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| Maurice de Saxe Comte de Saxe | ||
Portrait parQuentin de La Tour, Gemäldegalerie Alte Meister. | ||
| Naissance | Goslar (ville libre d'Empire) | |
|---|---|---|
| Décès | (à 54 ans) Chambord (France) | |
| Origine | Saxon | |
| Allégeance | ||
| Grade | Maréchal général des camps et armées du roi | |
| Conflits | Guerre de Succession de Pologne Guerre de Succession d'Autriche | |
| Faits d'armes | Bataille de Fontenoy Bataille de Rocourt Bataille de Lauffeld Siège de Prague Siège de Maastricht | |
| Distinctions | Maréchal de France (1743) Chevalier de l'Aigle blanc | |
| Autres fonctions | Gouverneur duchâteau de Chambord | |
| Famille | Maison de Saxe | |
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Maurice de Saxe, né le àGoslar (ville libre d'Empire) et mort le auchâteau de Chambord, est unmilitaire français d'originesaxonne, titré comte de la Raute (1696-1710) puis comte de Saxe (1710-1750). Il étaitmaréchal général des camps et armées deLouisXV. Il est surtout connu pour sa victoire deFontenoy en 1745.
Maurice de Saxe est le fils adultérin deMarie-Aurore, comtesse de Königsmark, et de l'électeur de Saxe,Frédéric-AugusteIer. Il est baptiséHermann Moritz et immédiatement appelé « comte de Saxe » ou « comte de la Raute » (« Graf von der Raute », ce titre disparaissant en 1710).
Il passe àHambourg sa première année, avant d'être présenté en 1698 à son père, devenuAuguste II de Pologne. Il est ensuite élevé àBerlin puis àUtrecht et àLa Haye. Il y reçoit une éducation très mince, très tôt tournée vers la chose militaire : en 1709, il est confié au comte de Schulenburg, chargé de lui apprendre le métier des armes. La même année, il assiste à lacampagne de Flandre comme enseigne dans le régiment de la Reine, sous les ordres de Frédéric de Württemberg. Il ne participe pourtant pas aux combats. En 1711, il est reconnu par son père. Il reçoit officiellement le titre de comte de Saxe, et son premier régiment, les Cuirassiers de Beust.
Le, il participe à sa première bataille, àGadebusch, contre les Suédois menés parMagnus Stenbock. Son régiment subit de lourdes pertes, et son camp se voit infliger une sévère défaite. Le jeune colonel y apprend les bénéfices de la discipline de la troupe. Son régiment s'étant livré à des désordres lors de la retraite, il se voit contraint de marcher quatre jours en queue d'armée, avec les valets. Cette punition le marquera profondément et inspirera ses principes de subordination : le chef ne doit connaître que ses immédiats subordonnés, qui eux-mêmes font de même, jusqu'aux sergents.
Par ailleurs, Maurice de Saxe témoigne déjà d'un penchant marqué pour les plaisirs et la dissipation. Dans l'espoir de l'assagir, son père le marie à Johanna-Victoria de Löben, riche héritière de petite noblesse saxonne, âgée de 15 ans. En 1716, la paix avec la Suède amène la dissolution de nombre de régiments, dont celui de Maurice. Celui-ci refuse d'être réformé et se plaint à son père, qui doit le menacer de l'enfermer àKönigstein, qui faisait office de prison d'État. Maurice doit alors se retirer sur ses terres. En 1721, il demande et obtient la séparation d'avec sa femme. La même année, son père, qui le trouve trop remuant et dans le but d'écarter un rival de son fils légitime, le futurAuguste III de Pologne[1], l'envoie chercher du service enFrance[2].
Dès son arrivée en mai, Maurice reçoit le brevet demaréchal de camp. Il achète le régiment de Sparre-Infanterie, qui manque de le ruiner, et qu'il rebaptiserégiment de Saxe-Infanterie. Très vite, il s'en lasse, et en 1725, aidé financièrement parAdrienne Lecouvreur, il part pourVarsovie, avec comme objectif la couronne ducale deCourlande. Ce faisant, il entre en conflit direct avec les intérêts polonais, donc avec son père. Le, avec l'appui d'Anna Ivanovna (futureAnneIre de Russie), la duchesse douairière, il est élu duc de Courlande et de Sémigalle par la Diète de Mittau. Aussitôt, la Diète polonaise refuse de reconnaître le nouveau duc. En novembre, Auguste II proclame le rattachement de la Courlande à la Pologne. La guerre de succession de Courlande commence. La situation est confuse. La Diète courlandaise refuse ensuite à Maurice l'institution d'une armée permanente. Le nouveau duc perd également l'appui d'Anna Ivanovna,ulcérée d'avoir été trompée pour une chambrière, alors qu'ils sont fiancés[réf. nécessaire]. Enfin,CatherineIre de Russie meurt, laissant sur le trône son beau-petit-filsPierre, âgé de 12 ans et régenté parAlexandre Menchikov. Celui-ci, se prétendant gentilhomme polonais, décide de régler la situation courlandaise. Maurice est chassé par des troupes russes beaucoup trop nombreuses. En 1727, il rentre à Paris.
