À partir de la fin desannées 2000, il multiplie des prises de positions dépourvues de fondement scientifique. Il défend notamment les théories de la « mémoire de l'eau » deJacques Benveniste ainsi que de latéléportation de l'ADN, et prend positioncontre les vaccins. Ces prises de position conduisent alors à sa marginalisation dans la communauté scientifique.
En1972, à l'invitation deJacques Monod, il crée l'unité d'oncologie virale dans le nouveau département de virologie de l'Institut Pasteur à Paris[1]. Ses recherches vont alors porter en partie sur l'interféron et son rôle dans l'expression génétique des virus. À cette époque, il s'intéresse aussi auxprions, agents transmissibles non conventionnels[1].
En1983, c'est la découverte avec ses collaborateursJean-Claude Chermann etFrançoise Barré-Sinoussi, à partir de la mise en culture de cellules de ganglions de patients atteints de ce nouveausyndrome d'immune-déficience acquise dont on ne connaît pas encore la cause, d'un nouveau rétrovirus humain, appelé dans un premier tempsLymphadenopathy Associated Virus (LAV), plus tard renommé en VIH. L'équipe qu'anime Luc Montagnier dès le début de cette découverte s'attache, dans des conditions difficiles, à caractériser ce nouveau virus et à démontrer son rôle dans le sida, notamment par l'étude de ses propriétés biologiques et la mise au point d'untest de diagnostic sérologique.
En1986, le groupe de Luc Montagnier découvre un second virus associé au sida enAfrique de l'Ouest[4], le VIH2.
Luc Montagnier est le premier chef du nouveau département« Sida et rétrovirus » de l'Institut Pasteur, àParis, qu'il dirige de 1991 à 1997[5].
Par ailleurs, Montagnier et ses collaborateurs démontrent que desmycoplasmes augmentent considérablement l'effetcytopathogène du virus. Cette observation est le point de départ de recherches sur le rôle des cofacteurs infectieux dans la virulence et l'effet pathogène du virus.
En 1993, il crée la Fondation mondiale prévention et recherche sida (FMPRS), sous l'égide de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), dont le but est de créer des centres de recherche enAfrique[6]. En 1997, alors âgé de 65 ans, il peut continuer à travailler comme chercheurémérite, mais la loi lui interdit de diriger unlaboratoire de recherche public en France[7]. Il est alors et jusqu'en 2001, professeur et directeur au Centre de biologie moléculaire et cellulaire auQueens College de l'université de New York[8],[9].
En 2010, Luc Montagnier annonce qu'il fuit le« climat de terreur intellectuelle » en France pour prendre la direction d'un nouvel institut de recherche enChine à l'université Jiao-tong de Shanghai[10], afin de poursuivre ses recherches sur la formation dans l'eau de « nanostructures » induites par l'ADN[11],[12].
En 2012, alors que Montagnier est pressenti pour présider un laboratoire de recherches auCameroun, 44 autresprix Nobel signent une lettre au président du pays pour dénoncer« [les solutions de Montagnier] qui n’ont aucun début de preuves scientifiques » et le prévenir d'« un impact désastreux sur la qualité du système de santé au Cameroun »[13].
Au fur et à mesure que sa renommée augmente, Luc Montagnier est de plus en plus attiré par des théories douteuses, parmi lesquelles sa conviction que lesmycoplasma sont un cofacteur essentiel du sida et que l'ADN émet unrayonnement électromagnétique. Par ailleurs, les recherches effectuées par sesfondations, créées à grands frais àNew York et enAfrique, ne produisent pas de résultats[22].
