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| Louis-Gabriel Suchet duc d'Albufera | ||
Le maréchal Louis-Gabriel Suchet, duc d'Albuféra, parJean-Baptiste Paulin Guérin. | ||
| Surnom | « Le maréchal de la guerre d'Espagne » « El Hombre justo » | |
|---|---|---|
| Naissance | Lyon | |
| Décès | (à 55 ans) Marseille | |
| Origine | Français | |
| Allégeance | ||
| Grade | Général de division | |
| Années de service | 1791 –1815 | |
| Conflits | Guerres de la Révolution française Guerres napoléoniennes | |
| Faits d'armes | Pozzolo Austerlitz Maria-Belchite Lérida Tarragone Valence | |
| Distinctions | Maréchal d'Empire Grand-croix de la Légion d'honneur Ordre du Saint-Esprit | |
| Hommages | Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile,33e colonne | |
| Autres fonctions | Membre de laChambre des pairs | |
| Famille | Père deNapoléon Suchet | |
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Louis-Gabriel Suchet,duc d'Albufera, né le àLyon et mort le àMarseille, est un militaire français, élevé à la dignité demaréchal d'Empire parNapoléon en 1811.
Fils d'un soyeux lyonnais, il commence sa carrière en 1791 en s'engageant dans laGarde nationale. Il gravit rapidement les échelons jusqu'au grade de lieutenant-colonel et participe à ce titre à lapremière campagne d'Italie qu'il termine comme commandant de la18e demi-brigade ; il occupe ensuite les fonctions de chef d'état-major en Helvétie et en Italie. Nommégénéral de division en 1799, il sert encore en Italie pendant deux ans. Sous lePremier Empire, il participe avec brio aux premières campagnes napoléoniennes à la tête d'une division.
En 1808, Suchet est envoyé enEspagne où il obtient rapidement le commandement de l'armée d'Aragon, avec laquelle il remporte une série de victoires contre les Espagnols. Excellent administrateur, et contrairement à la quasi-totalité de ses collègues, il consolide ses positions en créant une administration civile efficace et en pacifiant la région, s'attachant ainsi la population aragonaise. Il s'empare successivement des villes deLérida,Tortosa etTarragone — à la suite de quoi Napoléon l'élève à la dignité demaréchal d'Empire le — puis duroyaume de Valence. Les défaites françaises dans le reste de la péninsule l'obligent cependant à se replier sur les Pyrénées.
Rallié aux Bourbons, il reprend du service sous lesCent-Jours avec le commandement de l'armée des Alpes ; il est cette fois disgracié parLouis XVIII à laSeconde Restauration mais est finalement rappelé à la Chambre des pairs. Seul maréchal à avoir gagné son bâton pour ses victoires en Espagne, ses talents militaires sont reconnus par Napoléon qui déclare àSainte-Hélène que« s'il avait eu deux maréchaux comme Suchet en Espagne, non seulement il aurait conquis la péninsule, mais il l'aurait aussi gardée ».
Louis-Gabriel Suchet est le fils aîné de Jean-Pierre Suchet (Lyon, -), négociant soyeux et juge conservateur à la Charité de Lyon, et de Marie-Anne Jacquier (1742 - v. 1789)[1]. La famille Suchet, originaire du sud de l'Ardèche, pratique le commerce de la soie depuis plusieurs générations. Doté d’une solide instruction, Suchet entre dans laGarde nationale deLargentière en 1791, comme sous-lieutenant, puis rejoint une compagnie franche de l'Ardèche du au, lors de l'appel desvolontaires. Plein d'ardeur et de zèle, le jeune Suchet conquiert rapidement en 1792, les grades de lieutenant et capitaine. Le, il est élu lieutenant-colonel du4e bataillon de volontaires de l'Ardèche àBourg-Saint-Andéol.

