Pour les articles homonymes, voirMarcel Langer.
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Marcel (Mendel) Langer, né le àSzczucin (actuellePologne, alors enGalicieautrichienne) et mort le à laprison Saint-Michel deToulouse (France), est un membre desBrigades internationales, puisrésistant toulousain.
« Marcel Langer est le représentant exemplaire de ces combattants qui ont consacré une vie à la défense des libertés menacées par le fascisme », souligneRolande Trempé en ouverture de la biographie consacrée au héros combattant de laMOI. Après l’exécution de son chef, la35e brigade prend le nom de brigade Marcel-Langer. Elle va s’honorer par de très nombreux et courageux actes de résistance contre l’occupant à Toulouse et dans toute la région. Une cinquantaine de jeunes résistants communistes – pour la plupart juifs d’Europe centrale et orientale, antifascistes italiens, guérilleros espagnols – renforcent ses rangs jusqu’en, avant que le groupe ne soit démantelé par la police française.
Marcel Langer a été un pionnier, souligneSerge Ravanel, ancien commandant desFFI de la région de Toulouse et compagnon de laLibération, pour le40e anniversaire de la35e brigade. « Son sang, que la guillotine française avait répandu, fut le levain qui fit germer dans la région de Toulouse des générations de résistants. Gloire à ces hommes audacieux qui surent créer l’espoir à une époque où le pays se trouvait dans une situation dramatique, ayant non seulement perdu la guerre et se trouvant occupé, mais ayant perdu son moral et doutant de lui-même, ils surent l’aider à relever la tête. »
Mendel Langer naît àSzczucin[1] ou àAuschwitz[2], enGalicie, au sein de l'Empire austro-hongrois. En 1920, à la suite de la disparition de l'Autriche-Hongrie et fuyant les persécutions antisémites de la jeunePologne, la famille Langer émigre enPalestine mandataire. Marcel Langer est ajusteur mécanicien auxchemins de fer d'Haïfa. Parallèlement, il milite, à partir de 1923, auParti communiste palestinien, tandis que son père est membre duBund, le parti socialiste juif. Arrêté et emprisonné à la prison deSaint-Jean-d'Acre par les Britanniques, il part pour la France.
Il s'installe àParis puis, en 1931, à Toulouse où il travaille commefraiseur-ajusteur. Militant auParti communiste, il adhère à une section de laMain-d'œuvre immigrée (M.O.I), organisation créée au sein de laConfédération générale du travail unitaire (C.G.T.U.) pour regrouper les travailleurs étrangers.
En 1936, il s'engage dans lesBrigades internationales. Il combat d'abord dans lebataillon Dombrowski, une brigade polonaise. Il est ensuite, après un passage au quartier général d'Albacete, affecté à la35e division de mitrailleurs où il devient lieutenant. Il épouse une Espagnole, Cecilia Molina.
La défaite des républicains espagnols le sépare de sa femme et de sa petite fille Rosa. Interné aucamp de concentration d'Argelès-sur-Mer, puis deGurs, il s'évade et rejoint Toulouse. Il est embauché aux Ateliers de construction mécanique du Midi et reprend contact avec ses anciens camarades de la MOI. Après l'occupation de lazone libre par l'armée allemande le, la MOI se transforme enFrancs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI), mouvement de résistance militaire. Marcel Langer devient le premier dirigeant de la35e brigade, formée dans la région de Toulouse, et qui doit son nom au souvenir de la35e division de mitrailleurs des brigades internationales à laquelle il appartenait.
Le, il est arrêté à lagare Saint-Agne, à Toulouse, porteur d'une valise remplie d'explosifs. Il est jugé par lasection spéciale de la cour d'appel de Toulouse. Particulièrement zélé, l'avocat généralPierre Lespinasse réclame sa tête et, le, Langer est condamné à la peine de mort. Il est guillotiné le à laprison Saint-Michel de Toulouse. Le rabbin de ToulouseNathan Hosanski l'accompagne. Langer n'est pas croyant mais le rabbin est auprès de lui pour lui transmettre un message d'adieu de la part de ses camarades.
Dans les mois qui suivent, dix-huit FTP-MOI sont arrêtés par la police deVichy et livrés aux Allemands.
Marcel Langer est enterré aucimetière de Terre-Cabade deToulouse. Près de sa tombe est élevé un monument décoré de son buste, réalisé par le sculpteur toulousainSylvestre Clerc.
Sortant de sa cellule pour être guillotiné, rapporte le procès-verbal d’exécution, il s’écrie« Vive la France ! À bas lesBoches ! Vive leParti communiste ! ». Au même moment, les détenus des cellules voisines entonnentla Marseillaise. C’est au petit matin du, à 5 h 40 précisément, que Marcel, Mendel de son prénom polonais[réf. nécessaire], Mendel de son prénom yiddish (hypocoristique deMenachem), Langer est guillotiné dans laprison Saint-Michel à Toulouse.
Lors du procès intenté par les services de Vichy, le procureurPierre Lespinasse demande la peine de mort à l’issue d’un réquisitoire scandaleux de sévérité contre l’origine et les engagements de l’inculpé. L’accusateur français ajoute du zèle dans sa soumission à l’égard de l’occupant allemand. Lespinasse insiste sur la nécessité de punir ce « sans-patrie » pour l’exemple, et pour « éviter » des prises d’otages par lesNazis. « Vous êtesjuif,étranger etcommuniste, trois raisons pour moi de réclamer votre tête », aurait même déclaré le magistrat. Les frères de combat de Marcel Langer le vengent quelques mois plus tard en exécutant leprocureurcollaborateur. Jusqu’à laLibération, plus aucun magistrat toulousain ne va demander la peine de mort pour motif politique. Lesautorités de Vichy restent sourdes aux demandes de grâce formulées parMe Arnal. L’ancienbâtonnier de Toulouse, choisi par les membres de la MOI (Main-d’œuvre immigrée), assure gratuitement une défense courageuse et tenace.
Dans une lettre de prison rédigée dans les derniers jours de à ses camarades, Marcel Langer indique que son moral est bon, qu’il est bien traité. « Sachez que 95 % du personnel pénitentiaire me manifeste ouvertement leurssentiments anti-hitlériens. » Il sait que l’exécution approche. « Si je dois mourir, écrit-il,je saurai dans mes derniers instants prendre une attitude digne d’un ouvrier révolutionnaire. » L’ouvrier antifasciste poursuit : « N’oubliez pas quele1er mai qui approche est pour moi une date historique. Il y aura vingt ans que j’ai adhéré au mouvement révolutionnaire prolétarien. Toujours actif, dans les premiers rangs au combat, je n’ai jamais reculé devant aucun danger. Cela me donne à penser que je pourrais être un exemple pour d’autres. » Dans les mémoires posthumes d'André Obrecht, avant-dernierbourreau de la République, celui-ci racontera le courage de Langer. Au moment d'être exécuté, il demandera à Obrecht de lui délier les liens aux mains et aux pieds et lui dit« Expliquez-moi ce que je dois faire. Je veux mourir seul, debout, en soldat... nous vivons une révolution et une révolution c'est comme un accouchement : il y a toujours du sang ».[réf. nécessaire]
(*). ↑ ancien(ne) membre de la35e brigade FTP-MOI « Marcel Langer »