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Lyon pendant l'Antiquité

45° 45′ 35″ nord, 4° 50′ 32″ est
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Lugdunum

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Lyon sous l'Antiquité
Lugdunum
Image illustrative de l’article Lyon pendant l'Antiquité
Lethéâtre antique de Lyon, sur la colline deFourvière.
Localisation
PaysDrapeau de l'Empire romainEmpire romain
Province romaineHaut-Empire :Gaule lyonnaise
Bas-Empire : Lyonnaise première
RégionAuvergne-Rhône-Alpes
DépartementRhône
CommuneLyon
TypeColonie romaine
Capitale de laGaule lyonnaise
Coordonnées45° 45′ 35″ nord, 4° 50′ 32″ est
AltitudeDe 162 à 305 m
Superficievers-40: 25 ha[N 1]
vers-10: 100 ha[N 2]
vers100: 300 ha[N 3]
vers300: 100 ha[N 4]
Histoire
ÉpoqueAntiquité (Empire romain)
Géolocalisation sur la carte :France
(Voir situation sur carte : France)
Lyon sous l'Antiquité Lugdunum
Lyon sous l'Antiquité
Lugdunum
Lyon sous l'Antiquité
Lugdunum
Géolocalisation sur la carte :Auvergne-Rhône-Alpes
(Voir situation sur carte : Auvergne-Rhône-Alpes)
Lyon sous l'Antiquité Lugdunum
Lyon sous l'Antiquité
Lugdunum
Lyon sous l'Antiquité
Lugdunum
Géolocalisation sur la carte :Lyon
(Voir situation sur carte : Lyon)
Lyon sous l'Antiquité Lugdunum
Lyon sous l'Antiquité
Lugdunum
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Lugdunum
Géolocalisation sur la carte :Rome antique
(Voir situation sur carte : Rome antique)
Lyon sous l'Antiquité Lugdunum
Lyon sous l'Antiquité
Lugdunum
Lyon sous l'Antiquité
Lugdunum
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Lugdunum (ouLugudunum), aujourd'huiLyon, est le nom du site gaulois où unecolonie de droit romain est fondée en43 av. J.-C. parLucius Munatius Plancus, alors gouverneur de laGaule, sous la titulature initiale de Colonia Copia Felix Munatia Lugudunum. Cette colonie, fondée à l'occasion des troubles qui suivent l'assassinat deJules César en44 av. J.-C., connaît une prospérité importante mais liée au sort de l'empire durant toute l'Antiquité. Ce terme regroupe également par rapprochement les sites hors de la colonie propre mais dépendants du noyau central (en bas de la colline), lapresqu'île dite « lescanabae »,la Croix-Rousse dite « condate » (« Confluent » en langue celte),Vaise — ces deux derniers précédemment d'occupation celte — et les campagnes environnantes.

Certaines parties du site sont habitées de façon discontinue depuis laPréhistoire, et de manière plus pérenne depuis au moins leIIe siècle av. J.-C. Ces grandes enceintes des quartiers de Fourvière et de Vaise semblent avoir eu une fonction politico-socio-religieuse - préfigurant celle de l'époque romaine. Il s'agissait de faire communier, d'une manière à la fois formelle et festive et dans un esprit de fidélité aux chefs d'alors, des personnes venues de plus ou moins loin. Doivent donc s'y tenir aussi bien des spectacles que des liturgies, des dicours que des repas, des jeux que des processions. Tout cela dans une ambiance où le vin et les cochonnailles occupent déjà une place de choix[1].

La colonie romaine est fondée en43 av. J.-C. parLucius Munatius Plancus, sur le plateau de Fourvière. Rapidement, la cité se développe et prend une importance stratégique et économique. Elle est un nœud duréseau d'Agrippa et accueille à partir de12 av. J.-C. lesanctuaire fédéral des Trois Gaules où l'ensemble des nations gauloises viennent manifester leur loyauté à l'Empire et à Rome chaque année devant l'autel des trois Gaules. Elle accueille également lesecond atelier monétaire impérial.

En un siècle environ, la cité construit un ensemble monumental parmi les plus complets des provinces romaines avec unthéâtre, unodéon, unamphithéâtre, uncirque, une enceinte et quatreaqueducs, entre autres. Ces monuments sont entretenus et agrandis au siècle suivant, durant l'apogée urbanistique de la colonie traditionnellement placée entre le milieu du premier siècle de notre ère et la fin du second[2]. Sénèque a laissé deux vers merveilleux : « Je vis au pied d'un mont doré par l'Orient, Deux fleuves réunis en un large torrent... »[3]. Durant les trois premiers siècles de son existence, la cité participe de manière ponctuelle et mineure aux soubresauts de l'Empire romain, notamment lors de l'année des quatre empereurs ou lors de labataille de 197 entreSeptime Sévère etAlbinus. Lyon est également le siège d'une christianisation précoce, connue via un document exceptionnel, la lettre « des Églises de Lyon et de Vienne aux Églises d’Asie et de Phrygie » mentionnée parEusèbe de Césarée qui relate leurpersécution en 177.

Au cours desIIIe,IVe et Ve siècles, la cité évolue topographiquement. Les aqueducs cessent d'être entretenus, ce qui interrompt l'approvisionnement en eau du plateau de Fourvière, qui se dépeuple progressivement ; la ville se concentre alors sur les berges de la Saône. Durant cette période, l'importance de Lyon s'affaiblit. La cité se christianise progressivement, comme en témoignent l'évolution desnécropoles et l'édification de monuments cultuels chrétiens à partir de la fin duIVe siècle. La ville quitte symboliquement l'Antiquité pour entrer dansle Moyen Âge avec sa soumission auxBurgondes dans les années 460.

Les événements et les monuments antiques s'effacent progressivement des paysages et des mémoires. À la Renaissance, il n'y a plus de monuments visibles hormis les aqueducs et les ruines de l'odéon. L'histoire de l'antiquité de Lyon se reconstruit alors de manière largement fantasmée. Les études sur cette période restent modestes jusqu'auXIXe siècle où, via le musée de Lyon, des cercles d'érudits et des scientifiques de l'Université, des recherches archéologiques, épigraphiques et historiques reconstruisent de manière plus scientifique l'histoire antique de Lyon. Le milieu des archéologues lyonnais bénéficie depuis 1933 d'un service archéologique municipal, ce qui lui permet durant leXXe siècle d'entreprendre de nombreuses fouilles de sauvegarde, puis d'archéologie préventive. Lesdécouvertes continuelles renouvellent régulièrement les débats et les connaissances sur le passé antique de Lyon.

Toponymie

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Le terme deLugdunum se retrouve sur d'autres sites et, à Lyon, il a été utilisé autant que le terme voisin deLugudunum. Son étymologie fait débat : s'il est acquis que le terme dedunum vient dugauloisforteresse, celui deLug / lugus n'est pas tranché par les spécialistes, qui hésitent entre ledieu celteLug et le mot gauloisleucos, « lumineux ».

Attestations

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Le premier nom attesté estLugudunum, à la fin duIer siècle avant notre ère, sur letombeau de Plancus[CIL 1], le fondateur de la colonie. Cette graphie est confirmée parDion Cassius qui écrit auIIIe siècle queLugudunum est l'ancien nom deLugdunum[A 1]. De fait, dans les textes antiques, les deux formesLugudunum etLugdunum sont utilisées aussi abondamment et il n'est pas du tout assuré que le nom usité ou officiel soitLugdunum[c 1].

De nombreux autres sites, souvent associés à des sanctuaires en hauteur, ont porté le nom deLugdunum, entre autresLaon dans l'Aisne,Saint-Bertrand-de-Comminges (Lugdunum Convenarum) dans laHaute-Garonne[4]. Le nom deLeyden (Leithon en 860,Legihan pour*Legthan auIXe siècle) auxPays-Bas représente vraisemblablement un ancienLugdunum[5],[6].

Étymologie

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Le toponymeLugdunum, ouLugudunum, est issu du celtiqueLugu-dunon. Le terme-duno signifie « forteresse », « colline »[7]. Quant au termeLugus[8], une hypothèse serait qu'il vient du dieuLug (Lleu engallois), divinité majeure de lamythologie celtique[9]. C'est à partir de cette hypothèse que des historiens ont supposé l'existence d'un sanctuaire consacré à ce dieu surFourvière, sanctuaire dont on n'a retrouvé aucune trace[c 2].

L'autre hypothèse discutée serait que le terme vient du mot gauloisleucos signifiant « brillant » ou « clair ».Sénèque, dans l'Apocoloquintose du divin Claude, présente Lyon comme un « sommet dominant deux cours d'eau, quePhœbus à son lever voit toujours en face »[c 2]. En ce cas, le nom du dieu serait lié à la racineindo-européenne*leuk- « briller » que l'on retrouve par exemple dans legrecleukos « brillant, blanc », lelatinlux « lumière », ou le gauloisleucos, « brillant, clair »,Lugus étant une divinité solaire et de la lumière[10],[11].

Une dernière théorie à présent abandonnée affirme queLugus devrait être rapproché du gauloislugos oulougos, qui aurait signifié « corbeau »[12]. Elle repose entièrement sur le texte grecPeri potamôn, aussi connu sous le nom latinDe fluviis et rédigé en grec par unpseudo-Plutarque[c 3],[A 2], et est rejetée par les spécialistes depuis longtemps[13], le dernier à y avoir accordé du crédit étantAmable Audin dans les années 1960[g 1]. Le termelugos « corbeau » n'est attesté dans aucune langue celtique. Le thème principal qui sert à nommer le « corbeau » estbran(n)o-[14],[15].

Histoire

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Née au moment où la République romaine s'achève, la cité choisie pour sa position de carrefour et d'échange entre le nord et le sud de l'Europe occidentale, suit une partie des évènements de l'empire. Les premiers siècles sont fastes, surtout lorsque les empereurs se servent deLugdunum comme base arrière de leursconquêtes germaniques. Les derniers siècles de l'empire, marqués par la montée du christianisme, sont ceux d'une stagnation pour la ville.

Légende liée à la fondation

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Une fondation mythique est rapportée par le texte en grecPeri potamôn, également connu en latin sous le nom deDe fluviis, rédigé par unpseudo-Plutarque. Ce texte postérieur à la fondation de la ville invente toute une série de fondations mythiques pour de nombreuses villes, utilisant des rapprochements entre les noms de fleuves et de montagnes, ainsi que des récits mythiques antérieurs[c 3]. À l'instar deRome fondée parRomulus et Rémus,Lugdunum devrait donc sa naissance à deux personnages celtes, le druideMomoros et le roiAtepomaros :

« L'Arar[N 5] est un cours d'eau de la Gaule celtique, ainsi nommé jusqu'à sa réunion avec le Rhône […] Auprès de cette rivière s'élève un mont appelé Lougdouno[-u?]n ; il a changé de nom pour la raison que voici : Mômoros et Atépomaros, chassés du pouvoir par Sésèroneus, vinrent sur cette colline, obéissant à un oracle, pour y fonder une ville. Alors qu'on creusait ses fondations, tout à coup, apparurent des corbeaux, voltigeant de tous les côtés, qui emplirent les arbres alentour. Alors Mômoros, expert en présages, appela cette ville Lougdounon. En effet, dans leur dialecte, on appelle corbeaulougos et une éminencedounon comme le rapporte Clitophon, au livre 13 de ses fondations urbaines. »[A 2]

Aucun auteur moderne ne se permet d'utiliser le pseudo-Plutarque pour en extraire une information historique[g 1].

Présence gauloise avant la fondation romaine

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Article détaillé :Lyon à la préhistoire.
Maquette d'un mur antique, vue extérieure et éclatée.
Murus gallicus, maquette réalisée par Nicolas Hirsch (Service archéologique de la Ville de Lyon).

Jusqu'au milieu duXXe siècle, les historiens ont fait remonter la naissance de la ville à la fondation romaine, certains commeAmable Audin supposant uniquement, à cause de la toponymie, une présence antérieure temporaire pour des motifs religieux. Depuis les années 1980, les découvertes archéologiques ont totalement renouvelé la chronologie de la présence humaine à Lyon[16]. Il est à présent attesté que des peuplades ont vécu dans les quartiers de Vaise et de Fourvière à la Préhistoire et que des lieux d'échanges pérennes ont été établis sur les bords de Saône[p 1]. De même, l'influence de la culture romaine a été retrouvée sur des sites datant du second siècle avant notre ère[p 2], notamment des amphores à vin originaires d'Italie retrouvées sur les berges de la Saône au sein d'un dépôt de crue datant de la fin duIIe siècle av. J.-C. ou du début du siècle suivant[r 1]. Peu avant la fondation romaine au cours duIer siècle av. J.-C., unefortification de typemurus gallicus a été également établie à l'endroit où les Romains créent leur mur d'enceinte quelques décennies plus tard[c 4].

Le seul texte connu relatif au site de la future cité et rédigé par un témoin direct estla Guerre des Gaules deJules César. Le bref passage qui évoque ce lieu ne permet pas d'affirmer ou d'infirmer la présence d'une certaine urbanisation :

« Il y a une rivière, la Saône, qui va se jeter dans le Rhône en traversant le territoire des Éduens et des Séquanes, avec une lenteur si incroyable qu'on ne peut juger à l'œil du sens de son courant. »[A 3],[g 2]

Fondation de la colonie romaine

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Carte en noir et blanc de la Gaule.
Les différentes parties de la Gaule (-58).

La décision duSénat romain de fonder une colonie romaine àLugdunum est due à des circonstances fortuites : tenir éloigné de Rome un gouverneur devenu suspect dans le cadre de la guerre entre Rome et Marc Antoine, et donner une nouvelle cité à des colons militaires, chassés auparavant deVienne par ses habitants lesAllobroges[17].

Une création décidée lors de circonstances troublées

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La fondation en 43av. J.-C. de la colonie deLugdunum parLucius Munatius Plancus, alors gouverneur de la Gaule, a lieu dans la période troublée qui suit l'assassinat deJules César le de l'année précédente. Un seul texte présente les raisons et circonstances de la fondation deLugdunum, rédigé parDion Cassius dans sonHistoire romaine au début duIIIe siècle[A 1].

Rome est alors en pleine guerre civile, opposant Marc Antoine au Sénat et aux pouvoirs réguliers. Plancus est un fidèle de César, de même queLépide, gouverneur de laGaule narbonnaise. Le Sénat leur demande dans un premier temps de passer en Italie avec leurs légions pour prêter main-forte aux troupes régulières opposées à Marc Antoine. Mais un lieutenant de Lépide,Silanus, parti en éclaireur, rejoint les forces de Marc Antoine. Inquiet de ce ralliement, le Sénat se ravise et demande à Lépide et à Plancus de rester en Gaule[c 5].

« Lorsque les sénateurs apprirent que Silanus embrassait la cause d'Antoine, ils craignirent que Lépide et Lucius Plancus ne s'unissent à lui eux aussi, et ils leur envoyèrent un message, leur disant qu'ils n'avaient plus besoin d'eux. Et pour éviter qu'ils ne conçoivent quelque soupçon et, de ce fait, ne se montrent déloyaux, ils leur ordonnèrent de fonder une colonie en rassemblant les gens qui avaient alors été chassés de Vienne en Narbonnaise par les Allobroges, et qui s'étaient installés entre le Rhône et l'Arar[N 5], à leur confluent. Ils obéirent et ainsi fondèrent la ville qu'on nomma alors Lugudunum, et qui s'appelle maintenantLugdunum. »[A 1],[g 2]

Photographie d'une épitaphe gravée en latin.
Épitaphe du mausolée de Plancus à Gaète.

C'est la seule source connue sur les circonstances ayant amené la fondation de la colonie romaine deLugdunum. Elle est vague, car Dion Cassius s'intéresse surtout à la guerre civile pour le pouvoir à Rome, et elle a fait l'objet de diverses interprétations. Elle montre que la fondation deLugdunum ne correspond pas à un plan prémédité, mais à une décision de circonstance, c'est-à-dire contrôler des gouverneurs importants et résoudre un problème local. Savoir qui sont exactement les colons est difficile, car il existe très peu de traces historiques ou archéologiques[c 6].

Toutefois, Lépide est proclamé ennemi public le car il prend le parti de Marc-Antoine. Il ne participe donc pas à la fondation deLugdunum, qui doit avoir eu lieu après cette trahison[c 7]. L'épitaphe de la tombe deMunatius Plancus indique ainsi qu'il est bien l'unique fondateur de la cité[CIL 1]. On connaît la date du retour de Plancus à Rome, après la fondation, en novembre 43[i 1]. La fondation aurait donc eu lieu dans cet intervalle, sans que l'on ait le moindre indice pour statuer sur une date.« Il n'est en revanche pas possible de suivre Amable Audin, qui avait fixé la « date de naissance » de Lyon au9 octobre sur la base d'un raisonnement erroné »[c 7]. Une source plus tardive,Eusèbe de Césarée, attribue aussi la fondation à Munatius Plancus, mais en l'an 728 de Rome, soit en 25av. J.-C., ce qui est une erreur manifeste[A 4].

Origine et nature des colons

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Buste antique d'homme en marbre.
Portrait d'un inconnu dit « Plancus », découvert à Lyon -musée Lugdunum.

Il n'existe aucun indice direct permettant de connaître la nature et l'origine des colons. Dion Cassius en dit peu sur eux et aucun autre auteur antique ne donne d'informations sur l'évènement.

Selon une première hypothèse exposée parCamille Jullian[18], longtemps admise notamment parMontauzan,Wuilleumier ou Audin[d 1] mais abandonnée aujourd'hui[p 2], les Romains chassés deVienne l'auraient été lors de la révolte deCatugnatos en -62. Il s'agirait denegotiatores qui se seraient alors implantés sur le site de Lyon, fournissant un noyau romain disponible pour la fondation d'une colonie romaine. Cette hypothèse souffre cependant de deux importantes invraisemblances : leSénat n'aurait jamais attendu dix-huit ans, qui plus est en pleine guerre civile, pour se soucier du sort de citoyens romains, marchands ou non, réfugiés en Gaule alors indépendante. De plus, il n'aurait jamais accordé le privilège dudroit romain (statut le plus élevé pour une fondation, rarement attribué) qui sera accordé à la colonie deLugdunum, pour de simples marchands de Vienne. Cette hypothèse n'est plus acceptée à présent[c 6],[i 1].

La seconde hypothèse postule que les premiers colons sont des vétérans installés à Vienne et chassés en -44. Cette hypothèse est proposée dès 1847 par Montfalcon et soutenue par la suite par Allmer et Dissard, Jullien, Rambaud ou Pelletier[d 1]. En interprétant la correspondance de Plancus et deCicéron[Ci. 1],Christian Goudineau reprend et améliore le scénario de l'origine militaire[19],[20] de la colonie deLugdunum[21] : profitant des troubles consécutifs à l'assassinat deJules César en -44, les Allobroges expulsent de leur capitaleVienna (Vienne) les colons romains qui auraient été installés sur ordre deTiberius Néron sous le statut de droit latin[N 6],[22]. Ces soldats pourraient être, selon Rambaud, issus de laLegio V Alaudae recrutée par César en -58 en Narbonnaise[23]. Cette légion aurait combattu en Afrique sous les ordres de Plancus[24]. Cela expliquerait ainsi les liens entre ces colons et Plancus et le fait que ce dernier intervienne fortement pour leur obtenir le privilège du droit romain[d 1].

Ceux-ci fuient vers le site de la futureLugdunum où se trouve déjà unemporium dirigé par des compatriotes. Les réfugiés protestent auprès du sénat, soutenus par le gouverneur local, Plancus. Le sénat, dans cette période de troubles, tarde à réagir. Réinstaller les colons à Vienne peut relancer le processus de révolte. Plancus envoie plusieurs lettres[Ci. 2] afin d'obtenir du sénat non seulement une fondation sur le site de Lugdunum même, mais également le privilège d'une fondation de droit romain. Il obtient finalement satisfaction[g 2].

« Plancus, Imperator, Consul désigné, à Cicéron. Au camp en Gaule. Comment ne pas t'adresser mes remerciements pour les services que tu m'as rendus en tous les domaines. […] Tu t'es occupé des intérêts des soldats. Pour moi, ce n'était pas pour renforcer mon influence (car je sais que je n'ai aucun projet contraire à l'intérêt public) que j'ai souhaité qu'ils reçoivent les honneurs du sénat. C'est d'abord parce que je jugeais qu'ils l'avaient mérité ; ensuite parce que je voulais, en toute occasion, les attacher davantage à la République ; en dernier lieu, pour pouvoir vous les maintenir à l'écart de toute tentation, comme ils l'ont toujours été jusqu'à maintenant […]. »[Ci. 2],[g 3]

— Dernière réponse de Plancus à Cicéron. (en -43).

