Prières dans le judaïsme | |
![]() Juifs en prière,Ivan Trutnev, 1911 | |
Sourceshalakhiques | |
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Textes dans la Loi juive relatifs à cet article | |
Bible | Deutéronome 11:13 |
Mishna | Traité Berakhot, chapitre 4 |
Mishné Torah | Sefer Ahava, Hilkhot Tefilla ouBirkat Cohanim, chapitre 1 |
Tour/Choulhan Aroukh | Orah Hayyim chap. 89 à 127 |
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Laprière (hébreu :תפילהtefilla, yiddish occidental : אורעןoren, yiddish oriental : דאַווענעןdavenen, judéo-espagnol :oración) est considéréedans le judaïsme comme une prescription biblique et forme une importante part de sa pratique.
Elle se substitue auculte du temple après la destruction de celui-ci, et est donc modelée sur celui-ci. Un jour ordinaire comprend par conséquent trois offices de prière — matinal (sha’harit), vespéral (arvit oumaariv) et lamin’ha qui se tient dans l’après-midi — auxquels s’ajoutent un office supplémentaire (moussaf) lors deschabbat,néoménies etjours de fête, et un office dit de clôture (ne’ila) propre aujour des propitiations. Ces prières se font idéalement dans unemaison de prière qui sert de substitut au temple et nécessitent unquorum de dix hommes âgés de treize ans au moins.
La liturgie juive se constitue vraisemblablement à l’ère du second temple[1]. Elle est fixée dans lapériode des gueonim où apparaissent les premierssiddourim (« rituels »), destinés aux orants qui requièrent désormais un support écrit pour prier correctement, et enrichie pardiverses pièces conçues pour l’embellir et la diversifier.
L'interprétation de lahalakha (loi judaïque) par lejudaïsme orthodoxe établit que les hommes juifs doivent prier :
Les femmes juives doivent prier au moins une fois chaque jour, mais sans une longueur fixe, et le système des prières journalières n'est pas requis pour les femmes.
Le judaïsme dumouvement Massorti traite aussi le systèmehalakhique des prières journalières multiples comme obligatoire. Dès 2002, les juives du mouvement Massorti sont vues comme obligées comme les juifs du mouvement de prier les mêmes prières, et aux mêmes moments de la journée. Les communautés traditionnelles, et les juives à l'individu sont permises de s'abstenir des prières.[1][PDF]. Les congrégations dujudaïsme libéral utilisent des portions de la liturgie traditionnelle dans les offices, mais ils ne considèrent pas lahalakha comme un commandement.
Pour les juifs, il y a une différence entre la prière en communauté (enminiane ou quorum) et la prière privée (personnelle). La prière en communauté est plus désirable, puisque cela permet de pratiquer des portions du rite, comme la lecture dukaddish par exemple, qui ne peuvent être pratiquées sans un quorum.
La plupart de la liturgie juive est chantée ou parlée en rythme avec une mélodie traditionnelle ou unnigoun. Lessynagogues peuvent désigner ou même embaucher unhazzan ou chantre afin de diriger la congrégation dans les prières. L'embauche ou la désignation d'un hazzan d'entre les membres de la congrégation par leRabbin de la communauté dépend de la grandeur de la synagogue. Dans les temps modernes, beaucoup de compositeurs ont écrit de la musique pour leKabbalat Shabbat, y compris les compositeurs américainsRobert Strassburg (1915-2003) etSamuel Adler[2],[3].
D'après leTalmud[4], la prière est un commandement biblique :« vous le servez de tout votre cœur et de toute votre âme »[5]. –« Quel est le service fait avec son cœur ? C'est la prière ». Les prières sont donc connues commeAvodah sheba-Lev (le service du cœur).Maïmonide[6] catégorise la prière aussi comme un commandement biblique, mais dit que le nombre de prières et leur temps assigné ne le sont pas. C'est de cette citation que certaines autorités suggèrent que les femmes ne doivent prier qu'une fois par jour (normalement le matin), bien qu'elles peuvent prier toutes les trois prières journalières.
LeTalmud[7] donne des raisons différentes pourquoi il y a trois prières de base.
Il y a des références bibliques supplémentaires qui suggèrent que le roiDavid et le prophèteDaniel ont prié trois fois par jour. Dans lesPsaumes, David dit : "Le soir, le matin, et à midi, je soupire et je gémis, Et il entendra ma voix" (55:18). Comme dansDaniel : "[...] les fenêtres de la chambre supérieure étaient ouvertes dans la direction de Jérusalem; et trois fois le jour il se mettait à genoux, il priait, et il louait son Dieu, comme il le faisait auparavant" (6:10).
Maïmonide[8] raconte que jusqu'à l'exil babylonien les juifs ont créé leurs propres prières. Après l'exil, les sages du jour (unis depuis la Grande Assemblée) ont décidé que le peuple n'était plus capable de pratiquer par lui-même, donc les sages ont créé la plus grande partie du siddour, comme l'Amidah. Le langage des prières emploie l'idiome biblique, bien qu'il date de la période du Deuxième Temple. D'après certaines autorités, elles ne devraient pas contenir les idiomes des rabbins ni Mishnah, à part les sections de Mishnah qui y sont déjà contenues (à voir Baer).