Il est présent ausiège de Toulon jusqu'au. Lors de celui-ci, une colonne britannique de 2 000 hommes réalise une sortie afin de s’emparer des batteries françaises queBonaparte a installées afin d’entamer les structures d’un fort. Les Britanniques sont contre-attaqués et repoussés à la baïonnette par les soldats français, lors du corps à corps, Suchet fait prisonnier le général britanniqueCharles O'Hara, le. Après la prise de Toulon, il participe avec son unité d'origine à la répression de l'insurrection royaliste dans le Sud-Est de la France. À la tête du4e bataillon de volontaires de l'Ardèche, il participe ainsi aux massacres du village deBédoin, le.
Passé chef de bataillon à la211e demi-brigade depremière formation affecté à l'armée d'Italie, il assiste en 1794, aux combats deVado, de Saint-Jacques et à tous ceux qui sont livrés par la divisionLaharpe. En 1795, à labataille de Loano les 23 et, à la tête de son bataillon, il enlève trois drapeaux aux Autrichiens. Le, il se trouve affecté par amalgame à la69e demi-brigade de ligne, avec laquelle il prend une part glorieuse aux combats deCosseria le, deDego les 14 et et deLodi le. Le, il commande un bataillon de la18e demi-brigade dedeuxième formation dans la divisionMasséna, il participe aux combats deBorghetto le, deCastiglione le, dePeschiera le, deTrente le, deBassano le, deCerea le, où il est dangereusement blessé. À peine rétabli, il participe aux combats d'Arcole du 15 au, puis deRivoli les 13 et. Il fait la campagne qui décide letraité de Campo-Formio du. À cette époque, le général Masséna l'envoie porter au général en chefBonaparte, les drapeaux conquis dans labataille de Tarvis du 21 au. Il est blessé de nouveau à la bataille deNeumarkt in Steiermark enStyrie le1er avril.

Il est nommé chef de brigade provisoire le. En, son régiment passe enSuisse. Suchet devient chef d'état-major deBrune, commandant de l'armée d'Helvétie, lors de la brèvecampagne d’Helvétie du au. La conduite du colonel Suchet lui vaut de nouveau l'honneur de porter à Paris 23 drapeaux pris à l'ennemi. Promugénéral de brigade le, il est employé peu de temps après, en qualité de chef d'état-major par intérim à l'armée d'Italie du au, en l'absence deLeclerc, puis comme chef d'état-major en titre le, sous les ordres du généralJoubert, dont il est l'ami. Il est remplacé à ce poste parMontrichard le, tout en restant à l'armée d'Italie.
LePiémont donnant alors des inquiétudes pour la retraite de l'armée, et Joubert ayant reçu ordre d'occuper ce pays à la fin de 1798, Suchet prépare cette expédition qui se termine sans combats. Il est nommé à l'armée d'Helvétie le, mais il ne rejoint pas son poste et est destitué le. Occupé à réorganiser l'armée, il se trouve en opposition avec le commissaire duDirectoire, et cette lutte fait rendre contre lui un décret du gouvernement par lequel il est menacé d'être porté sur laliste des émigrés, s'il ne rentre pas en France sous trois jours. Il faut obéir, mais Joubert, mécontent du rappel de son ami, quitte brusquement le commandement et retourne dans sa famille. Dès son arrivée à Paris, le général Suchet parvient à se justifier, et est presque aussitôt employé comme chef d'état-major à l'armée de Mayence le.
Détaché dans lesGrisons en tant que commandant de la1re brigade de la3e division à l'armée d'Helvétie le, et séparé de l'armée pendant dix jours, il défend les positions deDavos,Bergün, etSplügen. Trompant l'ennemi qui l'entoure, il rejoint l'armée par les sources duRhin, vers lemassif du Saint-Gothard, sans être entamé. C’est lui qui porte ensuite les drapeaux ennemis pris auDirectoire. Désigné comme major général de l’armée d’Égypte, il doit se rendre à Paris pour se disculper des fausses accusations portées contre sa gestion sousBrune en Suisse et ne peut donc participer à la campagne.
