Lemariage est une unionconjugalecontractuelle et/ourituelle, à durée illimitée, déterminée ou indéterminée, reconnue et encadrée par uneinstitutionjuridique oureligieuse qui en détermine les modalités. Le terme désigne à la fois la cérémonie rituelle, l'union qui en est issue et l'institution en définissant les règles. C'est l'un des cadres établissant lesstructures familiales d'une société.
Les formes varient d'une société à une autre, et parfois au sein de la même société. Les mariages diffèrent dans les conséquences matérielles de l'engagement matrimonial (droits et obligations des époux, modalités de rupture, solidarités de dettes…), par les conditions à remplir par les époux pour être mariables (possibilité ou non demariage entre personnes de même sexe, demariage mixte, deremariage, demariage consanguin, demariage non consenti) ou encore par ses conséquences juridiques (possibilité d'adoption,suspension de la personnalité juridique d'un des époux). Sur le plan culturel, il diffère par le déroulement d'un rite célébrant le mariage ou son absence, par la symbolique associée à son engagement (religieuse oucivile, mariage d'amour,mariage arrangé oumariage blanc…), par les implications sociales de l'union (alliances entrefamilles) ou au contraire par son caractère intimiste centré uniquement sur le couple (mode de l'élopement).
L'importance du mariage diffère également selon les sociétés, notamment en fonction de la présence ou non d'autres formes de conjugalité (union libre,concubinage,union civile), des formes de celles-ci et du degré d'acceptation de ces modes de vie plus informels par la société.
Enfrançais, le nom « mariage » provient du verbe latinmaritare, issu demaritus, qui dérive, d’après une explication traditionnelle[1],[2], demas / maris, le mâle. L’adjectif qui lui correspond, « matrimonial », provient du substantif latinmatrimonium, issu demater, la mère, et signifiant également mariage[3]. L'usage du mot latinmatrimonium dans les textes juridiques et théologiques a largement contribué en Europe à l’élaboration de la notion[4]. Il n'a pas laissé de substantif en français moderne, mais reste néanmoins présent en italien, en espagnol et en portugais, sous la forme dematrimonio et en anglais sous la forme dematrimony. Dans les pays latins, le cadre lexical du mariage renvoie donc à une forme juridique par laquelle la femme se prépare à devenirmère par sa rencontre avec un homme[5].
Photographie d'une alliance. L'ombre forme uncœur, symbole de l'amour.
Le mariage est défini usuellement comme étant l'union légitime d'unhomme et d'unefemme[6] et, plus récemment, comme « une union légitime entre deux personnes qui souhaitent créer une famille et vivre ensemble »[7]. Le mariage s'entend également comme « l'acte par lequel le couple se place dans une situation juridique durable afin d'organiser la vie commune et de préparer la création d'une famille »[5]. Le mariage est ainsi un acte officiel et solennel qui institue entre deux époux une communauté socialement reconnue appelée « famille » (oufoyer,feu,ménage) dont le but est de constituer un cadre de vie stable, commun aux parents et auxenfants pour leur éducation. Cette communauté inclut souvent celle dupatrimoine familial. Dans les sociétés traditionnelles, le mariage est l'alliance politique de deux familles ou de deux clans.
Les systèmes juridiques positifs consacrent son existence et l'encadrent, sans nécessairement en donner une définition explicite. Il en est ainsi, par exemple, dudroit français qui ne contient que ses conditions et ses effets[8] et sa fin (annulation,mort oudivorce).
Le mariage est uneinstitution qui a pris de multiples formes selon les peuples et au cours de l'histoire. Visant universellement à sanctionner un cadre voué au développement de lafamille[9], le mariage donne un statut particulier aux époux : ilémancipe la personne, qui devientmajeure, et lui donne des obligations envers son conjoint, sa future progéniture et la famille de son conjoint. L'établissement d'un mariage donne toujours lieu à unecérémonie publique, et souvent à unefête, l'ensemble étant appelé « noces »[10]. Le mariage a ainsi un caractère juridique mais aussi rituel[11] (profane ou religieux). Dans les pays où les institutions politiques sont séparées des institutions religieuses, on distingue lemariage civil dumariage religieux (lequel requiert généralement unmariage civil au préalable).
Lorsque les époux ne peuvent contracter un nouveau mariage tant que le premier est valide, on parle alors de systèmemonogame. Parfois, plusieurs mariages peuvent être contractés simultanément avec plusieurs personnes en même temps ; le système est alors ditpolygame. Le mariage polygame peut lier un homme avec plusieurs femmes ; c'est lapolygynie. Lapolyandrie désigne le mariage d'une femme avec plusieurs hommes, un type d'union polygame.Depuis 2012, deux cas demariage à trois ont été rapportés, au Brésil et en Colombie. Ils ont été dans les deux cas contractés devant notaire, et sont sujets à controverse[réf. nécessaire].
Le mariage a été décrit par l'anthropologueClaude Lévi-Strauss comme le socle pratiquement universel de la famille :« La famille, fondée sur l'union plus ou moins durable, mais socialement approuvée, de deux individus de sexes différents qui fondent un ménage, procréent et élèvent des enfants, apparaît comme un phénomène pratiquement universel, présent dans tous les types de société »[12]. Les époux« sont des individus de sexes différents et […] la relation entre les sexes n'est jamais symétrique »[13]. Mais Claude Lévi-Strauss lui-même cite des cas très particuliers, dans dessociétés à maison, de mariages entre femmes chez certains peuples du Sahel, ou entre hommes chez les Kwakiutl d'Amérique du Nord[14] ; et depuis 2001, dans un nombre croissant de pays occidentaux et occidentalisés,sous sa forme civile et/ousous sa forme religieuse, cette définition s'applique sans distinction à l'union entre deux personnes, quel que soit leur sexe[15].
Le mariage est à la fois un acte actuel qui concerne les parties présentes, et un acte futur qui engage l'existence et le statut des personnes dans l'avenir. C'est à la fois un acte individuel et un acte collectif qui concerne l'ensemble de la société. Il a une portée mixte, à la fois contractuelle et institutionnelle. Cet engagement peut être une conventioncivile lorsqu'elle est enregistrée par un officier d'état civil par délégation de l'État ou prendre une dimensionsacrée lorsqu'elle est célébrée en un lieu et selon des formesreligieuses.
Le mariage est généralement un engagement sans limite de durée, avec une possibilité de rupture, soit par laséparation de corps, soit par ledivorce. Ce dernier n'est pas admis par certaines religions, comme lecatholicisme qui admet seulement lareconnaissance de nullité du mariage, à raison, notamment, du consentement imparfait des époux, ou une dispense (autorisation de remariage religieux) s'il n'a pas été consommé.
Le mariage implique en principe une communauté de vie, c'est-à-dire de vivre ensemble et d'avoir desrelations sexuelles (devoir conjugal)[réf. nécessaire]. Leur impossibilité ou leur refus peut être, selon les pays et les époques, une cause de nullité ou de divorce.
En tant qu'il scelle une union durable, le mariage peut être mis au service de fins politiques (notamment établir des alliances entre lignées ou tribus ou sceller la paix entre deux royaumes) ou économiques (transférer des biens, obtenir un capital, unedot, etc.)[16].
Le mariage accomplit des fonctions sociales et politiques.Claude Lévi-Strauss avait montré dansLes Structures élémentaires de la Parenté que le mariage est l'institution qui permet l'échange des femmes entre deux groupesconsanguins, c'est-à-dire issus d'un même ancêtre, afin d'entretenir par l'alliance l'effacement progressif des liens de parenté qui finirait par en faire des groupes étrangers, puis des peuplesennemis. Dans cette optique, l'interdit de l'inceste n'est pas tant l'interdiction de coucher avec sa sœur ou sa fille, que l'obligation de les offrir à une autre famille ou à un autre clan[17]. On comprend bien ce processus d'extension des solidarités avec le cas bien connu des rois qui devaient épouser des princesses étrangères afin d'initier ou d'entretenir l'amitié entre leur peuple et les autres peuples. La conclusion d'une paix avec des peuples ou des familles ennemis était toujours assortie d'une alliance matrimoniale, comme celui deRollon, le chef des Nordmans, avec une fille deCharles le Simple, ou deClovis avec la fille du roi desBurgondes, alliance dont le préalable était une conversion religieuse.
L'anthropologue et philosopheRené Girard, estime que la règle unique des prescriptions matrimoniales est le renoncement par les familles nucléaires de leurs filles. Le but de ce commerce est la pacification par la suppression d'une cause de rivalité[18].
