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Littérature irakienne

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Lalittérature irakienne désigne l'ensemble des pratiques et productions textuelles, orales et écrites, à toute époque,en toute langue, en tout lieu (diasporas comprises (en), estimées à 5 000 000 personnes), par des Irakiens de tout statut (citoyenneté, résidence,clandestinité, autre) et/ou toute personne revendiquant, au moins partiellement, son appartenance à laculture irakienne. Il s’agit d’abord de littérature contemporaine, essentiellement en arabe ou en kurde, les deux langues officielles depuis laconstitution de 2005.

Lalittérature irakienne est ainsi lalittérature (écrite comme orale) originaire du pays actuel, appelé désormais officiellementRépublique d'Irak, dont la population estestimée en 2021 à 40 000 000. Cette littérature est influencée par leslittératures des autres pays arabophones, lalittérature persane et l'histoire politique du pays.

Irak, 2000
Tablette 11 de l'épopée de Gilgamesh

XXe siècle

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Démographie : peuples, langues, religions

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La population, en millions d’habitants, est estimée à 1 (années 1-600), 1.5-2.5 (700-1200), 1 (1300-1800), 2,4 (1900), 3 (1920), 31 (2009), 40 (2018 et 2020), avec une diaspora, surtout depuis 1990 et 2003, qui serait de5 millions.

L’Irak demeure une mosaïque de peuples et delangues. Les deux grandsgroupes ethniques en Irak sont arabes (>70 %, environ25 millions) et kurdes (>20 %, environ9 millions).

Lesminorités en Irak (en) sont, vers 1990-2000 :Turkmènes d'Irak (entre 0,5 et3 millions),Afro-irakiens (en) (entre 0,5 et 1,5 million de descendants des Zanj),Yézidis (<500 000), Shabaks (>200 000),Doms (Roms, Kawliya, Qawliya, Awaz, Keche-Hjälp, Nawar) (50 000),Arméniens d’Irak (en) (15 000 vers 2000,Azéris (Azerbaïdjanais d’Irak),Persans d’Irak (80 000 en 1919),Lors d’Irak (150 000 en 2015) (ouFeylién,Circassiens d’Irak (en),Mandéens, chrétiens (chrétiens arabes, catholiques chaldéens et orthodoxes syriaques).

Outre les minorités religieuses (bahaïsme, christianisme,mandéisme,yârsânisme,yézidisme,zoroastrisme (en résurgence au Kurdistan irakien), la population irakienne relèverait à 50 % duchiisme imamiste (ouduodécimain) et à 17 % dusunnisme.

L’arabe mésopotamien (irakien), en raison de multiculturalisme inhérent de l’Irak ainsi que de son histoire, comporte de vastes emprunts dans son lexique de l’araméen, de l’akkadien, du persan, du kurde et du turc.

Les populations kurdes ne sont pas uniformes, se composent de différents groupes, dont lesJaf, lesKakaï… Les dialecteskurdes sont surtout legurani, lekurmandji, lesorani.

Les populations arabes se composent également de différents groupes, dont lesDulaim (en), lesArabes des marais, lesBédouinsChammar.

Diverses minorités, bilingues ou trilingues, parlent leur propre langue :arménien,mandéen moderne,néo-araméen oriental ousoureth,syriaque,persan (farsi),turc,azéri , avec des particularités mésopotamiennes/irakiennes. Chacune de ces langues est susceptible de porter une littérature, orale, radiophonique, télévisuelle, écrite, imprimée, traduite…

Contexte politique

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Dès 1900, l'Irak redevient un champ de bataille entre les empires du Moyen-Orient, jusqu'à la conquêtebritannique en 1918, qui en fait un État souverain sous mandat anglais.

1900-1920 : fin de l’empire ottoman

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Le début du siècle amplifie certaines dérives ottomanes, dont lesTueries de masse ottomanes :génocide assyrien (1914-1920),génocide arménien (1915-1923),génocide grec pontique (1916-1923). Une partie des rescapés trouvent refuge d’abord dans la région du nord de la Syrie-Irak, dans lescamps de Deir ez-Zor. Les témoignages présentent une certaine image des populations des deux pays.

Ledéclin de l’Empire ottoman (1299-1922), en grande partie accentué par l’action desJeunes-Turcs (1908), bien plus que duCongrès général arabe (1913), entraîne son effondrement (1908-1922) et l'abolition du sultanat ottoman (1922). Laposition ottomane dans la Première Guerre mondiale (1914-1918), le blocus de l'Empire ottoman (par laTriple-Entente, contre laTriplice puis laQuadruplice), lacampagne du Sinaï et de la Palestine (1915-1918), larévolte arabe de 1916-1918, tout concourt à sachute en 1918-1923. Mais il y a encore laguerre franco-syrienne (1920), larévolte Hananu (en) (région d'Alep, 1920-1921), lacampagne de Cilicie (1918-1921), dans le cadre de laguerre d'indépendance turque (1919-1922), et la naissance desFrères musulmans (1928).

