MaracaiboouMaracaïbo[1],[2] est une ville duVenezuela et la capitale de l'État de Zulia. Elle est située à l'entrée dulac de Maracaibo, à 514 km à l'ouest deCaracas. La population de sonaire urbaine était estimée à 1 551 539 habitants en2011. Maracaibo, dont l'économie repose sur l'exploitation du pétrole dulac de Maracaibo, est la deuxième plus grande ville du Venezuela après la capitale.
Le relief de la région et de la ville sont peu marqués, Maracaibo étant située dans la plaine alluviale liée au chenal du lac Maracaibo. La sismicité est peu importante en raison de l'éloignement relatif de Maracaibo par rapport aux bords de laplaque des Andes du Nord où elle occupe une position centrale, éloignée des failles principales, notamment celle de Boconó dans les Andes vénézuéliennes.
En 1997 est né un programme d'implantation d'une espèce d'arbre, lemargousier, connu localement sous le nom deneem ounim (Azadirachta indica) qui a comme particularité de croître rapidement par rapport aux espèces indigènes sans apport important d'eau, de résister aux hautes températures et de fournir une ombre permettant d'abaisser la température au sol. Mais on attribue à l'introduction de cet arbre la disparition d'espèces d'oiseaux car sa toxicité serait responsable de leur stérilité, ainsi que des décès humains après consommation de cette plante.
Le poèteUdón Pérez (1871-1926), auteur deLa Tierra Del Sol Amada, « la Terre du Soleil chéri », qui a donné l'un des surnoms de Maracaibo en raison de son climat chaud et ensoleillé tout au long de l'année.
Maracaibo a unclimat semi-aride, BSh selon laclassification de Köppen est connue comme « La Terre du Soleil chéri »[note 2], en référence au poème d'Udón Pérez, titre qui témoigne du climat ensoleillé que l'on trouve toute l'année ou presque. Maracaibo est l'une des villes vénézuéliennes où l'on enregistre les températures les plus élevées. Elle possède un climat chaud, seulement atténué par une influence modérée du lac d'où proviennent lesalizées. La température annuelle moyenne s'élève à 28,1 °C. Lelac de Maracaibo est un des endroits au monde où il y a le plus d'impacts de foudre, avec près de 300 jours d'orage par an[4],[5].
En raison de ses températures, Maracaibo et sa région comptent parmi les villes à la consommation électrique la plus élevée d'Amérique latine du fait d'une intense utilisation de systèmes d'air conditionné corrélée à son architecture qui, depuis lesannées 1970, est inadaptée aux caractéristiques climatiques d'une ville tropicale côtière. Ces caractéristiques ont pour conséquence un fort impact économique et environnemental en raison de ses effets au cours du temps.
Dans le passé, le climat de la ville et des régions côtières du lac, alliant hautes températures et taux d'hygrométrie élevé ont contribué à la persistance du fléau due aux essaims demoustiques. Toutefois, l'urbanisation actuelle et le contrôle des zones de reproduction ont contribué à faire baisser les problèmes liés à la propagation de ce vecteur de maladies.
Tableau climatologique de Maracaibo (période : 1927-2006).
Les transports urbains sont qualifiés de médiocres tant la qualité de service est fluctuante. Toutefois, la ville possède une ligne de métro d'orientation sud-ouest/nord-est inaugurée en novembre 2006 et comportant 6 stations. Une extension de cette première ligne est en projet, tout comme la construction d'une seconde ligne d'orientation est-ouest. La ville est également desservie par le système descarritos por puesto, privilégié par les habitants, sorte de véhicule à 5 passagers qui circulent là où le système de bus est déficient. Ce dernier possède des lignes qui convergent autour du centre-ville.
Hormis l'ancien tramway et l'actuel réseau de métro, la ville de Maracaibo ne bénéficie d'aucune desserte ferroviaire, tandis qu'à l'échelle nationale le transport ferroviaire est particulièrement réduit et ne totalise pas 1 000 kilomètres de longueur en 2014. Toutefois, depuis 1999, il existe différents projets de développement du réseau ferré vénézuélien. En 1999, on projette la construction de deux lignes, une premièe d'environ 725 kilomètres, lalinea occidental pour relier le nord de l'État de Zulia (Guasare,Puerto Bolívar et Maracaibo) avec sa partie ouestLa Concepción,Villa del Rosario,Machiques,El Cruce puis une antenne avec leréseau colombien, puis le cœur de l'État de Táchira àLa Fría et sa capitaleSan Cristóbal ; et une seconde ligne de 588 kilomètres pour relier Maracaibo à la rive orientale du lac (avec les villes deCabimas,Bachaquero dans l'État de Zulia,Sabana de Mendoza dans l'État de Trujillo avec une branche orientale versBarquisimeto et la capitaleCaracas,El Vigía dans l'État de Mérida puisLa Fría en relation avec la première ligne. Toutefois, le projet initial semble avoir depuis été réduit au profit d'une ligne plus courte entre Maracaibo et La Fría, sans liaison avec San Cristóbál ni avec la Colombie, ligne qui se poursuit vers El Vigía, Sabana de Mendoza, sans branche de retour vers la rive orientale du lac Maracaibo, mais se poursuivant directement vers Barquisimeto.
