Le territoire marocain possède les traces d'une présence d'hominidés datant d'environ 700 000 ans et fut habité dès lapréhistoire par des populations diverses. L'ÉtatIdrisside, fondé en789 parIdrisIer, est considéré par leroman national marocain comme le premier État marocain.
Laconstitution royale marocaine définit l'Islam, l'arabité et l'amazighité comme « composantes fondamentales » de l'identité du peuple marocain. Cette constitution est « forgée par la convergence de ses composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, […] nourrie et enrichie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen ». L'Islam y est défini commereligion d'État, État qui garantit à tous le libre exercice des cultes.
Toponymie
Caravane saharienne au sud du Maroc.
Le nom arabeal-Maghrib (enarabe :ٱلْمَغْرِب) signifie « le couchant ». Pour les références historiques, les historiens et les géographes arabes médiévaux ont désigné parMaghrib une aire géographique plus large, et ont évoqué le Maroc sous le termeal-Maghrib al-Aqsa (enarabe :المغرب الأقصى, qui signifie « l'Occident le plus lointain ») pour le distinguer de régions historiques voisines appeléesal-Maghrib al-Awsat (enarabe : المغرب الأوسط, ce qui signifie « le couchant median ») etal-Maghrib al-Adna (enarabe :المغرب الأدنى, qui signifie « l'Occident le plus proche »).
L'ancien nom pre-islamique du pays,Royaume de Maurétanie, ou laMaurétanie en reference au pays desMaures, aurait aussi joué un role dans l'appellation du pays chez les occidentaux. En effet, « Mahurim » signifiant « occidentaux » enpunique pour les populations vivant à l'ouest deCarthage.Mahurim aurait donner naissance au latinMauri[32].
Le mot français« Maroc » est dérivé du nom deMarrakech[33]. Ce dernier est probablement issu duberbère*amur n Yakuš, oùamur a pour significations« part, lot, promesse, protection »[34] etYakuš (et ses variantesYuš etAkuš) signifie« Dieu »[35]. Le sens original du nom serait donc (le lieu sous la)« protection de Dieu »[36].
Les prononciations portugaise et espagnole,Marrocos etMarruecos, dérivent également deMarrakech, ainsi que les appellations du pays dans plusieurs autreslangues indo-européennes (Marocko ensuédois,Morocco enanglais etMarokko enallemand,norvégien etnéerlandais). LesPersans emploient directement le nom« Marrakech » pour désigner le Maroc (enpersan :مراکش).
LesTurcs l'appellentFas, qui vient deFès, ancienne capitale du Maroc sous les dynastiesidrisside,mérinide,wattasside etalaouite (avant 1912). Dans l'Antiquité, lesGrecs appelaient les habitants de la région lesMaurusiens. À partir de cette appellation, la région composée du Maroc et de l'Algérie occidentale fut connue sous le nom deMaurétanie (à ne pas confondre avec laMauritanie). La région fut par la suite divisée en deuxprovinces par lesRomains : laMaurétanie tingitane, avecVolubilis pour capitale (ancienne cité berbère d'Oulil), et laMaurétanie césarienne, avec Cesarea (Cherchell) pour capitale (centre et ouest de l'Algérie). Le Maroc était le pays où les Grecs anciens situaient le mythique jardin desHespérides.
LeMoyen Atlas : séparé du Rif par les plaines arides de l'est et fertiles de l'ouest, il en est dissocié par la fameuse trouée deTaza. Le massif se compose de deux sous-parties dont l'une, vers l'est, est escarpée et compte des sommets de plus de 3 100 m (Djebel Bou Naceur ouBouiblane) tandis que l'autre, vers l'ouest, s'adoucit et laisse place à des reliefs plus abordables et quelques petits plateaux ;
Au-delà du pays de Zaïr, le plateau des phosphates ainsi que de vastes plaines apparaissent commeChaouia, Doukkala et plus à l'est, au pied du Moyen Atlas, Tadla, tandis que plus au sud, on retrouve laplaine du Haouz et celle duSouss (formant un triangle entre océan, Haut Atlas et Anti-Atlas). Enfin, d'autres plaines et vallées fertiles de moindres tailles sont localisées surtout au nord : Lukos, Nekkor, Trifa, la vallée des oueds Ouergha, Baht, Inaouen.
Désert
Erg Chebbi.
Dans le sud du pays, l'erg Chebbi est la deuxième plus vaste étendue de pierres et de sable à l'intérieur du Maroc après l'erg Chigaga. Certaines dunes peuvent atteindre 200 m de hauteur.
Littoral
Le littoral marocain est diversifié par sa nature car composé à la fois de lamer Méditerranée au nord et de l'océan Atlantique à l'ouest. Comptabilisant un total de 3 500 km[39] de côtes, le Maroc est le pays au plus grand littoral du continent africain : il comprend 512 km de côtes en Méditerranée et 2 934 km[39] sur l'océan Atlantique[39].
Les eaux marocaines sont réputées pour être très poissonneuses[40].
Les grands fleuves tels que le Bouregreg, l'Oum Errabiâ, la Moulouya et le Sebou ont des débits très variables selon les saisons, et aussi d'année en année. Le Drâa est à sec sur les deux tiers aval de son cours. Le Guir ne rejoint aucun océan mais se perd dans le Sahara.
Le Maroc est un pays méditerranéen par excellence, le botaniste françaisLouis Emberger en parle en 1934 dans la citation suivante : « Réunissant sur son territoire toutes les formes du climat méditerranéen, le Maroc peut être considéré comme le typephytogéographique méditerranéen au sens systématique du mot. La végétation des autres pays groupés autour de la Méditerranée pourra être examinée et appréciée en fonction de celle de l'Empire chérifien. Le Maroc est, à lui seul, une synthèse méditerranéenne. »
Depuis 2009, le roiMohammed VI s'intéresse au développement durable, encourageant les centrales solaires. En 2016, le pays accueille laCOP 22[43]. De même, depuis février 2017, le Maroc s'est doté d'une « police de l'environnement » qui se charge de lutter contre les infractions environnementales[44].
La police de l’environnement est chargée du contrôle, de l’inspection, de la recherche, de l’investigation, de la constatation des infractions et de la verbalisation prévus par les dispositions des lois environnementales. Elle met également à la disposition des collectivités territoriales les moyens de répondre aux enjeux du changement climatique et travaillera en étroite collaboration avec la DGSN et le ministère de la Justice[45].
Également, il abrite parmi les reptiles : la sous-espèce duCobra égyptien (qui s'est considérablement raréfiée et a disparu de régions entières), l'Eryx jaculus (espèce de tout petit boa fouisseur), de nombreusescouleuvres et quelquesvipères. Au Maroc, la majorité des serpents sont inoffensifs (17 espèces sur 25) et les quelques espèces venimeuses existantes n'attaquent jamais.
Le territoire marocain héberge encore une trentaine d'espèces descorpions (de nouvelles espèces sont presque chaque année identifiées au Maroc), dont une ou deux seulement sont potentiellement dangereuses pour l'homme[47] (commeAndroctonus mauritanicus), notamment pour les petits enfants. Toutefois, un scorpion n'attaque presque jamais, il ne fait que se défendre[48].
Lelion de l'Atlas a disparu (exterminé) à l'état sauvage, le dernier abattu en1943. Il en existe encore toutefois, bien que potentiellement mélangés avec des lions d'Afrique subsaharienne (environ 90 dans différents zoos du monde, dont 35 au zoo de Rabat)[50]. Des gravures récemment découvertes dans des grottes près deOuarzazate indiquent que descrocodiles, desléopards et deséléphants vivaient dans ces lieux avant leur extinction naturelle ou leur extermination par l'homme. Les derniers spécimens vivants de crocodiles du Maroc, qui étaient localisés dans desgueltas de Tizgui Remz et de Taffagount, auraient disparu dans lesannées 1950[51]. Quant à l'ours de l'Atlas, jadis très présent dans les montagnes marocaines, il se serait éteint auXIXe siècle.
En revanche, les oiseaux sont encore relativement très présents avec une grande diversité d'espèces, bien que l'autruche à cou rouge, par exemple, ait été totalement exterminée, ainsi au Sahara que l'Outarde houbara. Un assez grand nombre d'espèces deserpents (25 dont17 espèces non dangereuses ; les 8 autres restantes n'attaquent jamais et sont moins répandues), et delézards sont présentes au Maroc, dont un pourcentage important d'endémiques.
Toutefois nombreuses sont les espèces menacées. Elles sont victimes de l'ignorance, de la cruauté de la population et de l'irresponsabilité en matière d'écologie.
Le Maroc possède uneflore riche du fait de sa position stratégique. En effet, il possède deux façades maritimes totalisant plus de 3 500 km, dont 500 enmer Méditerranée. Il reçoit de ce fait les courants chargés de pluie de l'océan qui s'accumulent contre la barrière montagneuse de l'Atlas, ce qui permet de fortes précipitations àRabat,Casablanca,Fès et la formation des neiges àIfrane etAzrou et dans les hauts sommets de l'Atlas, pendant que le sud et l'est restent arides.
Plus de 4 500 espèces configurent laflore marocaine. Les variations du climat et du relief sont des éléments fondamentaux pour expliquer une telle richesse florale. L'intérêt botanique du Maroc est intense et on citera seulement les 2 500 000 hectares de forêt qui contiennent descèdres, despalmiers, desthuyas, desdattiers, desamandiers, desfiguiers, desoliviers, desacacias, desfruitiers, deschênes verts, deschênes-lièges, despins, l'eucalyptus, desarbousiers, l'alfa et l'endémiquearganier, dont le Maroc est le seul pays au monde à disposer de cette espèce qui est inscrite aupatrimoine mondial de l'Unesco. La forêt représente environ 15 % de la surface totale.
La capitale administrative et politique du Maroc estRabat tandis que la capitale économique et la plus grande ville du pays estCasablanca. Les sept plus grandes villes du Maroc, selon lerecensement général de la population 2024, sont dans l'ordre : Casablanca, Tanger, Fès, Marrakech, Salé, Meknès et Rabat.
Liste des villes ayant plus de 300 000 habitants en 2024
Carte des régions du Maroc depuis le nouveau découpage régional de 2015.
Le Maroc compte douze régions ayant chacune à sa tête unwali, ainsi qu'un Conseil régional, représentatif des « forces vives » de la région. Ces régions ont le statut de collectivité locale[d]. L'article 101 de la Constitution indique :« Elles[Les collectivités locales] élisent des assemblées chargées de gérer démocratiquement leurs affaires dans les conditions déterminées par la loi. Les gouverneurs exécutent les délibérations des assemblées provinciales, préfectorales et régionales dans les conditions déterminées par la loi. »
Les routes nationales marocaines sont desvoies importantes ou qui traversent de larges portions du territoire, par opposition aux routes régionales ou provinciales. S'agissant des routes régionales, celles-ci traversent de larges portions du territoire, par opposition aux routes nationales ou provinciales. Par ailleurs, leur usage est gratuit et leur accès autorisé à tous types de véhicules.
Transport urbain
Réseau Express Régional
Taxis stationnés sur le port de Tanger.
Deux RER circulent au Maroc : l'un à Casablanca et l'autre à Rabat. Deux réseaux de tramway sont en fonction : l'un à Rabat et l'autre à Casablanca. Un projet demétro de Casablanca est relancédernièrement[Quand ?].
Taxi collectif
Les taxis collectifs appelés localementGrands taxis constituent un élément indispensable pour le bon fonctionnement du système de transport urbain et interurbain. C'est un mode de transport populaire grâce à la rapidité des trajets et à la flexibilité de ce type de transport. Ils répondent aux besoins des habitants et pallient partiellement l'insuffisance des transports privés ou publics, individuels ou collectifs.
Avant de disposer de l’un des réseaux ferroviaires les plus modernes d’Afrique, l'introduction des chemins de fer au Maroc fut tout d’abord amorcée par les pays colons du royaume, notamment la France et l’Espagne au début du20e siècle[53]. Par la suite, lors du règne du souverain Hassan II, le premiertrain navette rapide nommé “Aouita” en éloge au champion d’athlétisme marocain allait jusqu’à 160 km/h et était le train le plus rapide du Maroc[54]. Quelques années plus tard, en 2018, le Maroc inaugure le premier TGV d’Afrique en présence du président françaisEmmanuel Macron. Ce projet, qui fait la fierté de l’ONCF (l’Office national des chemins de fer), représente un investissement de 2,1 milliards d’euros, financé à 51 % par la France, soit 1,1 milliard d’euros[55]. Ce TGV, en plus d'être premier sur le continent africain, fait un record d'Afrique avec une vitesse enregistrée à355km/h lors des tests. Le reste du temps, l'engin roule à 320 km/h sur la ligne à très grande vitesse entreTanger etKenitra et entre 160 et180km/h sur le reste du trajet[56].Al Boraq ambitionne un nouveau trajet du TGV en connectant le trajet initial aux capitales du Sud marocain,Agadir etMarrakech. Ce projet a également permis le développement de nombreuses gares au Maroc comme la gare de Kenitra ou celle de Rabat Agdal[57].
Ports
Le Maroc dispose de nombreuses infrastructures portuaires de commerce comme : le port deTanger Med (122 millions de tonnes en 2023), leport de Casablanca (100,9 millions de tonnes), le port d'El Jadida-Jorf el sfar (35 millions de tonnes) le port de Mohammadia (11,5 millions de tonnes), le port de Safi (6,2 millions de tonnes) ou le port d'Agadir (4,2 millions de tonnes).
Parmi les ports passagers, citons ceux de : Tanger Med (environ 3 millions passagers), Tanger ville (1,7 million passagers), Nador Beni Nsar (450 000 passagers), Al Hoceima (42 000 passagers), Layone (desserte des îles Canaries en7 heures) et Tarfaya (desserte des îles Canaries en3 heures, fermeture temporaire en attente d'agrandissement).
Aéroports
Façade de l'aéroport Rabat-Salé.
Le Maroc dispose de plusieurs infrastructures aéroportuaires dont 18 aéroports internationaux, 10 principaux aéroports nationaux et des petits aéroports à usages touristiques.Le Maroc est desservi par 50 compagnies aériennes, le transport aérien est largement international. La compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) détient presque la moitié du trafic. Le total de passagers enregistrés au sein des aéroports marocains en 2023 s'élève à 27 millions de passagers. Quelques compagnies aériennes ont choisi d'installer une base au Maroc.
Compagnies principales :
Royal Air Maroc(8 bases : Casablanca, Marrakech, Agadir, Oujda, Tanger, Rabat, Fes et Beni Mellal)"
Air Arabia(6 bases : Casablanca, Tanger, Marrakech, Fes, Agadir, Nador)
Les premières traces identifiées remontent à l'Acheuléen (Paléolithique inférieur), près deCasablanca, avec des objets lithiques datés d'1,3 million d'années[58]. D'autres traces de présence d'hominidés datent d'environ 700 000 ans[59]. L'« Homme de Salé » est un squelette d'homo rhodesiensis datant de 400.000 ans[60]. Enfin, àDjebel Irhoud, les plus anciens restes d'Homo sapiens au monde, datant de plus de 300 000 ans sont découverts en juin 2017[61].
À partir duIVe siècle av. J.-C. apparaît leroyaume de Maurétanie[71], dont le plus ancien souverain connu estBaga[72]. Les plus anciens textes historiques associe ce royaume aux villes de Lixus et Chellah[71]. Le royaume est alors actif avec lesNumides durant ladeuxième guerre punique afin de réduire l'influence carthaginoise en Afrique du Nord[73]. Les souverains de Maurétanie parviennent à supplanter l'influence de Carthage et Rome en certains endroits[74].
Carte de l'Espagne byzantine avec, en vert foncé, les territoires sous contrôle byzantin situé en Espagne et au Maroc.
En 429, lesVandales traversent ledétroit de Gibraltar et mettent fin à la domination romaine pour implanter leroyaume vandale[82]. Les régions dans l'actuel Maroc, libérées du contrôlecésarien ettingitane, gagnent en indépendance et forment plusieurs organisations telles que leroyaume des Maures et des Romains, ou la principauté deVolubilis[83]. En 533,Justinien Ier se lance dans laguerre des Vandales, menée par le généralBélisaire. Le corps expéditionnaire byzantin anéantit le royaume vandale et déporte ses élites enAsie mineure. La pacification du territoire reconquis est plus laborieuse à l'intérieur des terres et se heurte à la pugnacité des Maures[84]. Le contrôle byzantin, depuis l'Espagne byzantine, se limite à la côté sud du détroit de Gibraltar, couvrant Ceuta (Septem Fratres) et Tanger (Tingis)[85],[86]. La reconquête espagnole par lesWisigoths et la fondation duroyaume wisigoth d'Espagne repousse le contrôle byzantin de l'Hispanie, mais ils échouent à prendre les côtes marocaines. Le dernierComte Julien byzantin deCeuta issu de la tribu rifaine desGhomaras subsiste jusqu'à laConquête musulmane du Maghreb[87].
En 649 débute la conquête duMaghreb par les troupesarabes. Laconquête musulmane du Maghreb s'interrompt quelque temps avant le Maroc lorsqu'Hassan Ibn Numan capture l'Exarchat de Carthage et est défait lors de labataille de l'oued Nini en 698 par l'armée berbère de la reineKahina[88]. En 704, une nouvelle campagne est menée parMoussa Ibn Noçaïr qui soumet la plupart des tribus berbères et achève la conquête du Maghreb occidental en 710[89]. Les inégalités de traitements entre Arabes et Berbères se mettent en place dans la politiqueOmeyyades[90]. À partir de 720, des signes de crispations alimentés par l'installation récente de groupeskharjites hostiles aux Omeyyades, commencent à secouer la région. Le gouverneur ifriqiyen Yazid ibn Abi Moslim, qui reprend ouvertement laDjizîa et humilie sa garde berbère en marquant au fer leur mains, est assassiné par cette dernière en 721[91].
En739Maysara al-Matghari présente les doléances des Berbères auprès du califeHicham qui n'y donne pas suite[92]. Une insurrection se déclenche à Tanger et Maysara s'empare de la ville, puis duSouss. Sa tyrannie l'amène à sa perte et il est remplacé par Khalid ibn Hamid al-Zanati qui permet aux Berbères d'être victorieux contre l'armée arabe sur les bords duChelif, au début de740[93]. Une nouvelle armée est défaitesur les rives du Sebou en[93]. Le gouverneur égyptien Handhala Ibn Safwan intervient et arrête les deux armées kharidjites au cours de deux batailles à Al-Qarn et àEl-Asnam (Algérie) alors qu'elles menaçaientKairouan (actuelleTunisie) au printemps742[94]. Quand survient la chute des Omeyyades de Syrie (750), l'ouest de l'Empire échappe totalement au pouvoir central damascène. L'Espagne revient aux émirsomeyyades de Cordoue et le Maghreb occidental se fragmente en une série de petits États arabo-berbères indépendants dont les principaux sont lesroyaumes sufrite de Tlemcen qui intègre l'Émirat de Nekor, leBerghouata, l'Émirat de Sijilmassa[95][96]. La dynastieIdrissides, postérieure à ces États, s'insère par la suite. Ces différents États se retrouvent au cœur des tractations des pouvoirsOmeyyades etFatimides pour le contrôle de la région au cours duXe et XIe siècles[97].
La dynastieidrisside est fondée en 789 parIdris Ibn 'abd Allah al-Kamil, fuyant la menace desAbbassides, qui s'installe àWalilah et est investiImam par lesAwerbas[108]. Assassiné par un émissaire du califeabbassideHâroun ar-Rachîd deBagdad, son fils posthume,Idris II, lui succède à l'âge de onze ans mais ne parvient à asseoir son pouvoir qu'à l'âge de 17 ans, en 808[109],[110]. Sous son règne, il mène une politique expansionniste et soumet une grande partie du territoire duMaghreb al-Aqsa. Il fait deFès la capitale de son royaume qui se transforme en un centre spirituel, économique et commercial important[111]. Cependant, les fondations de l'État Idrisside restent rudimentaires, s'appuyant sur une faible organisation administrative et une armée peu nombreuse levée sur place[112].
Sanctuaire abritant le mausolée d'Idriss II à Fès.
Le royaume idrisside connaît une importante phase d'urbanisation, illustrée par la création de villes nouvelles telles queSalé, Wazzequr, Tamdoult etBasra, cette dernière inspirée de laBasra irakienne. Ces nouveaux centres sont des foyers de diffusion de culture arabe et des vecteurs d'islamisation en pays profondément berbère[113]. Sous l'influence des Idrissides, l'ensemble du territoire bénéficie d'une importante prospérité et contribue à l'essor ducommerce transsaharien avec des caravanes les reliant jusqu'auTékrour et l'Empire du Ghana[114]. Les raisons de cette prospérité et de la croissance du commerce transsaharien qui bénéficient à l'ensemble des États formés dans la région sont à associer au concept de la« Paix des Idrissides »[115]. En effet, la succession qui suit la mort d'Idris II découpe le royaume en une multitude de possessions pour ses douze fils. Ce démembrement provoque des luttes fratricide mais a également l'effet bénéfique de ne pas provoquer de tensions avec les états voisins qui profitent dès lors de cette prospérité et de cet essor à leur tour[115].
La déchéance de la dynastie idrisse est marquée par les conflits entre les différentes branches dynastique ainsi que la destitution deYahya ben Yahya à la fin duIXe siècle[116]. En 909, les conflits entreFatimides etOmeyyades de Cordoue accentuent le déclin idrisside[117]. Le rôle politique des Idrissides est anéanti par la campagne desZirides, vassaux des Fatimides, en 972 et qui soumettent –momentanément– lesZénètes de la région[118],[119]. En985, les Fatimides tentent une restauration, en appuyant un idrisside réfugié à leur cour, un certainAl-Hasan ben Kannun. Il cherche à reprendre la tête de son ancien État alors en proie aux raids et à l'influence des Omeyyades de Courdoue. Allié aux Zirides et à diverses tribus ayant rejoint sa cause, il échoue face auxMaghrawa etBenou Ifren sans parvenir à instaurer son autorité[120].
La fondation du mouvement Almoravide trouve son origine à la suite d'un pèlerinage àLa Mecque dans les années 1030 effectué parYahya ben Ibrahim,émir de la confédération sanhadja. À son retour, il demande l'assistance d'Abdellah ben Yassin pour appliquer une réformemalikiste[121],[122]. Ce dernier devientimam du mouvement qui prend le nom d'Almoravide et s'enracine, après un échec chez lesGoudala, au sein de la tribuLemtouna dirigée parYahya ben Omar[123]. Dès 1055, le djihad est lancé afin de soumettre les tribus du Sahara et prendre le contrôle des principales villes environnantes (Aoudaghost,Sijilmassa etAzuggi)[122],[124]. La seconde phase d'expansion reprend en 1058 et s'étend vers le nord en occupantMassa etTaroudant, puis en soumettant lesBerghouata, conflit durant lequel Ibn Yassin est tué en 1059. Le mouvement Almoravide prend alors la forme d'unémirat[125],[126].
