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Louis Tronson

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Louis Tronson
Fonctions
Supérieur général
Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice
-
Aumônier du roi(d)
à partir de
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
Formation
Activités
Père
Louis Tronson(d)Voir et modifier les données sur Wikidata

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Louis Tronson[1], né àParis le, mort le, est un prêtre catholique français, élu le troisième supérieur général de laCompagnie de Saint-Sulpice aprèsJean-Jacques Olier etAlexandre Le Ragois de Bretonvilliers.

Biographie

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Il était fils de Louis Tronson,conseiller d'État,intendant des finances, secrétaire duCabinet du Roi (†1643)[2], et de Claude de Sève, fille de Guillaume de Sève, seigneur de Saint-Julien,conseiller du roi en son Conseil d'État et en son Conseil privé[3]. Le couple eut six fils[4] et une fille connus.

Il fut baptisé le lendemain de sa naissance en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, et reçut la confirmation et la tonsure cléricale à l'archevêché de Paris le, âgé seulement de dix ans. Il fit ses études secondaires aucollège des Grassins, où il eut pour professeur de philosophie le janséniste Jean Guillebert[5]. Il fut ensuite licencié endroit canonique, et fut ordonné prêtre en1647. Il prêcha avec succès dans plusieurs églises de Paris, mais s'attacha plus particulièrement à laparoisse Saint-Sulpice, dont le curéJean-Jacques Olier était ami de son oncle Antoine de Sève et directeur spirituel de sa mère. En1654, il obtint un brevet d'aumônier du roi, et prêta serment en cette qualité le. Le, il entra dans laCompagnie de Saint-Sulpice de M. Olier, qui, très diminué à cette époque, fit chanter pour l'occasion unTe Deum dans la chapelle du séminaire.

Il fut d'abord chargé du noviciat (laSolitude), situé alors àVaugirard (séminaire Saint-Sulpice). M. Olier étant mort (),Bretonvilliers, déjà curé de Saint-Sulpice, fut élu son successeur comme supérieur général de la Compagnie, qui possédait à cette date deux autres séminaires en province (Le Puy etClermont-Ferrand) et un àMontréal[6]. Le poste de directeur du séminaire parisien fut alors créé, et Louis Tronson en fut le premier titulaire. Après la mort de Bretonvilliers (), il fut élu supérieur général (1er juillet). Il le resta jusqu'à sa mort, bien qu'à partir de1687 son état de santé ne lui permît pratiquement plus de quitter sa chambre. Sous son mandat, le nombre des séminaires de la Compagnie passa de six à dix, avec l'agrégation du séminaire deBourges en1679, de celui d'Autun en1680, de celui d'Angers en1695 et de celui deTulle en1697.

Il est notamment connu dans l'histoire pour la part qu'il prit dans la querelle duquiétisme. Il avait été le directeur spirituel du jeuneFénelon (élève au séminaire à partir de1672) et était resté lié d'amitié avec lui. En1694, il fut choisi comme arbitre dans la controverse autour des écrits deMadame Guyon; les entretiens doctrinaux entreFénelon,Bossuet etLouis Antoine de Noailles (alors encore évêque deChâlons-en-Champagne) eurent lieu dans le bâtiment d'Issy duséminaire Saint-Sulpice, où résidait Tronson, qui ne pouvait plus se déplacer (ce sont les « entretiens d'Issy »). Les réunions commencèrent en juillet1694,Madame Guyon vint elle-même en novembre-décembre, un texte de trente articles, inspiré parBossuet, fut adopté du 9 au. Tronson lui-même, affectivement proche deFénelon, mais théologiquement plutôt du côté deBossuet, joua le rôle de conciliateur[7].

Mais sa participation aux « entretiens d'Issy » ne fut pas son rôle principal dans l'histoire de l'Église catholique. Il a surtout exercé une profonde influence dans ce qui fut l'objet essentiel de son activité : la formation des prêtres. Il a beaucoup écrit dans ce domaine, et a été beaucoup lu dans les séminaires sulpiciens (en France, mais aussi au Canada et aux États-Unis) jusque dans les années 1950. Parmi ses textes édités plusieurs fois auXIXe siècle, on peut citer : leTraité de l'obéissance, leManuel du séminariste, ou Entretiens sur la manière de sanctifier ses principales actions, lesEntretiens et méditations ecclésiastiques, lesExamens particuliers (sur les examens de conscience). LeTraité des saints ordres, longtemps attribué au seulJean-Jacques Olier, a été édité par lui presque vingt ans après la mort d'Olier. Il a été accusé d'avoir infléchi l'enseignement du fondateur de la Compagnie de Saint-Sulpice dans un sens plus étroitement clérical et cultuel. Il a fortement contribué à forger l'image du prêtre catholique classique d'avant leconcile Vatican II.

Bibliographie

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Notes et références

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  1. Le nom se rencontre aussi orthographié « Tronçon ».
  2. Famille de vieille bourgeoisie parisienne : le grand-père de Louis Tronson père, Jean Tronson, futprévôt des marchands de Paris en1534 ; sa mère, Marie de L'Estoile, était la sœur dePierre de L'Estoile. Louis Tronson père fut disgracié en1626 au moment de la purge qui suivit laconspiration du comte de Chalais.
  3. Parmi les trois frères connus de Claude de Sève, donc oncles maternels dusulpicien Louis Tronson, on relève Antoine de Sève, prieur deChampdieu et d'Ulnon, abbé commendataire deLisle-en-Barrois,aumônier du roi (†1662), ami deJean-Jacques Olier et propriétaire du domaine d'Issy que lui racheta lePère Le Ragois de Bretonvilliers en1655 (l'actuelséminaire Saint-Sulpice d'Issy-les-Moulineaux).
  4. Dont Charles Tronson, conseiller auParlement de Paris en1644, et Guillaume Tronson, seigneur du Coudray, qui a laissé desMémoires sur les troubles de Paris au commencement de l'année1649 (éd. Orest et Patricia M. Ranum, Société de l'Histoire de France, Paris, Librairie Honoré Champion, 2003). La famille Tronson du Coudray (dont Guillaume Alexandre Tronson du Coudray, l'avocat de la reine Marie-Antoinette) descend de lui.
  5. Jean Guillebert, natif deCaen (1605-1666), curé titulaire deRouville, ami d'Antoine Arnauld, de l'abbé de Saint-Cyran, puis deBlaise Pascal. Sur lui,Jérôme Besoigne,Histoire de l'abbaye de Port-Royal, Cologne, 1752, t. IV,p. 376-383.
  6. Leséminaire de Lyon fut fondé en1659, celui deLimoges agrégé à la Compagnie en1666.
  7. Louis Cognet,Crépuscule des mystiques. Le conflit Fénelon-Bossuet (Histoire de la spiritualité), Paris, Desclée, 1958.

Liens externes

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