Il passe en Italie comme chef d'état-major sousJoubert, le successeur deBrune le. Après la campagne désastreuse deSchérer, vaincu à labataille de Magnano le précédent, Joubert, ayant repris le commandement de l'armée d'Italie, le fait nommer le,général de division. Après labataille de Novi le, où la France perd Joubert, Suchet continue ses fonctions sousMoreau ; puis devient commandant par intérim de l'armée d'Italie à la place deChampionnet du au.
Après le 18 brumaire (),Napoléon Bonaparte chargeMasséna du commandement de l'armée d'Italie et Suchet devient commandant de l'aile gauche de l'armée le. Coupé de l'armée de Masséna dès le, il se replie sur leVar. Le, il échoue dans son attaque à Monte San Giacomo ; il se replie à partir deLoano le1er mai[2]. Du 17 au, il est commandant par intérim, en l'absence de Masséna, de l'armée d'Italie. Il reprendGênes, le, quelques jours aprèsMarengo (). Il commande le corps du centre à l'armée d'Italie le. Il devient gouverneur dePadoue en.
La campagne s'étant rouverte, en 1801, après six mois d'armistice, le général Suchet commande le centre de l'armée, composé de trois divisions fortes de 18 000 hommes. Aupassage du Mincio, il secourt et dégage le généralDupont, et fait avec lui 4 000 prisonniers sur le généralBellegarde à labataille de Pozzolo le. Après lapaix de Lunéville le, il est nommé inspecteur général d'infanterie le. Il est bien connu duPremier Consul, car il a épousé en 1799 Honorine Anthoine de Saint-Joseph, fille de l'ainée desClary et deAntoine-Ignace Anthoine,maire de Marseille.
Au mois d', Suchet est nommé commandant de la4e division du corps du maréchalSoult, stationné aucamp de Boulogne. En froid avec son supérieur, il demande àJoseph Bonaparte d'intervenir en sa faveur auprès de Napoléon pour obtenir une mutation, mais rejoint finalement son poste en novembre. Les troupes sous sa responsabilité comprennent cinq régiments d'infanterie articulés en deux brigades, auxquels s'ajoutent un régiment de cavalerie et l'artillerie divisionnaire. La4e division cantonne aux abords du port deWimereux, que Suchet s'attelle à agrandir pour y accueillir le nombre d'embarcations nécessaires au transport des troupes. Il améliore le confort de ses hommes en faisant construire des baraquements en pierre, et s'occupe également de faire paver certaines routes. Le général adhère à la proclamation de l'Empire le et se rend plusieurs fois en congé àParis au cours de l'année, sans assister cependant à la cérémonie duSacre le[3].

En, toujours en étroite relation avec l'impératriceJoséphine, Suchet obtient grâce à elle le poste de gouverneur dupalais de Laeken, près deBruxelles ; la charge bien qu'honorifique s'accompagne d'un traitement annuel de 15 000 francs, que Suchet perçoit avec régularité jusqu'en 1813. Le, sa division est inspectée par l'Empereur qui le félicite et accepte de le transférer au5e corps du maréchalLannes. La4e division, devenu la3e depuis son changement d'affectation, quitte Boulogne le : elle forme l'avant-garde de laGrande Armée qui se dirige vers l'est pour affronter les Austro-Russes enAllemagne. Suchet participe à la manœuvre d'Ulm et, le, enlève les hauteurs de Michelsberg avec l'appui de la divisionGazan et des grenadiers d'Oudinot. Il prend part à labataille d'Hollabrunn le. Lors de labataille d'Austerlitz le, la division Suchet forme l'extrême-gauche de l'armée française face au corps russe du princeBagration[4]. Elle se compose du17e léger (brigadeClaparède), des34e et40e de ligne (brigadeBeker) et des68e et88e de ligne (brigadeValhubert), à deux bataillons chacun[5].
