« De quel droit ceux qui s'appellent seigneurs, dominent-ils sur nous ? À quel titre ont-ils mérité cette position ? Pourquoi nous traitent-ils comme desserfs ? Puisque nous descendons des mêmes parents, Adam et Ève, comment peuvent-ils prouver qu'ils valent mieux que nous, si ce n'est qu'en exploitant nos labeurs, ils peuvent satisfaire leur luxe orgueilleux ? »
Lollards semble venir du moyenallemandlollaert, dont la racinelullen signifie marmonner, chantonner à voix basse. Une autre hypothèse rattache ce nom àWalter Lollard, un prédicateur vaudois[3].
L'appellation deLollards fut d'abord attribuée à certains groupes d'Europe continentale (Hollandais) suspectés de cacher des croyances hérétiques sous couvert de dévotion, mais après 1382, elle fut attribuée aux partisans deJohn Wyclif, auxquels elle resta attachée.
Le premier groupe de Lollards se forme àOxford autour deNicolas Hereford, docteur en théologie. Le mouvement Lollard attire dans ses rangs des universitaires, des artisans, des marchands et même quelques lords, telJohn Montagu.
1377 : les thèses de Wyclif sont condamnées par le Pape[1].
1381 : sans y participer, ils contribuent par leursprédications à unerévolte des paysans[1] dans leSussex et leKent. Nobles et clercs sont massacrés. Londres est envahi. Cette révolte est durement réprimée parRichard II.
1382 :bible entière traduite, pour la première fois, dans lalangue vernaculaire de l'Angleterre[1]. Les Lollards veulent la pratique d'une foi simple et « évangélique » : tout homme doit avoir le libre accès aux Écritures dans sa propre langue[1].
1395 : requête desDouze Conclusions demandant au parlement l'abolition ducélibat des prêtres et du dogme de latranssubstantiation[1]; à ces revendications s'ajoutent l'abandon des prières pour les morts, des offrandes faites aux images, de laconfession et de plusieurs autres pratiques considérées comme des abus de l’Église catholique romaine.
1399 : avènement d'Henri IV, vague de répression contre l'hérésie[1].Thomas Arundel, l'archevêque deCantorbéry est l'adversaire le plus déterminé des Lollards.
1417 : mort de Sir John Oldcastle. Les Lollards sont contraints à la clandestinité[1].
1440 : exécution du dernier intellectuel ayant défendu publiquement les thèses lollardes[1]. Leur influence se maintient néanmoins dans les campagnes au-delà des années 1500.
Ce mouvement annonce certaines idées de laRéforme protestante notamment la traduction de la bible et dispose favorablement l'opinion à accueillir la séparation de l'Église d'Angleterre d'avec Rome, décidée parHenri VIII en 1534.
↑Dictionnaire des hérésies, des erreurs et des schismes, ou Mémoires pour servir à l'histoire des égaremens de l'esprit humain par rapport à la religion chrétienne, A. Royer,(lire en ligne)