| 276 038(84,6 % de la population du județ) (2011) | |
| 200 858(38,09 % de la population du județ) (2011) | |
| 150 468(72,95 % de la population du județ) (2011) | |
| 138 441(25,2 % de la population du județ) (2011) | |
| 113 541(34,5 % de la population du județ) (2011) | |
| 103 457(15,7 % de la population du județ) (2011) | |
| Population totale | 1 227 623(6,5 % de la population totale de la Roumanie) (2011) |
| Langues | Hongrois (parler sicule),roumain |
|---|---|
| Religions | Catholicisme,calvinisme,Unitarisme |
| Ethnies liées | Magyars |
Selon lerecensement de la population de2011, lesHongrois de Roumanie constituent, après lesRoumains, la deuxième plus grandecommunauté ethnique deRoumanie. Le termeroumainmaghiar ouungur (avec un u) désigne une communauté ethno-linguistique habitant dans plusieurs pays, tandis queungar (avec un a) fait référence aux habitants de laHongrie. Cependant, dans le langage courant, ces termes sont parfois confondus. Enhongrois, il n'y a pas de distinction : le motmagyar est utilisé dans les deux cas.
Parmi les 1 227 623 Hongrois de Roumanie (6,5 % de lapopulation du pays)[1], se distinguent deux groupes d'importance inégale : les 685 000 « Sicules » deTransylvanie (Székelyek, Secui) et les 119 618 « Csángó » (Ceangăi) deMoldavie ; les autres sont simplement dénommés « Magyars » (enhongrois :magyarok, enroumain :maghiari) sans autre précision.
Les Hongrois de Roumanie se concentrent essentiellement dans les grandes villestransylvaines deCluj,Oradea,Arad,Satu Mare ouTârgu-Mureș, dans la plaine à la frontière avec laHongrie (ancienpartium) et surtout dans lePays sicule, au centre de la Roumanie, où ils dépassent 70% des habitants dans beaucoup de communes. Il existe également une forte communauté magyarophone àBucarest.
Originaires de l'Oural, les Magyars, d'originefinno-ougrienne, sont arrivés dans le bassin desCarpates à la fin duIXe siècle poussés par des mouvements de populations générés principalement par l'avancée desPetchénègues. Une fois sédentarisés, ils absorbent les populations localesslaves,germaniques oulatines, se convertissent aucatholicisme et fondent ungrand royaume en union personnelle avec laCroatie[2].
LesMagyars proprement-dits (environ 390 000), sont présents en proportions diverses dans la plupart desjudețe de la Transylvanie ; ils forment la moitié des habitants duJudeț de Mureș et vivent aussi en moindre nombre dans les principales villes du pays (voir le tableau ci-dessous).
LeRoyaume de Hongrie fondé auXIe siècle est dès l'origine suzerain duvoïvodat de Transylvanie qui apparaît en même temps. Il semble que leslatinophones, lesslavophones et lesmagyars ont longuement vécu étroitement mêlés sur un territoire bien plus vaste que la Transylvanie, allant de laMer Adriatique à laMer Noire et de l'actuelleSlovaquie à l'actuelleMoldavie. En effet, selon les donnéestoponymiques etlinguistiques, les latinophones étaient, à la manière desRomanches, desLadins, desFrioulans, desIstriens et desDalmates, localement majoritaires autour de certains massifs montagneux tels que les chaînes Dinariques, lePinde, lesBalkans occidentaux, lemassif du Bihor, lesCarpates et leMăcin. Dans les plaines entourant ces massifs, la population était majoritairementslave ethongroise. Par exemple, la bourgade de Săvădisla/Szent-László vient duslave Sveti Vladislav (saint Ladislas), tandis que le pays deTârnava a en roumain un nom slave et en hongrois un nom d'originefinno-ougrienne (Küküllő) (signifiant respectivement « épineux » et « prunier »). Les noms des montagnes (Pietrosu, Găina, Codru, Pleșu, Căpățâna, etc.) sont presque tous d'originelatine, comme la rivièreArieș (enhongrois Aranyos) qui tire son nom dulatinAureus : orpailleur ; les noms de beaucoup d'autres rivières sont hérités de l'antiquité. Néanmoins, les nomsfinno-ougriens dominent le long de ces mêmes fleuves et dans les plaines, ce qui montre que les populationsmagyares étaient préférentiellement implantées le long des cours d'eau et dans les zones de végétation ouverte. De leur côté lesValaques (comme on appelait alors lesromanophones) dominaient sur les piémonts (dans lesromanies populaires deMarmatie, Oaș, Crasna, Sălaj, Lăpuș, Năsăud, Gurghiu, Toplița, Vlăhița, Bihor, Zărand, Moților, Caraș, Vâlcu, Montana, Hațeg, Petroșani, Amlaș, Cibin,Făgăraș et Bârsa) où ils s'adonnaient à l'élevage extensif, surtout ovin (c'était encore le mode de vie traditionnel de la plupart des Roumains transylvains auXIXe siècle)[4].
