L'origine de la maçonnerie remonte aux temps les plus éloignés, dès lors que l'homme a eu besoin de bâtir uneconstruction pour se loger. Le métier de maçon a été façonné de manière disparate par les ressources souterraines locales et la terminologie utilisée en construction est partiellement liée au terroir[7] et à des traditions multiséculaires. La pénurie en pierre de taille de qualité a fait de Londres une ville debrique, Paris a été construite avec lecalcaire lutétien duBassin parisien et le métier de maçon s'en est trouvé transformé.
LeMoyen Âge, qui constitue en quelque sorte l'âge d'or des maçons voit ceux-ci, organisés en confréries ou en sociétéscompagnonniques, contribuer à la construction descathédrales.
Le plus ancien acte d'organisation pour les maçons en France, fait partie du livre des métiers d'Étienne Boileau, rédigé en1268 ; nomméprévôt de Paris par le roiLouisIX : il est question « Des maçons,tailleurs de pierre, lesplastriers et desmortelliers[8] » (fabricants d'auges de pierre qu'on appelle mortiers et ensuite celui qui brise certaines pierres dures pour en faire du ciment[9], le termemortier désigne de la manière l'auge du maçon et son contenu). Les maçons et les plâtriers devaient leguet et lataille ; mais les mortelliers ainsi que les tailleurs de pierre étaient dispensé duguet, dès le temps deCharles Martel, suivant la tradition que constatent les statuts. Leur juridiction était dès lors dans l'enclos du palais, elle était connue sous le nom demaçonnerie[10].
manœuvres et garçons qui exécutent les parties du travail qui n'exigent guère que de la force ;
les compagnons qui posent la pierre et font les enduits ;
les maîtres-compagnons qui surveillent et dirigent plusieurs ouvriers dont ils assurent l'ensemble ;
le maître qui prépare les détails, dirige les hommes et surveille la nature aussi bien que l'emploi des choses, constituent les principaux éléments de la maçonnerie. Chacune de ces classes de travailleurs renferme une spécialité d'autant plus tranchée qu'elle s'éloigne davantage des deux extrêmes. Le maître se distingue, par la faculté de comprendre en même temps l'ensemble et les détails, l'unité et la variété, l'idée et son exécution, est un architecte, moins l'esprit d'invention peut-être[10].
Avant l'apparition duciment et dubéton, le travail du maçon se fait donc étroitement avec le travail descarrières et lestailleurs de pierre (voir à ce sujet lelexique de la pierre naturelle) mais aussi le travail de la terre (mortier de terre) de lachaux et duplâtre. Cette association avec le travail du plâtre l'a fait appeler maçon-plâtrier[11] (voir sur ce sujet lelexique du plâtre). Le maçon-plâtrier, hourde et enduit les cloisons en plâtre (c'est-à-dire les remplit, les maçonne en plâtre), réalise des moulure. Les murs de pierre sont jointoyés en plâtre a posteriori au moyen d'une espèce de grand couteau pointu et emmanché appeléfiche. Cette mise en œuvre des maçonnerie sera abandonnée au profit du hourdage à bain, toujours en plâtre (pose àplein bain de mortier).
Aujourd’hui le plâtre n'est plus utilisé que pour leplafonnage par un ouvrier bien distinct, leplafonneur ouplâtrier.
La double révolution de l'acier et dubéton de ciment bouscule plus d'une tradition : avec l'acier, on cesse d'employer la pierre naturelle comme matériau statique. L'apparition du béton et plus largement despierres artificielles (briques, blocs, etc.), moins chères à produire, plus faciles à mettre en œuvre, achève cette mutation.
En1861,François Coignet, pionnier de l'industrie du béton, décrit les avantages de cette nouvelle invention : la préparation des pierres artificielles moulées constitue l'une des deux grandes branches d'emploi des bétons, et n'apporte pas de changements aux procédés de bâtir en usage à l'époque, sinon de substituer de la pierre artificielle moulée à de la pierre naturelle taillée. Lemoulage des bétons sur site - la seconde branche d'emploi du béton - inspirée par la technique dupisé :« (…) Pendant que la construction en maçonnerie ordinaire, en y comprenant l'extraction des pierres, la taille et la pose, exige l'emploi d'ouvriers d'art existant en petit nombre et obtenant des salaires élevés, les constructions en béton ne demanderaient le concours que de simples manœuvres, que l'on pourrait se procurer partout en nombre illimité, et moyennant des salaires beaucoup moins élevés, première source incontestable d'une grande économie dans la main-d'œuvre »[12].
De nos jours, avec l'usage du béton, de matériaux standardisés comme les briques ou les blocs, les techniques de collage plutôt que de cimentage, mais aussi lamécanisation, la manière de travailler et les outils du maçon ne sont plus tout à fait les mêmes que dans le temps.
Anciennement, le maçon s'occupait de la construction des murs enmoellons oumeulière, tous lesplâtres, et quelquefois la pose de lapierre. Cette association avec le travail du plâtre le fait appeler maçon-plâtrier[11].
Lorsqu'on s'occupait de maçonnerie en moellon, le travail prenait le nom deLimousinage et l'ouvrier chargé de la réalisation de l'ouvrage s'appelait limousin[M 2].
Le CAP : lecertificat d'aptitude professionnelle (CAP) se préparent en 2 ans après la 3e, sous statut scolaire ou enapprentissage. Le diplôme peut aussi se préparer en 1 ou 3 ans. Le titulaire de ce diplôme réalise, à partir de directives, l’ensemble des travaux de maçonnerie sur des chantiers de construction neuve, de rénovation ou de réhabilitation. Il intervient dans les secteurs suivants : construction de maisons individuelles, de bâtiments divers, travaux de maçonnerie générale (et rénovation et réhabilitation), travail de la pierre[13].
Bac Pro Technicien du bâtiment, organisation et réalisation du gros œuvre (TBORGO). Le titulaire de ce bac est un technicien du bâtiment qui peut exercer les responsabilités de chef d’équipe au sein d’une entreprise, chargé du suivi des chantiers.
LeBrevet professionnel de maçon : le BP se prépare en 2 ans après le CAP et permet d'acquérir un niveau de qualification plus élevé.
↑Les dictionnaires spécialisés et l'analyse de la valeur : actes du colloque organisé en avril 1995 par le Centre de terminologie de Bruxelles (Institut libre Marie Haps). Peeters Publishers, 1997Voir en ligne.
↑a etbAnge de Saint-Priest. Encyclopédie du dix-neuvième siècle : répertoire universel des sciences, des lettres et des arts avec la biographie de tous les hommes célèbres. Imprimerie Beaulé, Lacour, Renoud et Maulde, 1851 (Livre numérique Google).
↑ab etcClaude Jacques Toussaint. Manuel du maçon-plâtrier, du carreleur, du couvreur et du paveur. Roret, 1834.Consulter en ligne.