Ali Ben Youssef succède en 1106, parvient à préserver les différentes conquêtes et s'étend même au sein du Portugal et desÎles Baléares. Sa dernière victoire espagnole date de 1134[131]. Cependant, le contrôle intérieur des territoires montre des faiblesses importantes qui propulsent le déclin de l'empire. Au sud émerge le mouvementalmohade tandis que l'Espagne plonge dans sa seconde période desTaïfas au début des années 1140[132]. Privé de ces deux principales sources économiques et d'effectifs militaires, l'armée almoravide n'est pas en mesure de réprimer l'expansion almohade et s'effondre définitivement en 1147 avec la capture de Fès et Marrakech[133].
Durant cette période, l'empire Almohade traverse une période de prospérité dans laquelle son organisation politique, son armée et son administration sont réformées, établissant les fondations duMakhzen marocain[153]. L'essor économique, culturel et artistique marque le territoire marocain par une architecture d'art almohade sur le Maghreb et les territoires andalous[154]. Cependant, cette prospérité ne parvient pas à garantir la stabilité territoriale et les armées califales doivent intervenir sur plusieurs fronts simultanés. Ce contexte permet l'émergence d'un nouvel Étatalmoravide (Beni Ghania), réprimé une première fois en 1187[155], et des phases deconflit en al-Andalus[155].
Les mérinides ou Beni Merin sont une tribuberbèrezénète[161] originaire duZab[162]. Contrairement aux précédentes dynastiesalmoravide etalmohade, les mérinides ne se mobilisent pas pour des motifs de réformations religieuses ou des prétentions politiques, mais d'abord par des intérêts économiques[163]. Leur pouvoir émerge après labataille de Las Navas de Tolosa en imposant un tribut aux villes duRif[164]. En 1260, Salé estcapturée par les troupes d'Alphonse X de Castille et les mérinides interviennent pour la libérer[165]. La campagne militaire se poursuit dans les territoires almohades et, après la capture deMarrakech en 1269,Abu Yusuf Yaqub se fait proclamersultan[166]. Il fait deFès sa capitale[167] et entreprend de multiples interventions militaires pour légitimer son pouvoir[167] : d'abord aux côtés desnasrides deGrenade, enpéninsule Ibérique[168] ; puis auMaghreb central contre leszianides[169].
Le sultanat mérinide atteint son apogée sous le règne d'Abu al-Hasan ben Uthman (1331-1348) qui prend le contrôle de tout leMaghreb central[166], capture Tlemcen en 1337 après unsiège de deux ans, et poursuit sa conquête en direction de l'Ifriqiya, jusqu'àBarqa[170]. Cette domination reste de courte durée et, en 1358, après l'assinat d'Abu Inan Faris par sonvizir, le sultanat plonge dans une phase de déclin importante. Cette période, appelée« règne des vizirs » oupremière etdeuxième éclipse mérinide, est marquée par l'effacement du pouvoir des sultans, de nombreuses intrigues et des conflits de successions[171].
Ce déclin permet aux royaumes chrétiens ibériques de mener des expéditions militaires visant à conquérir des territoires outre-mer.Tétouan,Ceuta etPerejil sont perdues.Tanger résiste, défendue par le vizirAbû Zakariyâ Yahyâ al-Wattasi alors que le dernier sultan,Abu Muhammad Abd al-Haqq, n'est pas en âge de régner[172]. En 1458, ce dernier se retourne contre son régent et fait massacrer la majorité de la famillewattasside. Sa gestion suscite la colère deschérifs idrissides qui s'emparent du pouvoir et mettent fin à la dynastie mérinide[173]. Larévolte des chérifs n'est pas seulement politique, mais aussi religieuse puisqu'elle vise à légitimer le pouvoir chérifien sur base du culte émergeant dédié àIdris II[174],[175]. La reconquête de Fès, pour le chef wattassideMohammed al-Cheikh, devient dès lors un enjeu politique important, et il parvient à en prendre possession en 1471[176].
Le Maroc au début duXVIe siècle : en rouge, le domaine des Wattasides ; en rose, les vassaux des Wattassides.
En 1471,Abu Abd Allah ach-Chaykh Muhammad ben Yahya, reprend le contrôle deFès et devient le premier souverain wattasside effectif[177],[178]. La région est alors divisée en deux avec, àMarrakech, les émirs Hintata auxquels succède la dynastie arabe émergente desSaadiens, et à Fès le sultanat wattasside. La dynastie va être confrontée dès 1524 à la montée des chérifs saadiens. L'histoire de la dynastie des Wattasside est tumultueuse. Seuls deux sultans auront un règne consistant :Muhammad ach-Chaykh (1472-1501) et son filsMohammed al-Burtuqâlî (1501-1526)[178].
Au nord, les possessions portugaises s'étendent et forment leMaroc portugais contre lequel lesSaadiens lancent une guerre sainte[179]. La plus grande partie duMaroc portugais est reconquise par lesSaadiens en1541[180]. En1554 alors que toutes les villes Wattassides déposent les armes les unes après les autres, le sultan Abou Hassan Ali avec l'appui deSalah Raïs,beylerbey d'Alger, reprendFès[181], les fils du dernier sultan Wattasside trouvent refuge dans larégence d'Alger[181].
En 1554, les troupes turques deSalah Raïs aidentAbu al-Hasan à reprendreFès et restaurer le pouvoir watasside. Cependant, la population se révolte et Mohammed ech-Cheick tue le dernier wattasside lors de labataille de Tadla le[194]. En 1557, le sultan est assassiné par des assassins à la solde dubeylerbey d’AlgerHassan Pacha[195],[196],[197],[198]. Cet événement a peu d'incidence et son fils,Abdallah el-Ghalib, maintient une forte politique extérieure avec les pouvoirs européens afin de tempérer les ambitions ibériques et turques[199]. À sa mort, un conflit dynastique oppose son héritierMuhammad al-Mutawakkil etAbu Marwan Abd el-Malik[200]. Le premier est évincé et le roi duPortugalSébastien Ier saisit l'opportunité pour soutenir le prétendant et tenter de le remettre sur le trône. Lors de labataille des Trois Rois, les armées portugaises sont défaites et les trois rois y meurent[réf. souhaitée].
Le sultanAhmed al-Mansour, dont le règne (1578-1603) marque l'apogée de la dynastie saadienne.
Cette victoire marque un tournant du pouvoir saadien qui affirme le Maroc au rang des puissances européennes[201]. Les conséquences de la bataille sont multiples : l'union ibérique met fin aux prétentions de croisade sur le sol marocain, la menace ottomane s'estompe, la vente des prisonniers issus de la bataille rapporte une fortune au nouveau sultanAhmed al-Mansour[202],[203]. En ne s'impliquant pas dans laguerre anglo-espagnole, malgré une alliance avec leroyaume d'Angleterre[204], Ahmed al-Mansour saisit l'opportunité de frontières stabilisées au nord pour entamer une politique expansionniste au sud. En 1583, il contrôle leTouat et leGourara, couloirs du commerce transsahariens[205], et obtient l'allégeance duKanem-Bornou[206]. En 1590, le sultan lance une expédition militaire vers le sud et parvient à défaire l'empire songhaï en 1591 à labataille de Tondibi. Ce nouveau territoire forme lepachalik de Tombouctou[207].
Au terme de cette conquête, la dynastie saadienne est en contrôle des trois principales zones d'échanges ducommerce transsaharien : la zone maghrébine, la zone saharienne et la zone sahélo-soudanaise. Cette situation permet au sultanat de s'enrichir fortement, au point qu'Al-Mansour soit qualifié de« prince le plus riche du monde »[208]. Cependant, ces conséquences économiques importantes sont rapidement annulées par les effets conjugués des révoltes, des famines et d'une importante épidémie depeste dès 1597[209],[210]. Cette dernière dépeuple fortement les villes et porte un coup important à l'économie du pays ainsi qu'à ses effectifs militaires[211],[210]. Les élites fuient les villes, et au décès d'al-Mansour le, un conflit dynastique éclate entreZaidan el-Nasir etAbdallah Abou Faris[212],[213]. Ce désordre politique provoque la perte progressive du contrôle des territoires, comme en 1612 avec la perte du contrôle sur le pachalik de Tombouctou[214]. Les différentes factions de la dynastie saadienne continuent leur lutte frattricide, multipliant les assassinats. L'avant dernier roi saadien,Mohammed ech-Cheikh es-Seghir parvient à avoir un long règne malgré ces conflits. Son fils,Ahmad al-Abbas, lui succède en 1655. Son assassinat en 1659 par son oncle maternel,Kerroum al-Hajj al-Shabani, met fin à la dynastie saadienne[215],[216].
Entrée deDar el-makhzen, palais royal deMeknès construit sous le règne de Moulay Ismail.
Lointains descendants d'Ali, gendre du prophèteMahomet, les Alaouites gouvernent aujourd'hui encore le royaume du Maroc. Originaire duTafilalet, le fondateur de leur dynastie n'est autre queMoulay Ali Cherif qui, en1631 règne comme émir indépendant sur sa région natale.Après sa mort prématurée en1636, son successeurMoulay MohammedIer décide de reprendre les rênes et continue ce que son père avait commencé. Organisateur méticuleux et fin stratège, il va prendre graduellement le pouvoir auxSaadiens en plein déclin depuis la mort d'al-Mansur en1603. Son frère,Moulay Rachid, va l'aider dans cette tâche en s'emparant du Rif, de Taza et de Fès, puis de larépublique des corsaires de Salé. Les rivaux potentiels, comme la puissantezaouïa de Dila dans leTadla, et leroyaume soufi du Tazeroualt dirigé par les Semlalides, États locaux à base théocratique et tribale, sont vaincus et soumis. Moulay Rachid devient sultan du Maroc en1666 et écrase les révoltes qui sévissent encore àMarrakech. Une chute de cheval qui lui est fatale projette son successeur,Moulay Ismail, à la tête du sultanat en1672.
Cette date rime avec autorité, le nouveau sultan purge à coups de sévères répressions toute forme d'opposition à son régime. Ce qui permettra enfin à l'Empire chérifien d'accéder à la puissance, à la sécurité et à la crédibilité auprès de ses partenaires et de ses adversaires étrangers. Moulay Ismaïl forme une grande armée composée essentiellement d'esclaves-soldats noirs originaires d'Afrique de l'Ouest, (lesAbid al-Bukhari ouBouakhers, équivalent marocain desjanissaires et desmamelouks de l'Empire ottoman) et de soldats issus de tribus militaires arabes (tribusguich) comme les Oudayas. Des unités sont également levées parmi lesRifains, réputés pour leurs qualités guerrières, pour former leJaysh al-Rifi[217].Grâce à cette force dont l'effectif atteint 150 000 hommes[218] Ismaïl mène une guerre continuelle contre les tribus rebelles du Moyen et du Haut-Atlas (qu'il finit par soumettre) mais aussi contre les ennemis extérieurs : lesEspagnols qui occupentLarache etAssilah, lesAnglais de lacolonie britannique de Tanger jusqu'en1684, ainsi que lesTurcs de laRégence d'Alger qui convoitentOujda et les provinces orientales. Le sultan étend l'autorité chérifienne sur laMauritanie jusqu'aufleuve Sénégal grâce au concours des émirsmaures ethassanis de l'Adrar, duTrarza, duTagant et duBrakna, réaffirmant la souveraineté du makhzen sur le pays deBilad Chenguitt. À l'est, les oasis duTouat reconnaissent l'autorité du pouvoir central de Meknès. Durant lesannées 1700, Ismaïl livre également des campagnes militaires contre quelques-uns de ses propres fils désireux de se tailler des principautés dans leSouss, à Marrakech et dans l'Oriental.
De1727 à1757, le Maroc connaît une grave crise dynastique au cours de laquelle lesBouakhers font et défont les sultans, tandis que les tribusguich se soulèvent et razzient lesvilles impériales. Les autres tribus profitent de l'anarchie pour entrer en dissidence (siba). De cette période troublée émerge la personnalité du sultanAbdallah ben Ismaïl, renversé et rétabli à plusieurs reprises entre1729 et1745. Sa mère lasultane douairièreKhnata bent Bakkar, veuve de Moulay Ismail issue de l'une des plus prestigieuses tribus des provinces sahariennes, joue alors un rôle prédominant de régente et tente de préserver les institutions fondamentales de l'Empire chérifien[219].
Abdallah doit subir les sécessions de ses demi-frères qui fondent des quasi-royaumes dans chacune des provinces qu'ils contrôlent (Gharb, Fès, Marrakech, Tafilalt), avec l'appui des différentes factions armées desBouakhers ou desguich. Les habitants de Salé et de Rabat renouent avec l'autonomismecorsaire, tandis que dans le Nord lespachas de la famille Rifi établissent une véritable dynastie qui contrôle Tanger et Tétouan. Les puissantes confédérations tribales berbères naguère soumises au makhzen ismailien, comme les Aït Idrassen et lesGuerrouanes, participent à la dissidence politique et s'emparent du trafic caravanier qui relie les centres commerciaux au nord de l'Atlas auxoasis sahariennes et au Soudan marocain. Les gouverneurs deTombouctou se comportent également en princes indépendants, et font reculer l'autorité marocaine dans la région de la boucle duNiger en traitant séparément avec lesTouaregs et lesPeuls.
L'ordre est rétabli parMohammed III (1757-1790) qui restaure l'unité du sultanat et l'autorité du makhzen. La politique de Mohammed III se caractérise par l'ouverture diplomatique et commerciale de l'État marocain qui entend percevoir les taxes douanières afin d'alléger la pression fiscale intérieure[220]. Des traités sont conclus avec les principales puissances européennes (royaume de France,royaume de Grande-Bretagne,royaume d'Espagne,royaume de Naples,république de Venise,Suède,Autriche), qui entretiennent des consulats et des compagnies de commerce dans les ports marocains fondés par Mohammed III. L'exemple le plus connu des nouvelles places économiques est Mogador (Essaouira), entièrement crée et conçue par l'ingénieur françaisThéodore Cornut pour le compte du souverain chérifien. Les ports d'Anfa (Casablanca) et de Fédala (Mohammédia) sont également aménagés et symbolisent le développement du littoral atlantique, libéré de toute occupation étrangère après la reconquête deMazagan qui marque la fin définitive duMaroc portugais en1769. Mohammed III est également le premier chef d'État à reconnaître l'indépendance desÉtats-Unis en1777. Le sultan établit une amitié épistolaire avecGeorge Washington[221], ce qui vaut aux États-Unis, en vertu de la « politique de la porte ouverte », de conclure avec le Maroc un traité de paix, d'amitié et de commerce le (pour une durée de cinquante ans, renouvelé par le traité de Meknès de1836)[222].
Mosquée de Sidi Ahmed Tijani construite àFès sous le règne du sultanMoulay Slimane (1792-1822).
Moulay Slimane (1792-1822) mène une politique isolationniste, à l'inverse de Mohammed III. Le sultan ferme le pays au commerce étranger, notamment européen, et supprime les postes dedouane créés par son père. Sur le plan interne, sesdahirs d'inspiration ouvertementsalafiste provoquent des révoltes tribales et urbaines, liées à sa décision d'interdire lesmoussems et lesoufisme militant deszaouïas très influentes dans certaines régions. Les Berbères duMoyen Atlas, notamment lesAït Oumalou, se regroupent sous la direction du chef de guerre Boubker Amhaouch et forment une grande coalition tribale à laquelle se joignent même lesRifains et la puissante zaouïa d'Ouezzane[223]. Durant lesannées 1810, l'armée makhzen essuie ainsi de lourdes défaites entraînant la chute deFès et le repli du sultan sur les provinces de l'ouest qui lui sont restées loyales. Les tribus insurgées et la ville de Fès vont jusqu'à essayer d'imposer les princes Moulay Ibrahim etMoulay Saïd, fils de l'ancien sultan Yazid et neveux de Sulayman sur le trône chérifien, mais finissent par échouer dans leur tentative de changement du pouvoir[224].
Sur le plan extérieur, le sultan parvient à écarter les velléités de pression exercées parNapoléonIer et par son frèreJoseph Bonaparte intronisé roi d'Espagne àMadrid, proches voisins de l'Empire chérifien depuis l'occupation de la péninsule Ibérique par les troupes françaises en 1808, et affiche une neutralité bienveillante à l'égard desBritanniques qui occupent lesprésides espagnols du Maroc depuis1808. Sulayman noue des relations diplomatiques avecSaoud ben Abdelaziz, prince de l'Émirat saoudien du Najd enArabie, manifestant un intérêt certain pour lesalafismewahhabite en pleine progression[225]. Ce rapprochement stratégique s'explique par les affinités anti-ottomanes que partagent le sultan alaouite et l'émir saoudien, ainsi que par les sensibilités salafistes du chérif[226]. Profitant de sa campagne militaire contre laRégence d'Alger, Moulay Sulayman parvient à expulser définitivement les troupes ottomanes dubey d'Oran qui occupaient l'est du Maroc et à rétablir ainsi son pouvoir sur le Touat et les autres oasis du Sahara oriental, en y nommant des caïds représentants du makhzen.
À la suite de ce conflit catastrophique pour le makhzen, qui doit payer aux Espagnols une indemnité de guerre de plusieurs millions delivres sterling empruntés auprès des banques britanniques,MohammedIV (1859-1873) successeur de Moulay Abd al-Rahman amorce une politique de modernisation de l'Empire chérifien. L'armée est le premier champ de ces réformes structurelles. Le système des tribusguich est aboli et remplacé par un recrutement au sein de toutes les tribusnouaïbs (soumises à l'impôt régulier) qui sont tenues de fournir destabors (unités) d'askars (soldats). Leur formation est confiée à des conseillers militaires turcs puiseuropéens, à l'instar de l'ÉcossaisHarry Mac-Lean (nommé caïd pour avoir créé un régiment d'élite sur le modèle britannique[228]), et l'armement est acheté auprès d'entreprises étrangères telles que la firmeKrupp[229](ce qui marque le début de l'ingérenceallemande dans les affaires marocaines), quand il n'est pas fabriqué localement. En 1871 le sultan envisage de demander la protection politique et militaire desÉtats-Unis du présidentUlysses S. Grant sortis de leurguerre de Sécession, afin de se soustraire aux pressions anglo-espagnoles[230].
Après la victoire d'Abdelhafid sur Abdelaziz (qui est exilé sous la protection des troupes françaises qui occupentCasablanca et sa région depuis1907), des intellectuels réformateurs influencés par la révolution desJeunes-Turcs dans l'Empire ottoman et par laNahda venue d'Égypte et duLevant, et dont les idées sont exprimées par le journal tangéroisLisan Al-Maghrib, tentent de soumettre au nouveau sultan un projet de Constitution chérifienne le[236]. Cependant la crise profonde des institutions du sultanat et la pression de l'impérialisme européen rendent impossible l'aboutissement du projet constitutionnel.
Jilali Ben Driss Zerhouni, aliasBou Hamara (1903).
La faiblesse dumakhzen permet en outre à un aventurier du nom de Jilali Ben Driss plus connu comme étant lerogui Bou Hmara de se faire passer pour un fils deHassanIer, de se faire reconnaître commesultan dans l'ensemble du nord-est du pays et de mettre en déroute l'armée chérifienne pendant quelques années avant d'être finalement capturé et exécuté à Fès en 1909.
Un autre rebelle,el-Raisuni, établit son fief dans larégion des Jebalas et provoque par ses enlèvements de ressortissants américains l'intervention du président des États-UnisTheodore Roosevelt qui menace le makhzen d'envoyer des navires de l'US Navy débarquer des troupes pour occuper Tanger[237]. La libération des otages évite une invasion américaine, dans un contexte international tendu marqué par la rivalité entre la France et l'Allemagne au sujet de l'avenir du Maroc.
Abdication du sultan Abdelhafid qui avait signé le traité de protectorat avec la France en 1912.
Jusqu'en 1912, c'est un empire militaro-théocratique aux marges mouvantes, multiethnique et multiconfessionnel[238].
En 1906, laConférence d'Algésiras place le Maroc sous contrôle international et accorde à la France des droits spéciaux[239]. Ces droits sont néanmoins contestés par l'Allemagne deGuillaumeII, qui convoite l'Empire chérifien et se heurte aux appétits français : affaires marocaines de lacrise de Tanger et ducoup d'Agadir en 1905 et 1911 : à Tanger le Kaiser vient prononcer un discours orienté contre la France, tandis qu'à Agadir la marine impériale allemande est sur le point de débarquer des troupes, ce qui provoque l'émoi dans toute l'Europe[240].
Carte du Maroc après leTraité de Fès de1912, l'Empire chérifien est divisé en plusieurs zones de domination, française, espagnole et internationale.
À la suite dutraité conclu entre la France et le Maroc le, pour l'organisation du Protectorat français dans l'Empire chérifien, le Nord et leRio de Oro sont attribués à l'Espagne, tandis que les régions centrales avec leurs villes principales et la côte atlantique où se situent les grands ports reviennent à la France. Dans le système de protectorat, le sultan et le makhzen traditionnel sont maintenus, mais le pouvoir appartient en réalité au résident général et au haut-commissaire, qui représentent respectivement la puissance de tutelle française àRabat et espagnole àTétouan. La ville de Tanger constitue unezone internationale gouvernée par une commission où siègent les États-Unis et les pays européens possédant des intérêts dans l'Empire chérifien. Ce système est contesté par lemouvement national marocain à partir desannées 1930, et surtout à l'issue de laSeconde Guerre mondiale. Par ailleurs, l'ensemble du territoire marocain n'est soumis aux puissances coloniales qu'à l'issue d'une longue guerre de conquête, ditepacification du Maroc, qui s'échelonne de 1907 à 1934. De 1921 à 1926 laguerre du Rif menée parAbdelkrim el-Khattabi contre l'Espagne et la France connaît un retentissement planétaire.
Immeuble de la période du protectorat français à Casablanca.
Le Maroc accède officiellement à l'indépendance en 1956, après les sursauts d'une lutte de plus en plus rude entre les autorités coloniales et le mouvement national. La tension est très forte dès la fin de l'année 1952, qui voit se dérouler lesémeutes des 7 et 8 décembre 1952 à Casablanca, causant de cent à trois cents morts selon les historiens[241],[242].
L'armée de libération nationale et la guerre d'indépendance
Profitant de la proximité de lazone espagnole et de la protection deCheikh Messaoud Ababou, membre du comité de Tétouan qui la chapeaute politiquement[248], l'ALN sera en mesure de s'entrainer en pleins territoire desAsht Assem desIgzenayen de1954 à son premier, coup d'éclat, l'attaque simultanée de trois bureaux indigènes (Boured,Tizi ouasli,Imouzzer Marmoucha) dont la principale àBoured le. Ce fut le commencement de la guerre d'indépendance aussi appelé « La deuxième guerre du Rif »[249],[250]. Les combats, d'une rare intensité et mobilisant 15 000soldats français dureront jusqu'au mois demars1956, principalement sur le territoire desIgzenayen (le front rifain étant le seul à se développer), et au retour duRoi puis à la proclamation de l'indépendance à travers les accords d'Aix-les-Bains en 1955[243],[244],[245].