Dès 1918, les anciensvilayets du Levant sont déclarésterritoires ennemis occupés (1918-1920, TEO). En 1920, leCongrès national syrien (1919-1920) (en) organise leroyaume arabe de Syrie (1920). Letraité de Sèvres (1920) établit unmandat français en Syrie et au Liban, unmandat britannique pour la Palestine, un protectorat britannique sur l’Émirat de Transjordanie et unmandat britannique de Mésopotamie :partition de l'Empire ottoman.

Mandat britannique de Mésopotamie (1920-1932) : Irak mandataire

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Le, laTurquie, qui émerge d'un empire ottoman démantelé, nouvellement créée sur les ruines de l'Empire Ottoman, signe letraité de Sèvres qui l'oblige à reconnaître la perte de ses possessions arabes. UnKurdistan autonome est également créé entre l'Est de l'Anatolie et le vilayet deMossoul. La résistance deMustapha Kemal empêche l'application du traité de Sèvres. Letraité de Lausanne accorde à la Turquie des frontières élargies vers l'Anatolie.

Unmandat de la Société des Nations est établi, avec ou sans concertation sérieuse avec le personnel politiqueirakien.Fayçal Ier (Fayçal ben Hussein al-Hachimi, 1883-1933), arabe du Hedjaz,hachémite, député au parlement ottoman (1912), chassé de Syrie par les Français, devient le premier roi d’Irak, de 1921 à 1933, et développe les aspirations nationales irakiennes, s’oppose aux soulèvements religieux et nationaux (chiites, kurdes, autres).

Royaume hachémite d'Irak (1932-1958)

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Leroyaume d'Irak est ressenti comme une colonie de l’Empire britannique (1707-1797). Les deux et derniers rois suivants sont Ghazi ben Fayçal al-Hachimi (1912-1939), puisFayçal II (1935-1958, sous régence). Durant laSeconde Guerre mondiale, lescampagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée sont localement essentiellement lecoup d'État de 1941 en Irak, suivi par la brèveguerre anglo-irakienne (1941). Lepanarabisme et lenassérisme sont à l’origine de laRépublique arabe unie (État créé en1958 par l'union de l'Égyptenassérienne et de laSyrie et disparu en1961), de l’éphémèreFédération arabe d'Irak et de Jordanie (1958) (également à dirigeant hachémite) et du projet inabouti de l’Union du Croissant fertile.

République d'Irak (1958-1968)

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Lesocialisme arabe vise à abolir les structures primitives et pernicieuses des sociétés arabes :féodalisme,nomadisme,tribalisme,sectarisme religieux,système patriarcal.LeParti Baas (Parti socialiste de la résurrection arabe) qui porte ces revendications est au pouvoir en 1947-1963 et 1968-2003.

République d'Irak (1968-2003)

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Le régime, de parti unique Baas, est dirigé parSaddam Hussein, au pouvoir de 1979 à 2003, et dont reste également l’épisode de sonCoran de sang, exemplaire unique déclaréharam.

Les libertés constitutionnelles sont accordées aux Kurdes de 1958 à 1961, jusqu’aux revendications d’autonomie desconflits kurdes en Irak (1961-2003) :première insurrection kurde irakienne (1961-1970),deuxième insurrection kurde irakienne (1974-1975), troisième (1976-1979), quatrième (1983-1986),génocide kurde (1988, Anfal),guerre civile kurde irakienne (1994-1997).

D’autres difficultés coexistent :guerre Iran-Irak (1980-1988),invasion du Koweït (1990),guerre du Golfe (1990-1991),sanctions contre l'Irak (1990-2003), programmePétrole contre nourriture (1990-),insurrection irakienne de 1991, tout cela provoquant une nouvelle vague dediaspora irakienne (en) (4 à5 millions de réfugiés).

Gouvernorats d’Irak en 1990-1991

Littératures contemporaines

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Avec lanahda (renaissance arabe, à partir de 1830-1850), les discours politiques existent, en Irak aussi, au moins depuis 1900 et surtout 1920 :politique en Irak,nationalisme arabe ,panarabisme,socialisme arabe, pas forcément strictement irakiens. La littérature politique kurde est plus centrée sur le nationalisme kurde, pas seulement irakien.