Toutefois, il n'y a avant la fin duXVIIIe siècle aucune statistique ethnique en Transylvanie, seules des données religieuses fragmentaires existent. On ne peut donc pas savoir quelle communauté linguistique était majoritaire à telle ou telle époque, on sait seulement que toutes sont là depuis très longtemps et que la communauté magyare y a laissé de nombreux noms de lieux, surtout en plaine. Elle est aujourd'hui présente dans tous lesdépartements de la Transylvanie, dans des proportions diverses allant de 4 %, à la majorité (dans deux départements :Covasna etHarghita).
Sur le plansocial, ces communautés n'ont pas toujours été égales. En tant que conquérants et guerriers, beaucoup de Magyars dont les Sicules, étaient des hommes libres, de même que lesSaxons établis ici à l'initiative de la couronne hongroise. Initialement, tous étaientcatholiques romains. C’est parmi eux que se recrutaient lesaristocrates, tandis que lesserfs étaient fort rares. À l’inverse, la grande majorité desorthodoxes, dont les Roumains, étaient réduits au servage, soit qu'ils aient été conquis (thèse roumaine), soit qu’ils soient venus d’ailleurs mais sans avoir été invités par la Couronne (thèse hongroise). En fait à l’origine (duXIe siècle auXIVe siècle), les documents fonciers ou juridiques et les édits royaux mentionnent aussi desjoupans et desboyards orthodoxes jouissant defranchises spécifiques, avec des noms slaves et roumains (parfois d'originecoumane), mais ils se raréfient ensuite, pour disparaître complètement auXVe siècle par intégration à lanoblesse hongroise (cas deIancu de Hunedoara/Hunyadi János), par émigration vers laMoldavie et laValachie, ou par chute dans la conditionservile à la suite de la perte de leurs franchises après l'échec de larévolte de Bobâlna en1437[5] le raidissement des Ordres privilégiés aboutit en1438 à la constitution de l’« Union des trois nations », charte qui enlève aux Roumains leursfranchises et fige la société transylvaine dans un ordre social où seuls les catholiques (Magyars, Sicules et Saxons) sont reconnus comme « nations », et qui était visible dans l’habitat traditionnel[2].
Cet habitat était centré sur unmanoir fortifié, voire unchâteau magyar ou saxon (souvent aux pieds d’unecitadelle), proche d'une église catholique (ou, plus tard,protestante) elle aussi fortifiée, entourés de quelques grosses maisons en pierre d'artisans, de marchands, de fermiers ou de guerriers eux aussi magyars ou saxons, elles-mêmes dominant une foule de maisonnettes en bois etpisé, auxtoits de chaume ou aux tuiles en bois, avec une église également en bois, égrenées vers les forêts ou les cultures environnantes et habitées par des serfs en majorité roumains, paysans, bûcherons ou bergers illettrés, paroissiens, pour la plupart, d'unpope sachant juste lire les caractères gréco-cyrilliques de la liturgie orthodoxe. Les grosses villes étaient presque exclusivement magyares ou saxonnes, tandis que les villages isolés de la montagne étaient presque exclusivement roumains. Lajacquerie deGheorghe Doja/Dózsa György en1514 ne parvient pas à ébranler cet ordre, qui perdurera jusqu'auXVIIIe siècle et à larévolution transylvaine de 1784. LesTrois Nations restent, en Transylvanie, maîtresses de la terre, de l'économie et du pouvoir politique jusqu'en1918, y compris durant la période d'indépendance de la Transylvanie (1525-1699)[6].
En conclusion, la communauté magyare de Roumanie, en tout cas de Transylvanie, a un riche passé qui fait partie de son identité et dont elle est fière, car elle se situait, pour beaucoup de ses membres, au sommet de la pyramide sociale et culturelle. Mais sans doute a-t-elle intégré au fil des siècles bien des Roumains, car l’« ascenseur social » médiéval menait à l’embourgeoisement ou à l’anoblissement en passant par l’adoption de la langue et des coutumes magyares ou saxonnes, et par la conversion aucatholicisme ou, plus tard, à laRéforme (à laquelle on doit, d’ailleurs, les premiers textes -bibliques- enroumain)[2].