La philosopheHannah Arendt écrivait en 1959, à propos des mariages interraciaux :« le droit d'épouser qui l'on veut est un droit de l'homme élémentaire […] Même les droits politiques […] sont secondaires face aux droits humains inaliénables à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur »[19].
Les unions existent sous de très nombreuses formes dans le monde. Les théoriciens des systèmes deparenté, comme les usagers de la langue courante ont donc recours à des termes précis pour nommer les caractéristiques de chacun d'entre eux. On distingue donc les notions suivantes, qui ne sont pas toutes exclusives entre elles :
lamonogamie : si les époux ne peuvent contracter un nouveau mariage tant que le premier est valide, alors le type d'union est ditmonogame. Ce type d'union est présent notamment dans les pays de culturejudéo-chrétienne ;
lapolygamie : elle permet à une personne d'être engagée dans plusieurs mariages en même temps ;
labigamie : c'est le cas d'une personne ayant deux conjoints,
lapolygynie : dans un certain nombre de pays, notammentafricains etarabes de culture musulmane, lesmennonites en Amérique du Nord et centrale, mais aussi chez lesmormons auXIXe siècle et aujourd'hui, (voirmariage plural), le mariage peut lier un homme avec plusieurs femmes. Elle traite socialement la question d'une éventuellesurmortalité masculine,
lapolyandrie : lapolyandrie désigne le mariage d'une femme avec plusieurs hommes ; ce type d'union est pratiqué dans certaines régions d'Asie.
Dans les sociétés occidentales de type familial, ainsi que dans d'autres pays du monde, la monogamie prédomine, contrairement aux sociétés plus anciennes de type tribal, où la polygamie (ou la polyandrie) a tendance à l'emporter, ou plus récente lorsqu'il s'agit de l'islam. Dans tous les cas, l'autorité supérieure,État ouÉglise, officialise et reconnaît publiquement le mariage. C'est cette autorité qui fixe les droits et obligations nés du mariage ainsi que les règles de sa rupture éventuelle.
Ouverture du mariage aux couples de personnes de même sexe
auRoyaume-Uni, la loi autorisant les couples de personnes de même sexe à se marier reçoit lasanction royale le, autorisant les couples de personnes de même sexe à se marier à partir du enAngleterre et aupays de Galles[22],[23],[24]. En Écosse, le mariage est ouvert aux couples de personnes de même sexe par la loi du, et enIrlande du Nord le.
De nombreux États ont instauré d'autres formes d'union civile (comme laeingetragene Partnerschaft en Allemagne par exemple), ou adopté des dispositions législatives visant à reconnaître leconcubinage, tant pour les couples de personnes de sexes différents que ceux de même sexe.
En réaction aux mouvements précités, certains États desÉtats-Unis ont inscrit le caractère sexuellement différencié du mariage dans leur Constitution, comme la Floride, l'Arizona et l'Arkansas. Cette question est débattue depuis plusieurs années enCalifornie, avec pour exemple les débats autour de laproposition 8. Cependant, laCour suprême décide par l'arrêtObergefell v. Hodges, en, qu'interdire le mariage aux couples de même sexe est contraire à la constitution et que ces couples peuvent se marier dans l'ensemble du pays[25].
Plusieurs dictionnaires se rangent alors sur la définition d'un mariage qui ne comprend plus la notion liée à la différence d'orientation affective et sexuelle, ou de sexe, des époux[26]. Dans son édition 2014, leLarousse définit le mariage comme« acte solennel par lequel deux personnes de sexe différent, ou de même sexe, établissent entre eux une union… »[27].
« Dans chaque bourgade, ceux qui avaient des filles nubiles les amenaient tous les ans dans un endroit où s'assemblaient autour d'elles une grande quantité d'hommes. Un crieur public les faisait lever, et les vendait toutes l'une après l'autre. Il commençait par la plus belle, et, après en avoir trouvé une somme considérable, il criait celles qui en approchaient davantage ; mais il ne les vendait qu'à condition que les acheteurs les épousent. Tous les riches Babyloniens qui étaient en âge nubile, enchérissant les uns sur les autres, achetaient les plus belles. Quant aux jeunes gens du peuple, comme ils avaient moins besoin d'épouser de belles personnes que d'avoir une femme qui leur apportât une dot, ils prenaient les plus laides, avec l'argent qu'on leur donnait. En effet, le crieur n'avait pas plutôt fini la vente des belles, qu'il faisait lever la plus laide, ou celle qui était estropiée, s'il s'en trouvait, la criait au plus bas prix, demandant qui voulait l'épouser à cette condition, et l'adjugeait à celui qui en faisait la promesse. Ainsi, l'argent qui provenait de la vente des belles servait à marier les laides et les estropiées. Il n'était point permis à un père de choisir un époux à sa fille, et celui qui avait acheté une fille ne pouvait l'emmener chez lui qu'il n'eût donné caution de l'épouser. Lorsqu'il avait trouvé des répondants, il la conduisait à sa maison. Si l'on ne pouvait s'accorder, la loi portait qu'on rendrait l'argent. Il était aussi permis indistinctement à tous ceux d'un autre bourg de venir à cette vente, et d'y acheter des filles. Cette loi, si sagement établie, ne subsiste plus ; ils ont depuis peu imaginé un autre moyen pour prévenir les mauvais traitements qu'on pourrait faire à leurs filles, et pour empêcher qu'on ne les menât dans une autre ville. Depuis que Babylone a été prise, et que, maltraités par leurs ennemis, les Babyloniens ont perdu leurs biens, il n'y a personne parmi le peuple qui, se voyant dans l'indigence, ne prostitue ses filles pour de l'argent. »
Peinture de Jozef Israëls (1824-1911) : le mariage juif (1903).
Dans le judaïsme antique, le mariage est précédé de fiançailles à la suite d'un contrat conclu par le prétendant ou sa famille avec le père de la jeune fille (si celle-ci a moins de douze ans et demi) qui marquait l’acquisition de celle-ci par son futur époux. À partir de sa majorité (12 ans et demi), la jeune fille dispose d'elle-même et perçoit la somme donnée par son futur époux (Traité deKidouchin 42). Les fiançailles — ne pouvant être dénoncées que par un acte de divorce — sont suivies, après environ une année, du mariage, à la suite duquel la mariée entre sous la possession du mari. Le mari s'engage à la nourrir, la vêtir et honorer sa couche. Les jeunes gens se marient, les jeunes filles entre l'âge de douze ans et demi — correspondant alors à l'âge de la majorité — et quatorze ans, et entre dix-huit et vingt-quatre ans pour leur époux. Les droits de l'épouse sont limités et une discussion rabbinique duTalmud de Jérusalem explique que l’acquisition d'une épouse ne diffère pas fondamentalement de celui d'un esclave[29].
En cas du décès de l'époux sans que le couple ait de descendance mâle, sa femme et ses biens passent au frère de celui-ci ou, en cas de refus de ce dernier, de son plus proche parent mâle tandis que c'est le premier fils de cet homme qui devenait l'héritier du défunt. L’infidélité de la femme est punie de mort (de même que l'homme avec qui elle a eu ce rapport), par lapidation si elle est fiancée et par strangulation si elle est mariée. L'homme a la possibilité derépudier son épouse s'il lui reproche « quelque chose de choquant »[30] - une notion interprétée plus ou moins largement selon les rabbins, mais qui correspond en droit à une faute. L'épouse n'a la possibilité de divorcer que si son mari lui fait subir un sort dégradant, est atteint de lèpre ou exerce un métier impur, ou encore s'il ne respecte pas les engagements mentionnés dans le contrat de mariage. Par ailleurs, elle peut être répudiée si elle n'a pas enfanté durant les dix années qui suivent son mariage. Enfin, la Loi juive autorise lapolygamie, puisque l'homme ne doit pas obligatoirement répudier sa femme pour en prendre une autre, une disposition à laquelle le coût élevé d'un divorce n'est peut-être pas étranger[29]. Néanmoins, la femme pouvait stipuler dans son contrat de mariage qu'une monogamie de la part du mari conditionne le mariage (Traité de Yebamot, 65.).
Dans laGrèce antique, les hommes se distinguaient desdieux notamment par la nécessité de veiller à la survie de leur espèce, grâce à l'union des femmes et des hommes. Pour distinguer l'être humain des autres animaux, le mariage était donc un outil social qui légitimait les enfants qui en naissaient, et la transmission des héritages, voire du statut social[9]. La femme grecque ne possède ni droit juridique, ni droit politique. Toute sa vie, elle doit rester sous l’autorité d'unκύριος /kúrios (« tuteur ») : d’abord son père, puis son époux, le premier lui choisissant un mari qu'elle ne voit pas avant le jour des noces, lequel intervient généralement entre 15 et 18 ans[réf. à confirmer].
