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LeMaghreb (arabe :المغرب (al-Mağrib) est une zone géographique située enAfrique du Nord à l'Ouest de l'Égypte. Le terme tire son origine du point de vue desArabes auVIIe siècle qui voient cette région comme la partie occidentale du monde géographiquement connu. Lecalifat omeyyade regroupe alors ses possessions nord-africaines à l'ouest de l'Égypte sous une même province (wilāya)[1].
Sous l’influence du nationalisme arabe moderne (XXe siècle), l’expression « Maghreb arabe » apparaît officiellement pour la première fois en 1948, lors de la création du « Comité de libération du Maghreb arabe ». En réalité, cette appellation idéologique, qui, contrairement au Machrek, éprouve le besoin de préciser le caractère ethnique, dissimule une arabisation tardive et partielle, ainsi que l’existence d’un fond de peuplement berbère et de vastes zones demeurées berbérophones. Le Maghreb est également un découpage de l'espace nord-africain et une construction historiographique héritée de la période coloniale. Il permet ainsi une délimitation essentiellement centrée sur la sphère d'influence française autour du Maroc, de l'Algérie et de la Tunisie[2].
À l'ouest dugolfe de Syrte pendant lacolonisation française, le terme Maghreb au sens strict désignait l'Afrique française du Nord (AFN) qui englobait l'Algérie, leMaroc et laTunisie. Apparue dans les années 1950[3], la notion de « Grand Maghreb » se réfère à un espace qui inclut également laLibye et laMauritanie, ainsi que le territoire contesté duSahara occidental. Elle fait référence à un espace géographique, mais ce concept reste peu utilisé[4]. Le territoire de l'Azawad (partie nord duMali) et l'Ouest duNiger, sont culturellement proches du reste du Maghreb. La limite orientale, elle, est plus floue : laCyrénaïque, en Libye, reste fortement influencée par leMachrek[5], tandis queSiwa,Qara etcertaines villes de l'ouest de l'Égypte[Lesquelles ?] sont des oasisberbérophones en territoire égyptien. Lesîles Canaries, à l'ouest du Maroc, font partie de l'aire historico-culturelle berbère mais n'ont jamais étéarabisées niislamisées, et ne font pas partie du Maghreb.
Le Maghreb occupe unesuperficie d'environ cinq millions de km2 partagés entre lebassin méditerranéen et ledésert duSahara, qui recouvre la majeure partie de son territoire : la population, d'environ100 millions d’habitants, est de ce fait très inégalement répartie, et concentrée principalement sur lesplaineslittorales.
Le Maghreb, situé à la croisée dumonde arabe et des civilisationsméditerranéenne et africaine, forme depuis plus d’un millénaire une unité géographique caractérisée culturellement par la fusion d'éléments arabo-berbères[6]. Ses habitants, appelésMaghrébins, descendent essentiellement de son peuplement berbère autochtone. Au cours de l'Histoire se sont agrégées différentes vagues (Phéniciens, Vandales, Romains...), avant l'arrivée des Arabes auVIIe siècle. Il s'ensuit un large mouvement, quasiment complet, d'islamisation des populations, mais également un autre plus progressif et incomplet d'arabisation : letamazight (berbère) comporte encore des millions de locuteurs au Maghreb. La majorité de la population estarabophone, mais l'essentiel du peuplement maghrébin est composé deBerbères arabisés. Bien qu'éloignés l'un de l'autre par divers aspects, le Maghreb et le Machrek sont néanmoins liés par lalangue arabe et laculture islamique. L'histoire contemporaine du Maghreb est marquée par laprésence ottomane et lescolonisationsfrançaise,espagnole,portugaise etitalienne, mais aussi par sa proximité avec l'Europe de l'Ouest. Depuis 1989, une tentative de rapprochement politique et économique a été initiée avec la création de l'Union du Maghreb arabe.
Étymologie et dénominations
Le termeMaghreb provient de l'arabeMaghrib, qui désigne le couchant, l'ouest, l'occident, en opposition auMashriq, leLevant[7], c'est-à-dire « l'Orient », qui s'étend de l'Égypte à l'Irak et à lapéninsule arabique[8],[9].
Les différentes dénominations utilisées pour désigner le Maghreb en arabe sont :Al-Maghrib (المغرب) « le Couchant, l'Occident »,al-Maghrib al-Arabi (المغرب العربي) « l'Occident arabe », ouAl-Maghrib al-Kabir (المغرب الكبير) « le grand Maghreb ». Le Maghreb est aussi parfois surnommé l'Occident musulman[10].
Les géographes arabes délimitaient trois zones au Maghreb : Al-Maghrib al-Aqsa (Extrême-Maghreb ou Maghreb occidental, actuel Maroc),Al-Maghrib al-Awsat (Maghreb central, actuelle Algérie) etAl-Maghrib al-Adna (Proche-Maghreb ou Maghreb oriental, actuelle Tunisie, et incluant parfois la Libye)[11].
LesArabes utilisèrent d'abord le nom deJezirat Al-Maghrib, qui signifie « Île de l'Occident »[9], mettant alors en avant la situation de la région apparemment isolée entre unemer et undésert.Al-Maghrib en arabe désigne de nos jours aussi leMaroc ; toutefois, la langue distingue le termeAl-Maghrib Al-Araby (littéralement « Le Couchant arabe » mais souvent traduit par « Maghreb arabe ») deAl-Maghrib Al-Aqsa, qui signifie, pour désigner le Maroc « l'Occident lointain »[9].