Avec larévolution transylvaine de 1784 et l'émergence dunationalisme romantique auXIXe siècle, les relations se tendent entre les nationalités de Transylvanie. Les privilèges de l'aristocratie hongroise sont contestées, y compris parmi les magyars. Mais en1848, larévolution magyare et larévolution roumaine s'affrontent l'une contre l'autre, ce qui précipite leur échec et la victoire des conservateurs.
Lors du compromis de1867 qui transforme l'empire d'Autriche enAutriche-Hongrie, la noblesse et lesjacobins hongrois se trouvent sur une position commune et obtiennent satisfaction : l'autonomie de la Transylvanie est supprimée et le pays est directement rattaché à laHongrie. Cela inaugure une politique de magyarisation forcée qui dresse les Roumains de Transylvanie contre leurs voisins Hongrois, et « refroidit » les relations de ces derniers avec lesSaxons.



La proclamation par les Roumains de l'union de la Transylvanie à laRoumanie le, à l'issue de laPremière Guerre mondiale, rencontre l'opposition de l'assemblée générale des Hongrois, tandis que certains députés Roumains et Saxons transylvains sont hésitants jusqu'à ce qu'unpouvoir bolchévik soit instauré parBéla Kun en Hongrie en1919, tentant vainement de reprendre la Transylvanie, alors gouvernéede facto par le « Conseil national des Roumains de Transylvanie,Banat,Crișana etMaramureș » (Consiliul Dirigint), le gouvernement hongrois non-communiste d'Oszkár Jászi (en) et l'état-major du général roumainAlexandru Averescu[7],[8]. En 1920, autraité de Trianon, quelque 1 662 000 Hongrois transylvains deviennentde jure citoyens roumains, soit 32 % de la population de Transylvanie et 18% de celle de la « grande Roumanie ».
Lanoblesse hongroise qui détenait la majeure partie des terres transylvaines, en est privée par les réformes constitutionnelles et agraires roumaines de 1921-1923, qui répartissent ces terres entre les paysans roumains, devenus fermiers. Les domaines des Églises hongroises sont également confisqués. La paysannerie reçoit le droit de vote et beaucoup de nobles s'expatrient ; certains, telsFerenc Nopcsa, se suicident. La langue roumaine est officiellement promue par tous les moyens : les tribunaux n'acceptent plus que des affaires en roumain. Les noms de lieux et de rues qui, enTransylvanie austro-hongroise, étaient officiels seulement dans leurs formes hongroises, seules jugées historiques[9], sont désormais officiels seulement dans leurs formes roumaines, même dans les localités comptant une majorité magyarophone. Les panneaux bilingues des commerces et entreprises étant doublement taxés, ont tendance à se raréfier. Dans beaucoup d'écoles et de lieux publics apparaissent des pannonceaux : « ici on ne parle que roumain ». Pour inverser le cours de lamagyarisation des années 1867-1918 (magyarosítás définie en 1907 par la « loi scolaire Apponyi »), une politique deroumanisation (românizare) est mise en place en Transylvanie[10].
Pour défendre leurs intérêts, les Hongrois de Transylvanie s'organisent en associations (dont beaucoup sont confessionnelles) et partis politiques ; ils parviennent à sauver leurs écoles, journaux, théâtres et université, mais sont désormais une minorité dépourvue de tout avantage. En1940, leDeuxième arbitrage de Vienne rend à la Hongrie la moitié nord-est de la Transylvanie avec lePays sicule, où les Hongrois sont les plus nombreux. De toutes ses pertes territoriales de 1940, laRoumanie ne récupère autraité de paix de Paris de1947 que cette Transylvanie septentrionale, en raison de l’engagement roumain auprès des Alliés en 1944-1945, et parce que lerégime Szálasi a maintenu la Hongrie aux côtés de l’Allemagne jusqu’au bout[11].
Sous lerégime communiste, les Hongrois de Transylvanie, sur le modèlesoviétique, bénéficient d'uneRégion autonome magyare dotée d'institutions propres, où la langue officielle est le magyar. Elle correspondgrosso modo auPays sicule. Mais lerégime Ceaușescu y met fin en1968, puis commence à supprimer les unes après les autres les écoles, sociétés et facultés hongroises, relançant une politique deroumanisation. Dans les années 1970-1980,Amnesty International prend fait et cause pour les Hongrois de Transylvanie victimes de discriminations.