Cette origine militaire des premiers colons de la colonie est également appuyée par deux autres indices certes plus faibles. Même si elle est difficile à interpréter, la découverte de pièces d'équipement militaire à Lyon renforce cette idée. Enfin, Tacite[T. H 1] mentionne quelques décennies plus tard que les Lyonnais se reconnaissent eux-mêmes comme descendants de militaires en utilisant le terme :colonia Romana et pars exercitus[N 7],[c 8].

La fondation rituelle

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Maquette reconstituant un palais antique.
Reconstitution hypothétique du Palais du gouverneur pour l'exposition au musée des Beaux-Arts de LyonClaude, un empereur au destin singulier - 2018.

La ville est fondée sous la titulature deColonia Copia Felix Munatia Lugudunum, avec les épithètesCopia « Abondance »,Felix « Fortunée », etMunatia du nom de son fondateur[c 6]. Le choix de l'emplacement est fait probablement par défaut, les sites près des cours d'eau étant trop instables. Plancus aurait choisi donc une hauteur, le plateau de la Sarra[c 9]. L'axe dudecumanus est situé au niveau de l'actuellerue Roger-Radisson, comme l'ont montré les fouilles menées sur le plateau de la Sarra[i 2]. Il a longtemps été considéré comme étant dans l'axe de larue Cléberg, à la suite d'une théorie d'Audin[a 1].

Il n'existe aucun texte décrivant le rituel et ses modalités pour le site deLugdunum. Le rite de fondation de toutecolonie romaine est cependant bien renseigné : le prélude à la fondation de la cité consiste pour lesagrimensores (arpenteurs) à dresser les plans et déterminer le périmètre de la cité, et auxmetatores (métreurs) à procéder à la division du terrain en lots. L'imperium que possède leproconsulLucius Munatius Plancus lui confère tous les pouvoirs, religieux, civils et militaires :

  • Pontife, assisté d'unaugure, il allume le feu sacré, source de tous les foyers de la colonie et offre un premier sacrifice, la « consécration » symbolisant l'abandon fait aux immortels d'un terrain désormais sacré. Il enfouit ensuite, dans un trou creusé devant l'autel, une motte de terre provenant du sol de Rome, conférant ainsi la romanité et l'inviolabilité au terrain. Ce terrain, letemplum, cœur de la colonie, est délimité jusqu'aupomerium, l'enceinte sacrée, en traçant un sillon à l'aide d'un araire au soc d'argent attelé d'une vache et d'un taureau blancs.
  • Magistrat, il distribue les lots et règle les conflits que la répartition fait naître[d 2].

Le premier visage de la cité

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Les fouilles menées depuis les années 1970, notamment sur les différents sites du plateau de la Sarra, ont permis de retrouver les niveaux originels de la colonie. Il s'agissait d'un établissement modeste, aux maisons de terre et de bois ; certaines demeures disposent toutefois d'éléments décoratifs comme des enduits peints du deuxièmestyle pompéien[c 9]. Elle est parcourue de rues régulières, comportant des trottoirs larges réservés aux piétons et une chaussée centrale en cailloutis damé. La chaussée est bombée pour laisser écouler les eaux de ruissellement vers des fossés progressivement remplacés par des égouts, dès l'époque augustéenne. Les trottoirs sont surmontés de portiques en bois plantés ou fichés sur une maçonnerie. Les trottoirs ont systématiquement une déclinaison plus légère que la chaussée, ce qui entraine régulièrement des différences de niveau importantes[d 3].

Lesîlots initiaux sont des carrés de 120pieds romains par 120, soit environ trente-six mètres de côté, quelquefois rassemblés en un rectangle de 120 par 240 pieds. L'ensemble forme un réseauhippodamique qui s'adapte aux irrégularités du terrain. Ces dimensions sont à rapprocher de celles des colonies contemporaines deNyon (Noviodunum enSuisse) etAugusta Raurica, toutes les trois destinées à l'accueil des légions de vétérans. Desbat estime sa superficie initiale à une quinzaine d'hectares en 2005, estimation évaluée par la suite entre vingt et vingt-cinq hectares[c 9],[d 4].

Leforum n'a pas été retrouvé. Les hypothèses archéologiques l'ont longtemps situé au niveau de Fourvière, mais les plus récentes le placent plutôt à l'intersection ducardo et dudecumanus, vers leparc de la Visitation ou lecarmel de Fourvière. Il est possible que lemurus gallicus découvertplace Abbé-Larue ait servi de système de défense de la colonie originelle[c 9], à l'instar des cités d'Autun,Nîmes ouArles, à moins qu'il n'ait eu qu'une fonction honorifique[c 10]. Cette hypothèse non-consensuelle plus récente et datée de 2019 doit être rapprochée de celle émise en 2007 d'une absence de système défensif à l'époque de la fondation ou tout au plus une levée de terre avec fossés et palissades à l'image descamps romains[m 1].

L'ager, le territoire rural de la colonie, a été délimité en s'emparant de terres appartenant auxSégusiaves, mais s'il semble modeste en comparaison d'autres cités proches telleVienne, les spécialistes ne s'accordent pas sur ses limites. Si, à l'ouest, il est probable qu'il s'étende jusqu'auxmonts du Lyonnais[25], sa limite orientale fait débat.Matthieu Poux, en constate les traces decenturiations retrouvées, la porte à l'est de la plaine duVelin et jusqu'au Nord-Isère[pas clair]. D'autres avancent que ce secteur est traditionnellement rattaché au territoireallobroge et relève de l'autorité de Vienne. Ainsi, Jean-Claude Béal[N 8] envisage plutôt une limite arrêtée au nord du Rhône, jusqu'au confluent de l'Ain. Ce débat est d'autant plus complexe que les limites des cités ne sont pas fixes et évoluent dans le temps[c 11].

Institutions de la colonie

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Article détaillé :Épigraphie lyonnaise.

On connaît par l'épigraphie le fonctionnement municipal deLugdunum, conforme à celui descolonies romaines : les plus riches citoyens forment une assemblée qui siège à la curie pour les délibérations municipales. Ces citoyens, appelésdécurions, forment l'« ordre des décurions », l'ordo decurionum. Ils nomment annuellement deux magistrats exécutifs parmi eux, les deuxduumvirs (juridiction civile et criminelle). Ils sont assistés de deuxquesteurs (finances) et de deuxédiles (police et voirie)[26].

Lyon sous lesJulio-Claudiens

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Carte de la Méditerranée et de l'Empire romain à son apogée.
Lyon au sein de l'Empire à la fin duIer siècle av. J.-C.

Au cours duIer siècle avant notre ère et du siècle suivant, la ville fait l'objet d'attentions multiples de la part des empereurs successifs. En effet, durant cette période, les stratégies impériales placent la Gaule, le nord de l'arc alpin et la Germanie comme des zones de conquêtes et de pacification. Dans ce cadre large, la position deLugdunum est stratégique et la cité en profite largement. Le réseau routier romain rayonne à partir d'elle, et elle devient capitale d'une province, laGaule lyonnaise.

De vastes programmes de monuments prestigieux sont accomplis, comprenant notamment un théâtre, un palais au sommet de Fourvière, le sanctuaire des trois Gaules, ou un amphithéâtre. L'aménagement de la ville comprend également des réseaux d'aqueducs et d'assainissements.

Épigraphe gravée en latin.
Épigraphe de Vitalis, un esclave de la société de l'impôt du Quarantième des Gaules, trouvée àLyon en 1864.CIL XIII 1819.

Une importance stratégique

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Auguste entreprend de grandes opérations militaires sur le nord de l'arc alpin et laGermanie. Par sa situation de confluent et sa position à la limite entre ces ensembles à conquérir et laprovince de Narbonnaise, la colonie propose une connexion idéale entre la Méditerranée et le nord de l'Europe. Non loin des théâtres d'opération, elle n'est toutefois pas trop proche non plus pour ne pas être directement exposée ; elle est ainsi le lieu idéal pour le commandement romain et la circulation des troupes et du ravitaillement[c 12],[l 1].

Lors de la division des Gaules en trois provinces impériales, dont la date est incertaine,Lugdunum prend naturellement la tête de laGaule lyonnaise, administrée par unlégat nommé par l'empereur. Si elle n'a pas d'autorité effective sur les autres provinces gauloises, son importance institutionnelle, militaire, religieuse et économique lui confère une dimension particulière dans cet espace géographique et humain[i 3].

Le réseau routier
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Buste d'Agrippa (musée du Louvre).
Le réseau routier proto-historique
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Pour l'instant, les archéologues n'ont retrouvé aucune trace archéologique d'un réseau routier antérieur à la colonie romaine. Cependant, on peut supposer que lemurus gallicus découvert place Abbé-Larue jouxtait une porte, ainsi dès l'époque proto-historique, lamontée du Gourguillon, larue des Farges et la rue de Trion constitueraient un axe majeur pour rejoindre la Saône pour les habitants de Vaise sans passer par l'étroit défilé de Pierre-Scize.

Le réseau routier colonial
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À sa fondation par Munatius Plancus en43 av. J.-C., la colonie s'établit sur le plateau de la Sarra. Ledecumanus est l'actuelle rue Roger Radisson, vers l'est, cette rue tournait pour prendre la rue Cléberg puis lamontée Saint-Barthélemy, et vers l'ouest, elle rejoignait l'actuelle place de Trion. Lecardo quant à lui n'a pas laissé de traces dans l'actuel paysage de la colline de Fourvière, vers le nord il rejoignait Vaise par lamontée de l'Observance, rue de la Carrière puis boulevard de Saint-Exupéry, vers le sud, lecardo tournait pour se diriger vers la future porte Saint-Just, empruntant probablement l'actuelle montée du Télégraphe. À cette époque, les rues qui délimitaient les ilots urbains étaient faites en graviers compactés[27].

Le réseau routier d'Agrippa
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Carte moderne représentant les voies romaines au départ de Lugdunum.
Les principalesvoies construites en Gaule sous l'Empire romain. Ce réseau est centré surLugdunum, nœud routier stratégique à la convergence de quatre grandes voies sous Agrippa, puis six sous Auguste[28].

Dans les années -20 à -18, Agrippa crée un réseau de routes devant permettre les déplacements des légions romaines, qui se rejoignent àLugdunum[b 1], complétées par lecursus publicus.Strabon dans saGéographie les indique :« Agrippa l'a choisie pour en faire le point de départ des grands chemins de la Gaule, lesquels sont au nombre de quatre et aboutissent, le premier, chez lesSantons et en Aquitaine, le second au Rhin, le troisième à l'Océan et le quatrième dans la Narbonnaise et à la côte massaliotique[A 5] ».

L'actuelle place de Trion formait un carrefour important d’où se joignaient les principales routes qui sortaient de la colonie. Vers le nord, rue Pierre-Audry puis rue du Sergent-Michel-Berthet, cette rue rejoignait lavoie de l’Océan vers l'église Saint-Pierre-de-Vaise. Vers le sud, la rue de Trion qui se dirigeait vers la rue des Farges. Vers l'ouest, lavoie d'Aquitaine avec l'avenue Barthélemy-Buyer versAlaï, le Tupinier etGrézieu-la-Varenne. Vers le sud-ouest, la voie de Narbonnaise avec larue de la Favorite pour se diriger vers larue du Commandant-Charcot.

Au nord, laVia Agrippa de l'Océan qui débutait vers l'église Saint-Pierre-de-Vaise, là où se rejoignaient deux voies romaines décrites ci-dessus, l'une descendant de la Sarra, l'autre issue du carrefour de Trion, cette voie se dirigeait versAnse via larue des Tanneurs, laplace Valmy puis larue de Bourgogne. Les fouilles de la rue de Bourgogne ont permis de dégager la voie sur quarante-trois mètres. À cet endroit,« la rue présente un radier en élévation de 6,60 m de largeur recouvert de galets et encadré de deux fossés très larges (12 et 15 m). Des tombes jalonnaient la voie »[b 2],[n 1].

Vers le nord, la voie du Rhin descendait de la ville haute par lamontée Saint-Barthélemy, franchissait la Saône vers Saint-Vincent, jouxtait l'amphithéâtre des Trois Gaules, et suivait lamontée des Carmélites, larue des Chartreux pour se diriger versla Dombes[b 2].

Au sud, la voie Narbonnaise s'embranche à Choulans ; elle est située sous l'actuelchemin de Fontanières, à la limite entreLyon etSainte-Foy-lès-Lyon.

On ajoute à ces quatre voies une cinquième, en direction desAlpes grées : la voie d'Italie. Le franchissement du Rhône n'est pas défini avec exactitude, mais les mausolées retrouvés, notamment rue de l'Université, permettent d'imaginer la voie romaine sous cette rue[29]. Cette voie plus directe vers l'Italie daterait du milieu du premier siècle et implique un franchissement du Rhône et une stabilisation de la presqu'île.

Trames A, B et C
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Sur la colline de Fourvière, le réseau routier prendra plusieurs orientations, ces différentes trames urbaines sont dues à la forte déclivité du terrain, qui obligera les arpenteurs romains à s'adapter à la topographie accidentée de la colline. L'Atlas topographique de Lyon antique leur donne les noms de trames A, B et C. La trame A est la plus ancienne, elle est directement issue de la fondation coloniale de la cité. La trame B est issue de la rue Cléberg, continuation dudecumanus de la colonie. La trame C est issue de la rue situé au dessus des théâtres et qui se dirigeait vers la future porte Saint-Just, carrefour routier important dès l'époque proto-historique[30].

Le développement urbanistique

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Durant les premières décennies de l'Empire romain, la cité rhodanienne construit un grand nombre d'équipements prestigieux. Ces bâtiments, parmi les plus anciens et les plus grands de Gaule, montrent la place et l'importance de Lyon sous l'Antiquité. La très grande majorité des matériaux sont extraits sur place ou non loin, seuls des marbres prestigieux sont importés.

En quelques décennies, de puissants monuments sont bâtis, symboles de la richesse et de l'importance de la nouvelle cité, théâtre, édifice palatial, sanctuaire des Trois Gaules, premiers aqueducs, etc.

Croissance et amélioration
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À partir de -20, la ville croît et s'embellit ; des îlots sont reconstruits, des rues sont élargies, un système d'évacuation des eaux est construit et certaines rues sont pavées en granite. Durant les quarante premières années se succèdent sur certains îlots primitifs pas moins de trois phases de construction[d 5]. La première trame[N 9], celle de la colonie d'origine, connaît une extension vers le nord et certains îlots sont reconstruits, notamment un très vaste édifice prestigieux que Desbat identifie comme unprétoire. Une seconde trame[N 10] se développe sur la pente en dessous de la première, le théâtre se situe entre les deux et ne respecte pas les directions de ces dernières. Une troisième trame[N 11] est établie à la fin duIer siècle avant notre ère plus au sud des deux autres, dans le secteur des Minimes et de la rue des Farges. Des terrasses sont construites pour accueillir des maisons et au bout de ce secteur, au niveau de l'actuelle place Abbé-Larue, une portion du mur d'enceinte a été découverte. Le confluent, alors bien plus mouvant et septentrional, se stabilise, même s'il n'y a pas encore d'habitation pérennes à cette époque[c 13].

Pour bâtir cette ville nouvelle, des carrières ont été ouvertes dans le granite de la Croix-Rousse et les gneiss de la rive droite de la Saône. À partir du milieu duIer siècle, l'emploi duchoin venu d'Ain et d'Isère se développe. Pour les constructions plus prestigieuses, des marbres ou des granites précieux sont importés de tout l'Empire, et même d'Égypte[c 14],[d 6].

L'artisanat lyonnais se développe fortement dès les débuts de la cité, notamment de nombreux ateliers de potiers découverts sur les sites deLoyasse, de larue du Chapeau-Rouge et dela Muette. Ce dernier atelier accueille notamment de -20 à 15 environ une succursale de l'atelier d'Arezzo[c 13]. De nombreux fonctionnaires impériaux se sont installés àLugdunum du fait des fonctions administratives importantes regroupées dans la ville[d 7].

Aqueduc du Gier àChaponost

L'alimentation en eau de la cité reste délicate à établir tant la datation desaqueducs est difficile[31]. Les aqueducs les plus courts, celui de l'Yzeron et desMonts d'Or, sont supposés avoir été construits les premiers, sans que des preuves archéologiques irréfutables n'aient été découvertes[m 2]. Henri Hours place la construction du premier aqueduc, celui de l'Yzeron, sous le règne d'Auguste, probablement entre -20 et -10 en partant de l'hypothèse d'un accès au bassin de cette rivière, facilité par le nouveau réseau de voies romaines (dont la voie d'Aquitaine) mis en place parAgrippa[32]. La datation de l'aqueduc du Mont d'Or, cependant, est remise en cause car il ne peut, pas davantage que celui de l'Yzeron, alimenter le noyau initial de la colonie.Récemment[C'est-à-dire ?], des indices laissent à penser que celui duGier est également daté de l'époque d'Auguste[m 3]. Selon Aldo Borlenghi[33], l'inscription de la fontaine du Verbe-incarné atteste la construction d'un aqueduc voulu par l'empereurClaude, sans qu'il soit possible de déterminer s'il s'agit de celui du Gier ou de laBrévenne. La construction des thermes de la rue des Farges[c 15] est un indice supplémentaire d'aménagements liés à l'eau, dans les années de règne de Claude.

Les premiers monuments de la capitale de la Lyonnaise
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Aureus d'Auguste, émis àLugdunum, 10 avant notre ère.

Signes de l'importance prise par la cité, très rapidement, de grands monuments sont édifiés.

Le plus ancien des édifices de la ville est lethéâtre antique, inauguré entre -16 et -14 sous l'empereurAuguste. Redécouvert à l'occasion d'un vaste chantier archéologique mené dans les années 1930 et 1940, plusieurs hypothèses existent quant à son état originel. Selon l'une, il comporte alors environ 5 000 places, il n'est à l'origine uniquement composé que de deux volées de gradins, entourées d'une galerie couverte. Dans les années 1980, une seconde hypothèse propose que l'ensemble primitif dispose de trois volées de gradins et d'une galerie supérieure en bois, reconstruite par la suite en pierre[i 4].

À la même époque est construit lesanctuaire fédéral des Trois Gaules sur les pentes dela Croix-Rousse, où se rassemblent chaque année les délégués des tribus gauloises pour célébrer le culte de Rome et de l'empereur. Voulu par l'empereur dans un souci de pacification, ce sanctuaire accueille l'assemblée gauloise, leconcilium[N 12] qui désigne le grand prêtre des Gaules[34]. Les premierssacerdotes (prêtres) du sanctuaire fédéral, dédicacé en -12, sont l'Éduen Caius Julius Vercondaridubnus le, puis leCadurque M. Lucterius Sencianus et leSanton Caius Julius Rufus[35]. Cet édifice est suffisamment connu dans l'Empire pour que l'on dispose de mentions littéraires de l'édifice, notamment par Strabon, ce qui est exceptionnel pour un monument provincial. Dion Cassius expose les raisons de sa création :

As d'Auguste à l'autel des Trois Gaules. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

« Les Sicambres et leurs alliés ayant, à la faveur de l'absence d'Auguste et des efforts des Gaulois pour secouer le joug, recommencé la guerre, il prévint le soulèvement des peuples soumis en mandant les principaux chefs des Gaulois sous le prétexte de la fête qu'ils célèbrent encore aujourd'hui à Lyon au pied de l'autel d'Auguste. »[A 6]

Même si aucune trace archéologique n'a été retrouvée, le consensus le place sur la colline de la Croix-Rousse, non loin de l'amphithéâtre[i 5]. La forme exacte du sanctuaire est inconnue et l'autel ne peut être appréhendé que par un monnayage le représentant schématiquement[c 16].

L'amphithéâtre sur la Croix-Rousse, ou « amphithéâtre des Trois Gaules », est réalisé autour en 19, c'est alors l'unique amphithéâtre gaulois. Construit grâce à la libéralité d'unsacerdos, Caius Julius Rufus[36], il est destiné à l'origine aux seuls délégués des nations gauloises. Possédant quatre niveaux de gradins, il pouvait accueillir 1 800 spectateurs[i 6]. À la même période, un grand temple est érigé sur le site du Verbe Incarné sur Fourvière. Il a longtemps été supposé être un temple municipal du culte impérial mais cette attribution est remise en cause actuellement. Depuis ce temple sont construites une voie en direction de l'actuelle basilique de Fourvière, et une autre selon un axe nord-sud[c 15].