La loi juive permet que les prières puissent être dites dans n'importe quelle langue comprise par celui qui dit la prière. Les synagogues orthodoxes ashkénazes utilisent l'hébreu seul, et la langue locale pour les serments et directions. Les synagogues massorti utilisent l'hébreu pour environ 75 % jusqu'au 100 % de leurs rites, selon la coutume locale. Le reste est dirigé dans la langue locale.
Les synagogues du judaïsme libéral (qui sont appelés 'temples' en Amérique du Nord) utilisent de 10 à 50 % de l'hébreu. La plupart des offices sont dans la langue locale. Les coutumesSéfarade changent de lieu en lieu mais il est permis d'utiliser soit leportugais ouladino pour des moindres ou plus grandes parties des offices, même dans les communautés plus traditionnelles ou orthodoxes.
La lecture de la prière en Hébreu apporte une dimension spécifique au texte, par l'usage qui y est fait de la lettre alef (premier caractère de l'alphabet hébraïque) dans un mot. À sa lecture, cette lettre se doit de ne pas être prononcée car elle représente Dieu dans son essence et le nom qu'elle exprime est propre au judaïsme. Par contre si la bouche ne voit pas la lettre, l'esprit lui, souffle le nom vrai de Dieu à chaque lecture. À la mélodie de la langue utilisée pour la prière, sa présence régulière à la vue dans le texte ajoute une cadence comme une mélopée, psalmodiée, non avec la bouche mais par la pensée.
Article principal :Miniane
Bien que la prière en solitaire soit permise et acceptable, la prière en quorum de dix adultes ou un miniane est vue comme « prière de la communauté ». Ceci est la forme de la prière la plus désirable. Le judaïsme n'a pas compté que les hommes pour la miniane de prière organisée, sous l'idée que seuls ceux qui y sont obligés devraient être comptés dans le quorum. Depuis 1973, beaucoup de congrégations du Mouvement Massorti comptent les femmes pour le miniane, bien que ce soit la décision des congrégations et non pas une règle fixe. Celles des congrégations reconstructionnistes et libérales qui considèrent que le miniane est ordonné pour la prière en communauté comptent les hommes et les femmes. Le judaïsme orthodoxe, d'après certaines autorités, compte les femmes parmi le miniane pour certaines prières spécifiques, comme la bénédiction Birkat HaGomel (Bénédiction de reconnaissance), où les hommes et les femmes sont obligés à le dire en public.
L'attention correcte oukavvanah est vue comme essentielle à la prière. Il n'y a que certains passages qui sont inadmissiblesa posteriori si on les dit sans la concentration adéquate. Ces passages sont la première ligne duShema Israël et la première des dix-neuf bénédictions de laAmidah.
Des prières variées sont faites lorsqu'on se lève le matin; leṣīṣith (un petit vêtement avec de franges) est porté à ce moment. Leṭallīth (châle de prière) est porté soit avant, soit pendant les offices de prières, ainsi que lestefillīn (phylactères); les deux sont associés à des bénédictions spécifiques.
Les offices commencent par les « bénédictions du matin » oubirkhot ha-chaḥar, y compris les bénédictions pour leTorah qui sont tenues comme les plus importantes. Pour les offices de congrégations orthodoxes, ils sont suivis de la lecture des écrits biblique et rabbinique sur les offrandes oukorban fait dans le Temple à Jérusalem. Cette portion des offices termine par le« Qaddich du Rabbin » ou leqaddich de-rabbanan).
La portion suivante s'appelle lePessouqé de-zimra ("versets de louanges"), compris de plusieurstehillim (100 et 145 à 150), et de prières (comme leyehi khevod) composées de versets bibliques comme une grande poésie, et suivi du Chant de la Mer (Chīraṯ-hayyām). (L'Exode, chapitres 14 et 15).
Barekhou, ou l'appel formel aux prières, prononce une série de bénédictions pour ceux qui disent leChemaʿ Yisrāēl. Suivant laQeri'aṯ-Chemaʿ le centre des offices, laʿAmīḏā ouChemoné ʿEsré, une série de 19 bénédictions. L'autre partie des offices, lesTaḥannounim, ou supplications, est supprimée les jours de fêtes, et d'habitude, en entier par le judaïsme libéral.
Le lundi et jeudi, unelecture de la Torah est ajoutée. Les textes de clôture et leʿAlénou lechabbéyaḥ suivent, avec le Qaddich des endeuillés immédiatement après.
LesSéfarades etBene Roma ou juifs italiens commencent le Mincha avecPsaume 84 et leKorbanot (Nombres 28:1 à 8), et d'habitude continuent avec lePittum hakketoret.
Le commencement se conclut avecMalachie 3:4. Les prières continuent comme ce qui suit. (LesAshkénazes commencent d'ici.) L’Ashrei, compris des versets des Psaumes 84, 144, 115 et 141 et l'entier du Psaume 145, suivi par la moitié du Kaddisch et leShemoneh Esreh (Amidah). Ceci est suivi d'une version raccourcie duTachanun, supplications, et ensuite le Kaddisch en entier. LesSéfarades utilisent soit Psaume 67, soit Psaume 93, suivi du Kaddish de Deuil. Après tout ceci, selon les offices modernes, suit l'Alenou. Les Ashkénazes terminent ensuite avec la conclusion du Kaddisch de Deuil.
Ces offices commencent avec leBarechu, l'appel formel au public à prier, et aussi une série de prières associées auShema Yisrael. Ces prières sont suivies de l'Hashkiveinu
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Articles liés |
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