Des activistesberbères utilisent le néologisme deTamazgha (ⵜⴰⵎⴰⵣⵖⴰ entifinagh), contestant l'appellation « Maghreb », au motif qu'elle n'est pas le nom originel de la région mais un terme employé dans l'historiographie arabo-musulmane, mais certains Maghrébins rejettent le mot Tamazgha qu'ils estiment être un néologisme qui n'a aucune historicité d'usage. Toutefois, ce terme dénote une certaine variété d'appréciation selon les tendances de ces activistes qui dépasse parfois le cadre géographique[12] ; ils ne l'appellent pas non plusBarbarie, terme qui vient de sa désignation, à l'époque de la Renaissance, par lesItaliens, lesFrançais et lesEspagnols.
Par le passé, cette région était connue sous le nom de « Libye », que l'on appelle aujourd'hui laLibye antique, ou encoreIfriqiya, qui a donné son nom à l'Afrique.
Au Moyen Âge, le terme Maghreb désigne une partie de l'actuel Maghreb et comprend aussi leMaghreb al-Aqsa[13]. Le traducteur d'Ibn Khaldoun dit que le Maghreb al-Aqsa est l'actuelMaroc. LeMaghreb al-Awsat serait l'actuelle Algérie (provinces d'Alger et d'Oran) et le Maghreb al-Adna correspondait à l'Ifriqiya (Tunisie actuelle, ainsi qu'une partie de laLibye qui comprendTripoli ; sous lesHafsides, s'ajoutaient également les provinces desZibans, deConstantine, deBéjaïa). Ibn Khaldoun remplace parfois Maghreb al-Aqsa par Maghreb. Il donne ainsi Asfi (Safi) comme limite occidentale, et borne ce territoire par la chaîne de l'Atlas jusqu'àAgadir, situé entre laMoulouya, la mer, l'Atlas et la province deSouss.
Bien que la plupart des chroniqueurs et géographes de cette période fassent correspondre l'ensemble maghrébin à l'Afrique septentrionale, comprenant parfois laCyrénaïque, l'Égypte jusqu'à lamer Rouge, le géographe arabe médiévalAl-Maqdisi comprend par Maghreb, l'Afrique du Nord, l'Espagne et la Sicile[14].
La dimensiongéopolitique du terme et sesreprésentations amènent, elles, une approche différente du terme. Ainsi, le terme « Maghreb », en désignant le territoire composé de l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, est entendu dans une « acception restreinte »[8], voire une « acception française », selon la géographe Karine Bennafla[9]. Celle-ci relève par ailleurs, comme d'autres auteurs, que son usage est le fait desnationalistes arabes dans le but de promouvoir cet ensemble géographique, alors que les « autorités coloniales parlaient [elles] d'Afrique du Nord » pour le désigner[9],[14]. On trouve aussi d'autres usages au cours de la période coloniale, avec « Afrique septentrionale, Berbérie », ce qui permettait de distinguer cet ensemble du monde arabo-musulman, pour mieux l'assimiler[14]. Cet usage se fait à partir de 1956, dans le contexte de lacrise de Suez[15].
Selon Rabah Kahlouche, de l'université de Tizi Ouzou, l'usage de l'épithète « arabe » dans lesyntagme « Maghreb arabe » n'est popularisé largement, qu'à partir de la fin des années 1940[16],« de manière rare et marginale »[14] : ainsi en 1947, au Caire, est fondé notamment le « Comité de Libération du Maghreb Arabe », à partir de sept partis nationalistes originaires des trois pays d'Afrique du Nord[17]. Ainsi sous l’influence du nationalisme arabe moderne, l’expression « Maghreb arabe » n'apparaît officiellement pour la première fois en 1948, lors de la création du « Comité de libération du Maghreb arabe »[18],[19],[20],[21].
Historiquement, l’expression « Maghreb arabe » implique que le Maghreb serait arabe au même titre que le Machrek, une assimilation qui ne s’impose pourtant pas d’elle-même. En réalité, le Maghreb s’en distingue par une arabisation tardive et encore incomplète, laquelle a permis le maintien de vastes espaces berbérophones, aussi bien dans les zones montagneuses —Aurès,Kabylie, Atlas,Rif etHoggar — que dans les oasis sahariennes, deSiwa en Égypte jusqu’au Mzab en Algérie, en passant par le Djébel Nefoussa en Libye. L’idéologie arabo-islamique ne nie pas totalement cette situation, mais tend à en atténuer la portée, notamment en s’appuyant sur des prétentions qui présentent les Berbères comme des cousins des Arabes originaires duYémen. Cette démarche n’empêche toutefois pas la négation de l’existence de la ou des langues berbères, au profit de l’affirmation de l’arabe comme unique langue écrite légitime. Par ailleurs, certains auteurs arabo-musulmans manifestent une propension marquée à reléguer l’ensemble du passé antérieur à la conquête arabo-musulmane dans l’obscurité de la « jahiliya » (ignorance avant l'avenement de l'islam dans l'historiographie arabo-islamique)[21].
