L'idée était que les habitants puissent rejoindre le chef-lieu et en revenir en deux jours (à cheval), le département de la Marne est créé par découpage de laChampagne en quatre départements : lesArdennes, la Marne, l'Aube et laHaute-Marne.
Le (28 pluviôse an VIII), la fonction de préfet est créée.Bourgeois de Jessaint devient le premier préfet de la Marne, et occupera ce poste pendant 38 années.
Le département était habité depuis le paléolithique, des traces ont été trouvées lors de fouilles et des hypogées dans la région du marais de Saint-Gond.
LesRomains nommèrentBelgica la province qui s'étendait des Vosges à la mer du Nord et dontReims, appelée à l'époqueDurocortorum, chef-lieu desRèmes, était la capitale.Jules César, dans sesCommentaires, dit d'eux « Gallorum omnium fortissimi Belgii », etStrabon ajoute « Inter istas gentes Remi sunt nobilissimi », ce qu'on peut traduire par « De tous les Gaulois, les Belges sont les plus braves, et parmi eux les Rèmes sont les plus illustres ».
Les Romains firent des Rèmes et desCatalaunes des alliés, et on ne trouve aucun signe de révolte contre la domination romaine. De nombreuses fouilles archéologiques ont été pratiquées dans le département et ont amené d'importantes découvertes en objets gallo-romains, ainsi qu'une grande connaissance des modes de vie.C'est donc sans heurts ni persécutions que s'élevèrent des temples en l'honneur des dieuxJupiter, deMars et d'Apollon. Lechristianisme y apparaît à son tour dès leIIIe siècle sans subir de répression.
L'Empire romain fut remplacé sans heurts par la monarchie deClovis. Ce territoire fit alors partie du royaume d'Austrasie, et Reims en fut même un temps la capitale.
SousCharlemagne, l'extension des limites de l'empire fit passer ce territoire dans laNeustrie. Mais l'autorité royale n'était que théorique ; en pratique le pouvoir était aux mains des évêques deReims et deChâlons, qui avaient les pouvoirs d'uncomte : tous deux étaient pairs de France, pouvaient réunir une armée de soixante mille vassaux, et l'évêque deChâlons pouvait battre monnaie.
La dynastie héréditaire des comtes de Champagne, fondée parThibaut, dut se contenter de la reconnaissance de l'appartenance des deux évêchés dans le territoire de la Champagne, mais sans jamais pouvoir remettre en cause le pouvoir des évêques.
Jeanne, unique héritière deHenri Ier, quatorzième comte de Champagne, épousaPhilippe le Bel en 1284, ce qui rattacha la Champagne à la couronne de France.
La première attaque sur la Champagne de laguerre de Cent Ans fut dirigée parRobert Knolles et Eustache d'Auberticourt et repoussée par Henri de Poitiers,évêque de Troyes, il y eut ensuite plusieurs chevauchées entrainant des ravages et destructions mais aussi forçant des villes comme Reims à relever les murailles.
Lors desguerres de Religion il y eut les mêmes divisions que dans le reste du pays. L'une des premières exactions eut lieu lors dumassacre de Wassy. Reims était au parti des Guise et Chalons à celui du roi. Elle reçut de nouveaux droits en remerciements : une chambre du Parlement de Paris, le rattachement du bailliage et du présidial et le grenier à sel de Vitry, la monnaie de Troyes.
Labataille de Valmy, le, fut la première victoire de l'armée de la Révolution (même si obtenue par l'achat duduc de Brunswick). La Marne vit aussi se dérouler la Campagne de France de Napoléon en 1814.
Lors de laguerre de 1870, à la suite des défaites enAlsace etLorraine, les Allemands arrivèrent dans la Marne, où s'était retranchée l'armée française. ÀPassavant-en-Argonne, le, quarante-neufmobiles furent massacrés et une centaine d'autres blessés ; les témoins de ce drame parlent de « scènes sauvages » de la part des Prussiens[3]. Mac-Mahon et ses troupes s'étaient repliés sur Châlons. Ils furent arrêtés àBeaumont-en-Argonne lors d'une offensive, ils se réfugièrent ensuite avec l'empereurNapoléon III surSedan, dans les Ardennes, où ils se rendirent le[4].