La littérature religieuse (de toute tendance ou obédience), surtout littérature musulmane (dignitaires ou non, religieux sunnites, chiites, autres) est généralement plus traditionaliste, et dans le meilleur des cas éthique et/ou spirituelle, mais aussi islamiste :religion en Irak (en), avec uneliberté de religion en Irak (en) très réduite. Parmi les discours religieux, restent ceux des quatorze années (1965-1978) d’exil irakien de l’ayatollah iranienRouhollah Khomeini (1902-1989), qui montrent l’influence possible de tels discours (du moins en Iran).

La littérature kurde s’imprime au Liban ou en Égypte. La poésie et les vers restent une forme d'art majeure dans l'Irak moderne. La référence demeure la littérature des XV-XVIe siècles, quand l'Irak est encore le centre du monde arabe.

La plus grande partie de la littérature irakienne, contemporaine d’abord, est méconnue du lectorat francophone, car peu traduite et/ou peu diffusée.

Une bonne recension de la riche production littéraire irakienne en prose et en poésie est fournie dans les revues littéraires publiées à Bagdad, dontal-Aqlām (La plume, 1964),al-Mawrid (La source, 1971),al-Kātib al-'arabī (L'écrivain arabe, 1982), ou à l’étranger, commeal-Badīl (L'alternative, 1980),Aswāt (Voix, Paris).

Avant 1940, les écrivains reconnus sont :

  • Jamil Sidqi al-Zahawi (en) (1863-1936), d’origine kurde, enseignant, directeur de l'imprimerie d'État, journaliste, membre de la Cour d'appel, professeur (philosophie islamique, littérature arabe), poète (arabe, persan, turc, kurde),La véritable aube pour réfuter ceux qui nient la recherche de l'intercession et les miracles des saints (1905),
  • Maruf al Rusafi (en) (1875-1945), poète, enseignant (arabe), érudit, député en 1912 et 1914 à la Chambre des députés turque, puis en Irak,
  • Muhammad Mahdi al-Jawahiri (en) (1899-1997),
  • Safa Khulusi (en) (1917-1995), historien, romancier, poète, journaliste et animateur.

Après 1945 :

  • Badr Shakir al-Sayyab (1926-1964), de tendance réaliste, grand réformateur de la poésie arabe moderne,
  • Mahdi Issa El-Saqr (1930-2006),East Winds, West Winds (1998),
  • Daisy Al-Amir (en) (1935-),La liste d'attente : les histoires d'aliénation d'une femme irakienne (1994).

XXIe siècle

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L’après-Saddam Hussein, de la République d'Irak (depuis 2003), à la suite desattentats du 11 septembre 2001, c’est laguerre contre le terrorisme (en cours depuis 2001), l’invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003, laguerre d'Irak (2003 – 2011), laseconde guerre civile irakienne (2013-2017) (avec attentats, batailles, massacres, coalitions, épurations, évacuations).

De manière plus générale, le monde est marqué par la rhétorique de l’État islamique (organisation) (Daesh). Le livre,Gestion de la barbarie (2004, oumanagement de la sauvagerie) d’Abou Jihad al-Masri (1961-2008) se réalise : guerre civile, tuerie de masse, dictature théologique, exaction, destruction, élimination, torture.

Devant cela, la littérature (autre que de témoignage) semble impuissante. Et pourtant !

Auteurs

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Œuvres

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Institutions

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Littératures en Irak avant 1900

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LeLevant (enarabe : المشرق ou بلاد الشام, enhébreu : לבנט, enaraméen : ܐܬܪܘܬܐ ܕܫܐܡ) désigne traditionnellement enfrançais les pays bordant la côte orientale de lamer Méditerranée : en premier lieu laSyrie, ainsi que leLiban (lesÉtats du Levant au sens français) ; mais larégion du Levant inclut également laPalestine,Israël, laJordanie, l'Anatolie (Turquie d’Asie), laMésopotamie et l'Égypte.

L’Irak, dans ses frontières actuelles, appartient à un ensemble plus vaste, géographique, climatique, économique, culturel :Levant,Machrek,Bilad el-Cham,Proche-Orient, voireAsie de l'Ouest,Moyen-Orient.

Lenéolithique du Proche-Orient est celui ducroissant fertile, essentiel dans l’histoire de la culture des céréales et de ladomestication. LeProche-Orient ancien connaît de nombreuses périodes de prospérité économique et culturelle, entrecoupées de batailles entre peuples voisins, en constante évolution (déplacement semi-nomade, commerce, incursion, invasion, migration, esclavage, déportation, assimilation).

Antiquité

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IIIe millénaire av. J.-C.