L'origine du nom de Maracaibo est controversée. Si les faits sont relativement bien consignés dans les documents historiques[8],[9], les détails sont rares et ambigus, les interprétations divergentes au point que la même source historique peut être citée de façon contradictoire dans les travaux les plus récents[note 3].
Certains historiens se bornent à mentionner qu'au moment de la première fondation de la ville, le conquistador allemandAmbrosius Ehinger choisit le nom de Maracaibo ouMaracaybo en l'honneur d'un chef indien oucacique de la région de l'embouchure dulac de Maracaibo[10]. D'autres sources attribuent à ce personnage une grande influence et une importance emblématique dans la région bien que les données sur l'étendue de son territoire soient ambiguës[11].
L'île de la Providence serait le lieu d'origine du jeune et courageux cacique indien Mara. Les conquistadors espagnols se seraient écriés « Mara cayó », « Mara est tombé », après l'avoir mis en déroute,Mara cayó serait l'une des origines possibles du nom de Maracaibo.
Une autre hypothèse quant à l'origine du nom de Maracaibo relate la mort du cacique Mara, un jeune et courageux chef de l'île de la Providence[note 4] sur le lac Maracaibo qui aurait offert une résistance acharnée aux troupes du conquistador Ambrosius Ehinger. Après la bataille, les Espagnols auraient crié « Mara cayó », « Mara est tombé » en français, à l'endroit même où le chef indien aurait été mis en déroute[12],[13]. Plusieurs historiens assurent qu'il s'agit là d'un mythe et que le nom d'un cacique ou d'un chef indien du nom de Mara n'apparaît dans aucun registre historique et qu'aucun de ces faits n'apparait dans les sources originelles ou fiables. L'hypothèse la plus probable est que les noms deMara et deMaracaibo correspondent à un même personnage historique dont on connaît peu de choses et qui fait l'objet de nombreuses spéculations.
Malgré ces contradictions et l'absence de sources fiables, le mythe du cacique Mara s'est largement répandu dans l'inconscient collectif et la culture populaire au point qu'il apparaît désormais comme le symbole de la résistance indigène dans la région. Ce personnage est invoqué dans plusieurs rites locaux associés notamment au culte deMaría Lionza(es), fait l'objet d'œuvres d'art allégoriques telles que monuments, statues ou toponymes, une place de Maracaibo porte son nom, ainsi que des commémorations, comme le 12 octobre, officiellement « Jour de la résistance indigène », anciennement « Jour de la race ». Son nom est également associés à divers prix et distinctions. Enfin, une subdivision de l'État de Zulia porte son nom, lamunicipalité de Mara.
Quelques références sur le sens du nomMaracaibo l'associent à un lieu plutôt qu'à un nom de personnage. Il existerait ainsi uneranchería, sorte de petit communauté villageoise indigène à proximité du lieu de débarquement d'Ambrosius Ehinger sur les rives du lac et il n'est pas exclu qu'il ait confisqué ces terres pour la fondation de la ville de Maracaibo[10]. L'absence d'études linguistiques sur les populations d'origine n'a pas empêché diverses interprétations sur le sens du nom deMaracaibo dans une langue indigène, sur la base des langues indigènes actuelles ou sur la base de références historiques. Certaines interprétations proposent ainsi de faire le lien avecMaara-iwo, « lieu où abondent les serpents,Maare kaye, « lieu au bord de la mer »[12], ou d'autres expressions signifiant « griffe de tigre » ou « rivières des perroquets ».