Lalibération de1989 et le rétablissement de ladémocratie (après 51 ans d'éclipse) permet aux Hongrois de Transylvanie de revendiquer la restitution de leurs biens, la réouverture de leurs institutions et établissements d'enseignement, une autonomie culturelle. Ils forment pour cela despartis politiques, dont le plus ancien est l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) qui a joué un rôle important sur la scène politique roumaine après la chute ducommunisme, et a souvent affronté lerégime de l'ex-communiste Iliescu. Assez souvent depuis 1996, l'UDMR a fait partie duGouvernement de la Roumanie, pesant à chaque fois du côtéoccidental, favorable à l'intégration dans l'OTAN et l'UE. Grâce à la forte présence de l'UDMR dans la politique roumaine contemporaine, les Magyars sont représentés de façon permanente par un groupe dedéputés et desénateurs dans leParlement roumain.

C'est la déclaration selon la langue maternelle et usuelle aux agents du recensement qui détermine les très précis chiffres officiels. Selon les données du recensement de 2011, 1 227 623 personnes déclarent appartenir à la minorité nationale hongroise, constituant 6,5 % de la population du pays et 18 % de la population de la Transylvanie. En réalité les « marges » de la communauté sont plus floues, car il existe de nombreux couples mixtes et personnes bilingues. Par ailleurs, les proportions varient d'un recensement à l'autre, des dizaines de milliers deRoms transylvains trilingues (romani, roumain, magyar) pouvant se déclarer tantôt Roms, tantôt Roumains, tantôt Hongrois aux recensements[12].
Dans les cas de bilinguisme, ce sont les chiffres publiés par les instancescléricales de chaqueconfession qui complètent les données linguistiques. Depuis l'« édit de tolérance »transylvain de 1565, la majorité des Hongrois sont de tradition soitcatholique romaine soitprotestante ; les Roumains sont de traditionorthodoxe oucatholique grecque, sans que « tradition » signifie forcément « pratique régulière » ni même « conviction intime »[13] : en 2011 les Hongrois de Roumanie étaientréformés à 45,9 %,catholiques à 40,8 %,unitariens à 4,5 % etorthodoxes à 2,1 % (surtout parmi les Csángós)[12].
LesSicules de Roumanie (environ 685 000[14]), sont majoritaires dans lesdépartements transylvains deCovasna etHarghita, mais présents aussi ailleurs : parmi les Hongrois de Roumanie, ce sont les plus nombreux.
Dans l'est duvoïvodat de Transylvanie, comme dans certaines zones de l'actuelleSlovaquie, s'établissent desSicules (en magyarszékelyek: « établis »), delangue magyare, mais peut-être d'origineturcophone. AuXIIIe siècle arrivent enfin lesSaxonsgermanophones, dont un important groupe s'établit dans le sud de la Transylvanie. Dans le centre de la Hongrie, s'installent en outre desIasses (dans l'actuel comté hongrois de Jász-Nagykun-Szolnok, qui garde leur nom), desCoumans (dans les actuels comtés de Jász-Nagykun-Szolnok et de Bács-Kiskun, appellations où leur nom est présent) et desPetchénègues. Ancêtres desRoumains, les « Valaques » (en magyaroláhok) qui n'ont pas été assimilés et sont restésorthodoxes, sont asservis. Encore aujourd'hui, la majorité desroumanophones sontorthodoxes ; toutefois une partie d'entre eux est passée dans l'obédience de Rome par lesynode de1698.
En1438, les Sicules ont été membres de l'Union des trois nations. Au siècle suivant, laRéforme séduit la moitié des Sicules (ceux d'Udvarhély, moitié ouest duHargita, tandis que ceux du Csik, moitié est du Hargita, et ceux duHaromszék sont restés catholiques) : encore aujourd'hui, les Sicules forment le gros de la communauté protestante de Roumanie. Deux tiers sontcalvinistes, un tierscatholiques.