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IIe millénaire av. J.-C.

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Ier millénaire av. J.-C.

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  • Assyrie (vers -700)
    Assyrie (vers -700)
  • Empire néo-babylonien (626-539)
  • Empire mède (extension possible, 650-550)
    Empire mède (extension possible, 650-550)
  • Achéménides (559-330)
    Achéménides (559-330)
  • Empire parthe (de -247 à + 224)
    Empire parthe (de -247 à + 224)

Survol

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L’histoire de l'Irak s’inscrit dans l’histoire du Moyen-Orient ouProche-Orient ancien.Dans la région deMésopotamie (territoire entre les fleuves Tigre et Euphrate), se développent quelques-unes des plus anciennes civilisations du monde,Sumer,Assyrie,Babylone.Les vallées duTigre et de l'Euphrate appartiennent ensuite à une succession d'empires qui lui sont étrangers : empiresperseachéménide, grec (Alexandre le Grand suivi desSéleucides),Parthes,Sassanides.

De ces générations de paysans, éleveurs, cueilleurs, de tradition orale (aussi apte à la description du monde, à l'expression de soi, à la persuasion d'autrui, etc.), le vécu est globalement perdu : labeurs, souffrances, joies, parlers, chants, musiques, danses.Ce patrimoine, matériel et immatériel, subsiste parfois à l’état de traces dans la langue de la minorité dirigeante (administration, armée, religion, commerce), par et pour laquelle sont inventés dessystèmes d'écriture. Les textes parlent des princes, des héros et des dieux.

Dans la grande région, leslangues véhiculaires les plus évidentes sont

Mais aussi :

Il n'apparaît pas qu'il y ait eu de littérature antique spécifiquement irakienne. Par contre ont existé diverseslittératures antiques (littérature sumérienne,littérature mésopotamienne (ou akkadienne),littérature sapientiale dans le Proche-Orient ancien,littérature grecque antique,littérature latine,littérature persane (envieux perse etmoyen perse, etc.), dont certains écrits peuvent concerner en partie des réalités irakiennes antiques, et dont certains auteurs ont pu êtreirakiens.

Déportations de populations juives par l'Empire assyrien

Dans la grande région, lejudaïsme, religion du Livre (Bible hébraïque), est une réalité antique et proche (avec une distance Bagdad-Damas inférieure à 1 000 km) :histoire de l'Israël antique,Canaan,Galilée,Judée,royaume de Juda, épisode biblique de latour de Babel,exil assyrien (vers -740), règne et révolte d'Ézéchias (avec destruction deLakish,siège de Jérusalem (701 av. J.-C.) et déportation (par les Assyriens), règne deJoachin (roi de Juda) (Yehôyakhîn, roi en 598-597) exilé àNehardea (après la campagne mésopotamienne contre l’Égypte (601-600 av. J.-C.),siège de Jérusalem (587/586 av. J.-C.), destruction dutemple de Salomon,exil babylonien (586-539),province babylonienne de Yehoud (586-539), satrapie deYehoud Medinata (539-332),judaïsme hellénistique (333-164),révolte des Maccabées (175-140),province romaine de Judée, etc.Au plus tard sous le règne deNabuchodonosor II (roi en 605-562 de l’empire néo-babylonien (626-539)), commence l'histoire des Juifs en Irak, surtout après lapremière guerre judéo-romaine (66-73), puis larévolte de Bar Kokhba (132-135), avec l’installation de communautés, permettant ainsi à des textes juifs de garder aussi quelque trace de réalités irakiennes disparues :Nehardea, Mahoza (Séleucie,Coche,Veh-Ardashir),judéo-araméen babylonien,académies talmudiques en Babylonie (220-1038),académie de Pumbedita (en) (225-1250),synagogue de Doura Europos (sur le moyen Euphrate),Talmud de Babylone,littérature rabbinique… Les rois d’Adiabène (Erbil,dynastie Monobaze) se convertissent au judaïsme dès 30-60, au point de participer à lapremière guerre judéo-romaine (66-73).Ninive et la région de Mossoul, enHaute Mésopotamie, ont une communauté juive importante.

Irak préislamique multiculturel (1-638)

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Environnement vers 100
Guerre parthique de Trajan 116-117

À l'époque pré-islamique, la région, un temps province de l'empire Sassanide, porte le nom deKhvarvaran. Le nom d’Irak dérive du terme persanErak (bas-Iran).

