Elle est connue pour ses salines marines d'environ vingt kilomètres de long qui sont les plus importantes d'Italie. Elles constituent une réserve naturelle protégée reconnue par l'État et sont considérées comme étant des zones humides d'intérêt international en vertu de laconvention de Ramsar de 1971[3].
Les thermes représentent un autre élément fort de l'offre touristique de la ville. Elles utilisent les boues et les eaux riches qui proviennent des bassins des salines[4]. On peut aussi citer la longue et large plage de sable fin qui accueille des dizaines d'établissements balnéaires ainsi que le Musée historique des Salines installé dans un ancien entrepôt de sel et adjacent à la Tour des Salines qui date duXVIe siècle[5].
Le centre de la ville se situe sur la rive de la mer Adriatique, dans une zone de plaine qui était auparavant marécageuse. Grâce à la nature du sol, argileux et caractérisé par une imperméabilité élevée, le jeu des marées permettait la submersion périodique de petites dépressions proches de la côte. Par évaporation de l'eau marine, il était possible de prélever le sel qui était largement utilisé pour la conservation des aliments.
De nos jours, le paysage a été radicalement transformé par le réaménagement des terres qui a permis la mise en culture des anciens lacs. La ville, serrée entre le littoral et les salines, présente une caractéristique structurelle fusiforme, se développant sur près de trois kilomètres de long sur trois avenues principales (la Via Giuseppe Garibaldi, le Corso Vittorio Emanuele et le Corso Africa Orientale) auxquelles on peut ajouter le Lungomare Cristoforo Colombo situé en bord de mer. L'expansion démographique et la croissance de l'habitat ont conduit à la naissance de nouveaux quartiers qui ont atténué l'ancienne structure de la région.
La présence des salines naturelles a fait la renommée de la localité et attire depuis des millénaires. À la préhistoire, la rencontre des reflux marins et des débris transportés par les torrents avait permis la naissance d'un plan d'eau aujourd'hui disparu : le lac Salpi. De cette époque, il reste quelques traces d'activité humaine. C'est le cas de deux cabanes circulaires creusées sur une plate-forme en pierre remontant à l'Âge du bronze qui servaient à l'exploitation du sel[6].
Au crépuscule de l'Empire romain et au Moyen-Âge, Salapia se fait particulièrement discrète dans les sources de l'époque. Des documents relatifs auconcile d'Arles montrent toutefois qu'elle y participe et qu'elle est le siège d'un diocèse bel et bien actif. Son nom change alors progressivement et finit par devenir Salpi. Un lieu dénommé Salinis, de toute évidence étroitement liée à Salpi, apparaît sur latable de Peutinger. Les découvertes archéologiques montrent aussi que la ville continue à jouir de sa position sur les salines pendant le Moyen-Âge[7]. Alors que la plaine duTavoliere se dépeuple au milieu de l'époque médiévale, laissant la place à une végétation abondante, les bords du lac restent habités.Frédéric II autorise ainsi les naviresvénitiens à accoster au port de Salpi, ce qui prouve l'activité de la ville sous son règne.
Les années qui suivent sont plus instables. En 1223, un séisme dévaste Siponto, au nord du lac, et les activités portuaires sont presque réduites à néant. En 1255, un autre tremblement de terre porte le coup de grâce à Salpi qui entame son déclin.Manfredonia est construite près de l'ancienne Siponto dans les années qui suivent et prend le relais. Au début destemps modernes, le lac est définitivement coupé de la mer par des dunes et la zone devient un marais. La malaria et la famine signent l'arrêt de mort de Salpi. Petit à petit, une partie des terres est asséchée dès cette époque[8]. En 1615, l'évêque deTrani déclare que la ville est complètement détruite[7].
Au cours des temps modernes, des maisons en paille sont construites dans la zone, avec autour de laTorre delle Saline quelques bâtiments en brique. Les salines se développent ensuite et deviennent de plus en plus importantes. En 1754,Charles de Bourbon,roi de Naples, les acquiert, leur donnant ainsi le nom deRegie Saline (Salines royales). Il charge alors l'architecteLuigi Vanvitelli de moderniser les salines qui sont divisées en plusieurs parties : Imperatrice, Reale, Armellina et Cappella. Les techniques d'exploitation du sel sont améliorées et les bassins sont réaménagés dans les années qui suivent, notamment sous l'impulsion de Vincenzo Pecorari qui crée une cinquième partie dénommée Regina[9].
La localité prend un nouvel essor avec l'unification italienne terminée en 1870. C'est à cette époque-là, en 1879, qu'elle change de nom pour rendre hommage à la nouvelle reine d'Italie,Marguerite de Savoie[2]. En 1884, la ville inaugure sa gare et est reliée au réseau de chemins de fer italiens[13].
L'économie de la commune est indissociable du processus d'extraction du sel. Les salines occupent encore aujourd'hui une superficie d'environ4 000 hectares.
Margherita di Savoia est jumelée depuis2011 avec la ville américaine deMiami à la suite d'une initiative de la maire Gabriella Carlucci et du président de la fondation Italie-USA Rocco Girlanda[14].