Il réapparaît de manière plus affirmée en 1989, avec la création de l'organisation régionaleUnion du Maghreb arabe (UMA), qui réunit les trois pays de l'Afrique du Nord — Algérie, Maroc, Tunisie — ainsi que la Libye et la Mauritanie[14]. Rabah Kahlouche parle ainsi de redondance dans l'emploi de ce terme — puisque selon lui le Maghreb est la partie occidentale du monde arabe —, et l'analyse comme un « besoin de réaffirmer et d'insister sur l'identité arabe du nord de l'Afrique [...] chez les dirigeants maghrébins »[14]. Cette insistance pourrait ainsi être considérée comme une réponse à l'ancienne qualification coloniale, mais aussi au régionalisme berbère[14].
LesIbéromaurusiens (proto-berbères) entre 25 000 à 10 000 ans, les plus anciens habitants de la région, et considérés comme indigènes à l'Afrique du nord.
Lesfermiers anatoliens à partir de 6 500 - 3 000 avant notre ère, lesIbéromaurusiens vont être confrontés à une vague d'immigration defermiers anatoliens immigrés d'Europe. Ces fermiers anatoliens vont entrer en conflit partiel avec lesproto-berbères jusqu'à même changer la démographie de l'époque[23],[24].
LesCapsiens vers 7500 à 4000avant notre ère, présents principalement dans l'actuelleTunisie et l'estalgérien : ils sont très différents desIbéromaurusiens[25](berbères), et montrent des similitudes avec leNatoufien, l'ancêtre préhistorique des Arabes et Égyptiens (l'ADN natoufien étant majoritairement séquencé dans lapéninsule arabique[26]). Les Arabes d'Arabie montrent un lien dans leur séquençage autosomal avec le Capsien[27],[28],[29].
Antiquité
À partir du début de l'Antiquité, l'Afrique du Nord est très diverse, plusieurs peuplesberbères,égyptiens etarabes coexistent mais avant l'arrivée des Romains, les berbères ne se sont jamais définis eux-mêmes comme unpeuple : durant toute leur histoire, ils ont été divisés en plusieurs tribus, et devaient plutôt s'identifier en référence à ces dernières[30]. Les Romains désignent ces peuples par le termebarbarus, puis récupéré par lesArabes en barbar. À partir duVIIIe siècle av. J.-C., lesPhéniciens un peuple sémitique immigré duMoyen-Orient, installent descomptoirs partout à travers l'Afrique du Nord dont le plus prospère estCarthage et colonise les peuplesberbères.
LesPhéniciens vont immigrer massivement, et leurs poids démographique et culturel vont se faire ressentir.En parallèle, ils vont se métisser avec les populations berbères, ce qui va donner naissance aux Lybo-phéniciens : ils sont mentionnés pour la première fois parHécatée de Millet, cité parÉtienne de Byzance.Un texte très controversé,Le Périple d'Hannon, les mentionne.Polybe les considère comme des sujets desCarthaginois ayant les mêmes lois qu'eux en tant que métis phéniciens-berbères. PourDiodore de Sicile (XX, 55, 4), il s'agirait d'habitants des villes maritimes qui possédaient leconubium (le droit de mariage) avec les Carthaginois et devaient leur nom à ce mélange d'ethnies[31],Tite-Live les considère comme un mélange dePuniques et d'Africains.Strabon, (XVII, 3, 19) place leur origine entre le littoral carthaginois et les montagnes deGétulie.Pline (Histoire naturelle, V, 24) dit qu'ils habitent leBuzakion. Ce que précise peut-êtrePtolémée qui les situe au sud de la région deCarthage et au nord de laBuzakitis.En fait cesLibuphoinikès (locuteurs d'une langue libyenne) étaient limités au sud de Carthage[32]. Leur influence culturelle fut importante puisqu'ils ont été les intermédiaires culturels entre la civilisation phénicienne et lesberbères.
Les Phéniciens créeront les premières villes de l'ouest de l'Afrique du Nord commeVolubilis,Utique,Carthage, etc.
Les guerres puniques opposent lesCarthaginois auxRomains qui prennent possession du territoire. À son apogée, l'Afrique romaine s'urbanise et se christianise. Cette Église d'Afrique, composée de Berbères en majorité chrétiens (Romano-africains), a été au fondement du christianisme européen[33].
La première invasion arabe en Afrique du Nord, dirigée parAbdallah Ibn Saad, résulte en des pillages survenant après labataille de Sufétula, affaiblissant grandement les forces deGrégoire le Patrice.Gennadios II assure le retrait des arabes qui acceptèrent de partir en échange du paiement d'un lourd tribut en or[37]
Les années 665 à 689 voient une nouvelle invasion arabe de l'Afrique du Nord sous le commandement d'Oqba Ibn Nafi al-Fihri. L'expedition mène à la fondation deKairouan dans l'actuelleTunisie, première implantation de l'islam dans la région. Après cela, comme l'écritEdward Gibbon, Oqba Ibn Nafi « pénétra dans l’intérieur des terres ; il traversa le désert où ses successeurs ont élevé les brillantes capitales de Fez et de Maroc ; et il arriva enfin au rivage de la mer Atlantique et à la frontière du grand désert ». Le général assiège plusieurs villes côtières mais est arrêté et partiellement repoussé.
