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Maghreb

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Cet article possède desparonymes, voirMachrek etMaghrib.

Maghreb

المغرب العربي (ar)
ⵜⴰⵎⴰⵣⵖⴰ 
(ber)

Image illustrative de l’article Maghreb
En vert, les pays membres de l'Union du Maghreb arabe.
Administration
Démographie
GentiléMaghrébins, Maghrébines
Population101 095 436 hab.(2019)
Densité17 hab./km2
Langue(s)arabe,arabe maghrébin,berbère,français
PIB(2017)
 ·PIB/hab.
1 155,777 milliards de dollars
9 835 $
Géographie
Coordonnées30° nord, 5° est
Superficie6 041 261 km2
Divers
MonnaieOuguiya mauritanienne,peseta sahraouie,dirham marocain,dinar algérien,dinar tunisien,dinar libyen
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LeMaghreb (arabe :المغرب (al-Mağrib) est une zone géographique située enAfrique du Nord à l'Ouest de l'Égypte. Le terme tire son origine du point de vue desArabes auVIIe siècle qui voient cette région comme la partie occidentale du monde géographiquement connu. Lecalifat omeyyade regroupe alors ses possessions nord-africaines à l'ouest de l'Égypte sous une même province (wilāya)[1].

Sous l’influence du nationalisme arabe moderne (XXe siècle), l’expression « Maghreb arabe » apparaît officiellement pour la première fois en 1948, lors de la création du « Comité de libération du Maghreb arabe ». En réalité, cette appellation idéologique, qui, contrairement au Machrek, éprouve le besoin de préciser le caractère ethnique, dissimule une arabisation tardive et partielle, ainsi que l’existence d’un fond de peuplement berbère et de vastes zones demeurées berbérophones. Le Maghreb est également un découpage de l'espace nord-africain et une construction historiographique héritée de la période coloniale. Il permet ainsi une délimitation essentiellement centrée sur la sphère d'influence française autour du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie[2].

À l'ouest dugolfe de Syrte pendant lacolonisation française, le terme Maghreb au sens strict désignait l'Afrique française du Nord (AFN) qui englobait l'Algérie, leMaroc et laTunisie. Apparue dans les années 1950[3], la notion de « Grand Maghreb » se réfère à un espace qui inclut également laLibye et laMauritanie, ainsi que le territoire contesté duSahara occidental. Elle fait référence à un espace géographique, mais ce concept reste peu utilisé[4]. Le territoire de l'Azawad (partie nord duMali) et l'Ouest duNiger, sont culturellement proches du reste du Maghreb. La limite orientale, elle, est plus floue : laCyrénaïque, en Libye, reste fortement influencée par leMachrek[5], tandis queSiwa,Qara etcertaines villes de l'ouest de l'Égypte[Lesquelles ?] sont des oasisberbérophones en territoire égyptien. Lesîles Canaries, à l'ouest du Maroc, font partie de l'aire historico-culturelle berbère mais n'ont jamais étéarabisées niislamisées, et ne font pas partie du Maghreb.

Le Maghreb occupe unesuperficie d'environ cinq millions de km2 partagés entre lebassin méditerranéen et ledésert duSahara, qui recouvre la majeure partie de son territoire : la population, d'environ100 millions d’habitants, est de ce fait très inégalement répartie, et concentrée principalement sur lesplaineslittorales.

Le Maghreb, situé à la croisée dumonde arabe et des civilisationsméditerranéenne et africaine, forme depuis plus d’un millénaire une unité géographique caractérisée culturellement par la fusion d'éléments arabo-berbères[6]. Ses habitants, appelésMaghrébins, descendent essentiellement de son peuplement berbère autochtone. Au cours de l'Histoire se sont agrégées différentes vagues (Phéniciens, Vandales, Romains...), avant l'arrivée des Arabes auVIIe siècle. Il s'ensuit un large mouvement, quasiment complet, d'islamisation des populations, mais également un autre plus progressif et incomplet d'arabisation : letamazight (berbère) comporte encore des millions de locuteurs au Maghreb. La majorité de la population estarabophone, mais l'essentiel du peuplement maghrébin est composé deBerbères arabisés. Bien qu'éloignés l'un de l'autre par divers aspects, le Maghreb et le Machrek sont néanmoins liés par lalangue arabe et laculture islamique. L'histoire contemporaine du Maghreb est marquée par laprésence ottomane et lescolonisationsfrançaise,espagnole,portugaise etitalienne, mais aussi par sa proximité avec l'Europe de l'Ouest. Depuis 1989, une tentative de rapprochement politique et économique a été initiée avec la création de l'Union du Maghreb arabe.

Étymologie et dénominations

Le termeMaghreb provient de l'arabeMaghrib, qui désigne le couchant, l'ouest, l'occident, en opposition auMashriq, leLevant[7], c'est-à-dire « l'Orient », qui s'étend de l'Égypte à l'Irak et à lapéninsule arabique[8],[9].

Les différentes dénominations utilisées pour désigner le Maghreb en arabe sont :Al-Maghrib (المغرب) « le Couchant, l'Occident »,al-Maghrib al-Arabi (المغرب العربي) « l'Occident arabe », ouAl-Maghrib al-Kabir (المغرب الكبير) « le grand Maghreb ». Le Maghreb est aussi parfois surnommé l'Occident musulman[10].

Les géographes arabes délimitaient trois zones au Maghreb : Al-Maghrib al-Aqsa (Extrême-Maghreb ou Maghreb occidental, actuel Maroc),Al-Maghrib al-Awsat (Maghreb central, actuelle Algérie) etAl-Maghrib al-Adna (Proche-Maghreb ou Maghreb oriental, actuelle Tunisie, et incluant parfois la Libye)[11].

LesArabes utilisèrent d'abord le nom deJezirat Al-Maghrib, qui signifie « Île de l'Occident »[9], mettant alors en avant la situation de la région apparemment isolée entre unemer et undésert.Al-Maghrib en arabe désigne de nos jours aussi leMaroc ; toutefois, la langue distingue le termeAl-Maghrib Al-Araby (littéralement « Le Couchant arabe » mais souvent traduit par « Maghreb arabe ») deAl-Maghrib Al-Aqsa, qui signifie, pour désigner le Maroc « l'Occident lointain »[9].

Des activistesberbères utilisent le néologisme deTamazgha (ⵜⴰⵎⴰⵣⵖⴰ entifinagh), contestant l'appellation « Maghreb », au motif qu'elle n'est pas le nom originel de la région mais un terme employé dans l'historiographie arabo-musulmane, mais certains Maghrébins rejettent le mot Tamazgha qu'ils estiment être un néologisme qui n'a aucune historicité d'usage. Toutefois, ce terme dénote une certaine variété d'appréciation selon les tendances de ces activistes qui dépasse parfois le cadre géographique[12] ; ils ne l'appellent pas non plusBarbarie, terme qui vient de sa désignation, à l'époque de la Renaissance, par lesItaliens, lesFrançais et lesEspagnols.

Par le passé, cette région était connue sous le nom de « Libye », que l'on appelle aujourd'hui laLibye antique, ou encoreIfriqiya, qui a donné son nom à l'Afrique.