Lechristianisme primitif, autre religion du Livre (Bible chrétienne,Ancien Testament,Nouveau Testament) se développe, en diverses langues (hébreu, araméen, grec, etc.), en partie par les communautés juives, dont une des premières visées est celle de Damas, alors forte d’environ 10 000 adeptes. Lechristianisme dans le monde romain, minoritaire (40), interdit (112), condamné (Discours véritable,Contre les galiléens), pourchassé, persécuté, puis toléré (édit de Milan (313)),édit de Thessalonique (380)), puis à peu prèsreligion d'État, est sans doute minoritaire, au moins en Irak, dès leIVe siècle. La région, suffisamment loin des centres romains de décision (et de persécution), sert de refuge aux minorités.

Il existe des récits, avérés ou non, de l’évangélisation et de la conversion de la Mésopotamie à l’âge apostolique, parThaddée d'Édesse (mort vers 50),Simon le Cananéen (mort vers 65),Bar-Tolmay,Thomas (apôtre) (mort en 72)…Erbil a son premier évêque chrétien en 104.Nadjaf a une zone de cimetière chrétien.Anbar (Falloujah) a son évêché.Enhaute Mésopotamie, dans la région deMossoul, le christianisme s’implante :Monastère Mor Mattay (363),Monastère Saint-Élie de Mossoul (582-590),Monastère Saint-Jean-de-Dailam,Isaac de Ninive (640-700),jeûne de Ninive. La ville deBakhdida (Qaraqoch), globalementassyrienne encore en 2000, se partage entreÉglise catholique syriaque etÉglise syriaque orthodoxe. À proximité, l'école théologique d'Édesse (363-489),école théologique de Nisibe (Nusaybin, près du Kurdistan syrien, 450-650)).

L’expansion du christianisme est plus large. L’Arménie voisine, avecGrégoire Ier l'Illuminateur (vers 240-326), se convertit en 300-313, aveccatholicossat de tous les Arméniens (301)La Géorgie voisine se convertit en 317, avecéglise orthodoxe géorgienne (devenue autocéphale en 484).Après 313, les persécutions anti-chrétiennes en Perse contre cette minorité réputée subversive et déloyale, manifestent une présence chrétienne militante et motivent en partie des mouvements religieux dont lechristianisme oriental, particulièrement lenestorianisme (Nestorius, (381-451)), vite présent sur les routes commerciales maritimes (Golfe persique, Océan indien) et caravanières, diffusant le christianisme nestorien, tout comme ces routes servent aussi à propager bouddhisme et islam.

Parmi leséglises catholiques orientales et courants, sectes, schismes :

Dans la région (particulièrement en survie difficile enTur Abdin,province de Mardin (Turquie)), lalittérature syriaque (en néo-araméen) atteste d’une recherche idéologique, spirituelle et théologique. Les actuellesÉglise syriaque orthodoxe (Jacobites, dontDionysius Bar Salibi (?-1171)) etÉglise catholique chaldéenne (chaldéens), par exemple, en témoignent encore.

Parmi les papes d’origine proche-orientale :Anicet,11epape (~155-166~),Jean V,82e pape (685-686),SergeIer,84e pape (687-701)Sisinnius (708),Constantin,88e pape (708-715),Grégoire III,90e pape (731-741).

Parmi les auteurs religieux chrétiens, de langue syriaque ou grecque :Ignace d'Antioche,Jean Mansûr(Saint Jean Damascène), (654-750), mais aussithéologiens nestoriens,liste des primats de l'Église apostolique assyrienne de l'Orient,école théologique d'Édesse,école théologique de Nisibe...

Autres personnages syro-irakiens célèbres de cette époque : empereurs romains d’origine syrienne :Élagabal (218-222),Sévère Alexandre (222-235),Philippe l'Arabe (244-249), mais aussiApollodore de Damas (50-129, architecte de l'empereurTrajan),Julia Domna (deuxième épouse de l'empereur romainSeptime Sévère),Septimia Bathzabbai Zénobie (reine de Palmyre de267 à272),Libanios (314-393, rhéteur)...

Préfecture du prétoire d'Orient, ou Diocèse d'Orient, vers 400.

La littérature reconnue est surtout (latine ou) grecque. Les ouvrages (en grec) deFlavius Josèphe, l’historiographeromainjuif d'originejudéenne duIer siècle, fournissent un éclairage nécessaire sur la période en proche Judée romaine.

Lejudaïsme sous toutes ses formes se maintient en Syrie-Jordanie-Irak :judéo-christianisme,sabéisme,Sadducéens,Samaritains (au moins jusqu’auxrévoltes samaritaines), et autresMinim. Le rabbin navarrais (basque)Benjamin de Tudèle (1130-1173), désireux de visiter la totalité des communautés juives dans le monde, voyage vers 1165-1170, visite la Mésopotamie, et les communautés de Bagdad,Bassorah, Mossoul,Soura (Babylonie) etSuse (Iran). Sur cette époque portent sans doute lesarchives juives irakiennes récemment découvertes.

