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Maquis du Limousin

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Lemaquis duLimousin, située en région R5[note 1], est l'un des plus grands et actifsmaquisrésistants deFrance pendant laSeconde Guerre mondiale.

Préambule

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Organisation géographique de laRésistance française.

LeLimousin a été profondément marqué par les exactions de la2e division SS Das Reich avec les99 pendus deTulle le ainsi que lemassacre d'Oradour-sur-Glane le à la suite dudébarquement de Normandie sous les ordres du généralHeinz Lammerding.

De même, la résistance locale a été troublée par les antagonismes constants entre les maquisArmée secrète (AS) etFrancs-tireurs et partisans (FTP) quant aux modes d'actions (notamment àTulle et àGuéret), à la répartition des pouvoirs à la Libération fin ainsi qu'à l'ampleur de l'épuration.

Dirigés pour lesMouvements unis de la Résistance parGontran Royer jusqu'en 1943, les responsables les plus connus des maquis de la région limousine sont :

Et leurs camarades martyrs :

Chronologie et faits d'armes principaux

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Les maquisardslimousins se sont opposés à l'occupant comme dans de nombreux endroits ailleurs en France.

Certains faits d'armes, en particulier en 1944, ont marqué la population locale et nationale :

1940

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Auteur du premier acte de résistance connu en France,Edmond Michelet fait circuler dès le àBrive le premier tract refusant la défaite.

L'autre figure dominante de la Résistance estGeorges Guingouin[3] qui, enHaute-Vienne, est révoqué de sa fonction d'instituteur en du fait de son engagementcommuniste et choisit de se cacher dans lehameau de Vergnas près deVicq-sur-Breuilh qui est la première « planque » de Guingouin : en - au village de Soulières, commune deSussac.

1941

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EnGeorges Guingouin créé un premier maquis àSoudaine-Lavinadière.

En 1941 àBrive et àTulle,Edmond Michelet etMartial Brigouleix structurent les premiers groupes de résistance avec les mouvementsCombat etLibération qui sont plus tard à l'origine de l'Armée Secrète également appelée l'AS.

Jusqu'en 1942 et l'occupation de la zone libre, les actions sont exclusivement les distributions de tracts.

Daniel Mayer, fonde dès mars 1941 leComité d'action socialiste avecSuzanne Buisson et anime les réseaux de résistants socialistes. Il fait reparaître clandestinementLe Populaire en mai 1942 ; il en est rédacteur en chef de 1942 à 1944.

Le,Henri Queuille, est révoqué de sa fonction de maire de Neuvic par le régime de Vichy. Lors d'une visite à Neuvic,Claude Hettier de Boislambert, l'informe que le généralCharles de Gaulle attache une grande importance à son ralliement.

1942

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« Le maquis rouge en France.
Dans une action contre lesterroristes en France, de nombreux prisonniers sont faits. Parmi eux se trouvent de nombreuses natures criminelles, les meurtres, les vols, les attentats dans les trains, etc. qu'ils ont sur leur conscience. Ils sont gardés par des membres de lamilice française, qui luttent au coude à coude avec les soldats allemands contre lebolchevisme[note 2]. »

Début 1942, l'idée de Résistance commence à prendre des formes concrètes en Corrèze avec les premiers actes de sabotage. Toujours début 1942, se constituent lesFrancs-tireurs et partisans français (FTPF mais appelé plus fréquemment FTP]).

En avril le mouvement Combat est créé àUssel, sous l'impulsion ducapitaine Faro, par Louis Le Moigne et les docteurs André Belcour et Jean Sirieix[4],[note 3].

EnCorrèze, le premier acte de sabotage est le dynamitage de la centrale électrique de l'usineMontupet àUssel, les 19-. Cette fonderie appartenait au groupeGnome et Rhône dont le directeur général, alors le plus important fabricant français de moteurs d'avions, s'était déclaré prêt en à coopérer avec les Allemands. Cet évènement a un effet considérable car il visait la production militaire.