Au Moyen Âge, le terme Maghreb désigne une partie de l'actuel Maghreb et comprend aussi leMaghreb al-Aqsa[13]. Le traducteur d'Ibn Khaldoun dit que le Maghreb al-Aqsa est l'actuelMaroc. LeMaghreb al-Awsat serait l'actuelle Algérie (provinces d'Alger et d'Oran) et le Maghreb al-Adna correspondait à l'Ifriqiya (Tunisie actuelle, ainsi qu'une partie de laLibye qui comprendTripoli ; sous lesHafsides, s'ajoutaient également les provinces desZibans, deConstantine, deBéjaïa). Ibn Khaldoun remplace parfois Maghreb al-Aqsa par Maghreb. Il donne ainsi Asfi (Safi) comme limite occidentale, et borne ce territoire par la chaîne de l'Atlas jusqu'àAgadir, situé entre laMoulouya, la mer, l'Atlas et la province deSouss.

Bien que la plupart des chroniqueurs et géographes de cette période fassent correspondre l'ensemble maghrébin à l'Afrique septentrionale, comprenant parfois laCyrénaïque, l'Égypte jusqu'à lamer Rouge, le géographe arabe médiévalAl-Maqdisi comprend par Maghreb, l'Afrique du Nord, l'Espagne et la Sicile[14].

La dimensiongéopolitique du terme et sesreprésentations amènent, elles, une approche différente du terme. Ainsi, le terme « Maghreb », en désignant le territoire composé de l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, est entendu dans une « acception restreinte »[8], voire une « acception française », selon la géographe Karine Bennafla[9]. Celle-ci relève par ailleurs, comme d'autres auteurs, que son usage est le fait desnationalistes arabes dans le but de promouvoir cet ensemble géographique, alors que les « autorités coloniales parlaient [elles] d'Afrique du Nord » pour le désigner[9],[14]. On trouve aussi d'autres usages au cours de la période coloniale, avec « Afrique septentrionale, Berbérie », ce qui permettait de distinguer cet ensemble du monde arabo-musulman, pour mieux l'assimiler[14]. Cet usage se fait à partir de 1956, dans le contexte de lacrise de Suez[15].

Selon Rabah Kahlouche, de l'université de Tizi Ouzou, l'usage de l'épithète « arabe » dans lesyntagme « Maghreb arabe » n'est popularisé largement, qu'à partir de la fin des années 1940[16],« de manière rare et marginale »[14] : ainsi en 1947, au Caire, est fondé notamment le « Comité de Libération du Maghreb Arabe », à partir de sept partis nationalistes originaires des trois pays d'Afrique du Nord[17]. Ainsi sous l’influence du nationalisme arabe moderne, l’expression « Maghreb arabe » n'apparaît officiellement pour la première fois en 1948, lors de la création du « Comité de libération du Maghreb arabe »[18],[19],[20],[21].

Historiquement, l’expression « Maghreb arabe » implique que le Maghreb serait arabe au même titre que le Machrek, une assimilation qui ne s’impose pourtant pas d’elle-même. En réalité, le Maghreb s’en distingue par une arabisation tardive et encore incomplète, laquelle a permis le maintien de vastes espaces berbérophones, aussi bien dans les zones montagneuses —Aurès,Kabylie, Atlas,Rif etHoggar — que dans les oasis sahariennes, deSiwa en Égypte jusqu’au Mzab en Algérie, en passant par le Djébel Nefoussa en Libye. L’idéologie arabo-islamique ne nie pas totalement cette situation, mais tend à en atténuer la portée, notamment en s’appuyant sur des prétentions qui présentent les Berbères comme des cousins des Arabes originaires duYémen. Cette démarche n’empêche toutefois pas la négation de l’existence de la ou des langues berbères, au profit de l’affirmation de l’arabe comme unique langue écrite légitime. Par ailleurs, certains auteurs arabo-musulmans manifestent une propension marquée à reléguer l’ensemble du passé antérieur à la conquête arabo-musulmane dans l’obscurité de la « jahiliya » (ignorance avant l'avenement de l'islam dans l'historiographie arabo-islamique)[21].

Il réapparaît de manière plus affirmée en 1989, avec la création de l'organisation régionaleUnion du Maghreb arabe (UMA), qui réunit les trois pays de l'Afrique du Nord — Algérie, Maroc, Tunisie — ainsi que la Libye et la Mauritanie[14]. Rabah Kahlouche parle ainsi de redondance dans l'emploi de ce terme — puisque selon lui le Maghreb est la partie occidentale du monde arabe —, et l'analyse comme un « besoin de réaffirmer et d'insister sur l'identité arabe du nord de l'Afrique [...] chez les dirigeants maghrébins »[14]. Cette insistance pourrait ainsi être considérée comme une réponse à l'ancienne qualification coloniale, mais aussi au régionalisme berbère[14].

Histoire

Article détaillé :Histoire du Maghreb.

Préhistoire

L’inclination de la terre a changé générant unedésertification rapide duSahara environ3 500 avant l'ère chrétienne (5500avant le présent)[22]. Cela conduisit à une barrière qui limitait le contact entre le Maghreb et l'Afrique subsaharienne.

Cette région qu'est l'Afrique du Nord est peuplée dès laPréhistoire par plusieurs peuples :

Antiquité

À partir du début de l'Antiquité, l'Afrique du Nord est très diverse, plusieurs peuplesberbères,égyptiens etarabes coexistent mais avant l'arrivée des Romains, les berbères ne se sont jamais définis eux-mêmes comme unpeuple : durant toute leur histoire, ils ont été divisés en plusieurs tribus, et devaient plutôt s'identifier en référence à ces dernières[30]. Les Romains désignent ces peuples par le termebarbarus, puis récupéré par lesArabes en barbar. À partir duVIIIe siècle av. J.-C., lesPhéniciens un peuple sémitique immigré duMoyen-Orient, installent descomptoirs partout à travers l'Afrique du Nord dont le plus prospère estCarthage et colonise les peuplesberbères.

LesPhéniciens vont immigrer massivement, et leurs poids démographique et culturel vont se faire ressentir.En parallèle, ils vont se métisser avec les populations berbères, ce qui va donner naissance aux Lybo-phéniciens : ils sont mentionnés pour la première fois parHécatée de Millet, cité parÉtienne de Byzance.Un texte très controversé,Le Périple d'Hannon, les mentionne.Polybe les considère comme des sujets desCarthaginois ayant les mêmes lois qu'eux en tant que métis phéniciens-berbères. PourDiodore de Sicile (XX, 55, 4), il s'agirait d'habitants des villes maritimes qui possédaient leconubium (le droit de mariage) avec les Carthaginois et devaient leur nom à ce mélange d'ethnies[31],Tite-Live les considère comme un mélange dePuniques et d'Africains.Strabon, (XVII, 3, 19) place leur origine entre le littoral carthaginois et les montagnes deGétulie.Pline (Histoire naturelle, V, 24) dit qu'ils habitent leBuzakion. Ce que précise peut-êtrePtolémée qui les situe au sud de la région deCarthage et au nord de laBuzakitis.En fait cesLibuphoinikès (locuteurs d'une langue libyenne) étaient limités au sud de Carthage[32]. Leur influence culturelle fut importante puisqu'ils ont été les intermédiaires culturels entre la civilisation phénicienne et lesberbères.