Le, à la suite de l'appel au calme du sultanSidi Mohammed ben Youssef après l'annonce de l'indépendance du Maroc, le haut commandement de l'ALN en accord avec le Mouvement de la Résistance annonce dans un tract la cessation provisoire des opérations militaires notamment dans leRif, tout gardant ses positions jusqu'à ce que la souveraineté marocaine soit entièrement libérée sans condition ni réserve[252]. Le 31 mars, le sultan reçoit trente chefs de l'ALN, venant des secteurs du Rif, duMaroc oriental, de l'Atlas et desconfins algéro-marocains, confirmant leur allégeance et obéissance à la monarchie et l'ALN est intégrée officiellement auFar le 14 mai 1958[252], elle est alors composée des effectifs de l'ALN et l'ALN sud (ALNS).
Maroc indépendant (depuis 1956)
Le Maroc accède à sonindépendance le et se trouve confronté dès lors à de nombreux enjeux d'ordre politique, économique et social (parachèvement de l'intégrité territoriale et stabilisation de la situation intérieure). En 1961, le décès deMohammed V, qui a été le dernier sultan de l'Empire chérifien et le premier roi du Maroc moderne (le titre de roi remplace celui de sultan en1957), laisse le trône à son filsHassan II qui doit relever dès lors un ensemble de défis, consolider son pouvoir et assurer la place du Maroc dans le contexte mondial de laguerre froide et de ladécolonisation.
À partir des années 1990, une opération de grande envergure pour la privatisation des entreprises publiques est menée par le roi etAndré Azoulay, le conseiller économique de la monarchie. Le groupe françaisAccor a ainsi pu acquérir six hôtels de la chaîne marocaine Moussafir et la gestion dupalais Jamaï de Fès. Cette opération deprivatisation permet d'une part aux notables marocains proches du pouvoir de contrôler les entreprises publiques les plus en vue, et, d'autre part, aux sociétés françaises d'opérer un retour en force dans l'économie du pays. La famille royale acquiert notamment legroupe minier Monagem[253].
Lesarmes du Maroc se blasonnent ainsi : « de gueules, avec en chef un soleil naissant à quinze rayons d'or sur champ azur, soutenu d'une fasce divisée voûtée de sinople, fuselée d'or et d'argent ; le tout surchargé d'un pentalpha de sinople. L'écu est timbré de la couronne royale marocaine d'or, ornée de perles de gueules et de sinople alternées et surmontée d'une étoile (pentalpha) d'or ; il est bordé de lambrequins d'or soutenus de deux cornes d'abondance et supporté par lions au naturel : celui de dextre étant de profil et celui de senestre est léopardé, et pour devise, sur un listel d'or : (Arabe : إن تنصروا الله ينصركم)Si vous glorifiez Allah, il vous donnera la gloire (le verset 7 de lasourate XLVII duCoran) ».
Monnaie
Ledirham marocain est lamonnaie officielle du Royaume du Maroc, émise par laBank Al-Maghrib. Il est divisé en100centimes de dirham (سنتيم, pluriel :سنتيمات,ṣantimāt).Le dirham marocain n’est pas une monnaie librement convertible mais estsemi-flexible.
La méthode de cotation quotidienne du dirham par rapport à son panier de référence en devises a été rendue publique pour la première fois en 2006 dans le rapport de laBank Al-Maghrib. Jusqu'en avril 2015, la monnaie marocaine était indexée à 80 % sur l'euro et 20 % sur le dollar où le dirham courant est égal à l'inverse du cours de référence de l’euro multiplié par 80 %, plus l'inverse du cours de référence du dollar multiplié par 20 %. Le résultat de cette addition est multiplié par le résultat du rapport entre le cours de l'euro sur celui du dollar. Cette opération donne lieu à la valeur d'un dirham courant et son équivalent en dollar[258].
Le Maroc est la cinquième puissance économique enAfrique en étant classé onzième pays africain en nombre d'habitants et25e en superficie. Il est certes la troisième puissance économique d'Afrique du Nord, derrière l'Égypte et l'Algérie, classées respectivement troisième et huitième populations africaines et douzième et premier pays plus vastes du continent, néanmoins, le royaume chérifien devient deuxième[259] pays investisseur sur son propre continent. L'évolution de l'économie marocaine a manifesté un degré de résilience remarquable au sein de son environnement régional : le Maroc a enregistré un rythme de croissance parmi les plus élevés de la zone MENA, région ayant, relativement bien surmonté la crise mondiale en réalisant une croissance moyenne supérieure à la zone euro, lesPECO et l'Amérique latine. Ainsi, le Maroc a réalisé une croissance annuelle moyenne de 4,3 %[260] durant la période 2008-2013 contre 4 % pour la zone MENA, -0,3 % dans la zone euro, 2,3 % dans les PECO et 3,2 % dans l'Amérique latine et Caraïbes. Cette performance est le résultat de la hausse de 9,2 % par an de la valeur ajoutée du secteur primaire et de la bonne tenue du secteur non agricole, grâce, notamment, aux performances du secteur tertiaire. De 2004 à 2014 le PIB marocain est passé de 56 à 107 milliards de dollars avec une inflation bien maîtrisée se situant à une moyenne annuelle de 1,8 %. Selon le ministère de l'économie le Maroc a enregistré en 2015 une inflation de 1,6 % et une croissance de 4,8 %[261] tirée par une bonne année agricole, un chiffre supérieur aux prévisions de la loi de finances 2015 qui tablait sur une croissance de 4,4 %. En 2025, le Maroc est classé en57e position pour l'indice mondial de l'innovation[262].
Répartition de l'économie marocaine en 2014.
En 2014 la valeur ajoutée du secteur tertiaire atteint 55,8 %[263] du PIB suivie de 29,6 % pour l'industrie et 13,6 % pour l'agriculture. L'industrie manufacturière est dominée par le textile, les articles de cuir, la transformation des aliments, du raffinage de pétrole et du montage électronique. De nouveaux secteurs offrent un potentiel de croissance élevé et diminuent la dépendance du royaume à son secteur agricole : chimie, équipement automobile, informatique, électronique et industrie aéronautique.
En 2019, le Maroc« reste le pays le plus inégalitaire du nord de l'Afrique et dans la moitié la plus inégalitaire des pays de la planète, En 2018, les trois milliardaires marocains les plus riches détenaient à eux seuls4,5 milliards de dollars, soit44 milliards de dirhams. L'augmentation de leur fortune en un an représente autant que la consommation de 375 000 Marocains parmi les plus pauvres sur la même période », souligne un rapport de l'ONGOxfam[264].
Dans une mise à jour de ses “Perspectives de l’économie mondiale”, laFMI prévoit un taux d’inflation de 2,2% en 2025 et de 2,3% l’année prochaine. Ainsi que Le Maroc devrait enregistrer une croissance de l’ordre de 3,9% cette année et 3,7% en 2026. Selon ces prévisions rendues publiques à l’occasion des Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, qui se tiennent à Washington du 21 au 26 avril, le taux de chômage, qui a atteint 13,3% en 2024, devrait ralentir cette année à 13,2% avant de reculer à 12,9% en 2026. Le FMI anticipe en outre que le solde du compte courant du Maroc va s’établir à -2,0% en 2025 puis à -2,2% l’année suivante. En ce qui concerne la région Moyen Orient et Afrique du Nord, la croissance, établie en 2024 à 1,8%, devra passer à 2,6% en 2025, avant de bondir à 3,4% l’année suivante. Ces prévisions constituent une revue à la baisse des estimations du Fonds pour cette région publiées en octobre dernier. Celles-ci étaient initialement comprises entre 2,1% en 2024 et 4,0% en 2025[270],[271],[272].
Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF)[275]
Le nouveau découpage territorial marocain comporte douze régions ; le Maroc dans sa nouvelle constitution adoptée en 2011 donne une grande autonomie et responsabilité aux régions afin d'agir pour le développement économique local. L'objectif du nouveau découpage est de former des régions assez grandes en vue d'une meilleure complémentarité économique et sociale, contrairement à plusieurs pays européens qui ont eu une expérience plus avancée en organisations territoriales qui spécifient des langues locales à introduire dans l'enseignement public par régions, au Maroc deux langues officielles sont retenues (l'arabe, et l'amazigh) et qui sont enseignées dans toutes les régions. Afin de mieux organiser les départs en vacances un calendrier de vacances scolaires décalées selon les régions est en cours d'élaboration.
Accord de libre échange Maroc - Émirats arabes unis
Accord de libre échange Maroc - EFTA
Le Maroc dispose d'unproduit intérieur brut relativement fort au regard de la moyenneafricaine. La population marocaine constitue 2,5 % du continent africain, en 2008 avec ses 85,2 milliards dedollars son produit intérieur brut contribuait à hauteur de 9 % duPIB global ducontinent, fin 2013 après que le baril de pétrole dépassa100 dollars ce ratio s'est rétrécie à 5 %. Le Maroc est appelé à consolider ce point puisque malgré unecroissance relativement rapide depuis l'accession au trône du souverainMohammed VI en1999, cette dernière demeure variable et volatile car tributaire des résultats de plusieurs facteurs internes et externes. La proximité du Maroc avec lecontinent européen a favorisé l'économie nationale dans la mesure où cette dernière a très largement bénéficié des nombreuses délocalisations effectuées par lesentrepriseseuropéennes.
Carte synthétique des nouvelles industries de Tanger Med : Tanger Tech, Tanger Automotive City, et les principales voies de transport : voie rapide ferroviaire Tanger-Casablanca, aéroports et port de Tanger-Med.
Longtemps repoussée au second plan sous le règne deHassan II, la façade méditerranéenne marocaine a souvent été retardée malgré le potentiel immense qu'offre cette route maritime, preuve de l'incompétence des anciens responsables du secteur maritime marocain avant les deux dernières décennies. Ces derniers voulaient ériger le nouveau port tangérois sur la côte atlantique[279]. Replacé sur la route majeure du trafic de conteneurs, la construction duport deTanger Med a constitué un tournant majeur pour le transport maritime marocain. Lancé en 2004 à 22 km à l'est de l'ancienport de Tanger ville sur l a côte méditerranéenne à 15 km des côtes sud espagnoles, le nouveau port tangerois est inauguré en2007[280]. En2014, ce complexe portuaire a pu totaliser le traitement de3 millions[281] deconteneurs. Deux autres tranches, Tanger Med 2 et Tanger Med 3 sont prévues afin d'atteindre une capacité maximale de 8,5 millions deconteneurs, ce qui ferait de lui le plus grand portafricain en matière de transport de marchandises. La construction de Tanger Med 2 a été confiée en 2009[282] augroupe Bouygues, le même concepteur que Tanger Med 1 qui a prouvé son efficience. L'infrastructure portuaire est à présent terminée depuis janvier 2015 et livrée aux gestionnaires des terminaux pour finaliser les équipements portuaires. Lazone franche adjacente accueille entre autres la nouvelle usineRenault depuis 2012.
Le Maroc est par ailleurs le troisième producteur mondial dephosphates avec ses 26,40 millions de tonnes produites en 2013, soit 12 % du total de la production mondiale, estimée à220 millions de tonnes derrière la Chine, premier producteur mondial (100 millions de tonnes) et les États-Unis (27,10 millions de tonnes). Le phosphate est une ressource minière nécessaire à la fabrication d'engrais, et ses cours ont fortement augmenté avant la crise mondiale de 2008, pour atteindre400 dollars la tonne quand cette ressource constituait presque 5 % du PIB marocain. Le phosphate a déjà baissé de plus de 60 % et intervient pour moins de 3,5 % du PIB face à la montée en puissance de la production chinoise assurant leur autosuffisance, et audumping de l'Arabie saoudite, détentrice degisements quasiment en surface et qui a raflé une bonne partie des marchés d'Asie et d'Afrique de l'Est. La baisse du prix du phosphate est donnée comme irréversible et devrait atteindre75 dollars la tonne en 2025[283]. Cependant, cela semble ne pas être en mesure de provoquer demaladie hollandaise au Maroc, à l'instar des autres pays mono-exportateurs africains qui s'appuient sur un PIB issu à 90 % d'une seule richesse minière. À la suite du dumping de l'Arabie saoudite, beaucoup de mines de phosphates à travers le monde, notamment au Sénégal, en Tunisie, en Jordanie et en Égypte sont redevenues déficitaires, et les mines marocaines ont perdu en rentabilité. Près du gisement d'Ouled Abdoun dans la province deKhouribga, à 120 km au sud-est deCasablanca, se trouve le premier centre minier de phosphate au monde, exporté par le biais des ports deCasablanca et deJorf Lasfar, un nouveau port construit en 1982 à proximité d'El Jadida. Le transfert versJorf Lasfar est assuré par convois ferroviaires. Deux autres sites phosphatiers sont exploités au nord de Marrakech àBen Guerir (Gantour) et àChichaoua (Meskala), et leurs produits transportés par train vers le port deSafi. L'Office chérifien des phosphates est la première entreprise publique du pays. En 2014 les exportations de phosphates sont détrônées par le secteur agricole et l'industrie automobile[284]. Une partie des réserves se trouve à Bocraa auSahara, mise en production par Phosbocraa, une filiale de l'OCP. Le front Polisario considère cette activité comme un pillage de richesses, bien que le groupe OCP affirme que cette mine a toujours été déficitaire, de 1976 à 2008[285]. Selon l'OCP, les sites de Meskala et Bocraa ont constamment été déficitaires et vivent aux dépens des mines deKhouribga et deBen Guerir. En conséquence, la mine de Skala est fermée temporairement à l'heure actuelle, par contre le site de Bocraa continue son activité afin de pérenniser les 3 000 emplois de cette filiale. Le phosphate produit est acheminé par bande transporteuse sur 150 km jusqu'au port de Laâyoune. Étant donné la volatilité des prix du phosphate, l'OCP a mis en place en 2014 unminéroduc entreKhouribga et le port deJorf Lasfar et projette d'ériger un deuxième pipeline également entreBen Guerir et le port deSafi afin de minimiser les coûts de transport. L'OCP souhaite ainsi rester compétitif face aux groupes asiatiques qui commencent à acheter les compagnies africaines déficitaires[286] afin de produire du phosphate pour garantir leur future autosuffisance alimentaire.
Le Maroc n'ayant jamais été affecté par un système à économie dirigée, beaucoup d'habitants des régions rurales ont constitué des entreprises familiales dans le domaine de la pêche et de l'agriculture de telle manière à assurer une autonomie alimentaire et exporter les surplus de la production. À la suite de sécheresses importantes survenues à partir des années 1980, les populations rurales migrent en masse vers les villes et provoquent plusieurs crises induites entraînant le développement debidonvilles, du chômage et de l'insécurité. La réponse des autorités fut relativement tardive mais cela a permis de stopper l'hémorragie : le roi Hassan II dans un de ses discours promet d'irriguer un million d'hectares à l'horizon de l'an 2000. Un programme de construction de barrages est lancé, des canalisations d'eau sont érigées, des milliers d'écoles rurales construites et les crédits bancaires furent facilités pour les agriculteurs. Cependant, le manque de développement routier constituait encore un grand fardeau dans les zones rurales marocaines, l'exode rural continuant et augmentant le taux de chômage en ville.
Le taux dechômage au Maroc, comme dans tous les autres pays d'Afrique du Nord, est assez approximatif. Il varie entre 9 et 10 % selon les chiffres officiels (HCP, ministère du Travail), mais quelques organisations marocaines non gouvernementales tablent sur des chiffres plus élevés. Dernièrement, le gouvernement a mis en place une allocation en cas de perte d'emploi et se penche sur l'éventualité de créer une allocation pour les nouveaux diplômés.
Comme tous les pays dutiers-monde, l'économie informelle est toujours présente au Maroc dans plusieurs secteurs et empêche des centaines de milliers de travailleurs d'avoir accès à unecouverture sociale. Durant la dernière décennie,[Quand ?] les autorités ont lancé un programme de couverture sociale et d'assurance maladie obligatoires pour les petits artisans et les différents secteurs d'activité. Fin 2014 laCNSS couvre3 millions d'affiliés[287] sur une population active de12 millions. Malgré les différentes incitations gouvernementales, la croissance moyenne de la couverture sociale tourne autour de 7 % par an depuis 2009. Les mentalités des couches marocaines aisées sont souvent de tendance libérale, relativement semblables à la société américaine, l'ironie du sort étant qu'une grande partie des non-inscrits à laCNSS sont les indépendants qui bénéficient d'un revenu assez confortable (médecins, architectes, cadres) qui ne souhaitent pas cotiser et exprimer leur devoir de solidarité avec les autres couches sociales. Concernant l'Assurance Maladie Obligatoire gérée elle aussi par laCNSS, le nombre d'employés couvert atteint 4,9 millions.
Pour lesdemandeurs d'emploi et les indépendants dans des secteurs précaires, l'État marocain a développé un programme baptisé Régime d'assistance médicale (RAMED) qui englobe9 millions[288] de bénéficiaires à bas revenus, venant s'ajouter aux 288 000 étudiants et 20 000 immigrants, soit 64 % de la population totale couverte. L'objectif à court terme est d'atteindre un taux de 95 %[289] de la population, et un projet de loi a été adopté en ce sens. Afin d'anticiper les déficits de la caisse de retraites une loi a été adoptée afin de passer l'âge de la retraite de 60 à 63 ans et de relever le minimum des pensions de retraites à 1 500 dirhams par mois à partir de 2018[289], Si cette somme peut sembler dérisoire comparé aux retraites appliquées dans les pays membres de l'OCDE (équivalente à 160 $), cette allocation correspond auxsalaires minimums des autres pays d'Afrique du Nord et au double de la moyenne des salaires minimums des pays d'Afrique subsaharienne.
La situation de l'emploi a souffert pendant les années 1970-1980 d'événements internes et externes : la hausse de la natalité, les chocs pétroliers, la baisse de la parité du dirham, le plan d'ajustement structurel, sont des circonstances qui ont porté atteinte aux équilibres financiers de l'État et entraîné la baisse des dépenses d'investissement et de promotion de l'emploi. Les émeutes sociales des années 1981, 1984 et 1990 s'inscrivent dans cette logique d'ensemble.
LesSMIG au sein des 5 premiers PIB africains (Source : ILO.org)
Manifestation pour l'obtention de réformes devant engager les partis et les syndicats (2011).
Il existe presque autant de partis politiques marocains qu'il existe desyndicats leur étant fidèles. Pendant les années 1970, de grandes luttes ouvrières eurent lieu, à la suite desquelles le roi Hassan II eut recours à l'armée[290] pour faire conduire les trains et les bus publics. Depuis lors, la plus grande partie des transports a été privatisée, mais cela n'a pas empêché le premier ministreAbdelilah Benkirane de faire appel à l'armée pour assurer un service minimum dans le transport ferroviaire durant la journée de grève générale du 24 février 2016[290], une grève organisée par les syndicats contre le projet de réforme des retraites[291] en cours.
Pendant longtemps les différents gouvernements successifs marocains embauchaient d'office une grande partie des jeunes diplômés dans les administrations ou les entreprises publiques par clientélisme voire par corruption. Les entreprises publiques, à la masse salariale élevée, avaient une productivité très faible. Après de vastes programmes de privatisations partielles ou totales d'entreprises publiques, les derniers gouvernements ont supprimé les recrutements automatiques de diplômés chômeurs. Les postes à pourvoir sont accessibles selon les besoins et par un concours, aussi de grands plans de départs volontaires ont eu lieu. Grâce à ces réformes les entreprises marocaines sont aujourd'hui à l'échelle continentale largement en tête en matière de compétitivité, seul le Kenya a été capable de mener des réformes aussi audacieuses et réussies. La baisse des recrutements dans la fonction publique engendra des manifestations énormes de jeunes diplômés devant le parlement.
Depuis l'alternance politique en 1997, l'économie marocaine s'est ouverte progressivement avec le démantèlement des droits de douane, les privatisations, la réforme du secteur bancaire, la réforme du code de travail, la création de zones industrielles, la promotion fiscale, les grands chantiers, dynamisant ainsi quelque peu le marché de l'emploi. Depuis le début du millénaire, la situation de l'emploi a connu une nette amélioration par rapport aux années 1990, mais l'offre n'arrive pas à couvrir toutes les catégories, et ne touche pas certaines régions pauvres et enclavées du royaume.
La mise en place récente des agences nationales pour la promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC) ainsi que l'instauration d'une assurance maladie obligatoire (AMO) couvrant les affiliés de la CNSS et leurs familles, démontre une prise en compte et une sensibilité améliorée aux sujets sociaux.
Début 2014, letaux de chômage au Maroc grimpe à 10,2 %[292] avant de repasser légèrement sous la barre de 10 % en 2015[293]. Le taux de chômage des jeunes serait de 42,8 % en 2017. Environ 80 % des emplois sont informels et les écarts de revenus très élevés[294].
Depuis lesannées 1970, les autorités ont fait le choix de tout miser sur l'économie de marché et sur lesecteur privé, largement subventionné par l'État, avec l'idée qu'il allait s'autonomiser et devenir le principal investisseur. Cette politique a pourtant abouti à un échec patent. Outre qu'il investit faiblement, le privé ne salarie que 10 % de la population active. D'autre part, au sein de ces12 millions de personnes actives,2 millions sont recensées comme telles, mais ne sont pas rémunérées, constituant la catégorie dite des « travailleurs fantômes ». Figurent notamment dans cette catégorie lesouvriers agricoles employés au sein de l'exploitation familiale ou les jeunes travaillant dans l'artisanat[269].
En 2014, le secteur de la pêche maritime a généré huit milliards de dirhams soit environ 2 % du PIB national. Pour ce qui est des emplois, la filière pêche crée plus de 170 000 emplois directs, soit 1,5 % de la population active, et près de 500 000 emplois indirects. En 2009, le Maroc a lancé un programme baptisé « Halieutis » visant à créer 115 000 nouveaux emplois dans le secteur et à générer trois milliards de dollars à l'export.
Depuis son indépendance, le Maroc a déployé d'importants efforts pour le développement agricole, aussi bien des zones irriguées par la mobilisation des ressourceshydrauliques et l'aménagement de grands périmètresirrigués, que des zones bour[Quoi ?] par des opérations de grande envergure, des mesures d'incitation, d'encadrement et de soutien des prix; en plus de la formation des cadres, composante essentielle à la conception et la mise en œuvre des programmes de développement. En dépit des moyens humains et financiers mis en œuvre, les projets et programmes de développement retenus n'ont pas toujours réalisé les objectifs escomptés aussi bien en matière de sécurité alimentaire qu'en matière d'amélioration des conditions de vie et de production des exploitants agricoles.