Les cultes païens, araméens, arabes, ou autres, ne sont pas pour autant remplacés par la foi chrétienne, toutes tendances confondues duchristianisme primitif. La réalité paraît plus complexe :paganisme, superstition et syncrétisme dans un Empire chrétien, puisqu’aussi bien la région est en marge, et en contact avec des populations et des empires bien plus pressants.Pour l’époque, dans la région proche-orientale, coexistent, sans doute de manière conflictuelle, lezoroastrisme, à peu près religion officielle en Perse de -900 à +651 (et dans ses marges), lemazdéisme, lemanichéisme (du prophèteMani (216-277)), legnosticisme (IIe siècle-IIIe siècle), lescultes à mystères, dontculte de Mithra,Glycon,Dolichène et autres cultes.

Leséchanges commerciaux entre la Rome antique et l'Indeet la Chine, parroutes commerciales caravanières et maritimes, passent par le Proche Orient, et l’Irak, par les ports du Golfe persique, et vers les ports du Levant, deGaza àAntioche.

Au sud du Proche-Orient, prospèrent deux royaumes arabes chrétiens rivaux, lesGhassanides (220-638, en Syrie-Jordanie, alliés des Byzantins, avec pour capitale (Jabiyah du Golan), et lesLakhmides (300-602, en Basse-Mésopotamie,Characène (Khouzistan, Arabistan,Chatt-el-Arab) et un temps le nord-ouest du Golfe persique (probablement Koweït, Bahreïn,Qatif,Gerrha), alliés et vassaux des Perses Sassanides, avec pour capitaleAl-Hira). Après la division de l'Empire romain, la Syrie-Irak est rattachée à l'empire romain d'orient en395. L’Empire byzantin (330-1453), c’est lesguerres perso-byzantines (502-628), mais aussi l’art byzantin, lalittérature byzantine, lesscience et technologie byzantines.

Ces précisions sont importantes, dans la mesure où toute une richesse culturelle, chrétienne ou non, de cette période, a été balayée puis occultée avec l’arrivée de l’Islam, qui cherche à gagner, pacifiquement ou non, l’adhésion des populations. Lechristianisme en Irak, en 2000-2005, est estimé à 636 000 fidèles, etTarek Aziz (1936-2015), d'origineassyrienne, est longtemps ministre des Affaires Étrangères deSaddam Hussein.

Irak médiéval, terre d'islam, à dominante arabo-kurde, puis turco-mongole (638-1534)

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Environnement en 600
Empire sassanide en 621
Expansion de l’islam

L’expansion de l'islam, autrereligion du Livre (Coran), est d’abord guerrière (sous les Omeyyades surtout) : rapideconquête musulmane du Levant oude la Syrie romaine (634-638),de la Perse (633-654),de l’Arménie (638-639),de la Transoxiane (673-751),des Indes (à partir de 711),guerres arabo-byzantines (634-1180),croisades (1095-1291).

L’Irak est, un temps, le centre culturel du mondemusulman sous lesAbbassides.Bagdad, créée en 762 (Histoire de Bagdad (en)), devient une des plus grandes villes du monde avec un fort rayonnement intellectuel[3]. Sous la dynastieAbbasside, l'économie est prospère, les villes se développent, l’industrie, les arts et les lettres atteignent leur apogée[3]. L'Irak produit alors de nombreuxastronomes,mathématiciens,penseurs,lettrés ettraducteurs tels queAl Khwarizmi,Al-Jahiz,Al-Kindi,Al-Hajjaj ibn Yusuf ibn Matar etThābit ibn Qurra[4].

LeMoyen Âge européen (500-1500 à peu près) correspond à l’Âge d'or de l'Islam :culture islamique,sciences arabes,arts de l'Islam,architecture islamique,géographie et cartographie dans le monde arabo-musulman médiéval,historiographie de l'islam et du Coran,littérature de langue arabe,rhétorique arabe,système juridique islamique,jurisprudence islamique,études islamiques.

Le Proche-Orient (au moins pour la partie irakienne) connaît diverscalifats et/ou dynasties régionales (et un intermède chrétien européen) :

Aux marges, d’autres langues véhiculaires coexistent :

La zone de l’actuel Irak-Mésopotamie, globalement arabe ou fortement arabisée, devient rapidement musulmane, mais sans exclusive.Dans des États sous gouvernance musulmane, lesystème juridique islamique peut accorder le statut dedhimmi à certaines communautés (juive, chrétienne, etc.), leur permettant de participer à la vie collective et à son épanouissement, même si des difficultés socio-économiques peuvent transformer cette tolérance en stigmatisation et persécution, comme dans des États sous gouvernance non musulmane :persécution des Juifs pendant la première croisade,expulsion des Juifs,pogrom,antijudaïsme,persécution des chrétiens dans la Rome antique.