Le mariage, appeléἐγγύη /engúê (littéralement « le gage, la caution »), est un acte privé, uncontrat conclu entre deux familles. En sus de sa propre personne, la jeune mariée apporte également sadot dans la famille de son mari, généralement un homme plus âgé sorti de l'éphébie. Les cérémonies consistent essentiellement en un banquet[31].
Dans laRome antique, lesfiançailles (appeléessponsalia) et le mariage (appeléiustum matrimonium, « union matrimoniale ») faisaient l'objet de nombreux rites (notamment après le banquet, rite du pseudo-enlèvement de la jeune femme par les amis du mari — rappel de l'enlèvement des Sabines — qui la déposent devant la maison où le mari la prend dans ses bras pour lui éviter de trébucher sur le seuil ; rites liés au tabou du sang lié à ladéfloration). Les cérémonies les plus importantes avaient lieu au cours des fiançailles, lemariage en Rome antique était comme en Grèce un contrat privé (conventio) entre deux familles. C'est à Rome qu'un anneau de fer apparaît pour la première fois dans les rites defiançailles (et non de mariage), vers lesIIIe et IIe siècles. L'anneau est alors un signe de reconnaissance, que ce soit pour les affaires publiques ou privées[33]. Chez les Romains, la mariée était recouverte duflammeum, voile de couleur rouge-orange (couleur symbole de fertilité)[34]. D'autres rites nuptiaux, comme la couronne de fleurs, prenaient place dans les coutumes romaines. Ces rites et superstitions scandalisaient les premiers chrétiens, ce qui n'a pas empêché que certains nous aient été transmis (l'alliance, levoile et laconjunctio dextrarum, joindre les mains droites). Le mariage se déroulait en quatre étapes principales : lapetitio, équivalent d'une demande de mariage, ladesponsatio, engagement réciproque des futurs époux et de leurs familles, ladotatio, ladot et latraditio puellae, remise de la jeune fille au marié pour laconsommation du mariage[35]. Le mariage prenait deux formes : le mariagecum conventione in manum (l'épouse passe sous l'autorité de lafamilia de son mari, lamanus, la « main » dupater familias symbolisant cette autorité) et le mariagesine conventione (sans contrat, l'épouse reste sous l'autorité de son père, elle devient simplementuxor(en)). La femme restant propriétaire de sa dot, elle peut divorcer plus facilement[31].
Vers la fin de l'Antiquité, lechristianisme commence à influencer l'institution du mariage. L'apôtre Paul proclame l'indissolubilité du mariage dans laPremière épître aux Corinthiens (I Cor, VII, 10-11) mais cette union n'est vue que comme une possibilité (l'état idéal étant selon lui la chasteté)[36]. La littératurepatristique ne s'intéresse pas aux thèmes du mariage et de la famille[37] jusqu'à l’édit de Milan en 313 qui ouvre le chemin à lachristianisation du monde romain et l'institutionnalisation de l'Église qui reprend les principes du droit romain (mariage civiljustum matrimonium, monogamie, libre consentement des deux époux)[38].
Avant lesgrandes invasions, les rapports entre Germains et Gallo-Romains sont tels que leCode théodosien (an370) interdit les mariages mixtes. AuxIVe et Ve siècles,saint Augustin définit une conception du mariage qui influence toujours la vision de l'Église catholique. Le mariage était pour lui une question capitale, à tel point qu'il fut parfois surnommé le « docteur du mariage chrétien ». Augustin résume en trois biens la réflexion des premiersPères de l'Église sur le mariage : leproles (la descendance, ou génération), lefides (lafidélité conjugale, ou assistance mutuelle), et lesacramentum (le sacrement). Lesacramentum traduit en fait legrecmystêrion (mystère), et est emprunté àsaint Paul (Ep 5, 32), qui qualifie ainsi le mariage duChrist et de l'Église, concrétisé par lemariage chrétien[39].
Le processus d'officialisation de l'Église nécessite l'accumulation de fonds pour construire les lieux de culte et mettre en place une organisation ecclésiale domiciliée, aussi l'Église encourage-t-elle les héritages en sa faveur. Elle condamne à cette époque l'adoption, leconcubinage et le remariage des veuves (lévirat compris) qui dispersent les successions et l'auraient privé de ces héritages[40].
Le mariage apparaît pour la première fois comme l'un dessacrements, à côté de l'eucharistie, de lapénitence et dubaptême, dans un décret du papeLucien III contre les hérétiques, en1184. Son décret, lu sans doute auconcile de Vérone, sera reproduit dans plusieurs collections canoniques et suivi d'autres professions de foi similaires[41]. AuXIIe siècle également, le papeInnocent III autorise le mariage des sourds et muets, qui peuvent donner leur consentement par signes[42].
C'est auIVe concile du Latran en1215 que le mariage est mis en exergue comme l'un des septsacrements et défini comme l'union de deux volontés plus que comme celle de deux corps. Cela signifie que le mariage ne peut être dissous que par la mort. Lesbans deviennent obligatoires pour éviter les mariages clandestins et le mariage doit être célébré dans l'église[43].
Pendant des siècles, le mariage est considéré comme une institution essentielle pour la stabilité des familles et l'avis des jeunes époux n'est pas primordial. Ce mariage arrangé est néanmoins contesté dès le Moyen Âge par l'Église qui défend la théorie du « consensualisme ». Leconcile de Trente consacre cette conception : la forme canonique du mariage est lemariage consensuel, qui ne demande pour être valide que le consentement des époux. Administré par les époux eux-mêmes, en présence duprêtre et de deux témoins, le droit médiéval admet qu'en l'absence d'un prêtre, les fidèles puissent se marier devant des témoins, et même sans témoins. Contrairement aux monarchies, l'Église valide les mariages clandestins s'ils sont confirmés par une cohabitation[44].
DansLes Colloques, publié en 1525, Érasme a clairement cité l'importance du mariage dans l'histoire « La Femme qui se plaint du Mariage ». Citations de la parole d'Eulalie :« Jadis, le divorce intervenait comme suprême remède dans les cas d'incompatibilité absolue. De nos jours, il n'en est plus tout question… » Eulalie a conclu que« c'est le Christ qui l'a voulu ». À travers Eulalie,Érasme commente que l'union libre sans mariage est« par conséquent grave ». Sans doute,Érasme affirme sa position sur le saint sacrement du mariage qui est indissoluble Sur la question ducélibat des prêtres,Érasme explique par l'histoire deLa Chasse aux Bénéfices« — Pamphage : Je suis pour le bonheur durable. Qui prend femme est heureux l'espace d'un mois ; qui a obtenu un bénéfice de bon rapport (une prébende) est heureux jusqu'au terme de sa vie. »
Lors d'une session duconcile de Trente consacrée au mariage, le décretTametsi impose que le mariage soit célébré par lecuré devanttémoins[46]. Dans l’Église tridentine, une liste d’empêchement au mariage avec des motifs tel que l'impuissance ou labigamie est précisée[47].
EnFrance, sous l'Ancien Régime, le mariage religieux était précédé dans certaines familles de ce qu'on appelait abusivement un « mariage devant notaire », acte juridique civil qui n'était qu'une promesse de mariage et qui réglait toutes les questions profanes et patrimoniales par un contrat passé entre les futurs conjoints et leurs familles. Sous cette forme, le mariage n'est qu'une espèce particulière de contrat civil. Lacérémonie religieuse du mariage devient d'abord républicaine lors de laRévolution, en particulier avec laThéophilanthropie qui devient la seule religion d'État. Les églises, les temples et lessynagogues sont fermés, certains deviennent des temples duculte de la Raison et de l'Être suprême.
Laloi du 20 septembre 1792 instaure lemariage civil, enregistré enmairie, qui devient le seul valable aux yeux de laloi, malgré une volonté première d'abandon du mot lui-même jugé trop religieux[49]. Cette loi autorise ledivorce par consentement mutuel, pour incompatibilité d'humeur ou de caractère, ou encore pour des causes imputables à un des époux. Depuis la Révolution, en France, la tenue de l'état civil n'est plus déléguée par l'État auxcurés desparoisses, mais auxmaires descommunes qui sont aussi chargés de procéder aux mariages. De ce fait, le mariage peut être réduit à son simple aspect d'acte civil homologué par l'autorité administrative, sans y ajouter aucune dimension sacrée, sociale ou religieuse. Cette tendance s'inscrit dans la tendance à la séparation entre les pouvoirs de l'Église et ceux de l'État dans les sociétés occidentales. Les États souhaitant affirmer leur légitimité au sein de la population, la plus grande partie des institutions structurant l'ordre social sont devenueslaïques : l'éducation, le droit, la science, etc.