Les Phéniciens créeront les premières villes de l'ouest de l'Afrique du Nord commeVolubilis,Utique,Carthageetc.

Les guerres puniques opposent lesCarthaginois auxRomains qui prennent possession du territoire. À son apogée, l'Afrique romaine s'urbanise et se christianise. Cette Église d'Afrique, composée de Berbères en majorité chrétiens (Romano-africains), a été au fondement du christianisme européen[33].

AuVe siècle, un peuple germanique de religion chrétienne et originaire de l'actuelleAllemagne, lesVandales, traverse le détroit de Gibraltar et envahit le Maghreb ; ils représentent environ 80 000 personnes[34]. Ils y fondent un royaume éphémère qui sera détruit auVIe siècle à la suite de la défaite vandale face aux armées du généralBélisaire[35], qui réintègre ainsi l'Afrique du Nord dans l'Empire romain, alors représenté par la civilisationbyzantine.

La conquête arabe

Article connexe :Conquête musulmane du Maghreb.
Lagrande mosquée de Kairouan, fondée en 670 par le général omeyyadeOqba Ibn Nafi, est l'une des plus anciennes mosquées d'Afrique du Nord[36] ; elle est située àKairouan enTunisie.

La première invasion arabe en Afrique du Nord, dirigée parAbdallah Ibn Saad, résulte en des pillages survenant après labataille de Sufétula, affaiblissant grandement les forces deGrégoire le Patrice.Gennadios II assure le retrait des arabes qui acceptèrent de partir en échange du paiement d'un lourd tribut en or[37]

Les années 665 à 689 voient une nouvelle invasion arabe de l'Afrique du Nord sous le commandement d'Oqba Ibn Nafi al-Fihri. L'expedition mène à la fondation deKairouan dans l'actuelleTunisie, première implantation de l'islam dans la région. Après cela, comme l'écritEdward Gibbon, Oqba Ibn Nafi « pénétra dans l’intérieur des terres ; il traversa le désert où ses successeurs ont élevé les brillantes capitales de Fez et de Maroc ; et il arriva enfin au rivage de la mer Atlantique et à la frontière du grand désert ». Le général assiège plusieurs villes côtières mais est arrêté et partiellement repoussé.

À son retour d'expédition l'armée d'Uqba Ibn Nafi estprise en embuscade par une armée berbéro-byzantine dirigé par le roi berbèreKoceila. Oqba Ibn Nafi et son lieutenantAbou al-Mouhajir Dinar sont tués ainsi que le gros des troupes arabes. lesOmeyyades sont expulsés de la région de l'actuelleTunisie, ou au moins jusqu'au-delà deGabès[38], tandis queKoceïla se rend maître deKairouan[39]. Le territoire n'en reste pas moins disputé.

Vue de lagrande mosquée de Kairouan ; fondée auVIIe siècle (vers 670) par le général omeyyade Oqba Ibn Nafi.

La troisième invasion entraine un retour de l'influence omeyyade sur l'Afrique du nord sous le commandementd'Hassan Ibn Numan. Seuls résistent certains Berbères dirigés par laKahena[40]. LesByzantins, profitant de leur supériorité navale, débarquent une armée qui s’empare de Carthage en696 pendant que laKahena allié des Byzantins remporte une bataille contre les Arabes en697[40]. Ces derniers, au prix d’un nouvel effort, finissent cependant par reprendre définitivement Carthage en698 par vaincre lesByzantins et tuer laKahena[41].Contrairement aux précédents envahisseurs, lesArabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Certains Berbères du Maghreb se sont rapidement convertis mais les autorités arabes ont continué à les traiter comme des personnes de seconde zone, en prélevant sur eux ladjizia et lekharaj des impôts initialement collecté sur lesdhimmi, en violation direct avec la loi islamique. Bien que les Berbères aient entrepris une grande partie des combats lors de laconquête omeyyade de l'Hispanie, ils reçurent une part moindre du butin et furent fréquemment affectés à des tâches plus dures. Toutes ces injustices contribuèrent à la montée dukharidjisme, forme puritaine de l'Islam, promettant un nouvel ordre politique, dans lequel tous les musulmans seraient égaux, et plus tard à laGrande révolte berbère qui morcellera le Maghreb occidental en plusieurs états indépendants.

En800, lecalife abbassideHaroun ar-Rachid délègue son pouvoir enIfriqiya à l’émir Ibrahim ibn Al-Aghlab[42] et lui donne le droit de transmettre ses fonctions par voie héréditaire[43]. Al-Aghlab établit ladynastie desAghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Le territoire bénéficie d’une indépendance formelle tout en reconnaissant la souveraineté abbasside[43]. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sagrande mosquée, un centre intellectuel de haute renommée[44]. À la fin du règne de Ziadet AllahIer (817-838),Tunis devient la capitale de l’émirat jusqu’en 909[45].

Mosquée Ketchaoua reconstruite en 1794 sous le gouvernement deSidi Hassan et transformée en cathédrale Saint-Philippe d'Alger de 1832 à 1962, date à laquelle elle est redevenue une mosquée.

Appuyée par les tribus berbèresKutama qui forment une armée fanatisée, l’action duprosélyteismaélienAbu Abd Allah ach-Chi'i entraîne la disparition de l’émirat en une quinzaine d’années (893-909)[46]. En décembre 909,Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie desFatimides, qui déclare usurpateurs les califesomeyyades etabbassides ralliés ausunnisme. L’État fatimide s’impose progressivement sur toute l’Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l’Afrique subsaharienne. En945,Abu Yazid, de la grande tribu desBanou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Le troisième calife,Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s’empare de la Sicile[47] en948. Lorsque la dynastie fatimide déplace sa base vers l’est en972, trois ans après la conquête finale de la région, et sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l’Ifriqiya, le califeAl-Muizz li-Dîn Allah confie àBologhine ibn Ziri — fondateur de la dynastie desZirides — le soin de gouverner la province en son nom. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide[47], ce qui culmine avec la rupture avec ce suzerain devenu lointain et inaugure l’ère de l’émancipation berbère[46]. L’envoi depuis l’Égypte de tribus arabes nomades sur l’Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison[46]. Le début duXIe siècle, marque le début desinvasions hilaliennes de l'Ifriqiya les estimations en termes de déplacement de population varient selon les historiens 250 000[48] a 500 000[49] a 700 000[50]. SelonLuis del Mármol Carvajal les Hilaliens auraient été plus d'un million à immigrer, et il estime la population hilalienne à son époque à 4 000 000 en1573[51],[52],[53] se mettent en route après que de véritables titres de propriété leur ont été distribués au nom du calife fatimide. Kairouan résiste pendant cinq ans avant d’être occupée et pillée. Le souverain se réfugie alors à Mahdia en1057 tandis que les nomades continuent de se répandre en direction de l’Algérie, la vallée de laMedjerda restant la seule route fréquentée par les marchands[46]. Ayant échoué dans sa tentative pour s’établir dans la Sicile reprise par lesNormands, la dynastie ziride s’efforce sans succès pendant 90 ans de récupérer une partie de son territoire pour organiser des expéditions depiraterie et s’enrichir grâce au commerce maritime.

