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| Naissance | Fauville-en-Caux |
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| Décès | (à 42 ans) Le Havre |
| Activité principale | |
| Distinctions |
| Langue d’écriture | français |
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Œuvres principales
Marius Grout, né àFauville-en-Caux le et mort auHavre le, est unécrivainfrançais.
Le père de Marius Grout était facteur àSaint-Saire, près deNeufchâtel-en-Bray.
Sa scolarité le mène jusqu'à l’Ecole Normale d’instituteurs. Professeur de lettres, il a enseigné dans plusieurs établissements, notamment à Morlaix, Montivilliers, Le Havre et Paris, au collège Colbert[1].
Vers la fin desannées 1930, il se lie d’amitié avec un groupe de jeunespions passionnés de littérature, dont font partieÉmile Danoën et son ancien élèvePierre Aubery.
En1937, il publie son premier ouvrage,Kagawa concernant le pacifiste japonaisToyohiko Kagawa, grâce à la Société des Amis. Il obtient le pour son roman .
Sa carrière littéraire débute dès l'âge de quinze ans, lorsqu'il commence à composer des poèmes, encouragé par des figures telles queFrancis Jammes etPaul Claudel. Ces encouragements le poussent à développer un style poétique et narratif singulier, où l'on retrouve une quête de l'absolu et une sensibilité mystique[1].
Grout publie son premier roman,Musique d'Avent, en 1941. Le manuscrit de ce roman fut l'une des dernières lectures deRené Lalou avant sa mobilisation[2]. Ce récit, présenté sous forme de journal intime, explore la double aventure spirituelle d’un vieux garçon et de sa servante. Le livre obtient un accueil favorable, permettant à l'auteur de s'affirmer dans le paysage littéraire français. SuiventLe Vent se lève, une œuvre dédiée à un collègue, etPassage de l'homme, qui lui vaut leprix Goncourt en1943[3]. DansLe Vent se lève, Grout propose un récit en deux parties, alternant entre la narration d'un professeur de mathématiques et celle d'un jeune vicaire, tous deux confrontés à des épreuves de vie intenses et chargées de mysticisme[3].
Les écrits de Marius Grout se caractérisent par leur profondeur spirituelle et leur quête d'une vérité supérieure. Son style est imprégné d'une lumière continue et cristalline, fusionnant l'art et la prière[1]. La morale de ses récits s'articule souvent autour de la connaissance et de la lumière, questionnant ce que l'on doit faire de cette lumière en fonction des capacités humaines à la percevoir[3].
Il est mort auHavre et a été enterré àIncheville.
Le romanUn homme perdu de Marius Grout explore la déchéance d'un universitaire, M. Leprince, dont la vie est marquée par une succession d'échecs personnels et professionnels, tels qu'une liaison insatisfaisante, des scandales dans sa ville, un avortement et une retraite précoce, conduisant à l'ivrognerie. Ces événements tragiques, bien que médiocres, témoignent d'un profond malaise existentiel. À travers l'angoisse de Leprince, Grout met en lumière son intérêt pour des figures humaines inachevées, désespérées. Parallèlement à ses précédents ouvrages, où la beauté de la vie était mise en avant, ce roman semble pessimiste, presque impitoyable dans son ton. Pourtant, la fin révèle une prise de conscience spirituelle où Leprince comprend qu'il n'est qu'une représentation d'une expérience humaine collective, remettant en question sa propre identité. Ce contraste entre la souffrance personnelle et une quête de sens souligne l'engagement de Grout envers ses personnages, cherchant une vérité qui transcende les doctrines établies, tout en gardant une empreinte intime à travers son écriture.
René Lalou exprime une opinion nuancée sur le romanUn homme perdu de Marius Grout, en soulignant sa nature personnelle et sincère : « Faut-il ajouter que je souhaite voir un ouvrage aussi personnel et sincère obtenir bientôt l’audience qu’il mérite ? » Il note la déception éprouvée par certains lecteurs vis-à-vis du contraste entre cette œuvre et ses précédents écrits, en affirmant que « cet impitoyable procès-verbal peut sembler une riposte au charme féerique dePassage de l’Homme ». Lalou constate une continuité dans l’interrogation scrutée par Grout entre le désespoir et une quête spirituelle : « L’inspiration fondamentale de Marius Grout est donc bien cet élan spirituel qui justifie sa tendresse pour les héros de Fontaine ». Il conclut en mettant en avant la lutte de Grout pour définir son approche spirituelle, notant que, malgré les thèmes sombres abordés, « l’unité de ses romans vient de cette tonalité intime, de la frémissante présence d’un auteur qui partage les souffrances de ses créatures »[4].
Un groupe scolaire porte son nom àRouen, ainsi qu'une école àMontivilliers[5] et l'école primaire deSaint-Saire.