Il traverse ensuite une période difficile : il perd sa mère en 1728, sa maîtresse, la comédienneAdrienne Lecouvreur en 1730, puis son père en 1733. De plus, la Cour l'a oublié pendant son aventure de Courlande.
Maurice se consacre alors à la rédaction d'un ouvrage sur la guerre et latactique. Il l'intituleMes Rêveries. Publié à titre posthume à Amsterdam en 1757 par Arestée et Merkus, il s'inspire de la lecture duCommentaire sur Polybe duchevalier de Folard,Polybe lui-même, les traités dumarquis de Puységur,La Science du chef d'armée, d'Onosandre et l’Abrégé des questions militaires deVégèce. L'œuvre du comte de Saxe comprend deux parties « Les parties de détail » et « Les parties sublimes ».
Dans la première partie, Maurice expose les questions d'intendance : le recrutement, l'uniforme, la nourriture, la discipline, etc.
La guerre de Succession de Pologne lui donne une occasion de reparaître sur le devant de la scène.Stanislas Leszczyński se porte candidat et est élu le. Cependant, le, des opposants élisent de leur côté l'électeur de Saxe, Frédéric-Auguste, demi-frère de Maurice. C'est le conflit. Maurice choisit de maintenir son allégeance au roi de France. Il intègre l'armée du Nord-Est, menée parBerwick. Rapidement, il s'illustre par plusieurs coups d'éclat, et se lie auduc de Noailles, ce qui sera déterminant car c'est grâce à l'intervention du maréchal que Louis XV accepta un officier allemand, protestant et ambitionnant une couronne dans quelque pays d'Europe. Le, il est promu lieutenant général. La guerre s'enlise cependant, du fait du manque d'audace des vieux maréchaux français. En 1735, une paix est signée. Frédéric-Auguste est confirmé sur le trône, sous le nom d'Auguste III, tandis que Leszczynski reçoit le duché de Lorraine.

En 1740,Frédéric-GuillaumeIer de Prusse et l'empereurCharlesVI trouvent la mort. Ces deux décès bouleversent l'équilibre des puissances en Europe. LaPragmatique Sanction prévoit l'accession au trône impérial deMarie-Thérèse, fille du feu empereur. En,FrédéricII de Prusse pénètre enSilésie, entraînant ainsi laFrance dans la guerre, par le jeu de l'alliancebavaroise. Maurice se retrouve bien embarrassé par la nouvelle situation. Farouchement pro-saxon au début de la guerre, il court le risque de se battre contre les armées de son demi-frère. Il le presse vivement de s'allier au camp franco-prussien, et emporte finalement la décision du roi de Pologne. En, Maurice traverse leRhin à la tête d'une division de cavalerie. C'est le début de la campagne de Bohême durant laquelle il contribue de façon déterminante à la prise de la ville dePrague.
Enfin, Maurice de Saxe dirige l'armée française qui envahit lesPays-Bas autrichiens et laHollande. Il réclame sur le front la présence de Sa Majesté qui selon lui, équivaut à un renfort de 50 000 hommes. Cette campagne est marquée par une succession ininterrompue de victoires :siège de Tournai,bataille de Fontenoy,bataille de Rocourt (Rocourt enBelgique, près deLiège).
Maurice de Saxe s'empare de surcroît deBruxelles, ville qui n'avait jamais été prise par les Français, ainsi que deMaastricht, menaçant ainsi directement lesProvinces-Unies. En un temps record car Maurice de Saxe a renoncé à l'usage du camp d'hiver pour faire campagne dès le mois de, tous les Pays-Bas autrichiens, la Zélande et la principauté de Liège sont occupés par les troupes du « Roi Très Chrétien ». Le roiLouisXV le nomme alors maréchal général des camps et armées, plus haute distinction militaire française qui avait été confiée seulement àTurenne et àVillars avant lui.
Enfin,LouisXV fait annoncer lors des préliminaires de paix, « faire la paix en roi et non en marchand » et renonce à l'annexion des Pays-Bas autrichiens, au grand dam du maréchal de Saxe. Les troupes françaises évacuent le pays tandis que l'allié prussien réussit à conserver laSilésie. Les Français s'étaient battus en vain.