La visite du chef de l'État de Vichy, lemaréchal Pétain, les 7 et àUssel,Tulle etBrive est diversement accueillie par la population. Le maire socialiste d'Ussel, François Var, salue le chef de l'État en s'exclamant :

« Ici, on vous aime, Monsieur le Maréchal, et cela depuis longtemps déjà ! »

Durant l'été 1942, se montent les premiers camps de résistance, appelés maquis à :

  • la Tourette (Faïta) sur la commune d'Ussel, créé par lesFTP ;
  • dans les gorges de la Dordogne, créé par l'AS.

Dans la seconde moitié de 1942, àTulle, une section armée de l'Armée Secrète se constitue sous la direction deMartial Brigouleix. Ils se donnent comme principale mission de préparer des terrains de parachutage d'armes ; l'organisation responsable des parachutage s'appelait le COPA (Comité d'organisation des parachutages et atterrissages). Le premier parachutage d'armes a lieu à la mi-novembre àSalon-la-Tour (échec) etEspartignac (succès)[5].

La consigne« Rien pour lesboches » se répand. Lefourrage, lefoin, lespresses à foin, lesbatteuses, lesbotteleusesetc. sont sabotées et mise hors d'usage. Régulièrement les transports debovins sont attaqués au profit de l'approvisionnement duMaquis.
  •  : destruction à l'explosif d'unebotteleuse sur un wagon stationné dans la gare d'Eymoutiers par un commando dirigé parGeorges Guingouin.
  • Le premier résistant limousin arrêté est Henri Bergeal, originaire de Tulle, le par les douaniers allemands à la frontière espagnole. Il voulait rejoindre l'Afrique du Nord en tant que pilote et est déporté aucamp de concentration d'Oranienbourg-Sachsenhausen.

1943

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« Le maquis rouge en France.
Certainsterroristes s'attaquent aux groupes allemands en retraite. Ils sont capturés, ligotés, séparés et nous attendons à présent que soit déterminé leur sort. Souvent, on trouve sur eux de la propagande haineuse communiste pour séduire les adolescents[note 2]. »

Le mouvement Combat fusionne en janvier 1943 avec le mouvement Libération et le mouvement Franc-Tireur pour devenir lesMUR.

La mise en place en duSTO pour les jeunes nés entre 1920 et 1922 est un facteur décisif pour la formation et le développement des maquis. Les réfractaires, c'est-à-dire ceux qui refusent d'aller travailler en Allemagne, constituent des camps dans des fermes isolées et en forêt. Le nombre de personnes prenant le maquis est extrêmement important. Il faut l'organiser.

Georges Leblanc commande l’Armée secrète pour Limoges et est le créateur du Corps franc.

Dirigé depuis la région deBrive-la-Gaillarde puis deLimoges, ce maquis se scinde en plusieurs secteurs principaux :

Il convient également de noter l'activité considérable déployée par les corps-francs enbasse Corrèze et les agents de renseignement sur l'ensemble de la région, notammentAndré Girard (duréseau Alliance).

