Pour les articles homonymes, voirLefébure de Fourcy,Lefébure etFourcy.
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| Sépulture | Cimetière du Montparnasse( - |
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Louis Lefébure de Fourcy, né le àPort-au-Prince et mort le àParis6e[1], est unmathématicien français.
Le père de Louis Lefébure de Fourcy, né Étienne-Louis Lefebvre, se fait appeler Lefébure du Coudray, et se marie sous le nom de Lefébure de Fourcy.
L'acte de baptême de son fils Louis porte donc bien la mention de Lefébure de Fourcy[2]. Toutefois, au cours de lapériode révolutionnaire, Louis se fait appeler du nom de son père : Étienne-Louis Lefebvre, selon l'air du temps[3]. Il ne reprend son nom d'origine qu'en 1815–1816, ce qui d'une part a été le prétexte d'une révolte des élèves de l'École polytechnique, et d'autre part a créé une confusion chez ses biographes, dont certains lui attribuent à tort le prénom de son père, Étienne-Louis.
Louis Lefébure de Fourcy, né àSaint-Domingue, passe son enfance àNantes puis est envoyé à Paris à l'Institut national des colonies[4],[5]. Il entre à l'âge de seize ans à l'École polytechnique (1803) et en sort en 1805 dans l'Artillerie.
Officier d'artillerie puis dugénie, il quitte lacarrière militaire pour les mathématiques et soutient devant lafaculté des sciences de Paris en 1811 les thèses demécanique et d'astronomie alors nécessaires pour obtenir ledoctorat ès sciences mathématiques. À l'École polytechnique, où il est nommé répétiteur-adjoint d'analyse dès et répétiteur en 1813, il devient également en 1815 répétiteur du cours degéométrie descriptive deCharles-François-Antoine Leroy, examinateur temporaire pour l'admission dans les services publics, puis en 1826 examinateur d'admission, en remplacement deLouis Poinsot[6].
En 1817, il est professeur suppléant, chargé des répétitions de mathématiques spéciales, au lycée royalLouis-le-Grand à Paris. À ce titre, il a pour élève le jeuneVictor Hugo[7]. À la création ducollège royal Saint-Louis en 1820, il y devient professeur de mathématiques.
En 1839, il est nommé suppléant deSylvestre-François Lacroix à la chaire decalcul différentiel et intégral de la faculté des sciences de Paris, et à la mort de ce dernier, il lui succède en 1843. Il conserve cette chaire durant 26 ans, jusqu'à sa mort.
Louis Lefébure de Fourcy meurt le en son domicile du 46rue de Vaugirard àParis6e[8]. Ses obsèques sont célébrées le en l'église Saint-Sulpice de Paris, puis il est inhumé aucimetière du Montparnasse : ses restes sont transférés à l'ossuaire ducimetière du Père-Lachaise en 1998[9].
Il est le père d’Eugène de Fourcy et deCharles Lefébure de Fourcy, le bisaïeul deCharles Stourm, et le trisaïeul deLouis Leprince-Ringuet et deRené-Louis Stourm.
Louis Lefébure de Fourcy a la réputation d’être désagréable avec les élèves qu'il interroge et plusieurs anecdotes lui sont associées.
Lorsqu’en 1816, juste après laRestauration, il abandonne le nom de Étienne-Louis Lefebvre pour revenir à son nom de baptême de Louis Lefébure de Fourcy, les élèves de première année de l'École polytechnique, qui devaient passer des examens oraux, en prennent prétexte pour refuser de se laisser interroger par lui. Comme il refuse de céder, les élèves quittent l'École pour manifester dans la rue. Le roiLouis XVIII, croyant que la révolte est dirigée contre lui, prononce par ordonnance du le licenciement collectif de l'ensemble des élèves, la réduction provisoire de moitié des traitements des personnels enseignants, et la fermeture de l'École. C’est à l'influence ducomte Laplace et deHéron de Villefosse qu’est due sa réouverture le.
Toujours en 1816, Louis Lefébure interrogeAuguste Comte, alors élève de2e année de l'École polytechnique. Ce dernier, irrité par les méthodes de l'examinateur, finit par mettre les pieds sur la table :« Monsieur, j'ai cru bien faire en prenant votre exemple[10] ».
LorsqueHenri Victor Regnault se présente à l'oral d'admission de Polytechnique, il est interrogé par Louis. Après une première série de questions,« la réponse ne laissant rien à désirer, un duel à outrance s'ouvrit entre l'examinateur, bien portant et maître de sa pensée, et le candidat, luttant contre l'épuisement, mais ne laissant paraître aucune défaillance intellectuelle. Aux questions succédaient les questions ;M. Lefébure semblait s'oublier ; il grossissait sa voix à mesure que celle de Regnault allait faiblissant, et l'auditoire, ému, se passionnait pour ce jeune homme près de tomber évanoui[11]. »
Lefébure de Fourcy interroge un jour un jeune homme, dans un examen de baccalauréat, sur la physique ; il lui fait une question fort simple, mais le jeune homme se trouble et ne sait rien répondre. Lefébure, impatienté, dit à un huissier qui se trouvait là :
— Apportez une botte de foin à monsieur, pour son déjeuner.
Le jeune homme, qui n'était plus aussi troublé qu'en commençant, et outré avec raison de l'affront public que venait de lui faire Lefébure, reprend aussitôt :
— Apportez-en deux, nous déjeunerons ensemble[12] !
La descendance du mathématicien n’est pas épargnée. Louis ayant décidé de préparer ses fils pour Polytechnique, son filsMichel-Eugène raconte :« Deux fois par semaine, mon père nous réunissait, un de mes amis et moi, devant son vieux tableau noir. Je redoutais comme le feu ces séances, parfois orageuses pour moi jusqu'aux larmes. Si la crainte est le commencement de la sagesse, c'est peut-être à elle que je dus mon entrée à l'École polytechnique dès le premier examen. »
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