La progression française démarre en milieu de matinée. La cavalerie russe tente de s'interposer mais est décimée par les tirs de l'infanterie de Suchet, tandis que les cavaliers deWalther et deKellermann arrivent à la rescousse et repoussent les assaillants[6]. Suchet s'avance en première ligne« en échelons, par régiments comme à l'exercice, sous le feu de l'artillerie russe »[7]. Ses hommes subissent des pertes sévères face à trois régiments de mousquetaires russes soutenus par quelques pièces d'artillerie. Au sud,Caffarelli parvient à occuper les villages de Krug et d'Holubitz et oblique au nord afin de couper la retraite aux Russes. Face à la pression conjuguée des troupes de Suchet et Caffarelli appuyées par la cavalerie, Bagration doit de se replier sur la route de Brünn jusqu'à Welleschowitz, couvert par le feu opportun de l'artillerie autrichienne déployée sur les hauteurs[8]. Au soir de la bataille, Napoléon invite Suchet à dîner[7]. Il le récompense en l'élevant à la dignité deGrand aigle de la Légion d'honneur le.
Dans lacampagne de Prusse de 1806, il devient commandant de la1re division du5e corps sous Lannes début octobre. Sa division remporte le premier avantage àSaalfeld le. Elle commence l'attaque àIéna le 14 suivant. Elle se signale de nouveau enPologne, lors de labataille de Pułtusk le. ÀOstrolenka le, la division Suchet (en compagnie des troupes des générauxOudinot etReille) affronte avec succès les Russes du généralEssen. Le, il passe avec sa division sous les ordres de Masséna. Après lapaix de Tilsitt du, le général Suchet prend ses cantonnements enSilésie et commande le5e corps qui est envoyé enEspagne l'année suivante. Il devientcomte de l'Empire le.

Le, il est nommé commandant de la1re division du5e corps sous Mortier à l'armée d'Espagne. Unique maréchal à gagner son titre dans la péninsule, il réorganise les unités françaises sous son commandement, établit une discipline sévère, administre sagement, ce qui lui donne l’affection des Espagnols. Suchet est par ailleurs le seul des chefs français à réussir complètement la pacification de la zone dont il est chargé. Il se distingue par une série impressionnante de menées à la tête de l'armée d'Aragon. Le, la division Suchet ouvre lesiège de Saragosse, sur la droite de l'Èbre, où elle obtient des succès jusqu'à la reddition de la ville le. Nommé le, général en chef du3e corps (armée d'Aragon) à la place de Junot, et gouverneur de cette province.
Le jour de son arrivée au commandement, le général espagnolJoaquín Blake y Joyes se présente avec 25 000 hommes devantSaragosse. Les troupes espagnoles chassent la garnison française d'Alcañiz et s'y retranchent. Suchet se porte à leur rencontre le. Les premiers affrontements sont indécis ; les Français avancent sous un feu nourri tandis que la cavalerie espagnole est taillée en pièces par son homologue française. Suchet envoie l'infanterie du généralFabre contre la forteresse afin d'emporter la décision, mais elle est décimée par l'artillerie espagnole[9]. Ce dernier échec force pour la première fois Suchet au repli, après avoir perdu environ 1 500 soldats tués ou blessés[9]. Quelques jours plus tard, le, il prend sa revanche sur Blake àMaria. Les troupes françaises dispersent rapidement les soldats espagnols et les poursuivent, leur infligeant des pertes de 1 200 tués, 400 prisonniers, 25 canons et 3 drapeaux[10]. Le Suchet complète la défaite de Blake àBelchite, où l'action coordonnée de son infanterie et de sa cavalerie (4e régiment de hussards etlanciers de la Vistule) met les Espagnols en déroute. Ces derniers laissent 800 hommes sur le terrain et abandonnent aux troupes françaises 4 000 prisonniers, 9 pièces d'artillerie et un drapeau[11]. Ces succès renversent le projet des Espagnols de se porter sur lesPyrénées. L'administration juste et modérée de Suchet, son impartiale intégrité envers les habitants auxquels il conserve leurs emplois, sa protection particulière pour le clergé, sa sévérité sur la discipline, lui attachent les Aragonais et lui créent des ressources.