Le secteur de laculture maraîchère, largement dominé par des petits agriculteurs, a moins souffert de variations cycliques de productions grâce à l'irrigation et à la persévérance des propriétaires locaux,en revanche quelques domaines agricoles ont été gérés d'une manière désastreuse par des compagnies publiques sous forme de grands kolkhozes d'une gouvernance qui laisse à désirer. Les compagnies publiques SODEA et SOGETA sont deux exemples de cette mauvaise gestion, ces deux dernières ont provoqué un retard criant de leurs domaines respectifs en laissant derrière elles une ardoise monstre prouvant encore une fois l'incompétence du capitalisme d'État dans ce secteur économique précis qui nécessite beaucoup d'attention et d'innovation. Cependant, les employés se sont toujours opposés à la privatisation de ces deux entreprises, Il a fallu attendre le début des années 2000 pour commencer la privatisation de ces deux compagnies agricoles.[non neutre]
En 2008, le plan « Maroc Vert » est lancé afin de dynamiser l'agriculture marocaine, doté d'un budget de174 milliards dedirhams (16,1 milliards d'euros), le Plan Maroc Vert entend moderniser le secteur et le rendre plus concurrentiel à l'échelle internationale, tout en proposant des aides ciblées aux petits exploitants pour une croissance plus inclusive dans les zones rurales. Ce plan devrait permettre la création de quelque1,15 million d'emplois dans le secteur d'ici 2020 et multiplier par trois les revenus de trois millions de ruraux. Le secteur agricole, conforté par une valeur ajoutée qui a augmenté de 50 % depuis 2008, connait une progression soutenue comme en témoignent les indicateurs qui affichent une croissance des exportations agricoles de 34 %. La valeur ajoutée agricole a augmenté de70 MMDH en 2008 à105 milliards de DH en 2014, ce qui montre qu'elle progresse plus rapidement que celle du reste de l'économie. Ces chiffres signifient que le revenu/tête a progressé de 48 % dans le monde rural depuis 2008. La hausse des exportations agricoles a été accompagnée d'une intensification des investissements dans l'économie agricole, en progression de 170 % entre 2008 et 2014, et cela particulièrement en amont. La part des investissements destinés à l'amont de la filière a permis de renforcer les systèmes de production contre l'aléa climatique.
Par exemple, le Maroc enregistre une nette reprise de ses exportations de citrons au cours de la campagne 2024/2025, après quatre années consécutives de repli, selon la plateforme spécialisée EastFruit. Ce rebond est attribué à des conditions climatiques plus clémentes dans leRoyaume Chérifien ainsi qu’à une baisse significative de la production mondiale, notamment enTurquie, deuxième exportateur mondial de citrons. Cette conjoncture favorable a permis aux producteurs marocains de regagner des parts de marché à l’international. Durant le premier semestre de la campagne en cours, soit d’octobre à mars, le Maroc a exporté 6.100 tonnes de citrons, générant 2,7 millions de dollars de recettes. Il s’agit du volume le plus élevé enregistré sur cette période depuis 2020/2021. À mi-campagne, les revenus issus de ces ventes se rapprochent déjà de ceux de l’ensemble de la campagne précédente, laissant présager un bilan annuel en nette progression. Bien que les citrons restent loin derrière les mandarines et les oranges en termes de volumes exportés — avec un pic historique de 17 000 tonnes en 2019/2020, soit sept fois moins que les oranges et plus de vingt fois moins que les mandarines — ils jouent un rôle stratégique dans l'offre marocaine[295],[296],[297],[298].
Le secteur agricole marocain a eu une haute récolte céréalière en 2015 : onze millions de tonnes[299]. Le secteur agricole, représente15 à 20 % du PIB et fournit des emplois directs à plus de quatre millions de personnes[299]. À l'international, depuis 2008 et selon les précipitations, les importations agricoles marocaines représentent entre14 et 24 % des importations globales, quant aux exportations agricoles, elles représentent entre15 et 21 % du total des exportations. En 2015, le Maroc a produit 5,6 millions de tonnes de blé tendre et 2,4 de blé dur[300]. Avant la moisson 2020, les stocks sont d'un peu plus de3 millions de tonnes[300],[301].
Mines
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Les conditions de travail desmineurs sont souvent très dures. La législation est peu protectrice et les entreprises du secteur multiplient les subterfuges pour se dérober aux dispositions favorables aux ouvriers. La législation marocaine a ainsi été critiquée par l'Organisation internationale du travail[302].
De nombreux sous-traitants sont employés sur un même site minier. D'autre part, pour éviter de prendre en charge lesmaladies professionnelles de leurs salariés, les sociétés de sous-traitance peuvent recourir à des licenciements. Les syndicats et les mineurs grévistes peuvent être exposés à des pressions[302].
Secteur secondaire
Industrie
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Teinture du cuir au Maroc. Janvier 2017.Fibule berbère, poterie, koumiya et lanterne produites artisanalement au Maroc.
Pendant longtemps l'économie du Maroc était basée principalement sur l'agriculture et la pêche maritime, ceci fut le cas notamment au siècle dernier quand les populations rurales dépassaient la moitié de la démographie du pays. L'industrie marocaine contribuait à 16 % du PIB et employait 12 % de la population active, l'industrie lourde fut relativement négligée aux dépens des activités pressenties nécessaires à l'autosuffisance alimentaire et vestimentaire. Cela a eu comme conséquence de développer l'industrie textile etagroalimentaire pour la consommation locale et l'export : jusqu'à 2002 presque trois quarts des exportations marocaines deproduits manufacturés étaient constituées d'articles de cuir, textile et d'aliments transformés.
En 2005, le ministère de l'industrie marocain a engagé lecabinet McKinsey[303] afin d'élaborer une étude sur les modalités de stimulation de l'industrie. L'étude est intégrée dans un programme d'ensemble baptisé Plan National Emergence I (PNE I) ayant comme objectif de créer 250 000 emplois. Ce dernier programme est loin de réaliser les objectifs escomptés.
Offshoring : Positionnement sur le nearshore francophone et hispanophone – Ambitions : + 100 000 emplois - + 15 Mds DH en VA ;
Automobile : Création d'une base industrielle autour d'un tissu d'équipementiers – Ambitions : + 70-80 000 emplois - +10 Mds DH en VA ;
Électronique : Focalisation sur l'électronique de spécialité et intégré – Ambitions : + 10 000 emplois - +5 Mds DH en VA ;
Halieutique : Valorisation industrielle et commerciale despélagiques et développement des produits congelés – Ambitions : 35 000 emplois - + 3 Mds DH en VA ;
Aéronautique : Offre intégrée – Ambitions : + 10 000 emplois - +3 Mds DH en VA ;
Textile et cuir : Repositionnement sur le fast fashion et co-traitance – Ambitions : 50 000 emplois - + 5 Mds DH en VA ;
Agroalimentaire : Développement de 8 à 10 filières à fort potentiel autour de projets intégrés – Ambitions : 6 000 emplois - + 5 Mds DH en VA.
Ainsi, ces sept secteurs considérés comme stratégiques et porteurs ont été ciblés. Orientés vers l'export, ces moteurs de croissance ambitionnent de représenter 70 % de la croissance industrielle au Maroc à partir de 2015, doper la croissance annuelle du PIB de 1,6 % (soit 90 Mds DH additionnels) et créer 400 000 emplois. Afin de parer au manque de résultats réalisés par le premier programme Emergence I, plusieurs mesures ont été prises dont :
La mise à niveau des infrastructures de transport par la création de zones et plateformes industrielles dédiées ;
un cadre fiscal attrayant pour les investissements industriels ;
un programme de formation intégré, spécialement conçus pour accélérer le développement de ces branches.
L'analyse globale des sept dernières filières motrices à l'export permet de relater la fragilité du secteur textile face à la concurrence asiatique. Dans le même sillage, le Maroc a renforcé sa position dans l’industrie textile mondiale grâce à un investissement majeur de 2,3 milliards dedirhams du groupe chinois Sunrise, l’un des leaders mondiaux du secteur. Une convention d’investissement a été signée le 20 mars 2025 à Rabat, sous la présidence du Chef du GouvernementAziz Akhannouch, en présence de plusieurs ministres et représentants institutionnels. Ce projet prévoit l’implantation de deux unités industrielles à Skhirat et à Fès, qui permettront de créer 7 000 emplois directs et 1 500 emplois indirects. Ces infrastructures ambitionnent de structurer une chaîne d’approvisionnement textile intégrée, notamment la dépendance aux importations en facilitant l’approvisionnement local en fil, tissus et produits de confection[304],[305],[306],[307],[308].
Cependant, l'offshoring, l'aéronautique et l'industrie automobile ont relativement bien progressé. L'offshoring a permis au Maroc de jouer la carte linguistique et la proximité en fuseau horaire par rapport aux principaux marchés émetteurs, cette forme denearshoring a même poussé quelques professionnels de pays concurrents comme l'Inde[309] et l'Égypte[310] à installer leurs antennes au Maroc.
Concernant l'aéronautique et l'automobile ces deux secteurs ont largement évolué au Maroc passant d'à peine quelques rares sociétés opérant dans chacun de ces deux domaines à 150 équipementiers automobiles[311] et 120[312] autres groupes opérant dans l'aéronautique installés au Maroc fin 2015, dont les derniers implantés sont Hexcel, Stélia, Bombardier et Latécoère. Sans compter la valeur produite pour le marché interne, en 2015 le secteur automobile a généré 68,50 milliards de dirhams en croissance de 20 % par rapport à 2014 comprenant 48,60[313] milliards de dirhams en voitures et composants automobiles destinés aux usines européennes et 19,90[313] milliards de câblage. Le secteur aéronautique a exporté environ15 milliards de dirhams (7,20[313] milliards en pièces et 7,70[313] milliards en électronique).
En 2014, une nouvelle feuille de route baptisée « Plan d'accélération industrielle 2014-2020 » est mise en place pour dynamiser l'industrie, un budget de20 milliards de dirhams est réservé pour mener à bien ce projet qui vise à accueillir une centaine d'équipementiers aéronautiques supplémentaires et plusieurs usines automobiles afin de doubler les capacités de productions actuelles qui sont de 400 000 voitures.
Lesecteur bancaire marocain est le fruit d'une politique libérale qui a fait ses preuves face à des modèles à économie dirigée. Alors que même en Europe occidentale il existe plusieurs banques détenues totalement ou partiellement par des États, toutes les grandes banques marocaines sont privées[f]. Fin 2015 il existe 29 banques accréditées[317] auprès de laBanque centrale marocaine, dont 11 banques régionales et 18 banques opérant à l'échelle nationale. Les banques régionales marocaines ont pour objectif de participer au développement inclusif des régions grâce au financement des projets de proximité, elles sont en ce sens un complément au crédit agricole marocain et àAl Barid Bank qui sont relativement axés sur l'accompagnement des couches sociales les plus modestes, respectivement en milieu rural et urbain.
Parts de marché des banques marocaines en 2012.
La fusion de deux banques privéesWafa Bank et Attijari Bank en 2003 a donné naissance à un grand groupe bancaire marocain baptiséAttijariwafa Bank (AWB) qui a pu avoir les moyens de partir à la conquête du continent, pendant ces dix dernières années ce dernier a été rejoint par les deux banques marocainesBanque populaire (BP) etBMCE Bank[318]. Depuis 2012 sur les 29 banques accréditées, les trois dernières banques constituent deux tiers de parts de marché au Maroc. Elles sont également présentes en Afrique où elles représentent un précieux atout dans le financement des petites et moyennes entreprises africaines, notamment avec des produits adaptés aux populations locales semblables aux régions marocaines. Le modèle desmicrocrédits aux petits agriculteurs au Maroc a été transféré avec succès aux pays subsahariens. Les banques marocaines éditent depuis longtemps des cartes de crédit prépayées à leurs clients afin de limiter les incidents bancaires et les pénalités, aussi les guichets des banques marocaines permettent le transfert d'argent des expatriés avec des frais réduits à partir de leurs agences situées en Europe vers leurs propres agences ouvertes aussi bien en Afrique du Nord qu'en Afrique subsaharienne. Depuis 2006 les banques marocaines ont ouvert plus d'agences en zone UEMOA que l'ensemble des autres groupes bancaires locaux[319].
Casablanca Finance City
Casablanca Finance City (CFC) est une plateforme financière régionale marocaine lancée en 2010 et qui ambitionne de nouer des partenariats avec les principales places financières mondiales afin d'ouvrir lesflux financiers vers le continent africain. L'objectif fixé dès le début de ce projet fut d'atteindre unbackground de100 groupes mondiaux qui souhaiteraient investir en Afrique et profiter de la croissance de ce continent. En pleinecrise financière mondiale, le départ fut poussif et le bouclage des entreprises certifiées CFC a mis plus de temps que prévu. Néanmoins, fin 2015, Casablanca Finance City réussit à attirer101 groupes[320] financiers différents. En mars 2015, CFC s'est classée42e place financière mondiale selon leGFCI(en), gagnant20 places en un an et prenant la seconde place continentale, derrière Johannesburg, un an plus tard le selon le même indice la place financière de Casablanca détrône son homologue sud-africaine[321] et se hisse au premier rang africain et à la33e place mondiale[322].
Le 15 mars 2016Bank of China s'installe au CFC pour accompagner le développement des entreprises chinoises sur le continent africain[323]. L'arrivée de Bank Of China arrive à peine un an après l'installation de la première banque chinoiseExim Bank Of China au Maroc. Exim Bank ambitionne de couvrir26 pays africains à partir du Maroc[324].
Fin 2014, le Maroc compte onze millions decartes bancaires en circulation, au sein d'un continent où le taux de bancarisation reste encore en dessous de 10 % de la population. Le Maroc est leader à l'échelle continentale avec un taux de 64 % de bancarisation, suivi par l'Afrique du Sud avec 52 %, un pays qui souffre encore des séquelles de l'apartheid envers sa population noire. Alors que la majeure partie des pays africains n'ont pas encore usage des cartes bancaires 3D secure, les premières banques marocaines ont commencé à utiliser cette technologie depuis plusieurs années, et la Banque nationale a demandé aux banques restantes de passer obligatoirement à cette technologie à partir de la fin 2013, afin de promouvoir lecommerce électronique. Néanmoins, la technologie NFC commence à peine à faire son apparition[325].
Les cartes et les systèmes sécurisés de paiement sont assurés par trois entreprises marocaines de pointes (HPS,M2M group etS2M) qui opèrent dans plusieurs pays à travers le monde. L'adoption précoce descartes bancaires à puces a conféré une assez large avance aux sociétés monétiques marocaines face à leurs rivales sud-africaines qui utilisaient des cartes bancaires magnétiques. Les spécialistes monétiques M2M et HPS sont leaders à l'échelle du continent[326],HPS ayant une longueur d'avance grâce à sa solution HPS Powercard, classée par le cabinet Gartner depuis 2008 dans le top 5 mondial des meilleures solutions de paiement électronique[327]. En 2008,HPS voulait s'offrir 100 %[328] de sa rivaleS2M, mais cette tentative d'achat s'est avérée infructueuse[329] en raison de la crise mondiale. En 2011, la banque françaiseCrédit agricole choisit la solutionPowerCard de HPS pour sa filiale CEDICAM[327]. En 2015, HPS est présent dans85 pays sur les 5 continents et compte parmi ses clients quelques-unes des 100 plus grandes institutions financières mondiales, son dernier grand client en date étant la banque sud-africaine FNB Bank[330].
S2M estentré en Bourse à la suite de son rachat avorté, et le groupe est aujourd'hui présent dans35 pays dont 20 en Afrique. Au Maroc, il est émetteur de 70 % des cartes bancaires en circulation, et en Afrique subsaharienne où les distributeurs automatiques de billets sont encore rares, S2M y implante des solutions de M-Banking. Malgré l'instabilité de la Syrie, la Libye et l'Iran (à cause des conflits et des sanctions internationales), trois pays où est présent S2M, le groupe a relativement bien consolidé son chiffre d'affaires. Afin de minimiser les risques d'investissement, notamment à cause de la loi 49/51, le groupe monétique S2M a préféré sélectionner un intégrateur local (CACM) pour le marché algérien[331]. Le 9 décembre 2015, S2M émet la première carte bancaireNFC au Maroc en faveur deAttijariWafa Bank[332].
M2M Group est plus présent sur le segment de labiométrie, des documents officiels sécurisés et des titres de transport, bien qu'il gère également les solutions de paiement de la plus grande institution émettrice de cartes bancaires en Algérie, Algérie poste. M2M, après avoir déployé avec succès sa solution MX de cartes multiservices sans contacts aux 100 000 étudiants du campus de Dakar[333], M2M Group a décroché un contrat pour équiper les quinze universités marocaines de ce système, permettant aux étudiants de recevoir leurs allocations d'études sur leurs cartes, d'emprunter des livres, retirer de l'argent, régler les photocopies, le restaurant universitaire, accéder aux espaces protégés, etc. Grâce à la dernière génération de sa solution MX Payment de transactions électroniques sécurisées, M2M Group a accompagné la fusion de deux banquesmauriciennes, MPCB et NCB[334]. La nouvelle plateforme implémentée est opérationnelle depuis janvier 2016. Le Maroc est actuellement parmi les pays leaders à l'échelle continentale en matière de biométrie, toutes lescartes d'identité et documents de voyages sont biométriques, ainsi que lescartes grises etpermis de conduire.
Concernant lestitres bancaires,depuis 1987 le royaume chérifien inaugura son propre hôtel des monnaies baptiséDar As-Sikkah et fabrique sa propre monnaie et ses propres billets de banque ainsi que les billets de banque de plusieurs autres pays[réf. souhaitée] ; à titre d'exemple, à peine quelques mois avant les printemps arabes, lesbillets de banque syriens furent imprimés à Dar As-Sikkah[réf. souhaitée]. En effet, l'Iran l'allié majeur de la Syrie en zoneMENA ne disposant pas de matériel à la pointe à cause de l'embargo occidental. Le 25 novembre 2014, la Banque centrale du Marocconclut avec le groupe américain Crane Currency, un partenariat stratégique dans la fabrication des billets de banque pour le marché international[réf. souhaitée]. Si cette alliance estbénéfique pour le fabricant mondial de produits fiduciaires depuis plus de200 ans, en lui permettant « de soutenir l’expansion de son activité fiduciaire à l’échelle mondiale », elle l’est surtout pour Dar As-Sikkah qui profitera désormais des commandes de Crane Currency via les contrats que ce dernier passera pour chacun des projets de fabrication de billets au profit des clients à l’international[réf. souhaitée]. Le groupe américain dispose d'un réseau de plus de 50 banques centrales qui lui ont fait confiance pour la conception et la fabrication de leurs billets de banque nationaux.Du pain bénit donc pour Dar As-Sikkah[style à revoir].« Le partenariat stratégique entre Bank Al Maghrib et le Groupe Crane vise à se positionner, ensemble, sur le marché international, pour réaliser des projets de fabrication de billets au profit de différents clients potentiels, se trouvant sur tous les continents, avec une préférence naturelle pour le marché africain », explique une source officielle à Bank Al Maghrib[réf. souhaitée].
À la fin 2012, le Maroc dispose de cinq malls composés de 4 000 points de vente issus de584 franchises différentes dont, parmi les plus connues,Galeries Lafayette et laFnac. En 2008, le ministère du commerce a conçu un plan baptisé « Rawaj » en vue de moderniser lecommerce intérieur grâce à l'élaboration de 15 nouveaux malls, 50 hypermarchés et 600 supermarchés en 2020 ; l'objectif est de générer 106 000 emplois et de porter la part du commerce de 10 à 15 % duPIB en 2020[335].
Les supermarchésMarjane etLabelvie avaient annoncé à leur tour qu'ils s'apprêtent à s'installer dans cinq pays africains. Afin de préparer son entrée en Côte d'Ivoire, Labelvie se retrouve en compétition avec son partenaireCarrefour sur le sol marocain[337]. On ignore si les deux groupes vont s'associer pour attaquer ensemble le marché de laCEDEAO, comprenant leNigeria. Outre l'alimentaire, les grandes surfaces spécialisées sont encore moins développées au Maroc, les plus répandues sont actives dans le prêt-à-porter ou les matériaux commeBricoma (12 magasins),Mr Bricolage (4 magasins),Decathlon (4 magasins), etc.
Concernant lesmeubles, l'activité au Maroc recèle tout un art de vivre avec une compétition constante enzone MENA entre les produits types salons marocains et salons turcs, hérités des deux anciens empires du monde musulman, d'autant plus que ces deux derniers pays sont soumis à unaccord de libre-échange commercial. Autrefois concentré dans les zones spéciales réservées aux artisans des villes impériales, le secteur de la construction des meubles constituait une activité ancestrale au Maroc, depuis environ un demi-siècle ce secteur s'est enrichi grâce à deux groupes marocains qui prospèrent dans ce domaine : Richbond[338] et Dolidol[339] qui réalisent de bons résultats en interne et à l'export. Plus tardKitea (22 magasins) est venu agrandir l'offre avec des meubles modernes, Le groupe Kitea a commencé depuis20 ans avant qu'il soit rejoint par un autre groupe marocain,Mobilia qui totalise23 points[340] de vente, puis par le géant turc Istikbal avec dix magasins et le français Atlas avec cinq magasins. Le groupe suédoisIkea a construit un premier hypermarché de meubles et projette d'ouvrir à terme cinq points de vente[341]. Affecté par la rude concurrence sur le marché marocain,Kitea s'est associé avec le groupe belgeCasa à qui il a rebaptisé ses petits magasins au nom de la marque belge. Kitea s'est aussi installé dans sept autres pays d'Afrique (Angola, Burkina, Guinée, RDC, Centrafrique et Congo).
Côté culture, il existe un seul magasinFNAC au Morocco Mall de Casablanca, cependant, alors queVirgin Megastore ferme son activité en France, cette dernière enseigne disposait quatre magasins[342] au Maroc et prévoit d'en ouvrir quatre autres. L'enseigne Megarama a ouvert troiscomplexes cinématographiques à Fès, Marrakech et Casablanca et a mis en chantier trois autres complexes à Agadir, Rabat et Tanger. La date d'ouverture du Megarama de Tanger est programmée pour mars 2016 simultanément avec l'inauguration du MallTanger City Center[343].
Cafés-restaurants
Restaurant Argana sur la place Djeema el-Fna de Marrakech (2010).
Le secteur des enseignes de cafés modernes et derestauration rapide est relativement récent au Maroc et constitue un grand potentiel mais se confronte à la difficulté de trouver du foncier pour une expansion rapide.McDonald's qui détient une relative grande force de frappe a pu décrocher beaucoup d'emplacements privilégiés sur des corniches avec vue sur mer. Actuellement la chaîne américaine totalise 35 restaurants et un premierMcCafé inauguré en 2014 à laGare de Casa-Port. L'enseigne de restauration rapide américaine se voit en compétition avec la belge Quick comme nouvel arrivant et le groupeBurger King qui comprend cinq restaurants. À défaut d'avoir les mêmes moyens que son concurrent pour une prolifération rapide, Burger King a réussi à trouver un partenariat avec le groupe pétrolier Shell[344] afin d'équiper ses aires de repos autoroutières de points de restauration estampillées Burger King.