Des recherches archéologiques confirment une présence aborigène sur le sol de la région 15000 ans avant notre ère. Les recherches du pionnier vénézuélien en anthropologieJosep Maria Cruxent (1911-2005) et de son collègue américainIrving Rouse (1913-2006) ont permis d'identifier du matérielcéramique, des artefacts d'originelithique, des objets manufacturés à partir decoquillage, desurnes funéraires et des ornements en métal, prouvant les traces d'un peuplement plurimillénaire.On connaît une vingtaine de peuples indigènes présents autour dulac de Maracaibo, parmi lesquels lesWayuu[note 5], lesBaris[note 6], lesAgnous[note 7], lesYukpa (peuple)(en) et lesJapreria(es). Toutefois, peu de choses sont connues sur les habitants en place antérieurement à l'arrivée des conquistadors espagnols[14]. On sait que ces groupes vivant autour du lac Maracaibo appartiennent aux groupes ethniques desCaribe guerriers et navigateurs, desChibchas et des agriculteursArawaks, grandes familles qui viennent de différentes régions de l'Amérique du Sud et que l'habitat lacustre est répandu autour du lac Maracaibo.
À l'arrivée des Espagnols, le peuplement est relativement hétérogène sur le territoire vénézuélien et servira de vivier pour l'esclavage. Le système communautaire varie d'une ethnie à une autre et comporte des groupes tribaux égalitaires, des sociétés nomades ou des chefferies évoluées.Le territoire de l'État de Zulia abrite deux sous-groupes Arawaks, lesWayuu et lesAgnous qui diffèrent par leur mode de subsistance. Les Wayuu sont tournés vers le commerce, la culture et le pâturage tandis que les Agnous sont identifiés sur les rives du lac, possèdent une langue différente et dont le nom signifie « gens » ou « hommes de l'eau ». La plus ancienne source écrite à leur sujet se trouve dans les comptes de chroniqueur qui les situent sur la rive occidentale du lac Maracaibo. Leur habitat sur pilotis est localisé dans une zone sûre des rives du lac à proximité deSanta Rosa de Agua, au nord de l'actuelle ville de Maracaibo.
Plan de Maracaibo en1529.Le conquistadorAlonso de Ojeda (vers 1465-1515) est le premier conquistador européen à « découvrir » lelac de Maracaibo.
Les circonstances de la fondation de Maracaibo sont floues tant les protagonistes sont multiples. Il semblerait que le premier Européen à pénétrer la zone du lac Maracaibo ait étéAlonso de Ojeda (vers 1465-1515) le accompagné deJuan de la Cosa (vers 1460-1510) et d'Amerigo Vespucci (1454-1512). On leur attribue la désignation de la zone sous le nom deVenezuela, la « petite Venise » après avoir constaté que les populations vivaient dans des maisons sur pilotis sur les rives du lac et que les gens se déplaçaient d'un endroit à l'autre sur des petits ponts ou des pirogues en bois.
La ville est fondée trois fois, la première le par l'AllemandAmbrosius Ehinger[note 8] (vers 1500-1533) qui arrive deCoro, alors capitale de la province. Ehinger est un conquistador issu de la familleWelser et premier gouverneur de la province de Venezuela, à l'époque où celle-ci n'était encore queKlein-Venedig. L'acte de fondation qui confère le nom de Maracaibo à la nouvelle entité ne crée pas de conseil, droit que lui confère pourtant son statut de ville. Dans les archives allemandes de la famille Welser, seul le nom deNeu-Nürnberg, « Nouvelle-Nuremberg » en français, apparaît[15]. Il est probable que la fondation effectuée par Ehinger s'implante sur, ou dans les environs d'un établissement indigène. Cette première colonie ne semble pas avoir accueilli plus d'une trentaine d'individus conférant à la nouvelle fondation une activité quasi nulle. Cette situation semble avoir forcé un autre conquistador allemandNikolaus Federmann (1505-1542) à ordonner le transfert de cette population en1535 aucap de la Vela dans l'actuelle partie colombienne de lapéninsule de Guajira au nord-ouest de Maracaibo.
En 1569, alors que la région du lac est en phase d'être soumise (1569-1571), le conquistador espagnolAlonso Pacheco fonde le peuplement deCiudad Rodrigo sur les bouches du lac Maracaibo, également connue sous le nom deMaracaibo. Toutefois, une nouvelle expansion indigène oblige les colons espagnols à abandonner brièvement la ville qui est fondée une troisième et dernière fois en1574. Dès1573, le gouverneurDiego de Mazariegos décide de rétablir les colons et confie au capitainePedro Maldonado le soin d'accomplir cette tâche. Ainsi, la ville est refondée sous le nom deNueva Zamora de la Laguna de Maracaibo en l'honneur du gouverneur Mazariegos, natif de la ville espagnole deZamora[14].