  •  : destruction d'une pile et deux arches duViaduc de Bussy-Varache, par le commando Georges Guingouin.
  • Fin mars : les hommes de 18 à 65 ans sont requis pour garder, la nuit, les voies ferrées… sans armes.
  • 19- : parachutage de cinq conteneurs àEspartignac,Chamboulive et sur le « terrain de la Zéré » situé aux confins deCondat-sur-Ganaveix-Salon-la-Tour-Lamongerie[5].
  • Mi-mai 1943, création du premier groupe armé de la résistance, le groupe Grandel[note 4],[6].
  •  : sabotage des chaudières de l'usine de recyclage de caoutchouc du Palais-sur-Vienne, par le commando Georges Guingouin.
  • À la mi-juillet, les hommes deGeorges Guingouin sont particulièrement actifs :
    •  : destruction d'une locomotive àPeyrat-le-Château.
    •  : destruction du canal d'amenée d'eau à la centrale électrique d'Eymoutiers.
    •  : coupure de la ligne téléphonique souterraine Bordeaux-Berlin.
    •  : coupure de la ligne destramways entreChâteauneuf-la-Forêt etLinards.
    • 18- : parachutage àVigeois[5].
  • D'août à, les opérations de répression duSD se multiplient et une série d'arrestations à lieu dans les réseaux qui sont alors désorganisés.
    •  :massacre du bois du Thouraud.
    •  : les maquisards de Blanchefort, situé àLagraulière, sont encerclés et envoyés en déportation.
    •  : cinq maquisards de Puy-Lagarde, àCondat-sur-Ganaveix, sont capturés et envoyés en déportation.
    •  : les résistants de Garabœuf, àSaint-Ybard, sont dispersés après avoir subi des pertes.
    • Les maquisards d'Espartignac, pourchassés, se replient vers Estivaux avant de se disséminer. En réponse, les groupes de résistance s'en prennent de plus en plus auxcollaborateurs. La lutte entre les deux partis devient sans merci.
    • ,Alphonse Denis, fait paraître une « feuille de chou »,VALMY !, qui va devenirL'Écho du Centre.
    • , quarante-huit otages sontfusillés au Mont-Valérien. Parmi eux se trouvent six résistants du Limousin : Armand Dutreix[7], du mouvement « Libération-Sud », arrêté le 17 avril 1943, François Perrin[8] qui avait participé à la création de « l’Armée secrète » dans la région, Maurice Schmitt[9], du mouvement « Francs-Tireurs », arrêté en juin 1943, Georges Leblanc[10] commandant « l’Armée secrète » pour Limoges, créateur du « Corps Franc », André Boissière[11],Martial Brigouleix[12] originaire de Tulle, arrêté le.
    • , l'agentGerry Morel, est arrêté à Limoges par la brigade de la Surveillance du Territoire, sur l’indication de la police spéciale locale.
  • Le, les quarante-deux membres du camp de l'Armée Secrète de La Besse défilent àSainte-Féréole. Quatre jours plus tard, ils sont dénoncés et leur camp était encerclé par des troupes allemandes. Dix-huit maquisards sont tués et huit déportés. les seize autres réussissent à se sauver.Laval envoie 4 000 GMR supplémentaires pour aider les troupes et policiers allemands à ratisser la région.
  • En automne 1943, le chef FTP Georges Logothétis rencontreHarry Peulevé, le représentant britannique duSOE en Corrèze.
  • Le, trente-neuf habitants deBort-les-Orgues sont déportés par les Allemands avec la complicité de miliciens français et de Bortois à la suite de dénonciations par lettres anonymes ou de fausses accusations. Ils sont rassemblés sur la place de la mairie, trente-cinq hommes et quatre femmes, arrêtés à leur domicile familial ou sur leur lieu de travail, sont déportés àFresnes pour être internés administratifs ou internés politiques, d'autres sont déportés dans les camps de concentration, àDachau ou àBuchenwald[13].
  •  : trois locomotives sont sabotées àUssel[14].

1944

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Mémorial du massacre du pont Lasveyras àBeyssenac le 16 février 1944.
Récit de l'embuscade deSalon-la-Tour[27]

Ladivision SSDas Reich fait mouvement à travers la France. Elle doitgagner au plus vite la Normandie pour colmater la poche qui ne cesse de s'élargir. « LeMur de l'Atlantique ne doit pas céder », a demandéRommel. Les colonnes de chars remontent lanationale 20, protégeant leur avance, dans ceLimousin infesté de maquisards, par des flancs-gardes lancés en parallèle de la division. Çà et là, des accrochages témoignent que cette précaution n'est pas inutile et les pendus qui se balancent encore,accrochés au balcons de Tulle, prouvent le désarroi des Allemands qui brûlent les fermes, fusillent des otages. C'est bientôtLimoges. Des éléments de couverture font la pause àSaint-Hilaire-Bonneval, àSalon-la-Tour.