Téléportation de l'ADN et « applications » polémiques
Dans deux publications datant de 2009[23],[24] dans une revue dont il préside lecomité de rédaction[25], Montagnier et son équipe décrivent une propriété inédite de l'ADN d'agents infectieux, lesbactéries dans un cas et leVIH dans l'autre : l'ADN induirait desnanostructures dans l'eau émettant des ondes électromagnétiques debasse fréquence après filtration, agitation et dilution. Montagnier émet alors l'hypothèse que des bactéries seraient impliquées dans l'autisme et d'autresmaladies chroniques, qu'il pourrait détecter avec sa méthode[26]. Présentées lors d'une intervention en 2012 à l’Académie nationale de médecine, ses déclarations font de nouveau scandale[27].
En 2015, l'équipe de Montagnier annonce avoir enregistré les signaux électromagnétiques que l'ADN émettrait, et avoir pu les envoyer parmail à un laboratoire italien qui s'en serait servi pour reconstituer à l'identique l'ADN« enregistré » dans un tube d'eau pure ainsi« informée »[28]. Cette expérience lui a valu d'être moqué du monde scientifique, qui a simplement ignoré ces résultats considérés comme« absolument invraisemblables »[29],[30].
Luc Montagnier indique se rapprocher des recherches et des thèses du docteurJacques Benveniste, dont certaines théories sont considérées comme étant le résultat defraudes scientifiques ou d'artefacts expérimentaux[31]. En 2010, il décrit Jacques Benveniste comme un « Galilée des temps modernes »[32].
En 2002, Luc Montagnier propose au papeJean-PaulII de guérir samaladie de Parkinson à l'aide de gélules à base depapayefermentée, dont l'effetantioxydant protégerait duvieillissement[33]. Il déclare, évoquant des essais non publiés :« On a essayé sur des patients atteints de sida, en Afrique, qui étaient sous trithérapie. Avec la papaye, leur système immunitaire se rétablissait beaucoup mieux », et que le traitement permettrait aussi de lutter contre l'alcoolisme. À l'occasion de la publicité offerte par ce chercheur, les pharmacies françaises se mettent à vendre différentes préparations à base de ce fruit fermenté[34]. L'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) est saisie en 2004 et rend un avis concluant qu'aucune démonstration de l'implication de la préparation de papaye fermentée n'est apportée et que toutes les vertus prétendues sont avancées sanspreuves scientifiques, simplement enrobées dans des considérations biologiques générales sur le système anti-oxydant, le vieillissement ou le système immunitaire[35].
En, Luc Montagnier tient une conférence devant l'Académie nationale de médecine au cours de laquelle il assimile l'autisme à une« épidémie » liée à des facteurs environnementaux comme lespesticides et desrayonnements électromagnétiques, et parle d'une« piste microbienne »[36]. Cette même année, il co-crée l'associationChronimed, dans le but de rechercher des causes infectieuses à l'autisme[37]. Selon lui, un traitement des personnes autistes pourrait se faire parantibiotiques, avec un taux de succès de 55 %[37],[38]. Ces allégations ne sont soutenues par aucune étude avecgroupe de contrôle, laguérison de l'autisme étant une notion très controversée[37].
D'aprèsJean-Yves Nau, journaliste et docteur en médecine, Luc Montagnier a déployé« une grande énergie » afin de tenir cette conférence et présenter sa théorie microbienne de l'autisme devant l'Académie nationale de médecine et d'obtenir qu'elle soit filmée. Après cette conférence, l'institution prend ses distances avec lui[36],[39]. Une« affaire Chronimed », impliquant l'ouverture d'une enquête pourmise en danger des centaines d'enfants auxquels des médicaments ont été prescrits hors autorisation de mise sur le marché au prétexte de guérir leur autisme, éclate en 2020[40],[41],[42].
