| Nom de naissance | Anne-Lucile-Philippe Laridon-Duplessis |
|---|---|
| Naissance | Paris, |
| Décès | (à 24 ans) Paris, |
| Nationalité | Française |
| Descendants | Horace Camille Desmoulins(1792-1825) |
| Famille | Claude-Étienne Laridon-Duplessis(père) Anne-Françoise-Marie Boisdeveix(mère) Camille Desmoulins(époux) |
Anne-Lucile-Philippe Laridon-Duplessis diteLucile Desmoulins, née le àParis où elle est guillotinée le, est une personnalité de laRévolution française. Épouse du journalisteCamille Desmoulins, elle est guillotinée huit jours après son mari.
Anne-Lucile-Philippe Laridon-Duplessis est née le àParis et elle estbaptisée le même jour en l'église Notre Dame de la Bonne-Nouvelle àParis : son parrain est Philippe Cambier, seigneur d'Ourmoille et autres lieux, demeurant auxQuinze-Vingts, sa marraine est Françoise Hautier, veuve Boisdeveix[1].
Fille de Claude-Étienne Laridon-Duplessis, premier commis du Contrôle général des finances et d'Anne-Françoise-Marie Bois de Veix, Lucile a sans doute connu une jeunesse semblable à celle de bien d’autres jeunes filles issues d’un milieu bourgeois relativement aisé. Promenée entre la demeure familiale rue de Condé à Paris et la propriété deBourg-la-Reine, on se plaît à imaginer - à la lecture de son journal - la jeune Lucile espiègle et rêveuse. Ses écrits fragmentaires nous montrent une jeune femme rieuse, sensible, qui tient un journal pour combattre son ennui et qui tente parfois en vain de rédiger des contes sous l’œil bienveillant d’une mère dont on la sent très proche.
Son destin commence à se dessiner au début desannées 1780 lorsqueCamille Desmoulins, jeune avocat d’une vingtaine d’années, vient à rencontrer Madame Duplessis aujardin du Luxembourg. C’est ici, sans doute, que Lucile encore enfant fait sa connaissance. Camille, avocat sans clientèle et en butte à des ennuis financiers, est en quête d’une protection afin de vivre de ses écrits. Devenant familier des Duplessis, il fréquente régulièrement Lucile qu’il souhaite épouser en mars1787. D’abord éconduit par le père, du fait de sa situation précaire et d’un avenir incertain, c’est un Camille auréolé de ses actions populaires durant les prémices de la Révolution qui parvient à obtenir l’agrément de M. Duplessis et la main de Lucile en décembre1790.

Lucile et Camille se marient le en l’église Saint-Sulpice àParis en présence des parents de Lucile :Pétion,Brûlart,Robespierre, tous trois députés à l'Assemblée nationale et l'académicienMercier sont les témoins du mariage[2]. Le couple s’installe au 2 rue du Théâtre-Français (aujourd’hui 22rue de l'Odéon) et Lucile donne naissance à un fils
Il demeure quelques pages du journal de Lucile concernant ces annéesa priori heureuses qui s’achevèrent avec l’emprisonnement de Camille en. Outre son témoignage de la longue nuit du9 au 10 août 1792 qu’elle vivra à l’écart dans la fatigue et l'angoisse, ses lecteurs l’accompagnent dans sa routine, ses anecdotes et ses fréquentations, dePierre-François Robert, avocat membre duclub des Cordeliers àl'épouse de Danton en passant parGuillaume Brune et sa femme. On apprend ses moqueries vis-à-vis du baron de la Poype qu’elle surnomme « poa poa », deThuriot qui est un « fichu cochon » mais aussi queDanton ne pouvait s’empêcher de rire au contact de Lucile. Cet aspect insouciant et éternellement joyeux de sa personne a contribué à faire de la jeune femme un personnage attachant.
Cette affaire servit à monter de toutes pièces le procès — ou ce qui en tint lieu — de Lucile Desmoulins,Arthur Dillon etPhilibert Simond que les comités voulaient faire exécuter sans être entendus publiquement. La parodie de justice tourna autour de la prétendueconspiration du Luxembourg à laquelle les trois accusés, et d’autres amalgamés à eux, furent déclarés coupables d’avoir participé.