L'art de servir le thé au restaurant Dar Naji de Rabat.
Une autre manière d'accélérer l'expansion des enseignes de restauration est le système desaires de restauration qui est relativement nouveau au Maroc. Elles sont disponibles dans les premiers centres commerciaux ouverts ainsi qu'au sein de l'aéroport de Casablanca. L'enseigne franco-belgeQuick inaugure son premier restaurant à Rabat le 11 février 2016[345], deux autres restaurants en travaux seront livrés à Marrakech et Casablanca courant du premier semestre 2016. Quick projette d'atteindre 15 restaurants au Maroc dans les cinq ans à venir[345].Pizza Hut etKFC sont présents avec respectivement 35 et 12 restaurants,Pomme de Pain dispose de sept points de vente, l'enseigne bretonneBrioche dorée trois restaurants,Paul, présent dans35 pays différents détient sept boulangeries actuellement au Maroc parmi lesquelles sa boulangerie casablancaise de la villa Zévaco où elle réalise le cinquième plus grand chiffre d'affaires[346] à l'échelle mondiale ces dernières années. La prestigieuse marque de boulangerie française a implanté son site de production àMohammédia et expérimente des produits adaptés aux habitudes alimentaires locales. Elle ambitionne de décrocher des partenariats avec l'ONCF et l'ONDA pour servir les passagers des gares et des aéroports marocains.
« Café Maroc » par Constantin Westchiloff (av. 1945).
À côté des ténors de la restauration rapide, plusieurs enseignes de cafés modernes ont fait leur apparition au Maroc, mais il est difficile de leur assurer une expansion aussi rapide que la restauration moderne. En effet, la consommation duthé au Maroc est toute une institution, notamment du fait que ce pays maghrébin n'a pas été colonisé par l'empire ottoman qui a propagé la consommation ducafé dans toutes ses anciennes colonies et à travers ses exportations vers l'Europe continentale. Généralement la consommation du café est largement inférieure à la consommation du thé au Maroc, cependant, cela n'a pas empêché plusieurs enseignes internationales de s'installer au royaume chérifien, à commencer par le numéro un mondialStarbucks qui démarre avec six cafés, du britannique et numéro deux mondialCosta Coffee, de l'enseigne françaiseColumbus Café, et des deux marques prestigieuses, l'émirati Rotana Cafe et l'allemandCafe extrablatt(de), qui ont mis un grand accent sur la qualité de leurs décors, aussi originaux que somptueux.
Il n'existe pas à ce jour de grande enseigne de café marocaine, néanmoins, dans un pays où il fait souvent plus de 30 degrés à l'ombre, un glacier marocain, Venezia Ice, a le vent en poupe ces dernières années. Il détient 13 glaceries dans plusieurs villes différentes, et est confronté à plusieurs enseignes européennes dont le dernier arrivant est la marque françaiseAmorino qui projette d'ouvrir10 points de vente[347] en cinq ans.
Le secteur de l'offshoring (délocalisation) a connu une croissance soutenue de 2003 à 2013, année où le secteur a connu sa première stagnation pour se stabiliser à unchiffre d'affaires de 7,30 milliards de dirhams. Onze sociétés principales réalisent la majeure partie des revenus du secteur dont le groupe marocain Intelcia qui ambitionne de franchir la barre d'un milliard[348] de dirhams de chiffre d'affaires en 2016. Intelcia possède plusieurs sites au Maroc et a également investi en France où le groupe marocain réalise 40 % de son chiffre d'affaires. Afin de rester compétitif Intelcia s'apprête à ouvrir des sites en Afrique subsaharienne francophone dont la première ouverture sera réalisée auCameroun[348] avec un investissement de18 millions de dirhams et un recrutement de 500 collaborateurs camerounais. Le Maroc ambitionne d'atteindre15 milliards de dirhams en valeur ajoutée et une masse salariale de 100 000 employés enoffshoring à l'horizon de l'an 2020.
Le tourisme occupe une bonne partie de l'économie marocaine, le nombre d'arrivées de touristes est passé de 4,4 millions en 2001 à 9,3 millions en 2010 avec une croissance des revenus touristiques passant de31 milliards de dirhams à près de60 milliards de dirhams à la veille du printemps arabe. La progression du secteur touristique au Maroc a été accompagnée par un plan stratégique ditvision 2010 d'un objectif de10 millions de touristes vers l'année 2010, un plan enclenché le 10 janvier 2001 à Marrakech[349].
Le Maroc lance le 30 novembre 2010 le nouveau programme baptisévision 2020 ambitionnant d'atteindre20 millions de touristes horizon 2020. Lacrise économique des principaux marchés émetteurs ainsi que les instabilités postprintemps arabe ont beaucoup affecté le tourisme marocain qui a stagné depuis 2010. En 2015, le nombre d'arrivées touristiques au Maroc a même subi une baisse de 0,2 % totalisant 10,25 millions contre 10,28 millions en 2014. Cependant, malgré cette baisse, le Maroc conserve la première place à l'échelle continentale en nombre d'arrivées de touristes depuis 2013[350].
Afin de remédier aux baisses de tourisme sur ses marchés classiques le Maroc se prépare à développer les marchés émergents de Russie, Brésil, Asie, Europe de l'Est et des Amériques. Dans ce même objectif l'ouverture de 57 nouvelles[293] lignes aériennes est projetée afin de cibler les touristes issus des marchés émergents, et notamment capter une bonne partie de touristes russes boycottant l'Égypte, la Turquie et les pays européens à cause descrises syrienne etukrainienne. Le fait marquant dans cette création de lignes consiste à assurer des dessertes directes des villes de Marrakech et d'Agadir via des lignes long courrier vers la Russie, les Amériques et le Moyen-Orient, ce qui sera en soi une première. Néanmoins, concernant l'Asie, la compagnie nationaleRAM ne disposant pas d'une flotte d'avions long-courriers importante vendra des vols long-courriers vers plusieurs destinations asiatiques en partage de code avecQatar Airways.
A la fin desannées 2000, des propositions tentent de déterminer la juste place du tourisme durable dans la stratégie de développement de ce secteur d'activité, qui est l'un des tout premiers pour l'économie du pays. Ce fut le cas aussi à la fin de la décennie précédente dans le sillage de la crise financière des "subprime": le Maroc a en particulier observé en 2008 que les touristes voyagent "moins loin", en visant un meilleur rapport qualité-prix"[351],ce qui avait renforcé la volonté de "construire untourisme durable et solide", selon le ministre marocain du Tourisme[351]. Selon lui, "plus de 65% des touristes" au Maroc arrivaient de France et d'Espagne[351] et la même proportion allaient nulle part ailleurs que Marrakech et Agadir[351]. Le pays avait alors annoncé un plan pour mobiliser auprès des banques marocaines environ 50 milliards de dirhams (4,5 milliards d'euros) sur cinq ans de prêts au secteur touristique, afin de favoriser unediversification touristique au Maroc et d'accueillir 10 millions de touristes en 2010 contre 8 millions de touristes en 2008[351], objectif qui ne sera finalement atteint que trois ans plus tard, en 2013.
Le Maroc a accueilli en 2014 un total de 10,28 millions detouristes, en hausse de 2 % par rapport à 2013 (10,05 millions) générant 57,4 milliards de dirhams de recettes en baisse de 4,3 % par rapport aux60 milliards de dirhams réalisées en 2013, ci-dessous les statistiques du tourisme pour l'année 2014[352] :
arrivées aux postes frontières : 10 282 944 touristes ;
nuitées dans les établissements classés : 19 633 475 nuitées ;
capacité d'hébergement (en lits) : 216 386 lits ;
taux d'occupation des chambres : 30 % ;
recettes voyages (en dirham MOR) : 57 400 milliards MAD.
La ville deMarrakech est la première ville touristique du Maroc. En 2014, la ville possédait une capacité d'hébergement équivalente à 65 640 lits devantAgadir avec 34 773 lits etCasablanca avec 16 529 lits.
En 2001, leFonds mondial pour la Nature (WWF) avait exhorté les professionnels du tourisme réunis à Londres à développer dans les pays de la Méditerranée untourisme durable, en estimant qu'au cours des vingt prochaines années, un groupe de pays méditerranéens comme le Maroc, laTunisie, laGrèce, laTurquie et laCroatie, subiront une montée du tourisme étranger, totalisant environ 350 millions de visiteurs par an, avec de plus en plus de constructions sauvages[353] et non concertées d'hôtels, stations balnéaires et villages de vacances[353]. Il avait appelé l'industrie du tourisme à adopter et encourager despratiques plus responsables[353] afin de renverser la vapeur en défendant des programmes de développement écologiques et en sensibilisant la clientèle au respect de l'environnement[353].
L'apparition de la voiture et sa propagation coïncident avec l'incidence de l'impérialisme français dans le Maghreb au début duXXe siècle. Le Maroc comme la Tunisie étaient des territoires sous un statut de protectorat, à la différence l'Algérie, progressivement organisée endépartements français et, par voie de conséquence, soumise aux mêmes obligations d'aménagement du territoire que les autres régions françaises. Il en résulte qu'à l'indépendance le Maroc et la Tunisie héritent d'un réseau routier d'à peine environ une dizaine de milliers de kilomètres bitumés chacun, contre approximativement une centaine de milliers de kilomètres en Algérie pendant la même période (grâce notamment au populations autochtones, via leCode de l'Indigénat, qui y est resté longtemps en vigueur).
Après l'indépendance, le Maroc central, anciennement sous protectorat français, découvre d'abord l'état encore plus délabré des infrastructures routières dans leRif, anciennement sous protectorat espagnol. Dans la foulée, la première route lancée par le roi Mohammed V, baptiséeTariq el Wahda (route de l'union), fut la route reliant Fès àAl Hoceïma, traversant des régions très montagneuses. Une fois achevée, le Maroc lance la première étude du schéma routier national en 1969 afin d'étendre le réseau routier existant. En 1972, une autre étude fut lancée pointant l'insuffisance des infrastructures routières autour de Casablanca, notamment vers le nord malgré les trois routes existantes qui reliaient cette ville à Rabat. Il fut décidé de convertir la route principale entre ces deux villes en autoroute. Dès 1975, année marquant le début de ce projet autoroutier, l'Espagne se retire duSahara occidental et le Maroc se retrouve en pleine guerre ouverte contre le front Polisario, massivement appuyé par un soutien technique des pays dubloc soviétique et par un généreux soutien financier des mannes pétrolières des leaders révolutionnaires Boumédiène et Khadafi à partir du sol algérien. Le Maroc se trouve lâché par les Américains, occupés par le développement dumarxisme sur leur propre continent, et le seul soutien symbolique au Maroc émanait de la France, qui le considérait comme allié contre l'avancée des Soviétiques en Afrique. Le soutien de la France a été déterminant pour infléchir le rôle de laMauritanie et la rendre neutre dans ce conflit. Pendant toute la durée de ce conflit, et notamment les premières années où lechoc pétrolier a alourdi la facture du Maroc tout en permettant à Khadafi d'accorder des ressources importantes au Polisario, le développement des infrastructures de transport au Maroc était quasi-nul. Ainsi, au lieu de lancer l'autoroute Casablanca - Rabat, le projet initial a été converti en un simple doublement partiel de la route principale sur 40 km de Casablanca vers le nord. Ce doublement est lancé en 1975 et achevé en 1978[357]. Parallèlement à ce doublement routier partiel, et afin de limiter les importations de pétrole, les autorités marocaines ont lancé un chantier unique en son genre à cette époque en Afrique : le doublement des voies de chemin de fer électrique pour le trafic des passagers entre Rabat et Casablanca. Ce projet est inauguré par untrain rapide en 1984, soit25 ans avant leGautrain qui a vu le jour à la veille de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud en 2010, sur une portion de 20 km de Johannesburg à son aéroport[358].
Le Maroc comptait en2007 68 550 kilomètres de routes dont 69 % étaient goudronnées. Le réseau routier est généralement considéré comme de qualité satisfaisante et l'un des meilleurs d'Afrique[359],[360]. Le deuxième Programme national des routes rurales (PNRR2) envisage la construction de 15 500 kilomètres de routes rurales supplémentaires à l'horizon2015 afin de faire passer le taux de désenclavement rural de 54 % à 80 % à cette même échéance[361]. Toutefois, 22 % des localités demeurent injoignables en véhicule et 35 % sont difficiles d'accès[362].
la Ligne Maghrébine reliant les villes deRabat etOujda en desservant l'axeFès -Meknès (à l'horizon 2035). L'ONCF a lancé l'étude concernant le premier tronçon de cette ligne qui commencera de Rabat à Meknès[367].
La première LGV Tanger - Kénitra a été contractée de gré à gré sans appel d'offres. Il en résulte que l'Allemagne s'est opposée à un financement auprès de la banque européenne. Afin de finaliser le marché la France a financé une bonne partie de ce contrat, d'autres pays du Golfe sont venus à la rescoussein extremis afin de sauver ce projet qui paraissait hors de portée des moyens de l'ONCF[368]. In fine même si l'État marocain n'a eu à financer que 30 % du coût de cette LGV, beaucoup d'opposants au TGV se sont manifestés pour réclamer son annulation et réaliser à la place plus de linéaires de lignes classiques.
Augmentation des dessertes de 110 trains par jour en 2005 à 228 trains par jour en 2010[371] ;
Raccourcissement des temps de trajet d'une heure sur l'axe Rabat - Tanger ainsi que Rabat - Fès ;
Passage de 18,5 millions de passagers en 2005 à30 millions en 2010 ;
Augmentation du trafic fret de4 millions de tonnes en 2005 à9 millions en 2010 ;
Électrification de toute la ligne atlantique et ses ramifications permettant d'utiliser du matériel roulant performant et moderne, les rares locomotivesDiesel sont écartées vers la partie non encore électrifiée à l'est du pays.
À l'issue du contrat-programme 2005-2009, l'ONCF a porté le montant de ses investissements à33 milliards de dirhams dans son nouveau contrat programme 2010-2015 signé avec l'État. Ce programme est baptisé Rihane 50 par la compagnie, faisant allusion à son ambition initiale d'atteindre50 millions de passagers et50 millions de fret en 2015.20 milliards de ce budget sont alloués à la grande vitesse et13 milliards restant à la modernisation du réseau classique.
Au terme de l'année 2014, l'activité des ports marocains a atteint un nouveau record, avec un volume de115 millions de tonnes, marquant ainsi une augmentation exceptionnelle de 14,3 % par rapport à l'année précédente[372]. Cette hausse est tirée par la bonne orientation aussi bien du trafic domestique (Import Export) que du trafic de transbordement desconteneurs au port de Tanger Med, ayant marqué une consolidation du positionnement du Maroc sur ce segment avec une amélioration des volumes manipulés.
Si de tous les modes de transports actuels l'aérien est le plus récent, la position géographique du Maroc lui a permis dès le départ de jouer un rôle essentiel dans ce domaine : la première ligne aérienne intercontinentale fut la ligne postale aérienne[373]Toulouse -Rabat qui a commencé le suivie d'un service passagers un an plus tard[374]. Par la suite, cette ligne a été prolongée àDakar puis jusqu'enAmérique latine. Cette ligne fut exploitée par legroupe privé Latécoère. Par la suite et devant le manque d'aérodromes au début du siècle dernier, les premiers avions passagers furent deshydravions afin de pouvoir atterrir dans les villes côtières ainsi que pour réaliser plus facilement des atterrissages d'urgence en mer. Là encore, le Maroc et leSénégal ont joué un rôle essentiel grâce à l'étendue de leurs façades maritimes. On ne dispose pas avec exactitude des chiffres de passagers transportés les premières années, ce service restant assez exceptionnel et onéreux. Cependant, concernant le transport du courrier une convention a été signée entre les postes marocaines et françaises le 10 mars 1919, à partir de début septembre à fin décembre de la même année, 9 124 lettres[375] ont été acheminées par voie aérienne au Maroc.
Lacrise économique de 1929 et laSeconde Guerre mondiale ont lourdement handicapé le secteur aérien civil. Il aura fallu attendre 1946 pour voir la première ligne aérienne marocaine (Air Atlas), suivie par la création de la compagnie Air Maroc en 1948. En 1951 le gouvernement marocain décide par décret royal de concéder l'exclusivité du transport public à Air Atlas en la rebaptisant Compagnie Chérifienne de Transport Aérien Air Atlas (CCTA) avec un capital partagé entre l'État marocain, Air France et la compagnie Air Maroc qui s'est spécialisée dans la maintenance. La fin du protectorat survint le 2 mars 1956, cependant, la totalité des pilotes de la CCTA étaient européens, en majorité français. L'incident du détournement de l'avion[376] des chefs duFLN a beaucoup marqué le roi Mohammed V. Selon quelques sources, il aurait proposé aux autorités françaises d'échanger son fils le prince Hassan II contre les chefs de la résistance algérienne[réf. nécessaire]. Mohammed V demanda la création d'une école de formation de pilotes pour éviter de tels incidents. Le les compagnies CCTA et Air Maroc ont fusionné sous le nom deRoyal Air Maroc qui démarra avec huit avions (troisDC3, quatreDC-4 et un L749Constellation). Le Centre de formation professionnelle (CFP) arrive en 1958 et le premier pilote marocain formé fut Mohammed Kabbaj qui débuta ses services en 1964.
Le Maroc est actuellement connecté à51 pays et 113 aéroports étrangers via des lignes régulières contre29 pays et 43 aéroports une décennie plus tôt. Le trafic aérien au Maroc a presque triplé en passant de7 millions de passagers en 2004 à plus de17 millions en 2014. Lors de la7e conférence World Connect qui s'est tenue àMarrakech en octobre 2015 le ministre des transports marocain annonce l'objectif d'atteindre70 millions de passagers en 2030[377]. Vu le nombre de touristes escompté à cette date, il paraît difficile d'atteindre ce chiffre sans développer le trafic aérien interne, qui reste encore assez onéreux et restreint. Le Maroc est desservi par 50 compagnies aériennes, le transport aérien est largement international. La compagnie nationale Royal Air Maroc (RAM) détient 45 % du trafic à la suite de l'entrée des compagnieslow-cost européennes. Avant l'OpenSky, la compagnie marocaine atteignait 62 % du trafic aérien. Le nombre total de passagers enregistrés au sein des aéroports marocains en 2014 s'élève à 17,3 millions (4,8 %).
La compagnie nationaleRoyal Air Maroc est l'une des premières compagnies africaines pour le trafic voyageur, elle a transporté en 2014 plus de6 millions de passagers juste devantEthiopian Airlines et derrièreEgyptAir et South African Airlines (SAA) ayant tous deux transporté7 millions de passagers[378]. Malgré une population marocaine assez modeste comparée à ces trois derniers pays et en dépit du fait que la Royal Air Maroc est la seule compagnie africaine soumise à la concurrence féroce descompagnies low-cost, la compagnie marocaine est en pleine croissance tout comme sa rivale éthiopienne. Ces deux compagnies qui sont au coude à coude rêvent de profiter des grandes contre-performances actuelles d'Egypt Air et de la SAA pour devenir leader à l'échelle continentale. LaRAM détient le plus de trafic international comparé au reste des compagnies africaines. En effet, les trois autres compagnies aériennes africaines majeures réalisent le gros de leurs trafics sur des lignes internes à cause de la décadence ou de l'arrêt de leur transport ferroviaire interurbain.
Vue de l'aéroport international Mohammed V de Casablanca.
Le Maroc dispose de plusieurs infrastructures aéroportuaires dont 18 aéroports internationaux, 10 principaux aéroports nationaux et des petits aéroports à usage touristique, militaire ou de sports aériens. Le dernier aéroport construit est l'aéroport de Béni Mellal. La stratégie du transport arien actuelle au Maroc porte sur l'agrandissement de plusieurs aéroports dont une bonne partie est en cours mais aussi sur la construction de 3 grands aéroports nouveaux : un nouvel aéroport passager à Marrakech, un aéroport spécialfret à Casablanca-Ben Slimane et un nouvel aéroport mixte àTanger-Tétouan[379]. En 2014, l'aéroport Mohammed-V de Casablanca avoisine8 millions de passagers soit 45 % du total du trafic aérien suivi de Marrakech avec4 millions de passagers. Un événement majeur est survenu en 2013 lorsque l'aéroport de Casablanca a détrôné Londres comme porte d'entrée et sortie du continent africain[380]. À ce jour, le premierhub aéroportuaire africain est paradoxalement toujoursParis-Charles-de-Gaulle, un aéroport non-africain, suivi de l'aéroport de Casablanca, et la première compagnie de transport d'Europe vers l'Afrique estAir France avec une croissance de 3 % suivie deRoyal Air Maroc avec une croissance à deux chiffres. Air France bénéficie d'une longueur d'avance avec ses lignes Paris - Tunis et Paris - Alger encore relativement rentables car non soumises à la compétition descompagnies low-cost, cependant, cette dernière compagnie projette de créer un hub àAbidjan[381] afin de servir tous les aéroports des pays de laCEDEAO.
Le transport aérien de marchandises est très limité au Maroc, étant donné la proximité avec l'Europe, la plus grande partie des marchandises exportées du Maroc est des produits frais acheminés par transportTIR frigorifié vers le réseau autoroutier européen. LaRAM possède un seul avion spécial fret, et un avion mixte modulable. La messagerie express et les colis à haute valeur ajoutée donnent de l'activité aux avions deDHL etFedEx.
* Chiffres fin 2013, sur les 28,5 milliards de dirhams, Maroc Telecom réalise8 milliards à l'international.
Bureau du Télégraphe, Poste et Téléphone à Rabat.
En raison du fort pourcentage de la population rurale au Maroc durant le siècle dernier, l'accès à latéléphonie fixe était assez faible pendant cette période. Cependant, l'opérateur national a démarré lanumérisation de son réseau longtemps avant ses homologues sur le continent, dès le milieu des années 1980 l'ensemble du réseau téléphonique interurbain marocain était enfui sous terre et numérisé. L'objectif de ce programme était de se préparer à profiter au maximum du juteux marché des communications fixes. Par la suite, cette numérisation s'est avérée aussi rentable quant au marché d'Internet et d'appels mobiles.
Au Maroc comme dans le reste des pays africains francophones, l'apparition d'Internet est survenue relativement tard, le premier pays africain à être connecté à la toile mondiale fut l'Afrique du Sud dès 1991, cependant, le retard de la numérisation du réseau téléphonique dans ce pays y a longtemps limité la propagation rapide de l'usage d'Internet. La proximité des pays nord-africains avec l'Europe a aussi permis aux opérateurs de ces derniers de passer des câbles defibre optique sous-marins peu onéreux depuis l'Europe et offrir ainsi une assez confortablebande passante bon marché à leurs clients. Internet est apparu au Maroc en 1995, ce dernier est à présent connecté à plusieurs câbles de fibre optiques intercontinentaux même si les données Internet passent par les câbles de ses propres opérateurs, à savoir un câble sous-marin deMeditel vers l'Espagne, deux câbles sous-marins deMaroc Telecom (un vers Marseille, l'autre vers l'Espagne) et un câble international terrestre de Maroc Telecom vers plusieurs pays duSahel. Fin 2013, lesbackbones de fibre optique des opérateurs marocains sont de 35 000 km[382] pour Maroc Telecom, 5 500 km[383] pourInwi et 4 000 km pourMeditel. L'ensemble des trois opérateurs commercialisent des forfaits3G/4G, l'opérateur historique Maroc Télécom propose depuis plusieurs années des offresdual play ettriple play enADSL2+ allant jusqu'à 20 Mbit/s, à partir de fin 2015 les deux opérateurs alternatifs ont lancé leurs propres offres ADSLdual play Internet et téléphone illimités à prix plus compétitifs.