En France, depuis 1802[50], les autorités religieuses ont l'interdiction (délit d'habitude, c'est-à-dire à partir de la seconde fois[Note 1],[51],[52]) de procéder à des mariages religieux sans s'être assurées que le couple a préalablement été marié civilement[53], ce qui est une entorse au principe de la séparation entre les pouvoirs de l'Église et de l'État puisque cette interdiction peut être considérée comme une reconnaissance implicite du mariage religieux.
En 1804, leCode civil modifie la loi pour introduire des conditions restrictives au divorce par consentement mutuel, et conserve le divorce pour faute. La loiBonald du supprime le divorce. Il ne sera rétabli que sous laIIIe République, avec la loi de 1884 d'Alfred Naquet. Le divorce n'est cependant plus autorisé qu'en cas de fautes précises (adultère, condamnation à unepeine afflictive et infamante, excès, sévices et injures graves).
Le Code civil étant d'abord imposé par les armes puis pris comme exemple, le mariage civil se répand en Europe, bien que le divorce soit le plus souvent rejeté. Ceci pousse le papeLéon XIII à publier le la première encyclique sur le mariage chrétien,Arcanum divinae sapientiae[54]. Après laPremière Guerre mondiale, l'Allemagne autorise le mariage posthume avec un soldat mort au champ d'honneur, dit « mariage avec le casque d'acier ». Cette cérémonie sera conservée sous lenazisme.
En France, le mariage n'évoluera guère jusqu'à la loi de 1975 réformant le Code civil, promulguée sous le présidentValéry Giscard d'Estaing, qui ajoute au divorce pour faute, deux motifs de divorce : consentement mutuel et rupture de la vie commune, ce qui transforme le caractère viager du mariage en un contrat à durée limitée que les conjoints peuvent résilier à tout moment. La distinction entre enfants naturels et adultérins et légitimes est abolie, et la notion de chef de famille est supprimée.
En Europe, les législations nationales voient la fin progressive, au début duXXIe siècle, de l'attribution automatique et exclusive du nom du marié à la mariée et à leurs enfants éventuels en offrant la liberté du choix aux couples, notamment à la suite d'une décision de laCour européenne des droits de l’homme en 2004, qui s'appuie sur les articles 8 et 14 de laConvention européenne des droits de l’homme, portant respectivement droit au respect de sa vie privée et familiale, d’une part, et prohibant toute discrimination fondée sur le sexe, d’autre part. Se dessinent alors quatre modèles de transmission du nom de famille aux enfants :
lemodèle libéral permet aux individus une liberté totale en matière de dévolution du nom, y compris d'un nom qui n'est ni celui de la mère, ni celui du père (cas duRoyaume-Uni) ;
lemodèle bilatéral donne à l'enfant les noms du père et de la mère accolés, avec le nom du père en premier, celui des grands-mères disparaissant aux générations suivantes. La plupart du temps, les modèles alternatif et bilatéral coexistent (cas de laFrance, de l'Espagne et duPortugal) ;
lemodèle patriarcal, qui revient à la transmission exclusive du patronyme (cas de l'Italie)[58].
Néanmoins, la transmission du nom du père aux enfants demeure un usage ancré dans les familles en Europe[58].
Le mariage forcé consiste à marier une personne contre sa volonté[59]. Ces mariages sont communs enAfrique et enAsie à cause des traditions et par intérêt économique. Ces mariages ont souvent comme conséquence la perte d'autonomie et de liberté, l'isolation sociale et lesviolences conjugales. Dans de nombreux endroits, la frontière entre le mariage forcé et le mariage consensuel devient floue, parce que les normes sociales de nombreuses cultures dictent qu'il ne faut jamais s'opposer à la volonté des parents/famille élargie en ce qui concerne le choix du conjoint ; dans ces cultures, il n'est pas besoin de recourir à la violence, à des menaces ou à de l'intimidation : la personne « consent » simplement au mariage, même si elle ne le veut pas, en raison de la pression sociale implicite et de l'obligation morale. Les coutumes deprix de la fiancée et de ladot, qui existent dans de nombreuses régions du monde, contribuent à ces phénomènes[60],[55].
Lemariage par enlèvement est une autre forme de mariage forcé dans lequel la future conjointe estenlevée de force à sa famille. Cette coutume a lieu dans certains pays d'Asie centrale, dans la région duCaucase ainsi que dans certaines parties de l'Afrique. L'Éthiopie a l'un des taux de mariage par enlèvement les plus élevés dans le monde[61],[62],[63],[64].
Lemariage réparateur consiste à unir l'auteur d'une agression sexuelle avec sa victime, ce qui permet à l'agresseur d'échapper aux conséquences légales de ses actes.
Le mariage d'enfants ou précoce engage un partenaire qui n'est pas encore majeur[65],[66]. Les filles sont les plus touchées[65]. Ils sont plus fréquents enAsie du Sud, auMoyen-Orient et enAfrique subsaharienne, mais ils sont aussi pratiqués dans d'autres parties du monde. La pratique du mariage des filles est enracinée dans des idéologies de contrôle du comportement féminin, et est aussi soutenue par des pratiques traditionnelles comme la dot et le prix de la fiancée. Elle est aussi liée à la protection de la virginité féminine[67]. Le mariage précoce a des conséquences préjudiciables pour ces enfants, comme le refus d'accès à l'éducation, les problèmes de santé, la maltraitance[68].
Aux États-Unis, en 2017, vingt-sept États sur cinquante ne fixent pas d'âge minimum légal pour se marier[70],[71]. En effet, si l'âge minimal est généralement de 18 ans, il existe des dérogations, notamment pour les jeunes filles enceintes (comme ce fut par exemple le cas pourSherry Johnson), pour lesquelles une limite d'âge n'est pas nécessairement fixée[71].
Lors de la conférenceGirl Summit 2014, qui avait pour thèmes l'excision et les mariages précoces, l'Unicef a estimé que plus de 700 millions de femmes ont été mariées alors qu’elles étaientenfants. Une sur trois (c’est-à-dire 250 millions) a même été mariée avant l'âge de 15 ans et près de la moitié des mariages forcés ont eu lieu enAsie du sud (33 % enInde)[72],[73].
Certains mariages d'enfants ont pour cause leculte des ancêtres comme en 2014 enAfrique du Sud avec le mariage d'un garçon de neuf ans et d'une femme de soixante et un ans[74].
Ladot et leprix de la fiancée sont des dotations au patrimoine du nouveau ménage qui accompagnent le mariage dans de nombreuses cultures. Ce sont des biens dont la famille du mari ou de la femme sont dotées après le mariage. Dans certaines cultures, en particulier enAsie du Sud, dans des pays comme l'Inde, le Bangladesh, le Pakistan, le Sri Lanka et Népal, les dots continuent d'être attendues. La violence liée à la dot (quand une famille est mécontente en raison de l'absence de dot et maltraite la femme afin de recevoir la dot de sa famille) est un problème dans plusieurs endroits, et, en réponse à des incidents violents liés à la pratique, plusieurs pays ont adopté des lois restreignant ou interdisant la dot. Au Népal, la dot a été rendue illégale en 2009[75]. En Inde, en 2011, le National Crime Records Bureau a rapporté 8 618 décès liés à la dot[76].
Le prix de la fiancée a été critiqué pour contribuer autrafic d'enfants quand les parents pauvres vendent leurs filles à de riches hommes plus âgés[77]. Des associations de femmes africaines préconisent la suppression du prix de la fiancée, qui, selon eux, se fonde sur l'idée que les femmes sont une forme de propriété qui peut être achetée[78].
La violence conjugale s'exerce sur l'un des conjoints. Elle peut être circonstancielle (violence situationnelle), mais parfois unprocessussystémique et évolutif (terrorisme conjugal)[79] au cours duquel un des partenaires exerce, dans le cadre d’une relation privilégiée, une domination qui s’exprime par des agressions physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou spirituelles. Laviolence conjugale a des conséquences délétères pour les victimes ainsi que pour les éventuelsenfants ducouple.
Le mariage est uneinstitution sociale qui se manifeste de manière rituelle, juridique oureligieuse, et qui régit la formation et les règles de fonctionnement d'une communauté de vie. Cette institution a initialement pour but de fournir un cadre social et légal au développement de lafamille[9].
C'est aussi, selon les époques et les lieux, une manière d'établir des alliances entre tribus oufamilles, une manière de transmettre desbiens, une manière de sceller une alliance ou lapaix, de réclamer une position de pouvoir, d'obtenir un capital (dot)[16].