Legénéral Lammerding, àMontauban, reçoit l'ordre de l'O.B. West3e et2e B.3638/44 enjoignant à la2e Division blindée SS de se mettre en marche immédiatement vers la régionTulle-Limoges. À son arrivée, elle recevra de nouveaux ordres de l'état-major du66e Corps de réserve. L'ordre radio divisionnaire prévoit le départ pour le à 8 heures.
Jacques Dufour « Anastasie » met l’équipe en relation avec le maquis FTP Limousin deGeorges Guingouin. Guingouin, premier maquisard de France, à la tête du maquis deSussac, est un chef particulièrement rigoureux, craint dans l'ensemble du Limousin. LeSOE ayant du mal à travailler avec lui, le major Staunton commandant la missionSalesmanII veut entrer en contact avec un autre maquisard, plus coopératif, issu des maquis de Corrèze ou de Dordogne. Il envoie Violette Szabo établir le contact avec eux. Jacques Dufour « Anastasie », chef de section des maquis de Sussac, se porte volontaire pour la conduire à son rendez-vous avecJacques Poirier àPompadour, à environ cinquante kilomètres au sud.
La tête de la colonne du4e Régiment blindé grenadierDer Führer atteint Limoges à deux heures du matin. Cette unité, partie deCaussade, compte tenu de la vitesse maximum des blindés de quarante km/h, des pauses nécessaires et de quelques accrochages, a marché remarquablement bien.
Du côté des forces de la Résistance, le colonel Guingouin, commandant la1re Brigade de marche, n'a accepté fin mai ni d'attaquer la garnison allemande de Limoges, ni de constituer un réduit sur leplateau de Millevaches.
En réponse à l'appel du généralde Gaulle, le à 18 heures : « La Bataille suprême est engagée. Pour les fils de France où qu'ils soient, quels qu'ils soient, le devoir simple et sacré est de combattre par tous les moyens dont ils disposent », en soldat, il est disposé à faire tout son devoir, les ponts routiers comme celui deMasléon sont détruits. une automitrailleuse de la divisiondas Reich est enlevée àSainte-Anne-Saint-Priest.
Violette et « Anastasie » décident d’établir un contact avecJacques Poirier àPompadour (Corrèze). Ce matin-là, le ciel était gris.

Le voyage ne doit pas excéder une heure et la voiture suivait une route sinueuse qui coupait laroute nationale de Toulouse.

Jacques Dufour s'arrête àLa Croisille-sur-Briance, où Jean Bariaud les rejoint. Il s'installe à l'arrière de la voiture et baisse la vitre pour tenir, plaquée contre la carrosserie, la bicyclette qu'il avait emmenée avec lui pour le retour dePompadour.
Un train chargé de matériel de guerre, très long, avec ses armes antiaériennes montées sur les plateformes de tête et de queue passe sur laligne Paris-Toulouse.
Sur la petite route qui rejoint Salon-la-Tour,près de la gare, Jacques Dufour conduit latraction à faible allure. À ses côtés, Violette Szabo a déposé unemitraillette sur ses genoux. Elle explique le fonctionnement d’une bombe auplastic d’un type tout nouveau, qui traîne à ses pieds, sur le tapis de la voiture.

À Salon-la-Tour, le commandant SS de la colonne de flanc-garde a établi son PC. Des éléments de couverture surveillent soigneusement les entrées du bourg. Sur la place de l'église, les véhicules blindés sont alignés. « Ce sont des Allemands ! »

