Ne doit pas être confondu aveclittérature malaise.

Lalittérature ditemalaisienne fait référence aux œuvres littéraires produites depuis la formation définitive de l'État malaisien en 1963, avec le rattachement à lapéninsule Malaise des territoires britanniques deBornéo (Sabah etSarawak). Fruit de plusieurs cultures entremêlées, elle est majoritairement écrite dans l'une des quatre langues principales du pays : lemalais — seule langue nationale depuis 1967 — de manière prédominante, l'anglais, lechinois et letamoul. Elle dépeint les différentes facettes de la vie malaisienne et constitue un pan important de la culture populaire locale.
En l'absence de formes d'écriture, les tout premiers travaux littéraires issus de la région furent d'abord transmis par voie orale. Lalittérature orale regroupe un ensemble de formes folkloriques privilégiées par l'ethnie malaise, à l'image des mythes, légendes, contes populaires, poésie, proverbes,épopées et autres romances. Si latradition orale fut particulièrement florissante chez lesMalais, elle se maintient aujourd'hui aussi chez les peuples aborigènes de la péninsule malaise - lesOrang Asli - et de Bornéo.
La littérature malaise classique comprend deux courants : un courant populaire et un courant plus élaboré qui s'est développé dans les cours dessultanats. Les genres littéraires sont variés. Parmi les genres enprose, on trouve lehikayat (épopée), lecerita (récit), lesejarah (histoire) ousilsilah (généalogie) et leundang-undang (recueil de coutumes). Parmi les genres poétiques les plus connus et qui ont engendré la plus grande production, on note lepantun (à ne pas confondre avec lepantoum, bien qu'il en soit l'ancêtre) et lesyair.Nombres d'œuvres de la littérature malaise classique relatent des évènements historiques ou imaginaires se rapportant à telle région de l'archipel ou de la péninsule. Ces œuvres dites historiques comprennent généralement deux parties. La première est mythique ou légendaire et cherche à asseoir la légitimité du souverain en lui attribuant des origines fabuleuses, le faisant descendre, par exemple, d'Alexandre le Grand, d'un roi à la naissance extraordinaire ou du prophèteAdam. La deuxième partie est plus réaliste. Il en est ainsi des fameux textes deSejarah Melayu (Les Annales Malaises) etHikayat Hang Tuah (L'Épopée de Hang Tuah), mais aussi, entre autres, deHikayat Raja-Raja Pasai (Histoire des rois dePasai),Hikayat Merong Mahawangsa (sur l'histoire duKedah) ouMisa Melayau (sur l'histoire duPerak).
La littérature malaise classique s'est aussi inspirée d'épopées indiennes, persanes ou javanaises desquelles furent tirées des transpositions qui forment aujourd'hui le socle de la tradition littéraire locale.Hikayat Sri Rama est ainsi l'adaptation de la fameuse épopée indienne duRamayana.Hikayat Pandawa Lam (Histoire des cinqPandava) etHikayat Pandawa Jaya (Histoire des Pandava victorieux) dérivent duMahabharata.Hikayat Kalilah dan Dimnah est la version malaise duPañchatantrasanskrit. Parmi les transpositions d'œuvres persanes, on trouveHikayat Muhammad Hanafiyyah ou encoreHikayat Bakhtiar ; parmi celles d'histoires en langue javanaise, on peut noterCerita Panji,Hikayat Panji Semirang etSyair Panji Semirang, qui ont toutes pour héros le prince Panji. Beaucoup de ces œuvres ont un caractère religieux marqué et de nombreuxhikayat ousyair ont pour thème les divers moments de la vie deMahomet.
Les pratiques culturelles des peuples aborigènes de la péninsule, du Sarawak et du Sabah sont façonnées en grande partie par la tradition orale. Au Sarawak, des thèmes comme les relations entre individus d'une même tribu (et plus particulièrement avec les ancêtres et le monde des esprits) et leur influence sur la santé et la quête de nourriture, sont les thèmes majeurs de la littérature orale des ethnies aborigènes locales. Certains se retrouvent d'ailleurs d'une ethnie à l'autre, quoi qu'avec de légères variantes. Leur récitation accompagne souvent des rituels d'ordre mystique. Au Sabah, les traditions orales rassemblent là aussi divers contes populaires, notamment desmythes cosmogoniques, pour certains encore aujourd'hui récités par des médiums durant divers rituels chamaniques.
Le malaisien est une des formes dumalais, appelée égalementBahasa Melayu Baku ou « malais standard ». Il existe en effet en Malaisie plusieurs parlers régionaux appartenant au groupe malais. Le malaisien est enseigné dans toutes les écoles du pays et sert d'outil de communication interethnique (en concurrence avec l'anglais pour la classe moyenne et urbaine).
Il existe au total 138 langues autochtones ou d'immigration[1]. L'une d'elles, lejedek a même été répertoriée en2017 seulement[2]. Dans les faits, le malaisien, l'anglais, le mandarin et le tamoul demeurent les langues les plus importantes.
Le siteLettres de Malaisie a publié une sérieLes romans malaisiens anglophones[3]. Il fournit une information équilibrée, d'un point de vue occidental, de la vitalité des différentes littératures (visibles, accessibles en traduction) dans la Malaisie contemporaine : auteurs, traducteurs, éditeurs, et une sélection de textes traduits, le tout en français.
L'écrivainFaisal Tehrani (en) (), alias Mohd Faizal Musa, qui écrit en anglais et en malais, y dresse en 2018 un bilan contrasté[4] :Le problème de la littérature dans la Nouvelle Malaisie.
Parmi les écrivains malaisiens anglophones, quelques-uns ont obtenu des prix internationaux :Tash Aw, Tan Twan Eng, Preeta Samarasan, Shih-li Kow[5].
De nombreux écrivains chinois de Malaisie ont émigré à Taiwan, dont Li Yongping, Ng Kim Chew, Zhang Guixing, Ho Sok Fong, Li Zishu.

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