[17] qui est installé auno 20, rue Alsace-Lorraine. Pour cacher cescrimes contre l'humanité, cet ordre est secret[18]. Considéré comme responsable de la déportation de près de mille deux cents personnes, il est condamné deux fois à mort parcontumace en France. Les tentatives pour obtenir qu'il soit rejugé en Allemagne n'ont jamais abouti. Il est décédé en à son domicile en Allemagne[19].
Joseph Lécussan, chef local de laMilice, est responsable aussi du massacre. Il est jugé et condamné à mort àLyon le et passé par les armes le suivant.
Lécussan a été assisté de Roger Thevenot, chef départemental de la Milice pour la zone nord du Cher, qui sera abattu de 4 coups de revolver par un homme à bicyclette à l'angle de la rue Calvin et du boulevard de la République le.
Hommage aux victimes du nazisme et des collaborationnistes français
↑Il est écrit par erreur dansKlarsfeld 2012, pour la date de sa mort : au lieu de.
↑Il s'agit du militant socialiste Gaston Lévy, voirJustinien Raymond, « LÉVY Gaston, Salomon »,Le Maitron, surmaitron.fr,, dernière modification le. Il y a dansKlarsfeld 2012, un Lévy, Gaston, né le àLambach et mort le àSeillon (Ain), mais sans relation avec la localité de Guerry dans leCher.
↑Jacques Gimard,Trompe-la-mort : Les cahiers secrets de Pierre Paoli, agent français de la Gestapo, Brimont, Éd. Qui lit vit,, 318 p.(ISBN978-2-919760-04-6).
↑Jean-Claude Bonnin, « La découverte d'un crime monstrueux », dans le CD-ROMLa Résistance dans le Cher, Association pour des études sur la résistance intérieure (AERI),, repris dans« Remontée des corps aux puits de Guerry », surmuseedelaresistanceenligne.org,Fondation de la Résistance(consulté le).
Tzvetan Todorov et Annick Jacquet,Guerre et paix sous l'Occupation : témoignages recueillis au centre de la France, Paris,Arléa,diff.Seuil,, 221 p.(ISBN2-86959-280-9).