Au volant de satraction, Jacques sursaute. À la sortie d'une large courbe, alors qu’il découvre l'embranchement de la route de Salon-la-Tour avec celle dela gare. « Regardez-là, dans le champ, souffle-t-il à Violette, quelque chose bouge derrière la haie ». Violette a vu elle aussi : « Ce sont des Allemands, dit-elle, j'aperçois la casquette de l'un d'eux. »
Au milieu de la route, les Allemands ont établi un poste de protection. Depuis deux jours, un ordre de laKommandantur interdit la circulation de tous les véhicules français. L'agent chargé d'informer « Anastasie » de la présence des troupes SS n'a pas pu accomplir sa mission.
Soudain une fusillade se déclenche, à la sortie du village. Les soldats courent vers leurs armes. Jacques tend sa main par la portière, tout en stoppant la voiture à moins de vingt-cinq mètres des sentinelles. Il descend et prend laSten de Violette. À l'abri de la portière, avec sang-froid, il arme la mitraillette et se tournant vers ses camarades : « Chacun pour soi ! »
Bariaud lâche le vélo qui tombe avec fracas. Il ouvre la portière et bondit sur la route, qu'il traverse d’un trait. Il détale en zigzagant dans le pré. Jacques n'a pas perdu de temps, se dégageant de la portière, il braque la Sten sur les Allemands stupéfaits et lâche posément une longue rafale qui jette le désarroi et la panique chez les soldats. Sten en main, il se laisse alors glisser dans le petit fossé qui borde la route. Violette quitte la banquette, traverse le chemin pour s'abriter derrière un arbre. Une rafale traverse la haie, Violette réplique aussitôt. « Êtes-vous folle ? rugit « Anastasie ». Venez près de moi, sinon vous n'avez aucune chance de vous en tirer ». Elle jette un œil vers le jeune homme qui s'enfuit mais n'est pas encore hors de portée, envoie une nouvelle rafale, puis rejoint Jacques dans le fossé. « Il faut quitter le chemin », souffle Violette à « Anastasie ». « La seule chance que nous ayons de nous en tirer est de fuir à travers champs ». Violette enlève ses chaussures à talons hauts et fuit à son tour, pieds nus. Alors seulement Jacques détale à son tour, alors que les balles commencent à siffler.
Bariaud saute une balustrade, sous le tir des Allemands. La rafale frappe une vieille femme. Bariaud continue sa course, sain et sauf. Il finit par rencontrer un paysan conduisant une paire de bœufs : « Ne vas pas à la gare, les boches y sont ! » Bariaud traverse carrément la voie ferrée et file vers des bosquets.
La première surprise passée, les Allemands ajustent mieux leur tir. Jacques court toujours, lâchant une rafale de temps en temps pour retarder ses poursuivants. Une fois le chargeur vide, il jette l'arme et rejoint Violette qui est en difficulté. Elle a trébuché et maintenant elle s'est foulé la cheville.
Les soldats encerclent les fuyards. Jacques essaie de porter Violette. Elle ne peut plus avancer. Des Allemands se montrent. C'est fini. Violette lui jette un dernier regard. « Fuyez ! » Jacques repart. Accroupie sous un arbre, elle constitue maintenant une cible facile pour les Allemands. Elle se relève péniblement et, adossée à l'arbre, se met à tirer à son tour. Derrière un boqueteau où il s'est abrité, « Anastasie » comprend qu'il ne peut plus lui être d’aucun secours. Violette, en tenant en respect les Allemands, permet à « Anastasie » de s'échapper, selon les ordres de Staunton[note 6].
Violette légèrement blessée au bras, uneentorse à lacheville, sans munitions, et épuisée, est finalement capturée.
Plus de cent soldats répartis dans la campagne, ratissent les haies. Ils fouillent méthodiquement la maison des Montintin près de la voie de chemin de fer le long de laquelle « Anastasie » a pris la fuite. Ne trouvant rien, la chenillette repart. Violette qui ne soupçonne pas Jacques si près d'elle, jette un dernier regard sur le lieu de sa capture.
Pendant ce temps, Jean Bariaud qui a réussi à échapper à ses poursuivants, n'a qu'une hâte : prendre contact avec le major Staunton (Philippe Liewer) qui se trouve àSussac. Après bien des difficultés, il réussit à le joindre et il l'informe de la triste nouvelle.
Violette est amenée au quartier général de laGestapo à Limoges et interrogée par le SS major Kowatch[note 7].
Le lendemain, accompagné deBob Maloubier et d’une équipe de résistants, il se rend à Limoges et surveille la prison pendant plusieurs jours. Violette est conduite deux fois par jour au quartier général de laGestapo, pour y êtreinterrogée. Ils projettent de l'enlever au cours d'un de ces déplacements. L'opération est prévue pour le.Bob Maloubier et quatre maquisards, fortement armés, doivent bondir d'une voiture et enlever Violette, tandis que le major Charles Staunton (Philippe Liewer) et six autres hommes assurent la couverture. Jacques Dufour qui entre-temps avait rejoint Staunton, doit participer à l'opération. À l'aube du, Violette est transférée de Limoges à Paris, de sorte que l'opération ne peut avoir lieu.
La déroute de l'armée allemande se dessine. Le, les SS qui ontpendu à Tulle, brûlé, tué et capturé Violette àSalon-la-Tour, partent en expédition punitive. Ils perpètrent le massacre d’Oradour-sur-Glane.
 