Entre 1614 et 1678 la nouvelle colonie doit subir plusieurs attaques de flibustiers qui s'en prennent également aux colonies du lac Maracaibo provoquant un ralentissement du développement économique de la région et l'accaparement des ressources à la construction de structures défensives telles que casernes, châteaux et tours, notamment lechâteau de San Carlos de la Barra, lefort de Notre-Dame-du-Carmen et latour Santa-Rosa-de-Zapara. Parmi eux, le HollandaisHenry Gerard mène une attaque dès 1614, l'AnglaisWilliam Jackson en 1642. La période de1665 à1669 est connue sous le nom de « Quinquenio de los pirates » et la région subit le pillage féroce du FrançaisFrançois l'Olonnais (1630-1671 ?) en 1666 et entre 1666 et 1669, les attaques deMichel le Basque, du HollandaisAlbert van Eyck et du GaloisHenry Morgan (1637-1698). Enfin, en 1678, le FrançaisMichel de Grandmont (1645-1686) s'en prend à Maracaibo et pénètre à l'intérieur du continent jusqu'àTrujillo.
Pendant les premières années de son existence, Maracaibo a servi de port de transbordement entre les régions de production au sud du lac accompagnées des Andes vénézuélienne, notammentPamplona[note 9] et les routes commerciales maritimes et lamer des Caraïbes.
En 1810, laprovince de Maracaibo (1676) décide de se maintenir dans le giron de la couronne royale espagnole et de ne pas prendre part de lapremière république du Venezuela ce qui lui vaut le titre de « Très noble et loyale » par les autorités espagnoles. Les autorités du gouvernement espagnol de Caracas encore loyaliste transfèrent le siège de la capitainerie générale du Venezuela à Maracaibo. Contrairement au positionnement royaliste de la province de Maracaibo, le généralRafael Urdaneta, héros de laguerre d'indépendance du Venezuela face à la suprématie espagnole sera l'un des principaux chefs du parti patriotique. En 1821 se produit un mouvement indépendantiste dans les casernes de Maracaibo qui rompt l'armistice et faire renaître les hostilités qui prendront fin avec labataille de Carabobo. À Maracaibo, les royalistes luttent pour récupérer le contrôle de la province à labataille de Juana de Ávila etFrancisco Tomás Morales(es) rétablit l'autorité de la couronne espagnole en 1822 jusqu'à sa défaite définitive à labataille du lac de Maracaibo le face à la plage de Tablazo, ce qui sera de fait le dernier épisode militaire de la guerre d'indépendance du Venezuela. Morales, dernier gouverneur espagnol, capitule à laCasa de Morales, aujourd'hui située dans le centre de Maracaibo où elle abrite l'un des musées emblématiques de la ville, scellant ainsi l'indépendance du Venezuela.
LeTeatro Baralt est inauguré en1883 et accueille la première représentation cinématographique du pays le.
Par sa situation Maracaibo est alors le port qui sert de débouché aux marchandises en provenance des Andes et de l'ouest vénézuélien en direction de l'Europe et de l'Amérique du Nord. La ville bouillonne d'activités avec les comptoirs commerciaux allemands et anglais, tels que Boulton, Blohm, Beckman, Breuer-Möller & Co., Zingg et Steinvorth. Ces maisons financent la création de plantations decafé et decacao et achètent la production à destination de l'Europe. Les compagnies de café, principalement allemandes comme Brewer Moller & Co., moulent le café à Maracaibo avant de le transporter par bateau àHambourg enAllemagne. Le commerce de denrées entraîne la prospérité de la ville qui dispose des services modernes, parfois bien avant d'autres villes du pays ou d'Amérique du Sud, comme le téléphone en 1879-1880[16], le tramway en 1883 connu localement comme l'Empresa El Cojo[17] et l'électricité en 1888. La ville manifeste une créativité culturelle qui va de pair avec le développement économique. La fin duXIXe siècle est marquée par l'inauguration duTeatro Baralt (1883), la naissance de la revueEl Zulia Ilustrado (1888), l'ouverture de l'université de Zulia (1891) et une effervescence littéraire au tournant du siècle incarnée par les écrivainsUdón Pérez (1871-1926) etJesús Enrique Lossada (1892-1948). Aujourd'hui, Maracaibo est également connue pour son grand nombre de poètes et d'écrivains tels queLuis Perozo Cervantes,Norberto José Olivar,Carlos Ildemar Pérez etJosé del Prado.