Colonne de soldats allemands entreLoivre etBrimont, en 1918.
Avant laguerre 1914-1918, les ouvrages de défense militaire établis dans le département forment avec ceux deDijon,Langres,Laon etLa Fère, une deuxième ligne de fortifications du côté nord-est de laFrance. Ce sont, premièrement, la place forte deVitry-le-François et, deuxièmement, les ouvrages élevés autour deReims. Ils font de cette ville, où se croisent de nombreuses lignes de chemin de fer, un vaste camp retranché : le réduit Ronzier ou deChenay, le fort Berlier de Metz ou deSaint-Thierry, la batterie Saint-Pol ou deLoivre, le fort Drouet ou deBrimont, la batterie Baste ou cran de Brimont, le fort Souham ou deFresne, le fort Lowendal ou deWitry-lès-Reims, l'ouvrage Dode ou vigie deBerru, les batteries Burcy ou de Berru, le fort Kellermann et la batterie annexe ou de Nogent, le fort Herbillon oude la Pompelle, et le fort de Ségur ou deMontbré.
Ce conflit a laissé dans la Marne desséquelles particulièrement importantes. La superficie totale de lazone rouge ne correspondait« qu'à » un septième de la superficie totale en zone rouge en France, mais les sols étaient si dégradés et pollués que la plupart de cette zone a dû être boisée et interdite aux autres activités. Sur24 556 hectares de zone rouge dans la Marne, seuls 2 185 pouvaient en 1921, selon le préfet de la Marne, êtreremis en état de culture (pour un coût estimé de 2 185 x 1 076 = 2 350 960 francs (valeur 1921). Le préfet a donc proposé le boisement pour 84 % de la zone rouge, estimant que la« remise en état de culture » ne pouvait être envisagée que pour les communes de :Cormicy,Loivre,Courcy,Berméricourt,Minaucourt,Massiges,Fontaine-en-Dormois,Gratreuil,Rouvroy,Cernay-en-Dormois,Servon,Ville-sur-Tourbe, etVienne-le-Château. (20 833 hectares de zones à fortes séquelles, pour un coût de 20 833 × 150 = 3 124 950 francs). En 1921,1 538 hectares devaient être conservés « en l'état actuel » ; commevestiges de guerre et« emplacement de villages ». Cela va jusqu'à des villages qui disparaissent (sept dans la Marne) commePerthes-lès-Hurlus.
Au la régionChampagne-Ardenne, à laquelle appartenait le département, fusionne avec les régionsAlsace etLorraine pour devenir la nouvelle région Grand Est.
En 2017, la commune deGernicourt dans l'Aisne est rattachée depuis le au département de la Marne et dans la région Grand Est, en raison de la fusion avec la commune marnaise deCormicy[5].
Évolution de la population [ modifier ], suite (1)
1851
1856
1861
1866
1872
1876
1881
1886
1891
373 302
372 050
385 498
390 809
386 157
407 780
421 800
429 494
434 734
Évolution de la population [ modifier ], suite (2)
1896
1901
1906
1911
1921
1926
1931
1936
1946
439 577
432 882
434 157
436 310
366 734
397 773
412 156
410 238
386 926
Évolution de la population [ modifier ], suite (3)
1954
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2006
2011
415 141
442 135
485 388
530 399
543 627
558 217
565 229
565 841
566 571
Évolution de la population [ modifier ], suite (4)
2016
2021
2023
-
-
-
-
-
-
570 883
565 292
563 076
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(Sources : SPLAF - population totale du département depuis sa création jusqu'en 1962[6] − puis base Insee − population sans doubles comptes de 1968 à 2006[7] puis population municipale à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique
Avant laréorganisation des régions de 2016, le département faisait partie de Champagne-Ardenne et rassemblait à lui seul plus de 40 % de lapopulation champenoise. Contrairement à celle de l'ensemble de l'anciennerégion (qui a été fusionné avec d'autres pour former la région duGrand Est), qui était en constante diminution depuis des décennies, la population marnaise ne cesse d'augmenter depuis 1975 même si, ces dernières années, elle stagne autour d'environ 570 000 habitants.
Avec 319 059 habitants, l'aire urbaine de Reims regroupait plus de la moitié de la population de la Marne en 2015[9].
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.