Article détaillé :Opération Maquis blanc.

Jean Craplet dit commandant Duret

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Jean Bernard GeorgesCraplet ditcommandant Duret ( àSaint-Omer- àAlbertville[37]) est le commandant la demi-brigade Corrèze-Nord de l'Armée secrète[38].

Saint-Cyrienpromotion 1926-1928 dusous-lieutenantPol Lapeyre[39], il prend lenom de guerre de « commandant Duret » après la dissolution de l'armée d'Armistice le après l'opération Anton et s'engage dans larésistance française[4],[40]. Commandant la demi-brigade Corrèze-Nord de l'Armée secrète, il obtient la reddition de la garnison allemandes d'Ussel[41] et se retrouve recherché activement par la brigade Jesser[42].

En 1944, il s'engage et participe aux combats de la1re armée française, de 1945 à 1947, à la tête des15e et11e bataillons de chasseurs alpins en tant que troupes d'occupation enAutriche[43],[44]. Pour ces faits d'armes il est décoré de lamédaille de la Résistance française avecRosette et de laCroix de guerre 1939-1945.

Après la guerre il est nommé à l’état-major de la27e division alpine, et fait partie, après letraité de Paris, de la commission technique qui prépare les rectifications defrontières dans les Alpes entre la France et l'Italie.Nommé colonel, il est affecté enIndochine, où il crée ungroupe mobile dont l'efficacité lui vaudra troiscitations et laCroix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs.

Revenu en métropole, il devient professeur à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr. Il est ensuite nommé adjoint au général commandant la zone deBône. Nommégénéral de brigade en 1958[45],[46], il sera promugénéral de division[47] etgénéral de corps d'armée en 1966[48]. Il devient commandant de l'École d'application de l'infanterie de à[49] puiscommandant de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr de novembre 1960 à 1962[50],[51].

Il termine sa carrière en tant qu'inspecteur général de l'infanterie[39].

Hommages

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Il est faitgrand officier de la Légion d'honneur.

La rue du Général-Craplet àClermont-Ferrand, ainsi qu'àLa Courtine lui rendent hommage[52].

Le quartier Craplet àBarcelonnette lui rend hommage jusqu'à son changement de nom[53]

Épuration

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Article détaillé :Épuration à la Libération en France.

À laLibération de la France, des comités provisoires d’épuration (non reconnus par la puissance publique) sont mis en place[54] ; ces tribunaux d'exception commettent régulièrement des exécutions extrajudiciaires[54],[55]. EnHaute-Vienne, c'est ainsi trois-cent-cinquante personnes ou plus qui sont exécutées. Dans les années 1950, un bilan inférieur de deux-cent-cinquante victimes est établi[56].

Épuration « sauvage »

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Dans une communication aumusée de la Résistance et de la Déportation de Limoges, en 2014, l'historienPascal Plas fait remarquer, à propos de l’épuration « sauvage » économique dans la grande région de Limoges, que les comités provisoires sanctionnèrent plutôt des personnes considérées« comme "mauvais chefs", […] parfois pour des situations remontant à avant la guerre […], comme si une mémoire ouvrière des conditions sociales permettait à cette occasion de "rejouer" des conflits historiques. Selon l’historien, c’est bien ici l’illustration de la "théorie des conflits emboîtés" et la réémergence d’histoire(s) ancienne(s)[54]. »

Femmes

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Articles détaillés :collaboration féminine etfemmes tondues.

Les femmes soupçonnées d'avoir eu des relations sexuelles avec l'occupant sont souvent tondues, exhibées nues et parfois aspergées à la lance d'arrosage pour les « nettoyer »[57]. Elles sont ainsi une soixantaine à Limoges.

Tribunaux

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Un tribunal improvisé, la « cour de justice militaire FFI » est mis en place du au, qui décide, sauf cas d'acquittement, de la mort dans les vingt-quatre heures[58],[59]. Sans avocat, les condamnations sont expéditives : sur une semaine quarante-cinq personnes sont exécutées, une seule acquittée. Les archives ayant été détruites par « Gandhi » (un avoué deRuffec, ancien de l'Action française nommé Raoux) qui présidait le tribunal[60], on sait peu de choses de son fonctionnement.