En 2016, Luc Montagnier, qui admet une forme chronique de lamaladie de Lyme[43], propose une approche pour le moins inédite — décriée et considérée comme insensée par la majorité du corps médical[21] — qui permettrait dediagnostiquer cette maladie là où d'autres tests, plus traditionnels et d'ordinaire couramment pratiqués, auraient précédemment échoué à détecter la présence debactériesborrélies reconnues comme étant les principaux vecteurs de transmission, s'effectuant généralement par le biais de morsures detiques infectées. Le professeur Daniel Christmann, chef du service des maladies infectieuses desHôpitaux universitaires de Strasbourg, réfute la pertinence d'une telleméthode qui consisterait à« capt[er] des ondes électromagnétiques émises par l'échantillon de sang étudié[44] ». Certains médecins prescrivaient ce test à leurs patients en adressant leurs échantillons à la société Nanectis — créée en 2006[45], puis fermée en 2018« à cause de charges salariales trop lourdes et de manque de capitaux[46] » — et gérée, à l'époque, par Luc Montagnier[45],[46]. Les analyses auraient alors coûté à chaque patient entre 300 et 400 €, à régler sous la forme d'un« don libre », c'est-à-dire en partiedéductible des impôts[47].
Une centaine d'académiciens (sciences et médecine) co-signent une tribune à la suite de cet événement, qui considère que Montagnier« utilise son prix Nobel pour diffuser, hors du champ de ses compétences, des messages dangereux pour la santé, au mépris de l’éthique qui doit présider à la science et à la médecine ». Selon laRevue médicale suisse, le professeur — « séduit par l'irrationnel » — est« renié par l'Institut Pasteur, dont il est toujours professeur émérite, et dénoncé par l’Académie nationale de médecine, dont il est toujours membre sans jamais plus y mettre les pieds »[21].
PourLe Figaro, Montagnier« signe son arrêt de mort scientifique », après un« lent naufrage » depuis ses déclarations sur lamémoire de l'eau, ou celles sur les Africains et le VIH[32]. La presse publie des articles où les arguments de Montagnier sont réfutés un par un[50],[53],[54]. Par exemple, Montagnier déclare :« Certains enfants décèdent 24 heures après avoir été vaccinés. On a quand même le droit de s’interroger sur cette corrélation temporelle. C’est juste du bon sens. » Robert Cohen, professeur de pédiatrie etinfectiologue à l’hôpital de Créteil, répond qu'il est simple d'expliquer cette corrélation temporelle : les premiers mois de la vie du bébé sont à la fois ceux où lamort subite est la plus fréquente, et ceux où on les vaccine. Il est donc naturel que, statistiquement, certaines morts subites aient lieu quelques jours après la vaccination[50]. Le magazine en ligneSlate observe même que d'après une étude anglaise de grande ampleur menée entre 1993 et 1996, le taux de mort subite est inférieur parmi les enfants vaccinés que parmi ceux qui ne le sont pas[54].
Cette thèse est réfutée par la communauté scientifique[55],[56] ; les séquences« sont de tout petits éléments que l’on retrouve dans d’autres virus de la même famille, d’autres coronavirus dans la nature. Ce sont des morceaux du génome qui ressemblent en fait à plein de séquences dans le matériel génétique de bactéries, de virus et de plantes », précise notamment le virologue Étienne Simon-Lorière[57],[58],[N 1] de l'Institut Pasteur[60].
Selon le journalLe Monde,« Aucun emprunt génétique suspect – notamment au virus du VIH comme certainesthéories complotistes, relayées entre autres par le professeur Luc Montagnier, le suggèrent – ne permet de dire qu’il y aurait eu intervention humaine »[61].
Luc Montagnier tient également des propos erronés à propos des vaccins, affirmant en 2020 dans ledocumentairecomplotisteHold-up que« c’est la vaccination qui a créé les variants » - alors que ceux-ci étaient apparus avant le début des campagnes devaccination[62],[63],[64].