Strabon, dont la venue àLugdunum paraît peu probable, décrit la cité à la fin du règne de l'empereurAuguste (vers 14) :

« La ville même deLugdunum, qui s'élève adossée à une colline, au confluent de l'Arar[N 5] et du Rhône, est un établissement romain. Il n'y a pas dans toute la Gaule, à l'exception cependant de Narbonne, de ville plus peuplée, car les Romains en ont fait le centre de leur commerce, et c'est là que leurs préfets font frapper toute la monnaie d'or et d'argent. C'est là aussi qu'on voit ce temple ou édifice sacré, hommage collectif de tous les peuples de la Gaule, érigé en l'honneur de César Auguste : il est placé en avant de la ville, au confluent même des deux cours d'eau, et se compose d'un autel considérable, où sont inscrits les noms de soixante peuples, d'un même nombre de statues, dont chacune représente un de ces peuples, enfin d'un grandnaos ou sanctuaire. »[A 7]

Lugdunum et les événements de l'Empire romain

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Si les nécessités militaires et politiques impliquèrent que de grands personnages passent par la cité rhodanienne, il n'existe aucune attestation claire ou presque de leur présence effective à Lyon, ni de leur influence directe sur l'évolution de la cité[c 12].

Fragment en bronze d'une statue équestre d'Auguste,musée national archéologique d'Athènes, Grèce.

Aucune source n'éclaire sur la présence d'Auguste à Lyon. Toutefois, les privilèges dont bénéficie sous son autorité la cité, et son voyage en Gaule en -8 peuvent laisser supposer qu'il y soit passé. Ainsi s'installent à Lyon l'administration de la taxe duquarantième des Gaules, les bureaux chargés des mines de fer, l'administration duvingtième des héritages. Le rôle privilégié de Lyon est renforcé par la création en -15 d'unatelier monétaire, destiné à alimenter en numéraire les opérations militaires en Germanie[i 3]. La décision d'installer cet atelier monétaire, et l'importance qu'il prit dans le monnayage impérial en or et en argent ont certainement influé sur le développement de la cité[c 17]. Sans qu'il soit possible de l'affirmer, cette décision a dû impliquer la mise en place d'une garnison dans la ville, seule unité militaire permanente en Gaule[37].« En l'absence de certitude, le plus vraisemblable reste de penser qu'au terme d'un processus diffus et dans un contexte de forte mobilité militaire, unecohorte fut précocement installée àLugdunum pour remplir diverses tâches de maintien de l'ordre et d'administration, incluant la surveillance de l'atelier monétaire près duquel elle a pu se trouver installée[CIL 2]. L'hypothèse traditionnelle place le casernement à hauteur dulycée Saint-Just, mais elle n'est pas assurée[c 18]. »

Buste de Tibère,Cabinet des Médailles.

Il n'y a pas de traces littéraires ou épigraphiques du séjour deTibère à Lyon durant son règne[c 19] ; même s'il y passe certainement avant : en tant que légat de Gaule en -16 -15, peut être avec Auguste en -8 et entre -5 et -4 lors de sa montée vers le nord[a 2],[c 20]. Durant son règne,Tacite rapporte qu'en 21, les cités gauloises « essayèrent une rébellion dont les plus ardents promoteurs furent, parmi lesTrévires,Julius Florus, chez lesÉduens,Sacrovir […]. Ils conviennent de soulever, Florus la Belgique, Sacrovir les cités gauloises les plus proches de la sienne[T. A 1]. […] Il n'y eut presque pas de cité où ne fussent semés les germes de cette révolte. LesAndécaves furent réduits par le légat Acilius Aviola, qui fit marcher une cohorte tenant garnison à Lyon[T. A 2]. » Ces troubles ont pour origine la suppression de privilèges fiscaux pour certaines communautés. Il n'y a pas de traces qu'ils eurent un impact àLugdunum et le calme fut rapidement rétabli par les légions deGermanie supérieure[l 2].

Caligula, musée du Louvre.

Caligula vient en Gaule, d'octobre 39 au printemps 40, afin de préparer l'invasion de la Bretagne, invasion finalement avortée. Pour financer sa campagne, il organise des ventes à l'encan qui ont lieu àLugdunum, vendant les effets de ses sœurs qui avaient comploté contre lui ; il fait venir de Rome bijoux, meubles et esclaves qu'il met en vente[e 1]. SelonSuétone, « il ouvrit […] un concours d'éloquence grecque ou latine […]. Quant aux concurrents qui avaient particulièrement déplu, on leur ordonna […] d'effacer leurs écrits avec une éponge ou avec la langue, à moins qu'ils ne préférassent être battus à coups de férule ou précipités dans le fleuve voisin[A 8] ». Caligula s'entoure àLugdunum d'une cour de princes hellénisés,AgrippaIer,AntiochosIV de Commagène et son cousinPtolémée de Maurétanie, petit-fils de la reineCléopâtre et deMarc Antoine. Il fait exécuter ce dernier en 40, par jalousie de son titre royal ou de sa richesse selon Suétone et Dion Cassius[38] ; mais plus sûrement par calcul politique, pour intégrer à l'Empire leroyaume de Maurétanie et s'assurer ainsi de nouvelles ressources financières[l 3]. Il n'existe toutefois aucune certitude sur les raisons de cet assassinat[39].

C'est également sous le règne de Caligula qu'une cité nomméeLugdunum, peut-être l'actuelle Lyon ou bien laLugdunum des Convènes (Saint-Bertrand-de-Comminges), aurait accueilli l'exil forcé dutétrarque deGalilée et dePérée,Antipas, beau-frère d'Hérode Agrippa après la fameuse affaire du temple deJérusalem en 40 (l'érection d'une statue de l'empereur à l'intérieur du temple de Jérusalem en réponse à la révolte des juifs à Jamnia durant l'hiver 39-40[e 2].

Claude, musées du Vatican.

Claude, succédant àCaligula en 41, s'arrête àLugdunum, sa ville natale, en 43 et 44 à l'aller et au retour de la conquête de laBretagne. On lui attribue généralement la construction de l'aqueduc de la Brévenne, grâce au témoignage d'une trentaine detuyaux de plomb à ses initiales[a 3], bien que ces tuyaux puissent avoir fait l'objet d'un réemploi, auquel cas il faudrait reculer cette datation. La plus importante trace que Claude laisse àLugdunum est le discours qu'il prononce en 48 devant leSénat et qui accorde aux élites des trois provinces de la « Gaule chevelue » l'accès à la magistrature publique de Rome. Les représentants des peuples gaulois, reconnaissants, font graver le discours sur une plaque de bronze aujourd'hui connue sous le nom deTable claudienne et la placent probablement dans lesanctuaire fédéral des Trois Gaules. Cette table, retrouvée en 1528, se trouve désormais présentée aumusée de la Civilisation gallo-romaine dont elle constitue l'un des trésors[c 21]. Sous Claude, le nom de la cité évolue enColonia Copia Lugdunum auxquels on ajoute lescognomina d'Augusta etClaudia ; La référence àMunatius Plancus (Munatia) disparaît. Certains historiens proposent de lier ce changement de nom a un éventuel don par Claude du droit italique à la cité rhodanienne, même si la première attestation de ce droit àLugdunum n’apparaît que sous l'empereurHéliogabale[c 22].

Néron, œuvre en marbre duIer siècle, musée du Palatin.

Sous le règne deNéron en 64, après l’incendie qui ravageRome, les notables deLugdunum envoient quatre millions desesterces pour la reconstruction. L’année suivante en 65,Lugdunum est victime d’un incendie[c 23].Sénèque indique :« Assez souvent on a vu des villes endommagées par le feu, mais jamais tellement qu'il ne restât quelque vestige de ce qu'elles étaient auparavant… […]Lugdunum qu'on avait accoutumé de montrer dans la Gaule comme l'un de ses plus beaux ornements, se cherche aujourd'hui et ne se trouve plus[A 9]. » SelonTacite,« le prince (Néron) soulagea le désastre de Lyon par le don de quatre millions de sesterces qu'il fit à la ville pour relever ses ruines[T. A 3] ». Toutefois, les fouilles stratigraphiques de la ville haute n'ont montré aucune trace d'incendie[m 4], ce qui corroborerait l'hypothèse actuellement majoritaire selon laquelle seules les parties basses de la cité auraient été touchées[c 23]. Il est possible de comparer cette somme de quatre millions de sesterces aux cent millions que coûta la reconstruction d'une partie du cirque et des maisons particulières détruites par l'incendie de 36 à Rome[T. A 4] ou aux dix millions accordés à la colonie deBologne ruinée par l'incendie de 53[T. A 5]. Néron ôte également la frappe des monnaies d'or et d'argent à l'atelier monétaire lyonnais, et ne laisse subsister que la frappe du bronze[c 23].

La crise successorale de 68-69 :Lugdunum et Vienne, cités rivales
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Article détaillé :Année des quatre empereurs.

En 68,Vindex, légat de laGaule lyonnaise, pousse à la révolte contre Néron les délégués des Trois Gaules[A 10]. L’armée deGermanie supérieure met fin à sa tentative en le battant àBesançon[c 23],[l 4]. Puis en EspagneGalba s’insurge à son tour. Lors de ces événements, des dissensions entre Lyon et Vienne se révèlent :Lugdunum reste fidèle à Néron, tandis que Vienne soutient Galba et vient assiéger la cité rhodanienne[T. H 2]. L'origine de cette dissension n'est pas connue. Elle remonte peut-être à l'origine des colons qui ont fondéLugdunum ou peut-être simplement à une compétition entre deux cités proches et dynamiques[c 23]. Les Viennois ne parviennent pas à prendreLugdunum. La mort de Néron et l’arrivée au pouvoir de Galba marquent une pause dans ce conflit. En représailles, Galba confisque la rente que les Viennois versaient aux habitants deLugdunum depuis -43 au profit du fisc impérial[T. H 3]. Mais l’année suivante, en 69, l’armée du Rhin deVitellius, marche vers l’Italie contreOthon, assassin de Galba. Julius Blaesus, légat de la Gaule lyonnaise, prend le parti de Vitellius et accueille son armée conduite parFabius Valens[T. H 4].

Selon Tacite, Les habitants deLugdunum profitent de la présence de ces troupes et leur proposent de piller Vienne. Cependant, Fabius Valens dissuade ses troupes de ravager Vienne, « toutefois, la cité dut livrer ses armes, et les habitants fournirent chacun aux soldats toute sorte de provisions[T. H 5] »,[c 24].

Second développement et apogée - milieu duIer etIIe siècle

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Odéon de Lyon sur la colline de Fourvière.

Sous lesFlaviens (de 69 à 96), à la suite de l'incendie de la cité en 65 sousNéron, puis sous lesAntonins (de 96 à 192)Lugdunum prospère et connaît lapaix romaine à l'instar du monde romain.

Durant cette période, de nouveaux monuments prestigieux sont bâtis, aboutissant à l'extension maximale de la cité dans l'Antiquité. Ce développement est dû à la situation de la ville au sein d'un empire globalement pacifié et prospère. La population deLugdunum progresse et elle tient une place notable au sein de l'Empire romain. Profitant pleinement de lapax romana, Lyon ne connaît pas de soubresauts importants et cette période s'achève avec la bataille de Lyon de 197.

Apogée urbain

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Schéma deLugdunum.

Durant cette période faste, plusieurs monuments nouveaux sont construits, d'autres sont agrandis et la ville atteint son extension antique maximale.

Nouveaux développements urbains
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L'importance et la puissance de Lyon à cette époque se mesurent au travers de deux monuments rarement réalisés au sein de l'Empire romain : l'odéon et lecirque. Le premier souligne l'importance de la culture gréco-latine dans la cité, importance dont on a plusieurs autres traces avec le concours d'éloquence organisé par Caligula ou la mention de nombreux libraires en ville dans la correspondance dePline le Jeune. Ces deux monuments semblent avoir été bâtis à la fin du premier siècle ou au début du second. Le cirque n'est connu que par des indices indirects, et les derniers travaux[o 1] estiment son emplacement sur le plateau de Loyasse[c 25].

D'autres monuments sont transformés. Le théâtre est agrandi, et un nymphée monumental a peut-être été bâti entre le théâtre et l'odéon ; l'amphithéâtre de la Croix-Rousse a également été agrandi. Toutefois, il n'existe aucune trace archéologique pour dater avec précision ces travaux[m 4]. La construction des aqueducs est achevée également au milieu du second siècle. De nouveaux thermes sont réalisées au niveau de la rue des Farges sur la même période[c 26].

Toutes ces réalisations ont été probablement promues, et peut-être financièrement soutenues, par certains empereurs, mais l'essentiel des sommes réunies pour ces travaux proviennent de ressources locales, des associations professionnelles ou des notablesévergètes[c 26].

Lyon antique à son apogée
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La cité vue vers le nord-ouest. Au premier plan, le quartier desCanabæ, imaginé sur une île. À l'arrière-plan, la ville haute, lethéâtre et l'odéon côte à côte, le cirque à l'extérieur. À droite, l'amphithéâtre et leSanctuaire fédéral. Maquette dumusée gallo-romain de Fourvière.

Au cours duIIe siècle, la topographie lyonnaise se stabilise dans son extension maximale sous l'Antiquité. À l'égal de Vienne, elle possède alors l'ensemble des édifices de spectacles traditionnels romains, cirque, amphithéâtre, théâtre, odéon, avec de surcroit l'autel de Rome et Auguste.« Dans ses formes, l'architecture publique emprunte au répertoire classique de l'art gréco-romain (dieux et mythes, par exemple, très présents dans l'habitat privé également), combiné avec des thèmes promus par l'idéologie impériale (empereur, victoire, abondance, paix... »[c 25].

L'urbanisation se situe sur trois ensembles principaux : la ville haute avecLugdunum, lescanabæ et la rive droite de la Saône en contrebas de la ville haute, le bourg celtique de Condate, auquel il faut ajouter la petite agglomération de Vaise. Ces zones sont connectées entre elles par des voies structurantes, lamontée Saint-Barthélémy relie déjà le haut de la colline à la rivière. À cette urbanisation s'ajoutent les nécropoles situées le long des voies d'accès à la cité et les aqueducs[c 26].

La ville haute
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L'amphithéâtre des Trois Gaules.

Beaucoup d'inconnues subsistent quant à la forme exacte de la colonie lyonnaise à son apogée. Certains quartiers sont relativement bien connus (de Saint-Just à l'Antiquaille, la rue des Farges ou au Verbe-Incarné) et certains monuments également (le théâtre, l'odéon), mais plusieurs autres éléments urbains restent encore à l'état de conjecture (forum, temple capitolin ou cirque). Son enceinte,récemment[C'est-à-dire ?] attestée, n'est pas connue avec exactitude sur l'ensemble de son tracé.

  • L'enceinte

L'existence de l'enceinte est attestée de façon lacunaire depuis les fouilles archéologiques exécutées en 2015[40]. Son érection reste un privilège accordé à une cité par l'empereur romain, phénomène plutôt rare en Gaule. L'apport archéologique est plutôt réduit : en1957, des travaux à l'est de laplace Abbé-Larue dans le5e arrondissement mettent au jour un élément de mur et la base d'une tour, et en1968, dans la partie nord de cette place, à proximité de la rue des Farges, sont dégagés des restes d'un mur antique rectiligne, large d'1,80 m et long de 41 m.Amable Audin interprète ces restes comme étant ceux de l'enceinte romaine : « Lecardo [...] monte [...] jusqu'au mur d'enceinte qu'il traverse[a 4]. » Toutefois, aucune épigraphe ou aucun texte ne corroborent cette hypothèse et il peut tout aussi bien s'agir d'un mur de soutènement[m 5]. Les fouilles de 2014 sous la résidence universitaire de la place Abbé-Larue attestent la présence d'une section de muraille romaine comportant une tour circulaire[41].

En 2023, est découverte une portion de l'enceinte antique, au bastion 5 de l'enceinte de Fourvière[42]. Plus au nord, en 2024, est découvert à l'emplacement de l'ancien jardin cinéraire ducimetière de Loyasse, une partie d'une porte de l'enceinte romaine[43]. Cette découverte permet de confirmer que l'enceinte romaine entourait tout le plateau de Fourvière et qu'elle a été édifié dans la première moitié duIer siècle[44].

Les textes littéraires mentionnant l'enceinte sont au nombre de trois[45] et ne donnent que très peu d'indications. Il y a une mention des murailles qui empêchent le pillage de la ville par deslètes en 357[A 11], une simple mention de son existence parSidoine Apollinaire[A 12] et enfin le fait qu'elle soit dégradée par une crue en 580 parGrégoire de Tours[A 13].

Détail de lamosaïque du combat de l'Amour et de Pan - conservée aumusée Lugdunum.
  • Lesquartiers les mieux connus
    • Le quartier allant de l'Antiquaille à Saint-Just contenait essentiellement des ilots réguliers d'habitations établis sur des terrasses. Certaines recelaient de magnifiques mosaïques dont celles ducombat de l'Amour et de Pan, montrant la richesse des habitants des lieux. Une hypothèse ancienne y place lacohorte urbaine, dont lagrotte Bérelle serait la citerne[b 3].
    • Le quartier de larue des Farges est connu depuis les fouilles ayant eu lieu entre 1973 et 1981, plusieurs ensembles de construction ont été identifiés. Une maison à atrium, à péristyle ou, plus simples, des boutiques et desthermes se présentent le long de deux rues et sur trois séries de terrasses. Les fouilles archéologiques de cette zone, outre l'identification de nombreuses habitations et équipements, ont permis de bien mieux connaître les techniques de construction, essentiellement en terre[b 4].
    • Le quartier du Verbe-Incarné connaît au cours de la seconde moitié du premier siècle des travaux d'embellissement destinés à élargir les rues, installer de vastes collecteurs en dessous et mettre en valeur les grands bâtiments qui le composent. Le plus prestigieux d'entre eux pourrait être le sanctuaire municipal du culte impérial, construit en remplacement de quatre îlots d'habitation[46]. Les collecteurs accueillent les eaux de l'aqueduc du Gier. Ce quartier semble avoir été habité de manière continue sans nouvelles transformations par la suite. Ce quartier s'étend vers le nord, en direction du plateau de la Sarra, avec un découpage en îlots et des ateliers de céramique. Les dernières théories y placent lecirque, le long de la rue Jaricot[b 5].
L'odéon et son dallage de marbre.
  • Lesmonuments bien connus
    • Lethéâtre, d'un diamètre extérieur de 108 mètres, est initialement composé de deux séries de gradins, la première portée par une maçonnerie massive et la seconde par des voûtes. Une troisième série de gradins remplace un promenoir lors d'un agrandissement daté, selon la tradition, de l'époque d'Hadrien ; pour porter sa capacité à 10 500 places[m 6].« Un muret encipolin vert séparait lacavea de l’orchestra. Celle-ci, de 25.50 mètres de diamètre, comprenait à l'extérieur quatre gradins bas réservés aux notables. Un pavement de grandes dalles de cipolin, debrèche et degranit décorait l'orchestra, qui était desservie par deux grands couloirs latéraux, aux murs plaqués de marbre[b 6]. »
    • À la fin duIer siècle ou au début du second, unodéon de 3 000 places, consacré à la musique, à des spectacles lyriques ou rhétoriques est bâti aux côtés du théâtre, peut-être séparé de ce dernier par unnymphée monumental[c 25]. Avec unecavea de 73 mètres de diamètre, il est l'un des plus imposants de l'Empire romain et sonorchestra était pavée de marbres et porphyres importés de toute la Méditerranée[b 7],[m 7].
Mosaïque retrouvée à Lyon, représentant probablement le cirque local.
    • Lecirque s'étendrait sur le plateau de Fourvière, à l'ouest de la rue Pauline Jaricot, pourrait aller au nord jusqu'aux fortifications modernes, au sud en bordure de l'aqueduc du Gier. Les structures découvertes par Amable Audin rue Henri Le Châtelier[47] porteraient les gradins[o 1].
  • Lesmonuments hypothétiques
    • Leforum est une des grandes inconnues de l'archéologie lyonnaise. L'hypothèse traditionnelle le situant au niveau de la basilique de Fourvière est abandonnée depuis de nombreuses années. Les éléments l'étayant étaient légers et surtout sa localisation très décentrée par rapport aux constructions primitives est très peu crédible. L'hypothèse d'un éventuel second forum construit par Trajan au niveau du plateau de la Sarra a été contredite par les fouilles du Verbe incarné[m 8].
    • Lepalais impérial serait, selon la tradition, situé à l'extrémité nord-est du plateau, au nord de la basilique, à proximité de la tour métallique de télécommunication. De fortes subductions y sont repérées mais les archéologues n'attestent sur cet emplacement plus que des maisons d'habitants fortunés, comme l'attestent les mosaïques et les vastes citernes retrouvées[b 8].
La ville près des rivières
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La confluence entre le tumultueux Rhône et la Saône tranquille se réalise sous l'Antiquité au sud de l'actuelleabbaye d'Ainay. La Presqu'île connaît encore plusieurs flots allant du Rhône vers la Saône, qui sont en cours de maîtrise et de comblement. Mais l'hypothèse d'un véritable bras du Rhône traversant la Presqu'île est abandonnée[48], les dernières dépressions n'étant remplies d'eau que lors des crues. À de nombreux endroits, il a été retrouvé des dépôts d'amphores réalisant l'assèchement du site, achevé probablement aux alentours de l'an 100[m 9].