Le mariage, comme institution favorisant la stabilité de la société, est promu par les États, qui instituent par exemple lafête des Époux durant laRévolution française[80].
Les gens se marient pour de nombreuses raisons, habituellement pour l'une ou plusieurs des raisons suivantes[81] :
le désir de fonder unefamille avec desenfants, et de leur donner un cadre stable et protecteur à leur éducation ;
le désir de prouver sonamour et de le déclarer publiquement, l'engagement personnel dans une liaison amoureuse pérenne, lui donnant un caractère officiel plus difficile à rompre ;
la volonté d'acquérir le statut social d'homme ou de femme marié, qui peut être considéré comme plus gratifiant que celui de célibataire.
obtenir de l'argent ou du pouvoir, ou encore faciliter les formalités d'immigration ou denaturalisation[83]…, échapper à la conscription (en France, notamment en 1813) ;
la formalisation juridique et sociale de questions patrimoniales (legs, légitimation d'enfants, retraites, fiscalité).
Dans toutes les cultures sédentaires, se marier implique de choisir le lieu géographique d'existence du foyer :
Patrilocalité : lefoyer des mariés se trouve géographiquement dans la résidence ou le village du père de l'époux. La femme quitte son foyer d'origine pour rejoindre celui de son mari.
Matrilocalité : lefoyer des mariés se trouve géographiquement dans la résidence ou le village de la mère de l'épouse. L'homme quitte son foyer d'origine pour rejoindre celui de la mariée.
Néolocalité : les mariés fondent leur foyer indépendamment de celui de leurs parents. Ce qui se passe le plus souvent dans la culture occidentale en2008.
Dans certaines cultures, notamment traditionnelles, il est possible de voir des époux vivre dans des résidences séparées. Cela est également observable dans l'évolution des mœurs des sociétés occidentales.
Cette section doit êtreactualisée.(novembre 2025) Il manque des informations récentespertinentes etvérifiables, et certains passages peuvent annoncer des événements désormais passés, ou des faits anciens sont présentés comme actuels.Mettez à jour oudiscutez-en.
Cette section adopte un point de vue régional ou culturel particulier et doit êtreinternationalisée (janvier 2017).
On célèbre entre 230 000 et 280 000 mariages par an en France[84]. Pour l'année2013, 238 592 mariages ont été retenus par l'Insee (231 225 mariages entre personnes de sexes différents et 7 367 mariages entre personnes de même sexe)[84]. En 2013, la France avait ainsi untaux de nuptialité de 3,5 pour 1 000 habitants[85].
La proportion de cérémonie religieuse par rapport au nombre total de mariages ne cesse de diminuer d'année en année, et passe en dessous de la barre des 30 % dès l'année 2012[86].
En 2008, 22 811 mariages ont été validés par les églises catholique, romaine et orthodoxe[réf. nécessaire][87].
Le nombre de mariages en Serbie diminue constamment[89]. En 2019, 35 570 mariages ont été conclus. Par rapport à 2018, il s'agit d'une diminution du nombre de mariages de 2,1 %. Letaux de nuptialité était en Serbie en 2019, de 5,1 pour mille habitants[90]
Cette baisse importante du taux de nuptialité est particulièrement marquée du côté du mariage religieux. Alors que la quasi-totalité des mariages étaient religieux au début desannées 1970 (97,8 % en 1969) cette proportion n'est plus que de 66,6 % en 2005[93]. De nouvelles valeurs, issues en partie de laRévolution tranquille, et une baisse drastique de la pratique religieuse dans les 50 dernières années expliquent en partie ce recul du mariage religieux au Québec.
L'âge moyen des époux québécois est de 32 ans pour les hommes et de 30 ans pour les femmes[94].
Lemariage arrangé : négociation entre deux familles pour marier leurs enfants respectifs, ces derniers peuvent donner leur consentement.
Lemariage forcé : les familles contraignent les enfants à se marier.
lemariage blanc : contracté sans l'intention des deux époux de vivre ensemble, mais dans le but pour l'un d'entre eux de bénéficier d'un ou plusieurs avantages (exemple : emploi, fortune, logement, nationalité, avantages en nature, etc.).
le mariagein extremis est une situation de péril imminent de mort de l'un des époux qui dispense de toutes les formalités préalables à la célébration du mariage (en France, articles 75 et 169 du Code civil).
le mariage posthume.
le mariage entre un être humain et unanimal : on le retrouve en particulier enInde, où il existe une pratique chez lesHindous de se marier, par exemple, avec unchien errant et d'en prendre soin – afin de repousser un mauvais sort ou la malchance ; il n'y a pas nécessité de divorcer avec l'animal si le ou la mariée souhaite épouser par la suite un être humain[95] (les animaux étant des montures desDieux et Déesses dans l'hindouisme, s'unir symboliquement à un animal est vu comme une action très favorable).
Le « mariage mixte » désigne de façon générale un mariage entre deux individus decultures différentes (de langue, de nationalité - voir par exemple lemariage franco-algérien, voire d'ethnie ou dereligion différentes). Il a pu faire l'objet d'angoisses, liées à la peur dumétissage, et de législationsracistes.
Au début duXXe siècle, la peur du métissage, alors que l'eugénisme se développe en tant que courant d'idées, se fait insistante. En Allemagne, desbest-sellers dumouvement völkisch, commeLe Péché contre le sang (1916) d'Artur Dinter, popularisent l'idée du mariage entre « Aryens » afin de préserver la « race » contre le dépérissement et la « pollution raciale » (Rassenschande) qu'apporterait le « sangjuif ». L'influence sur lenazisme de tels ouvrages sera déterminante, culminant dans la« loi sur la protection du sang allemand et de l'honneur allemand » de 1935. Tout mariage entre « Aryens » requiert désormais un « certificat d'aryanité » (délivré, pour lesSS, par leRuSHA), sauf dans le cas du « mariage accéléré » oubeschleunigte Eheschließung, surnommé « Kriegstrauung(de) » (« noces de guerre »), dans lequel une simple déclaration suffit.
Pourcentage de naissances hors de mariage, pays sélectionnés, 1980 et 2007[96].
Le mariage étant historiquement très lié à lareproduction humaine[97], la plupart des cultures encouragent à sa « consommation », uneuphémisme courant pour désigner lesrapports sexuels entre époux. Par exemple, l'église catholique romaine autorise unereconnaissance de nullité de mariage pour motif de non-consommation (ne pas confondre avec annulation), car le mariage n'est effectif qu'après la première union sexuelle des époux. Cette notion diffère d'un divorce : une annulation établissanta posteriori que le mariage n'avait jamais existé.
Dans certaines parties du monde, les femmes et les filles accusées d'avoir des relations sexuelles hors mariage risquent d'être victimes descrimes d'honneur commis par leurs familles[98],[99]. Les rapports sexuels entre deux individus non mariés entre eux sont condamnés par certainesreligions et sont illégaux dans des pays comme l'Arabie saoudite, le Pakistan[100], l'Afghanistan[101],[102],[103], l'Iran[103], le Koweït[104], les Maldives, le Maroc[105], Oman[106], la Mauritanie[107], les Émirats arabes unis[108],[109], le Qatar[110], le Soudan[111] et le Yémen[112].
Les mœurs occidentales laissent libre choix aux couples mariés en ce qui concerne laprocréation. Dans certaines cultures, le mariage impose aux femmes l'obligation de mettre au monde des enfants. Aunord du Ghana, par exemple, le paiement d'unprix de la fiancée oblige la femme à avoir des enfants, et les femmes qui se soumettent au contrôle des naissances font face à des menaces sérieuses de représailles physiques[113].
Selon les cultures et les époques, les rapports non consentis au sein du mariage pourront ou non constituer unviol du point de vue de la loi. Ils pourront constituer une simple maltraitance, comme ce fut le cas en France jusqu'en 1992.
La procréation hors du cadre du mariage est un état de fait plus ou moins bien accepté selon les cultures. En Occident, cette situation a été graduellement acceptée depuis les années 1960, dès lors que les deux parents sontcélibataires. Dans les cultures où le phénomène n'est pas accepté, des mariages peuvent être organisés dans l'urgence afin de sauver l'honneur de la future mère et l'avenir de l'enfant.
En France, l'Institut national d'études démographiques (INED) rapportait qu'en1965, 5,9 % des naissances provenaient de parents non mariés[114]. En2012, ce pourcentage était monté à 56,6 %[115]. EnBelgique, en2012, le pourcentage de naissances hors mariage était de 52,3 %[116]. EnSuisse, en 2014, le pourcentage de naissances hors mariage était seulement de 21,7 %[117]. AuQuebec, en 2014, le pourcentage de naissances hors mariage était de 62,9 %[118].