À son retour d'expédition l'armée d'Uqba Ibn Nafi estprise en embuscade par une armée berbéro-byzantine dirigé par le roi berbèreKoceila. Oqba Ibn Nafi et son lieutenantAbou al-Mouhajir Dinar sont tués ainsi que le gros des troupes arabes. lesOmeyyades sont expulsés de la région de l'actuelleTunisie, ou au moins jusqu'au-delà deGabès[38], tandis queKoceïla se rend maître deKairouan[39]. Le territoire n'en reste pas moins disputé.
La troisième invasion entraine un retour de l'influence omeyyade sur l'Afrique du nord sous le commandementd'Hassan Ibn Numan. Seuls résistent certains Berbères dirigés par laKahena[40]. LesByzantins, profitant de leur supériorité navale, débarquent une armée qui s’empare de Carthage en696 pendant que laKahena allié des Byzantins remporte une bataille contre les Arabes en697[40]. Ces derniers, au prix d’un nouvel effort, finissent cependant par reprendre définitivement Carthage en698 par vaincre lesByzantins et tuer laKahena[41].Contrairement aux précédents envahisseurs, lesArabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Certains Berbères du Maghreb se sont rapidement convertis mais les autorités arabes ont continué à les traiter comme des personnes de seconde zone, en prélevant sur eux ladjizia et lekharaj des impôts initialement collecté sur lesdhimmi, en violation direct avec la loi islamique. Bien que les Berbères aient entrepris une grande partie des combats lors de laconquête omeyyade de l'Hispanie, ils reçurent une part moindre du butin et furent fréquemment affectés à des tâches plus dures. Toutes ces injustices contribuèrent à la montée dukharidjisme, forme puritaine de l'Islam, promettant un nouvel ordre politique, dans lequel tous les musulmans seraient égaux, et plus tard à laGrande révolte berbère qui morcellera le Maghreb occidental en plusieurs états indépendants.
En800, lecalife abbassideHaroun ar-Rachid délègue son pouvoir enIfriqiya à l’émir Ibrahim ibn Al-Aghlab[42] et lui donne le droit de transmettre ses fonctions par voie héréditaire[43]. Al-Aghlab établit ladynastie desAghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Le territoire bénéficie d’une indépendance formelle tout en reconnaissant la souveraineté abbasside[43]. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sagrande mosquée, un centre intellectuel de haute renommée[44]. À la fin du règne de Ziadet AllahIer (817-838),Tunis devient la capitale de l’émirat jusqu’en 909[45].
Mosquée Ketchaoua reconstruite en 1794 sous le gouvernement deSidi Hassan et transformée en cathédrale Saint-Philippe d'Alger de 1832 à 1962, date à laquelle elle est redevenue une mosquée.
Appuyée par les tribus berbèresKutama qui forment une armée fanatisée, l’action duprosélyteismaélienAbu Abd Allah ach-Chi'i entraîne la disparition de l’émirat en une quinzaine d’années (893-909)[46]. En décembre 909,Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie desFatimides, qui déclare usurpateurs les califesomeyyades etabbassides ralliés ausunnisme. L’État fatimide s’impose progressivement sur toute l’Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l’Afrique subsaharienne. En945,Abu Yazid, de la grande tribu desBanou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Le troisième calife,Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s’empare de la Sicile[47] en948. Lorsque la dynastie fatimide déplace sa base vers l’est en972, trois ans après la conquête finale de la région, et sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l’Ifriqiya, le califeAl-Muizz li-Dîn Allah confie àBologhine ibn Ziri — fondateur de la dynastie desZirides — le soin de gouverner la province en son nom. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide[47], ce qui culmine avec la rupture avec ce suzerain devenu lointain et inaugure l’ère de l’émancipation berbère[46]. L’envoi depuis l’Égypte de tribus arabes nomades sur l’Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison[46]. Le début duXIe siècle, marque le début desinvasions hilaliennes de l'Ifriqiya les estimations en termes de déplacement de population varient selon les historiens 250 000[48] a 500 000[49] a 700 000[50]. SelonLuis del Mármol Carvajal les Hilaliens auraient été plus d'un million à immigrer, et il estime la population hilalienne à son époque à 4 000 000 en1573[51],[52],[53] se mettent en route après que de véritables titres de propriété leur ont été distribués au nom du calife fatimide. Kairouan résiste pendant cinq ans avant d’être occupée et pillée. Le souverain se réfugie alors à Mahdia en1057 tandis que les nomades continuent de se répandre en direction de l’Algérie, la vallée de laMedjerda restant la seule route fréquentée par les marchands[46]. Ayant échoué dans sa tentative pour s’établir dans la Sicile reprise par lesNormands, la dynastie ziride s’efforce sans succès pendant 90 ans de récupérer une partie de son territoire pour organiser des expéditions depiraterie et s’enrichir grâce au commerce maritime.