Les Csángó (enhongrois :Csángók ; enroumain :Ceangăi) sont unecommunauté ethnique deRoumanie, de languehongroise etroumaine, vivant principalement enMoldavie roumaine, autour deBacău, à l'est dupays sicule. Il existe également des communautés csángós versBrașov et àBucarest. Leurdialecte hongrois, le csángó, comporte de nombreux archaïsmes et une large part de lexiqueroumain. EnRoumanie, ils bénéficient d'un statut decommunauté ethnique, laCommunauté csángó de Roumanie, distincte de la communauté magyare.
Lors du recensement roumain de2002, 1 370 personnes se sont déclarées appartenir à la communauté csángó, essentiellement dans leJudeț de Bacău. La présence d'une forte communauté catholique romaine (119 618 en2002) dans un pays majoritairement orthodoxe laisse penser à une forte roumanisation des Csángós, au point qu'une bonne partie d'entre eux ne revendique plus cette appartenance culturelle.
| Année | Hongrois | Personnes de langue maternelle hongroise | ||
|---|---|---|---|---|
| Nombre | Pourcentage | Nombre | Pourcentage | |
| 1930[15] | 1 425 507 | 7,9 % | 1 552 563 | 10,9 % |
| 1948[16] | 1 499 851 | 9,4 % | ||
| 1956[16] | 1 587 675 | 9,1 % | 1 653 700 | 9,5 % |
| 1966[16] | 1 619 592 | 8,5 % | 1 651 873 | 8,6 % |
| 1977[16] | 1 713 928 | 7,9 % | 1 720 680 | 8,0 % |
| 1992[16] | 1 624 959 | 7,1 % | 1 639 135 | 7,1 % |
| 2002[17],[18] | 1 431 807 | 6,6 % | 1 443 970 | 6,6 % |
| 2011[1] | 1 227 623 | 6,5 % | 1 259 914 | 6,7 % |
| Département | Hongrois | Personnes de langue maternelle magyare | ||
|---|---|---|---|---|
| Nombre | Pourcentage | Nombre | Pourcentage | |
| Harghita | 257 707 | 85,21 | 261 417 | 86,43 |
| Covasna | 150 468 | 73,74 | 153 728 | 75,33 |
| Mureș | 200 858 | 38,09 | 206 412 | 39,14 |
| Satu Mare | 112 588 | 34,65 | 129 887 | 39,96 |
| Bihor | 138 213 | 25,27 | 144 377 | 26,40 |
| Sălaj | 50 177 | 23,35 | 50 928 | 23,69 |
| Cluj | 103 591 | 15,93 | 102 966 | 15,82 |
| Arad | 36 568 | 9,03 | 36 904 | 9,11 |
| Brașov | 39 661 | 7,69 | 39 699 | 7,70 |
| Maramureș | 32 618 | 7,22 | 32 199 | 7,13 |
| Timiș | 35 295 | 5,57 | 33 944 | 5,35 |
| Bistrița-Năsăud | 14 350 | 5,53 | 13 777 | 5,02 |
| Alba | 14 849 | 4,61 | 14 478 | 4,50 |
| Hunedoara | 15 900 | 4,04 | 15 300 | 3,89 |
| Sibiu | 10 893 | 2,93 | 9 979 | 2,68 |
| Caraș-Severin | 3 276 | 1,19 | 2 628 | 0,97 |
| Bacău | 4 373 | 0,75 | 5 062 | 0,87 |
| Bucarest | 3 463 | 0,21 | 3 308 | 0,20 |
Le nombre des Magyars de Roumanie a baissé de 200 000 environ entre les recensements1992 et de2002, sans que ce soit forcément une diminution réelle de la communauté : d'une part on ne peut pas croiser les statistiques ethniques avec celles de l'émigration des citoyens roumains car l'identité ethnique ne figure pas sur le passeport et les documents d'identité roumains, et d'autre part on observe des variations dans les déclarations des personnes recensées (de plus en plus déclarent simplement leurcitoyenneté, notamment parmi les familles mixtes et lesRoms)[19].

Selon le recensement de 2001, 98,3 % des personnes s'identifiant comme hongroises ont le hongrois comme langue maternelle et 1,7 % le roumain. De plus, 14,6 % des personnes s'identifiant comme allemandes, 5,3 % de celles s'identifiant comme roms, 11,6 % de celles s'identifiant comme juives, et seulement 0,1 % de celles s'identifiant comme roumaines, ont le hongrois comme langue maternelle[20].
Dans leslocalités où la communauté hongroise représentent plus de 20 % de la population, les personnes concernées ont le droit de s'adresser auxautorités enhongrois. Dans ces localités, les inscriptions publiques peuvent être et sont pour la plupart bilingues (roumain/hongrois).
