LesMaris (enmari : мари, enrusse :марийцы) également connus sous le nom deTchérémisses (enrusse :черемисы), sont un peuple de langue et de traditionfinno-ougrienne qui se partage en deux groupes distincts :
à l'ouest le long de la haute vallée de laVolga une minorité, les Maris des montagnes (ou des collines), convertis depuis longtemps au christianisme et parlant traditionnellement lemari (langue devenue très minoritaire face à la langue russe),
et une majorité à l'est, les Maris des plaines (ou des prairies), qui continuent de pratiquer leur religion d'origine, lemarla (autrefois qualifié depaganisme) et parlant eux aussi traditionnellement lemari.
Chaque village mari a son « karte »[9], prêtre marla. Jusqu'en1887 on pouvait assister à des prières collectives, avec la participation de tous les kartes et de dizaines de milliers de pèlerins. Les autorités tsaristes interdirent par la suite ces rassemblements religieux. Depuis1991, on assiste à une renaissance du Marla, les statuts d'une « union religieuse » dénomméeOchmari Tchimari (Mari blanc/Mari pur) ont été déposés. Il s'agit de la plus grande association religieuse nonabrahamique de la fédération de Russie. Son grand prêtre est l'écrivain mariLouzykaïne. Les intellectuels maris considèrent le Marla comme un instrument de lutte contre la russification[6].
Le dieu-créateur suprême des Maris, chef des autres dieux, se nomme « Blank ». Il est anthropomorphe. Le panthéon marla en compte des dizaines d'autres : le dieu de la vie organique, la Terre-mère, la Mère-Soleil et les esprits de la nature qui habitent les bois et les arbres sacrés[6]. À la différence des autres religions non abrahamiques russes, les Maris ne vénéraient pas d'idole, mais les forêts sacrées[10].
Le s'est déroulé un grand rassemblement de prière marla près du village deKoupriyanovo. Cette cérémonie n'a lieu que rarement, les précédentes dataient de1953 et de1882. Les kartes y sacrifiaient autrefois des chevaux, des taureaux et des oies[6].
Le Président de la république est béni, à son entrée en fonction, par l'évêque orthodoxe et par le grand prêtre marla.
↑abc etdNouvelles de Synergies européennes, N°17, janvier 1996, p. 14-15,La république des Maris, dernière nation païenne d'Europe, par Anatoli Mikhaïlovitch Ivanov
↑Hans-Heinrich Nolte,Religiöse Toleranz in Russland 1600-1725 (La tolérance religieuse en Russie 1600-1725), Göttingen; Zürich; Francfort, Musterschmidt-Verlag, 1969, p89
Christoph Pan, Beate Sibylle Pfeil, Michael Geistlinger,National Minorities In Europe, Purdue University Press, 2004(ISBN978-3700314431) : « The Peoples of Europe by Demographic Size », table 1,p. 11f.