La littérature et la culture arabo-musulmanes, dans le monde musulman, unifié, ou désireux de l’être, ne sont pas limitées au monde arabe : lettrés, érudits, théologiens, philosophes, juristes, artistes, écrivains, et autres, circulent à l’intérieur d’un monde de plus en plus vaste, multiethnique, multilinguistique. Lalittérature arabophone est le fait d’auteurs de toute ethnie et/ou langue maternelle.Et les auteurs sont souvent multilingues : l’arabe et le persan, langues valorisées dans la littérature classique (avant 1800), coexistent, par exemple avec le grec, puis avec le turkmène, et leturc ottoman :littérature arabophone,littérature persane,poésie arabe,métrique arabe.

L’adab correspond à une littérature en prose de personnes de qualité (mais ni philosophique ni religieuse) : miroir, conte, fable, apologue, proverbe, généalogie, géographie, anthologie, compilation, encyclopédie, manuel,maqâma (ou Séance, court récit de fiction)…

Les évolutions de l’écriture de l'arabe, dont lesstyles calligraphiques arabes, permettent le développement d’unart du livre arabe, et de laminiature arabe, dont témoignent les manuscrits enluminés :Livre de la Thériaque de Paris,Dioscoride de Topkapi,Dioscoride de Topkapi,Maqâmât de Vienne,Kitab al-Bulhan,Hadîth Bayâd wa Riyâd.

Les débats théologiques forment une partie de la littérature musulmane, d’abord dans lesunnisme. Parmi les minorités musulmanes non sunnites : lechiisme duodécimain desAlaouites (Alep etLattaquié, depuis 880) et desNizârites (1080-1257), le soufisme chiite desQizilbash (Têtes rouges), et l'ismaélisme chiite desQarmates (Bahreïn, 903-1077) et d'une partie desKurdes.Lechiisme duodécimain, ordresoufiSafavieh fondé par le sheykhSafi al-Din d'Ardabil (1252-1334), auteur d’un livre perdu (Kara medjmua, « Le Livre noir »), dérivé de l’ordre soufiZahediyeh fondé par leCheikh Zahed Guilani (1216-1301) deLahidjan (Iran)

LesRadhanites seraient une corporation, en partie juive, participant au commerce international, particulièrement auIXe siècle, entre Europe et Extrême-Orient, selon leLivre des Routes et des Royaumes deIbn Khordadbeh (vers 820-885), particulièrement par laroute de la soie, éventuellement en relation avec lesKhazars, facilitant pacifiquement les brassages culturels.Dès 1258, et la fin des Abbassides, par époque et par région, les élites dirigeantes (de la Mésopotamie au sens large) usent de plusieurs langues : l’arabe, lepersan moderne, enalphabet perso-arabe), lekurde, letchaghataï, leturc ottoman, et éventuellement l’azéri.

Les populationskurdes, quelles qu’en soient les origines, ou kurdophones, évoluent sur un territoire qu’on peut nommerKurdistan, quelles qu’en soient les définitions, en partie identifiable aux contreforts desMonts Zagros, auhaut-plateau arménien et à laHaute Mésopotamie.Le passé incertain renvoie pour partie à des satrapies mèdes : (Gordyène (Corduène),Sophène,Osroène,Atropatène,Matiène (en),Moxoène,Arzanène,Adiabène (Arbèles,Erbil)).Le territoire auXXIe siècle est transfrontalier : Irak (nord), Iran (façade ouest), Syrie (nord-est), Turquie (sud-est).L’histoire du peuple kurde est celle méconnue detribus kurdes, en rivalités inter-tribales, intra-claniques, inter-claniques, et en interactions (souvent conflictuelles) avec les peuples voisins, ce qui vaut une réputation de faiseurs de troubles à ce groupe humain (le quatrième par la population dans la région, environ 40 000 000, qui refuse l'assimilation culturelle et linguistique dans les cultures et les langues des Arabes, des Turcs ou des Persans.On connaît uneliste de dynasties, d'États et de divisions administratives kurdes, quand les pouvoirs centraux (Mèdes, Sassanides, Arabes, Byzantins, autres) le permettent. Une partie se convertir au christianisme, puis à l’islam, avec une tendance à une forme dekharidjisme.AuxXIe et XIIe siècles, l’arrivée en force depeuples turcs ou turcophones permet l’intégration dans l’armée (avec la figure deZengi,atabeg deMossoul en 1127)dans l'appareil politique et religieux, dans les instances juridiques et religieuses sunnites, puis dans les confréries mystiques soufies (tariqa), avec participation auxcroisades, et implantation jusqu’en Égypte et au Yémen avec lesAyyoubides (1169-1250).AuxXIIIe et XIVe siècles, la conquête mongole dévaste plusieurs fois les terres et les populations kurdes. La chronique duSharafnameh (en kurde) fait l’histoire d’une partie des principautés kurdes qui se sont alors établies en réaction.

