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Louis fut surnommé « leHutin », non parce qu'il fut querelleur ou batailleur, mais parce que son avènement fut marqué par un temps de tumulte (hutin)[2], dû notamment à l'hostilité de la noblesse aux réformes fiscales et de centralisation lancées parEnguerrand de Marigny,Grand chambellan de France, sous le règne de son père. L'oncle de Louis — Charles de Valois, chef du parti des grands féodaux — convainc son neveu de faire exécuter Marigny en l'accusant de malversations. Louis autorise lesserfs à racheter leur liberté — ce qui constitue le premier pas vers l'abolition du servage — et admet à nouveau lesJuifs de France dans le royaume.
En 1305, Louis épouseMarguerite de Bourgogne, avec laquelle il a une fille,Jeanne, qui deviendra reine deNavarre en 1328. Marguerite, plus tard convaincue d'adultère, meurt en prison (avril 1315), Louis reconnaissant sa fille comme légitime[3]. En août 1315, Louis épouseClémence de Hongrie en l'église de Saint-Lyé dans l'Aube; celle-ci donne naissance àJean Ier le Posthume quelques mois après la mort du roi. La mort de Jean conduit à une succession disputée du trône de France.
La Navarre et la France (domaine royal), royaumes où règne Louis le Hutin respectivement depuis 1305 et 1314, sont physiquement séparées par les possessions anglaises de Guyenne et Gascogne.
Le, Louis a épousé Marguerite de Bourgogne, fille du ducRobert II de Bourgogne et d'Agnès de France, dernière fille du roi de FranceLouis IX ; Marguerite est donc la cousine germaine du père de Louis, Philippe le Bel. De ce mariage, il n'a eu qu'une fille,Jeanne, née en 1312. Avant son premier mariage, Louis a eu une fille illégitime prénommée Eudeline, qui devient plus tard nonne, puis abbesse ducouvent des Cordeliers de Paris[1]. À la Pentecôte de 1313, Louis, ses frères, leurs épouses et de nombreux nobles prennent la croix[5]. Au début de l'année 1314, Marguerite est impliquée dans l'affaire de la tour de Nesle : elle est convaincue d'adultère avec le chevalierPhilippe d'Aunay, sur le témoignage de la reine d'Angleterre,Isabelle, fille de Philippe IV le Bel et sœur de Louis[6]. Ses deux belles-sœursJeanne de Bourgogne-comté etBlanche de Bourgogne-comté — épouses respectives des frères cadets de Louis,Philippe de Poitiers etCharles de la Marche — sont, elles aussi, arrêtées[7]. Marguerite et Blanche sont déclarées coupables et condamnées à être emprisonnées à vie dans la forteresse deChâteau-Gaillard, tandis que Jeanne parvient plus tard à prouver son innocence auprès de son époux.
Louis est sacré roi de France aux côtés de sa seconde épouse Clémence de Hongrie.
Par une ordonnance du3 juillet 1315[10], et moyennant finances, Louis X abolit leservage au sein du royaume de France. Arguant que tous les hommes sont nés libres, il déclare que les serfs français sont donc libérés – bien que chaque serf doive acheter sa liberté[11]. Une commission est constituée pour entreprendre la réforme, qui établit lepeculium, ou valeur, de chaque serf[12]. Pour les serfs appartenant directement au roi, tout lepeculium revient à la couronne ; pour les serfs appartenant à des sujets du roi, le montant doit être partagé entre la couronne et le seigneur féodal concerné[12]. En l'occurrence, tous les serfs ne sont pas prêts à payer de cette manière et, en temps voulu, Louis déclare que les biens de ces serfs seront de toute façon saisis, et que les profits vont payer l'expédition militaire en Flandre[13].
Louis X est également responsable d'un changement clé dans la politique envers lesJuifs. En 1306, son père, Philippe IV, avait expulsé la minorité juive de toute la France, un événement « bouleversant » pour la plupart de ces communautés[14]. Louis a commencé à reconsidérer cette politique, motivé par les revenus supplémentaires qui pourraient être apportés à la couronne si les Juifs étaient autorisés à revenir[14]. En conséquence, il émet, le, une charte qui autorise le retour des Juifs dans le royaume, bien que celui-ci soit soumis à des conditions particulières. En effet, les Juifs ne sont réintégrés en France que pour une durée de douze ans, après quoi l'accord pourra être résilié. Ils doivent porter un brassard en tout temps, ne peuvent vivre que dans les zones où il y a eu des communautés juives auparavant, et doivent initialement être privés d'usure[15]. C'est la première fois que les Juifs de France sont couverts par une telle charte, et Louis X prend soin de justifier sa décision en se référant à la politique de son ancêtreLouis IX, à la position du papeClément V et à un argument selon lequel le peuple de France aurait demandé le retour des Juifs. Pour les Juifs, le résultat de ce rappel est moins satisfaisant que pour le roi, car ils dépendent directement de sa juridiction pour le droit de résidence et de protection[14].
Avant de mourir, peut-être pris de remords de ne pas être intervenu, il fait dédommager les enfants d'Enguerrand de Marigny, qu'il n'avait pas pu sauver, et fait rendre àRaoul de Presles les biens dont celui-ci a été spolié.
Enceinte, la reine Clémence donne naissance, le, à un fils,Jean Ier le Posthume. Celui-ci meurt au bout de cinq jours de règne (15 au 19 novembre). La question d'une éventuelle illégitimité de la princesseJeanne, issue de la première union de Louis, à la succession au trône de France se pose à la noblesse française. En effet, l'absence d'héritier mâle direct ne s'est encore jamais produite au cours dumiracle capétien. La succession à la couronne française, préalablement élective, s'était faite peu à peu par l'usage dans la filiation capétienne. Selon le « principe de la masculinité » qui régit alors les fiefs royaux, la noblesse française préfère soutenir la candidature du frère de Louis X,Philippe V le Long, déjà régent depuis la mort de Louis et qui avait fait preuve d'autorité en œuvrant pour mettre fin à la vacance du siège pontifical (1314-1316).
Dans son poème humoristiqueLes belles familles, paru en 1946 dans le recueilParoles,Jacques Prévert cite tous lesrois de France prénommés Louis, mais ne cite le surnom que d'un seul d'entre eux : « Louis X dit le Hutin »[20].
↑ed. A. Diverrès,Chronique métrique attribuée à Geoffroy de Paris, Strasbourg, Publications de la Faculté des Lettres de l’Université de Strasbourg,, v. 7711.