Jusqu'à récemment, les enfants nés hors mariage étaient considérés soit comme « enfants illégitimes » (si l'un des parents était par ailleurs marié — on parle aussi d'enfant adultérin), soit comme « enfants naturels » (si aucun des parents n'est marié) et souffraient de désavantages légaux et de handicaps sociaux. Ainsi, en France, la loi de 1964 sur latutelle, et la loi de 1970 sur l'autorité parentale avaient rapproché la situation des enfants nés dans le cadre du mariage et des enfants nés hors mariage, tout en maintenant une certaine inégalité. Ainsi, les enfants naturels ne recevaient que la moitié de la part d'héritage dont ils auraient eu droit s'ils avaient été légitimes, tandis que les enfants adultérins n'avaient droit à aucun héritage et étaient même privés defiliation[119]. Laloi du 3 janvier 1972, préparée par le ministreRené Pleven et le garde des SceauxJean Foyer, rapporteur du projet de loi à l'Assemblée nationale, assimila complètement la situation de l'enfant naturel et de l'enfant légitime[119]. L'enfant adultérin (ou illégitime) a, quant à lui, gagné les droits à établir sa filiation, et est considéré à part entière comme un membre de lafamille. Jusqu'en 2001, l'enfant adultérin voyait ses droits amputés de moitié dans la succession du parent à l’origine de l'adultère[120],[121].
Au-delà du rite et du décorum convenus et parfois codifiés, (catholicisme romain, église orthodoxe), la cérémonie religieuse d'un mariage demeure pour beaucoup l'occasion d'accorder, à un moment fort de la vie, une solennité moins administrative et expéditive que dans une mairie où l'on peut célébrer jusqu'à six mariages en trois heures (mairie deTournus -).
Bien qu'il ne saurait dispenser de l'obligatoire passage devant l'autorité civile (uniquement dans quelques pays dont laFrance, laBelgique, leLuxembourg, lesPays-Bas et laSuisse[50]), lemariage religieux reste cependant une institution importante pour le croyant (239 000 mariages en 2015[Où ?]). Néanmoins, les conditions à remplir peuvent constituer de sérieux obstacles à sa réalisation[pas clair].
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L'Église catholique romaine considère que le mariage purement civil entre deux catholiques ou entre deux orthodoxes n'est pas valide. De même, le mariage civil d'un catholique ou d'un orthodoxe avec un non baptisé n'est pas valide. Leconcile de Trente (décretTametsi) affirme notamment que le seul véritable mariage est célébré devant un ministre du culte, liant par sacrement deux personnes de sexes opposés, baptisées et non divorcées. L’Église reconnaît au pouvoir civil sa compétence pour les « effets purement civils » du mariage pour les catholiques (canon 1059 ducode de droit canonique), c’est-à-dire essentiellement les rapports matériels entre époux et les régimes matrimoniaux[122],[50].Néanmoins, l'Église considère qu'il ne faut ni sous-estimer ni mépriser et encore moins refuser de se soumettre à l'obligation légale du « mariage » ou plus exactement de « l'union civile » républicaine, tout en craignant que cette dernière ne devienne qu'une simple obligation administrative autorisant toutes sortes d'abus[réf. nécessaire]. L'Église voit positivement la reconnaissance civile desdroits et desdevoirs des époux en ce qui concerne la fidélité, le secours mutuel, l'assistance, la communauté de vie, la participation aux charges du ménage, et la solidarité dans lesdettes (en France, articles 203 et 212 duCode civil).
Dans certains pays européens et latino-américains, la cérémonie religieuse doit se tenir séparément de la cérémonie civile préalable, comme c'est le cas enBelgique, enBulgarie, enFrance, auxPays-Bas, enRoumanie et enTurquie[123],[50].
Dans de nombreux pays comme lesÉtats-Unis, leCanada, leRoyaume-Uni, l'Irlande, l'Italie, laNorvège, laSuède, laFinlande, leDanemark, l'Espagne, laRépublique tchèque, laSlovaquie, laPologne, laNouvelle Zélande, les deux cérémonies peuvent être tenues ensemble[50]. Alors que certains pays, comme l'Australie, autorisent que les mariages soient célébrés en privé et dans n'importe quel endroit, d'autres, comme l'Angleterre et lePays de Galles, exigent que la cérémonie civile se tienne dans un endroit ouvert au public et désigné spécialement par la loi. En Angleterre, l'endroit où est célébré le mariage n'est pas nécessairement une église ou un bureau d'état civil, mais peut très bien être un hôtel, un édifice historique ou un autre lieu qui a obtenu l'autorisation nécessaire. EnIsraël, il n'existe pas de mariage civil.
Dans lejudaïsme, le mariage est considéré comme unengagement contractuel devant Dieu, dans lequel un homme et une femme s'unissent pour créer une relation où Dieu est directement impliqué. Cependant, le judaïsme admet légalement le divorce[124].
Le mariage est précédé d'une période de fiançailles où les futurs époux s'instruisent auprès d'unrabbin (pour Monsieur) et de son épouse (pour Madame) des obligations qu'ils auront l'un à l'égard de l'autre dès lors qu'ils seront unis sous le dais nuptial (houppa).
Bien que laprocréation ne soit pas le seul but du mariage, un mariage juif est aussi supposé obéir aucommandement d'avoir des enfants[125]. Le sujet principal est relatif à la relation entre le mari et la femme[pas clair].
Du point de vue de laKabbale, le mariage signifie que le mari et la femme se fondent dans une seuleâme. C'est pourquoi un homme est considéré comme « inachevé » s'il n'est pas marié puisque son âme est seulement une partie d'un ensemble plus large qui reste à unifier[126].
Le mariage dans les sociétés laïques occidentales est en réalité une union civile issue de la traditionchrétienne. Il est donc à l'origine essentiellement l'alliance d'unhomme et d'unefemme, dans le but de former unefamille. Lareligionchrétienne réglemente en général fortement cette institution, aussi bien dans les pratiquesrituelles que dans le vécu au niveau des individus ; ne sont donc réellement « mariés » aux yeux de l'Église que les couplesbaptisés,confessés et unis par Dieu par un ministre du culte. De ce fait, de fortestraditions existent aujourd'hui dans les aires culturelles où les Églises de cettereligion ont étendu leur influence.
L'Église catholique définit lemariage catholique comme l’union d’un homme et d’une femme qui ont le projet de s’aimer pour toute la vie et désirent fonder une famille. Par lesacrement de mariage, les deux époux s'engagent pour la vie devantDieu et l'Église[127]. Pour l'Église catholique romaine, ce sont les futurs époux, et non le prêtre, qui se donnent le mariage par l'échange de leur consentement et par la promesse qu'ils se font. Mais le mariage a un caractère salvateur, il préserve d'une vie commune dans le péché, c'est la définition même du sacrement : « L'alliance matrimoniale, par laquelle un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu'à la génération et à l'éducation des enfants, a été élevée entre baptisés par leChrist Seigneur à la dignité desacrement »[128]. Généralement précédé par un temps defiançailles au cours duquel les futurs époux discernent sur leur future union[129], il est indissoluble, l'engagement se prononçant obligatoirement devant un ministre du culte. En conséquence, tout autre type d'union ne peut être reconnu par Dieu. L'Église catholique reconnait toutefois au pouvoir civil sa compétence pour les« effets purement civils » (rapports matériels entre époux et les régimes matrimoniaux) du mariage chrétien (can. 1059)[130], effets civils qui sont obtenus par lemariage civil ou par la reconnaissance civile du mariage religieux[131],[132]. L'Église catholique reconnaît que le mariage civil entre un homme et une femme non baptisés et entre un protestant et une protestante est indissoluble, à moins qu'il y aitprivilège paulin. L'Église autorise et propose aussi le renouvellement d'engagement ou de vœux de mariage que les époux peuvent demander à leur paroisse. En général, la demande se fait à une date anniversaire importante, mais cela peut être à n'importe quel moment de leur choix.
Leprotestantisme ne considère pas le mariage comme un sacrement : les deux seuls sacrements ont été institués par le Christ et sont le baptême et laSainte-Cène. On peut donc être célibataire et bon chrétien, alors que l'Eglise catholique exige soit le mariage pour les laïcs, soit le célibat pour ses prêtres. Le mariage protestant est avant tout une union civile, le divorce est toléré. Une célébration est organisée au temple pour bénir cette union : c'est labénédiction nuptiale. Des Églises protestantes de nombreux pays célèbrent des mariages homosexuels[133].