Au milieu de la disette générale, son armée devient florissante, et après une marche surValence, en, elle commence ses mémorables campagnes. Le, Suchet remporte la victoire lors du combat du pont d'Alventosa, occupeSegorbe le et échoue àValence courant mars.Lérida, écueil des grands capitaines,tombe la première en son pouvoir le, après une victoire complète remportée sur legénéral O'Donnel àMargalef le, sous les murs de la place. Les troupes de ce dernier, voulant secourir les assiégés, sont rompues sous les charges des cuirassiers français et se replient en désordre[12].Mequinenza est forcée de capituler le,Tortose ouvre ses portes le, après 13 jours de tranchée ouverte, le fort San Felipe, au col de Balaguer, est pris d'assaut le suivant.Tarragone,la Forte, succombe le après 55 jours de siège, ou plutôt d'une continuelle et terrible bataille, en présence et sous le feu de l'escadre britannique, de ses troupes de débarquement et de l'armée espagnole de Catalogne. Il prendMontserrat le. Le bâton demaréchal d'Empire est le prix de cette campagne :Napoléon le lui octroie le.
Le, le maréchal ouvre la campagne de Valence en mettant le siège devantSagonte. Il occupeMurviedro le. Les forts de l'antique Sagonte, qui couvrent cette capitale, relevés à grands frais par les Espagnols, l'arrêtent. La garnison de Sagonte a repoussé deux assauts. La ville continue d'être battue en brèche :Blake sort de Valence avec 30 000 hommes pour la secourir, et est défait totalement, àPuebla de Benaguasil le.Oropesa est assiégée et prise le.Sagonte capitule le, le maréchal y est blessé à l'épaule par balle. Le, ayant reçu le corps de réserve deLa Havane, et sans attendre les divisions duPortugal, il passe leGuadalaviar, investit Valence, presse le siège et le bombardement, et force Blake à capituler le. Le 10, les Espagnols au nombre de 17 500 hommes d'infanterie et 1 800 de cavalerie, se rendent, et Valence est occupée. Le le fort deDénia et le la place dePeñíscola tombent en son pouvoir, et complètent la conquête duroyaume de Valence.

Le, il estduc d'Albuféra et gouverneur du pays deValence[13],[14]. Gêné par unefistule anale, il est opéré avec succès en avril par le premier chirurgien de l'Empereur,Boyer, dépêché tout exprès par Napoléon pour permettre à Suchet de demeurer en Espagne[15]. Après divers engagements victorieux, contre le généralEnrique José O'Donnell et l'armée espagnole, il subit une défaite à labataille de Castalla le. Après avoir reçu à Valence en avril, le commandement de l'armée d'Aragon et de l'armée de Catalogne, il réunit ces deux armées pour marcher contre l'armée britannique. Le maréchal fait le, lever lesiège de Tarragone, entrepris depuis le par le généralMurray qui doit rembarquer ses troupes à la hâte et y perd toute son artillerie.
La retraite de l'armée française au-delà des Pyrénées après labataille de Vitoria le, l'oblige à évacuer Valence le, dix-huit mois après la reddition de cette ville. Il laisse des garnisons à Dénia, Sagonte, Peniscola,Tortose,Lérida etMequinenza approvisionnées pour plus d'un an. Le, aucol d'Ordal, son infanterie emporte les redoutes occupées par les troupes anglaises sous le commandement delord Bentinck tandis que la cavalerie française, poursuivant l'ennemi le, s'empare du village de Vilafranca avec l'aide d'un bataillon d'infanterie et repousse les forces ennemies qui s'y sont rassemblées[16]. Suchet se retire de Tarragone le. Il est nommé gouverneur de laCatalogne le. Suchet est alors nommé colonel général de laGarde impériale le, en remplacement du maréchalJean-Baptiste Bessières, qui vient de trouver la mort dans un combat près de Weissenfels. Le duc d'Albuféra occupe pendant six mois la Catalogne.