L'occupation humaine de la Presqu'île intervient au cours duIer siècle, mais n'élabore alors pas de véritable réseau viaire, laissant un espace semi-urbanisé, un peu plus dense dans la zone entre Bellecour et Perrache, lescanabae et au pied de la colline, le quartier de Condate. Les éventuels ponts entre les deux rives de la Saône n'ont pas reçu d'éléments archéologiques ou épigraphiques permettant de renforcer telle ou telle hypothèse[b 9].

  • Condate

Ce bourg situé sur les pentes et le pied de la Croix-Rousse ne fait pas partie de la colonie. Ses zones les plus anciennement peuplées sont le quartier Saint-Vincent et le sanctuaire des Trois Gaules. Mais auxIer et IIe siècles, la zone la plus densément urbanisée se situe au nord-ouest de laplace des Terreaux, entre larue Constantine et larue du Jardin-des-Plantes. Des fouilles ont permis de retrouver le pavage de certaines rues, et une hypothèse propose que larue du Sergent-Blandan soit l'axe principal de ce bourg[b 10].

Amphithéâtre des Trois Gaules, Lyon.

Le sanctuaire de l'autel fédéral des Trois Gaules est très mal connu. Son organisation et ses limites font l'objet de débats sans que des preuves archéologiques puissent trancher dans un sens ou dans l'autre. L'une d'entre elles postule que la limite sud de cet espace sacré pourrait s'étendre jusqu'au sud de laplace des Terreaux, tandis qu'une autre propose qu'il s'arrête à l'ouest avant laMontée de la Grande-Côte[m 10]. Situé dans le bourg de Condate qui est indépendant tout à la fois de la colonie comme desSégusiaves, il appartient aux soixante cités gauloises représentées. La localisation de l'autel de Rome et d'Auguste n'est pas connue et l'hypothèse actuelle le situe près de l'église Saint-Polycarpe[b 11]. La tradition présente également les piliers en granite remployés dans l'église d'Ainay pour soutenir la coupole comme les piliers qui entouraient l'autel fédéral. Comme ces piliers proviennent d'une carrière qui n'était pas en activité lors de la création du sanctuaire, les historiens lyonnais supposent qu'il s'agissait d'un enrichissement ultérieur de l'autel. Il n'existe aucune preuve archéologique ou littéraire appuyant cette hypothèse[m 11].

L'amphithéâtre des Trois Gaules est agrandi durant l'apogée de la cité, sans qu'il soit possible de dater le passage d'une capacité de 3 000 places à environ 26 000 places ; l'hypothèse d'Audin[49] basée sur un fragment d'inscription a été démentie par Caldelli[50]. Les quelques gradins de bois font place à un nouvel édifice mesurant 143 × 117 m avec une arène mesurant 68 × 42 m[m 12]. La première dimension modeste de l'édifice suppose un usage limité, peut-être réservé aux délégués des peuples des Trois Gaules lors de la réunion annuelle. Son agrandissement permit d'accueillir des spectacles de grande ampleur, comme le mentionne Suétone[A 14] ou des exécutions publiques telles celle de l'insurgéMariccus[T. H 6] ou deschrétiens en 177[A 15],[m 13].

Mosaïque géométrique entourée de poissons
Mosaïque des poissons retrouvée sous la rue Jarente.

Ce terme désigne habituellement les espaces réservés à la population civile situés à l'extérieur des casernements militaires ; traduit par « baraques »[c 27] ou « entrepôt »[b 12], il est connu à Lyon par plusieurs épigraphes[CIL 3]. Le lieu ainsi désigné est situé aux alentours de laplace Bellecour et jusqu'au quartier d'Ainay. Les archéologues[p 3] réfutent actuellement l'idée depuis longtemps propagée qu'il s'agissait d'une île. Le confluent, à cette époque, devait probablement se situer au sud de la place Bellecour. Les récentes fouilles géomorphologiques montrent l'existence de zones déprimées, envahies par les eaux lors de crues. C'est notamment le cas de l'actuelleplace des Célestins qui fait l'objet de drainage et qui subit d'importants remblais à partir duIer siècle jusqu'auIIIe siècle[51]. Dès le milieu duIer siècle sont réalisés des aménagements importants menant à un urbanisme régulier, que l'on peut mettre en relation avec la création ducompendium[N 13] entre Lyon et Vienne, attribué à l'empereurClaude[m 9],[52].

Ce quartier comporte de nombreuses résidences (attestées par de très nombreuses mosaïques découvertes lors des percements du métro et des parkings souterrains), principalement situées entre les places Bellecour et Carnot, et des entrepôts pour le commerce du vin, de l'huile et d'autres denrées. Ces entrepôts sont matérialisés par des bases de piliers et des trames serrées de murs, des vides sanitaires faits d'amphores retournées, traces généralement interprétées comme étant celles de zones de stockage. Lesnegotiatores vinarii résident à cet endroit et non à Lugdunum même, les voies commerciales se recoupant là. Même si les zones économiques et résidentielles sont entremêlées, la plupart des résidences particulières sont situées au sud de larue Sainte-Hélène et la plus grande partie des établissements commerciaux et industriels sont au nord[b 12]. Ce lieu connaît un développement important, avec notamment des villas luxueuses, il est probablement connecté à la rive droite de la Saône via des ponts permanents ou non, des barges ou des passages à gué. Ce commerce florissant attire un certain nombre d'étrangers qui s'installent en ville et y prennent une place notable. Si la plupart proviennent des Trois Gaules, les inscriptions nous renseignent sur l'installation d'immigrés de Narbonnaise, de Carthage ou de Syrie par exemple[c 27].

  • Larive droite de la Saône

L'actuel quartier duVieux Lyon est un espace mal défini du point de vue archéologique. On peut cependant dégager quelques idées grâce aux campagnes de fouilles sur plusieurs îlots d'habitations ou bien lors du percement dumétro, dutunnel de Fourvière ou de l'avenue Adolphe-Max.

Entre la fin duIer siècle av. J.-C. et le début du siècle suivant, le tracé de la Saône se stabilise sur son tracé actuel tout en conservant encore un bras entre les pentes de la colline et une île désignée sous le terme d'« île Saint-Jean » dont la pointe sud est située sous l'actuel parking Saint-Georges[r 1]. Sur cette zone sont connus les premiers restes d'une activité portuaire, datés de 77-78. De cette même période est conservée une embarcation probablement destinée à la traversée de la rivière en bac. Au milieu duIIe siècle, l'activité portuaire s'étend alors que le bras de la Saône se comble progressivement, l'île étant rattachée à la terre ferme au milieu duIIIe siècle. Cette activité portuaire était autant une activité commerciale que destinée à la pêche[r 2].

Un appontement[Où ?] est découvert lors d'une fouille au pied de la colline de Fourvière : le laboratoire Archeolabs fournit une datationdendrochronologique de -27 à 18. Parallèlement, un second bras de la Saône se met en place 150 m plus à l'est[53]. Dans le troisième quart duIIe siècle, un habitat gallo-romain existe sur la partie ouest de l'île que délimitent ces deux bras d'eau. Constitué d'une maçonnerie de petits moellons (opus incertum) brut degranite,schiste et calcaire des monts d'Or et lié d'unmortier jaune, un petit bâtiment abrite deux bassins dont l'étanchéité est assurée par un mortier detuileau[h 1].

Les aménagements périphériques
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  • Vaise et les bords de Saône

Un ensemble urbain existe durant toute la période antique au cœur du quartier actuel deVaise, sans que les spécialistes aient établi avec certitude s'il s'agissait d'un quartier suburbain de Lugdunum ou d'une agglomération secondaire[54]. Certains postulent qu'il s'agissait probablement d'unvicus[m 14].

Établi au carrefour de plusieurs voies importantes et traversé par lavoie de l'Océan, cet ensemble urbain possède des fonctions artisanales, commerciales, avec une zone de déchargement et de transfert de marchandises au niveau de larue Pierre-Audry en direction du sommet de Fourvière. Si l'occupation se maintient jusqu'auIVe siècle, certaines zones, telle celle de laplace Valmy, sont abandonnées dès leIIe siècle pour être remplacées par des nécropoles, comme au niveau de larue de Bourgogne[b 13],[m 14].

L'urbanisation s'étend de manière plus diffuse en direction du débouché du vallon de Gorge-de-Loup, avec des habitations de type plus urbain que rural, telle la maison auxxenia de Saint-Pierre-de-Vaise[b 13]. Au sein du défilé de Pierre-Scize, des installations artisanales, des ateliers de potiers, de verre et de bronze sont présentes des deux côtés de la rivière. Des carrières de gneiss sur la rive droite et de granite sur la rive gauche ont également été retrouvées[m 14].

Triomphe deBacchus,sarcophage romain,musée Lugdunum.

À l'époque de l'apogée de la cité lyonnaise, la principale nécropole est également la plus ancienne, celle du Trion. À cette époque, son centre se situe dans le quadrilatère délimité par larue de Trion, lamontée de Choulans, larue de la Favorite et larue Commandant-Charcot suivi de lamontée des Génofévains. Initialement composé de plusieurs nécropoles distinctes, l'ensemble devient une vaste et unique nécropole lorsque chacune grandit suffisamment pour rejoindre les autres, ce qui est réalisé auIIe siècle. Mais dès cette époque, des extensions s'éloignent de ce centre pour suivre de manière plus lâche Choulans en direction du sud ou le vallon de Gorge-de-Loup pour rejoindre lavoie de l'Océan[b 14].

Il existe alors quelques autres nécropoles plus modestes. Celle de Champvert, particulièrement éloignée dupomerium, semble n'être utilisée que jusqu'à la fin duIer siècle[b 15]. Celle duquai Arloing est constituée à la fin duIer siècle près d'un espace d'habitation et d'artisanat. Une autre le long de lavoie du Rhin sur un versant de la Croix-Rousse et quelques tombes ont entamé à cette époque la nécropole située de l'autre côté du Rhône, probablement le long ducompendium entre Lyon et Vienne[b 15].

Vestiges de l'aqueduc romain du Gier àChaponost.

L'aqueduc des monts d'Or, l'aqueduc de l'Yzeron, l'aqueduc de la Brévenne et l'aqueduc du Gier sont les quatre aqueducs qui desservent la cité. Longs respectivement de 26, 27, 70 et 85 kilomètres, ils sont tous actifs et entretenus durant l'apogée de Lugdunum. Ceux des monts d'Or et d'Yzeron aboutissent dans le quartier des Minimes, ceux de la Brévenne et du Gier près des théâtres, le réservoir terminal de ce dernier restant encore visible sous la forme de deux des quatre cuves de décantation à l'ouest de l'insula basilicale. L'aqueduc du Gier est le seul à arriver suffisamment haut pour alimenter toute la ville, les autres aboutissent entre quinze et quarante mètres plus bas. Ils sont actifs et entretenus durant leIIe siècle[55].

Lyon au sein de l'Empire

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Carte de l'Empire romain en 125, sous l'empereurHadrien.

Lyon, au sein de l'Empire, est une cité de moyenne dimension qui jouit d'une place importante économiquement au sein des Gaules. Cela lui fournit une prospérité notable, mais cette période voit son importance au sein de l'Empire se réduire. Avec le déplacement des zones de conflit fin duIer siècle plus loin du Rhin, Lyon n'est plus une place stratégique et bien que Strabon la désigne comme une « acropole », elle reste vue comme suffisamment provinciale pour que Pline le Jeune s'étonne d'y trouver des libraires[c 28].

Démographie et population
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Urne funéraire en forme de temple portant l'inscription A(ulus) Hostilius / Nestor / August(alis) ; CIL XII *00299.

Il n'existe aucune source permettant d'estimer correctement la population de l'espace urbain lyonnais. Les chiffres les plus vraisemblables se situent entre 25 000 et 40 000 habitants. Si cette population en fait une agglomération importante à l'échelle des Trois Gaules, c'est finalement peu vis-à-vis des grandes métropoles antiques telAlexandrie ouAntioche qui devaient abriter à cette époque 500 000 habitants ou bien sûrRome qui atteignait un million d'habitants. Lyon devait avoir environ autant d'habitants queNarbonne,Tarragone ouMérida, mais bien moins queCarthage avec ses 70 000 habitants[c 29].

L'étude de l'épigraphie permet de définir la proportion deGrecs à Lugdunum durant cette période. Sur un total de 522 épitaphes, on trouve 243 noms grecs sur 1 116[a 5] : de 19 % au début duIer siècle, ils sont 24 % au milieu duIIe siècle et 30 % à la fin du siècle. Cette nombreuse population se compose desesclaves et des affranchis des riches notables de la ville haute. Letombeau de Turpio révèle l'existence de cinq affranchis dont deux portent des noms grecs. Le fléchissement de la proportion de noms grecs au cours duIIe siècle s'explique par le discrédit qui frappe une origine modeste ou servile. La tendance s'accentue au cours duIIIe siècle où les noms grecs ne représentent plus que 18 %.Amable Audin explique le phénomène, non pas par une diminution de la population d'origine orientale (qui constitue jusqu'à 35 % des habitants du quartier des Minimes, quartier qu'il désigne comme le cœur administratif de la cité), mais par une latinisation des noms. Ce phénomène est également constaté chez les Celtes du bourg de Condate (autour de l'amphithéâtre), mais le faible nombre d'épitaphes limite l'interprétation.

Structures sociales et économiques
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Cette prospérité est visible par l'embellissement de la ville haute et par les échanges commerciaux et artisanaux dont les traces sont nombreuses. Les communautés commerciales s'enrichissent : les bateliers (ounautes) du Rhône et de la Saône, les négociants en vin, lesutriculaires (des fabricants d'outres, ou desnautes utilisant des radeaux dont les flotteurs sont des outres[56]), les artistesstucateurs, les potiers. Ces communautés de marchands ou d'habitants possèdent leur siège, leur conseil, leurs dignitaires et bien souvent leur cimetière. Les dernières campagnes de fouilles de l'insula basilicale attribuent l'un des stades du bâtiment au siège d'une de ces importantes communautés, peut-être celle des nautes[d 8].

Lyon est ainsi au centre d'un commerce international qu'elle irrigue via son artisanat important (poterie, céramique, verrerie, métallurgie, orfèvrerie, textile, parfumerie), mais également en participant au grand commerce. L'épigraphie permet d'identifier trois corporations d'armateurs, les nautes, l'une exploitant le Rhône, une seconde la Saône et une troisième issue du Rhône et naviguant sur la Saône. Les négociants les plus importants sont ceux faisant commerce du vin, lesnegotiatories vinarii, ou d'huile, lesdiffusores olearii. Ce commerce connecte Lyon tout à la fois à l'ensemble de la Méditerranée, au monde danubien, la Germanie et la Bretagne[c 29].

Lyon et les grands événements de l'Empire
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Monnaie deClodius Albinus frappée à Lyon.

Entre l'année des quatre empereurs et la fin duIIe siècle, Lyon n'a pas connu d'événements majeurs liés au destin de l'Empire.

Il semble que peu d'empereurs se soient arrêtés dans la colonie lyonnaise.Domitien y fait un bref séjour en 70 et peut-être en tant qu'empereur pour aller en Germanie. C'est à cette époque que l'atelier monétaire est fermé. La garnison qui le gardait semble avoir été maintenue sous la forme d'unecohorte urbaine, lacohors I urbana Flavia[A 16],[57], qui permute au début duIIe siècle avec lacohors XIII urbana qui stationnait àCarthage[c 24]. En 121, il est probable, sans qu'il n'existe de preuve, qu'Hadrien soit passé par Lyon lors de son premier grand voyage dans l'Empire[l 5].

Lyon est l'une des premières cités occidentales de l'Empire à accueillir des communautés chrétiennes[c 30]. Au début duIIe siècle déjà, elle fait partie des villes qui comptent un grand nombre de chrétiens[s 1]. Lapersécution de 177 est exceptionnellement connue grâce à un témoignage direct anonyme, retranscrit dans l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe de Césarée un siècle plus tard. Elle décrit un groupe déjà bien établi, composé de profils sociaux variés, des citoyens comme des esclaves, des Lyonnais comme des étrangers venant d'Asie. Cette persécution ne semble pas avoir de lien avec une vague antichrétienne particulière, n'a pas eu d'écho ailleurs, et sa raison réelle ne peut faire l'objet que de suppositions[t 1]. Il s'agit probablement d'une poussée de violence locale et ponctuelle. En effet, l’évêqueIrénée, à Rome à ce moment, vient ensuite pour prendre la succession dePothin et y réalise une carrière pastorale et théologique sans encombre connue jusqu'au règne deSeptime Sévère[c 31][58].

Buste de Septime Sévère, Glyptothèque de Munich.

Enfin, cette période se clôt sur un conflit, labataille de Lyon entreSeptime Sévère etAlbinus en 197[l 6]. Septime Sévère fut gouverneur de la Gaule lyonnaise, son fils Caracalla y était né, il venait de passer quatre années à consolider son pouvoir sur le Danube, en Orient et à Rome, il entendait vaincre le dernier usurpateur qui le défiait. Albinus établit son quartier général à Lyon après avoir été proclamé empereur. Il crée un fugace atelier de frappe monétaire. Le combat entre les deux se solde par la victoire de Septime Sévère, non loin de Lyon. Si l'historiographie traditionnelle considère ce combat comme le point de départ du déclin de la ville, avec comme preuve le témoignage d'Hérodien[59] qui narre sa destruction par les troupes sévèriennes, les historiens et archéologues actuels considèrent que les ravages de la colonie furent limités, les traces de prospérité étant encore nombreux après cette date. Si quelques notables lyonnais trop proches d'Albinus subirent de probables confiscations[l 7], la cité semble connaître le même niveau de vie par la suite[c 32].

Lyon durant l'antiquité tardiveIIIe siècle -Ve siècle

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De nombreux signes indiquent un déclin de la cité romaine à partir duIIIe siècle dans la topographie. L'abandon des aqueducs indique un déplacement de la majorité de la population du site originel de la colonie vers les rives des cours d'eau. Les archéologues notent également une rétraction générale de la superficie de l'aire urbaine. Un autre indice fort de cette évolution est le déclin rapide et marqué de la pratique épigraphique. Lors de la fin de l'Antiquité, la ville connaît une christianisation monumentale, avec les premiers temples et monuments funéraires de la nouvelle religion.

Les raisons de ce déclin peuvent être recherchés dans les évolutions politiques et économiques de l'Empire romain. Les lieux de pouvoir quittent la ville et s'éloignent, entraînant une dégradation de l'image de la ville auprès des penseurs et érudits romains. Lyon suit également la christianisation progressive de l'Empire romain, les évêques deviennent les maîtres spirituels de la ville.

Lyon d'une colonie romaine à une ville chrétienne

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Lyon suit une évolution générale des structures urbaines de la Gaule romaine, qui voit de nombreuses cités se rétracter, telles les voisines Vienne et Arles. De même, l'édification d'une muraille autour d'un espace réduit reste visible dans plusieurs cités d'un Empire en proie à de nombreuses guerres contre des forces extérieures[c 33].

L'abandon de la colline de Fourvière s'amorce dès la fin duIIe siècle et s'achève auIVe siècle, même si le théâtre et l'odéon ont peut-être encore servi. La cité se regroupe donc sur les berges de la Saône et sur la Presqu'île, laquelle, vu la topographie qu'elle présente, devait accueillir uncastrum et être entourée de murailles[i 7].

De nombreuses traces d'activités liées au culte chrétien apparaissent très tôt à Lyon. L'archéologie, l'épigraphie et des sources littéraires indiquent la mise en place d'une société chrétienne à partir duIVe siècle[b 16].

Le déplacement de la cité
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Ruines d'un pont-siphon de l'aqueduc de la Brévenne, à Écully.

