Pour les articles homonymes, voirMajor (homonymie).
Une[1]major est unlabel discographique appartenant à uneentreprise multinationale à l'origine spécialisée dans les domaines autres quemusicaux, par exemplecinématographiques ouradiophoniques. En 1990, à l'âge d'or duCD, six groupes se forment dans un mouvement continu de rachats, fusions et absorptions depuis 1902. Cinq d'entre eux sont filiales de conglomérats plus grands encore :BMG,EMI,Sony Music,PolyGram,WEA etMCA[2]. Dans les années 2010, seules trois majors se partagent les parts du marché :Universal Music Group,Warner Music Group, etSony Music Entertainment[3].
Dans l'industrie musicale, le terme « major » tient son origine de l'anglais américainmajor record companies[4], qui désigne deslabels discographiques américains. Plus précisément, une major est la branchemusicale d'une multinationale spécialisée dans un domaine autre que musicaux, par exemplecinématographiques ouradiophoniques[1].
Jusqu'au début desannées 1950, le marché de la musique auxÉtats-Unis est dominé par septmaisons de disques :Capitol Records,Columbia Records,Decca Records,London Records,Mercury Records,MGM Records etRCA Victor[5]. Ils étaient appelés « majors » car ils représentent la plus grande part du chiffre d'affaires, possédaient leurs propres usines de pressage de disques et entretenaient leur propre réseau de distribution. Leslabels indépendants (à l'exception deKing Records et Modern/RPM Records) ne disposaient pas de cette profondeur de production, dépendant donc des usines de pressage indépendantes ou propres à leur label et des partenaires de distribution des majors. Fin 1954, les labels indépendants dominent le marché des disques derhythm and blues avec 23 des30 meilleurs succès et seulement sept pour les grandes maisons de disques[6].
Depuis lesannées 1960, le contenu du terme « major » évolue et désigne les maisons de disques qui connaissent les plus grands succès de vente[7]. Le succès desBeatles et d'autres groupes debeat similaires permettent àEMI de devenir une major dominante auRoyaume-Uni à partir de 1963. Il répartit ses groupes sur trois sous-labels :Parlophone,Columbia etLa Voix de son maître. Avec les débuts durock, à partir de 1970 environ, il est possible pour n'importe quel label indépendant de devenir à court terme une grande maison de disques, quelle que soit la profondeur de production avec laquelle il agit. Ainsi,RSO Records devient une major à partir de 1975 grâce au succès phénoménal desBee Gees[5]. La distinction entre les deux segments se perd donc quelque peu par moments.
Fin 1998,MCA Records, rebaptiséUniversal Music Group depuis 1996, fusionne avecPolyGram. La nouvelle structure conserve le nom d'Universal Music Group.
L'ensemble de l'industrie musicale est durement frappée par le numérique à partir de 1999. Les ventes mondiales chutent rapidement et fortement malgré de nombreuses dispositions juridiques ou de systèmes techniques de protection contre le piratage. La reprise commence en 2010[8] sous l'effet de deux phénomènes qui vont jouer concomitamment : d'une part, la forte croissance de la diffusion de musique par les plateformes de streaming et, d'autre part, la diversification des groupes qui s'adjoignent de nouvelles activités comme le management d'artistes ou la production de concerts et spectacles.
Fin 2004,Sony Music Entertainment etBMG Entertainment fusionnent pour constituerSony Music Entertainment, et, fin 2011,EMI Group est racheté parUniversal Music Group. À partir de 2012, ce sont donc troissociétés qui se partagent l'essentiel dumarché de la musique enregistrée (duphonogramme). Au premier semestre 2011, elles représentaient 71,7 % des ventes de phonogrammes (productions de musique enregistrée y compris la synchronisation) sur le marché mondial[9] :Universal Music Group (38,9 %),Sony Music Entertainment (21,5 %) etWarner Music Group (11,3 %)[3]. Ces majors comptent 70 % des parts du marché, comparé aux labels indépendants qui en comptent 30 %[10].
La fin desannées 2000 voit l'émergence de la distribution numérique. En 2008, les plateformes destreamingSpotify etDeezer lancent les inscriptions payantes qui deviennent la source principale de revenue pour les majors[11]. En 2022, les ventes numériques des majors continuent de décliner sur Spotify[12].
Le système des majors soulève de très nombreuses critiques quant à la liberté de création des artistes, mais aussi dans le débat sur la lutte contre le piratage et les téléchargements illégaux. Les majors ont également été critiquées sur la question de leurs marges qui étaient très importantes[réf. nécessaire].
Leslabels indépendants sont également très désavantagés par rapport aux majors. En raison de leur marge de manœuvre financière limitée, les labels indépendants ne sont généralement pas en mesure d'entretenir leur propre système de distribution international ou de faire une publicité coûteuse pour leurs supports sonores[13]. Le développement de nouveaux artistes représente donc encore un risque d'investissement beaucoup plus important — et peut-être existentiel — pour les petits labels que pour les majors.