Vingt mille hommes lui ayant été demandés pour la France en, il se rapproche alors des Pyrénées. Malgré la faiblesse de son armée, réduite à neuf mille hommes, Suchet persiste à rester en Espagne pour assurer la rentrée de 18 000 hommes de garnison, et surtout pour empêcher l'ennemi d'envahir la frontière. Il est encore vainqueur àMolino del Rey le. Le, il reçoitFerdinand VII, à qui Napoléon a rendu sa liberté par letraité de Valençay en échange d'une promesse de neutralité qu'il ne tiendra pas. Suchet remet le roi à l'armée espagnole du généralFrancisco Copons y Navia. Il évacue la Catalogne en. La frontière desPyrénées-Orientales reste inviolée jusqu'à la chute de l'Empire. Il est nommé le commandant en chef de l'armée du Midi.
| Louis-Gabriel Suchet | |
Adèle Gault (d'aprèsJean-Baptiste Paulin Guérin),Le maréchal Suchet, duc d'Albufera (1770-1826),musée de l'Armée,Paris. | |
| Fonctions | |
|---|---|
Membre de laChambre des pairs | |
| – | |
| Monarque | Louis XVIII de France |
Membre de laChambre des pairs | |
| – (1 mois et 22 jours) | |
| Monarque | Napoléon Ier |
Membre de laChambre des pairs | |
| – (6 ans, 9 mois et 29 jours) | |
| Monarque | Louis XVIII Charles X |
| Successeur | Napoléon Suchet (À titre héréditaire) |
| Biographie | |
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Instruit officiellement de l'abdication de l'Empereur, et croyant voir le vœu de la nation dans ce décret du Sénat, rallié à laRestauration, il fait reconnaîtreLouis XVIII par l'armée dont le gouvernement royal lui conserve le commandement. De retour à Paris, il est nommépair de France le, gouverneur de la14e division militaire à Caen, le etcommandeur de Saint-Louis le, puis, le, gouverneur de la5e division àStrasbourg. Tant que les Bourbons demeurent sur le territoire français, le duc d'Albuféra reste fidèle au serment qu'il leur a prêté et maintient les troupes dans l'obéissance : resté sans ordres ni instructions du gouvernement royal, et jugeant, par les premiers actes ducongrès de Vienne, que les forces étrangères se disposent à envahir la France.
Pendant lesCent-Jours, il est nommé commandant le5e corps d'observation à Strasbourg le. Le maréchal se rend à Paris le, dix jours après l'arrivée deNapoléonIer, pour recevoir de nouveaux ordres. Il reçoit le celui de se rendre àLyon pour y rassembler une armée. Suchet se voit confier le commandement du7e corps appelé l’armée des Alpes le[17]. Il dispose en tout de deux divisions d'infanterie, six escadrons de cavalerie, un peloton de la gendarmerie et de 42 canons, pour un total d'environ 9 000 hommes[18]. Il est nommé, le suivant, membre de la chambre impériale des pairs.
À la tête de ces nouvelles troupes, il se porte vers lesAlpes et, malgré l'inexpérience de ses troupes composées pour la plupart de gardes nationaux et le manque de chevaux, envahit laSavoie le ; bat les Piémontais le, et quelques jours après les Autrichiens àConflans. L'arrivée de la principale armée autrichienne àGenève l'oblige à quitter laSavoie et à se replier sur Lyon le.
Informé le de ladéfaite de Waterloo[19], le duc d'Albuféra négocie le avec les Autrichiens une capitulation honorable qui, en sauvant sa ville natale, conserve à la France pour dix millions de matériel d'artillerie. Le même jour, il envoie trois généraux pour annoncer au roi qu'il est reconnu par l'armée : à cette occasion,Louis XVIII confirme son commandement.
Exclu de laChambre des pairs par l'ordonnance du 24 juillet 1815, au moment de l'épuration des personnes les plus compromises avec le régime précédent, le duc d'Albuféra est rappelé dans cette chambre par une ordonnance du. Malgré ses espérances, il ne participe pas à l'expédition d'Espagne de 1823[20].
Il meurt le dans son château de Saint-Joseph, près deMarseille. Sa dépouille est transportée à Paris et le maréchalMortier prononce, à la Chambre des pairs, son éloge funèbre[21]. Il repose aucimetière du Père-Lachaise (division 39)[22].

