D'après l'état civil reconstitué de la ville de Paris, elle est née au 3,rue Guisarde sous le nom de Louise Joséphine Charialle, le[1].Fille naturelle de Geneviève Joséphine Charialle ou Marie Geneviève Charial, couturière, elle est baptisée le sous le nom de Louise Joséphine Victoire Charial à l'église Saint-Sulpice[2].
Louise Charial estreconnue en 1835 par Louis Lusignan Lazard dont elle prend le nom[Note 1]. LeRépertoire des photographes de France au dix-neuvième siècle donne comme nom de naissance Luzignand-Lazard[3]. En fonction des sources, elle est généralement identifiée sous le nom de Madame (Louise) Laffon, mais aussi Lafond[4], Laffond ou Laffont[5].
Son père, déjà marié depuis 1821[6], le reste jusqu'à sa mort en 1842[7]. Sa mère se marie quelques mois plus tard[8].
Louise Lazard réapparaît sous le nom deMme Laffon en 1859, comme photographe établie au 93boulevard Beaumarchais[9],[10]. En 1860, elle dépose une demande debrevet d'invention, au nom de« demoiselle Lazard (Louise-Joséphine-Lusignan), photographe (...) pour des perfectionnements dans l'obtention des épreuves photographiques et leur ornementation pour des écrans, des stores, des portraits, etc. »[11]
En 1861, elle déménage au 13,rue Lord-Byron, en haut desChamps-Élysées, et donne à son atelier le nom dePhotographie Lord Byron[12]. À cette adresse[Note 2] est installé un certain Jean-Charles Laffon, marchand de vins[13],[14], dont Louise Laffon tient peut-être son nom d'artiste. Jean-Charles Laffon est cité comme photographe vers 1863, dans la liste des exposants de diverses expositions[15],[16],[Note 3].
Louise Laffon travaille à plusieurs reprises avec desarchéologues, auxquels la photographie apporte une aide documentaire précieuse. Ainsi, en 1862, elle photographie les objets issus desfouilles menées parErnest Renan[23] à l'occasion d'une missionarchéologique menée pendant l'expédition française en Syrie. Elle collabore plus tard avec l'archéologueFélix Ravaisson à la reproduction d'un ensemble de marbres antiques, puis photographie les marbres de lacollection Campana pour illustrer un ouvrage consacré aux œuvres de l'éphémère musée Napoléon III[24], qui préfigure lemusée du Louvre. Les planches sont deslithophotographies d’après les « clichés de L. Laffon, procédéPoitevin ». Cinq cents de ses tirages albuminés sont achetés par leVictoria & Albert Museum en 1864[25].
En 1866, est publié, sous l'égide d'Alexis Godillot, unAlbum photographique des uniformes de l'armée française, rassemblant soixante-six photographies coloriées de Louise Laffon,« rue du Faubourg-Saint-Honoréno 248, à Paris ». L'année suivante, la photographe est récompensée pour ses photographies sur soie blanche[26] d'une mention honorable à l'Exposition universelle[27].
Dans l'annuaire Firmin-Didot de 1870, elle apparaît sous le nom deMme Laffond, photographe, au 3avenue Beaucour, petite impasse qui s'ouvre au 248 rue du Faubourg-Saint-Honoré[28],[Note 5]. Au 3bis est installé un photographe du nom de Richard Nielsen, de 15 ans son cadet. Ils se marient en 1871 àCourbevoie, l'un et l'autre étant déclarésartistes peintres sur leur acte de mariage[29]. À la même époque, l'adresse commerciale de Louise Laffon devient le 14,rue de Tilsitt[30],[31], à deux pas de laplace de l'Étoile. On la trouve à cette adresse, sous le nom de Lafond, dans les éditions 1871 à 1873 de l'annuaire[4]. Dans l'édition suivante est mentionné un « Lafond photographe » tout près de là, au 29,avenue de Wagram[32]. C'est à cette adresse que meurt Jean-Charles Laffon, en 1876[33].
Louise Laffon cesse ses activités après 1876[12]. Elle est membre de la Société française de photographie jusqu'en 1885[3]. Après quoi, on perd sa trace[Note 6].