« 1. À partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux. »
« À partir de l'âge nubile, l'homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant l'exercice de ce droit. »
Afin d'apporter une certaine caution à la sincérité du mariage (tant civil que religieux), les futurs époux doivent faire appel à des témoins qui en garantissent la validité. Il n'est pas nécessaire que ces témoins soient membres des familles des mariés.
Pour lemariage civil enFrance, depuis1792, laloi exige la présence detémoins. Ils doivent être âgés d'au moins 18 ans ouémancipés (art. 37 duCode civil), mais aucune autre condition n'est requise quant à leur identité[136]. Le nombre de témoins est de 2 minimum et 4 maximum, et il n'y a pas de distinction entre témoin d'un époux et témoin de l'autre[136]. Lors de la cérémonie du mariage, ils signent le registre d’état civil. Dans une logique plus appropriée, le mariage nécessite aussi l'apport des consentements des conjoints.
Les témoins dumariage religieuxcatholique ne sont pas forcément les mêmes que les témoins dumariage civil. Il n'est pas nécessaire qu'ils soient baptisés, ni même qu'ils soient de religion catholique, leur rôle étant surtout humain.
Il n'y a pas de limite pour le nombre de témoins, mais sur le registre, il n'y a de place que pour deux signatures, même si on peut signer à côté[137].
L'organisation d'un mariage consiste à gérer l'ensemble des préparatifs liés au déroulement de la cérémonie.
Ainsi, pour un mariage traditionnel, ces préparatifs couvrent aussi bien larestauration des invités (restaurant outraiteur), que l'impression et l'envoi desfaire-part, la location de véhicule ou de salle de banquet, ou l'intervention d'autres professionnels spécialisés (photographe, orchestre, DJ…). Cette organisation est parfois si fastidieuse que les futurs mariés doivent s'y prendre longtemps à l'avance, et prévoir un budget en conséquence. C'est pour éviter tous ces tracas que sont apparus desorganisateurs de mariage (Wedding Planner en anglais) qui sont rémunérés pour aider à la préparation des cérémonies et de tous les aspects y afférent[138],[139].
Certains couples préparent longuement à l'avance leur mariage, jusqu'à un an. Cela peut poser des difficultés pour réserver la cérémonie civile en mairie ou les consommations usuelles (traiteur, salle, etc.).
Lorsqu'il y a un laps de temps assez important entre la cérémonie et le repas, il est d'usage d'offrir aux participants un vin d'honneur, constitué de boissons diverses et de légères collations[141].
En Occident, il est d'usage d'offrir un repas aux invités des noces. Il existe des règles pour la disposition des tables, et le placement des familles et amis[142].
Après le repas, unbal est très souvent organisé pour les invités. L'ouverture de ce bal est, en Occident, un honneur traditionnellement réservé aux époux.
Dans beaucoup de régions, il était de tradition d’amener aux jeunes mariés, dans la nuit ou au petit matin, une soupe supposée leur redonner des forces : letourin dans le Sud-Ouest de la France, lasoupe au fromage dans leMassif central de la France, etc. Cette pratique a été tournée en dérision et la soupe a été servie dans un pot de chambre, et parfois remplacée par une mixture immangeable.
Dans les pays occidentaux, traditionnellement, larobe de mariée est le plus souvent entièrementblanche, parfois rehaussée de touches de couleurs pastel, rose, bleu ou même rouge. Comme la couleur blanche exprime lavirginité, une femme n'étant pas vierge devrait combiner le blanc et une autre couleur. Toutefois, on n'y fait plus guère attention (excepté les pratiquants) de nos jours, et la mode offre toujours plus de choix des couleurs.
Dans la tradition catholique, le blanc représente le baptême. Cette tenue est de plus en plus adoptée dans le monde entier. Le blanc reste la couleur classique des robes de mariées en Occident, mais on ne s'est pas toujours marié en blanc enFrance. Autrefois, la mariée portait le plus souvent une robe de couleurrouge (comme c'est toujours le cas enChine de nos jours), car c'était la couleur la plus facile à obtenir pour leteinturier, donc la moins chère. Une robe blanche devait par contre souvent être faite d'uneétoffe fine (soie oucoton de bonne qualité) qui était beaucoup plus coûteuse. La tradition du mariage en blanc ne date que de la fin duXVIIIe siècle.
Toujours en Occident, le marié porte soit unejaquette soit uncostume (deux ou trois pièces) de couleur sombre[143].
Depuis début 2007, un arrêt de la Cour Constitutionnelle a donné la possibilité légale de mariage ou d'union civile pour les couples de même sexe, et le choix entre ces deux termes. Les droits et devoirs qui en sont issus sont identiques à ceux des mariages ou contrats d'union civile hétérosexuels. Les fonctionnaires duHome Affairs et les personnes assermentées pour administrer un mariage ont le droit de refuser de célébrer unmariage entre personnes de même sexe, mais, dans chaque bureau régional, il y a au moins un officiel qui accepte cette mission.
Le mariage traditionnel chinois a complètement disparu dans la Chine moderne, mais existe toujours dans les régions rurales et auprès de certaines minorités. Le mariage traditionnel en Chine se déroule en six étapes, tout d'abord la demande en mariage en bonne et due forme, via l’entremetteuse ; puis suivent les fiançailles, le départ de la future mariée du foyer de ses parents, le mariage religieux, les festivités du mariage et enfin, la nuit de noces.
Le mariage peut être religieux, officiel ou traditionnel. Aux Comores, le mariage peut revêtir la valeur de petit ougrand mariage. Est un petit mariage celui qui se célèbre sans faste, avec lenaib (notaire religieux), un témoin du marié, celui de la mariée… avec le minimum de la dot, disponible ou promise. Est grand mariage cet autre qui s’annonce et qui réunit un grand public pour un banquet entre toutes autres festivités. Cette catégorie de mariage, dans le cas précis du mariage traditionnel, que l’on appelle grand mariage, a la spécificité que l’homme annonce épouser la femme avec laquelle il a pu avoir déjà des enfants. Les habitués des festivités nuptiales à la Grande-Comore (sans allusion cette fois-ci, au traditionnel du mariage) comprennent que le couple célèbre le mariage traditionnel. Des projets pourraient avoir été avortés. Les parents de la mariée peuvent avoir nourri le dessein de marier leur fille à un homme de leur rêve. Il en aurait été ainsi des parents du « marié ». Les deux familles sont résolues à participer à la célébration de ce auquel elles n’auraient jamais songé[réf. nécessaire].
En Espagne existe la tradition du « Las Arras ». Le marié vient à l'église avec treizepièces d'or ou d'argent. Il en égrène douze dans les mains de sa future épouse et donne la dernière au curé pour ses indigents[144].
Seul le mariage civil a une existence légale. De plus, l'article 433-21 du Code pénal condamne « tout ministre d'un culte qui procédera, de manière habituelle, aux cérémonies religieuses de mariage sans que ne lui ait été justifié l'acte de mariage préalablement reçu par les officiers de l'état civil »[Note 1],[145],[52]. Cette règle est toutefois considérée par plusieurs juristes[Note 2] comme contraire à laliberté religieuse (notamment à l'article 9 de laConvention européenne des droits de l'homme)[146],[50].
EnFrance, les droits et devoirs sont les suivants[147] :
Les époux se doivent mutuellement « respect,fidélité, secours, assistance »[148].
Les époux sont égaux en droit dans le mariage.
Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille et pourvoient à l’éducation des enfants afin de préparer leur avenir (art. 213 du Code civil).
Les époux contribuent aux charges du mariage à proportion de leurs facultés respectives (article 214 du Code civil).
Chacun des époux peut passer seul des contrats qui ont pour objet l’entretien du ménage ou l’éducation des enfants (article 220 du Code civil).
Chacun des époux peut se faire ouvrir tout compte de dépôt (notammentcomptes chèques postaux,compte bancaire,livret d'épargne) et tout compte de titres en son nom personnel, sans le consentement de l’autre (article 221 du Code civil).
Adoption. Les époux peuvent adopter un enfant à condition d’être mariés depuis au moins deux ans, ou que l’un d’entre eux soit âgé de plus de vingt-huit ans.
Les époux sont soumis à l’obligation d’une communauté de vie.
Les époux sont soumis à une imposition commune pour les revenus perçus pendant l'année de leur mariage et les suivantes. Ils peuvent de façon optionnelle choisir d'être imposés séparément pour l'ensemble des revenus perçus au cours de l’année du mariage.