La marque la plus forte de la désertification des hauteurs de Lugdunum est l'arrêt de l'utilisation des aqueducs. Ces ouvrages demandant un entretien considérable, la perte de moyens de la cité a nécessairement conduit à l'abandon de ces ouvrages d'art, et de l'eau qu'ils amènent. Il n'est pas possible de préciser la date de l'assèchement du plateau de Fourvière (car il restait cependant des citernes pluviales)[60]. Ce secteur n'est pas abandonné mais il perd progressivement son caractère central, dont les fonctions de commandement. Il est tout autant impossible de dater à partir de quand les divers monuments commencèrent à servir de carrières de remploi pour d'autres édifices[c 33].

Le recentrage de la cité sur les bords de Saône semble s'achever auIVe siècle, après l'assèchement auIIIe siècle du bras de Saône qui créait une île, au niveau de Saint-Jean. Autour de ce nouvel ensemble urbain, des murailles ont été élevées pour protéger le noyau urbain, en cohérence avec uncastrum édifié près de l'actuelle place des Terreaux. La localisation précise de cette muraille et celle ducastrum sont encore en débat, vu les rares découvertes archéologiques de ces édifices. Seules deux fouilles ont permis de découvrir des éléments significatifs, celle de l'îlot Vieille-monnaie sur lamontée de la Grande-Côte[m 15] et celle près de la cathédrale Saint-Jean[c 33].

« Cette rétractation urbaine ne fut pas propre àLugdunum, puisqu'elle affecta nombre de villes occidentales à partir du milieu duIIIe siècle environ. [...] Tout en relevant de ce schéma général, l'évolution urbaine de Lyon obéit à des caractéristiques propres. Sans nier son rapport avec les difficultés du temps et avec le repli deLugdunum à l'échelle impériale, la concentration de la vie urbaine en bord de Saône paraît aussi souligner le rôle crucial de la voie fluviale et des activités économiques dans l'histoire de Lyon. Une fois rentrée dans le rang sur le plan administratif et officiel, et faute de volonté ou de moyens pour entretenir le centre monumental de Fourvière, la ville se concentra sur la cause la plus profonde et la plus durable de sa prospérité. Vue de la sorte, la translation du centre urbain de Fourvière à Saint-Jean prend aussi la forme d'un ajustement pragmatique à la situation, soulignant le rôle de la ville basse dans le développement de longue durée deLugdunum[c 34]. »

Apparition des traces historiques et archéologiques chrétiennes
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Dès leIVe siècle, et surtout auVe siècle, des inscriptions épigraphiques chrétiennes sont réalisées, permettant de découvrir des aspects de la société chrétienne qui se met en place à cette époque[b 16].

Les premières églises sont construites auVe siècle en remplacement de mausolées ayant recueilli les restes des saints martyrs et confesseurs. Il s'agit des premières églisesSaint-Irénée etSaint-Just[b 17].

Lyon au sein des événements de l'Empire romain tardif

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Autel funéraire de Marcus titus Helvinius, vétéran de la sixième légion.

Les trois derniers siècles de l'Empire romain voient la puissance politique et les armées s'éloigner de Rome et se concentrer sur un axe allant de la Grande-Bretagne à l'Orient en passant par le Rhin, le Danube et les détroits. Trêves et Milan deviennent les nouvelles capitales impériales. Lyon ne se situe plus vraiment à proximité des lieux vitaux pour l'Empire et s'éloigne ainsi de la grande Histoire. De même, les combats réguliers dans le secteur de la Germanie ont dû affecter fortement un des axes commercial passant parLugdunum, et affaiblir son économie[c 35].

La cité perd une partie de son importance politique avec les réformes deDioclétien etConstantin. Au sein d'un vastediocèse dont la capitale est à Trèves, Lyon devient le chef-lieu d'uneprovince très réduite, la Lyonnaise I, qui fut à nouveau divisée en deux. Lyon perd toute autorité militaire et n'a de pouvoirs civils que pour gérer la perception des impôts. L'atelier monétaire fonctionne de manière réduite et intermittente, comme complément de celui de Trêves[c 35].

Toutefois, l'épiscopat lyonnais, investi en grande partie par l'aristocratie locale, semble exercer une certaine influence et disposer d'un certain prestige. S'ils n'ont un statut particulier que vis-à-vis des autres évêques de la Lyonnaise première, au travers du titre de « métropolitain », certains évêques lyonnais ont une action à une échelle plus large[c 34].

LeIIIe siècle
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Les Sévères ne marquent pas la ville de leur empreinte, à l'exception d'Héliogabale auquel les habitants offrent vers 220 une statue dont la base a été retrouvée parmi les pierres qui constituent le pont de la Guillotière détruit en 1953[a 6].

Follis deMaximien Hercule frappé à Lyon.

En 235, le dernier des empereurs sévériens,Sévère Alexandre, est assassiné après avoir traverséLugdunum pour rejoindre les légions du Rhin[a 7].

En 254,Faustin se fait porte-parole de l'épiscopat gaulois pour faire pression, avec Cyprien de Carthage[61], sur le papeÉtienne pour faire destituerMarcien d'Arles qui avait embrassé la doctrine deNovatien[62]. Il estime également que Marcianus est trop sévère avec leslapsi, les chrétiens qui, sous la menace du martyres, acceptent de composer avec les obligations civiques de la religion officielle[c 36].

Les raidsalamans de 259 déferlent sur une partie de l'Empire et dans la vallée du Rhône. Il n'y a pas de trace de destruction dans la ville, mais deux découvertes archéologiques semblent datées de cette époque.

  • Letrésor de Vaise : un habitant a enseveli ses biens les plus précieux, mais n'est jamais revenu les récupérer. Ce trésor comporte une riche vaisselle d'argent, des bijoux, des pièces de monnaie et des statuettes religieuses. Il est exposé aumusée Lugdunum[63]. Ce trésor est néanmoins daté avec peu de certitudes[c 37].
  • L'équipement et le pécule d'un militaire : lors des fouilles de l'avenue Adolphe Max sont retrouvés un coffre de bois contenant des éléments d'armement (cotte de mailles, glaive,fibule, boucle de ceinture), ainsi qu'une bourse de cuir contenant 182antoniniens d'argent. Ces éléments permettent une datation vers 259-260, contemporaine des raids germaniques[h 2] ; il est cependant étonnant qu'un militaire ait enterré son trésor dans ce contexte.

Entre 260 et 274, la période dite de l’Empire des Gaules, avec ses capitales àTrèves etCologne, annonce un recentrage politique dans cette partie de l’Empire, au détriment deLugdunum, trop éloigné du front rhénan[c 36],[s 2].

Follis de Constance Chlore césar frappé à Lyon ; le revers au Génie du Peuple Romain a subi une double frappe.

Aurélien, l'unificateur de l'Empire, gagne savictoire décisive en 274 après être passé par Lyon dont il obtient le ralliement pour affronter Tetricus dans larégion des Catalauni[s 3]. Il restaure l'atelier monétaire de Lyon en 274 dans le cadre de sa réforme monétaire destinée à réévaluer les monnaies en circulation. Pendant quelques années, desaurelianus sont ainsi diffusés depuis Lyon[m 16]. Dès l'année suivante, en 275,Marcus Claudius Tacite, son successeur, y fait frapper une importante émission d'or pour la distribution d'undonativum aux soldats de Gaule après son accession au pouvoir[s 4]. L'importance de ce nouvel atelier est toutefois bien moindre que celle du premier, il est rapidement concurrencé par la création decelui de Trêves en 294 et n'est plus par la suite qu'un établissement de complément qui perdure toutefois jusqu'au début duVe siècle[c 36],[b 18]. Sa production est discontinue et se concentre exclusivement sur la frappe de monnaie de faible valeur, desfollis[m 17].

Il n'existe pas de traces ni de témoignages qui indiquent queLugdunum aurait été affectée par les difficultés de l'Empire romain des années 230 - 270, nulle destruction ou incendie n'ont été retrouvés datant de cette époque[c 37].

À la fin duIIIe siècle, lors des réorganisations de laTétrarchie,Lugdunum perd son rang de capitale de province. LaGaule lyonnaise est divisée en deux provinces en 297 puis en quatre sousConstantin ; la cité n'est plus que le siège administratif de la petite province de Lyonnaise première, incluse dans lediocèse des Gaules dirigé depuis Trèves[q 1]. Au terme de l'évolution, Lyon se retrouve à la tête d'un espace qui ne comprend queAutun,Langres,Chalon-sur-Saône,Mâcon etFeurs. À cette époque, preuve de la perte d'importance de la ville, leconseil des Trois Gaules semble avoir cessé toute activité[b 19],[c 35].

Selon l’Histoire Auguste, vers280 ou281, les habitants deLugdunum auraient soutenu l'usurpation deProculus, vite éliminé par l'empereur légitimeProbus[A 17],[A 18],[64].

LeIVe siècle
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Si le gouverneur de la Lyonnaise I porte toujours le titre deconsularis, ce qui indique le maintien d'une importance notable à cette province, la réforme de l'Empire auIIIe siècle exclut complètement Lyon du nouveau dispositif militaire mis en place, qui crée une armée de campagne en arrière d'une armée de frontière. Parmi les fonctionnaires d'une certaine importance qui subsistent à Lyon il y a un chef des trésors et unprocurateur de la monnaie[b 18].

SiLugdunum a perdu sa prééminence en Gaule, elle reste une étape obligée dans les déplacements d’armée lors des conflits intérieurs. En 353, l'usurpateurMagnence, qui s’est replié en Gaule après sa défaite contreConstanceII, se suicide àLugdunum[A 19].

En 357, la ville repousse l'assaut deLètes[c 38] installés enFranche-comté et qui tentent un coup de force durant les troubles liés au passage de l'armée deJulien l'apostat vers lesAlamans d'Alsace[A 11],[65].

Le, les troupes deMagnus Maximus rattrapent l'empereurGratien en fuite àLugdunum et l’exécutent[m 18].

Vocius est présent auconcile d'Arles de 314,Verissimus à celui deSardique de 343,Justus à ceux deValence de 374 etd'Aquilée de 381[c 39].

À la fin duIVe siècle, la vision des érudits gallo-romains sur l'état de l'Empire est sévère pour Lyon. Vienne et Arles, par exemple, ont réussi à devenir des sièges de diocèses, de préfectures de prétoire ou des résidences impériales. En 390, dans sonClassement des villes célèbres[N 14], le lettré bordelaisAusone dresse un choix subjectif des cités les plus importantes du monde romain, il privilégie les villes gauloises sans mentionner Lyon, alors qu'il cite Trêves, jugée la plus prestigieuse, Arles qualifiée de « Rome des Gaules »,Toulouse, Narbonne et Bordeaux[c 40].

LeVe siècle - l'entrée dans le royaume des Burgondes
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Le royaume Burgonde auVe siècle.

En 406, des groupes deVandales,Alains,Suèves etBurgondes passent en masse le Rhin et déferlent à travers la Gaule, et« la Lyonnaise est dévastée[A 20] ». En437, les Burgondes sont installés commepeuple fédéré par lepatriceAetius sur le territoire de la Lyonnaise première, en Savoie et Romandie[q 2]. Ils combattent pour la défense de l'Empire, mais revenant d'Espagne en 457, ils s'emparent de la Lyonnaise première. Lemaître des milicesÆgidius, envoyé par l'empereurMajorien, leur reprend provisoirementLugdunum. Ils y reviennent à une date incertaine, vers 461 ou 470-474, et ils en font avec Genève la capitale de leur royaume[66]. Le marque la fin de l'Empire romain d'Occident, avec l'abdication de l'empereurRomulus Augustule.

Eucher participe auconcile d'Orange de 441.Patient, qui dirige l'église de Lyon durant une longue période, règle des questions de discipline et d'élection épiscopale ; en 471, il fait venir du grain pour aider des pauvres lors d'une famine[c 39].

Dans sonroyaume, le roiGondebaud (vers 480-516) établit l'égalité de condition des Burgondes et des Gallo-romains, par laloi Gombette . Sur le plan religieux, les rois burgondesChilpéricII et Gondebaud, adeptes de l'arianisme, entretiennent de bonnes relations avec les évêques catholiques deLugdunum qui obtiennent la conversion deSigismond, fils de Gondebaud[66].

Vie quotidienne

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Organisation administrative

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La cité se dirige en théorie de manière autonome, mais en cas de problème, elle peut recevoir du pouvoir central uncurateur de cité (curator) destiné à l'aider à contrôler ses finances. Un curateur est attesté pour Lyon durant le règne de Marc Aurèle, il s'agit du sénateurFulvius Æmilianus[67]. Il supervise notamment la réfection de cinq cents places du cirque aux frais du collège des centonniers[CIL 4]. La cité conserve des liens étroits avec la famille de ce puissant personnage, un de ses descendants fut sans doute patron de la ville, et peut-être aussi curateur, sous Alexandre Sévère[67].

Communautés

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La vie quotidienne est rythmée par l'activité descorpora, ou communautés de métiers, qui sont nombreuses et clairement identifiées sur le site de la ville antique. Les archéologues estiment que l'un des stades de l'édifice longtemps désigné comme étant lesanctuaire de Cybèle pourrait finalement être le siège d'une de ces communautés. Il faut citer lesnegotiatiores vinarii (les puissants négociants en vin, dont la présence est attestée dans le quartier des canabae[m 19]), lesfabrii tignari (artisans de la construction de bâtiments), l'administration de la capitale des Trois Gaules (queAmable Audin situe dans l'actuel quartier des Minimes, à proximité des théâtres), lesnautes duRhône, de laSaône, et ceux du Rhône naviguant sur la Saône. On peut encore citer Minthatius Vitalis, patron desutriculaires et des nautes[m 19]. Cesutriculaires sont des fabricants d'outres ou bien des bateliers fonctionnant à l'aide de bateaux ou de radeaux dont les flotteurs sont des outres. Il faut encore mentionner les centonaires (ou chiffonniers), des fabricants d'étoffes et de lainages.

Artisanat

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Stèle funéraire du verriercarthaginois Julius Alexander - Musée gallo-romain de Fourvière
  • La poterie : c'est l'artisanat qui a laissé le plus de traces bien que les ateliers ne semblent avoir été en activité qu'auIer siècle. Ces ateliers ont produit toutes les catégories de poteries :amphores, mortiers, céramiques communes à pâte calcaire et culinaires à pâtes siliceuses,sigillée, imitation desigillée, céramiques en parois fines (de l'atelier du Chapeau Rouge découvert en2000, dans un état de conservation remarquable àVaise), gobelets d'Aco (atelier de Loyasse découvert en1967[68]) et lampes à huile. Aucun atelier de tuiles ou de briques n'a encore été mis au jour. Les sites de production semblent avoir privilégié les bords de la Saône. On trouve notamment sur sa rive gauche, l'atelier de la Muette, le seul à avoir produit des sigillées de type italique, étant une succursale de l'atelier d'Arezzo (comme le démontre la découverte de moules importés et d'estampilles italiques)[m 20] et l'atelier Saint-Vincent, le plus ancien, qui daterait du début de la colonie[69].
  • Leverre : l'artisanat du verre est attesté, notamment par la stèle de Julius Alexander, verriercarthaginois[CIL 5]. Des fours de verrier sont connus sur la rive gauche de la Saône et les pentes de la Croix-Rousse[m 21]. Il s'agit pas d'ateliers primaires, mais d'ateliers de transformation utilisant du verre importé. Les ateliers ont été trouvés sur les sites suivants : La Butte, Les Subsistances, La Muette et quai Saint-Vincent. Les artisans ont produit de nombreux objets différents,balsamaires, flacons, cruches, bâtonnets à cosmétiques[k 1]...
  • La métallurgie du fer : bien que disséminés, les sites sont nombreux. On peut citer les ateliers des Hauts de Saint-Just, de la rue des Farges et du site du Verbe-Incarné. Une seule inscription évoque un forgeron[CIL 6].
  • La métallurgie duplomb : bien qu'aucun atelier n'ait été identifié, de nombreux tuyaux de plomb sont signés L.F. ou LVG. FAC.,Lugdunum fecit (fait à Lyon). On connaît une quinzaine de ces artisans. Leur activité, quoique mal datée, est variée : fabrication de tuyaux, d'urnes cinéraires, desarcophages[70] et des chaudières pour lesthermes[m 22].
  • Le textile : la découverte de poids pour le tissage atteste l'existence de cet artisanat sans pouvoir affirmer qu'il ait dépassé le cadre domestique. On connaît toutefois l'existence d'un fabricant de toiles[CIL 7] et de centonaires[CIL 8]. Bien que les fouilles du parkingSaint-Georges aient livré des amphores àalun desîles Lipari qui supposent l'existence defullonica (ateliers de foulage du tissu), on n'a trouvé nulle trace d'ateliers comme àSaint-Romain-en-Gal[71].
  • Latabletterie (travail de l'os et de l'ivoire) : cet artisanat est attesté par la découverte de « chutes » de fabrication[m 22].
  • Les métiers du bâtiment : une communauté defabrii tignari est attestée par plusieurs inscriptions, desdendrophores (bûcherons et marchands de bois), artistesstucateurs, fabricants depoix (pour le poissage des amphores), desavon, de radeaux, d'outres…
  • l'architecturale navale est attestée par la découverte d'un ensemble exceptionnel de six grands navires de commerce lors des fouilles du parc Saint-Georges. Ces bateaux à fond plat construits en chêne et sapin ont été assemblés à l'aide de clous en fer et colmatés avec du tissu. Il y avait aussi des objets liés à la batellerie : pièces de bois pour les voiles, crocs de mariniers, ancres en métal ou en calcaire. Ces bateaux sont datés du premier ou second siècle de notre ère[k 2].

Lettres

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Dans salettre à Géminus,Pline le Jeune (vers100) s'étonne de la présence de nombreuses librairies àLugdunum et de la vente de ses livres qui remportent le même succès à l'« étranger » qu'à Rome[72].

Commerce

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Amphores

Les artisans deLugdunum fabriquent desamphores qui ne sont pas utilisées pour la production agricole locale, mais pour le conditionnement de denrées arrivées en vrac par bateaux dans desdolia ou des tonneaux. On retrouve des inscriptions mentionnantmuria hispana ougarum hispanum (saumure etgarum d'Espagne)[m 23]. Les études menées lors des fouilles du parking Saint-Georges sur de très nombreuses amphores ont permis de préciser les denrées importées à Lyon[r 3].

  • L'huile et lasaumure : L'huile est d'abord importée deBrindisi et deTripolitaine. Ensuite, comme la saumure, l'importation vient deBétique dans le sud de l'Espagne actuelle (région d'origine de très nombreuses amphores globulaires, type Dressel 20, trouvées dans les fouilles lyonnaises). AuIIIe siècle, les saumures proviennent essentiellement des côtes africaines[r 4].
  • Levin : Le commerce du vin est connu bien avant l'arrivée des colons romains dans la région : l'existence d'un commerce auIIe siècle av. J.-C., contrôlé par des Italiques ou des Massaliotes installés dans unemporium, est attesté dans la plaine alluviale de Vaise, légèrement au nord de la future colonie romaine. Des vins italiques de la côte tyrrhénienne parviennent à Lyon à une époque antérieure à la fondation (attestés par la présence de nombreuses amphores type Dressel 1)[m 23]. Avec la fondation en -43, une nouvelle population romaine aux goûts nettement méditerranéens amène de nouveaux produits et de nouvelles habitudes. Les vins d'Italie cèdent la place aux vins grecs, vins de Rhodes, de Cnide, de Cos, le vin de Chios est réputé pour être le plus cher et le plus luxueux. Le rang de capitale qu'Auguste confère à Lyon renforce le pouvoir économique de la cité. Les vins accompagnés d'olives deBétique (Andalousie) et les vins de Tarraconnaise sont appréciés (attestés par la présence d'amphores de type Haltern 70 et Pascual 1), ainsi que ceux du sud de la Gaule, ou encore ceux d'Italie (désormais conditionnés dans des amphores Dressel 2/4). Au cours duIer siècle, la provenance des vins s'élargit (Crète,côte levantine), mais va bientôt être majoritairement gauloise : les amphores à fond plat du sud de la Gaule représentent jusqu'à 80 % des approvisionnements (amphores type gaulois 4) à la fin duIIIe siècle. Parallèlement, le vin des provinces africaines fait son apparition à la fin duIIe siècle (Maurétanie césarienne et Afrique, l'actuelle Tunisie). On trouve enfin au cours desIVe siècle etVe siècle, des vins orientaux (notamment des amphores deGaza[m 23].
  • Un commerce important de vaisselle est également attesté, en provenance de la vallée du Rhône, de Trèves ou d'Afrique du nord[k 3].
  • Plusieurs produits bruts, destinés pour une partie à être utilisés sur place. Ainsi, des blocs de verre arrivaient àLugdunum pour être retravaillés, de même que de l'alun, provenant des îles Lipari, du soufre ou du marbre[k 2],[r 5].

