Pour les articles homonymes, voirTaillandier (homonymie).
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| Pseudonyme | Morhange Ricardo |
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Marcel Taillandier, né le àCondat-en-Combraille (Puy-de-Dôme) et mort le àToulouse (Haute-Garonne), est un militaire et unRésistantfrançais. Il est en particulier le créateur et l'animateur de l'un des plus importantsréseaux decontre-espionnage de laRésistance française durant laSeconde Guerre mondiale : leRéseau Morhange.
Marcel Taillandier naît le 25 mars 1911 àCondat-en-Combraille (Puy-de-Dôme). Il est le fils de Jean-Baptiste Taillandier, négociant, et de Marie Debas, ménagère. Son père est tué durant laPremière Guerre mondiale et il devientpupille de la Nation. En 1924, à l'âge de 13 ans, il rejoint l'école desenfants de troupe deBillom (Puy-de-Dôme)[1].
En, il s'engage comme ingénieur radio-électricien au sein du8e régiment duGénie, stationné aucamp des Matelots deVersailles. À partir de 1936, il appartient au2e bureau, chargé de l'analyse durenseignement et ducontre-espionnage, et sert au service radio duministère de la Guerre[1].
En 1940, lors de labataille de France, alors qu'il estadjudant-chef d'active, Marcel Taillandier est replié avec les archives des services spéciaux auchâteau de Brax, près deToulouse (Haute-Garonne). En juin 1940, il est choqué par l'armistice demandé parPhilippe Pétain à l'Allemagne et il rejoint le commandantPaul Paillole, qui regroupe des membres du service de contre-espionnage qui souhaitent mener une forme de résistance. Enzone libre, Marcel Taillandier rassemble autour de lui les premiers éléments d'un groupe qu'il destine à la lutte contre les services de renseignements ennemis et notamment leSicherheitsdienst. Il installe unémetteur radio dans le château de Brax pour correspondre avec lazone occupée. Il entre également en contact avec le service duCamouflage du matériel (CDM) et il s'occupe de récupération et de stockage de matériel de guerre[1].
En 1942, Marcel Taillandier s'installe àSolomiac (Gers), où il poursuit ses activités clandestines. Il récupère ainsi deux postes émetteurs conservés dans un blockhaus duMur de l'Atlantique, près deBordeaux[1].
En 1943, il revient à Toulouse et prend la gérance d'un grand café du centre-ville, le Frascati, sur lesallées Jean-Jaurès. Il y fonde leréseau Morhange, qui porte son pseudonyme. Il entre en contact avec d'autres réseaux et mouvements de Résistance actifs dans la ville, parmi lesquels le mouvementLibérer et Fédérer, animé par l'intellectuelanti-fascisteSilvio Trentin, et leréseau Combat. Il s'entoure en particulier d'Achille Viadieu, Pierre Rous ou le docteur Roger Mazelier qui, tout en agissant pour ce réseau, soignait les membres des autres réseaux de la Résistance. En juillet 1943, il est rejoint par le capitaineLouis Pélissier, déjà actif au sein du CDM et du réseau Combat, qui prend la tête d'un groupe franc du réseau Morhange[1].
Entre 1943 et 1944, le réseau Morhange mène sous la direction de Marcel Taillandier de nombreuses actions directes permettant d'obtenir des renseignements. Il dirige 73 enlèvements decollaborateurs ou de membres des services allemands. Le 21 mai 1943, il abat au château deFonsorbes un militaire allemand, Platt. En septembre 1943, il mène l'enlèvement du capitaine Paris, ce qui permet de s'emparer du fichier des membres duParti populaire français (PPF) et de prévenir une attaque contre lemaquis de la Grésigne (Tarn). Le 7 octobre 1943, il enlève Allard-Dubreuil, un ancien membre du2e bureau entré en collaboration. Le 15 octobre, il fait enlever Senac, un espion qui se fait passer pour un membre duSecret Intelligence Servicebritannique. Le 2 janvier 1944, il organise l'attaque du « Courrier de Nice », un convoi de laGestapo qui transférait une partie de ses archives de Toulouse àNice : l'action, dirigée par Louis Pélissier, permet de saisir de nombreux documents. Le1er mars 1944, le chef départemental duRassemblement national populaire (RNP) est enlevé avec tous ses dossiers[1].
Dans le courant de juin, Marcel Taillandier forme un maquis dans la région deQuérigut (Ariège). Il en confie l'organisation à André Audebaud etRobert Barran, qui regroupent environ 150 personnes, dont de nombreux gendarmes[1].
Les actions de Marcel Taillandier et son rôle dans les milieux de la Résistance toulousaine provoquent aussi une réaction des services allemands. Le 24 juin 1943, il échappe à un piège tendu par la Gestapo au Frascati. Le, cerné sur laplace du Capitole par six agents du Sicherheitsdienst, il réussit à les tenir en respect et à se sauver en s'enfuyant par les toits[1].
Le, sur laroute de Bayonne àSaint-Martin-du-Touch, alors qu'il est en route pour assurer une importante liaison avec lemaquis du Gers, il tombe avec deux camarades, Léo Hamard et Georges Marchandeau, sur un contrôle de police allemand. Il parvient à s'enfuir et se réfugie sur le toit d'une maison, près de l'église Saint-Martin. Dénoncé par une habitante, il est abattu. Il est enterré dans unefosse commune au siège de laGestapo à Toulouse (actuelno 2rue des Martyrs-de-la-Libération). Le corps de Marcel Taillandier est identifié après laLibération et inhumé dans le cimetière deChâteaugay (Puy-de-Dôme)[1].
ÀToulouse, une plaque commémorative se trouve sur le lieu de sa mort, dans le quartier deSaint-Martin-du-Touch. En 1975, son nom a également été donné àune avenue du quartierJolimont[4]. Il existe également une rue Marcel-Taillandier àL'Isle-Jourdain (Haute-Garonne).
Son nom est également inscrit sur le Monument commémoratif desenfants de troupe àClavières (Cantal), sur le Monument aux morts deChâteaugay (Puy-de-Dôme), sur le Monument aux morts deClermont-Ferrand et sur le Mémorial des Services Spéciaux àRamatuelle (Var).