Grand amateur d'art dramatique, le maréchal de Saxe se faisait suivre aux armées par une troupe de théâtre « de campagne » et entendait ainsi soutenir le moral de ses troupes[3], mais également le fortifier par la représentation de sentiments sublimes. Ainsi, il charge auprintemps 1746, l'auteurCharles-Simon Favart, de diriger cette troupe ambulante de comédiens[4]. Son épouse, l'actriceMme Favart, est engagée également par le vainqueur de Fontenoy et devient sa maîtresse.
Maurice de Saxe, fort de son prestige, contribua puissamment au remariage dudauphin Louis avec sa propre nièceMarie-Josèphe de Saxe (1747).
Louis XV récompensa également le maréchal de Saxe de ses victoires militaires en lui faisant don en pleine propriété deChambord, en 1748. Le vieux château, qui avait déjà accueilliStanislas Leszczyński, était à l'époque totalement passé de mode, glacial, incommode, et implanté sur un domaine giboyeux mais infesté de moustiques. Il était en outre délabré : un véritable cadeau empoisonné ![réf. nécessaire]
De tempérament fougueux, le maréchal y organisa pourtant une vie princière et fantasque, entouré des soldats de trois régiments de cavalerie. Il se constitue une garde personnelle composée d'esclaves noirs provenant deGuinée, du Congo et de Madagascar, et montée sur des chevaux blancs[5]. Passionné de chevaux et de chasse, il ordonna l'achèvement des écuries commencées parJules Hardouin-Mansart pour y installer unharas royal. Il jouissait des droits de basse, moyenne et haute justice, et il fit pendre, dit-on, certains de ses soldats pour manquement à la discipline.
Selon lesMémoires dumarquis d'Argenson, Maurice de Saxe, à la fin de sa vie, aurait demandé au roi de France « le don et la souveraineté de l'île deMadagascar pour la faire habiter par des familles allemandes qu'il sait pauvres et qui iraient bien s'y établir »[6].
Il fit restaurer par l'architecte desBâtiments du roiJean-Baptiste Collet le théâtre du château oùMolière avait joué. Malgré sa ferme volonté, il ne put obtenir que les Favart se rendent à son invitation au château, où il les aurait quasiment séquestrés.
Le maréchal de Saxe mourut à Chambord en 1750, victime selon la légende d'une blessure mortelle dans un duel avec leprince de Conti, mais plus vraisemblablement emporté par les suites d'un rhume mal soigné.Ses neveux, l'un,François-Xavier de Saxe, frère de la dauphine, hérita d'une partie des archives du maréchal[a], tandis que l'autre, lecomte de Frise (de) eut en succession Chambord, où il résida durant cinq ans, ensuite il le revendit au roi.


Une cérémonie funèbre fut célébrée à Paris pour le maréchal de Saxe[7], mais le grand militaire, protestant, ne pouvait être inhumé dans la capitale. Son corps fut donc envoyé àStrasbourg (la principale ville protestante du royaume) pour y être inhumé[8]. Le corps arriva à Strasbourg le et fut d'abord placé dans l'église duTemple-Neuf où le pasteur et théologienJean LéonardIII Froereisen prononça saHarangue[9].LouisXV commanda alors àJean-Baptiste Pigalle un magnifiquemausolée, élevé à partir de 1771 dans le chœur de l'église protestante Saint-Thomas, les restes du corps, qui à la demande du maréchal, avaient été mis dans de la chaux vive, furent transférés dans un caveau sous ce mausolée[8]. C'est une œuvre monumentale, dont le thème est classique: la Mort appelle le maréchal au tombeau, tandis que laFrance sous les traits d'une figure féminine en pleurs le retient du bras. Des drapeaux brisés, un aigle, un lion, et un léopard rappellent les pays vaincus par ce grand soldat lors de labataille de Fontenoy (l'Autriche, lesProvinces-Unies et laGrande-Bretagne respectivement), dont la statue altière, cuirassée, arbore un visage étonnement réaliste mais serein.