Les historiens arabes sont unanimes à considérer cette migration comme l’événement le plus décisif du Moyen Âge maghrébin, caractérisé par une progression diffuse de familles entières qui a rompu l’équilibre traditionnel entre nomades et sédentaires berbères[46]. Les conséquences sociales et ethniques marquent ainsi définitivement l’histoire du Maghreb avec un métissage de la population. Depuis la seconde moitié duVIIe siècle, la languearabe demeurait l’apanage des élites citadines et des gens de cour. Avec l’invasion hilalienne, les dialectes berbères vont, sinon céder la place à la langue arabe
Le Maghreb possède unesuperficie totale de plus de six millions de kilomètres carrés avec de fortes disparités d’un pays à l’autre[54]. Cette région est bordée au nord par lamer Méditerranée, à l'ouest par l'océan Atlantique et au sud par le désert duSahara. Elle est traversée par la chaîne de l'Atlas sur plus de 2 000 kilomètres.
La région n'est pas épargnée par lesséismes. Le séisme d'Agadir (Maroc) fait plus de 15 000 morts en 1960[56]. Plus récemment, le, le séisme deBoumerdès (Algérie) provoqua la mort de 2 217 personnes alors que le séisme d'Al Hoceïma (nord du Maroc) fit629 morts[57] et une centaine de blessées.
Aujourd'hui encore, les éleveurs et agriculteurs berbères vivent dans ces régions montagneuses en conservant leur identité culturelle[59]. Leclimat y est plus froid en altitude et peut parfois être franchement rigoureux enhiver. Durant cettesaison, les sommets de l’Atlas sont recouverts deneige.
Les principaux massifs montagneux de l'Atlas se structurent du sud-ouest vers le nord-est :
LeMaroc par sa géographie ouverte, est un pays de grandes villes, tandis que laTunisie, de par son exiguïté, un pays de petites villes, alors que l’Algérie privilégie l’émergence des villes moyennes[60].
Après la proclamation de l'indépendance des divers pays, les gouvernements respectifs optent pour laplanification économique. LePIB par habitant progresse mais l'économie du Maghreb doit faire face à de nouveaux défis[69]. Aujourd'hui, elle est confrontée à lamondialisation. Cela conduit les gouvernements àprivatiser de larges secteurs de leurs économies.
La crise affecte la croissance duPIB, augmente la dépendance alimentaire et favorise lesémeutes à caractère social (comme les « émeutes du pain » tunisiennes en 1983-1984). Le développement économique a entraîné une transformation des paysages dulittoral (stations touristiques,agriculture intensive eturbanisation accélérée)[70]. Face à la mondialisation, les pays du Maghreb ont tenté de timides rapprochements dans le cadre de l'Union du Maghreb arabe[71] mais les réalisations communes apparaissent bien modestes en raison des différences politiques de ses membres. Ainsi, le Maghreb reste l'une des régions du monde qui est la moins intégrée commercialement[72].
Économie des pays du Maghreb (estimations pour l'année 2012)
L'agriculture au Maghreb a connu d'importantes mutations depuis les années 1970 :mécanisation, utilisation d'engrais etirrigation moderne ont entraîné une augmentation des productions agricoles. Le monde agricole n'échappe pourtant pas à la crise et l'essor des récoltes ne suit pas l'accroissement démographique.
Leclimat, les paysages et le patrimoine culturel du Maghreb sont autant d'atouts pour le développement touristique de la région. De plus, le Maghreb bénéficie en outre de la proximité géographique avec l'Europe et de l'usage courant de lalangue française :Marrakech ouDjerba sont ainsi à deux heures d'avion deParis. Toutefois, la pression touristique suscite une nécessité de préservation du patrimoine et une gestion raisonnée des ressources eneau. Le Maghreb doit aussi faire face au danger terroriste (attentat de la Ghriba en 2002,de Casablanca en 2003 et en 2011, ou d'Alger en 2007)[réf. nécessaire].
En trente ans, la population nord Africaine a été multipliée par deux. Toutefois, la croissance démographique tend à ralentir à cause de la baisse dutaux de fécondité : elle s'explique par l'efficacité duplanning familial, lascolarisation des filles et la modernisation desmodes de vie. Quant autaux de natalité, il a baissé dans les trois pays mais la proportion de moins de15 ans demeure élevée. Cela pose des problèmes de scolarisation que les gouvernements ont relevés avec plus ou moins de succès.
Les maghrébins descendent d'une part d'ancien groupes déjà présents (phéniciens, romains, berbères)[120] qui ont pour la plupart étéarabisés, et de tribusarabes originaires d'Arabie et d'Andalousie (banu hilal,banu sulaym, etc.) ces tribusarabes ont remplacé et supplanté les populations locales sur de larges zones rurales[121],[122],[123],[124] tandis que les arabesandalous eux arabiseront grandement les villes d'après,Gabriel Martinez les arabes andalous seront les "chiens de garde" de la languearabe[125]. En revanche l'apport des Arabes enAfrique du Nord n'est pas aussi significatif au niveaugénétique[126] qu'il n'est déterminant sur les plans linguistiques, culturels et religieux, lesArabes arrivés à partir duVIIe siècle avec lesinvasions musulmanes, ont contribué à convertir àl'islam l'Afrique du Nord après plusieurs années de guerre, malgré la résistance et les combats acharnés des Byzantins[127] et de leurs alliés berbères (Kahina etKoceila). L'apport démographique arabe est beaucoup plus significatif à partir duXIe siècle, lorsque le pouvoir desFatimides envoya, dans le but de réprimer desdynasties berbères ayant proclamé leur indépendance, de nombreusestribus guerrières. La plus importante d'entre elles est celle desHilaliens accompagnée desBanu Sulaym et desBanu Maqil.