Ces conjectures sont toutefois établies à l'aide des fouilles et du nombre d'amphores retrouvées, ce qui exclut de façon notoire les autres formes d'approvisionnement (dolia et tonneaux). Les vins méditerranéens ne semblent pas représenter une grande part de la consommation deLugdunum.

Numismatique

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Sesterce deNéron, émis àLugdunum,66.
Au revers de la pièce,Annona (debout à droite) tient une corne d'abondance, face àCérès (assis à gauche).

L'atelier monétaire deLugdunum fonctionne jusqu'en78. Durant les règnes deTibère,Claude etNéron, il est le seul à frapper l'or et l'argent jusqu'à la réforme monétaire de64. L'atelier rouvre quelques mois à la fin de l'année196 et ferme début197 pour ne rouvrir qu'à la réforme monétaire de274. Il ferme définitivement en413[m 24]. On trouve notamment l'image de l'autel dusanctuaire fédéral des Trois Gaules, frappé sur lessesterces d'Auguste (de10 à14) et sur lesas deTibère (vers10)[m 25].

Religion

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Malgré les très nombreux vestiges et objets archéologiques liés aux différents cultes présents àLugdunum depuis sa fondation jusqu'à la domination du christianisme, peu de travaux ont porté spécifiquement sur la question du fait religieux lyonnais durant l'antiquité. Pendant longtemps, les synthèses en sont restées aux articles de Bruhl[73] et Turcan[74], avant que Nicolas Laubry ne reprenne la question[75].

La présence de divinités gallo-romaines montrent que leculte impérial est particulièrement représenté dans la cité. De même, plusieurs divinités orientales ont également été adorées à Lyon[k 4]. Enfin,Lugdunum est l'une des premières cités des Gaules où le christianisme est apparu, une persécution a eu lieu en 177.

Cultes romains

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Comme toutes les cités romaines, Lyon, aux premiers temps de son existence, participe auxcultes officiels de la cité et de l'empereur. Contrairement à d'autres, le culte impérial semble avoir ici une importance nettement supérieure aux autres formes cultuelles. Sur l'ensemble duIIe siècle, il n'y a mention que de troisflamines, pour soixante-dixsévirs augustaux, qui forment même unefratres augustales. Les sévirs jouissent à Lyon d'une position sociale prestigieuse, au même rang que leschevaliers, juste après lesdécurions[76].

Divinités romaines

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Le culte deMercure est le plus répandu à Lyon. Outre de nombreuses statues de bronze, de multiples inscriptions ou médaillons d'applique, trois sanctuaires dédiés nous sont connus. Le premier a été bâti par unaffranchi, Marcus Herennius, dans l'actuelquartier Saint-Just. Le sanctuaire abritait une statue du dieu, accompagnée d'une autre deMaia et d'un portrait deTibère. Les deux autres lieux de culte se trouvaient dans les quartiers actuels de laSarra et deChoulans. Mercure est fréquemment associé à la divinité Maia, mère etparèdre. On le voit sur un beau relief retrouvé en 1959 àla Duchère où il est représenté avec un coq en compagnie de la déesse qui tient une corne d'abondance[b 20].

Mars est une divinité romaine honorée à Lyon ; elle est la seule à avoir un prêtre particulier dédié à son culte, portant le titre deFlamine de Mars. Toutefois, aucun temple dédié n'a été localisé et les traces archéologiques se référant à ce dieu sont peu nombreuses[b 21]

Apollon est également un dieu important àLugdunum, on a trouvé à Vaise, son sanctuaire et un établissement thermal sous son patronage. Cinq dédicaces à son nom ont été identifiées.Diane possédait un autel établi à Condate[b 21].Jupiter est bien représenté par de nombreuses dédicaces, où il est quelquefois qualifié dedepulsor ou associés auxNumina augustorum. Toutefois, aucuntemple capitolin n'a été retrouvé. Les divinitésSylvanus etFortuna ont également des dédicaces[b 22].

Divinités orientales

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Autel taurobolique, musée Lugdunum de Lyon.

Plusieurs cultes orientaux sont attestés à Lyon.

Le culte oriental le plus important est celui dédié àCybèle. Son culte métroaque est représenté par un grand nombre d'autels tauroboliques. Il a existé un temple dont l'emplacement n'a pas été identifié[N 15] qui a été inauguré en 160 ; même s'il est probable que le culte existe auparavant. On a retrouvé une attestation datant de 184 d'un culte organisé, composé d'unarchigalle, d'une prêtresse, d'un ordonnateur et d'un joueur de flute,citoyens romains ouingénus. Le culte est soutenu par la corporation lyonnaise desdendrophores, bucherons et marchands de bois[b 23],[k 5].

Des figures d'Isis ont également été retrouvées[k 5].

Culte municipal

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Lugdunum possède une divinité protectrice propre, comme toutes les villes romaines, laTutelle. Cette divinité est connue par un petit bronze où elle est coiffée d'une couronne tourelée et d'un buste sur médaillon d'applique[b 24].

Culte impérial

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Le culte impérial a été fondé parDrusus en -12. Il est attesté en particulier par la découverte en 1979 lors des fouilles[N 16] du quartier du Verbe-Incarné d'untemple consacré à ce culte, plus grand édifice de ce type découvert en Gaule. Ce culte était auparavant connu grâce à une soixantaine d'inscriptions mentionnant un important groupe desévirs augustaux. Le temple contenait entre autres des statues deTibère, deCaligula flanqué deClaude, et deNéron[b 25].

Le Conseil des Gaules a pour fonction de gérer ce culte, il est intimement lié à la réunion annuelle des délégués des soixante cités gauloises, son rôle est probablement de fédérer les élites et de renforcer leur loyauté à l'empereur. Le dirigeant de l'assemblée a le titre de Prêtre de Rome et d'Auguste, le culte est tenu par des sévirs et desflamines[k 4].

Au cours duIIe siècle, le culte de l'empereur régnant semble avoir été remplacé par celui des empereurs défunts et divinisés[b 26].

Structure des cultes

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Les collèges de prêtres deLugdunum sont ceux despontifes et desaugures. Leurs membres sont désignés par les décurions. Quelques-uns des membres de ces collèges sont connus ; ils font partie de l'élite décuriale et cumulent souvent des fonctions religieuses et administratives[b 27].

Le culte impérial est tenu par le flamine, dont au moins cinq titulaires, de grands personnages locaux, sont connus. Le culte de l'impératrice est tenu par une flaminique[b 26].

Lessévirs augustaux représentent une élite sociale, juste derrière les décurions et les chevaliers. Les patrons de ce collège sont tous de grands personnages. Le collège est dirigé au quotidien par un curateur, qui gère les finances[b 28].

Cultes gallo-romains

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Sucellos, Musée Lugdunum.

Il existe un certain nombre d'artefacts qui indiquent l'adoration de divinités gauloises àLugdunum à l'époque romaine. Un certain nombre sont liés àSucellos, le dieu au maillet. Plusieurs autres aux déesses-mères, nomméesMatrae et souvent qualifiées d'Augustes. Plusieurs reliefs les présentent par groupe de trois, portant fruits et corne d'abondance[b 29].

Le plus bel objet retrouvé lié au culte de divinités gauloises est un bol en argent retrouvé en 1929 rue Sala[m 26]. Il représente notammentTeutatès etCernunnos, ce dernier paré d'un torque gaulois tient une corne d'abondance[b 30].

Rites funéraires

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Situées comme le veut la tradition en dehors dupomerium et le long des axes de communication principaux comme plus secondaires, les nécropoles pouvaient être regroupées dans des endroits isolés ou bien proches d'habitation ou de zones artisanales. Avec la romanisation, les inhumations deviennent de moins en moins fréquentes et laissent place aux incinérations. Celles-ci sont majoritaires jusqu'auIIIe siècle, hormis pour les enfants morts en bas âge[i 8]. On retrouve à Lyon l'ensemble des édifices funéraires connus, des modestes tertres recueillant le dépôt d'une crémation, des stèles, des autels jusqu'aux enclos réservés aux tombes des communautés (utriculaires,nautes,centonaires) et aux vastes mausolées. Parmi les ensembles les plus notables, de nombreux sarcophages richement gravés ont été retrouvés[i 9].

Le rite de l’ascia, un outil en fer, est très implanté en Gaule, spécialement àLugdunum et dans la vallée du Rhône, et enDalmatie, comme l'attestent les nombreuses découvertes de stèles marquées du signe de cet outil ou inscritessub ascia dedicavit. Selon certains, il serait né en Dalmatie au tournant duIer siècle ou en Orient[77]. Militaire par son origine (les légionnaires de laVIIe etIXe Claudia en Dalmatie), le rite passe à l'administration hellénophone deLugdunum, puis à tous les habitants de la cité.Amable Audin tente une histoire de l'implantation de ce rite dans la cité en étudiant la proportion de tombes àascia sur l'ensemble des sépultures. Il établit que seules quelques rares tombes portent la marque de l’ascia, de l'origine de la fondation jusqu'en115 environ (3 sur 135), mais le mouvement va en s'intensifiant : le rite prend pied au début duIIe siècle. La période de115 à140 livre 37 tombes àascia sur 45 (soit 85 %), de140 à240, 147 tombes sur 153 (soit 92 %) et enfin de240 à310, 95 tombes àascia sur 96. Ces données brutes montrent l'importance de l'inhumation chez les Celtes et les Asiatiques hellénophones qui rejettent la crémation en usage dans l'Empire romain[a 8].

Christianisation

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  • Expansion du christianisme en325.
  • Expansion du christianisme en600
.

AuIVe siècle, la religion chrétienne prend une importance particulière au sein de l'Empire, après la conversion deConstantin qui renforce la position et le rôle social des évêques. Reprenant les limites des divisions administratives civiles, les diocèses chrétiens sont issus des limites des cités romaines et les provinces ecclésiastiques des provinces civiles. Dans cet organigramme, l'évêque de Lyon reçoit le titre de « métropolitain » et donc l'autorité sur les évêques de la Lyonnaise première[c 34].

Les premiers siècles du christianisme lyonnais sont extrêmement obscurs. Rares sont les documents et témoignages qui permettent de connaître avec précision la naissance et le développement de la religion chrétienne à Lyon. Le document le plus important est la lettre reprise parEusèbe de Césarée dans sonHistoire ecclésiastique décrivant la persécution subie par les chrétiens lyonnais en 177. Pour compléter les connaissances sur ce milieu, l'archéologie est précieuse. Même s'il n'a pas été possible de dater la construction des premiers monuments chrétiens, les premières tombes indubitablement chrétiennes remontent auIVe siècle[t 2]. Les traces historiques et archéologiques de la subsistance du paganisme deviennent quasi-absentes à partir de ce moment-là, comme si les traditions qui avaient porté la société lyonnaise durant des siècles s'étaient « rapidement » effacées devant la nouvelle religion. Ces lacunes empêchent en tout cas d'avoir accès à la place du paganisme et de ses résistances éventuelles durant la fin de l'Antiquité lyonnaise[b 16].

Des martyrs de 177 à Irénée

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Article détaillé :Martyrs de Lyon.
L'amphithéâtre des trois Gaules, avec au fond le poteau évocateur desmartyrs de Lyon en 177.

Dans le cadre de l’expansion du christianisme, c’est à Lyon qu’est attestée la première communautéchrétienne de Gaule. La position géographique de Lyon, son importance démographique, économique et commerciale expliquent la présence de populations variées et aux origines lointaines. Toutefois, les lacunes dans la documentation ne permettent pas d'affirmer que la ville accueillit la première communauté chrétienne de Gaule, comme les chrétiens lyonnais ont pu le dire[c 41].

Ce sont lesmartyrs de 177 qui nous la font connaître[78], à travers le récit d’Eusèbe de Césarée[A 15]. La communauté chrétienne apparaît comme diverse, structurée autour de la figure de son vieil évêque,Pothin, mais composée pour l’essentiel de croyants venus de la partie hellénophone de l’Empire romain, en particulier dePhrygie : les textes relatant la persécution sont en effet adressés par « les serviteurs du Christ, qui pérégrinent àVienne et à Lyon en Gaule aux frères de l’Asie et de la Phrygie qui ont la même foi et la même espérance que nous en la rédemption[79] ». Beaucoup de martyrs portent un nom hellénique, mais un nombre important possède la citoyenneté romaine, le groupe compte des « gens en vue[80] » comme Vettius Epagathus[81], mais aussi des esclaves commeBlandine.

La cause exacte de la flambée de persécutions qui les toucha a été discutée, les difficultés propres au règne de Marc Aurèle (lapeste, les invasions barbares) ont pu accentuer l’hostilité envers les chrétiens, jugés coupables de ne pas honorer les dieux de la cité et de Rome, et de se mettre hors de la communauté civique[l 8]. Il est probable que des facteurs locaux aient joué sans qu'il soit possible de déterminer lesquels avec les sources disponibles[c 30].

SaintIrénée, évêque à partir de 177. Vitrail deLucien Bégule.Église Saint-Irénée

Irénée succède à Pothin. Comme lui, il vient deSmyrne et est lié àPolycarpe. Il est l'un des premiersthéologiens chrétiens de langue grecque et se préoccupe de lutter contre les hérésies qui menaçaient l’unité de la petite communauté chrétienne, ou lui faisait concurrence. Son ouvrageContre les hérésies témoigne ainsi des menées d’un certain Marc d’Égypte dans la région lyonnaise, professant legnosticisme. Marc est décrit comme un personnage séducteur, corrompant les femmes honnêtes en les incitant au plaisir des sens[A 21]. Irénée développe également une vaste réflexion sur la vie de l'Église, les moyens du salut dans le Christ ou la dignité de l'homme[u 1]. À Rome, il participe avec l'évêqueVictorIer aux discussions pour fixer la date de célébration de laRésurrection; cette question divise les chrétiens d'Orient et d'Occident. À cette occasion, il est décrit comme s'exprimant« au nom de ses frères de Gaule »[A 22], ce qui est quelquefois interprété comme la preuve qu'il est le seul évêque des Gaules[t 3].

LeIIIe siècle - les temps obscurs de la chrétienté lyonnaise

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Avec leIIIe siècle, la communauté chrétienne entre dans une époque troublée mais décisive, entre les persécutions deDèce etcelles de la Tétrarchie, dont l'impact est mal connu à Lyon. Lapetite paix de l'Église permet aux communautés chrétiennes de l'Empire de se développer plus posément[s 4], sans que l'on ait d'informations ou d'indices concernant la communauté lyonnaise[t 4].

Durant cette période émergent plusieurs épiscopats en Gaule, mais on ne connaît rien de leur naissance ni de leur lien éventuel avec la communauté lyonnaise. La seule source documentaire émane de la lettre 68[82] deCyprien de Carthage. Elle expose le message adressé par l'évêqueFaustin à l'évêque de RomeÉtienne pour l'avertir de la pratique schismatique de l'évêque d'ArlesMarcien qui s'oppose à la réconciliation deslapsi[N 17] ayant été faibles durant la persécution deDèce[u 2].

L'évêque, figure nouvelle dans la cité

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Entre leIVe siècle et leVIe siècle, sans avoir de supériorité particulière, l'Église de Lyon a probablement une certaine influence sur une fraction de la Gaule. La province de la Lyonnaise première, devenue également une province ecclésiastique, a à sa tête un évêque métropolitain qui a autorité sur les autres de sa province. Ainsi, les évêchés d'Autun, de Langres et Chalon dès leIVe siècle, puis celui de Mâcon auVIe siècle[u 3]sont rattachés à l'évêché lyonnais. Durant leVe siècle, dans des conditions très obscures, la province ecclésiastique s'étend au nord en annexant la provinceMaxima Sequanorum, Besançon ne retrouvant son titre de métropole qu'auVIIe siècle, et vers la Bresse et le sud du Jura, c'est-à-dire le territoire de laCivitas Vesontiensium[u 4].

Sidoine Apollinaire, estampe de G. Mercier.

La charge épiscopale prend également un prestige particulier puisque les grandes familles nobiliaires y placent des leurs à plusieurs reprises, telsEucher et ses deux fils qui deviennentévêques de Genève et deVence, ouSidoine Apollinaire, membre de l'aristocratie lyonnaise qui devientévêque de Clermont en 471[c 39]. L’évêque passe pour un personnage essentiel de la cité. L’évêquePatiens par exemple, dans la seconde moitié duVe siècle témoigne de cette évolution : devenu évêque après une carrière civile, il exerce une autorité morale dans la ville et un rôle charitable important, grâce à sa fortune personnelle. Les lettres deSidoine Apollinaire décrivent la construction de la cathédrale durant l’épiscopat de Patiens et relatent sa dédicace. Entourée de portiques, la cathédrale est ornée de matières précieuses – marbre, feuilles d’or – et de poèmes, sa dédicace est l’occasion d’une semaine de fêtes et de célébrations[A 23]. Son rôle religieux et culturel est plus important encore. Il assure « la promotion du martyr local ou de ses saints prédécesseurs (Irénée, Just […])[m 27] » avant de servir à son tour d’exemple proposé aux croyants ou de susciter d’autres récits : c’est à la déposition du corps de Patiens que fut rédigée une vie de saint Germain selon le Martyrologe d’Adon deVienne et Florus de Lyon[m 28].

Les évêques lyonnais sont fréquemment partie prenante de conciles rythmant la vie de l'église chrétienne. Durant leIVe siècle, ce sont quatre conciles où sont mentionnés la participation d'un évêque lyonnais[c 39].

La première société chrétienne et ses monuments

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Épitaphe chrétienne lyonnaise datant duVe siècle, dédiée à Ursus

La société chrétienne semble constituée auVe siècle. Les sources identifient clairement une organisation ecclésiale avec une hiérarchie composée d'un évêque, de prêtres, de diacres, sous-diacres, lecteurs et acolytes. Cette structure est composée autant de personnes issues de l'élite aristocratique locale que de personnes modestes. La population chrétienne lyonnaise compte d'un nombre important de personnes portant un nom grec[b 16]. DuIVe auVIe siècle, les inscriptions chrétiennes, dont plus de cent cinquante sont connues (particulièrement lesépitaphes), offrent un autre regard sur la communauté chrétienne de Lyon à la fin de l’Antiquité. Ensuite il y en a de plus en plus, la longueur du texte augmente, insistant sur les qualités du défunt, à l'image du négociant Agapus « assidu aux tombeaux des saints et zélé pour l'aumône et la prière[CIL 9] ». Encore rares auIVe siècle, les épitaphes sont nombreuses auVe siècle et encore davantage auVIe siècle[m 29].

La cité antique s’est transformée : ses temples païens ont fermé, ou bien ils ont été détruits avant la fin duIVe siècle. Sur la rive de la Saône un centre épiscopal se développe. À cette époque, l'église,ecclesia, est unique et n'est adjointe d'aucun nom. Ce que les contemporains nomment l'église est le groupe épiscopal formé de plusieurs édifices de culte et d'un baptistère, qu'ils séparent nettement des basiliques funérairesbasilicae ou des monastères,minasteria ouoratoria. Dans aucun texte de Sidoine Apollinaire, ou de Grégoire de Tours, l'église ne porte le nom d'un saint patron. La première mention d'une dédicace à saint Étienne date duVIIIe siècle[u 5]. Ce groupe épiscopal est né autour d'unbaptistère. Ce centre épiscopal comprend outre le baptistère duIVe siècle dans un monument dédié, l'église cathédrale, une seconde église,Saint-Étienne et une résidence épiscopale, l'ensemble est actif auVe siècle[83].

Sur Fourvière, à l'emplacement de nécropoles romaines, deux basiliques funéraires sont élevées. La première est dédiée auxMacchabées et bâtie à la fin duIVe siècle et la seconde à Jean bâtie durant la seconde moitié duVe siècle ; elles sont ensuite renommées en l'honneur de Saint-Just[N 18] etSaint-Irénée. Leur élévation est liée au développement de la pratique de l'inhumationad sanctum, c'est-à-dire l'enterrement près des saints, martyrs ou personnages prestigieux, pour bénéficier de leur protection. Sur les tombes chrétiennes apparaissent les symboles nouveaux (chrisme, colombes, vignes) et des formules propres (« ici repose en paix »)[c 42],[u 6].

Les sacrifices ont été interdits, et les messes et les processions ont remplacé les célébrations religieuses polythéistes, les églises ont animé une nouvelle géographie urbaine : les voyageurs de passage font « le tour des lieux saints de la ville de Lyon[A 24] ». Sidoine Apollinaire témoigne ainsi pour l'année 469 de célébrations de toute la communauté en l'honneur de Saint-Just le[c 42].