Ces condamnations expéditives sont juridiquement annulées parPierre-Henri Teitgen le[61].

Une cour martiale est ensuite en place du au. Une véritable cour de justice est mise en place du au et fait exécuter douze personnes[62]. Au total, quatre-vingt-treize condamnations à mort ont été prononcées et exécutées[62].

Hommages et souvenir

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À Georges Guingouin

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  • Un rond-point àFeytiat, une avenue et un pont de Limoges au-dessus de la Vienne portent le nom deGeorges Guingouin.
  • Depuis le 25 septembre 1998, le collège d'Eymoutiers est devenu le « collège Georges-Guingouin ».
  • Le peintre limousinPaul Rebeyrolle, lui aussi « exilé » dans l'Aube, puis enCôte-d'Or, a dédié en 1987 à Georges Guingouin une œuvre monumentale intituléeLe Cyclope, installée à Eymoutiers[63].

Autres

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Reconstitution historique

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Il existe auTexas un groupe de reconstitution historique[note 8] dédié à la mémoire du maquis de l'As de Cœur, de l'Armée secrète-Mouvements unis de la Résistance - Corrèze.[réf. nécessaire]

Voir aussi

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Bibliographie

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Musée

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Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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Notes

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  1. La région R5 correspond territorialement à l'ancienne12e région militaire qui comprenait lesdépartements de laCorrèze, de laCreuse, de laHaute-Vienne, de laDordogne et de laCharente mais l'article ne prend en compte que les départements de larégion du Limousin c'est-à-dire les départements de laCorrèze, de laCreuse, et de laHaute-Vienne
  2. a etbLégende historique de la photographie, rapportée par lesArchives fédérales allemandes. Consulter la page de l'image pour le texte en allemand.
  3. Il fusionnera en janvier 1943 avec le mouvement Libération et le mouvement Franc-Tireur pour devenir lesMUR.
  4. Jean Grandel maire communiste deGennevilliers, arrêté en octobre 1940, fusillé comme otage en représailles à la mort deKarl Hotz àChateaubriand avecJean-Pierre Timbaud ouGuy Môquet commandé parÉdouard Valéry (futur responsable départemental des FTP)
  5. a etbCette stèle est inaugurée en 1986, par Georges Guingouin. Dès le milieu des années 1980, des artistes locaux et renommés tels queJean-Joseph Sanfourche,Marc Petit et Pierre Digan consacrent leur art au service du devoir de mémoire, à travers la réalisation d’œuvres d'art commémoratives comme la stèle deMoissannes.
  6. Des témoins de cet accrochage ont confirmé à Philip Vickers avoir vu des soldats SS tomber à terre.
  7. Le major Kowatch qui a présidé la veille aux atrocités de Tulle.
  8. « Reenactment » en anglais.

Références

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  1. « Paul et Mouny Estrade », surcorreze.fr(consulté le).
  2. « Bernard Lelay », surcadim-angouleme.fr viaWikiwix(consulté le).
  3. Les cinq noms de Résistance de Georges Guingouin
  4. a etbLouis Le Moigne
  5. abc etdLemouzi,no 178 (avril 2006) ; Louis Bournazel,Uzerche et son pays du temps de l'occupation à la mondialisation,p. 31 à 60.
  6. Voir surjugeals-nazareth.fr.
  7. Armand Henri Dutreix surLe Maitron
  8. François Pierre Raymond Perrin surLe Maitron
  9. Maurice Schmitt surLe Maitron
  10. Georges Leblanc surLe Maitron
  11. Marcel André Julien Boissière surLe Maitron
  12. Martial Marcel Brigouleix surLe Maitron
  13. « La grande rafle du 19 octobre 1943 »,La Montagne,‎(lire en ligne)
  14. abcde etfJean-Pierre Richardot,SNCF : Héros et salauds pendant l'occupation.
  15. Emplacement de Planchetorte.
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