En 1906, Antonio Aranguren obtient une concession de pétrole dans les districts deMaracaibo et deBolívar et le pétrole est découvert en 1914 aux puits Zumaque I et Mene Grande. À partir de cette période, les investissements en provenance des États-Unis ne cesseront plus, conférant à Maracaibo le rôle d'une des plus importantes plateformes du commerce mondial de la première moitié duXXe siècle, tandis que le pays devient le premier exportateur mondial de pétrole, rang qu'il conservera durant presque cinquante ans. La ville abrite le siège des compagnies pétrolières de l'État de Zulia et le pétrole remplace le café comme principal bien d'exportation. L'épidémie de lagrippe espagnole de 1918 touche durement la ville. En 1923, Maracaibo accueille le premier hydravion et en 1929 est inauguré l'aéroport de Grano de Oro. L'université de Zulia qui a été fermée en 1929 sous le régime autoritaire deCipriano Castro est rouverte en 1946, université dont le premier recteur est l'écrivainJesús Enrique Lossada. Une partie du visage moderne de la ville est due à l'architecteart décoLéon Hoet (1891-1944) auquel on doit plusieurs édifices emblématiques de la ville à la fin des années1920 et au début des années1930, notamment le nouveau marché municipal qui abrite aujourd'hui lemusée Lía-Bermúdez, la construction duTeatro Baralt et la rénovation de la basilique[18].
En 1942, l'église San Juan de Dios est élevée au rang debasilique mineure, gagne son actuel nom debasilique Notre-Dame-de-Chiquinquirá, tandis que laVierge de Chiquinquirá est promue patronne de l'État de Zulia. De nouveaux quartiers apparaissent commeZiruma qui abrite des membres de la communauté indigène desWayuu etLas Delicias à proximité du gisement pétrolier deShell. En 1945 est inauguré unstade olympique, aujourd'huistade Alejandro-Borges, et l'hippodrome de la Limpia qui abrite aujourd'hui le centre commerciel « Galerías Mall ». Le le présidentRómulo Betancourt inaugure lepont du Général-Rafael-Urdaneta qui traverse le chenal reliant le lac Maracaibo à l'océan Atlantique, facilitant les échanges avec la rive orientale de l'État et par-là même les États voisins deFalcón,Lara etTrujillo. Avec ses 8,67 kilomètres ce pont sera durant plusieurs années le plus long pont de ce genre au monde et bien qu'il ait été dépassé depuis, il demeure l'une des plus longues structures enbéton armé du monde.
L'alcalde est à la tête de la municipalité. Avec les réformes de 1988 et 1989, son élection se fait au suffrage universel direct[19]. Fernando Chumaceiro est le premieralcalde élu au suffrage direct en 1989. Réélu en 1993, il cède son siège àManuel Rosales en 1996[19]. Ce dernier soutient Gian Carlo Di Martino pour l'élection de 2000 et celui-ci est réélu en 2004 avec l'appui duMouvement Cinquième République d'Hugo Chávez[19]. Dès 2008, Manuel Rosales récupère son siège mais face aux évènements politique est l'affrontement avecHugo Chávez, il quitte son poste et demande l'asile politique auPérou dès le mois d'avril2009[19]. L'intérim est assuré par Daniel Ponne jusqu'aux élections de2010 et l'élection de l'épouse de Manuel Rosales,Eveling Trejo de Rosales[19].
Maracaibo est la deuxième plus grande ville du Venezuela. Elle comptait 1 200 000 habitants en2008. Elle est à la tête d'une importante agglomération, appelée « Aire urbaine de Maracaibo ». Cette dernière avait 3 600 000 habitants la même année.
La ville abrite de nombreux établissements médicaux, dont le plus important le SAHUM (Servicio autonomo hospital universitario Maracaibo), un centre hospitalier universitaire (CHU) de type IV selon la classification vénézuélienne[25].
Maracaibo est une ville ancienne à l'échelle du sous-continent américain mais la croissance des débuts est faible tant les commodités offertes aux étrangers et autres colons sont faibles à ses débuts tandis que le harcèlement des premiers habitants par les indiens indigènes ou les incessantes attaques des flibustiers duXVIIe siècle affaiblissent son développement en accaparant les ressources à la défense des premiers établissements.