De nombreuses traditions supposent l'existence de culte des martyrs dès les premiers temps de l'église lyonnaise. Les données littéraires ou archéologiques sont très légères sur ce point. Grégoire de Tours indique que les cendres des martyrs furent miraculeusement retrouvées et qu'à l'endroit de leur découverte, une basilique fut édifiée pour leur rendre hommage. Des indices indirects permettent de supposer qu'il s'agit de l'église Saint-Nizier, même si Grégoire de Tours indique que le lieu se nommeAthanaco et que ce nom ne réapparaît nulle part. Grégoire de Tours mentionne également[A 25] la vénération d'Épipoy et Alexandre, déposés de part et d'autre de Saint-Irénée dans sa crypte. Les premiers textes sur ces cultes sont deux homélies attribuées àFauste de Riez duVe siècle[u 7].

Recherches archéologiques : des découvertes fortuites à l’archéologie préventive

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Article détaillé :Sites archéologiques de Lyon.

Les connaissances du passé antique de la ville de Lyon ont longtemps été accumulées par de seules découvertes fortuites et l'appui des quelques sources littéraires disponibles. De la Renaissance à la Révolution française, seuls quelques érudits collectent des traces, des inscriptions ou recopient ce qu'ils voient sans souci institutionnel de conservation ou d'étude.

Avec la création du musée de Lyon au sortir de la Révolution française, son premier directeurFrançois Artaud s'attache à récupérer et accumuler l'ensemble des pièces archéologiques qui apparaissent en ville. Des institutions privées ou universitaires se créent et s'emploient à les étudier pour renouveler la connaissance de l'antiquité lyonnaise.

Au cours duXXe siècle, une structure municipale est créée pour étudier spécifiquement les antiquités découvertes et, à la fin du siècle, des mesures sont prises pour organiser l'archéologie préventive et étudier au mieux les restes du passé antique lors de travaux d'aménagements.

Disparition des traces antiques

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La cité gallo-romaine tombe dans l'oubli total après leXIIe siècle. Le forum s'est définitivement écroulé auIXe siècle, la ville antique sert de carrière de pierres dès leXIe siècle. Par ailleurs, l'érosion naturelle recouvre lentement les ruines romaines. La colline, comme la quasi-totalité des coteaux à l'ouest de l’axe Rhône-Saône, se couvre de vignes et de quelques cultures[84].

Renaissance

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L'Antiquaille sur leplan scénographique de Lyon, vers 1550.

À la Renaissance, de nombreux érudits s'intéressent au passé antique de leur ville. Ils collectionnent les vestiges et publient des descriptions des inscriptions et des découvertes réalisées fortuitement. Parmi les plus notables,Claude Bellièvre collectionne les inscriptions, organise l'achat par la municipalité de laTable claudienne découverte en 1528 et rédige de nombreuses transcriptions d'inscriptions.Pierre Sala, bourgeois de Lyon, acquiert une parcelle de vignes pour y construire une maison de campagne. Il la nommeAntiquaille à cause des vestiges gallo-romains qu'il découvre abondamment. Se référant aux auteurs antiques, seuls documents dont ils disposent, lui et ses amis érudits identifient à tort l'Antiquaille comme le palais deSeptime Sévère, un temps gouverneur deLugdunum[85]. Il y a égalementGabriel Syméoni qui dessine plusieurs vestiges ouGuillaume Paradin qui rédige la première histoire de Lyon en fournissant également quelques inscriptionsModèle:Sfnf.

Leplan scénographique de 1550 laisse apparaître quelques voûtes de soutènement du derniermaenianum (volée de gradins) de l'odéon. Le site réel de l'amphithéâtre nommé « Corbeille de la Déserte[N 19] » est identifié par quelques arches et une cuvette naturelle à l’emplacement de l’arène[86].

Époque moderne

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Recherches curieuses d’antiquité, contenues en plusieurs dissertations, sur des médailles, bas-reliefs, statues, mosaïques, & inscriptions antiques par Jacob Spon (1683).

À l'époque moderne, les figures importantes de la recherche d'antiquités sontJacob Spon, le premier à considérer les antiquités comme des matériaux pour l'histoire ouClaude-François Ménestrier, qui propose une interprétation des quelques vestiges encore visibles. Au cours duXVIIe siècle, les découvertes fortuites sur le site de l'Antiquaille nourrissent des légendes. Le propriétaire du terrain,Claude de Rubys, pense avoir trouvé le palais impérial[87].

AuXVIIIe siècle, l'Académie de Lyon, créée en 1700, regroupe les érudits qui publient sur les découvertes réalisées dans leur ville, telles que l'autel taurobolique excavé en 1704, la jambe d'une statue sortie de la Saône en 1766 ou des mosaïques extraites du terrain de l'Antiquaille du couvent de la Visitation en 1639, 1695 et 1758. Certains érudits se spécialisent dans l'étude des antiquités, telG. M. Delorme[N 20] qui réalise une large étude des aqueducs romains, avec des tracés et des dessins posant les bases des analyses postérieures de ces vestiges[m 17],[i 10].

XIXe siècle

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Lavis de Fleury Richard -François Artaud copiant une inscription dans le temple de Diane à Nîmes, MBA Lyon, inv. H 825

Après la Révolution française, le premier directeur du musée de Lyon,François Artaud, installe les premiers jalons d'une archéologie urbaine. Il explore de manière systématique l'ensemble des vestiges de la ville. Il inaugure une politique de déplacement des pièces dans le musée à des fins de protection et de mise à disposition du public, avec une étude systématique des pièces publiée dans des catalogues. Il mène également les premières fouilles au niveau de l'amphithéâtre et de l'odéon[i 11]. Après lui, tout au long duXIXe siècle, ses successeurs poursuivent sa politique de récupération de toutes les découvertes réalisées lors d'aménagements urbains et de publication des collections[i 12].

En 1857, l'Académie de Lyon crée un comité d'histoire et d'archéologie dont les membres sont très actifs sur le domaine de l'Antiquité. Ils publient à un rythme régulier et élaborent des synthèses ou des compilations longtemps utiles aux chercheurs. Les plus notables sontAlphonse de Boissieu, Monfalcon, Martin-Daussigny, Allmer ouAndré Steyert[m 17].

La première fouille de grande ampleur est organisée en 1885 parAuguste Allmer etPaul Dissard à l'occasion de la construction d'un chemin de fer, dans le quartier de Trion. Ils publient alors la première monographie[88] de fouille archéologique digne de ce nom réalisée à Lyon[i 13].

Première moitié duXXe siècle

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Au début duXXe siècle,Camille Germain de Montauzan etPhilippe Fabia fondentl'Association lyonnaise des recherches archéologiques et mènent plusieurs chantiers de fouille sur la colline de Fouvière. Montauzan publie une thèse sur lesaqueducs qui reste très longtemps une référence sur le sujet ; Fabia se spécialise dans l'étude des mosaïques. À cette époque, l'historienArthur Kleinclausz renouvelle le point de vue des historiens sur l'antiquité de la ville via plusieurs ouvrages sur l'histoire de Lyon[m 30].

Basilique Saint-Laurent de Choulans - Vue du nord.

Puis, entre les années 1930 et les années 1950, d'immenses chantiers occupent tous les esprits des archéologues lyonnais. Il s'agit des fouilles qui dégagent lethéâtre, l'odéon etamphithéâtre, mené parPierre Wuilleumier puis parAmable Audin à partir de 1952. À cette occasion, Lyon se dote d'un service archéologique municipal[N 21], en 1933[i 14].

Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs découvertes importantes se succèdent, souvent menées par Amable Audin. Outre les fouilles évoquées plus haut, il se signale par l'exhumation de la basilique funéraire deSaint-Laurent-de-Choulans, mais ses contributions sont très nombreuses[m 31].

C'est durant cette période que la recherche archéologique locale s'enrichit de l'apport de disciplines nouvelles. En 1947, lors de la fouille de la basilique de Choulans, un anthropologue participe pour la première fois aux travaux. À cette même période, les chantiers archéologiques comptent de nouveaux auxiliaires avec des géographes, ou des spécialistes des sciences de la nature (chimie, botanique, etc.)[i 15].

L'importance des découvertes archéologiques est superbement mise en valeur par l'ouverture en 1975 du musée gallo-romain de Fourvière, nommé à présentmusée Lugdunum[i 14].

Archéologie préventive

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Jardin archéologique du Vieux Lyon.

Au cours des années 1970, l'importance des vestiges et les destructions massives engendrées par les travaux d’envergure (immeubles de la rue des Farges,métro de Lyon, etc.) nécessitent la mise en place d’un plan d’étude et de sauvegarde du patrimoine antique. Durant les années 1970 encore, de nombreux chantiers ont irrémédiablement détruit des sites archéologiques prometteurs[m 31].

En 1978, une commission archéologique indépendante est créée et en 1980, trois zones d'intérêt dégressif sont mises en place (le sommet de Fourvière étant jugé d'importance majeure[89]). Durant les trente dernières années, l'étendue du périmètre a été revue au regard des nouvelles connaissances sur l'histoire de la ville antique (ajouts de Vaise, du Point du jour et de la Guillotière). Depuis ce consensus, tous les travaux sont soumis à un avis préalable de la direction régionale des affaires culturelles. La première opération de grande ampleur à bénéficier d'une fouille préalable de qualité est celle du métro D, en 1983. Durant la même décennie, le souci de mise en valeur du patrimoine archéologique pousse les décideurs à créer les parcs archéologiques, montrant au public les sites importants[m 31].

À Lyon, depuis les années 1990, l'essentiel des opérations a lieu dans le9e arrondissement lors de la restructuration d'anciens sites industriels et un peu partout dans le centre de Lyon lors des constructions ou rénovations des stations de parkings souterrains. Ces opérations d'archéologie préventive bénéficient de l'appui d'une loi[N 22] encadrant les opérations d'aménagement[m 32].

Patrimoine antique de Lyon

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Article détaillé :Atlas topographique de Lyon antique.

Des fouilles ont permis d'exhumer de nombreux monuments et vestiges. Nombreux sont ceux qui ne sont pas ou plus visibles, soit parce qu’ils ont laissé la place à des bâtiments les ayant recouverts, soit parce qu'ils ne sont pas encore présentés au public. Toutefois, les autorités ont souhaité mettre en valeur un certain nombre de sites ou de restes archéologiques. Pour ce faire, un musée gallo-romain, à présent nomméLugdunum, est construit en 1975 et des parcs archéologiques ont été créés.

Musée Lugdunum

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Article détaillé :Lugdunum (musée).

Lugdunum, anciennement « musée gallo-romain de Fourvière », présente une collection permanente issue des collections recueillies autrefois par le musée des Beaux-arts de Lyon et des fouilles de la région lyonnaise. Il accueille également des expositions[N 23].

Les collections du musée s'articulent autour de quelques pièces majeures, telles que laTable Claudienne ou lecalendrier de Coligny, et s'articulent autour des religions, des activités artisanales, des décors d'habitats et d'une très riche collection d'inscriptions[i 16].

On peut y voir notamment les trésors suivants :

Site archéologique de Fourvière

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Lethéâtre antique de Fourvière.

Les vestiges visibles sont :

Amphithéâtre

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L'Amphithéâtre des Trois Gaules.

Autres parcs archéologiques

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D'autres sites ont été préservés pour être visités librement par le public ou pour être explorés sur rendez-vous :

  • Le parc archéologique de Saint-Jean, petit jardin public qui conserve les vestiges dubaptistère paléochrétien, un des plus anciens baptistères connus en Gaule romaineà ce jour[Quand ?] ;
  • Le parc de Saint-Just ;
  • Le site de Saint-Laurent de Choulans.

Aqueducs

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Vestiges de l'aqueduc du Gier, rue Radisson à Lyon

L'essentiel des ruines d'aqueducs actuellement visibles se situent à l'extérieur de Lyon, quelques vestiges sont encore accessibles au public sur Lyon.

L'aqueduc du Gier, qui mesure 85 km, est le plus long desquatre aqueducs : quelques arches subsistent au bout de la rue Radisson, Lyon5e arrondissement. De très beaux restes (soixante-douze arches de l'alignement duPlat de l'Air) demeurent dans la commune deChaponost.

Autres édifices

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Un des mausolées romains de Lyon : letombeau de Turpio.
  • Lesgrands thermes : les seuls découverts dans la ville haute, jouxtent des immeubles en terrasses que l'on peut admirer rue des Farges, Lyon5e arrondissement ;
  • Letombeau de Turpio, un des cinq mausolées bordant l'une des voies romaines menant à la ville haute (pas de restriction d'heure), montée de Choulans, Lyon5e arrondissement ;
  • LaGrotte Bérelle : citerne d'eau sous la colline de Fourvière. Classée monument historique (non ouvert au public) ;
  • Les fouilles du Clos du Verbe Incarné[p 4].

Historiographie

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Les débats ont été permanents tout au long de l'histoire de l'histoire de l'Antiquité lyonnaise. Les lents progrès de l'archéologie et des autres sciences historiques ont progressivement transformé les questionnements des spécialistes et chercheurs.

La mythification du passé à la Renaissance

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Tapisserie de l'histoire des Gaules, cathédrale de Beauvais

A la Renaissance, les élites et érudits lyonnais établissent à partir de traces fragmentaires des premiers récits de l'origine de leur ville ; ils posant les premières conclusions qui vont alimenter longtemps les débats. L'inscription du mausolée de Plancus est connue des historiens de l'époque telClaude Bellièvre dans sonLugdunum Priscum vers 1530 ; mais l'histoire antique de la ville reste très largement fantasmée[c 43].

Toutefois, cette antiquité certaine ne suffit pas et le mythe d'un roi gaulois nommé Lugdus apparait. Censé descendre deNoé et treizième roi de Gaule, ancêtre des grecs, des Romains et des Troyens, il aurait fondé Lyon en 1630 avant J.-C. Cette légende apparait dans l'ouvrage poétique deJean Lemaire de BelgesLes illustrations de Gaule et singularités de Troie publié à Lyon en 1511, elle est reprise par plusieurs auteurs telCharles Fontaine dans sonOde de l'Antiquité et excellence de la ville de Lyon, de 1557, elle figure sur une tapisserie commandée par un chanoine de lacathédrale de Beauvais. Il semble qu'une source de cette légende, qui se perd dans la nuit des temps, soit le dominicainAnnius de Viterbe, célèbre pour ses généalogies imaginaires[c 44].

Un autre mythe, édifié à la même époque, est celui imaginée parSymphorien Champier d'une fondation par trois philosophes grecs venus entre Saône et Rhône fonder une nouvelle académie. Il la rédige entre 1505 et 1510 dans son manuscritL'Origine et antiquité de la cité de Lyon. Cette légende sera reprise par nombre d'érudits lyonnais et même parGeorg Braun dans soncivitates orbis terrarum en 1572[c 45].

Letombeau des Deux-Amants, un édicule antique situé en bordure de Saône à l’entrée nord de la ville, était le seul monument de l’époque romaine qui subsistât presque entier jusqu’au début duXVIIIe siècle. Son origine et sa destination ont fait l’objet de nombreuses conjectures de la part des antiquaires et historiens lyonnais. Il fut détruit en juin 1707 par décision duConsulat de la ville, au motif qu’il gênait la circulation, sans que ce mystère soit résolu.

Débats duXIXe siècle

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Le dix-neuvième siècle lyonnais connait de nombreux débats et polémiques ayant trait à l'antiquité de la ville. La passion pour l'Antiquité est alimentée par les travaux du directeur du Conservatoire des arts[N 24], où sont rassemblées progressivement toutes les inscriptions trouvées dans la ville. Avec les aqueducs des alentours, elles sont les seules traces tangibles de l'antiquité de la ville, aucun monument n'ayant encore été retrouvé et dégagé à cette époque[c 46].

Illustration du journalLe Progrès illustré imaginant Lyon antique. - page 8

Les deux débats majeurs portent sur la localisation de l'autel des Trois Gaules et de l'amphithéâtre dans lequel les martyrs de 177 furent exécutés.

Les débats autour de l'autel tournent autour des colonnes de réemploi présentes dans l'église Saint-Martin-d'Ainay, queFrançois Artaud, directeur du musée de Lyon, suppose être celles qui supportaient les Victoires. À sa suite, de nombreux savants et érudits ont estimé que l'autel devait se situer près de l'emplacement de l'église. D'autres estiment son emplacement sur les pentes de la Croix-Rousse, surtout depuis les fouilles de 1825. Chenavard et Artaud ont découvert au niveau duJardin des Plantes un fragment d'inscription monumentale reprenant la dédicace connue via les monnaies représentant l'autel[c 47].

La recherche de l'emplacement où a coulé le sang des premiers martyrs de Gaule soulève de grandes passions à la fois dans les milieux chrétiens et scientifiques. La tradition le place sur la colline de Fourvière mais de nombreuses autres hypothèses sont portées par divers savants. François Artaud soutient successivement que l'amphithéâtre se trouve près de l'église d'Ainay, puis au pied des pentes de Fourvière.Alphonse de Boissieu dit qu'il est plutôt localisé au sud de la Presqu'île tandis que son confrèreMartin-Dassigny l'imagine au sommet de la Croix-Rousse. Le dégagement du monument en 1857 par Marin-Dassigny et Ambroise Comarmond ne met pas fin au débat, les tenants de l'amphithéâtre à Fourvière imaginant qu'il existerait deux monuments. Lors du congrès archéologique de France de 1887, il est établi que les références littéraires qui, depuis Grégoire de Tours, associent l'amphithéâtre des martyrs à la colline de Fourvière sont erronées. Mais cela ne clôt pas le débat, qui est relancé avec l'étude d'Adolphe Lafon en 1896 : celui-ci extrapole de la courbure des ruines dégagées dans sa propriété de Fourvière qu'il s'agit bien de l'amphithéâtre. Mais ces calculs se révèlent faux. Le débat est définitivement tranché au milieu duXXe siècle avec le dégagement du théâtre et de l'amphithéâtre, et la découverte de sa dédicace par Audin en 1957[c 48].

Historiographie duXXIe siècle

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Lyon, « capitale » des Gaules : un terme inadapté

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Le terme de « capitale » a été et est toujours fréquemment utilisé pour souligner l'importance de Lyon dans le monde romain. Il pose toutefois des problèmes terminologiques, soulevés par Patrice Faure[c 49].

Anachronique, ce terme n'est jamais utilisé sous l'Antiquité dans son usage moderne. Ainsi, la mention sur latable de Peutinger désignant Lyon dans la phraseLugdunuo caput Galliarum, usque hic leugas doit bien être comprise comme « Lyon, tête (de voies) des Gaules, jusque-là (on mesure) en lieues ». Il s'agit seulement d'indiquer que les mesures des routes ont leur point zéro à Lyon dans le réseau d'Agrippa. À l'inverse, jamais les Lyonnais n'ont mentionné dans la titulature de leur ville qu'ils habitaient une capitale[c 49].

Cette appellation est donc une construction moderne, la plupart des spécialistes ne l'emploient pas. Tous insistent sur le fait que jamais Lyon ne fut une capitale politique, siège d'un pouvoir souverain. Le gouverneur apparait uniquement comme un représentant du pouvoir central et les institutions municipales ont encore moins de pouvoir et de légitimité. Par ailleurs, durant les rares moments où un empereur réside à Lyon, il n'y développe jamais d'institutions propres au pouvoir central[c 50].

Quelques auteurs antiques soulignent en revanche une certaine spécificité de la cité lyonnaise, tel Strabon qui qualifieLugdunum d’ « acropole ». Le cumul de traits politiquement importants élève en effet la ville au-dessus de certaines autres : colonie romaine, nœud de communication, site de frappe monétaire, chef-lieu de la Gaule lyonnaise, siège de services interprovinciaux, ville de garnison et lieu de réunion du conseil des Trois Gaules. Mais cette accumulation n'est, pour la plupart des traits, pas du tout exceptionnelle, et cette concentration de services importants n’est réellement effective que sousAuguste, avant de se réduire fortement[c 50].

