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À l'origine (époque carolingienne), le marquis est avant tout un comte, mais le fief terrien qu'il administre, le marquisat, est proche d'une frontière avec un autre État (comme les marquisats deSaluces et deMontferrat, à la frontière italienne). Ainsi, afin de parer à toute invasion, le marquis (enallemand :Markgraf, d'où en français « margrave » et « margraviat ») est doté de pouvoirs militaires qui lui permettent de lever lui-même une armée, sans attendre l'ordre du souverain. Il peut de ce fait réagir rapidement lorsque la frontière de son comté ou marquisat se trouve menacée.
À l'époque carolingienne et pendant le hautMoyen Âge, le titre de marquis correspond à un commandement militaire sur une région frontalière (dite « marche » ou « marquisat »). Le marquis — « marchensis » en bas latin, « Markgraf » en ancien allemand, de « Mark », la frontière, et « Graf », le comte, francisé en « Margrave » — est uncomte doté de pouvoirs militaires lui permettant de lever le contingent de l’armée sans en avoir reçu l’ordre du souverain. Cette extension de l’autorité comtale se justifie par le fait qu’il s’agit d’un comté situé à la frontière du royaume et donc particulièrement exposé, et qu’en cas d’invasion, une réaction militaire rapide doit être possible. C’est également cette autorité accrue qui permettra au marquis de prétendre avoir un rang hiérarchique supérieur à celui decomte, mais inférieur à celui deduc, puisque celui-ci exerce, au nom du souverain, une autorité militaire et judiciaire sur plusieurs comtés.
le marquisat deNeustrie face aux Bretons et aux Normands.
la Bourgogne eut aussi son marquisat, réunissant les comtés d'Autun, et d'Auxerre avec la vicomté d'Avallon en faveur deRaoul, fils du duc de Bourgogne ; son frère Hugues futmarquis de Provence..
Dans son Histoire de la Marche, Joullietton mentionne des marquis d’un rang qui paraît inférieur : « En 780, Charlemagne… après avoir pourvu à la sureté de toute l’Aquitaine, et avoir établi sur toutes les frontières des marquis,Marchiones (c’est le nom qu’on donnait alors aux commandans des milices qui veillaient à la garde des marches ou frontières)… »[1], ce que l’on perçoit aussi dans l’Encyclopédie (« On a aussi nommémarchiones, des soldats employés sur la frontiere, & avec le tems ce mot a été affecté aux nobles, qui après avoir eu un gouvernement sur la frontiere qui leur donnoit ce titre, l’ont rendu héréditaire, & ont transmis à leurs enfans mâles ce gouvernement avec le titre »)[2].
Ce n'est qu'au début duXVIe siècle que « marquis » devient un titre denoblesse français associé à un fief d'une certaine importance et octroyé par des lettres patentes du roi. Le premier d'entre eux fut, en février 1506[3], le marquisat deTrans en Provence, décerné parLouis XII àLouis de Villeneuve. Ils ne jouent plus, sauf rares exceptions[4], aucun rôle de défense, mais ils sont d'abord attribués de préférence à des militairesayant l'aspérience des armes, puis ils se généralisèrent à toute la société, et même, auXVIIIe siècle, à desfermiers généraux ou de simples financiers.
Le titre de marquis a pu, exceptionnellement, être conféré à des femmes. C'étaient, soit des princesses, soit des héritières d'un titre tombé en déshérence masculine, soit encore des favorites.Henri IV,Louis XIV etLouis XV notamment, eurent pour habitude de distinguer leursmaîtresses en leur décernant le titre de marquise, comme lamarquise de Montespan, lamarquise de Maintenon ainsi que lamarquise de Pompadour. Vivant àVersailles, les marquises étaient les dames de cour par excellence, et jouirent d'une grande influence. D'autres ont porté le titre de leur mari. On peut citer, parmi les plus célèbres, celles qui ont tenu salon et sont reconnues dans les lettres (Julie d'Angennes, lamarquise de Sévigné) ou même les sciences (lamarquise du Châtelet).
Au début duXIXe siècle,Napoléon Ier, lorsqu'il institue lanoblesse d'Empire, ne crée pas de marquis ni de vicomte, considérés comme représentant les abus et la licence du siècle précédent. Sous laRestauration, la noblesse et les titres sont rétablis (Charte de 1814), mais sans leur assise terrienne ni aucun privilège. Le titre de marquis redevient très prisé, car il est un gage de « vraie noblesse » (issue de l'Ancien Régime), par rapport à celle d'Empire, considérée comme moins légitime.
↑Joseph JOULLIETTON,Histoire de la marche et du pays de Combraille,, p. 96
↑Louis de Jaucourt, « L'encyclopédie », surL’Encyclopédie/1re édition,
↑Les lettres portent 1505, ancien style (le changement d'année n'avait lieu qu'à Pâques).
↑Les Iles d'Hyères (ou Îles d'Or), Belle-Île en Mer et Brégançon furent érigés pour trois Généraux des Galères, tenus de s'y fortifier et d'y tenir garnison.