L'existence d'un « devoir conjugal » (obligation née du mariage, qui impose à chacun des époux d'accepter d'entretenir des relations sexuelles avec son conjoint) reste attestée par la jurisprudence[149],[150]. L'absence de la part de l'un ou l'autre des époux peut conduire à la cessation du mariage. Cependant, l'existence de ce devoir ne constitue pas un consentement systématique, l'accusation de viol(viol conjugal) restant le cas échéant possible bien que rare.
Le concept d'obligation d’une communauté de vie est généralement compris comme cohabitation, et peut parfois sembler subtil lorsque la justice considère qu'il n'est pas atteint par le fait de faire chambre à part, ou bien au contraire qu'il peut être atteint lorsque deux personnes habitant deux continents distincts se voient deux fois dans l'année[150].
Le droit français prévoit quatre types derégimes. Le premier est lacommunauté universelle. Le second est lacommunauté réduite aux acquêts (c'est le régime légal, c'est-à-dire celui s'appliquant à défaut de choix différent). Le troisième est laséparation de biens. Le quatrième est le régime departicipation aux acquêts ; les époux sont considérés comme séparés pendant le mariage puis apparaissent comme communs de biens pendant les opérations de dissolution de la communauté.
Les mariages en Israël sont célébrés par des autorités religieuses, qu'elles soient juives, musulmanes,druzes ou chrétiennes (dix dénominations distinctes pour cette dernière[151])[152], lesquelles relèvent de leur propre juridiction et sont financées par l'État juif :Tribunal rabbinique pour les couples juifs,Tribunal de la Charia pour les couples musulmans,Tribunal ecclésiastique pour les couples chrétiens, etc.[153],[154],[155],[152].
L'âge du mariage a été élevé de 17 ans (en 1950) à 18 ans (en 2013), et toutes les communautés religieuses du pays sont officiellement soumises à cette loi[156]. Selon lesstatistiques de 2019, plus de 50 % des Israéliens se marient avant l'âge de 25 ans, avec des taux de mariage beaucoup plus élevés chez lesArabes israéliens et lesultra-orthodoxes que chez lesJuifs laïques[157].
Si l'État d'Israël reconnaît le mariage civil (etinterconfessionnel ouentre personnes de même sexe) contracté hors du pays[158],[159], il ne reconnaît pas le mariage civil entreJuifs israéliens ou dans uncouple mixte pratiqué sur son sol[160]. CesIsraéliens peuvent se marier civilement mais la cérémonie ne se déroule pas sur le territoire national[161] et dans le cas où celle-ci a lieu en dehors de cadre légal, elle n'est pas reconnue par l'autorité israélienne[162],[163]. « Les Israéliens qui ont également la citoyenneté d'un autre pays ont la possibilité de se marier civilement auconsulat de ce pays en Israël », et certains Israéliens qui souhaitent avoir un mariage religieux non-orthodoxe, se marient lors d'une cérémonieréformée ouconservative à l'étranger ou même en Israël[154]. Ainsi, en ce qui concerne les Juifs, seuls leGrand rabbinat israélien ou les tribunaux rabbiniques (institutions orthodoxes) peuvent unir desJuifs israéliens, selon laHalakha. Cet état de fait suscite régulièrement des polémiques auprès des laïques ou des libéraux ; certains chefs religieux juifs se sont néanmoins prononcés en faveur du mariage civil qui fait encore débat dans le pays[154],[164].
Dans la sphère privée, les tribunaux israéliens n'ont pas à interférer avec les tribunaux religieux, sauf dans la limite légale, en cas de violation duprincipe d'égalité où laCour suprême devient compétente dans un certain nombre d'affaires[152].
Parallèlement, lajurisprudence israélienne reconnaît aux couples non mariés religieusement ou de façon non-orthodoxe la possibilité de poursuivre en justice l’un ou l’autre en cas de faute pour la garde des enfants, lapension alimentaire, l’héritage et d’autres droits et protections liés au mariage[153].
En 2010, Israël adopte laloi sur l'union civile pour les citoyens sans affiliation religieuse, 2010[165], permettant à un couple de former uneunion civile en Israël si les deux conjoints sont enregistrés comme n'appartenant officiellement à aucune religion[154].
Par ailleurs, la législation israélienne reconnaît le divorce ; elle interdit depuis 1977 lapolygamie (restant parfois pratiquée par certainsBédouins israéliens[166])[167],[168] et condamne leviol conjugal selon une décision de 1980 s'appuyant sur une loitalmudique[169],[170].
EnSuisse, il est obligatoire de conclure un mariage civil avant d'effectuer un éventuel mariage religieux[171]. Depuis le, les mariés peuvent garder chacun leur nom de famille ou prendre celui de leur conjoint[172]. Les époux ont par ailleurs l'obligation de se renseigner mutuellement sur leurs salaires, dettes et patrimoines respectifs.
Les couples de même sexe peuvent conclure un « partenariat enregistré » qui donne généralement les mêmes droits que le mariage, sauf en ce qui concerne les enfants[173] ainsi qu'à la naturalisation facilitée du partenaire étranger, à moins que ce dernier ne puisse attester après trois ans de partenariat de cinq ans de séjour en Suisse[174]. Le mariage pour tous a été approuvé par les deux Chambres du Parlement le 18 décembre 2020. Cependant, après deux référendums[175], la loi est soumise à la votation populaire[176]. Le peuple suisse se prononce ainsi sur ce changement de loi le 26 septembre 2021 et l'accepte à 64,1 % des voix.
John Boswell,Les unions du même sexe dans l'Europe antique et médiévale, Fayard, 1996
Benoît de Boysson,Mariage et conjugalité, LGDJ, 2012
Lise Vincent Doucet-Bon,Le mariage dans les civilisations anciennes (coll. « L'Évolution de l'humanité. Bibliothèque de Synthèse historique »), Paris, Albin Michel, 1975, 457 pages (prix Alice-Louis-Barthou de l'Académie française).
Sabine Melchior-Bonnet, Catherine Salles,Histoire du mariage : Entre raison et fortune, la place de l'amour, Éditions de La Martinière, 2001
Marie-Odile Mergnac, Anne Tricaud, Florence Guibert,Le mariage et ses rites d'hier à aujourd'hui, Archives & culture, 2010
Martine Segalen,Éloge du mariage, Découvertes Gallimard, 2003
Christiane Singer,Éloge du mariage, de l'engagement et autres folies, éditions Albin Michel, 2000
↑a etbIl s'agit d'une infraction d'habitude, que la seule occurrence d'un unique acte isolé ne suffit pas à établir. Selon une thèse de droit de 2011 consacrée àL'habitude en droit pénal, "le principe de suffisance de deux comportements semble être une solution constante, inlassablement répétée, de façon positive ou négative" pour établir l'infraction d'habitude.
↑dont le conseiller d'Etat Christophe Eoche-Duval (auteur de ''Faut-il dépénaliser les célébrations religieuses effectuées sans mariage civil ?'', dans Recueil Dalloz 2012, p. 2615), Silvio Ferrari (Dictionnaire du droit des religions, dir. Francis Messner, CNRS Éditions), André Vitu et Maxime Brenaut (''Célébration d’un mariage religieux sans mariage civil préalable'', JurisClasseur Pénal, Art. 433-21, Fasc. 20, 2022), le directeur de l'ECLJ Gregor Puppinck (''Et si on libérait le mariage religieux ?'', dans L’Homme Nouveau, hors-série n°10, 2012, republié dans le n°1784 du 20 mai 2023).
↑Pour la définition du mariage, voir entre autres :Vocabulaire juridique,Gérard Cornu, association Capitan. On retrouve cette définition dans d'autres dictionnaires et encyclopédies.
↑Par exemple leGrand dictionnaire terminologique québécois donne ainsi une définition plus générale du mariage comme« Union légitime de deux personnes, généralement homme et femme, dans les conditions prévues par la loi en vue de vivre en commun »,« Le grand dictionnaire terminologique », Office québécois de la langue fr(consulté le). De même, l'édition 2011 duPetit Robert définit le mariage comme l'« union légitime de deux personnes dans les conditions prévues par la loi », sans précisions de sexes pour l'un et l'autre époux.
↑Hérodote. Histoire LIVRE I. CLIO - Trad. du grec parLarcher ; avec des notes de Bochard, Wesseling, Scaliger.. [et al.], Paris : Charpentier, 1850. CXCVI. Surremacle.org
↑Mercedes Vazquez et Florent Gertsch,Mariage, union libre ? Quelles différences ? Un guide juridique, Éditions La passerelle du Centre social protestant du Canton de Vaud, 2014.