Pour l'historienJacques Jourquin, Suchet est le« maréchal de la guerre d'Espagne »[23]. Seul général à avoir obtenu son bâton pour des victoires dans la péninsule Ibérique[24], il se révèle également comme l'un des rares maréchaux capables d'exercer un commandement indépendant[25]. Jean-Yves Puyo note ainsi qu'« à défaut d'être passé à la postérité à l'exemple des Lannes, Murat, Ney ou encore Soult, [Suchet] demeure un des plus brillants serviteurs du Premier Empire »[26]. Tout à la fois excellent administrateur et général talentueux, il parvient à inculquer à ses troupes un esprit de corps qui lui permet d'amalgamer à ses forces un certain nombre d'unités étrangères et d'inciter ses hommes à donner le meilleur d'eux-mêmes. Il est en outre un organisateur remarquable qui conduit toujours ses opérations avec méthode et sait tirer parti de ses succès[27]. N'hésitant jamais, dans ses rapports, à mettre en valeur les actions de ses officiers et à solliciter pour eux des distinctions[28], il est populaire auprès de ses soldats, dont il se préoccupe du bien-être y compris dans un contexte aussi difficile que l'Espagne[29]. Jeanne A. Ojala écrit :
« Trois principes guidèrent la conduite et le style de commandement de Suchet : tout d'abord, la discipline était la base d'une armée puissante ; ensuite, le succès et la discipline étaient tributaires d'une bonne administration (paiement régulier de la solde ainsi que ravitaillement, équipements et hôpitaux adéquats) ; et enfin, les officiers devaient faire preuve d'intégrité et ne pas vivre avec ostentation, afin de ne pas offenser le soldat ordinaire. Même si d'autres généraux auraient pu acquiescer à ces principes, Suchet en était littéralement pénétré — caractéristique qui, à elle seule, le distingue de la plupart des grands commandants de Napoléon[29]. »
Sous son administration, les provinces espagnoles relevant de son autorité acquièrent très vite la réputation d'être aussi paisibles que n'importe quel département français[30]. L'un des biographes du maréchal, Frédéric Hulot, écrit :« on est bien obligé d'admettre que sa méthode [à Suchet] fut la seule qui permit d'espérer arriver à une pacification et un ralliement de la population au roi Joseph », même si, faute de temps et de moyens, son œuvre demeure inachevée[31]. En reconnaissance de sa gestion avisée, il est surnommé par les EspagnolsEl hombre justo (« l'homme juste »)[32] ; à sa mort en 1826, une messe est célébrée en sa mémoire à lacathédrale de Saragosse et le roi d'EspagneFerdinand VII écrit à sa veuve pour lui dire que le souvenir agréable laissé par Suchet en Aragon et dans le royaume de Valence est toujours vivace[33]. Bon nombre d'officiers ayant servi sous les ordres de Suchet en Espagne effectuent par la suite de brillantes carrières militaires[34] et les méthodes employées par le duc d'Albuféra dans la péninsule Ibérique influencent grandement la politique conduite quelques décennies plus tard enAlgérie par l'un de ses anciens subordonnés, le maréchalBugeaud[35].
ÀSainte-Hélène, Napoléon déclare que« s'il avait eu deux maréchaux comme Suchet en Espagne, non seulement il aurait conquis la péninsule, mais il l'aurait aussi gardée »[36]. Lors d'une conversation avec le docteurO'Meara, qui lui demande quel fut son meilleur général, l'Empereur répond :« cela est difficile à dire, mais il me semble que c'est Suchet »[37]. L'historien russeOleg Sokolov, classant les mérites des grands capitaines de l'armée impériale, considère Suchet comme le meilleur maréchal de Napoléon avecDavout et note qu'il est« l'unique maréchal qui puisse se vanter de n'avoir pas eu de défaite en Espagne »[24]. Ce jugement fait écho à celui de Bernard Bergerot, qui écrit que Suchet est« invaincu dans toute sa campagne d'Espagne »[38], et de Jean-Joël Brégeon, pour qui« égrener les victoires de Suchet (qui ne subit aucun revers) et de ses subordonnés est un peu fastidieux »[39].