Avant l'avènement de la4G et de la mise en place dudégroupage total, le plus gros du trafic Internet marocain transitait par lesserveurs de Maroc Telecom grâce à ses forfaitsADSL allant de 4 à 20 Mbit/s, les deux opérateurs alternatifs ne voyaient pas d'urgence à investir dans un point d'échange Internet (IXP). À la suite du lancement de leurs offres ADSL dégroupées, un IXP est lancé en février 2016[384] au Maroc afin d'optimiser les trafics de données inter-opérateurs marocains et d'améliorer les pings des usagers, aussi depuis le le Maroc s'est doté d'une copie duserveur racine du DNS afin d'améliorer les requêtes de résolutions des noms de domaines Internet et d'accélérer ainsi le chargement des pages web[385]. Le Maroc rejoint de ce fait leKenya et l'Afrique du Sud, les deux seuls pays africains à héberger des copies de serveurs racine DNS du réseau Internet mondial.
Concernant labande passante Internet internationale, le Maroc est leader à l'échelle de son continent avec une bande passante internationale de 412 Gbit/s[293] fin 2013[386], suivi de l'Afrique du Sud bénéficiant de 200 Gbit/s et de l'Égypte, l'Algérie et la Tunisie qui sont dotées d'une bande passante allant de 100 à 200 Gbit/s[387]. La bande passante Internet internationale marocaine a été multipliée par 5,5 de 2010 à 2014 passant de 75 Gbit/s en 2010 à 266 Gbit/s en 2012 puis à 412 Gbit/s fin 2013[293]. L'accroissement de cette bande passante internationale et la concurrence féroce entre les trois opérateurs Télécoms ont permis de baisser les prix et d'augmenter le nombre d'usagers ainsi que leurs bandes passantes effectives. Il en résulte que le Maroc détenait fin 2013 le plus fort pourcentage d'utilisateurs d'Internet en Afrique avec 56 %[388] de la population devant l'Égypte, l'Afrique du Sud et la Tunisie détenant tous trois un taux d'internautes inférieur à la moitié de leurs populations respectives. Fin juin 2015, le nombre d'internautes au Maroc progresse à 60,60 % (soit 20,2 millions) et se voit devancé par leKenya qui atteint 63,60 %[389] puis l'île Maurice à 60 % et l'Égypte à 54,6 %.
Selon un classement publié par le site américainInsider Monkey, le Maroc est le pays le plus avancé technologiquement en Afrique en 2025. Ce classement est issu des données de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et prend en compte des critères tels que le développement du secteur des technologies de l’information et de la communication, la quantité d’articles scientifiques publiés et le niveau d’industrialisation dans chaque pays. Le Maroc a dépassé l’Afrique du Sud, qui était auparavant considérée comme le hub technologique du continent africain. Le pays a été pionnier dans le déploiement de la 3G, contribuant à sa position de leader dans le secteur technologique selonInsider Monkey. Le pays occupe la79e place sur131 pays selon l’indice deprêteté[Quoi ?] du réseau, qui mesure l’application et l’impact des TIC sur les économies mondiales[390],[391],[392],[393].
Au 30 septembre 2015, les chiffres d'Internet et téléphone sont :
Nombre d'utilisateurs d'Internet : 20,5 millions ;
Nombre d'abonnements Internet : 13,9 millions[394]23,5 % :
Si Maroc Telecom (IAM - itissalat al maghrib) profite encore de l'étendue de son réseau et de sa plus forte couverture pour recruter ou garder ses clients, de l'autre côtéune concurrence féroce est constatée entre les deux opérateurs alternatifs Inwi et Meditel qui ont recruté deux managers français expérimentés (F. Debord et M. Paulain) afin de prendre des parts de marché à l'opérateur historique[réf. souhaitée]. Début septembre 2014,Inwi lance pour la première fois au Maroc un forfait mobile illimité[395], un mois plus tard Maroc Telecom riposte[396]. Les deux derniers forfaits illimités n'ayant pas eu le succès escompté à cause de leur prix élevé, entre-tempsMeditel multipliait les offres promotionnelles à ses abonnés prépayés pour les garder et constatant l'échec des offres illimitées à 499 dirhams lance à son tour son forfait illimité data et voix à 199 dirhams (20 $)[397] sans engagement. Pour les clients ayant besoin d'appeler en Europe, Meditel lance une option Europe limitée à 17 contacts pour un forfait global à 399 dirhams soit 100 dirhams de moins que ses concurrents.Orange détenait 40 % de Meditel et venait de passer à 49 %. Orange étant présente sur plusieurs pays en Europe, le coût des appels fixe vers le vieux continent ne lui coûterait sans doute pas grand-chose, et surtout avec une limitation à 17 contacts, Michel Paulin, DG de Meditel, prenait donc moins de risque. De son côté l'offre lancée par Fréderic Debord, DG de Inwi, s'est avérée être un échec total, d'autant plus que ce dernier est le seul opérateur marocain qui ne détient pas sa propre fibre optique sous-marine. À peine quelques mois plus tard, Debord est remplacé[398] à la tête d'Inwi.
Partage des infrastructures
Pendant longtemps Maroc Telecom a essayé de garder son monopole sur le fixe et retarder le lancement de la 4G qu'elle considérait être une grande menace à son ADSL, tout en s'activant dans le déploiement de son réseau de fibre optique pour les particuliers. Les tractations ont duré longtemps entre Maroc Telecom et l'ANRT qui stipulait dans le cahier des charges d'obtention de la licence 4G le partage obligatoire de ses infrastructures avec ses concurrents ainsi que l'ouverture de son réseau de boucle locale (le dégroupage)[399] à ces derniers avec des tarifs convenables.
Après un appel d'offres 4G publié en novembre 2014, les trois opérateurs mobile décrochent leur licence en mars 2015[400]. Meditel lance le premier son offre 4G le 8 juin 2015 suivi par Inwi et Maroc Telecom deux mois plus tard. À l'heure actuelle le partage des infrastructures 4G n'est toujours pas effectif, les deux opérateurs mobiles alternatifs bénéficient donc d'une couverture 4G dans les villes mais en zones rurales leurs abonnés basculent en 3G.
Après avoir publié des offres de dégroupage de la boucle locale jugées onéreuses en 2014 Maroc Telecom a été sommé par l'ANRT de publier des offres moins onéreuses au plus tard le 15 octobre 2015. Aussitôt que ce fut fait les opérateurs alternatifs Meditel et Inwi lancent leurs offres ADSL double play phone fixe et Internet respectivement le 23 octobre 2015[401] et le 24 novembre 2015[402], les deux au prix de 249 Ddrhams (25 $) appels fixe et Internet illimité sans quota avec portabilité du numéro.
Internet 4G LTE
Malgré l'obligation faite par l'ANRT aux opérateurs de partager leurs infrastructures de communication 4G les modalités d'application ne sont pas encore fixées et début 2016 chaque opérateur utilise toujours ses propres bornes 4G. À peine6 mois après l'introduction de la 4G LTE au Maroc les opérateurs marocains réalisent de très bonnes performances en matière de bande passante avec 16 Mbit/s de moyenne en classant le royaume chérifien premier en Afrique et26e mondial selon le cabinet britannique OpenSignal[403], suivi de l'Afrique du Sud59e mondial avec 8 Mbit/s. La couverture 4G atteint 66 % avec Maroc Telecom[404], 62 % pour Inwi et 42 % de la population pour Meditel selon le même cabinet. En définitive, le lancement de la 4G LTE au Maroc ayant pris plus de temps que prévu pour redistribuer le spectre de fréquence entre les télécoms, la télévision TNT et les fréquences GSM-R ferroviaires, les trois opérateurs avaient déjà anticipé le déploiement de leurs antennes 4G avec des équipements plus modernes. C'est sans doute ce facteur ou la faible proportion d'abonnés qui partagent la bande passante au Maroc qui placerait ce pays devant des pays pionniers en nouvelles technologies comme l'Allemagne classée34e mondial selon la même étude, le Brésil (42e), le Japon (44e) ou encore Hong Kong (48e), des pays qui ont déployé leur 4G LTE depuis plusieurs années et avec des équipements d'anciennes générations.
Trois licences 5G octroyées aux opérateurs
Le 30 octobre 2025, le conseil de gouvernement approuve trois projets de décret relatifs à l’octroi de licences pour l’établissement et l’exploitation de réseaux de télécommunications utilisant les technologies mobiles de cinquième génération (5G), présentés par la ministre déléguée auprès du Chef du gouvernement, chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration. Les bénéficiaires sontMaroc Telecom,Medi Telecom (Orange) etWana corporate[405].
Internet par satellite
En 2000 l'opérateur norvégienTelenor a créé au Maroc une filiale spécialisée dans la connexion Internet parsatellite baptiséeNortis[406]. Au début l'activité de cette société se concentrait sur les entreprises agricoles et les écoles rurales. Depuis 2014, Nortis est acheté par le groupe espagnol Quantis qui l'a ouvert aux particuliers et aux artisans pêcheurs. En 2019, Nortis totalise 5 000 établissements scolaires connectés par satellite au Maroc[407].
Fibre optique
Lignes de fibre optique terrestre de Maroc Telecom (2013).
La connexion Internet par fibre optique est assez rare en Afrique en général et au Maroc en particulier, même si depuis plusieurs années Maroc Telecom fournissait la fibre optique à ses clients professionnels et institutionnels. En 2004, Maroc Telecom assurait un réseau de recherche scientifique baptisé Marwan 2 connectant les universités marocaines à une bande passante de 155 Mbit/s. En 2009 l'appel d'offres pour la nouvelle version Marwan 3 est remporté par Meditel qui fournit un débit de 300 Mbit/s à la communauté scientifique marocaine[408]. Depuis le début des années 2000, les deux opérateurs s'activent pour équiper les locaux des entreprises en fibre optique. La fibre optique pour les particuliers (FFTH) a démarré depuis 2014 avec Maroc Telecom grâce à des offres 50 et 100 Mbit/s commercialisées respectivement à 600 et 1 000 dirhams (60 et 100 $)[409].
Le Maroc produit un peu de pétrole et de gaz, ainsi que de l'électricité éolienne et hydraulique[410].
Le Maroc produit un peu de pétrole et de gaz, mais dépend tout de même des importations.
Énergie électrique
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Le Maroc consomme essentiellement du pétrole (importé en grande partie) ainsi que du charbon et du gaz pour son électricité[411].
Le Maroc est l'une des grandes économies africaines qui est parmi les plus dépendantes des importations d'énergie, avec 95 % de sa consommation importée. La production d'électricité n'échappe pas à cette règle. Conscient de ce handicap le royaume chérifien a été le seul pays africain à adopter un modèleMARKAL clair et intégré à son espace régional notamment les pays ibériques. Le modèle marocain consiste à diversifier son mix énergétique par étapes avec une ambition de 42 % d'énergies renouvelables en 2020, 52 % en 2030[412] et de l'énergie nucléaire au-delà de 2030[413]. Longtemps le Maroc a bénéficié d'un bon ratio d'énergie propre grâce à la production d'énergie hydraulique des barrages au siècle dernier. L'électrification rapide des zones rurales et l'augmentation de l'industrie ont créé une si forte demande sur l'énergie électrique qu'il a fallu satisfaire la demande aussi rapidement que possible et d'une façon peu onéreuse. Le moyen le plus compétitif trouvé fut le charbon qui constituait 48 % à lui seul de la production nationale en 2010. La même année l'électricité hydraulique s'est rétrécie à 16 %, l'apparition de l'éolien assurait 3 % de la production, le reste étant assuré par les centrales à gaz et à pétrole. En 2007 le Maroc avait lancé un programme afin d'installer 2 000 MW de moyen de production d'électricité solaire, et 2 000 MW d'éolien pour atteindre 42 % d'énergie renouvelable en 2020. Afin d'optimiser son réseau de distribution l'ONE projette de déployer la technologie dessmart grid[414]. L'ONE est en cours de déploiement d'une nouvelle solution de l'ERP allemand SAP afin d'optimiser les coûts de gestion de sa clientèle. En milieu rural, afin d'éviter les impayés et les frais de justice l'ONE a mis en place un modèle de compteur électrique fonctionnant avec une carte à puce prépayée. C'est le même modèle que ce dernier utilise dans quelques pays d'Afrique subsaharienne et qui donne entièrement satisfaction dans la mesure où cela évite les soupçons de fraudes et de raccordements sauvages de la part des voisins.
Du fait de sa position stratégique le Maroc joue un rôle primordial dans les plans d'interconnexions électriques. Il relie à ce jour le continent africain à l'Europe par deux câbles à haute tension sous le détroit de Gibraltar. À terme le Maroc projette de rajouter une troisième interconnexion avec l'Espagne et une nouvelle interconnexion de 1 000 MW avec le Portugal[415]. D'autre part, à long terme le Maroc ambitionne d'exporter son énergie électrique vers l'Afrique subsaharienne via la Mauritanie[415] où l'ONE possède déjà des concessions dans plusieurs pays sur le continent. En effet, depuis la dernière décennie[416] l'ONE investit en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie, au Niger, en Libye, au Sierra Leone et au Tchad en participant à la construction des centrales et des réseaux, à l'assistance technique et au transport. En 2006, l'ONE avait décroché des concessions de production de 7 MW à Nouadhibou en Mauritanie, ou encore une production de 15 MW à Freetown, au Sierra Leone. Cette politique de coopération régionale ferait du Maroc un carrefour énergétique entre l'Europe, le Maghreb et l'Afrique subsaharienne.
Énergies renouvelables
Le Maroc s'est engagé dans une démarche volontariste en matière de développement de ses ressources renouvelables accompagné par son Ministère de la transition énergétique et du développement durable[417].
Énergie solaire
Le Maroc dispose d'unpotentiel solaire important (environ 3 000[418] heures d'ensoleillement par an). Le royaume est particulièrement bien doté en termes d'ensoleillement direct (utile pour la technologie CSP - Concentrated Solar Power). Ce potentiel solaire est évalué à 20 000 MW[419].
À travers le développement de projets solaires multi-technologiques, le Maroc vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine solaire[420].
Aussi, ces projets devraient permettre d'éviter l'émission d'au moins 3,7 millions de tCO2[421].
Le Maroc explore les technologies solaires les plus matures pour répondre aux besoins de consommation électrique du pays et aux spécificités de chaque site solaire.
Jusqu'en 2018, le royaume a recours aux deux principales technologies[422] solaires : le CSP (Concentrated Solar Power) et le PV (photovoltaïque).
La solution hybride CSP-PV retenue par Masen pour la centrale Noor Midelt I[423] a permis, en 2019, de réduire considérablement le prix dukilowatt-heure.
Plusieurs autres sous-technologies solaires sont testées au niveau de la plateforme R&D[424] deOuarzazate : notamment la technologie du photovoltaïque concentré (CPV), la technologie Fresnel, ou encore le démonstrateur CSP dish stiring.
Dans le cadre du plan éolien lancé en 2010, le Maroc à travers le développement de projets éoliens répartis aux quatre coins du pays vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine éolienne[435].
L'éolien onshore (technologie qui consiste à installer les éoliennes sur une terre ferme pour convertir laforce motrice du vent en électricité) est la technologie utilisée par les projets éoliens marocains.
Dès les années 1960, le Maroc se lance dans une politique desbarrages qui intègre la production d'électricité propre[447].
148 barrages ont été édifiés, dont plus de 24 hydroélectriques et 1 STEP[448].
À travers le développement de projets hydrauliques, le Maroc vise à atteindre, à l'horizon 2020, un mix électrique dont 14 % est d'origine hydraulique[420].
Le Maroc a recours à deux technologies de production d'électricité d'origine hydraulique :
La technologie « à réservoir » qui permet le stockage pendant de longues périodes particulièrement utile pour répondre au pic de consommation ;
La technologie « STEP » (Station de Transfert d'Énergie par Pompage), est une technologie efficace de stockage qui contribue à maintenir l'équilibre entre production et consommation sur le réseau électrique.
Nouveau projet américain de l'USAID permettant à des associations humanitaires d'aider le Maroc rural à bénéficier de subventions pour l'accès à l'eau potable et l'assainissement (2011).
Au Maroc l'ensemble des habitants en milieu urbain sont raccordés aux commodités, et il n'existe pas de raccordements sauvages ni de coupures intempestives d'électricité ou d'eau courante, contrairement à une grande partie des pays africains, y compris au Nigeria, Afrique du Sud, Algérie ou Égypte[réf. nécessaire], où les coupures d'eau et d'électricité sont assez fréquentes[450]. L'accès à l'eau potable, à l'électricité et, dans une moindre mesure, à l'assainissement, a augmenté de manière significative au Maroc depuis1990[451].
Concernant l'électricité, il existe toujours un seul distributeur pour les particuliers. La loi a été amendée pour permettre la libéralisation du marché, néanmoins, seulement quelques grandes entreprises ont demandé une licence pour produire leur propre électricité, souvent éolienne. La nouvelle loi oblige l'Office National d'Électricité (ONE) à acheter l'électricité d'opérateurs privés produisant de l'électricité non issue d'énergies fossiles. À l'heure actuelle, le plus grand fournisseur d'électricité de ce type est l'entrepriseNareva[452].
Le pays connait depuis 2015 desmouvements sociaux liés à l'eau, d'abord àTanger, puis dans leRif en 2017 et àZagora en 2018. En 2019 encore, de nouvelles manifestations ont eu lieu dans la région de Tanger. Les coupures de plusieurs semaines ne sont pas rares. Le système de gestion de l'eau marocain est jugé complexe et hybride : distribution privatisée à Casablanca ou à Tanger, publique à Marrakech ou dans le Sud, où les entreprises mandatées ne respectent pas toujours lecahier des charges. Pour l'économisteNejib Akesbi, « les entreprises étrangères qui ont obtenu des concessions n'ont apporté aucunevaleur ajoutée ni expertise en comparaison de ce qu'offraient déjà les opérateurs publics marocains ». Surtout, le Maroc subit une inquiétantecrise environnementale. « La situation de pénurie hydrique au Maroc est alarmante puisque ses ressources en eau sont évaluées à moins de 650 m3/habitant/an, contre 2 500 m3 en 1960, et devraient baisser en deçà de 500 m3 à l'horizon de 2030 » relève leConseil économique social et environnemental (CESE) en appelant le gouvernement à « entreprendre des mesures urgentes »[453].
Si la quasi-totalité des urbains sont rattachés à un réseau d'eau potable, cette proportion tombe à 64 % dans les zones rurales[294].
Santé et enseignement
Le système de santé marocain est composé d'un secteur public et d'un secteur privé (incluant des prestataires à but lucratif et non lucratif). Le secteur public comprend 2 689 centres de soins de santé primaires et 144 hôpitaux à différents niveaux : local, provincial, régional et tertiaire. Le nombre total de lits hospitalier est de 22 146. Le secteur privé est composé de 6 763 cabinets privés et de 439 cliniques, concentrées dans les zones urbaines et dans le nord de la côte Atlantique. Le Maroc a fait des progrès significatifs dans la réduction de la prévalence des maladies infectieuses, et a éradiqué lapolio, lepaludisme, grâce à une variété de programmes de sensibilisation sur la façon de traiter et de prévenir les maladies transmissibles, en plus des campagnes de vaccination élargies et de l'introduction de nouveaux médicaments sur le marché. Bien que largement sous contrôle, desmaladies telles que l'hépatite sont encore répandues et des efforts sont en cours pour réduire le nombre de patients affectés.
Les maladies non transmissibles constituent une priorité encore plus grande pour le secteur. Selon une étude récente menée par le ministère de la Santé (MS), les maladies non transmissibles sont à l'origine de 75 % des décès, comme les maladies cardiovasculaires (34 %), lediabète (12 %) et lecancer (11 %).
Le budget duMinistère de la Santé représente 6,9% du budget de l'État en 2021 soit moins que la norme de 10 % recommandée parl'OMS. En 2021, plus de 60 % des dépenses de santé sont payées directement par les familles marocaines, de plus il reste perfectible notamment en milieu rural[454].
Au niveau de la scolarité, le Maroc a consenti d'importants efforts pour généraliser I'accès au primaire. Un taux de déperdition important est enregistré d'un cycle à l'autre ramenant la moyenne nationale de scolarisation à 87,6 % au collège et a 61,1 % au lycée. L'enseignement scolaire au Maroc est obligatoire pour les enfants âgés de 6 à 15 ans depuis 1963. Depuis 1989, la langue d'enseignement dans les écoles est l'arabe. Depuis 2015, certaines écoles primaires ont commencé à offrir un enseignement en tamazight. L'enseignement primaire dure 6 ans pour les enfants de 6 à 12 ans et se termine par le certificat d'études primaires. L'enseignement secondaire de trois ans, appelé enseignement secondaire collégial, est offert aux enfants de 13 à 15 ans. Cette phase se termine par l'attribution du brevet d'enseignement collégial. Le programme de développement et de généralisation du préscolaire a été lancé en 2018, avec pour objectif d'atteindre 100 % de taux de scolarisation en 2028[455].
L'histoire du Maroc fut partiellement marquée par des liens commerciaux avec le Sahara[463].
Carte des principales localités du Maroc incluant leSahara occidental contesté.
Saconstitution actuelle est celle proposée par le roi Mohammed VI et votée par référendum en 2011, augmentant les pouvoirs duparlement bien que ceux-ci restent toujours limités sur certains points.
Lajustice est le troisième pouvoir. Ce pouvoir est en forte mutation depuis quelques années, grâce à la création de nouvelles juridictions spécialisées (tribunaux administratifs, tribunaux de commerce).
À l'international, le roi Mohammed VI s'est construit au cours de son règne, rappelle la chercheuse en relations internationales Khadija Mohsen-Finan, « une image de meilleur allié de l'Occident dans le monde arabe. Sa coopération est jugée précieuse, puisqu'il surveille ledétroit de Gibraltar, autorise le survol de son territoire en cas de guerre, et joue un rôle important dans la gestion desflux migratoires, en empêchant l'immigration africaine de passer en Europe[465]. »
En 2019, l'Association marocaine des droits humains déplore une « escalade des violations des droits humains et des libertés publiques et individuelles » au Maroc, l'État « se soustrayant à ses engagements internationaux et ignorant recommandations et rapports » sur le sujet. L'ONG fait notamment état « d'actes detorture ou de traitements cruels ou dégradants » en détention, en particulier à la suite dumouvement de protestation Hirak. En 2018, l'ONG souligne déjà l'augmentation du nombre deprisonniers politiques dans le royaume[469].