Les estimations en termes de déplacement de population varient selon les historiens 250 000[48] a 500 000[49] a 700 000[50]. SelonLuis del Mármol Carvajal les hilaliens auraient été plus d'un million à immigrer, et il estime la population hilalienne à son époque à 4 000 000 en1573[51],[52],[53].
SelonCharles-André Julien, les actuelles populations arabophones seraient en partie berbères[128]. Selon le défenseur de la cause berbèreGabriel Camps, les « invasions hilaliennes » ont été « d'un poids insignifiant sur le plan démographique, mais déterminant sur les plans culturel et socio-économique[129]. » De nos jours, l'arabe littéral est la langue officielle des pays du Maghreb, c'est-à-dire la langue des médias et de l'école. Lesdialectes berbères demeurent fortement influencés par la langue arabe[130].
Dans ce contexte, seule une minorité de la population maghrébine — de l'ordre de 27% - 35% auMaroc[131], 27,4 % enAlgérie, 0,5% enTunisie[132],[133] et 1% enLibye[134]— parle leberbère. Ces groupes conservent une identité qui leur est propre en particulier dans les montagnes de l'Atlas. La plupart sont sédentaires mais certains sont nomades.
Par ailleurs, de petites communautésjuivesséfarades résident toujours au Maghreb. Il y aurait 7 000 juifs auMaroc et 2 000 enTunisie, et auraient pratiquement disparu enAlgérie sauf un nombre minuscule dans quelques grandes villes. LesJuifs ont une longue histoire enAfrique du Nord. Depuis les débuts de la diaspora israélite, que l'on peut dater de la destruction du second Temple parTitus en 70 de notre ère, il y a aurait eu trois grands pôles qui se sont ensuite avancés vers l'ouest : un enÉgypte, un àCarthage et un autre enCyrénaïque (Libye centrale). D'autres communautés se formèrent à travers l'Algérie, l'Espagne, le Maroc. Les tablettes enhébreu retrouvées enLibye et auMaroc attestent de la présence de Juifs issus de Judée. Une grande partie non négligeable de juifs maghrébins arriva lors de l'expulsion des juifs d'Espagne par les souverains catholiques, après la chute duroyaume de Grenade qui marqua la fin de laReconquista en 1492. Certains juifs européens sont arrivés à l'époque moderne avec lacolonisation française[135]. Après les indépendances des trois pays, la plupart des juifs ont quitté le Maghreb pourIsraël et l'Europe occidentale[136].
Génétique
La structure génétique duchromosome Y de la population maghrébine semble être principalement modulée par la géographie. Leshaplogroupes E1b1b etJ de l'ADN Y constituent la grande majorité des marqueurs génétiques des populations du Maghreb. L'haplogroupe E1b1b est le plus répandu parmi les groupes maghrébins, en particulier la lignée en aval E1b1b1b1a, qui est typique des Berbères autochtones de l'Afrique du Nord-Ouest. L'haplogroupe J est plus représentatif d'origines duMoyen-Orient, et a sa plus haute répartition parmi les populations d'Arabie et duLevant. En raison de la distribution de E-M81 (E1b1b1b1a), qui a atteint ses plus hauts pics documentés dans le monde à 95-100 % dans certaines populations du Maghreb, il a souvent été qualifié de« marqueur berbère » dans la littérature scientifique. Le deuxième marqueur le plus commun, l'haplogroupe J, en particulier J1[137],[138], qui est typiquement moyen-oriental, et originaire de la péninsule arabique, peut atteindre des fréquences allant jusqu'à 35 % dans la région[139],[140]. Sa densité la plus élevée est trouvée dans la péninsule arabique[141]. L'haplogroupe R1[142] qui est un marqueur eurasien, a également été trouvé au Maghreb, mais avec une fréquence plus faible. Les haplogroupes d'ADN-Y montrés ci-dessus sont trouvés chez les arabophones et les berbérophones.
Le pool du chromosome Y du Maghreb (comprenant les populations arabe et berbère) peut être résumé pour la plupart des populations de la façon suivante : seuls deux haplogroupes E1b1b et J comprennent généralement plus de 80 % des chromosomes totaux[143],[144],[145],[146],[147],[148],[149],[150].
Elle est la conséquence directe du fort taux d'émigration qu'a connu le Maghreb depuis la décolonisation ayant eu lieu entre 1956 pour laTunisie et leMaroc, et 1962 pour l'Algérie.
Dans les années 1960 et 1970, la conjoncture économique favorable qu'a connue laFrance a favorisé l'immigration, en particulier en provenance du Maghreb. En conséquence, les personnes d'origine maghrébine sur trois générations représentent 8,7 % de la population française des moins de60 ans en 2011[151],[152] et 16 % des enfants nés en 2006-2008 ont au moins un grand-parent maghrébin[153].
Selon l'historien Pierre Vermeren, il y a environ15 millions de personnes d'origine maghrébine enEurope de l'Ouest en 2016[réf. nécessaire].