Les historiens arabes sont unanimes à considérer cette migration comme l’événement le plus décisif du Moyen Âge maghrébin, caractérisé par une progression diffuse de familles entières qui a rompu l’équilibre traditionnel entre nomades et sédentaires berbères[46]. Les conséquences sociales et ethniques marquent ainsi définitivement l’histoire du Maghreb avec un métissage de la population. Depuis la seconde moitié duVIIe siècle, la languearabe demeurait l’apanage des élites citadines et des gens de cour. Avec l’invasion hilalienne, les dialectes berbères vont, sinon céder la place à la langue arabe

Colonisation occidentale

Algérie

Article détaillé :Algérie française.

Libye

Article détaillé :Libye italienne.

Maroc

Article détaillé :Protectorat français au Maroc.

Sahara occidental

Article détaillé :Histoire du Sahara occidental.

Mauritanie

Article détaillé :Mauritanie.

Tunisie

Article détaillé :Protectorat français de Tunisie.

Géographie

Carte du Grand Maghreb.
Articles détaillés :Géographie de l'Algérie,Géographie de la Libye,Géographie de la Mauritanie,Géographie du Maroc etGéographie de la Tunisie.

Le Maghreb possède unesuperficie totale de plus de six millions de kilomètres carrés avec de fortes disparités d’un pays à l’autre[54]. Cette région est bordée au nord par lamer Méditerranée, à l'ouest par l'océan Atlantique et au sud par le désert duSahara. Elle est traversée par la chaîne de l'Atlas sur plus de 2 000 kilomètres.

Littoral

DeTobrouk àAgadir, le Maghreb possède une façade maritime qui s’étend sur près de cinq mille kilomètres en bordure de lamer Méditerranée, jusqu’àTanger, et sur 700 km le long de l’océan Atlantique entre Tanger et Agadir. La côte devient ensuite désertique jusqu’à l’embouchure du fleuveSénégal, 1 500 km plus au sud[55].

La région n'est pas épargnée par lesséismes. Le séisme d'Agadir (Maroc) fait plus de 15 000 morts en 1960[56]. Plus récemment, le, le séisme deBoumerdès (Algérie) provoqua la mort de 2 217 personnes alors que le séisme d'Al Hoceïma (nord du Maroc) fit629 morts[57] et une centaine de blessées.

Relief

La chaîne de l'Atlas traverse le Maghreb d'est en ouest et forme une protection naturelle contre la progression dudésert. Elle s'élève à plus de 4 000 m d'altitude — son point culminant est ledjebel Toubkal au Maroc culminant à 4 167 m[58] — et a longtemps servi de refuge aux populationsberbères.

Aujourd'hui encore, les éleveurs et agriculteurs berbères vivent dans ces régions montagneuses en conservant leur identité culturelle[59]. Leclimat y est plus froid en altitude et peut parfois être franchement rigoureux enhiver. Durant cettesaison, les sommets de l’Atlas sont recouverts deneige.

Les principaux massifs montagneux de l'Atlas se structurent du sud-ouest vers le nord-est :

Ils se décomposent ensuite en différents massifs secondaires :

Autres grands massifs :

  • Le djebel Toubkal dans le Haut Atlas, plus haut sommet d'Afrique du Nord, culminant à 4,167 m.
    Ledjebel Toubkal dans leHaut Atlas, plus haut sommet d'Afrique du Nord, culminant à 4,167 m.
  • Vue sur le versant nord-ouest du Djurdjura.
    Vue sur le versant nord-ouest duDjurdjura.
  • Vue sur la montagne de Bou Remli à l'arrière plan près de la ville de Gafsa.
    Vue sur la montagne de Bou Remli à l'arrière plan près de la ville deGafsa.

Désert

Tissu urbain

Article détaillé :Liste des agglomérations les plus peuplées du Maghreb.

LeMaroc par sa géographie ouverte, est un pays de grandes villes, tandis que laTunisie, de par son exiguïté, un pays de petites villes, alors que l’Algérie privilégie l’émergence des villes moyennes[60].

Classement des grandes villes du Maghreb par population[61],[62],[63],[64],[65]
RangVillePopulation(2008-2014 selon le pays[66])
1Casablanca3 359 818
2Alger2 364 230
3Fès1 112 072
4Tunis1 056 247[67]
5Nouakchott958 399
6Tanger947 952
7Tripoli940 653
8Marrakech928 850
9Salé890 403
10Oran803 329
11Constantine609 499
12Rabat577 827
13Meknès520 428
14Oujda494 252
Classement des agglomérations du Maghreb les plus grandes
RangAgglomérationPopulation(2015)
1Alger7 796 923[68]
2Casablanca4 270 750[68]
3Tunis2 643 695[68]
4Rabat2 134 533[68]
5Oran1 343 899[68]
6Marrakech1 330 468[68]
7Fès1 150 131[68]
8Constantine1 148 604[68]
9Agadir1 141 717[68]
10Tanger1 065 601[68]
11Nouakchott1 012 230[68]
12Annaba823 682
13Benghazi633 964[réf. à confirmer]
14Sfax615 430[réf. à confirmer]

Économie

Articles détaillés :Économie de l'Algérie,Économie de la Libye,Économie du Maroc,Économie de la Mauritanie etÉconomie de la Tunisie.

Après la proclamation de l'indépendance des divers pays, les gouvernements respectifs optent pour laplanification économique. LePIB par habitant progresse mais l'économie du Maghreb doit faire face à de nouveaux défis[69]. Aujourd'hui, elle est confrontée à lamondialisation. Cela conduit les gouvernements àprivatiser de larges secteurs de leurs économies.

La crise affecte la croissance duPIB, augmente la dépendance alimentaire et favorise lesémeutes à caractère social (comme les « émeutes du pain » tunisiennes en 1983-1984). Le développement économique a entraîné une transformation des paysages dulittoral (stations touristiques,agriculture intensive eturbanisation accélérée)[70]. Face à la mondialisation, les pays du Maghreb ont tenté de timides rapprochements dans le cadre de l'Union du Maghreb arabe[71] mais les réalisations communes apparaissent bien modestes en raison des différences politiques de ses membres. Ainsi, le Maghreb reste l'une des régions du monde qui est la moins intégrée commercialement[72].