En juin 2022, environ 2 000 migrants et réfugiés d'Afrique subsaharienne tentent de rejoindre l'Espagne depuis le Maroc par la frontière de Melilla, résultant dans la mort d'au moins 37 personnes et la disparition d'au moins 76 autres[470].
Depuis l'accession au trône deMohammed VI, des réformes sur lacondition de la femme ont été adoptées. À la suite des luttes dumouvement féminin et du mouvementdémocratique et malgré la farouche résistance opposée par le mouvementintégriste et les conservateurs, le roi Mohammed VI a joué un rôle d'arbitre en sa qualité decommandeur des croyants qui lui est conféré par laconstitution marocaine. Il constitua une commission consultative royale chargée de répondre aux attentes des militantes féministes qui avaient dénoncé toutes les injustices endurées par lesfemmes marocaines. Après des concertations de plus de trente mois avec toutes les parties concernées, le roi a tranché en présentant devant leparlement, le, le nouveau projet de code de la famille, appeléMoudawana, discuté, amendé et adopté à l'unanimité par toutes les forces représentées au parlement en janvier2004.
Le nouveau code de la famille est fondé sur l'égalité entre les sexes et abolit latutelle exercée sur les femmes. La notion de « chef de famille » est abolie et remplacée par la coresponsabilité entre les époux.
Lemariage d'une jeune femme n'était possible qu'en présence de son père en tant que tuteur, seules les filles ayant perdu leur père pouvaient se marier sans tutelle. Désormais, une femme peut se marier en toute liberté, que son père soit vivant ou décédé. L'âge légal de mariage pour la jeune femme a été revu à la hausse : il est maintenant de dix-huit ans pour les filles et les garçons au lieu de quinze ans auparavant pour les filles. Enfin, et cela représente une grande avancée, la femme mariée a le droit d'obtenir ledivorce de son mari sans être obligée comme c'était le cas auparavant de fournir des preuves et des témoignages pour justifier les raisons de sa demande[471].
En 2006, un nouveau chapitre ajouté au code de la Famille rend possible pour la mère marocaine de transmettre lanationalité marocaine de plein droit et automatiquement à ses enfants nés de père étranger, dans le cadre d'un mariage[472].
Le mariage de la Marocaine musulmane n'est légal qu'avec un époux musulman, et un Marocain musulman ne peut se marier avec une non-musulmane, sauf si sa religion estmonothéiste.
En 2010, le pays compte un taux d'analphabétisme à l'échelle nationale de 30 %[474] plus élevé chez les femmes et en milieu rural. Le taux d'activité s'élève à 86,9 % chez les hommes contre 47,9 % chez les femmes[475].
Agressions sexuelles
En dépit de ces progrès législatifs, lesagressions sexuelles envers les femmes seraient selon le quotidienLe Monde de plus en plus fréquentes et resteraient impunies. Dans ce climat deviolence, le port duvoile deviendrait un moyen pour se protéger des agressions. Le journal avance que ces agressions sont la plupart du temps ignorées par les autorités[476].
À l'échelle régionale, le Maroc est également membre de l'Union du Maghreb arabe, qui réunit au sein d'une même entité régionale les pays duMaghreb tel qu'on le conçoit traditionnellement (Maroc,Algérie etTunisie) ainsi que laLibye et laMauritanie. Fondée àMarrakech en1989, l'Union du Maghreb arabe a dû revoir au fil des années ses ambitions à la baisse au vu des dissensions persistantes qui existent entre les deux principales puissances régionales, à savoir le royaume du Maroc et l'Algérie. Le siège actuel de l'organisation se trouve àRabat.
Le Mercredi 7 Mai 2025,Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a publié son Rapport mondial sur le développement humain 2025. Dans ce nouveau rapport, le Maroc se distingue par une avancée majeure en matière de développement humain : si le Royaume maintient la 120ᵉ position sur 193 dans le classement mondial pour la deuxième année consécutive, le dépassement du seuil de 0,700 lui permet, pour la première fois, d’intégrer la catégorie des pays à développement humain élevé, selon les critères du PNUD. Entre 1990 et 2023, l’Indice de Développement Humain (IDH) du Maroc est passé de 0,456 à 0,710, soit une progression remarquable de 55,7 %. Cette trajectoire ascendante reflète des améliorations continues dans les variables clés du HDI (espérance de vie, niveau d’éducation, et PIB per capita)[480],[481],[482],[483].
Standard & Poor's (S&P) a revu à la hausse lacote financière du Maroc en haussant la note de sa dette de BB à BB+ en 2005. Depuis le, Standard & Poor's a rehaussé la note du Maroc du crédit souverain de la dette à long terme en devises de « BB+ » à « BBB- » et de la dette en monnaie locale à long terme de « BBB » à « BBB+ » avec des perspectives stables. Attribuant ainsi au Maroc la note « Investment grade[484] », alors queFitch Ratings a attribué le l'Investment grade au royaume du Maroc. Selon cette agence, la cote attribuée au Maroc reflète les progrès remarquables accomplis aussi bien sur le plan politique, économique que social au cours des dernières années, ce qui s'est traduit par des améliorations sensibles du niveau de vie.
Dans le contexte régional et conjoncturel, plusieurs pays africains sont d'un écosystème économique tellement fragile qu'ils ne sont notés par aucun des trois cabinets de notation. Cependant, laCoface permet d'avoir une estimation de risque concernant tous les pays du continent africain. Le, laCoface établit la notation A4/A4 à perspective stable concernant le Maroc, une notation à nouveau confirmée en janvier 2016. Sur la même période, la Coface place sous surveillance négative les deux derniers pays du top 10 des économies africaines à avoir été noté A4 en risque pays, avant de les rétrograder à B en janvier 2016[485] en pleine dégringolade du cours des matières premières.
De plus, Le Maroc se distingue parmi les pays africains en matière de fourniture de services publics, selon le dernier rapport de laBanque africaine de développement (BAD) sur lePublic Service Delivery Index (PSDI), affichant un score de 55,22, dépassant la moyenne continentale (45,39) ainsi que celle de l’Afrique du Nord (50,55). De même, Le PSDI évalue la capacité des systèmes publics à promouvoir un développement inclusif en renforçant les opportunités, les choix et les capacités tant des citoyens que des institutions. Le rapport souligne que le Maroc enregistre ses meilleures performances dans la dimension de l’inclusion socioéconomique, avec un indice de 63,30. Viennent ensuite les domaines de l’industrialisation (57,5), de l’énergie et de l’électricité (55,87), de l’intégration régionale (50,95) et de la souveraineté alimentaire (49,56)[486],[487],[488],[489].
NotationsCoface en janvier 2023 des cinq premières économies africaines
Les différends territoriaux entre le Maroc et deux de ses voisins, l'Algérie et l'Espagne, sont nombreux et sont le résultat direct de la décolonisation franco-espagnole[réf. nécessaire]. Le Maroc revendique et contrôle majoritairement leSahara occidental, mais sa souveraineté sur ce territoire n'est pas reconnue internationalement. Il y est confronté à un mouvement indépendantiste, leFront Polisario, soutenu par l'Algérie du fait de son proprehéritage révolutionnaire. Ce conflit divise le territoire et est considéré comme unterritoire non-autonome par l'Organisation des Nations unies. Cependant, le 31 octobre 2025, le plan d'autonomie marocain pour le Sahara Occidental est soutenu par l'ONU qui y prolonge la mission de médiation afin de réaliser une évaluation stratégique en 2026. Ce soutien est considéré comme un tournant majeur du conflit[490],[491].
Le Maroc compte comme soutien la quasi-totalité des pays membres de laLigue Arabe ainsi qu'une grande partie de l'Afrique subsaharienne[492],[493], d'autres soutiennent les revendications du Polisario mais plusieurs de ces derniers commencent à revoir leur position, à l'image de l'Éthiopie qui auparavant était un fervant soutien de laRASD[494], cependant la plupart ne prennent pas parti[495],[496],[497].
Le Maroc réclame toutes lespositions espagnoles sur ses côtes nord :Ceuta,Melilla, lesîles Chafarinas, l'îleAlborán, l'Îlot Persil et lerocher Vélez de la Gomera[498]. Des tensions naissent également entre l'Espagne et le Maroc quant à la fixation des limites des eaux par le Maroc. Ce dernier considérant le Sahara occidental comme légitimement marocain, il fixe les limites aquatiques selon cette idée et étend sa zone exclusive économique (ZEE) plus au sud[499],[500].
En2007, plusieursattentats-suicides touchentCasablanca, dans un cybercafé le 11 mars àSidi Moumen et trois autres dans le quartier El Farah le. Deux policiers sont blessés lors de la deuxième explosion, un succombe à ses blessures lors de son transfert à l'hôpital, l'autre a des blessures moins lourdes et survit[502].
Le samedi, un terroriste s'est fait exploser devant le Centre américain de langue, alors qu'un autre s'est fait exploser quelques secondes après à une centaine de mètres de lui. Ces explosions n'ont fait aucun mort sauf leskamikazes eux-mêmes. La police a réussi dans la journée à arrêter le chef de la cellule terroriste ainsi que son adjoint, et a pu localiser leur laboratoire où ils fabriquaient lesexplosifs[503].
Les attentats de 2007 ont été perpétrés à l'aide d'explosifs artisanaux de très faible puissance. Aucun lien entre ces derniers attentats et le terrorisme islamiste international n'a pu être établi de façon certaine, contrairement aux attentats de 2003.
Le dimanche, au lendemain desattentats perpétrés en France par des islamistes radicaux, le Maroc a dépêché son ministre des Affaires étrangères et de la CoopérationSalaheddine Mezouar pour représenter le royaume. Le ministre marocain a été le seul à poser des conditions basées sur des considérations religieuses à sa participation à la marche multiconfessionnelle pour dénoncer les attentats. Le Maroc a été le seul pays représenté officiellement à ne pas participer à la marche de solidarité[505],[506].
Le Maroc est un des premiers pays d'Afrique après laTunisie et l'Algérie à avoir entamé satransition démographique : l'indice de fécondité synthétique a chuté de 7,2 à 2,5 entre 1962 et 2004[508]. En 2023, il est de 2,05, c'est-à-dire en deçà du seuil de remplacement (2,1)[509].
Leur condition varie « avec des degrés de gravité plus ou moins différents selon le contexte politique, la conjoncture économique et la localisation géographique » au Maroc[523].
Traditionnellement, les juifs citadins devaient résider dans des quartiers nommésmellahs et situés dans les villes principales dans le voisinage des palais du sultan et porter des vêtements qui lesdiscriminent[523].
La religion la plus représentée est l'islam, qui regroupe 99,9 % des croyants. L'islam est la religion officielle, mais la coexistence avec les autres religions est effective (la pratique des autres religions révélées est d'ailleurs garantie par laConstitution).
La vie civile est régie par lecalendrier grégorien. À la différence d'autrespays musulmans, le week-end se compose dusamedi et dudimanche. Levendredi n'est pasférié mais administrations et services publics allongent leur pause-déjeuner pour permettre aux fidèles de se rendre à la prière[539].
Judaïsme, christianisme, bahaïsme
Jeunes juifs lors des festivités dePourim àDemnate (1955).
Lejudaïsme et lechristianisme (ce dernier reste principalement représenté par les résidents européens et par des ressortissantssubsahariens) suivent avec respectivement 0,01 % et 0,2 % de la population[28].
Sur les 265 000Juifs qui vivaient au Maroc il y a une cinquantaine d'années[532], 35 000 Juifsémigrèrent enIsraël avant 1954, 33 000 après 1956 ; la majorité de ceux qui restaient quittèrent le pays lors de laguerre du Kippour (1973), craignant l'antisémitisme ou que le Maroc ne rejoigne ce conflit[523]. Seulement environ 3 000 en 2013, et environ 2 200 en 2017 vivent au Maroc à l'heure actuelle[540],[534], où ils sont devenus descitoyens à part entière. En tout, les deux tiers des anciensJuifs marocains se sont expatriés sur le territoire israélien[541] et les autres notamment auCanada, en France voire en Espagne[542],[523].
Divers dirigeantschrétiens locaux estiment qu'entre 2005 et 2010, il y a 5 000 citoyens marocainsconvertis au christianisme (principalementprotestantisme évangélique) qui fréquentent régulièrement leséglises de maison et vivent principalement dans le sud[543]. Certains dirigeants chrétiens marocains estiment qu'il pourrait y avoir jusqu'à 8 000 chrétiens dans tout le pays, mais nombre d'entre eux ne se réuniraient pas régulièrement par crainte de la surveillance du gouvernement et de la persécution sociale[544]. Le nombre de Marocains convertis au christianisme (la plupart gardent leur foi secrète pour ne pas êtrepersécutés) est estimé entre 8 000 et 50 000[545],[546],[547],[548].
La communautébaha'ie, située dans les zones urbaines, compte350 à 400 personnes[544].
Les langues officielles du Maroc sont leberbère[549] et l'arabe classique qui se décline lui-même en plusieursdialectes parlés selon les régions, comme lesparlers hilaliens dans les plaines occidentales par exemple.
La langue enseignée dans les écoles publiques et employée à l'écrit, dans les discours formels et les médias est l'arabe littéraire.
Elle n'est bien maîtrisée que par la population la plus éduquée.
Dialectal
Par un phénomène dediglossie, ledialecte arabe couramment parlé dans la rue et la vie quotidienne est ladarija, ouarabe marocain, langue maternelle des Marocainsarabophones (environ 60 % de la population[550]) et pratiquée également par lesberbérophones dans leur grande majorité (bien que beaucoup d'hommes et de femmes, surtout en milieu rural, ne parlent que leberbère). La darija diffère peu des autres dialectes duMaghreb mais est incompréhensible pour les locuteurs duMachrek, contrairement à l'arabe littéraire qui sert alors delingua franca.
Le, laConstitution approuvée parréférendum à plus de 98 %[553], fait de l'amazighe unelangue officielle du Maroc, après l'arabe, et institue unConseil national des langues et de la culture marocaine « chargé notamment de la protection et du développement des langues arabe et amazighe ». Cette mesure, considérée comme une défaite par certains arabophones[554], ne satisfait pas pleinement les amazighophones qui notent que seul l'arabe, dans la Constitution, bénéficie de la protection et des efforts de développement de la part de l'État.
Étant une langue de tradition principalement orale, la langue berbère présente de nombreuses variantes régionales ou locales dans toute l'Afrique du Nord. Pour ce qui concerne le Maroc, les linguistes ont coutume de distinguer trois principaux parlers, lerifain au Nord, letachelhit au Sud et le « tamazight du Maroc central »[555], en plus de dialectes parlés par un nombre plus restreint de locuteurs comme lechleuh de Figuig à l'est, leghomari[556] au nord et lesanhadji de Srayr[556] dans le sud duRif. Cependant cette classification reste très théorique, la transition entre ces différentes variantes étant progressive ; de plus, les mouvements de population et notamment l'émigration vers les villes modifient la répartition traditionnelle.
L'amazighe développé par l'IRCAM se veut une langue commune à toutes les régions du royaume, empruntant un peu à tous les dialectes et réinventant l'alphabettifinagh, au risque de créer unsabir incompréhensible pour tous.
Lefrançais est la langue de l'économie, des études supérieures scientifiques et techniques, et la langue de travail de plusieurs ministères. Il est enseigné dans les écoles primaires, collèges et lycées, dans toutes les universités et dans les écoles supérieures. Le français intervient égalementde facto comme langue administrative à côté de l'arabe. La forte persistance du français dans la vie administrative est en partie due au règne du roiHassan II (1961-1999), monarque notoirement connu pour sa maîtrise de cette langue et ayant effectué l'intégralité de ses études en France.
L'enseignement dans les écoles publiques ayant étéarabisé puisislamisé dans les années 1980, les familles issues de l'élite marocaine préfèrent scolariser leurs enfants dans le privé afin de leur donner une meilleure maîtrise du français et une meilleure ouverture sur le monde.
Selon une enquête publiée en 2010[557], le français est très largement maîtrisé au Maroc : 10 366 000 personnes sont considérées commefrancophones (sachant le lire et l'écrire), soit 32 % de la population totale ou 39 % de la population âgée de10 ans et plus. Ceci n'inclut pas les personnes sachant parler le français mais qui ne savent pas l'écrire ou le lire. Le français est bien plus parlé en ville qu'en milieu rural.
Une étude de laRevue internationale d'éducation de Sèvres juge « vitale une réforme radicale qui permettra au système éducatif marocain de progresser et de remplir ses missions ». Une classe peut ainsi comprendre une cinquantaine d'élèves[269].
Il existe au Maroc une importante communautéalgérienne issue notamment des vagues d'exil datant de la période coloniale (ces vagues concernent aussi laTunisie). Le Maroc accueillait également en2007 une communauté d'expatriés français de l'ordre de 42 644 individus[559]. Enfin, les divers protocoles d'accords culturels signés avec de nombreux paysafricains et portant notamment sur l'octroi debourses d'études ont permis au Maroc d'accueillir en 2007 une communauté de 9 500 étudiants subsahariens (chiffre représentant 70 % de l'ensemble de la communauté estudiantine étrangère)[560].
Par ailleurs une communautéchinoise commence à se constituer à Casablanca, notamment au sein du quartier commerçant de Derb Omar[561]. Signe de relations anciennes avec l'Asie, le Maroc abritait déjà une communautéindienne historique établie depuis lesannées 1930[537]. Depuis le déclenchement de laguerre civile syrienne en2011, le Maroc accueille également des réfugiés originaires deSyrie. Une importante communauté belge existe aussi au Maroc. En février 2016, 4 000Belges résident au Maroc et sont inscrits au consulat belge, et entre 20 000 et 40 000 Belges y séjournent l'essentiel de l'année[562].
Parmi ces différents corps, seules laDGA, la Protection civile et la Brigade des eaux et forêts ne sont pas armés. Certains corps sont régis comme paramilitaires (Gendarmerie royale, Forces auxiliaires, Protection civile).
La fonction d'autorité est attribuée à tous ces corps. La fonction de police est attribuée à la DGSN, à la Gendarmerie royale, aux Forces auxiliaires et à la DGA. Quant à la fonction militaire de défense, elle est attribuée à la Gendarmerie, aux Forces auxiliaires et bien sûr aux Forces armées.
Les armées marocaines se composent de :
une armée régulière professionnelle de 256 000 hommes, lesForces armées royales, dépendant de l'Administration de la défense nationale (ADN) ;
une garde nationale de 45 000 militaires, lesForces auxiliaires, qui dépendent du ministère de l'Intérieur ;
une réserve de 250 000 militaires.
Soit 301 000 militaires professionnels et 250 000 militaires réservistes, au total environ 550 000 soldats.
Enaoût 2018, le gouvernement marocain adopte un projet de loi rétablissant le service militaire obligatoire dans le royaume, où la conscription avait été abolie depuis 2006[563].
LesForces armées royales sont un ensemble de cinq armées dépendant de l'Administration de la défense nationale. Le roi du Maroc porte le titre de « chef suprême et chef d'état-major général des Forces armées royales ». Celles-ci ont été créées le 14 mars 1956, à la fin du régime du Protectorat (la Marine royale a seulement été fondée en 1960).Elles ont combattu lors de laguerre des Sables en 1963, puis sur lefront du Golan en 1973, contribué à sauver lerégime zaïrois en 1977 lors desguerres du Shaba, se sont illustrées lors des affrontements avec lePolisario pour le contrôle duSahara occidental, surveillent lemur marocain et ont participé en 1991 à laguerre du Golfe. Elles sont également intervenues enSomalie en 1993 et auKosovo en 1999.
Le, elles ontdéfilé sur lesChamps-Élysées, ce qui était alors exceptionnel pour une armée non française, à l'invitation du président de la République française de l'époque :Jacques Chirac[564].
Aujourd'hui, elles participent aux missions de paix (MONUC,ONUCI,EUFOR,KFOR…). Elles sont très bien entraînées et considérées comme l'une des meilleures armées africaines. De nombreux généraux, mais aussi officiers et sous-officiers africains, sont formés à l'école militaire deRabat où l'ancien souverainHassan II a été formé. Mais également, lesForces armées royales (FAR) sont impliqués depuis 2020 dans lescombats face au Front Polisario, avec l'incident d'El-Guerguerat qui a relancé les hostilités entre les indépendantistes sahraouis et le Maroc.
Elles disposent aussi d'une réserve de 150 000 militaires[565].
Les FAR sont composés ainsi de près de 250 000 soldats militaires professionnels et 150 000 militaires réservistes, soit au total 400 000 soldats[566].
LaGarde royale marocaine est un corps d'armée chargé de la sécurité duroi et des palais royaux. Elle a aussi une fonction protocolaire.
Elle est composée aujourd'hui de plus de 5 000 hommes répartis en quatre bataillons d'infanterie et services, et deux groupes d'escadrons à cheval.
La Garde royale puise ses origines dans la prestigieuse Garde noire qui fut créée en1088 par l'Émir almoravide Youssef Ibn Tachfine pour assurer sa protection. Elle doit ce nom de garde noire à l'origine de ses troupes, traditionnellement recrutées aux confins méridionaux des territoires du sultan, dans la région dufleuve Sénégal et sur l'ancien territoire de l'Empire songhaï duMali, appelé alorsSoudan marocain, ainsi qu'enGuinée.
À l'indépendance du Maroc, laGendarmerie royale marocaine fut créée par le décret-loi (Dahir) du et prit la relève de la légion de gendarmerie française du Maroc. Elle se compose aujourd'hui de 23 000 hommes. Le décret-loi reprend très largement le décret organique français du et prolonge ainsi l'organisation, les principes d'action et les missions de l'ex-légion dissoute. Depuis octobre 1999, la gendarmerie royale est membre de l'Association internationale de gendarmeries et forces de police à statut militaire (FIEP).
La gendarmerie fait partie intégrante de l'Administration de la défense nationale, notamment en sa qualité de Police militaire judiciaire. Il s'agit d'une armée dans l'armée, tant cette gendarmerie concentre des pouvoirs et moyens (financiers et militaires) très importants (Gendarmerie marine,de l'air, de terre, de police administrative, de police judiciaire, de police militaire judiciaire, mobile, d'intervention (GIGR), de sécurité royale, et la fameuse élite de gendarmerie qui constitue le corps de la Garde royale). Ainsi l'on voit que la gendarmerie royale est l'élite des forces armées marocaines.
Elle est rattachée pour emploi au roi, chef suprême et chef de l'état-major général des forces armées royales, et pour administration et gestion au Secrétariat général pour l'administration de la défense nationale qui reçoit délégation du Premier ministre. Elle assure d'ailleurs la sécurité du souverain.
La gendarmerie relève également duministre de la Justice, pour l'exercice de la police judiciaire, et du ministre de l'Intérieur pour l'exercice de la police administrative.