Selon une étude de l'Insee publiée en 2012, les personnes d'origine maghrébine sur deux générations uniquement (immigrés et leurs enfants) étaient un peu plus de 3,5 millions en 2008 5,7 % de la population métropolitaine en 2008 (alors de 62,5 millions)[154]. 16 % des nouveau-nés enFrance métropolitaine entre 2006 et 2008 ont au moins un grand-parent né au Maghreb[155].
Toutes générations confondues, selon une étude publiée en 2004 de l'Institut Montaigne, un think tank d'obédience libérale, il y a en France, en 2004, environ 5 à 6 millions de personnes d'origine maghrébine ; 3,5 millions ont la nationalité française dont 500 000 harkis. Environ 400 000 enfants seraient nés d’un couple mixte dont un des parents est maghrébin. Cette estimation est basée sur le recensement de 1999[156],[157],[158]. La démographeMichèle Tribalat, a de son côté estimé cette même population à3 millions de personnes en 1999 à partir des mêmes données ainsi que d'une enquête complémentaire[159].
D'après une estimation de Michèle Tribalat en 2009, les personnes d'origine maghrébine sur3 générations (immigrés, enfants et petits-enfants d'immigrés) étaient environ 3,5 millions en 2005 soit environ 5,8 % de la population métropolitaine en 2005 (60,7 millions)[160],[161].
En 2015, Michèle Tribalat, dans une nouvelle estimation des populations d'origine étrangère en 2011[162], estime à au moins 4,6 millions le nombre de personnes d'origine maghrébine sur trois générations en 2011 selon la répartition suivante[163] :
Par ailleurs, selon cette même étude de Michèle Tribalat, les personnes d'origine maghrébine sur trois générations représentent 8,7 % de la population française des moins de60 ans en 2011[162].
Toujours selon Michèle Tribalat, en 2005, près de 7 % des jeunes de moins de18 ans en métropole sont d'origine maghrébine (au moins un parent). EnÎle-de-France, la proportion est d'environ 12 %. C'est dans les départements deSeine-Saint-Denis (22 %), duVal-de-Marne (13,2 %) et duVal-d'Oise (13 %) et deParis (12,1 %) que l'on trouve les plus fortes proportions. Au niveau des grandes villes, 21 % des jeunes de moins de18 ans àPerpignan sont d'origine maghrébine et près de 40 % dans les trois premiers arrondissements deMarseille[103].
Proportion des jeunes de moins de 18 ans d'origine maghrébine (2005)
AuxXIXe et XXe siècles, lacolonisation française réintroduit lechristianisme — déjà présent durant l'Antiquité et dontsaint Augustin était une grande figure — construit une cathédrale (d'abord àConstantine en 1838), des bâtiments officiels, des infrastructures de transport modernes, etc. Toutefois, la domination européenne a fortement troublé la société maghrébine en apportant la modernité et les valeurs occidentales et s'est soldée par le rejet de cette influence au travers dunationalisme puis de l'islamisme[réf. nécessaire].
Il est difficile de déterminer si lalangue française connaît réellement ou non une progression au Maghreb. Du côté optimiste, les organisations de promotion de laangue française montrent les perspectives positives du français au Maghreb. Le pourcentage de locuteurs du français aurait augmenté au Maghreb et au Proche-Orient de 17 % entre 2014 et 2018, et d’environ 6,5 % entre 2018 et 2022 . Le fait qu’une majorité des francophones du Maghreb soit dans la tranche d’âge des 15-24 ans augure une progression dans l’avenir. Il laisse à penser que la langue peut continuer d’avoir une place prédominante dans ces pays, notamment à cause de la forte diaspora ayant immigré en France. Dans le camp plus pessimiste, la courbe de la francophonie descendrai dans le Maghreb . Même si pratiquement la totalité des personnes dans les grandes villes tunisiennes, algériennes et marocaines parlent français, la qualité de celui-ci serait souvent bien basse, juste assez pour tenir la conversation. La diminution de l’usage de la langue corrélerait avec l'augmentation, la diversification et la circulation des contenus en arabe des médias tout supports : cinéma, télévision, internet, et la diminution de l’impact politique de laFrance dans la région et donc la nécessité de maîtriser la langue de Molière[164].
Mosquée Sidi Ghanem de Mila, âtie en 675 par Abou al-Mouhajir Dinar, l'émir d'Ifriqiya, de 674 à 681 pour le compte des Omeyyades.
Vers 2010, diverses ONG travaillent pour favoriser le pluralisme de l'information au Maghreb ainsi qu'auMachrek, avec quelques réussites. À cette époque le paysage médiatique s'est considérablement animé, par exemple en passant de quelques chaines de télévision à 520 accessibles aux Maghrébines. Toutefois, si les chaines arabes se sont ouvertes aux débats régionaux et internationaux, les trois gouvernements du pays restent frileux aux développements de la liberté. Dans l'ensemble, les journalistes continuent de s'autocensurer, mais moins les diffuseurs satellitaires. Aussi, à partir de 2008, laLigue arabe établit une charte qui prévoit des sanctions en cas d'« offenses ». Aucun des pays du Maghreb ne s'y est opposé, aucun n'a dépénalisé les délits qui enferment la presse. En Tunisie, les autorités ont continué de bloquerRadio Kalima. En 2009,Transparency International a documenté de nombreux exemples qui montrent que les médias restent muselés au Maghreb. -[165].