Économie des pays du Maghreb
(estimations pour l'année 2012)
PaysAlgérieLibyeMarocMauritanieTunisie
Chômage (en %)11,7[73]30(est. 2004)[74]9,80[75]30(est. 2008)[76]18,80[77]
PIB (PPA) (en milliards $)274,5[78]87,9[79]171,0[80]7,6[81]104,4[82]
Taux de croissance (en %)2,6[83]121,9[84]2,9[85]5.3[86]2,7[87]
Nombre de travailleurs (en millions)11,260[88]1,875[89]11,780[90]1,318(est. 2007)[91]4,014[92]
Taux d'inflation (en %)8,5[93]3,6[94]1,4[95]7,0(est. 2011)[96]5,9[97]
Population sous le seuil de pauvreté11,06[98]99.8
Utilisation d'Internet (millions d'internautes)[99]6[100]0.312[101]0.073.5
Investissement Étranger (en milliards de dollars)15,6042.1933.56
Exportations (en milliards de dollars)52.0314.4916.11
Importations (en milliards de dollars)38.534.1920.02
1er et2e Partenaires Commerciaux (Exportations)Drapeau des États-UnisÉtats-Unis
Drapeau de l'ItalieItalie
Drapeau de l'AlgérieAlgérie
Drapeau de l'ItalieItalie
Drapeau de l'EspagneEspagne
Drapeau de la FranceFrance[102]
Drapeau de la FranceFrance
Drapeau de l'ItalieItalie
1er et2e Partenaires Commerciaux (Importations)Drapeau de la République populaire de ChineChine
Drapeau de l'ItalieItalie[103]
Drapeau de l'AlgérieAlgérie
Drapeau de la République populaire de ChineChine
Drapeau de la FranceFrance
Drapeau de l'EspagneEspagne[103]
Drapeau de la FranceFrance
Drapeau de l'ItalieItalie[103]
Sources : CIA World Factbook.
  • Ministère des Finances à Alger.
    Ministère des Finances à Alger.
  • Siège de la Société tunisienne de banque.
    Siège de la Société tunisienne de banque.

Secteur primaire

Port d'Essaouira.

L'agriculture au Maghreb a connu d'importantes mutations depuis les années 1970 :mécanisation, utilisation d'engrais etirrigation moderne ont entraîné une augmentation des productions agricoles. Le monde agricole n'échappe pourtant pas à la crise et l'essor des récoltes ne suit pas l'accroissement démographique.

Raffinerie d'Arzew (Algeria)

Par son appartenance aubassin méditerranéen, les produits de l'agriculture maghrébine sont lescéréales, l'élevage desovins et descaprins, lemaraîchage, lesagrumes, lavigne, lapêche et l'huile d'olive. LeMaroc est aussi l'un des premiers exportateurs mondiaux dehaschich[104],[105]. La région dispose en outre d'importantesressources naturellesminières (phosphates etfer) eténergétiques (gaz naturel etpétrole). Les principaux gisements depétrole en exploitation se trouvent enAlgérie (Hassi Messaoud etIn Amenas).

Secteur secondaire

L'industrialisation est un phénomène relativement récent dans la région (années 1970). L'intervention étatique a permis le développement d'usines alors que les investissements étrangers et lasous-traitance profitent aux régions littorales ouvertes vers l'extérieur. Les principaux secteurs de production sont l'agroalimentaire, les matériaux de construction (ciment etsidérurgie) surtout en Algérie, letextile et lapétrochimie[réf. nécessaire].Les grands centres industriels sontAlger,Arzew,Béjaïa,Annaba,Casablanca,Kénitra,Sfax,Bizerte,Tunis,Sousse,Gabès,Mohammédia etTanger[réf. nécessaire].

Secteur tertiaire

Hôtel djerbien de la chaîneEl Mouradi.

Leclimat, les paysages et le patrimoine culturel du Maghreb sont autant d'atouts pour le développement touristique de la région. De plus, le Maghreb bénéficie en outre de la proximité géographique avec l'Europe et de l'usage courant de lalangue française :Marrakech ouDjerba sont ainsi à deux heures d'avion deParis. Toutefois, la pression touristique suscite une nécessité de préservation du patrimoine et une gestion raisonnée des ressources eneau. Le Maghreb doit aussi faire face au danger terroriste (attentat de la Ghriba en 2002,de Casablanca en 2003 et en 2011, ou d'Alger en 2007)[réf. nécessaire].

Lesecteur commercial s'inscrit dans le cadre de lamondialisation des échanges qui profite avant tout aux villes du littoral tournées vers l'extérieur.Arzew,Béjaïa,Casablanca,Oran,Skikda,Skhira etTanger Med sont les principaux ports industriels d'exportation vers l'Europe[réf. nécessaire].

Démographie

Tableau général

Articles détaillés :Démographie en Algérie,Démographie de la Libye,Démographie du Maroc,Démographie en Mauritanie etDémographie de la Tunisie.
Démographie des pays du Maghreb
PaysAlgérie[106]Libye[107]Maroc[108]Mauritanie[109]Tunisie[110]
Population (en millions d'habitants, 2021)[111]43,5736,5411,8
Taux de fécondité (2021)[112]2.553.132.293.592,03
Taux de migration nette (2013)-0,270 ‰-3,67 ‰-0,89 ‰-1,78 ‰
Croissance démographique annuelle (2021)[113]1.41 %1.76 %0.92 %2.02 %0.75 %
Espérance de vie à la naissance, en années (2021)[114]76,471,974,064,473,8
Population urbaine (en % de la population totale)6578564168,7
Densité (hab/km2)153,6777 ou 493,1163
Indice de développement humain (2021)[114]0,7450,7180,6830,5560,731
Analphabétisme (en % de la population totale)[115]18[116]17,430[117]42,218,2

Le Maghreb compte environ90 millions d'habitants très inégalement répartis. Les plus fortesdensités de population se rencontrent sur lesplaineslittorales de l'océan Atlantique et de lamer Méditerranée. C'est également au nord et à l'ouest de la région que se trouvent ses principalesagglomérations (Alger,Casablanca,Rabat,Tunis-Cap Bon-Bizerte-Sahel,Fès,Marrakech,Tanger,Annaba,Constantine etOran)[118].

En trente ans, la population nord Africaine a été multipliée par deux. Toutefois, la croissance démographique tend à ralentir à cause de la baisse dutaux de fécondité : elle s'explique par l'efficacité duplanning familial, lascolarisation des filles et la modernisation desmodes de vie. Quant autaux de natalité, il a baissé dans les trois pays mais la proportion de moins de15 ans demeure élevée. Cela pose des problèmes de scolarisation que les gouvernements ont relevés avec plus ou moins de succès.

Par ailleurs, l'exode rural pousse les jeunes des montagnes et des campagnes à migrer dans les villes du littoral où lessalaires sont plus élevés et les conditions de vie meilleures[119]. Au début duXXIe siècle, plus de la moitié des Maghrébins vivent en ville. Une partie d'entre eux tente ensuite sa chance en migrant versEurope de l'Ouest.

Population

Articles connexes :Maghrébins,Algériens,Marocains etTunisiens.
Les Femmes d'Alger dans leur appartement. Peinture d'Eugène Delacroix, LeLouvre,Paris,France.
Groupe dejuifs tunisiens.