À la suite de l'adoption de laRéforme protestante qui encourageait les fidèles à lire et à interpréter eux-mêmes laparole de Dieu, un nombre croissant de Magyars ont eu accès à l'éducation à partir duXVIe siècle. Après larévolution de 1848 et notamment à la suite des nouvelles politiques éducatives de l'empire d'Autriche-Hongrie, le pourcentage d'individusalphabétisés s'accrut de façon significative. Ainsi, au tournant du siècle, le taux d'alphabétisation enTransylvanie était comparable à celui qu'on trouvait dans les pays de l'Europe de l'Ouest[21].
Conformément auxlois roumaines, les Magyars de Roumanie peuvent suivre le parcours éducatif dans leurlangue maternelle. Dans leslocalités où ils représentent plus de 20 % de la population, ils ont le droit de s'adresser auxautorités enhongrois. D'après le recensement de1992, 98 % des Magyars au-dessus de l'âge de 12 ans avaient suivi un parcours éducatif. Par ailleurs, plus de 30 % descours proposés par l'université Babeș-Bolyai deCluj-Napoca, la plus grandeuniversité du pays, sont donnés en hongrois.
Les Hongrois ont marqué profondément laculture de la Transylvanie.
À présent il y a plus de 300institutions,associations et organisations culturelles hongroises en Roumanie, dont quelques-unes, telles que lesthéâtres deCluj-Napoca, deTârgu Mureș ou deTimișoara, se sont forgé une réputation internationale.
La communauté hongroise dispose aussi d'un réseau demaisons d'édition et dejournaux (magazines culturels y compris) en hongrois. En outre, on trouve deslivres en hongrois dans toutes leslibrairies et dans toutes lesbibliothèques des zones habitées par les Hongrois.
Deux chaînes de latélévision nationales ainsi que plusieurs chaînes privées proposent desémissions en hongrois. Il y a aussi des stations deradio qui émettent en hongrois.
Parmi les nombreuxartistes hongrois transylvains ou d'origine transylvaine, rappelons l'écrivainAttila Bartis, lemetteur en scèneGábor Tompa ou le sculpteurAlbert György.
Les Hongrois se sont illustrés en plusieurs domaines scientifiques. Certains chercheurs, tels queJános Bolyai, ont contribué d'une manière décisive au développement dessciences.
La législation roumaine distingue lacitoyenneté (cetățenie) selon ledroit du sol, de l'appartenance ethnique (naționalitate) selon ledroit du sang. Selon la notion decetățenie, tous les citoyens roumains sont égaux en droits et leur appartenance ethnique relève de la sphère privée, ne doit figurer sur aucun document d'identité, et toute discrimination (embauche, logement...) est punie par la loi ; mais d'un autre côté, selon la notion denaționalitate, 20 communautés ethniques (comunități naționale) sont officiellement reconnues par la loi en Roumanie, et tout citoyen peut se réclamer de l'une d'elles, au moment du recensement, pour l'utilisation de sa langue dans certaines sphères culturelles et éducatives, ou pour former unparti politiqueethnique.
Les Hongrois de Roumanie disposent de troispartis ethniques représentant leurs intérêts :
L'UDMR qui a joué un rôle important sur la scène politique roumaine depuis la chute ducommunisme, alors que le PCM, fondé en2008, et le PPMT, fondé en 2011, ne sont représentés ni à laChambre des députés ni auSénat.
À la suite desélections législatives de 1996, l'UDMR a fait partie de pour la première fois d'ungouvernement de coalition, ayant deux portefeuillesministériels.
Au cours de lalégislature 2004-2008, l'UDMR a occupé 10 places dans leSénat (soit 6,23 % du total) et 22 places dans laChambre des députés (soit 6,17 % du total). En tant que membre de la coalition de gouvernement, l'UDMR a eu quatre portefeuilles ministériels, alors que son président,Béla Markó, a été levice-Premier ministre de laRoumanie. Entre 2009 et 2012, l'UDMR a également participé aux gouvernementsBoc II etGouvernement Ungureanu. En 2014, elle participe augouvernement Ponta III, où son président,Hunor Kelemen, détient le poste de vice-premier ministre et de ministre de la culture, etAttila Korodi, celui de la santé.
| Communautés ethniques officiellement reconnues | |
|---|---|
| Autres minorités ethniques anciennes | |
| Autres minorités ethniques récentes | |
| Roumains | |