La seule institution réellement spécifique et unique est lesanctuaire fédéral où se réunit le conseil des Trois Gaules. Son importance n'est pas négligeable, puisqu'il a eu la capacité d'intenter un procès à un gouverneur dont la gestion est jugée mauvaise. Mais ce conseil n'est absolument pas une institution politique autonome. Il a été créé à l'inverse pour incarner le loyalisme et la soumission des peuples gaulois à l'égard de Rome et de l'empereur. Ce conseil n'a aucun moyen propre, et ses membres sont des élites gallo-romaines dont les intérêts coïncident largement avec l'autorité romaine. Il n'a pas de budget, ne vote pas de lois, ne déclare ni paix ni guerre. Il est donc erroné de le désigner, comme cela a été fait notamment sur la stèle du site de la Croix-Rousse posée lors des célébrations du Bimillénaire de la nation[91], comme « premier parlement national ». Cette désignation relève d'enjeux contemporains et non d'une quelconque réalité historique[c 51].

Les historiens soulignent qu'il est en revanche justifié d'utiliser ce terme dans d'autres acceptations. Lyon sous l'Antiquité fut certainement une capitale administrative dotée d'une certain prééminence économique. Certains utilisèrent le terme de métropole[92], mais ce terme, complètement anachronique, semble bien répondre davantage à des intentions modernes qu'à une nécessité antique. Les Lyonnais n'ont en effet jamais revendiqué pour la ville d'autre qualificatif quecolonia, titre déjà prestigieux[c 29].

L'ager - l'espace rural de la colonie

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Jusqu'aux années 2000, l'espace rural antique de Lyon est un angle mort de la recherche archéologique et historique. Alors que pour toutes les colonies romaines, l'exploitation de vastes espaces agricoles alentours est une évidence, de nombreux chercheurs ont longtemps et jusqu'à la fin duXXe siècle rejeté l'existence de ce territoire. Pourtant, cette position est intenable car elle s'oppose à la définition même d'une colonie, dont le but est d'offrir des terres cultivables aux colons[c 11].

Cet aspect deLugdunum n'est donc étudié que depuis les années 2000, et pose la question délicate de la délimitation du territoire de la cité. À la fin des années 2010, il est assuré le fait qu'il fut pris auxSégusiaves et qu'il était de dimension modeste. PourMatthieu Poux, ce territoire s'étendait vers l'ouest jusqu'auxmonts du Lyonnais, vers l'est sur l'ensemble de laplaine du Velin et sur une partie du nord-Isère. Mais cette dernière zone est traditionnellement considérée comme faisant partie des terresallobroges. Beaucoup de chercheurs préfèrent donc limiter les terres de la colonie à l'est à l'actuel quartier dela Guillotière. D'autres, tel Jean-Claude Béal[93], font remonter les terres lyonnaises jusqu'au confluent avec l'Ain, mais uniquement au nord du Rhône. Au début des années 2020, ce débat reste ouvert, mais tous sont d'accord pour ne pas oublier que les limites d'une cité sont mouvantes, et que les modifications de tracé échappent aux historiens la plupart du temps[c 52].

Autres interrogations

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La datation de l'aqueduc du Gier est inconnue, et en débat. De même, le site dénomméarêtes de poisson n'a pas encore de fonction connue qui fasse consensus. Enfin, l'occupation de la Presqu'île, son étendue et sa chronologie, ne sont pas encore claires[c 10].

Le sens précis de la mention et du symbole de l'ascia fait encore débat[c 26].

Chronologie simplifiée

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Personnalités liées à la cité

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Des traditions lient également àLugdunum :

  • Ponce Pilate, une légende le fait naître àLugdunum vers 10 avant notre ère[N 25], mort vers 39.

Bibliographie

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Cette section regroupe les ouvrages et articles traitant de manière large ou précise deLugdunum, classés selon leur usage pour construire et étayer l'article.

Bibliographie générale

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Sont regroupés dans cette première section les ouvrages et articles non utilisés pour la rédaction du présent article et indiqués dans des ouvrages de synthèse récents[94].

Ouvrages utilisés

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Sont listées dans cette section les sources exploitées de manière notable pour construire l'article. Les autres ouvrages et revues consultés de manière plus légère sont indiqués plus bas.

Auteurs antiques

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  1. Ad Familiares X, 22 et X, 24.
  2. a etbX, 24.
  1. I, 64 - 66.
  2. I, 51.
  3. I, 65.
  4. I, 59.
  5. I, 66.
  6. II, 61.
  1. III, 40. Traduction Burnouf.
  2. III, 41. Traduction Burnouf.
  3. XVI, 3. Traduction Burnouf.
  4. VI, 45.
  5. XII, 58.
  1. a etbCILX, 6087. Épitaphe de Munatius Plancus de son tombreau àGaète (Italie).
  2. InscriptionCILXIII, 01499 référant la XVIIe cohorteLuguduniensis ad monetam.
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Autres références antiques

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Ouvrages et articles archéologiques

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Ouvrages historiques

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Notes et références

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Notes

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  1. La colonie fondée par Plancus est située sur le plateau de la Sarra.
  2. Toute la colline de Fourvière est urbanisée, les pentes de La Croix-Rousse commencent à être urbanisées.
  3. Lugdunum atteint sa superficie maximale, toute la colline de Fourvière ainsi que la presqu'île sont densément urbanisées.
  4. Suite à la bataille de Lugdunum et au sac de la ville qui s'ensuit, la cité perd peu à peu de son importance, au début du IVe siècle, seul le vieux-Lyon et le nord de la presqu'île sont encore urbanisés.
  5. ab etcL'Arar désigne la Saône.
  6. statut moindre obligeant ses habitants à un passage par la magistrature pour obtenir la citoyenneté romaine et se voir conférer le droit romain.
  7. Colonie romaine et partie de l'armée
  8. Notice sur le site de l'ARAR
  9. Dénommée trame A par les archéologues
  10. Dénommée trame B par les archéologues
  11. Dénommée trame C par les archéologues
  12. Dont la première réunion date d'une initiative de César.
  13. description ducompendium sur lyonhistorique.fr
  14. Ordo urbium nobilium
  15. Une hypothèse a longtemps été avancée qu'il se trouve à Fourvière, mais les fouilles menées par A. Desbat en 1991 l'ont contredite.
  16. Description des fouilles faites dans le quartier, site du service archéologique de la ville de Lyon.
  17. Leslapsi sont les chrétiens qui ont abjuré leur foi sous la contrainte et qui souhaitent revenir au sein de la communauté. Le consensus épiscopal est de leur accorder le pardon et de les accepter.
  18. Elle se trouve au niveau dujardin archéologique près de l'église Saint-Just actuelle.
  19. La Déserte est un couvent détruit pendant la Révolution qui a laissé sa place à laplace Sathonay.
  20. Fonds Delorme aux archives municipales de Lyon.
  21. site officiel
  22. description du cadre réglementaire sur archeologie.lyon.fr
  23. voir le site du musée.
  24. ActuelMusée des beaux-arts de Lyon
  25. Félix Benoit, dans son ouvrageLyon secret, se fait l'écho d'historiens et autres érudits lyonnais duXIXe siècle pour évoquer le lieu de naissance de Ponce Pilate. Il serait né en 19 avant notre ère dans le quartier deFourvière àLugdunum où son père aurait occupé un poste de haut fonctionnaire romain. L'historienEusèbe de Césarée prétend que Ponce Pilate serait revenu àLugdunum en 37, objet d'une disgrâce, et se serait alors donné la mort.

Références

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  29. Frédérique Blaizot, « Archéologie d'un espace suburbain de Lyon à l'époque romaine »,Gallia, CNRS éditions,vol. 67,t. 1,‎(ISBN 2271070635 et978-2271070630).
  30. Atlas topographique de Lyon antique, vol. I, p. 556.
  31. Un état des lieux de l'approvisionnement en eau par des fontaines est présenté dans : Jules Ramona, Amaury Gilles et Emmanuel Bernot, « Nouvelles données sur les fontaines lyonnaises et l’approvisionnement en eau de la Presqu’île durant l’Antiquité », Revue archéologique de l’Est, Tome 68 | 2019, 191-212.Lire en ligne
  32. Henri Hours,Preinventaire des monuments et richesses artistiques : II Lyon : L'aqueduc romain de l’Yzeron, Département du Rhône,, 167 p.,p. 125.
  33. AldoBorlenghi,« L’aqueduc du Gier à la lumière des données épigraphiques », dans François Bérard, Matthieu Poux,Lugdunum et ses campagnes : Actualité de la recherche,Drémil-Lafage, Mergoil,coll. « Archéologie et Histoire Romaine » (no 38),, 362 p.(ISBN 9782355180644),p. 277-308.
  34. Raymond Chevalier,« Lyon, d'Auguste à Dioclétien », dans André Pelletier, Jacques Rossiaud (dir.),Histoire de Lyon,t. 1 :Antiquité et moyen âge, Horvath,, 2 vol.(ISBN 2-7171-0634-X (édité erroné)).
  35. Christian Goudineau, « La Gaule de la mort de César à celle de Néron » inRegard sur la Gaule, éditions Babel, 2007,p. 377-378.
  36. Inscription latine des Trois Gaules,no 217 (AE 1959,no 61).
  37. François Bérard,L'armée romaine à Lyon, Rome, École française de Rome,coll. « Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome / 370e fascicule »,, 620 p.(ISBN 978-2-7283-1085-2).
  38. PaulPetit,Histoire générale de l’Empire romain,Seuil,, 800 p.(ISBN 2020026775),p. 83 et 90.
  39. Coltelloni-Trannoy Michèle.Le royaume de Maurétanie sousJubaII et Ptolémée (av. J.-C. -apr. J.-C.) Préface de Jehan Desanges. Paris : Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique, 1997.272 p. (Études d'antiquités africaines),p. 55-59.lire en ligne
  40. Pour des interprétations plus anciennes, voir : A. Desbat, « L'enceinte de Lyon au Haut Empire »,Les enceintes augustéennes dans l'Occident romain. Bulletin de l'École antique de Nimes, NS, 17 (1987),p. 63-75 ; J.-F. Reynaud, L. Jacquin, G. Vicherd, « L'enceinte réduite de Lyon »,Caesarodunum, 1978 ; J.-F. Reynaud,Lyon aux premiers temps,p. 37. Sur notre ignorance du tracé et de l'état du rempart au Bas Empire ; A. Pelletier,Histoire de Lyon, 2007,p. 105-107.
  41. Michèle Monin (dir.) et Philippe Dessaint (Rapport de fouilles d'archéologie préventive 2011.079-02),1 place Abbé Larue 69005 Lyon,vol. 1/3 - texte, Lyon, Service archéologique de la ville de Lyon,.
  42. CyrilleDucourthial, « Lyon (5e) – Bastion 5 de l’enceinte de Fourvière, 43 rue du Cardinal-Gerlier »,ADLFI. Archéologie de la France - Informations. une revue Gallia,‎(ISSN 2114-0502,lire en ligne, consulté le).
  43. CyrilleDucourthial, « Lyon (5e) – Cimetière de Loyasse, aménagement d’un jardin cinéraire, 43 rue du Cardinal-Gerlier »,ADLFI. Archéologie de la France - Informations. une revue Gallia,‎(ISSN 2114-0502,lire en ligne, consulté le).
  44. « Lugdunum : des vestiges découverts au cimetière de Loyasse », surwww.lyon.fr(consulté le).
  45. Lyon dans les textes grecs et latins. La géographie et l'histoire de Lugdunum, de la fondation de la colonie (43 avant J.-C.) à l'occupation burgonde (460 après J.-C.) Avant-propos de Michel Noir – Préface de Jean Pouilloux. Lyon : Maison de l'Orient et de la Méditerranée Jean Pouilloux, 1993.174 p. (Travaux de la Maison de l'Orient, 23),p. 96.
  46. Maria-Pia Darblade-Audoin, Philippe Thirion et Pierre André, « Les sculptures du clos du Verbe Incarné et du plateau de la Sarra à Lyon : apports à la connaissance du sanctuaire et du quartier antiques »,Revue archéologique de l’Est,t. 58,‎,p. 381-416.
  47. Amable Audin,Essai sur la topographie de Lugdunum, Lyon,coll. « Institut des études rhodaniennes de l'Université de Lyon. Mémoires et documents. » (no 11),,3e éd., p. 118(BNF 31740402).
  48. J. P. Bravard, M. Prestreau,Dynamique du paysage, entretiens de géoarchéologie. Actes de la table-ronde (Lyon, 17 et), Lyon, DRAC SRA, Rhône-Alpes (D.A.R.A. 15), 1997,p. 177-201.
  49. qui l'attribue à Hadrien :Amable Audin et M. Le Glay, « L'amphithéâtre des Trois Gaules à Lyon : première campagne de fouilles »,Gallia,no 28,‎,p. 67-89.
  50. qui n'y voit qu'une épitaphe à une femme :C. Vismara et M.L. Caldelli,Epigrafa anfiteatrale dell'occidente Romano, V, Alpes maritimae, Gallia Narbonensis, Tres Galliae, Germaniae, Britanniae, Rome,coll. « Vetera » (no 14),.
  51. Jean Pelletier,Charles Delfante,Atlas historique du Grand Lyon, éditions Xavier Lejeune-Libris, 2004,p. 31.
  52. A. Desbat et E. Delaval,« Colonia Copia Claudia Augusta Lugdunum, Lyon à l'époque de claude », dansClaude de Lyon, empereur romain. Actes du colloque (Paris-Lyon-Nancy, novembre 1992), Paris, Presses de l'Université de Paris-Sorbonne,,p. 407-431.
  53. Ouvrage collectif,Lyon Saint-Jean, les fouilles de la rue Tramassac, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1994,p. 19.
  54. Éric Delaval,Vaise, un quartier de Lyon antique, Lyon, Alpara,, 291 p.(ISBN 9782916125305,lire en ligne).
  55. Les synthèses les plus récentes sontJean Burdy,Les aqueducs romains de Lyon, Lyon, PUL,, 204 p.(ISBN 2-7297-0683-6,lire en ligne) etJean Burdy,L'alimentation en eau de Lugdunum, Caluire, L'Eau à Lyon,, 67 p.(ISBN 978-2-9558249-1-7).
  56. Guide des collections, musée archéologique, Saint-Romain-en-Gal, 1996,p. 27 : épitaphe de Decimanus trouvé à Lyon en 1884.
  57. FrançoisBérard, « Une nouvelle inscription militaire lyonnaise »,Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité,t. 105,no 1,‎,p. 39-54(lire en ligne).
  58. Un colloque centré sur cet épisode a été publié :Les martyrs de Lyon (177) : colloque international du Centre national de la recherche scientifique, Lyon, 20-23 septembre 1977, Paris, Éditions du C.N.R.S.,coll. « Colloques internationaux du Centre national de la recherche scientifique » (no 575),, 328 p.(ISBN 2-222-02223-1,BNF 34607650)
  59. Hérodien,Histoire des empereurs romains,livreIII,chap. 7, 2 à 6.
  60. Jean Burdy,L'alimentation en eau de Lugdunum, Caluire, L'Eau à Lyon,, 67 p.(ISBN 978-2-9558249-1-7),p. 28-29.
  61. Lettre de Saint-Cyprien (Epistula LXVIII) adressée au pape Étienne.
  62. (it) Attilio Carpin,Cipriano di Cartagine: il vescovo nella chiesa, la chiesa nel vescovo, 2006, Edizioni Studio Domenicano,p. 282,(ISBN 8870946126).
  63. Collectif,Le trésor de Vaise, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1999,(ISBN 2-906190-21-7).
  64. A. Chastagnol éditeur,Histoire Auguste, Paris, 1994,p. 1109-1110 et 1127-1129.
  65. Miltiade, page personnelle
  66. a etbLucien Musset,Les invasions, les vagues germaniques,PUF, collection Nouvelle Clio – l’histoire et ses problèmes, Paris, 1965,2e édition 1969,p. 112-113.
  67. a etbFrançois Jacques,Les curateurs de cités dans l'Occident romain, Paris, 1983,no 109,p. 220-223.
  68. M. Genin,J. Lasfargues, A. Schmitt-Dir, Les productions des ateliers de potiers antiques de Lyon,Gallia, 53, 1996,p. 1-249[1]Accès libre ; M. Genin, J. Lasfargues, A. Schmitt -Dir, Les productions des ateliers de potiers antiques de Lyon.2e partie : Les ateliers duIer s. après J.-C.,Gallia, 54, 1997,p. 1-117[2].Accès libre.
  69. J.P. Lascoux, W. Widlak, 1996.
  70. A. Cochet, 1986.
  71. Guide du site de Saint-Romain-en-Gal, 1999,p. 54-55(ISBN 2-7118-3201-5).
  72. Pline le Jeune,Lettres, IX, 11, traduction Annette Flobert dans Christian Goudineau,Regard sur la Gaule : Recueil d'articles, Actes sud, 2007, Paris,537 p.,(ISBN 978-2742769247).
  73. Adrien Bruhl,Dieux et cultes à Lyon à l'époque gallo-romaine, dans Actes du89e congr. nal. des Soc. sav., Lyon, 1964, Paris, 1965,p. 163-171.
  74. Robert Turcan, « Cultes païens de Lyon au temps des martyrs (177) »,Bulletin de l'Association Guillaume Budé,no 1,‎,p. 21.
  75. Nicolas Laubry, « La vie religieuse dans la colonie de Lugdunum sous le Haut-Empire »,Lugdunum et ses campagnes. Actualité de la recherche., 2018.lire en ligne
  76. MarcelLe Glay,« Le culte impérial à Lyon auIIe siècle Ap. J.C. : colloque international du Centre national de la recherche scientifique, Lyon, 20-23 septembre 1977 », dansLes martyrs de Lyon (177), Paris, Éditions du C.N.R.S.,coll. « Colloques internationaux du Centre national de la recherche scientifique » (no 575),, 328 p.(ISBN 2-222-02223-1),p. 19–31,p. 24.
  77. Lucien Lerat, « À Besançon aux premiers temps du christianisme : le sarcophage à asciae de Saint-Ferjeux »,Mélanges Pierre Lévêque, Tome 1 : Religion. Besançon : Université de Franche-Comté, 1988.p. 199-217[3]. (Annales littéraires de l'Université de Besançon, 367)
  78. Les martyrs de Lyon (177) : colloque international du Centre national de la recherche scientifique, Lyon, 20-23 septembre 1977, Paris, Éditions du C.N.R.S.,coll. « Colloques internationaux du Centre national de la recherche scientifique » (no 575),, 328 p.(ISBN 2-222-02223-1,BNF 34607650).
  79. G. Bowersock,Rome et le martyr, Paris, 2002,p. 129.
  80. P. Wuilleumier,Lyon. Métropole des Gaules, Paris, 1953,p. 94.
  81. Une étude sur cette personne et une synthèse des travaux précédents : Marco Provenzano, « Vettius Epagathus, « le paraclet des chrétiens » dans la Lettre des martyrs de Lyon et Vienne (Eusèbe, H. E., V, 1. 3-2. 8) »,Revue des sciences religieuses, 89/3 | 2015, 345-371.lire en ligne
  82. lire en ligne
  83. datation confirmée par les fouilles archéologiques de 1973 - cf.Jean-François Reynaud, « Le groupe épiscopal de Lyon : découvertes récentes »,Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,no 4,‎,p. 475-490(lire en ligne) etAndré Pelletier,Histoire et Archéologie de la France ancienne – Rhône Alpes, édition Horvath, 1988,(ISBN 2717105611),p. 103-107.
  84. Philippe Fabia,Fourvière en 1493,Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres,62e année, N. 2, 1918,p. 130-131 et 134[4].Accès libre.
  85. Philippe Fabia, « Fourvière en 1493 »,p. 135.
  86. Le plan de Lyon vers 1550, Lyon,Archives municipales de Lyon,(lire en ligne).
  87. François Richard et André Pelletier,Lyon et les origines du christianisme en Occident, éd. lyonnaises d'art de d'histoire, 2011,125 p.(ISBN 978-2-84147-227-7),p. 91.
  88. Auguste Allmer etPaul Dissard,Trion : Antiquités découvertes en 1885, 1886 et antérieurement au quartier de Lyon dit de Trion,t. I & II, Lyon, Association typographique,, 430 p.(lire en ligne).
  89. Jean Pelletier,Charles Delfante,Atlas historique du Grand Lyon, éditions Xavier Lejeune-Libris, 2004,p. 38.
  90. « Trésor de Vaise - Lugdunum Musée et théâtres romains », surlugdunum.grandlyon.com(consulté le).
  91. Turcan Robert.Un bimillénaire méconnu : l'assemblée des trois Gaules. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 135ᵉ année, N. 4, 1991.p. 733-742. ou Marc Fourny,Quand la nation gauloise naissait à Lyon, Le Point,.
  92. Pierre Wuilleumier, dans son ouvrage de 1953,Lyon, métropole des Gaules.
  93. Page du chercheur sur le site du laboratoire ARAR
  94. Faure 2019,p. 914-916,Desbatet al. 2012,p. 132-133.

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