Les maghrébins descendent d'une part d'ancien groupes déjà présents (phéniciens, romains, berbères)[120] qui ont pour la plupart étéarabisés, et de tribusarabes originaires d'Arabie et d'Andalousie (banu hilal,banu sulaym, etc.) ces tribusarabes ont remplacé et supplanté les populations locales sur de larges zones rurales[121],[122],[123],[124] tandis que les arabesandalous eux arabiseront grandement les villes d'après,Gabriel Martinez les arabes andalous seront les "chiens de garde" de la languearabe[125]. En revanche l'apport des Arabes enAfrique du Nord n'est pas aussi significatif au niveaugénétique[126] qu'il n'est déterminant sur les plans linguistiques, culturels et religieux, lesArabes arrivés à partir duVIIe siècle avec lesinvasions musulmanes, ont contribué à convertir àl'islam l'Afrique du Nord après plusieurs années de guerre, malgré la résistance et les combats acharnés des Byzantins[127] et de leurs alliés berbères (Kahina etKoceila). L'apport démographique arabe est beaucoup plus significatif à partir duXIe siècle, lorsque le pouvoir desFatimides envoya, dans le but de réprimer desdynasties berbères ayant proclamé leur indépendance, de nombreusestribus guerrières. La plus importante d'entre elles est celle desHilaliens accompagnée desBanu Sulaym et desBanu Maqil.

Les estimations en termes de déplacement de population varient selon les historiens 250 000[48] a 500 000[49] a 700 000[50]. SelonLuis del Mármol Carvajal les hilaliens auraient été plus d'un million à immigrer, et il estime la population hilalienne à son époque à 4 000 000 en1573[51],[52],[53].

SelonCharles-André Julien, les actuelles populations arabophones seraient en partie berbères[128]. Selon le défenseur de la cause berbèreGabriel Camps, les « invasions hilaliennes » ont été « d'un poids insignifiant sur le plan démographique, mais déterminant sur les plans culturel et socio-économique[129]. » De nos jours, l'arabe littéral est la langue officielle des pays du Maghreb, c'est-à-dire la langue des médias et de l'école. Lesdialectes berbères demeurent fortement influencés par la langue arabe[130].

Dans ce contexte, seule une minorité de la population maghrébine — de l'ordre de 27% - 35% auMaroc[131], 27,4 % enAlgérie, 0,5% enTunisie[132],[133] et 1% enLibye[134]— parle leberbère. Ces groupes conservent une identité qui leur est propre en particulier dans les montagnes de l'Atlas. La plupart sont sédentaires mais certains sont nomades.

Par ailleurs, de petites communautésjuivesséfarades résident toujours au Maghreb. Il y aurait 7 000 juifs auMaroc et 2 000 enTunisie, et auraient pratiquement disparu enAlgérie sauf un nombre minuscule dans quelques grandes villes. LesJuifs ont une longue histoire enAfrique du Nord. Depuis les débuts de la diaspora israélite, que l'on peut dater de la destruction du second Temple parTitus en 70 de notre ère, il y a aurait eu trois grands pôles qui se sont ensuite avancés vers l'ouest : un enÉgypte, un àCarthage et un autre enCyrénaïque (Libye centrale). D'autres communautés se formèrent à travers l'Algérie, l'Espagne, le Maroc. Les tablettes enhébreu retrouvées enLibye et auMaroc attestent de la présence de Juifs issus de Judée. Une grande partie non négligeable de juifs maghrébins arriva lors de l'expulsion des juifs d'Espagne par les souverains catholiques, après la chute duroyaume de Grenade qui marqua la fin de laReconquista en 1492. Certains juifs européens sont arrivés à l'époque moderne avec lacolonisation française[135]. Après les indépendances des trois pays, la plupart des juifs ont quitté le Maghreb pourIsraël et l'Europe occidentale[136].

Génétique

La structure génétique duchromosome Y de la population maghrébine semble être principalement modulée par la géographie. Leshaplogroupes E1b1b etJ de l'ADN Y constituent la grande majorité des marqueurs génétiques des populations du Maghreb. L'haplogroupe E1b1b est le plus répandu parmi les groupes maghrébins, en particulier la lignée en aval E1b1b1b1a, qui est typique des Berbères autochtones de l'Afrique du Nord-Ouest. L'haplogroupe J est plus représentatif d'origines duMoyen-Orient, et a sa plus haute répartition parmi les populations d'Arabie et duLevant. En raison de la distribution de E-M81 (E1b1b1b1a), qui a atteint ses plus hauts pics documentés dans le monde à 95-100 % dans certaines populations du Maghreb, il a souvent été qualifié de« marqueur berbère » dans la littérature scientifique. Le deuxième marqueur le plus commun, l'haplogroupe J, en particulier J1[137],[138], qui est typiquement moyen-oriental, et originaire de la péninsule arabique, peut atteindre des fréquences allant jusqu'à 35 % dans la région[139],[140]. Sa densité la plus élevée est trouvée dans la péninsule arabique[141]. L'haplogroupe R1[142] qui est un marqueur eurasien, a également été trouvé au Maghreb, mais avec une fréquence plus faible. Les haplogroupes d'ADN-Y montrés ci-dessus sont trouvés chez les arabophones et les berbérophones.

Le pool du chromosome Y du Maghreb (comprenant les populations arabe et berbère) peut être résumé pour la plupart des populations de la façon suivante : seuls deux haplogroupes E1b1b et J comprennent généralement plus de 80 % des chromosomes totaux[143],[144],[145],[146],[147],[148],[149],[150].

HaplogroupeMarqueurSahara/MauritanieMarocAlgérieTunisieLibye
n189760156601
A0.26
B0.530.660.17
C
DE
E1aM335.292.760.640.5
E1b1aM26.883.295.130.67
E1b1b1M354.210.641.66
E1b1b1aM780.791.92
E1b1b1a1V120.260.64
E1b1b1a1bV32
E1b1b1a2V130.260.64
E1b1b1a3V221.841.283
E1b1b1a4V653.681.923.16
E1b1b1bM8165.5667.3764.2372.73
E1b1b1cM3411.110.661.281.16
FM890.263.852.66
GM2010.660.17
HM69
I0.130.17
J13.236.321.796.64
J21.324.492.83
K0.530.640.33
L
N
O
P, R0.260.33
Q0.64
R1a10.640.5
R1bM343
R1b1aV886.880.922.561.83
R1b1bM2690.533.557.040.33
R2
TM701.16

Diaspora

Article détaillé :Diaspora maghrébine.

Pour des raisons historiques, lesMaghrébins sont également largement représentés dans les populations issues de l'immigration dans certains payseuropéens (notamment enFrance et enBelgique) mais aussi auCanada et auxÉtats-Unis.

Elle est la conséquence directe du fort taux d'émigration qu'a connu le Maghreb depuis la décolonisation ayant eu lieu entre 1956 pour laTunisie et leMaroc, et 1962 pour l'Algérie.

Dans les années 1960 et 1970, la conjoncture économique favorable qu'a connue laFrance a favorisé l'immigration, en particulier en provenance du Maghreb. En conséquence, les personnes d'origine maghrébine sur trois générations représentent 8,7 % de la population française des moins de60 ans en 2011[151],[152] et 16 % des enfants nés en 2006-2008 ont au moins un grand-parent maghrébin[153].

Selon l'historien Pierre Vermeren, il y a environ15 millions de personnes d'origine maghrébine enEurope de l'Ouest en 2016[réf. nécessaire].

France

Trois drapeaux sur lesChamps-Élysées (décembre 2022).