D'autres historiens portent cependant un jugement plus nuancé sur l'action de Suchet en Espagne. Ainsi, Philip Haythornthwaite, qui décrit par ailleurs Suchet comme « le plus efficace des maréchaux français ayant servi dans la péninsule », estime que son bilan est mitigé dans la mesure où, si le duc d'Albuféra est généralement reconnu pour son approche plus humaine que celle de ses collègues, cela ne l'a pas empêché de recourir à des méthodes brutales, comme lors dusiège de Lérida où il ordonne de masser des civils espagnols devant ses troupes afin de précipiter la reddition de la ville[40]. De même, les exactions commises par ses hommes durant laprise de Tarragone en 1811 sont sévèrement critiquées, en particulier par ses adversaires britanniques et espagnols, à tel enseigne que Suchet juge nécessaire de se justifier sur ce point dans sesMémoires[41]. Dans son ouvrage consacré aux maréchaux napoléoniens engagés dans la guerre d'Espagne, Richard Humble tempère les louanges accordées à ce dernier : « Suchet a souvent été reconnu comme le plus grand des maréchaux déployés dans la péninsule, mais ses admirateurs négligent la plupart du temps de souligner qu'il pouvait être tout aussi factieux et borné — avec ses supérieurs ou ses camarades chefs de corps — que n'importe lequel d'entre eux », ajoutant que sa chance est de n'avoir jamais affrontéWellington sur le champ de bataille[42].
Il publie sesMémoires sous le titre :Mémoires du maréchal Suchet, duc d'Albufera, sur ses campagnes en Espagne : depuis 1808 jusqu'en 1814, Adolphe Bossange,
| Figure | Blasonnement |
| Armes du1er comte Suchet et de l'Empire (, lettres patentes du),général de brigade (3 germinal an VI ()),général de division (22 messidor an VII ()),maréchal de l'Empire (),Légionnaire (19 frimaire an XII ()), puisGrand officier (25 prairial an XII ()), puisGrand aigle de la Légion d'honneur (, confirmé Grand-croix de l'ordre royal de la Légion d'honneur le), Chevalier de l'ordre de la Couronne de Fer (), Commandeur de l'ordre de Saint-Henri de Saxe (), Coupé, au 1, parti, du quartier des comtes militaires de l'Empire et d'or à un demi-vol d'aigle renversé de sable ; au 2 de gueules au pont d'or, sommé d'un lion passant du même tenant de la patte dextre un rinceau de grenadier d'or.[43],[44],[45],[46],[47] | |
| Armes duduc d'Albuferaet de l'Empire (),Commandeur de Saint-Louis (), Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit,Pair de France (, (Cent-Jours), révoqué le, réintégré par lettres patentes du,duc et pair avec dispense de majorat par autres lettres du), Parti de trois traits, coupé d'un autre, qui fait huit quartiers : au 1, d'or, à quatre vergettes de gueules, à trois fers de pique d'argent, 2 et 1, brochant sur le tout ; au 2, d'argent, à une tour sommée de trois tourelles de sable ; au 3, contre-écartelé, de gueules à une tour de sable, et d'or à un arbre de sinople ; au 4, d'argent, à trois pals ondés d'azur ; au 5, d'azur, à une galère d'argent de six rames, surmontée des lettres S A G, et acc. en pointe d'un dauphin et d'une coquille d'argent ; au 6, d'or, à quatre vergettes de gueules, et un lis d'argent, brochant sur le tout ; au 7, d'azur, à une tour sommée de trois tourelles de sable, sur une terrasse de sinople ; au 8, d'or, à cinq étoiles d'azur, 2, 1 et 2. Sur le tout : coupé, au 1, parti, à dextre, d'azur à une épée d'argent, montée d'or ; à sénestre, d'or à un demi-vol d'aigle renversé de sable ; au 2 de gueules au pont d'or, sommé d'un lion passant du même tenant de la patte dextre un rinceau de grenadier d'or. Au chef des ducs de l'Empire brochant. Supports : deux léopards lionnés[48],[49],[50],[51]. |
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