Le Musée Napoléon III. Architecture, sculpture, ornementation, terres cuites et marbres de l’ex-collection Campana. Cent planches d’après les clichés photographiques de M. L. Laffon lithographiées et imprimées par M. Lemercier, Paris, A. Morel etCie, [1863]-1864. BNF, Littérature et Art, V-5285
Marbres antiques, [Paris] : [Félix Ravaisson] ; [Paris] (14 rue de Tilsit) : Laffon, 1873 ; BNF, Estampes et Photographie, AZ-25 (1)-boîte 4
Galerie historique de l'art, [Paris] : [Félix Ravaisson] ; [Paris] (14 rue de Tilsit) : Laffon, 1873 ; BNF, Estampes et Photographie, AZ-25 (2)-boîte 4
Adrien Prévost de Longpérier,Musée Napoléon III. Choix de monuments antiques pour servir à l’histoire de l’art en Orient et en Occident, Paris, L. Guérin, 1867-1874
18 décembre 1980 - 15 février 1981.After Daguerre: Masterworks of French Photography (1848–1900) from the Bibliothèque Nationale, New York,Metropolitan Museum of Art[35]
↑LesAnnuaire-almanach du commerce de 1862 et 1863 mentionnent à cette adresse « Laffon, photographie inaltérable ». Au dos des clichés qu'elle commercialise, Louise Laffon indique : « 26, rue Vivienne - Atelier de pose - 13 rue Lord Byron ».
↑Au 13 rue Lord-Byron est toujours mentionné « Lafond, photographe » (p. 1553).
↑En, Richard Nielsen déclare la naissance d'un fils à la mairie deNeuilly-sur-Seine[34]. Il vit alors en concubinage avec la mère de l'enfant, sans qu'on sache s'il est toujours marié à Louise Laffon, divorcé d'elle ou veuf.
↑a etb« Lafond, photographe, Tilsit, 14 », surGallica,Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers, Firmin Didot et Bottin réunis,(consulté le),p. 350
↑Inventaire des tirages de la Société française de photographie.Louise Laffont
↑Acte de mariage du 7 avril 1821, entre Louis Lusignan Lazard et Louise Félicité Sebert, Saint-Eustache de Paris, état civil reconstitué, Paris, Geneaservice
↑« Laffon, vins en gros, Lord-Byron, 13 », surGallica,Annuaire général du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers,(consulté le),p. 277
↑Hippolyte-FrançoisMascret,Dictionnaire des conditions sommaires de tous les concordats homologués par les tribunaux de Paris : depuis le 24 février 1848 jusqu'au 1er janvier 1863, et contenus dans le Dictionnaire des faillites, suivi d'un supplément annuel / par H.-F. Mascret,...,(lire en ligne),p. 122 :
« Laffon, Jean-Charles, ou Jean-Claude, marchand de vins, rue Lord-Biron, 13 »
↑Exposition des beaux-arts appliqués à l'industrie, Palais de l'industrie (Champs-Élysées), Paris, Seringe frères & Poitevin,(lire en ligne),p. 20
↑Rapport de la commission impériale sur la section française de l'Exposition universelle de 1862 : suivi de documents statistiques et officiels et de la liste des exposants récompensés, Paris, impr. Claye,(lire en ligne),p. 246
↑C. de Sault, « Courrier de Paris. Lettre à Madame la baronne de *** », surGallica,Le Temps,(consulté le) :« Parmi les applications industrielles de la photographie, je remarque les épreuves sur soie de Mme Laffon, montées en écrans. »
↑Exposition universelle de 1867 à Paris. Rapports du jury international. Tome deuxième, Paris, imprimerie administrative de Paul Dupont,(lire en ligne),p. 219
↑Catalogue officiel des exposants récompensés par le jury international, Paris, Dentu,(lire en ligne),p. 36
↑« Avenue Beaucourt (sic) », surGallica,Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers : Firmin Didot et Bottin réunis,(consulté le),p. 1403
↑Ernest Renan,Mission de Phénicie, Paris, Impr. impériale, 1864-1874(lire en ligne),p. 872
↑LouiseLaffon,Galerie historique de l'art,(lire en ligne)
↑« Lafond, photographe, avenue de Wagram, 29 », surGallica,Annuaire-almanach du commerce, de l'industrie, de la magistrature et de l'administration : ou almanach des 500.000 adresses de Paris, des départements et des pays étrangers, Firmin Didot et Bottin réunis,(consulté le),p. 361
↑Theodore F. Wolff, « Startling, lively glimpses of the past through old photos »,Christian Science Monitor,(ISSN0882-7729,lire en ligne, consulté le)