Ces contraintes, tout comme les aléas de la fondation, l'activité quasi nulle du premier établissement de1529, le transfert des premiers habitants parNikolaus Federmann sur la côte de lapéninsule de Guajira en1535, expliquent le retard relatif du développement économique et démographique de Maracaibo à l'échelle du pays
Toutefois, l'insistance avec laquelle la ville a été fondée et refondée à son emplacement actuel dénote la volonté initiale de créer un centre portuaire à cet emplacement particulier, à l'endroit le plus étroit ducanal de Maracaibo. Si la topographie ne semble pas particulièrement favorable à un établissement propice à sa défense, sa situation géographique est un atout certain pour son développement démographique et économique, catalyseur et pôle d'attraction du développement de l'arrière-pays, l'occident vénézuélien et l'actuelÉtat de Zulia.
Aujourd'hui, Maracaibo abrite le siège de nombreuses entreprises de niveau régional, national ou international et a été le foyer de la première banque privée du Venezuela, Banco de Maracaibo[note 11] fondée en 1882, qui a été absorbé depuis parBanco Occidental de Descuento (BOD) dont le siège est à Maracaibo.
Immeuble de la compagnie nationalePDVSA, avenue 5 de Julio à Maracaibo.
La ville n'acquiert son importance économique qu'en 1876 quand son port se mue en centre d'exportation de café en provenance des Andes vénézuéliennes jusqu'en 1917 avec la découverte du pétrole sur la côte orientale du lac Maracaibo. Le forage du puitsBarroso II et son exploitation à partir de 1922 témoigne du potentiel que représentent lesréserves de pétrole de la région du lac, et particulièrement du champ pétrolier Bolívar, l'un des plus importants à l'échelle internationale. Maracaibo devient l'une des capitales mondiales du pétrole et doit répondre à une immigration massive d'origine nationale ou étrangère, tout comme les autres localités de l'État de Zulia. De grandes entreprises internationales ont des bureaux à Maracaibo, commeRoyal Dutch Shell,Standard Oil of New Jersey (Creole Petroleum Corporation),Standard Oil Company of New York (Socony),Gulf Oil,Standard Oil of California (Chevron),Mobil Oil,Texaco,Sinclair y Occidental, tout comme des entreprises nationales commeCVP,Mito Juan etTalon entre autres.
Le, le Venezuela nationalise l'industrie pétrolière avec la création de la sociétéPDVSA, actionnaire majoritaire des filiales Maraven S.A., Lagoven S.A. et Corpoven S.A., qui maintiennent leur antenne opérationnelle à Maracaibo. Entre 1979 et 1989, l'ensemble du bassin de Maracaibo et Falcón assure entre 70 et 79 % de la production nationale et avoisine 1 900 000 barils par jour[26]. En 1997, PDVSA modifie la structure de son organisation en éliminant ses filiales et regroupant les diverses activités anciennement séparées (exploration, production et vente du pétrole, services et production de gaz). Ces filiales cessent leurs opérations le et l'intégralité des activités passent sous le contrôle d'une nouvelle entité PDVSA Petróleo y Gas, S.A.
Aujourd'hui, l'économie régionale est centrée sur l'extraction, le raffinage et la commercialisation des produits pétroliers, ayant pour conséquence d'importants problèmes environnementaux, dont la pollution du lac Maracaibo.
La ville compte un nombre important de lieux touristiques et monuments historiques, dont la place Bolívar, la rue Carabobo et ses couleurs typiques, la place et lethéâtre Baralt, les rives dulac Maracaibo et lepont du Général-Rafael-Urdaneta, labasilique Notre-Dame-de-Chiquinquirá, le complexe scientifique, culturel et touristique comprenant le planétarium Simón-Bolívar et un parc animalier.
La ville accueille plusieurs musées, dont lemusée d'Art contemporain de l'État de Zulia (MACZUL), le musée du Général-Rafael-Urdaneta, le musée municipal d'arts graphiques Balmiro León, le centre des Beaux-Arts de Maracaibo et le centre d'art Lía de Bermúdez.
Maracaibo est le nom d'une mission dans le jeuCossacks, où les Anglais tentent de reprendre la ville aux Espagnols. La carte reproduit fidèlement la forme de la baie ainsi que la position de la ville.
Maracaibo est le titre d'un populaire (top 100 BGG)[27] jeu de table créé par Alexander Pfister en 2019.
Antonio Borjas Romero (1913-1992), né à Santa Rita, chirurgien cardiologue, recteur de l'université de Zulia (LUZ), un district de Maracaibo ainsi que la cité universitaire ont été nommé en son nom.