Les principes d'action sur le service de la gendarmerie royale sont contenus dans le Dahir du 14 : la gendarmerie royale assure des missions de police judiciaire (à la campagne), administrative, militaire (en temps de paix ou en temps de guerre), de service d'ordre, de maintien de l'ordre…
Forces auxiliaires marocaines
LesForces auxiliaires marocaines sont des forces paramilitaires non armées qui « concourent avec les autres forces de police » et que l'on retrouve auprès des différents corps d'autorité du Maroc. Les agents des Forces auxiliaires sont anciennement nommésMkhaznis ouMrouds. Autrefois présents partout y compris en ville pour disperser les manifestations, les attroupements de hooligans les jours de match, assurer lescouvre-feux après minuit jusqu'à 1985, et garder des bâtiments publics, voire des banques privées. Aujourd'hui tous les établissements publics ont été forcés de faire appel à des sociétés de sécurité privées, excepté les tribunaux et les prisons qui sont gardées par des policiers. À cause de leurs rôles comme forces antiémeutes pendant les années 1980, les éléments des Forces auxiliaires ont été pendant longtemps méprisés par la société marocaine, même une fois déployés en zones rurales où ils apportent un grand soutien à la prévention des feux de forêts, participent aussi à éteindre les feux avec les pompiers, aident les populations rurales en cas de sinistres. Les FA sont aussi postées sur les rives maritimes, protègent les randonneurs et surveillent les zones de baignade dangereuse, gardent les côtes contre les trafics d'armes, de drogues, d'émigration clandestine et de vol de sable en zone fragile.
Malgré leur disponibilité, ces derniers sont les premiers à intervenir en cas d'inondation par exemple. Les Marocains, notamment les jeunes, gardaient encore une relative haine envers les FA ; cependant, depuis un triste événement survenu en 2010 où pendant une de leurs interventions à Gdeim Izik dans une zone rurale à une dizaine de kilomètres deLaâyoune pour disperser un campement sauvage d'activistes Sahraouis, les FA ont perdu onze de leurs membres assassinés[567] par des jeunes militants Sahraouis pro-Polisario. Une partie de ces onze membres assassinés ont été égorgés par les militants indépendantistes sahraouis, filmés et postés surYouTube. Depuis cet incident les Forces auxiliaires bénéficient d'un grand élan de sympathie de la part de la population marocaine, un élan qui a été exploité par quelques membres de ces Forces qui postaient anonymement sur internet la situation précaire de leurs revenus. À la suite de cela, des collectes de dons en faveur des enfants des membres de FA assassinées et plusieurs pétitions ont eu lieu pour réclamer la mise à niveau de leurs salaires, chose qui a été accomplie en 2011[568] puis en 2014[569]. La réévaluation des salaires des Forces auxiliaires fut compliquée. Tout d'abord du fait que le Maroc est une démocratie et donc contrairement aux nombreuses dictatures militaires du tiers-monde où les seuls fonctionnaires bien entretenus sont les militaires, au Maroc généralement pour le même niveau d'études, un civil est mieux rétribué qu'un militaire. Les FA ont un statut militaire mais dépendent du ministère de l'intérieur, cependant le revenu des forces auxiliaires relève du budget du ministère de la Défense. Alors qu'au ministère de l'Intérieur les plus bas échelons de rémunération des policiers dépassaient 3 000 dirhams ou 4 000 s'ils sont mariés, le revenu des forces auxiliaires avant 2011 était dérisoire (à peine 1 400 dirhams) quoiqu'ils officiaient souvent en zones rurales et bénéficiaient d'un logement de fonction. Depuis 2011 au moins trois augmentations majeures ont eu lieu les concernant mais on ne connaît toujours pas leur salaire actuel.
Les Forces auxiliaires se composent de 47 000 hommes[568] et constituent l'un des six corps des Forces armées du Maroc, à côté de la Gendarmerie, de l'Armée de terre, de l'aviation, de la marine et de la Garde royale. Les FA sont en très grande majorité des unités paramilitaires non armées, elles ne portent que des matraques en caoutchouc. Cependant, les unités servant de gardes-côtes et assistant à la surveillance des frontières sont armées. Comme armement, elles possèdent desMAS 36, desAK-47, desMAG et des véhicules blindésThyssen Henschel UR-416,Panhard AML.
Protestations sociales
Manifestation réclamant des réformes et plus dedémocratie (février 2011).
De 2011 à 2013, le Maroc a connu une grande vague de protestationssociales sans précédent où des centaines demanifestations immenses ont eu lieu dans tout le pays ; dans les villes la sécurité des cortèges a été assurée par des policiers afin d'éviter les pillages de magasins et les échauffourées. Dans les petits villages et en zone rurale ce sont les forces auxiliaires qui ont joué le rôle d'unités antiémeutes.
35 arrestations et des dizaines de blessés lors d'une manifestation à Casablanca (22 mai 2011).
Alors qu'on a dénombré des morts assassinés par les forces de l'ordre par centaines voire par milliers dans la plupart des pays lors duprintemps arabe, au Maroc les manifestants descendirent dans la rue chaque dernier dimanche du mois par millions sans qu'aucune victime ne soit à déplorer dans aucune manifestation.
Les forces auxiliaires qui sont souvent d'un âge très avancé qui les empêche de communiquer avec les jeunes semblaient avoir bien pris conscience que ce furent ces mêmes jeunes qui ont réussi à leur obtenir leur augmentation salariale grâce à leurspétitionsFacebook, les jeunes manifestants distribuaient parfois des fleurs aux forces antiémeutes. Le chef de file du mouvement du 20 février qui fut à l'origine de ces grandes manifestations est fils d'un policier au plus bas de l'échelle, que sa hiérarchie harcelait et avait tout fait pour qu'il change l'avis de son fils qui habitait encore sous son toit.
La Sûreté nationale est un corps d'autorité et de police nationale à statut civil, agissant dans les communes urbaines et dépendant du ministère de l'Intérieur.
Avec près de 60 000 policiers, la Sûreté nationale est divisée en plusieurs services :
police judiciaire ;
sécurité publique ;
systèmes d'information, de la communication et du diagnostic ;
renseignements généraux ;
ressources humaines ;
équipement et budget.
L'importance des services et attributions de la Sûreté nationale font d'elle un puissant corps d'autorité, à statut civil mais rival de la Gendarmerie.
L'état civil au Maroc n'autorise pas de nombreux prénoms que des parents marocains souhaitent donner à leurs enfants pour des raisons de« rupture avec l'identité marocaine »[573]. Alors que cette mesure concernait surtout les prénoms berbères, elle« est de plus en plus élargie aux appellations d’origine arabe, liés à l'islam ou parfois inspirés des célébrités de cinéma[573]. »
Artisanat
Des tajines dans une poterie au Maroc.Unechromo vantant l'artisanat marocain (1937).
La région est réputée pour sestapis de campagne, sespaniers et ses différents autres objets de grande utilité. Letissage de tapis modernes et labroderie sont très prospères surtout dans les complexes artisanaux.
D'autres objets de grande utilité sont fabriqués par les artisans de la région, tels que lestajines, les jarres, etc.
Les artisans marocains sont également réputés pour avoir le sens de la ligne et de la couleur dont témoignent les objets en tout genre qu'ils fabriquent et ornementent. « Les plaques de métal martelées repoussées ciselées sont populaires au Maroc. Ledamasquinage, qui consiste à enchâsser un fil de cuivre, d'or ou d'argent sur une surface de fer ou d'acier, se retrouve dans l'ornementation desarmes, sabres et fusils. Leslanternes ajourées, aux verres multicolores et aux cuivres découpés, sont d'un art délicat et fragile »[574]. Enpoterie,faïences,céramiques, les Marocains révèlent tout leur art dans la décoration desamphores, des terrines, des grands plats…
Sous la forme d'une longuetunique, en général à manches longues, portée souvent avec unemdamma (ceinture marocaine) fréquemment décorée de métaux précieux et de pierres, le caftan marocain se présente sous plusieurs styles et couleurs. Les variantes les plus connues sont celles deFès et deTétouan. Portée par les hommes et les femmes, c'est une tenue d’apparat des femmes marocaines lors de cérémonies. Le caftan marocain a gagné en popularité après son introduction dans le monde de lahaute couture auXXe siècle[576],[578],[579].
Au vu des diverses archives actuelles, il est clair que cette tradition est bien inscrite dans le patrimoine séculaire équestre marocain.
Au Maroc, pays fortement agricole et resté longtemps tribal (et cela même après l'indépendance en1956 du pays), cette démonstration de fantasia va perdurer en devenant une tradition tribale, rurale et religieuse : les tribus guerrières rurales l'associeront, avec la collaboration active de la population, auxMoussem (fête des semailles, de la moisson) et à la fête d'un saint de la tribu (ou reconnu par la tribu) et cela de façon annuelle et séculaire. La fête des saints a été instaurée auXVe siècle par lesMérinides[585].
Chaque année, en été, pendant une semaine, a lieu unmoussem en hommage au Sheikh Moulay Abdellah Amghar. En 2014, ce moussem, dont lafantasia est une grande attraction, a accueilli 1 800 cavaliers et plus de 350 000 visiteurs[586].
Musées
Le Maroc abrite une variété de musées qui reflètent son histoire, sa culture et son art:
Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain à Rabat: Ce musée présente des œuvres d’art moderne et contemporain du Maroc et d’ailleurs. Il est situé dans le quartier de l’Océan à Rabat.
Maison de la Photographie à Marrakech : Ce musée expose des collections de photos historiques du Maroc.
Musée Dar Si Saïd à Marrakech : Situé dans un ancien palais, ce musée met en valeur l’artisanat marocain, notamment la céramique, les tapis et les bijoux.
Musée Nejjarîn des Arts et Métiers du bois à Fès, musée Art D’Argile, Dar Batha Museum, Musée des armes : Situé dans le fort Borj Nord, ce musée abrite une collection d’armes marocaines, allant de la préhistoire au XXe siècle.
Musée duPalais Dar Jamaï à Meknès : Ce musée abrite des collections d’art islamique, d’archéologie et d’ethnographie.
Musée des Oudayas à Rabat : Situé dans la médina de Rabat, ce musée offre un aperçu de la vie traditionnelle marocaine.
Musée National de la Céramique à Safi : Il expose des pièces de céramique traditionnelle et contemporaine.
Musée Bab El Oqla à Tétouan : Ce musée est consacré à l’histoire et à la culture de la région de Tétouan.
Lemusée de la Kasbah à Tanger, Le musée de la légation américaine, Le Musée d'art contemporain, Le Dar el Makhzen, Le Musée Municipal de Tanger, Le Musée des Cultures Méditerranéennes, Le musée Forbes, Le Musée des Antiquités.
Le premier journal à apparaître au Maroc était un hebdomadaireanglophone appelé « Maghreb Al Aksa », en 1877. De telles publications n'étaient généralement pas disponibles dans les villes marocaines jusqu'en 1908.
Pendant leprotectorat français, à partir de 1920, commença l'apparition des publications françaises commeL'Écho du Maroc etLa Vigie marocaine. Elle fut suivie par le lancement d'un groupe de presse appelé Mas, qui publiaFarmhouse ainsi que les quotidiensLe Petit Marocain etL'Écho du Maroc, bien que ces derniers continuèrent à s'adresser principalement aux étrangers.
Ensuite, lesnationalistes marocains tels queMohamed Hassan Ouazzani commencèrent leurs propres publications. En 1933, ce dernier fonda « L'Action du peuple », un hebdomadaire francophone. Plus tard,Abdelkhalek Torres et Mohamed Bennouna, àTétouan, publièrent en arabe, respectivement deux publications : « Al Salam » et « Al-Hayat ». Ces journaux donnèrent auxnationalistes une plateforme pour exprimer leurs revendicationsindépendantistes vis-à-vis de laFrance et de l'Espagne. De plus en plus de journaux étrangers furent publiés au Maroc.
Plus tard, le Maroc édita un « code de la presse », le[587].
Actuellement
Le gouvernement marocain dispose de nombreux moyens audiovisuels comme la radio et la télévision marocaine (2M,Arriyada).
L'agence de presse marocaineMaghreb Arabe Presse et un quotidien en langue arabeAl-Anbaa sont des organes officiels du gouvernement. Des organes semi-officiels sont les suivants : le quotidienAssahra Al Maghribia, le quotidien de langue françaiseLe Matin du Sahara et du Maghreb.
Les Marocains ont à leur disposition environ 2 000 publications locales ou étrangères[réf. souhaitée].
Les pâtisseries traditionnelles, souvent à base d'amandes, sont également très diverses, et incluent par exemple lescornes de gazelle, leschebakias, ou les sablés comme lesghoribas. Les beignetssfenj sont en outre largement consommés pour accompagner lethé à la menthe, de même que les crêpesmsemmen etbaghrir.
Danse
Ahidous au Maroc.
Leahidou est unedanse collective traditionnelle, typique des Berbères duMoyen Atlas. Un demi-cercle se forme : hommes et femmes se croisent et se tiennent la main. Au milieu, un ou plusieurs chefs de troupe mènent la danse au son dubendir, un grand tambourin.
Cette danse symbolise l'unité de la communauté et un moyen pour résoudre des conflits quelquefois meurtriers qui se déroulaient autrefois au sein des tribus, comme le rappellent les pacifiques joutes poétiques (abraz) mais aussi les sabres, fusils, bâtons, utilisés par les danseurs.
C'est à l'origine une danse guerrière desBéni-Snassen. L'étymologie du mot vient du nom deAïn Reggada, une ville appartenant au territoire historique de la grande confédération tribale desBéni-Snassen. Les guerriers arabes dansaient en signe de victoire sur leurs ennemis, d'où l'usage du fusil[589]. De plus, les frappes de pieds au sol se font au rythme de la musique et symbolisent l'appartenance à la terre.Elle s'est internationalisée grâce notamment à ladiaspora marocaine en Europe et fait aujourd'hui partie intégrante du patrimoine culturel marocain[590].
La musique au Maroc est très diversifiée et se compose de quatre grands groupes ou familles de musique : lamusique berbère (amazigh), lamusique africaine, la musique internationale, la musique hassanie des régions du sud et lamusique arabe.
LeFestival Mawazine-Rythmes du Monde est un festival de musique organisé chaque année aux mois de mai et juin, à Rabat et Salé depuis 2001. Selon un classement de la chaine MTV, Mawazine est le deuxième plus grand festival de musique dans le monde en 2013.La musique amazighe (berbère) est, elle aussi, divisée en sous-groupes, généralement suivant les diverses régions et parlés : amazigh, tachelhite, tarifite, etc. Cette musique est aussi divisée en « moderne » et « traditionnelle ».
La musique afro-marocaine, connue sous le nom deGnaoua est propre à la région deMarrakech,Essaouira ainsi que le sud du Maroc, les paroles sont soit en arabe, en amazigh ou en un mélange afro-arabe.
Le cinéma marocain regroupe à la fois les films, téléfilms et les productions cinématographiques produites au Maroc.
À l'opposé d'autres cinémas d'Europe ou duMaghreb, l'État marocain a longtemps laissé son cinéma trouver par lui-même les moyens nécessaires à sa survie et son épanouissement national et international, créant ainsi un déséquilibre entre cinéma commercial (souvent médiocre) et cinéma esthétisant à public essentiellement élitiste.
LeProtectorat français du Maroc (1912-1956) avait établi une commission de censure ayant survécu à l'indépendance. Cet organisme de réglementation s'est occupé jusqu'aux années soixante-dix surtout de contrôler la distribution des films étrangers en raison d'une production nationale encore faible comparée à celle des pays francophones voisins[591]. De ce fait, le Maroc a laissé le champ libre à d'autres cinémas concurrents qui se sont affirmés aisément auprès du public marocain ; aujourd'hui, il doit lui faire face avec plusieurs années de retard. Il en est de même pour d'autres secteurs artistiques tel que la musique par exemple.
Récemment, la politique culturelle du pays a changé (en particulier sous l'impulsion duFestival international du film de Marrakech) et le Maroc vient de se doter d'une toute neuve industrie du film (voirinfra). À ce jour, le cinéma marocain progresse et les nombreuses perspectives d'évolution semblent prometteuses ; le cinéma marocain est de plus en plus sélectionné et/ou primé dans des festivals arabes, africains et occidentaux, ce qui encourage de plus en plus de jeunes à se lancer dans une carrière dans le7e art (voirinfra). Ce progrès sert également de référence aucinéma africain.
En mai 2015, alors qu'il était présenté devant un parterre de professionnels lors de laQuinzaine des réalisateurs à Cannes, le filmMuch Loved deNabil Ayouch a été sévèrement critiqué au Maroc au travers de quatrebandes-annonces mises à disposition duFestival de Cannes. Le film, qui traite la réalité de laprostitution (féminine et masculine) au Maroc, et en particulier à Marrakech, a déplu auxintégristes religieux et au gouvernement qui a décidé pour raison politique et religieuse unecensure totale avant même que la demande devisa d'exploitation ne soit déposée, prétextant avoir visionné le film (alors qu'il n'a pas encore été diffusé ailleurs qu'àCannes). Les motifs invoqués sont de montrer la pure réalité de la prostitution, contrairement à l'idéologie forcenée prônée par le gouvernement islamiste et les intégristes religieux qu'il n'y a ni prostitution nihomosexualité au Maroc, et surtout à Marrakech. Pourtant, un précédent film de 2012 du même Nabil Ayouch,Les Chevaux de Dieu (évoquant lesattentats-suicides de Casablanca de 2003), plusieurs fois primé, montre une scène deviol d'un garçonnet de10 ans par un autre de14 ans, situation qui a alors semblé « normale » aux institutions.
Le Maroc s'illustre dans de nombreux sports au niveau continental et mondial et constitue la locomotive du développement du sport du continent africain et du monde arabe. À titre d'exemple, l'augmentation à cinq du nombre de pays africains à représenter l'Afrique à laCoupe du monde de football est en partie due aux bonnes prestations que le Maroc réalise ces trois dernières décennies dans ce sport. Il s'illustre également dans d'autres compétitions internationales telles que l'athlétisme, lamotomarine, letaekwondo, laboxe thaïe, lapétanque, etc. Voici quelques sportifs et équipes ayant marqué le sport marocain :
Nawal El Moutawakel, la première femme arabe et africaine à se hisser à ce niveau de compétition et par la même occasion casser tous les tabous dans les pays émergents, elle est vice-présidente du Comité international olympique.
Lasélection nationale participe auxCoupes du monde en1970,1986,1994,1998,2018 et2022. En 1986, le Maroc se qualifie en huitièmes de finale. C'est le premier pays arabe et africain à atteindre ce stade de la compétition et pour la première fois de son histoire, leMaroc est le premier pays africain et arabe à se qualifier pour les demi-finales de laCoupe du Monde 2022 en battant lePortugal[594].
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La conscience sur lepatrimoine naturel du Maroc est faible. Le film documentaireLe Fil vert aborde en 2010 le problème de la conservation de l'environnement et labiodiversité.
Patrimoine culturel
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↑Ruth Cyr,Twentieth Century Africa, iUniverse, 2001(ISBN9780595189823), p.345 : « In 788 Idris, the first Arab ruler of the whole of Morocco, united the Berbers and Arabs under his rule, creating the first Moroccan state. He founded the Idrisid dynasty that reigned for almost two hundred years. »
↑« tradition (…) reaches back to the origins of the modern Moroccan state in the ninth century Idrisid dynasty which founded the venerable city of Fes. » (G Joffe, « Morocco: Monarchy, legitimacy and succession », in :Third World Quarterly, 1988.)
↑« The Idrisids, the founder dynasty of Fas and, ideally at least, of the modern Moroccan state (…). » (« Moroccan dynastic shurfa’‐hood in two historical contexts: idrisid cult and ‘Alawid power »,The Journal of North African Studies, volume 6,no 2, 2001[1].)
↑« Le nouveau gouvernement de Guy Mollet poursuit la même politique et une déclaration commune, le 2 mars 1956, reconnaît la caducité du traité de Fès de 1912. Des accords, conclus le 28 mai, définissent les nouveaux rapports entre les deux pays. La mention « Protectorat de la République française au Maroc », encore présente au Bulletin officiel de l'Empire chérifien du 2 mars 1956,no 2263, a disparu du numéro suivant »(lire en ligne sur mip.univ-perp.fr).
↑A. Ruhlmann, « Le Maroc dans les« Nibelungen » »,Hespéris: archives berbères et bulletin de l'Institut des hautes-études marocaines, Volume 24, Larose., 1937,p. 52-54.
↑Stéphane Aulagnier, Abdellatif Bayed, Fabrice Cuzin et Michel Thevenot, « Mammifères du Maroc : extinctions et régressions lors duXXe siècle »,Travaux de l’Institut Scientifique,no 8,,p. 53-67(lire en ligne[PDF]).
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↑HassanAouraghe, « Histoire du peuplement paléolithique de l'Afrique du Nord et dynamique des interactions entre l'homme et son environnement »,Comptes Rendus Palevol, cLIMATS-CULTURES-SOCIETES aux temps préhistoriques, de l'apparition des Hominidés jusqu'au Néolothique,vol. 5,no 1,,p. 237–242(ISSN1631-0683,DOI10.1016/j.crpv.2005.09.017,lire en ligne, consulté le)
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↑La notion d'impeccabilité est attribuée aux imams dans la tradition chiite, spécialement le chiisme imamite duodécimain. Elle est associée à la notion d'infaillibilité, ces deux qualités constituantla 'isma (selon Dominique et Janine Sourdel,Dictionnaire historique de l'Islam, éd. Presses Universitaires de France, 1996,(ISBN978-2-1304-7320-6), page 411.
« Les Marînides sont une tribu zénète, nomadisant à l’origine dans le Zab, entre Djelfa et Biskra. Fin xie siècle, l’avancée des Arabes bédouins les pousse vers les Hautes Plaines occidentales. »
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↑a etbArticle 5 de laConstitution marocaine de 2011 : « L’arabe demeure la langue officielle de l’État. L’État œuvre à la protection et au développement de la langue arabe, ainsi qu’à la promotion de son utilisation. De même, l’amazigh constitue une langue officielle de l’État, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception. … L'État œuvre à la préservation du Hasani, en tant que partie intégrante de l'identité culturelle marocaine unie, ainsi qu'à la protection des parlers et des expressions culturelles pratiqués au Maroc »
↑a etbLe Maroc sur AXL,Jacques Leclerc, L’aménagement linguistique dans le monde. CIRAL (Centre international de recherche en aménagement linguistique).
↑Private collection Paul MR Maeyaert ; Ref: PM_110375_Liebig_Chromos; www.pmrmaeyaert.eu; www.polmayer.com; Africa; Africa|Morocco; Cultural heritage; Cultural heritage|Techniques|Postcard trade card. Text on reverse.
↑« « On est le Rocky de cette Coupe du monde » : le Maroc annihile le Portugal et se hisse en demi-finale du Mondial »,Le Monde.fr,(lire en ligne, consulté le).