Pour les articles homonymes, voirMarie-Antoinette.
| Marie-Antoinette de Bavière | |
Marie-Antoinette de Bavière. | |
| Titre | |
|---|---|
| Électrice consort de Saxe | |
| – (2 mois et 12 jours) | |
| Prédécesseur | Marie-Josèphe d'Autriche |
| Successeur | Amélie de Deux-Ponts-Birkenfeld |
| Biographie | |
| Dynastie | Maison de Wittelsbach |
| Nom de naissance | Maria Antonia Walpurgis Symphorosa |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Munich (Bavière) |
| Date de décès | (à 55 ans) |
| Lieu de décès | Dresde (Saxe) |
| Sépulture | Cathédrale de la Sainte-Trinité de Dresde |
| Père | Charles VII du Saint-Empire |
| Mère | Marie-Amélie d'Autriche |
| Conjoint | Frédéric IV de Saxe |
| Enfants | Frédéric-Auguste Charles Joseph Antoine Marie-Amélie Maximilien Anne |
| modifier | |
Marie-Antoinette de Bavière (Maria Antonia Walpurgis Symphorosa), née le, décédée le, est une princesse deBavière, mais aussi unecompositrice, chanteuse, joueuse declavecin et mécène, connue notamment pour sesopérasIl trionfo della fedeltà (Dresde, été 1754) etTalestri, regina delle amazoni (Nymphenburg,). Elle est régente deSaxe de 1763 à 1768.
Fille deCharles VII du Saint-Empire et deMarie-Amélie d'Autriche, Antoinette de Bavière est née àMunich. Durant sa jeunesse, elle reçoit une éducation soignée, en particulier dans les arts, dont la peinture, l'écriture de poésie et la musique.
Marie-Antoinette de Bavière épouse leFrédéric IV de Saxe dont les sœursMarie-Amélie etMarie-Josèphe épousent le roiCharles III d'Espagne et le dauphinLouis de France. Cette union fait d'elle la tante maternelle des roisLouis XVI de France,Charles IV d'Espagne etFerdinandIer des Deux-Siciles.
La même année, elle devient membre de l'Accademia dell’Arcadia deRome, une institution qui joue un rôle significatif dans la réforme de l'opéra. Après son mariage, elle s'installe àDresde.
Neuf enfants sont nés de cette union, dont sept ont survécu au-delà de la petite enfance :
Pendant laGuerre de Sept Ans, Marie-Antoinette de Bavière doit quitter Dresde et trouve refuge àPrague et àMunich en 1759, mais en 1763, quand son mari accède au trône, elle rentre à Dresde. Son mari meurt dix semaines plus tard et son fils monte sur le trône, mais comme il est mineur, Marie-Antoinette assure la corégence avec son beau-frèreFrançois-Xavier de Saxe, jusqu'à ce que son fils atteigne la majorité en 1768. Durant la régence, Marie-Antoinette s'oppose au désir de son corégent d'abandonner les prétentions de son fils au trône dePologne en 1765. Elle fonde une fabrique de textile en 1763 et unebrasserie en 1766.
Elle est peut-être la « princesse veuve » qui, à la fin des années 1770, s'entremet lors de la succession de Bavière pour empêcher l'Autriche de faire main-basse sur la Bavière. (Voir l'articleGuerre de succession de Bavière)

Quand elle vit à Munich, Marie-Antoinette de Bavière étudie la musique avec les compositeursGiovanni Battista Ferrandini etGiovanni Porta. À Dresde, elle poursuit ses études de musique avecNicola Porpora etJohann Adolph Hasse. L'opéra joue un rôle important dans sa vie : la cour de Munich célébre sa naissance avec une représentation de l'opéraAmadis de Grecia dePietro Torri, et son mariage est également célébré avec des représentations d'opéras, dontLa Spartana generosa de Hasse etLe nozze d’Ercole e d’Ebe deChristoph Willibald Gluck.
Peu après son installation àDresde, Marie-Antoinette de Bavière écrit le livret d'un opéra de Hasse,La conversione di Sant’Agostina (1750), en plus de son travail de compositrice. Son style musical possède de fortes affinités avec celui de Hasse, en particulier pour les opéras. Elle se produit également comme chanteuse et joueuse declavecin dans des représentations de cour, et tient en particulier les premiers rôles de ses opéras. En plus de deux opéras, plusieurs arias, une pastorale, des intermezzos lui sont également attribués.

Thalestris, reine desAmazones, apparaît dans plusieurs histoires de lamythologie grecque, et comme plusieurs de ces histoires mythologiques, elle devint un sujet fréquent d'œuvres diverses à partir duMoyen Âge. Le poète françaisGautier de Costes de La Calprenède réinterpréta l'histoire de Thalestris dans son romanCassandre (1644-1650), mais en donnant pour compagnon à Thalestris le roi desMassagètes,Orontès, au lieu d'Alexandre le Grand.
Plusieurs opéras reprenant cette histoire furent composés au cours du siècle suivant. Marie-Antoinette de Bavière créa son propre livret et sa musique. L'histoire raconte la relation de Thalestris avec un chefscythe, Orontès, comme dans la version de La Calprenède. En plus de l'héroïne, deux des personnages principaux sont des femmes : Antiope, conseillère de Thalestris, qui tombe amoureuse d'un autre Scythe,Léarque etTomyris, la grande prêtresse deDiane, qui se révèle plus tard être la mère d'Orontès. L'histoire se termine bien, chaque couple s'unit et la guerre est évitée ; les Scythes et les Amazones parviennent à coexister en paix. La description de Thalestris comme une reine bienveillante et rationnelle suggère que l'opéra pourrait être en partie uneautobiographie de Marie-Antoinette de Bavière.
Publiés sous le pseudonyme deETPA aliasErmelinda Talea Pastorella Arcadia (son pseudonyme de l'Academia dell'Arcadia), lesopéras de Marie-Antoinette de Bavière furent publiés avec succès chezBreitkopf & Härtel et reçurent de bonnes critiques lors de leurs premières représentations (dans lesquelles Marie-Antoinette chantait) et dans d'autres grandes villes d'Europe.
Le critique musicalCharles Burney admira son opéra et son chant dans une œuvre de 1773,The present state of music in Germany, the Netherlands and United Provinces (« L'état actuel de la musique en Allemagne, aux Pays-Bas et dans les Provinces-Unies »). Le philosophe et musicologuejésuiteAntonio Eximeno y Pujades inclut une aria de l'opéraTalestri dans son traité de 1774,Dell’ origine e delle regole della musica (« Des origines et des règles de la musique »), mettant Marie-Antoinette de Bavière sur un pied d'égalité avec cinq autres compositeurs sélectionnés :Giovanni Pierluigi da Palestrina,Giovanni Maria Nanino, Giovanni Carlo Maria Clari,Giovanni Battista Pergolesi etArcangelo Corelli. Quoique sa musique y soit étudiée dans un sens plus large, avec moins d'analyse musicale, le traité entier présente des modèles de techniques de composition, ce qui implique qu'Antonio Eximeno y Pujades, et probablement d'autres musicologues de l'époque, avait une grande considération des œuvres de Marie-Antoinette de Bavière.
Sur les autres projets Wikimedia :