Leslymphocytes du prélèvement sont mis en culture, le jour même à l’Institut Pasteur, par l'équipe de Luc Montagnier (l'équipe de Jean-Claude Chermann travaillant avec desrétrovirus contrairement auDr Montagnier, il s'agissait d'éviter les risques decontamination) en présence d’interleukine 2 (qui stimule la culture deslymphocytes T) et de sérum anti-interféron (qui assure une bonne production de virus par les cellules). Après 15 jours de culture, Jean-Claude Chermann etFrançoise Barré-Sinoussi détectent une faible activitétranscriptase inverse,enzyme est produite par les rétrovirus pour intégrer spécifiquement l'ADN de la cellule cible. Cette activité enzymatique persiste jusqu’au, puis disparaît avec la mort deslymphocytes. Jean-Claude Chermann verse le liquide de la première culture sur une nouvelle culture de lymphocytes, provenant d’un seconddonneur de sang. L’activité enzymatique réapparait avec ces lymphocytes, traduisant la reprise d'une activité virale du VIH. Ils concluent donc bien à un rétrovirus, mais celui-ci est différent des rétrovirus connus. En effet, levirus T-lymphotrope humain (HTLV-1) ne détruit pas les cellules infectées, et lesanticorps anti-HTLV-1 fournis parRobert Gallo, le découvreur de ce rétrovirus, ne reconnaissent pas le nouveau virus.
Le, le virus est vu aumicroscope électronique à la surface des lymphocytes par Charles Dauguet, à l’Institut Pasteur ; entouré d’une enveloppe, il ressemble davantage à unlentivirus qu’à un HTLV-1. Il est appelé LAV, pourLymphadenopathy-Associated Virus, après avoir été isolé chez d’autres patients atteints d’un sida avéré et une fois que sontropisme pour leslymphocytes CD4 a été démontré.
La découverte est publiée dans le numéro deScience du, à côté d’un autre article deRobert Gallo et Myron (Max) Essex impliquant le HTLV-1 (renomméHuman T-Leukémia virus) comme cause du sida[70],[71].
En, Jean-Claude Chermann présente les résultats àLong Island, en apportant la preuve de l’existence d’anticorps anti-LAV détectés par laméthode immuno-enzymatique ELISA mise au point à l’hôpital Bichat-Claude-Bernard. Gallo conteste l’appartenance du LAV au groupe des rétrovirus, rapporte la présence du HTLV-1 ou d’anticorps anti-HTLV-1 chez des patients atteints du sida, et présente pour la première fois le virus HTLV-III (Human T-Lymphotropic Virus). C’est le début de la controverse.
À partir du HTVL-III isolé par culture entre le et janvier1984, l’équipe de Gallo met au point untest sérologique positif chez 88 % des malades du sida. Cette souche n'est pas comparée au LAV, mais, en fait, il s’agit du même virus, appelé LAV/HTLV-III puis VIH (virus de l'immunodéficience humaine) par une commission de nomenclature en1986.
Leséquençage dugénome de ce virus à ARN, réalisé dès 1984 à l’Institut Pasteur, montre qu’il est très variable en raison des erreurs commises par latranscriptase inverse lors de laréplication, or la souche du LAV isolée par Jean-Claude Chermann et celle du HTLV-III de Robert Gallo sont pratiquement identiques. Jean-Claude Chermann a envoyé son virus à Robert Gallo (à la demande expresse de Mikulas Popovic, collaborateur de ce dernier) dès le. Robert Gallo n’admettra jamais avoirtriché, mais la polémique se terminera par uncompromis relatif au partage des droits sur la mise au point du test sérologique dedépistage[72].
Luc Montagnier entre alors en jeu en tant que directeur de Jean-Claude Chermann, pour défendre la découverte de l'Institut Pasteur. C'est en partie par son rôle de responsable administratif de Jean-Claude Chermann qu'il se retrouve lié à la découverte[réf. nécessaire]. Le conflit entre Luc Montagnier et Robert Gallo pourrait alors se solder par un accord stipulant que l'équipe américaine est co-découvreuse du virus. Mais Jean-Claude Chermann refuse de signer l'accord. Un an plus tard, forcé par Luc Montagnier, il signe et démissionne de l'Institut Pasteur. Luc Montagnier reprend alors les travaux de Jean-Claude Chermann.