Maurice de Saxe est l'arrière-grand-père d'Aurore Dupin (1804–1876) diteGeorge Sand, par sa fille naturelleMarie-Aurore de Saxe. George Sand dans son livre autobiographique,Histoire de ma vie, fait état des origines de sa grand-mère, Marie-Aurore de Saxe, après des recherches dans les archives et les bibliothèques. Elle cite notamment, l'arrêt du Parlement de Paris en date du et l'ouvrage deMe Jean-Baptiste Denisart, procureur au Châtelet de Paris,Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprudence actuelle, dans son édition de 1771,t. III,p. 704[10] :
« La demoiselle Marie-Aurore, fille naturelle de Maurice, comte de Saxe, maréchal général des camps et armées de France, avait été baptisée sous le nom de fille de Jean-Baptiste de la Rivière, bourgeois de Paris, et de Marie Rinteau, sa femme. La demoiselle Aurore étant sur le point de se marier, le sieur de Montglas avait été nommé son tuteur par sentence du Châtelet, du. Il y eut de la difficulté pour la publication des bans, la demoiselle Aurore ne voulant point consentir à être qualifiée de fille du sieur la Rivière, encore moins de fille de père et mère inconnus. La demoiselle Aurore présenta requête à la cour à l'effet d'être reçue appelante de la sentence du Châtelet. La cour, plaidantMe Thétion pour la demoiselle Aurore, qui fournit la preuve complète, tant par la déposition du sieur Gervais, qui avait accouché sa mère, que par les personnes qui l'avaient tenue sur les fonts baptismaux, etc., qu'elle était fille naturelle du comte de Saxe et qu'il l'avait toujours reconnue pour sa fille ;Me Massonnet pour le premier tuteur qui s'en rapportait à justice, sur les conclusions conformes deM. Joly de Fleury, avocat général, rendit, le, un arrêt qui infirma la sentence du précédent ; émendant, nommaMe Giraud, procureur en la cour, pour tuteur de la demoiselle Aurore, la déclara en possession de l'état de fille naturelle de Maurice, comte de Saxe, la maintint et garda dans ledit état et possession d'icelui ; ce faisant, ordonna que l'acte baptistaire inscrit sur les registres de la paroisse de Saint-Gervais et Saint-Protais de Paris, à la date du, ledit extrait contenant :Marie-Aurore, fille, présentée ledit jour à ce baptême par Antoine-Alexandre Colbert, marquis de Sourdis, et par Geneviève Rinteau, parrain et marraine, sera réformé, et qu'au lieu des noms de Jean-Baptiste de la Rivière, bourgeois de Paris, et de Marie Rinteau, sa femme, il sera après le nom deMarie-Aurore, fille, ajouté ces mots :naturelle de Maurice, comte de Saxe, maréchal général des camps et armées de France, et de Marie Rinteau ; et ce par l'huissier de notre dite cour, porteur du présent arrêt, etc. »
Honoré de Balzac rappelle l'ascendance de George Sand dansAlbert Savarus[11] :
« Ainsi le talent, de même que la goutte, saute quelquefois de deux générations. Nous avons, de ce phénomène, un illustre exemple dans George Sand en qui revivent la force, la puissance et le concept du maréchal de Saxe, de qui elle est petite-fille naturelle[b]. »
Cette descendance est contestée par l'historienFrédéric Hulot dans sa biographie du maréchal parue en 1989. Un des arguments avancés par l'historien est l'absence de toute mention de cette fille naturelle et de sa mère dans le testament de Maurice de Saxe alors que celui-ci avait, de son vivant, entrepris des démarches pour retrouver d'éventuels enfants naturels[2]
Par ailleurs, Maurice de Saxe était grand-oncle des rois de FranceLouis XVI,Louis XVIII etCharles X (et cousins issus de germain de son petit-fils,Maurice Dupin de Francueil).
Plusieurs pièces de mobilier, divers tableaux et de souvenirs provenant de son ascendance y sont également exposés, légués à la ville de Paris parAurore-Lauth-Sand, petite-fille de George Sand et en conséquence lointaine descendante du maréchal de Saxe.
Joué parFrançois Nambot, il apparaît dans le dernier épisode de la sérieLes Aventures du jeune Voltaire (2021)[13].
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Frédéric-Auguste, électeur de Saxe et roi de Pologne (1670-1733)
x (filiation naturelle)Aurore de Koenigsmark (1662-1728)│└──> Maurice de Saxe (1696-1750) x (filiation naturelle) Marie Rinteau (1730-1775) dite « Mademoiselle de Verrières » │ └──>Marie-Aurore de Saxe (1748-1821) x 1777 (d'abord à Londres, puis réhabilitation du mariage à Paris) │Louis Dupin de Francueil (1715-1786) │ └──>Maurice Dupin de Francueil (1778-1808) x 1804Sophie Victoire Delaborde (1773-1837) │ └──>Aurore Dupin de Francueil (1804-1876) dite George Sand
Source :Joseph Valynseele et Denis Grando (préf. Jean Guitton),À la découverte de leurs racines,t. II, Paris,L'Intermédiaire des chercheurs et curieux,, 220 p.(ISBN 2-901065-03-1), « § George Sand ».