Avec 1 846 513 habitants d'après le recensement de 2020, Manille est la deuxième ville des Philippines, par sa population, après la ville de Quezon. Cette population, concentrée sur une superficie d'à peine 38,55 km2, fait de Manille la ville la plus densément peuplée au monde[3]. Larégion métropolitaine de Manille est l'aire urbaine la plus peuplée desPhilippines et la onzième au monde avec une population estimée à 16 300 000. La mégapole est la douzièmeau monde et sa population est estimée à 19 888 419 habitants[4].
Le nom de Manille est l'adaptation en français du nomespagnolManila, lui-même issu detagalogMaynila. Le motmay signifie « à peu près », « beaucoup » ou « caractérisé par », « pourvu de » etnila désigne une espèce demanguier[5].
La ville fut longtemps divisée en une ville coloniale, fortifiée et peuplée de colons européens,Manille à proprement parler, aujourd'hui désignéeIntramuros etBinondo, la ville indigène, celle desIndios, plus peuplée. Dans le vocabulaire espagnol duXVIe siècle, le termeIndio désigne tout natif d'une des possessions espagnoles duNouveau Monde et, par extension, des territoires colonisés après la découverte de l'Amérique, y compris en Asie.
: à la suite dubombardement de Pearl Harbor et à l'entrée des États-Unis dans laSeconde Guerre mondiale, les Américains abandonnent la ville et retirent toutes leurs installations militaires. L'aviation japonaise bombarde Manille, avant que l'armée impériale n'entre dans la ville le.
: lamarine impériale japonaise ayant refusé d'évacuer le périmètre, les Alliés reprennent la ville, au prix d'intenses combats qui détruisent la cité et entraînent la mort d'environ 100 000 civils. L'événement reçut le surnom demassacre de Manille. Manille a été l'une des villes les plus ravagées pendant la Seconde Guerre mondiale, avecNankin,Chongqing,Varsovie,Dresde,Hiroshima etNagasaki.
1948 : la ville deQuezon devient la nouvelle capitale de la République des Philippines. Manille redevient la capitale du pays le, par décret du présidentFerdinand Marcos.
La quasi-totalité de la ville se trouve sur un sol alluvionnaire déplacé par le fleuve Pasig et gagné sur la baie de Manille. Ces terres ont cependant été substantiellement modifiées par l'homme, notamment le long du front de mer.
Certaines variations altimétriques ont aussi été égalisées par l'urbanisation de la ville.
Manille occupe une superficie de 38,55 km2 et est divisé en897barangays, la plus petite unité du gouvernement local des Philippines. Pour plus de commodités administratives, tous les barangays de Manille sont regroupés en100 zones et qui sont ensuite regroupées en16 districts, qui sont enfin regroupés dans lessix circonscriptions électorales.
Voute de la basiliqueSaint-Lorenzo-Ruiz de Binondo à Manille. Cette église a été fondée en 1596 par lesdominicains pour convertir les chinois. Elle a été détruite en 1762 par les anglais, reconstruite en 1852, et redétruite pendant la seconde guerre mondiale (août 2023).Au plafond de l'église de Binondo (août 2023).
La capitale présente un aspect très contrasté. Sur la rive sud du fleuvePasig, s'étend l'ancien quartier colonial d'Intramuros, fondé en 1571 par les Espagnols, qui, dans une atmosphère paisible a conservé de surprenants exemples d'architecture duXVIIe siècle, etRizal Park, parc central de Manille où se trouve le monument au héros nationalJosé Rizal. Plus au sud, les quartiers d'Ermita et Malate, autour de sonéglise baroque, accueillent de nombreux bars et restaurants. C’est aussi là qu'on peut admirer le coucher du soleil sur labaie de Manille.
Au nord du fleuve Pasig, le quartier de Quiapo est célèbre pour son église enacier, labasilique Saint-Sébastien, son marché et sabasilique du Nazaréen noir d'où part laprocession duNazaréen noir tous les et qui rassemble des millions de dévots. Un peu plus loin le quartier de Binondo abrite le très authentiqueChinatown de la ville. Un fascinantcimetière chinois se trouve tout au nord de la ville.
L'industrie agro-alimentaire est ainsi l'un des secteurs employant le plus de personnes dans la ville, mais letourisme est aussi une activité importante. Manille est l'une des plus importantes destinations touristiques du pays avec près d'un million de visiteurs par an. La plupart des destinations touristiques sont situées dans le quartierIntramuros de Manille, c'est-à-dire la vieille ville. Dans Manille se trouvent plusieurs bidonvilles notamment àTondo.
En, lors d'une série d'opérations anti-drogue, les autorités ont fait la saisie deméthamphétamine d'une valeur de115 millions d'euros. Le ministre de la Justice Vitaliano Aguirre affirme que c'est non seulement la plus grosse saisie de l'année, mais aussi la plus grosse dans l'histoire du pays [13].
Les rues de Manille souffrent de très nombreux embouteillages chroniques. Lesjeepneys sont les principaux transports collectifs. Ce sont de vieillesJeeps de l'armée américaine, laissées sur place après laSeconde Guerre mondiale, qui ont été transformées en minibus très colorés mais aussi très polluants. Les Philippins utilisent aussi pour les courtes distances de nombreuxtricycles comme taxi pouvant accueillir jusqu'à trois ou sept personnes. La ville comprend aussi de nombreuses voitures taxi.
La ville comporte10 ponts sur la Pasig,2 ponts ferroviaires et8 ponts routiers (les ponts de Roxas, Jones, McArthur, Quezon, Ayala, Mabini, Padre Zamora et Lambingan).
MgrJose Advincula (1952), archevêque de Manille (2021-), cardinal
Gina Lopez (1953-2019), femme politique, secrétaire du département de l'environnement et des ressources naturelles, présidente de la commission de la réhabilitation de la rivièrePasig
↑Jean Amsler,LaRenaissance (1415-1600), tome II deHistoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957,p. 326-327
Christian Brincourt et Gilles Lambert,Grandir à Manille : les 75 000 enfants du Père Tritz, Bayard-Centurion, Paris, 1995, 155 p.(ISBN2-227-30406-5).
Catherine Guéguen,Les Chinois de Manille (ancrage et évolutions socio-spatiales), Université Paris-Sorbonne, 2007, 392 p. (thèse de doctorat de Géographie).
Bernard Pot, Philippines.Bibliographie thématique en langue française, annotée et commentée, SevenOrients et Geuthner, Paris, 2003. L'auteur a compilé plus de 1 700 références en français sur les Philippines. Cela va de la BD à la thèse de doctorat, en passant par les récits de voyages ou les descriptions ethnographiques. C'est la bibliographie de thèse de l'auteur.
Roland Neveu et Marc Mangin,Manille éternelle : portrait d'une ville au passé toujours présent, les Éditions d'Indochine, Paris, 1996?, 95 p.(ISBN2-911589-04-1).