La paternité unique des pasteuriens, dans la découverte du virus, sera ensuite définitive – bien que les travaux de Robert Gallo aient été essentiels pour la connaissance du virus – et confirmée par l'attribution duprix Nobel de physiologie ou médecine, le, àFrançoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, décision qui exclut le groupe de Robert Gallo de la découverte[73].
Si Luc Montagnier se présente comme le découvreur du virus, son équipe, en revanche, ne travaillait pas sur les rétrovirus en 1983. Pour corriger ce qui peut alors paraître comme une injustice, le présidentNicolas Sarkozy promet de financer les travaux que Jean-Claude Chermann a poursuivis hors de l'Institut Pasteur[74]. Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi ont regretté de ne pas partager leur prix avec lui, alors qu'il était pourtant l'un des cosignataires de la publication de mai 1983 dans la revue américaineScience, où il rendait compte de la découverte du VIH[75].
Après avoir été, dès 1999, l'un des consultants pour l'épidémie de virus à l'hôpital deBenghazi enLibye, il témoigne en 2003 avec le professeurVittorio Colizzi dans l'affaire des infirmières bulgares accusées d'avoir inoculé le virus du sida à leurs jeunes patients et établit que la contamination qu'on leur reproche est antérieure à leur arrivée[78],[79],[80],[81],[82].
Il a reçu de nombreux prix scientifiques dans sa carrière et d'honneurs de par le monde[84].
Il est récompensé le pour ses travaux sur levirus du sida, dont la« découverte a été essentielle à la compréhension actuelle de la biologie de cette maladie et à son traitement antirétroviral », selon lecomité Nobel.
↑Joëlle G. Boué, André Boué, Luc Montagnier et Philippe Vigier, « Chromosomal evolution of a clone of human cells transformed by Rous sarcoma virus »,Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences - série D,vol. 266,no 2,,p. 178-81(lire en ligne).
↑Paul Benkimoun, « Des antibiotiques contre l'autisme ? »,Le Monde,(consulté le) :« Lorsqu'on lui demande pourquoi ses deux articles de 2009 ont été publiés dans une revue,Interdisciplinary Sciences : Computational Life Sciences, dont il préside le comité éditorial, Luc Montagnier répond que s'il avait envoyé son article àNature ouScience, les experts« auraient sorti leurs revolvers ». ».
↑« Nouvelles polémiques sur " la mémoire de la matière " Une commission d'enquête conteste les résultats du docteur Benveniste Une étrange brigade antifraude »,Le Monde,(lire en ligne, consulté le).
↑« Antibiotiques pour « guérir » l’autisme : ouverture d’une enquête ouverte pour « mise en danger d’autrui » »,Le Monde.fr,(lire en ligne, consulté le).
↑a etbLuc Montagnier, BFM Business(lire en ligne), Luc Montagnier, né le 18 août 1932, est président du conseil d'administration de l'entreprise Nanectis qui a été créée en 2006.
↑« Vaccins : décryptage de l'étrange conférence de presse des professeurs Luc Montagnier et Henri Joyeux »,Sciences et Avenir,(lire en ligne, consulté le).
↑a etb« Le coronavirus, fabriqué à partir du virus du sida ? La thèse très contestée du professeur Montagnier »,Le Monde,(lire en ligne, consulté le).
↑Jean-Claude Chermann et Olivier Galzi,Tout le monde doit connaître cette histoire, Paris, Éditions Stock, coll. « Documents », 2009, 288 p.(ISBN9782234063754).
Nicolas Moinet,Les Batailles secrètes de la science et de la technologie », Paris, Éditions Lavauzelle, collection renseignement & guerre secrète,, 153 p.(ISBN2-7025-0947-9)
(en)Autobiographie sur le site de lafondation Nobel (le bandeau sur la page comprend plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par la personne lauréate — leNobel Lecture — qui détaille ses apports)