Selon une étude de l'Insee publiée en 2012, les personnes d'origine maghrébine sur deux générations uniquement (immigrés et leurs enfants) étaient un peu plus de 3,5 millions en 2008 5,7 % de la population métropolitaine en 2008 (alors de 62,5 millions)[154]. 16 % des nouveau-nés enFrance métropolitaine entre 2006 et 2008 ont au moins un grand-parent né au Maghreb[155].

Toutes générations confondues, selon une étude publiée en 2004 de l'Institut Montaigne, un think tank d'obédience libérale, il y a en France, en 2004, environ 5 à 6 millions de personnes d'origine maghrébine ; 3,5 millions ont la nationalité française dont 500 000 harkis. Environ 400 000 enfants seraient nés d’un couple mixte dont un des parents est maghrébin. Cette estimation est basée sur le recensement de 1999[156],[157],[158]. La démographeMichèle Tribalat, a de son côté estimé cette même population à3 millions de personnes en 1999 à partir des mêmes données ainsi que d'une enquête complémentaire[159].

D'après une estimation de Michèle Tribalat en 2009, les personnes d'origine maghrébine sur3 générations (immigrés, enfants et petits-enfants d'immigrés) étaient environ 3,5 millions en 2005 soit environ 5,8 % de la population métropolitaine en 2005 (60,7 millions)[160],[161].

En 2015, Michèle Tribalat, dans une nouvelle estimation des populations d'origine étrangère en 2011[162], estime à au moins 4,6 millions le nombre de personnes d'origine maghrébine sur trois générations en 2011 selon la répartition suivante[163] :

Diaspora maghrébine en France (en milliers)
Pays d'origineImmigrés

(tous âges confondus)

1re génération née en France

(tous âges confondus)

2e génération née en France

(moins de60 ans uniquement)

Total
Algérie7371 1705632 470
Maroc6796981301 507
Tunisie246280129655
Maghreb1 6622 1488214 631

Note : pour la2e génération née en France, seules les personnes âgées de moins de60 ans sont prises en compte.

Par ailleurs, selon cette même étude de Michèle Tribalat, les personnes d'origine maghrébine sur trois générations représentent 8,7 % de la population française des moins de60 ans en 2011[162].

Toujours selon Michèle Tribalat, en 2005, près de 7 % des jeunes de moins de18 ans en métropole sont d'origine maghrébine (au moins un parent). EnÎle-de-France, la proportion est d'environ 12 %. C'est dans les départements deSeine-Saint-Denis (22 %), duVal-de-Marne (13,2 %) et duVal-d'Oise (13 %) et deParis (12,1 %) que l'on trouve les plus fortes proportions. Au niveau des grandes villes, 21 % des jeunes de moins de18 ans àPerpignan sont d'origine maghrébine et près de 40 % dans les trois premiers arrondissements deMarseille[103].

Proportion des jeunes de moins de 18 ans d'origine maghrébine (2005)
Seine-Saint-DenisVal-de-MarneVal-d'OiseParisFrance
D'origine maghrébine22,0 %13,2 %13,0 %12,1 %6,9 %

Culture

Articles détaillés :Cuisine des pays du Maghreb etMusique arabo-andalouse.
LeMedracen, tombeau Numide (3e siècle av. J.-C.),Batna,Algérie.

Le Maghreb appartient aubassin méditerranéen et aumonde arabo-musulman. Sa culture est donc issue d'un mélange d'influences diverses. Englobé dans laRépublique romaine puis l'Empire romain, duIIe siècle av. J.-C. auVe siècle, le Maghreb conserve de cette période le même type de vestiges que dans le reste du bassin méditerranéen :temples romains (Dougga),théâtres romains (Timgad),amphithéâtres (Thysdrus),arcs de triomphe (Volubilis),thermes (Carthage) etmosaïques (Musée du Bardo àTunis)[réf. nécessaire].

.AuMoyen Âge, lesArabes duMoyen-Orient imposent progressivement leurlangue et leurreligion qui imprègnent de nombreux domaines de la vie sociale. Lacivilisation islamique contribue au renouveau du paysage urbain (mosquées,souks,hammams,médinas etkasbahs) dans un contexte de fondation de villes nouvelles (commeKairouan en 670,Fès en 809 ouOran auXe siècle). Toutefois, l'arabisation du Maghreb se heurte aux résistances des populationsberbères qui tentent de préserver leur identité. Ainsi, leprintemps berbère de 1980 permet l'expression de demandes d'officialisation duberbère enKabylie puis d'autres régions d'Algérie (Aurès,Mzab, etc.). Finalement, le gouvernement algérien reconnaîtra le berbère comme une langue nationale mais refusera son officialisation, ce qui contribue à maintenir la tension sur la question linguistique et identitaire en Algérie[réf. nécessaire].

AuxXIXe et XXe siècles, lacolonisation française réintroduit lechristianisme — déjà présent durant l'Antiquité et dontsaint Augustin était une grande figure — construit une cathédrale (d'abord àConstantine en 1838), des bâtiments officiels, des infrastructures de transport modernes, etc. Toutefois, la domination européenne a fortement troublé la société maghrébine en apportant la modernité et les valeurs occidentales et s'est soldée par le rejet de cette influence au travers dunationalisme puis de l'islamisme[réf. nécessaire].

Il est difficile de déterminer si lalangue française connaît réellement ou non une progression au Maghreb. Du côté optimiste, les organisations de promotion de laangue française montrent les perspectives positives du français au Maghreb. Le pourcentage de locuteurs du français aurait augmenté au Maghreb et au Proche-Orient de 17 % entre 2014 et 2018, et d’environ 6,5 % entre 2018 et 2022 . Le fait qu’une majorité des francophones du Maghreb soit dans la tranche d’âge des 15-24 ans augure une progression dans l’avenir. Il laisse à penser que la langue peut continuer d’avoir une place prédominante dans ces pays, notamment à cause de la forte diaspora ayant immigré en France. Dans le camp plus pessimiste, la courbe de la francophonie descendrai dans le Maghreb . Même si pratiquement la totalité des personnes dans les grandes villes tunisiennes, algériennes et marocaines parlent français, la qualité de celui-ci serait souvent bien basse, juste assez pour tenir la conversation. La diminution de l’usage de la langue corrélerait avec l'augmentation, la diversification et la circulation des contenus en arabe des médias tout supports : cinéma, télévision, internet, et la diminution de l’impact politique de laFrance dans la région et donc la nécessité de maîtriser la langue de Molière[164].

Vers 2010, diverses ONG travaillent pour favoriser le pluralisme de l'information au Maghreb ainsi qu'auMachrek, avec quelques réussites. À cette époque le paysage médiatique s'est considérablement animé, par exemple en passant de quelques chaines de télévision à 520 accessibles aux Maghrébines. Toutefois, si les chaines arabes se sont ouvertes aux débats régionaux et internationaux, les trois gouvernements du pays restent frileux aux développements de la liberté. Dans l'ensemble, les journalistes continuent de s'autocensurer, mais moins les diffuseurs satellitaires. Aussi, à partir de 2008, laLigue arabe établit une charte qui prévoit des sanctions en cas d'« offenses ». Aucun des pays du Maghreb ne s'y est opposé, aucun n'a dépénalisé les délits qui enferment la presse. En Tunisie, les autorités ont continué de bloquerRadio Kalima. En 2009,Transparency International a documenté de nombreux exemples qui montrent que les médias restent muselés au Maghreb. -[165].

