Marcel Léon Saint-Saëns, dit Marc Saint-Saëns (prénom adopté vers 1925), naît en 1903 dans une famille de commerçants et d'artisans originaire du Languedoc. Il est le petit-neveu du compositeurCamille Saint-Saëns[2]. Durant sa jeunesse, il est le meilleur ami du poètePierre Frayssinet, qui était son camarade de classe aulycée Pierre-de-Fermat deToulouse où il rencontre égalementAndré Arbus.
En 1928, il épouse Yvonne Ducuing (1908-1999), fille du professeurJoseph Ducuing, avec laquelle il s'installe à Paris.
De 1930 à 1933, il séjourne à laCasa de Velázquez àMadrid après avoir obtenu une bourse d'études.
La réalisation de la fresque pour la salle de lecture de labibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse, achevée en 1935, lance sa carrière de décorateur de bâtiments publics.
À partir des années 1940, sous l'influence deJean Lurçat, il s'oriente vers la peinture decartons de tapisserie qui fera sa renommée. C'est aux côtés de Lurçat qu'il participe à la fondation de l'Association des peintres cartonniers de tapisserie (APCT) en 1947. Il fait tisser presque tous ses cartons par l'atelier Tabard àAubusson, capitale de la tapisserie.
En 1948, il épouse Madeleine Billot (1914-2009) après avoir divorcé d'Yvonne Ducuing.
1951 est le grand moment de reconnaissance nationale et internationale avec les chefs-d’œuvre, les tapisseriesLe Serpent de mer rose, etLe Bouquet (1951), son œuvre préférée selon les dires de sa femme.
Marc Saint-Saëns participe au mouvement duRetour à l'ordre de l'entre-deux-guerres tout en exprimant un style qui lui est propre, onirique et poétique et inspiré de l'art méditerranéen de l'Antiquité et du Moyen Âge[5].
« Marc Saint-Saëns demeure lié pour moi au pays où je l'ai connu durant les profondes années de l'Occupation et qui est le pays Occitan. De celui-ci, de cette terre de rigueur cathare et de soleil, il a assurément quelque chose en lui, un goût de la lumière, mais qui se cultive à part soi et dans une taciturne retraite. »
1938-1939 : fresques de la salle du conseil municipal de l'hôtel de ville deCommentry :Les Âges de la vie (maternité, jeunesse, enseignement, vieillesse),Marianne,L'Arbre de la Liberté etChristophe Thivrier.
1942-1943 : premières tapisseries tissées àAubusson :Thésée vainqueur du Minotaure (1943) ,Les Vierges folles, Orion…
1945 :Les Saltimbanques, tapisserie de basse lisse, tissée à Aubusson (atelier Tabard), acquise en 1985 par lemusée du pays d'Ussel[10].
1950 : commande de quatre tapisseries pour lethéâtre du Capitole de Toulouse :La Musique, La Comédie et la tragédie, Le Chant, La Danse.
1951 : tapisserieLe Serpent de mer rose décorant le grand salon du paquebotVietnam desMessageries maritimes[11]
1951 : tapisserieLe Bouquet.Considérée comme l'un des chefs-d’œuvre de Saint-Saëns, elle témoigne du sentiment affirmé pour la nature et la vie agreste, que l’on retrouve dans d’autres cartons de cette époque, commeLes Soleils et la Pluie ouLes Buveurs. La sérénité bucolique de cette tapisserie (qui pourrait être l’illustration d’un roman courtois médiéval) contraste avec le registre plus grave des thèmes allégoriques (Les Vierges folles) et le traitement parfois expressionniste (Thésée et le Minotaure) des œuvres de la guerre ; actuellement dans une collection privée[12].
1957 : peinture sur toile,Nature morte, pour le réfectoire dulycée Bellevue à Toulouse.
1967 : mosaïqueLa Naissance du jour qui orne le porche extérieur menant aux salons de l'hôtel de ville[13] duBlanc-Mesnil, inauguré en 1967.Dans une note manuscrite conservée aux archives municipales, Saint-Saëns décrit la composition et les cartons originaux de son œuvre exclusive destinée à la mairie du Blanc-Mesnil :« Il s'agira d'une composition de divers symboles autour d'un texte dePaul Éluard sur la naissance, elle sera réalisée en mosaïque de pâte de verre deMurano, selon la technique traditionnelle de la mosaïque byzantine. »
1972 : décors pour l'opéraLes Huguenots au théâtre du Capitole.
1976 : série de huit lithographies pour illustrer le livre dePhilippe Soupault sur Toulouse.
Également à Toulouse, dans la salle Jean-Pierre Vernant dulycée Pierre-de-Fermat, est exposé un rideau de théâtre peint et signé de sa main.
Saint-Saëns a également réalisé des dessins au trait très sûr et très enlevé et de nombreux tableaux qui pour la plupart sont des travaux préparatoires de ses fresques et tapisseries.
↑Michèle Heng, « Marc Saint-Saëns décorateur mural et peintre cartonnier de tapisserie », 1989.
↑Dans cette même mairie sont également conservées deux tapisseries réalisées par la manufacture d'Aubusson :Le Vin du monde, qui orne la salle des réceptions, œuvre du peintre cartonnierJean Lurçat, frère de l'architecte concepteur de l'hôtel de ville,André Lurçat ;La Nuit, qui décore la salle des mariages, signée du peintre-cartonnierJean Picart Le Doux. Avec Saint-Saëns, ces deux artistes ont fondé, en 1947, l'Association des peintres cartonniers de tapisseries.
Michèle Heng, « Les fresques de Marc Saint-Saëns à Toulouse : la naissance d'une vocation muraliste »,Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale,vol. 100,no 182,,p. 193-214(lire en ligne)
Michèle Heng, « Saint-Saëns, décorateur mural et peintre cartonnier de tapisserie », thèse, Bordeaux,université de Bordeaux III, 1989.
Pierre Cadars,Marc Saint-Saëns : exposition auchâteau de Laréole, du 22 mai au 27 septembre 2015, Toulouse, Conseil départemental de la Haute-Garonne,, 49 p.(ISBN979-10-92065-10-7).