La société civile au Maghreb constitue un important gisement d'informations. Elles sont un point d'action et d'observation essentiel de la société. Mais elles connaissent mal les médias. Elles croient que l'importance de leurs interventions sur le terrain suffit pour que leur message soit retransmis. Pourtant, leur communication est la plupart du temps stéréotypée, utilisant un jargon qu'elles croient adapté aux journalistes. Elles comprennent mal les contraintes des médias, leur reprochant de les réduire au role defixeur. Ces associations ont tendance à voir dans les médias un simple relais, tandis que les médias perçoivent difficilement la portée de leur travail, ou acceptent de faire ce relais sans y apporter de perspective. -[165].
La Transmaghrébine
Uneautoroute transmaghrébine de 3 210 kilomètres est en cours de construction entre le littoral marocain et laLibye. Cette autoroute représente une chance sur le plan économique pour tous les pays qu'elle traverse[166]. Elle doit traverser laMauritanie, leMaroc, l'Algérie, laLibye et laTunisie. Elle est composée d'un axe atlantique deNouakchott àRabat et d'un axe méditerranéen deRabat àTripoli passant parAlger etTunis.
La première portion située le long de l'océan Atlantique (axe Nord-Sud) débutera à Nouakchott (Mauritanie) pour rallier le réseau autoroutier marocain en passant parAgadir,Marrakech,Settat,Casablanca etRabat. Cette dernière constitue le point d'orgue entre les axes Nord-Sud et Est-Ouest maghrébins (appelé également axe méditerranéen). Ce dernier prenant naissance àRabat traverseraMeknès,Fès,Taza jusqu’à la ville d'Oujda, située sur la frontière algéro-marocaine. La portion algérienne reliera les principales villes côtières au départ de la frontière marocaine. Elle traverseraTlemcen,Oran etChlef à l’ouest,Alger,Sétif, Constantine jusqu’àAnnaba, à l'est, et rejoindra ainsi la frontière algéro-tunisienne. La portion tunisienne traverseraJendouba,Béja,Tunis,Hammamet,Sousse,Monastir,Mahdia,Sfax,Gabès etMédenine pour arriver àRas Jedir (à la frontière libyo-tunisienne). La dernière portion de la Transmaghrébine se terminera par l'autoroute libyenne qui reliera la frontière libyo-tunisienne à Tripoli pour traverserBenghazi jusqu'àTobrouk. À court terme, il est prévu que ce projet reliera la ville d'Agadir (Maroc) à la ville deSfax (Tunisie). La fin des travaux est prévu pour 2011. Cette autoroute sera d'une longueur supérieure à 2 500 kilomètres[réf. nécessaire].
Par son tracé, la Transmaghrébine dessert 55 villes d’une population totale de plus de50 millions d’habitants (des89 millions de Maghrébins),22 aéroports internationaux, les principaux ports, les terminaux ferroviaires, les principales universités, les plus grands hôpitaux et polycliniques ainsi que les principales zones industrielles et touristiques. Ainsi, cette autoroute constituera le nerf essentiel pour l'économie de la région permettant d'intensifier les échanges intermaghrébins dans tous les domaines, de relier l'Europe au Maghreb (grâce au tronçon autoroutier déjà existant entreRabat etTanger) et de faciliter les transports routiers et les échanges commerciaux entre les rives nord et sud de la Méditerranée. Il nécessitera la réouverture de la frontière terrestre séparant l'Algérie et leMaroc[réf. nécessaire].
Enfin, lesflux migratoires demeurent importants entre le Maghreb et l'Europe[167],[168]. Après la fin de laSeconde Guerre mondiale, un certain nombre de Maghrébins ont quitté leurs pays pour travailler en Europe. La France, en raison des liens historiques et culturels qu'elle entretient avec le Maghreb, reste la première destination des migrations économiques. Le Maghreb est dès lors le point de départ d'uneimmigration clandestine qui passe par le détroit de Gibraltar, par lesenclaves espagnoles deCeuta etMelilla, ainsi que par le détroit de Sicile et l'îleitalienne deLampedusa[169].
↑Adrien Jaulmes, « La Cyrénaïque, bastion historique des rébellions »,Le Figaro,(lire en ligne, consulté le).
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↑AbdennourBenantar,Les initiatives de sécurité au Maghreb et au Sahel: Le G5 Sahel mis à l'épreuve, Editions L'Harmattan,(ISBN978-2-14-012189-0,lire en ligne)
↑Selon la table géographique de Slane,Histoire des Berbères, Berti, 2003, Alger,p. 1553.
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↑MaartenKossmann, « Berber subclassification (preliminary version) »,Chapter proposed for The Oxford Handbook of African Languages, ed. by Rainer Vossen,(lire en ligne, consulté le)
↑"Estimé à six millions d'individus, l'histoire de leur enracinement, processus toujours en devenir, suscite la mise en avant de nombreuses problématiques…", « Être Maghrébins en France » inLes Cahiers de l’Orient,no 71, troisième trimestre 2003