La société civile au Maghreb constitue un important gisement d'informations. Elles sont un point d'action et d'observation essentiel de la société. Mais elles connaissent mal les médias. Elles croient que l'importance de leurs interventions sur le terrain suffit pour que leur message soit retransmis. Pourtant, leur communication est la plupart du temps stéréotypée, utilisant un jargon qu'elles croient adapté aux journalistes. Elles comprennent mal les contraintes des médias, leur reprochant de les réduire au role defixeur. Ces associations ont tendance à voir dans les médias un simple relais, tandis que les médias perçoivent difficilement la portée de leur travail, ou acceptent de faire ce relais sans y apporter de perspective. -[165].

La Transmaghrébine

Uneautoroute transmaghrébine de 3 210 kilomètres est en cours de construction entre le littoral marocain et laLibye. Cette autoroute représente une chance sur le plan économique pour tous les pays qu'elle traverse[166]. Elle doit traverser laMauritanie, leMaroc, l'Algérie, laLibye et laTunisie. Elle est composée d'un axe atlantique deNouakchott àRabat et d'un axe méditerranéen deRabat àTripoli passant parAlger etTunis.

La première portion située le long de l'océan Atlantique (axe Nord-Sud) débutera à Nouakchott (Mauritanie) pour rallier le réseau autoroutier marocain en passant parAgadir,Marrakech,Settat,Casablanca etRabat. Cette dernière constitue le point d'orgue entre les axes Nord-Sud et Est-Ouest maghrébins (appelé également axe méditerranéen). Ce dernier prenant naissance àRabat traverseraMeknès,Fès,Taza jusqu’à la ville d'Oujda, située sur la frontière algéro-marocaine. La portion algérienne reliera les principales villes côtières au départ de la frontière marocaine. Elle traverseraTlemcen,Oran etChlef à l’ouest,Alger,Sétif, Constantine jusqu’àAnnaba, à l'est, et rejoindra ainsi la frontière algéro-tunisienne. La portion tunisienne traverseraJendouba,Béja,Tunis,Hammamet,Sousse,Monastir,Mahdia,Sfax,Gabès etMédenine pour arriver àRas Jedir (à la frontière libyo-tunisienne). La dernière portion de la Transmaghrébine se terminera par l'autoroute libyenne qui reliera la frontière libyo-tunisienne à Tripoli pour traverserBenghazi jusqu'àTobrouk. À court terme, il est prévu que ce projet reliera la ville d'Agadir (Maroc) à la ville deSfax (Tunisie). La fin des travaux est prévu pour 2011. Cette autoroute sera d'une longueur supérieure à 2 500 kilomètres[réf. nécessaire].

Pour l'instant et faute de financement, le réseau mauritanien semble très en retard sur celui de ses voisins maghrébins. AuMaroc, l'autoroute est déjà opérationnelle entreAgadir-Marrakech-Casablanca-Rabat-Fès-Oujda.Oujda est située à la frontière algéro-marocaine. EnAlgérie, l'axe autoroutier est-ouest est totalement fini, il est donc totalement opérationnel depuis. EnTunisie, le tronçonOued Zarga-Tunis-Sousse-Sfax de 310 km étant déjà opérationnel, la future réalisation de la partie reliant la frontière algéro-tunisienne àOued Zarga (Tunisie), longue de 140 km, pourrait assurer la continuité du tracéAgadir-Sfax viaRabat,Alger etTunis, capitales des trois principaux pays maghrébins. L'absence de financement et la conjoncture économique actuelle sont les causes du retard du démarrage des travaux de cette partie tunisienne restante[réf. nécessaire].

Par son tracé, la Transmaghrébine dessert 55 villes d’une population totale de plus de50 millions d’habitants (des89 millions de Maghrébins),22 aéroports internationaux, les principaux ports, les terminaux ferroviaires, les principales universités, les plus grands hôpitaux et polycliniques ainsi que les principales zones industrielles et touristiques. Ainsi, cette autoroute constituera le nerf essentiel pour l'économie de la région permettant d'intensifier les échanges intermaghrébins dans tous les domaines, de relier l'Europe au Maghreb (grâce au tronçon autoroutier déjà existant entreRabat etTanger) et de faciliter les transports routiers et les échanges commerciaux entre les rives nord et sud de la Méditerranée. Il nécessitera la réouverture de la frontière terrestre séparant l'Algérie et leMaroc[réf. nécessaire].

Relations du Maghreb avec l'Europe

Al-Andalus (الأندلس en arabe) (l'Andalousie en français) est le terme qui désigne l'ensemble des terres de lapéninsule Ibérique et de laSeptimanie qui furent sous domination musulmane au Moyen Âge (711-1492). La conquête du pays par les musulmans fut aussi rapide qu'imprévue et correspondit avec l'essor du monde musulman. Ledétroit de Gibraltar, large de 14 km, est à la jointure des deuxcontinents. Ledétroit de Sicile est plus étendu (environ 100 km) et constitue également une voie d'accès maritime. De ce fait, les relations économiques entre le Maghreb et l'Europe sont anciennes. Dès l'Antiquité, laMaurétanie envoie des denrées méditerranéennes (olives,blé,vin, etc.) ou de l'Afrique subsaharienne (or,ivoire,esclaves, etc)[réf. nécessaire].

Avec lacolonisation européenne auXIXe siècle, elles se doublent d'échanges humains. Un grand nombre d'Européens s'installe au Maghreb, apportant avec eux leur langue et leur religion. Toutefois, au terme de laguerre d'Algérie (1954-1962), lesPieds-noirs et d'autres populations, européennes pour la plupart, sont contraints par les évènements de migrer vers laFrance. Au début duXXIe siècle, environ 70 % du commerce extérieur du Maghreb est réalisé avec l'Union européenne. Les échanges concernent lesmatières premières et lesminerais (exportations d'hydrocarbures et dephosphates) mais aussi les productions agricoles (agrumes etprimeurs) mais aussi dutextile ou encore des produits finis comme dernièrement des voitures (Logan). Les pays du Maghrebimportent essentiellement des produits industriels et agricoles (céréales etlait). Depuis quelques années, des entreprises européennesdélocalisent leurs unités au Maghreb pour profiter du faible coût de la main d'œuvre, ce qui est encouragé par la signature d'accords bilatéraux delibre-échange notamment dans le cas tunisien[réf. nécessaire].

Enfin, lesflux migratoires demeurent importants entre le Maghreb et l'Europe[167],[168]. Après la fin de laSeconde Guerre mondiale, un certain nombre de Maghrébins ont quitté leurs pays pour travailler en Europe. La France, en raison des liens historiques et culturels qu'elle entretient avec le Maghreb, reste la première destination des migrations économiques. Le Maghreb est dès lors le point de départ d'uneimmigration clandestine qui passe par le détroit de Gibraltar, par lesenclaves espagnoles deCeuta etMelilla, ainsi que par le détroit de Sicile et l'îleitalienne deLampedusa[169].

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Annexes

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Bibliographie

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