Mâlain est situé à l'extrêmité sud duPlateau de Langres. Le territoire de la commune comporte l'un des deux seuls affleurements du socle cristallinhercynien sur lequel se sont déposés les sédiments post-triassiques, entre le Morvan et les Vosges[1] : l'ensemble de la région est constitué deroches sédimentaires s'étant déposées sur un socle cristallin prééxistant, mais ce socle n'est visible en surface qu'à Mâlain (ainsi qu'àRemilly-en-Montagne)[1]. Lesroches cristallines du socle affleurant sur la commune sont desmigmatites[1].
Des gisements degypse ont été exploités jusqu'au début duXXe siècle ; vers 1900, les fours localisés à Mâlain produisaient jusqu'à 5000 tonnes par an deplâtre issu de l'exploitation du gypse[1].
Au, Mâlain est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à7 niveaux définie par l'Insee en 2022[12].Elle est située hors unité urbaine[13]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dijon, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[13]. Cette aire, qui regroupe 333 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[14],[15].
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de labase de donnéeseuropéenne d’occupationbiophysique des solsCorine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (60 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (60,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante :terres arables (36,4 %), forêts (33,6 %), prairies (19,4 %), zones urbanisées (6,3 %), zones agricoles hétérogènes (4,2 %)[16]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : lacarte de Cassini (XVIIIe siècle), lacarte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Les formes anciennes deMâlain sont :Mediolanum en 1075[17],Humbertus de Meilano 1131[17],Presbiteratus Mediolani 1157[17],Meelan,Meelen 1164[17],Moelen,Maelen 1191[17],Villernus Froment de Meelun 1222[17],Maelin 1225[17],Moolein 1230[17],Maalein 1231[17],Moelin 1234[17],ecclesia beati Valeriani de Maaulayn 1240[17],Maucelin 1242[17],Maalen, 1253[17],Maeling 1265[17],Maaulain 1277[17],Maulain 1289[17],Maaleyn 1292[17],Manlain,Manllain 1392[17],MoulaymXIVe siècle[17],Malain, 1528[17],Malayum 1562[17],Mollain 1575[17],Malain 1576[17],Malin 1676[17],Malain 1757[18],Mâlin 1777[19],Malain 1850[20],Mâlain 1855[21].
L'étymologie deMâlain se rattache au mot latinMediolanum :medio- « milieu, central »[22] etlano- « plein, plaine » ?, d'où « plaine au centre », ou mieux « plein centre »[22].
De l'adjectif gauloisMedio « central » en composition, notamment avec le gauloislann, « endroit consacré ». Le village est désignéMediolanum en 1075 dans un textelatin.
Traditionnellement les linguistes et toponymistes attribuent à ce toponyme le sens de « [localité au] milieu de la plaine » ou « plaine du milieu »[23] sur la base du gauloismedio- (medios) « du milieu, central », apparenté directement au vieux bretonmed, met et par l'indo-européen aulatinmedius[24]. Le second élément-lano- serait un mot*lanon non attesté en gaulois, mais reconstitué d'après lelatinplānus « plat ».
Se limitant à la question du sens deMediolanum,Christian-Joseph Guyonvarc'h l'attribue sans hésiter au vocabulaire religieux duceltique continental, et le rapproche duMedionemeton évoqué à propos dulocus consecratus (lieu consacré) deJules César :Medionemeton,Mediolanum,Vindolana et toutes les formations de ce genre ont désigné sans nul doute à l'origine un enclos ou une clairière, au moins un espace libre symbolisant le centre religieux et culturel de la peuplade gauloise, de la tribu ou de la cité. De plus, le second élément du nom,-lanum, peut être interprété comme une forme delanos, « plein », avec le sens de « parfait, complet ». Le toponyme « indique selon toute apparence un endroit où pouvait se réaliser une espèce de plénitude religieuse, un centre de perfection ».
L'Ouche toute proche était alors navigable et permettait de relier le couloir de laSaône puis duRhône où étaient importés divers produits dont les vins. La datation des amphores et fragments retrouvés sur le site a permis de repérer l'importation de vins grecs ou italiens (Étrurie) et aussi des échanges de produits alimentaires avec la région de Lyon.
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers lesrecensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[28]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[29].
En 2023, la commune comptait 798 habitants[Note 3], en évolution de +6,83 % par rapport à 2017 (Côte-d'Or : +1,18 %,France horsMayotte : +2,36 %).
Prospection aérienne du site du sanctuaire du dieuMarsCicolluis, et àLitavis, avec son enclos cultuel protohistorique. Ce site a livré de nombreux objets : bassins, colonnes, corniches, autels, inscriptions. Lefanum, de plan quadrangulaire ; une grande salle à exèdre, un aqueduc et des bâtiments faisant penser à des thermes. Sa localisation à 750 mètres au couchant du Théâtre, sur la rive droite de la Douix découvert en 1976 semble exclure une relation entre les deux sites[35].
Grotte dite « le Trou du diable » où des céramiques néolithiques et des vases du bronze ancien ont été retrouvés. De récentes recherches permettent de penser qu'une communication existe ente cette grotte et le château situé au-dessus de celle-ci.
Musée : plusieurs salles abordent l'archéologie, l'histoire, la géologie... Visitable sur demande, rue du Mont Chauvin.
Les lavoirs (4) : à chaque lavoir correspond un quartier, attaché à une couleur.
Odot Molain (1383-1471), qui fut l'une des plus grosses fortunes duduché de Bourgogne et qui reprit en 1433 le titre, éteint, de seigneur de Mâlain[37].
↑Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
↑abc etdChristian Rémond,Notice explicative de la carte géologique 1/50000 de Gevrey-Chambertin, Orléans, BRGM,(lire en ligne)
↑a etbDaniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale »,Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography,no 501,(DOI10.4000/cybergeo.23155,lire en ligne, consulté le)
↑GUILLORY (aîné) Expériences comparatives sur de la culture... Bulletin de la Société industrielle et agricole d'Angers et du département de Maine-et-Loire (1855), p. 37
↑a etbDELAMARRE (X.) Dictionnaire de la langue gauloise 2003), p. 222,196.
↑a etbXavier Delamarre,Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux celtique continental, Paris, éditions Errance,, 440 p.(ISBN2-87772-237-6),p. 220 - 221.
↑Henri Martin,Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789, Paris, Furne,(BNF41665440).
↑Louis Roussel, « Mâlain le château Groupe archéologique du Mesmontois », dansMémoires de la commission des antiquités de la Côte d'Or, tome 37, 1993-1996, p. 109-114.
↑Hervé Mouillebouche,Les maisons fortes en Bourgogne du nord du XIIIe au XVIe s., Dijon, Éditions Universitaires de Dijon, 2002.