Le15 germinalan II (4 avril 1794), alors que son mari était mis hors débat avec Danton et leurs coaccusés, un arrêté des comités réunis chargeaDossonville de conduire Lucile Desmoulins « à sa destination ». Ce procès-verbal, s’il est authentique, est signéDubarran,Barère,Voulland,Carnot,Prieur,Billaud-Varenne,Couthon etRobespierre[3]. Le doute vient du fait qu’il figure non pas dans les papiers des comités qui ont été expurgés ou falsifiés, mais dans les papiers de Matton de La Varenne, le célèbre avocat violemment anti-robespierriste qui dit tenir les archives Desmoulins de la belle-mère et de la belle-sœur de Camille, archives revisitées par le conventionnelÉtienne-Jean Panis, un proche deBertrand Barère de Vieuzac et du marquis de Travanet[4]. Si un doute persiste quant à la signature deMaximilien de Robespierre, il n’y en a aucun concernant la date et l’envoi de Lucile Desmoulins au Luxembourg, au secret, où Dillon lui aurait aussitôt envoyé un billet intercepté par un porte-clé, et qu’elle ne reçut donc jamais[5]. Le plus grand doute concerne ce « billet » – était-ce un faux ? – sur lequel s’échafauda la réalité d’un complot au sein de la prison et dont les principaux protagonistes étaientArthur Dillon et Lucile Desmoulins qui avaient eu par le passé des rapports de société.
Le lendemain, au moment même où Camille était guillotiné en compagnie dePhilippeaux,Danton etFabre d'Églantine, la mort de Lucile Desmoulins était décidée. Elle fut transférée duLuxembourg à laConciergerie le20 germinalan II. AuTribunal révolutionnaire, elle comparut aux côtés d'Arthur Dillon,Françoise Hébert, veuve deJacques-René Hébert guillotiné le4 germinal précédent, et Philibert Simon qui s’était exprimé dans le même sens que Philippeaux et Camille Desmoulins dans un discours aux jacobins qui ne fut pas apprécié par les partisans de la guerre à outrance. Accusés d’avoir conspiré contre la sûreté du peuple, ils furent dix-huit sur vingt-six à être condamnés et exécutés le jour même, le, dans l’après-midi.
Sur la route qui la mène de la Conciergerie à la mort, les témoignages ne semblent pas contredire l’image que Lucile renvoie à travers ses écrits et ceux de ses contemporains qui l’estimaient. Elle serait restée jusqu’au dernier instant fidèle à elle-même, emplie d’une étonnante et radieuse insouciance.
Il existe un témoignage d'origine inconnue de cette exécution :
« Les conspirateurs condamnés par le Tribunal révolutionnaire ont été exécutés hier à sept heures moins un quart (du soir).Chaumette à côté deGobel répondait par le sourire de la rage aux reproches d’athéisme qu’on lui faisait ; Gobel était morne, silencieux, abattu ; Dillon pâle était à côté de Simon ; le comédien Grammont à côté de son fils ; la veuve Hébert et celle de Camille Desmoulins, habillées d’une manière élégante, et conservant le sang-froid, parlaient ensemble. Gobel et Chaumette ont été les derniers à subir leur supplice. La tête de Chaumette a été montrée au peuple, au bruit des applaudissements et des cris de « Vive la République ». La femme Hébert et la femme Camille Desmoulins sont les premières montées à l’échafaud, elles se sont embrassées avant de mourir[6]. »
Une école primaire de la commune deVérines (Charente-Maritime) porte le nom de Lucile Desmoulins[7].

Une école primaire de la commune deTullins (Isère) porte le nom de Lucile et Camille Desmoulins[8]. Les écoles primaires et maternelles de la commune portent toutes des noms relatifs à la Révolution française.
Un certain nombre de rues portent également son nom. C'est le cas de la rue Lucile Desmoulins àFleury-Mérogis (Essonne) (non loin de la rue Rouget de Lisle et des allées Saint-Just et Robespierre), des rues Camille et Lucile Desmoulins àÉvreux (Eure), (proche de la rue Danton), et àAchères (Yvelines), dans un quartier où rues, allées, avenues et place se rapportent toutes à la Révolution française.
La rose Lucile Duplessis[9] (obtenteur Vibert).
À Paris, une plaque au 22rue Condé, ancien logement de la famille Duplessis, sur laquelle est écrit « : Dans cette maison Lucile Duplessis guillotinée le habita avant son mariage avec Camille Desmoulins ».