Unelittérature kurde existe aussi au moins depuis cette époque, généralement orale pour une population encore globalement analphabète, et écrite pour une minorité cultivée, pratiquant des formes de poésie recherchée : Baba Tahir (935-1010), Elî Termukî (1009-1077).

Irak ottoman (1534-1920)

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XVIe siècle-XVIIe siècle-XVIIIe siècle

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L’époque moderne (XVIe siècle-XIXe siècle) est principalement (sous domination) ottomane sur le territoire de l’actuel Irak.SousSoliman le Magnifique (1494-1566), sultan de 1520 à 1566, qui s’empare de l’Irak en 1534, l’empire ottoman connaît son âge d’or.La région mésopotamienne y contribue avec la présence de lamarine ottomane (dans l’Océan indien) et les nombreusesguerres ottomano-persanes (1514-1823),guerre turco-persane (1532-1555),expéditions navales ottomanes dans l'océan Indien,expéditions ottomanes à Aceh mais connaît aussi de nombreuses révoltes (injustices, corruption, contrôle insuffisant).La région connaît également de nombreuses (tentatives de) réformes.L’esclavage dans l'Empire ottoman] concerne également l’Irak :traite des esclaves de Barbarie,devchirmé,harem,eunuque,esclavage sexuel,Zanj.

Les régions administratives sont :eyalet de Mossoul (1535-1864),eyalet de Bagdad (1535-1862),eyalet de Chahrizor (1554-1862, approximativement le Kurdistan irakien) (1538-1862),eyalet de Bassora (1538-1862),eyalet de Lahsa (1553-1670Al-Hassa (Arabie)).L’arabe est limité au domaine religieux. La langue administrative est le turc ottoman. La langue culturelle est le persan (et les diverses langues turciques) : l'urgence est alors de forger une identité culturelle islamique unique. Lessciences et techniques dans l'Empire ottoman se font en turc ottoman.La littérature de langue arabe décline, y compris la poésie.

Le système desmillet dérive du droit islamique, avec les notions deDar-al-Islam (maison de la soumission à Dieu ou monde islamique, c’est-à-dire les musulmans),Dar-al-Ahd (maison de la trêve oumonde des soumis oudhimmis, des vassaux et des alliés, avec lesquels les musulmans sont en paix) etDar-al-Harb (maison de la guerre ou monde ennemi avec lequel les musulmans sont en conflit). Les millets non-musulmans s'intègrent dans leDar-al-Ahd en tant quedhimmis. Le premier millet,Rum milleti, reconnu dès la prise de Constantinople (1453), correspond à l'Église orthodoxe. Le second, au moment de la prise de Trébizonde (1461), est le millet arménien (millet-i sadika,millet fidèle, avec juridiction sur tous les chrétiens d'Orient (assyriens, coptes, syriaques, catholiques et même bogomiles). Le troisième est lemillet juif, dès la fin duXVe siècle (mais sans charte officielle avant 1839). D’autres suivent. Le système des millets est réformé en 1839-1856.

Les Kurdes de l’est (domaine persan), avec lesSéfévides (1501-1736) (puis lesAfcharides (1736-1749)), turcophones, probablement d’origine kurde, issus d'un ordre religieux soufi militant, à la suite des révoltes kurdes et révoltesyézidies, subissent une politique anti-kurde : terre brûlée, spoliation, déportation. Les Kurdes de l’ouest deviennent progressivement les gardiens des marches orientales de l'Empire ottoman contre la menace perse.

Lalittérature kurde (toutes zones confondues) s’honore de nombreux poète :

La Mésopotamie reste enfin relativement informée des autres cultures proches intégrées ou extérieures à l’empire ottoman (au moins d’Asie) :dynastie Zand (kurde d’Iran, 1750-1794)),royaume de Karthli (1490-1762, Géorgie),Arménie ottomane,khanat du Karabagh (1748-1822),khanat de Kouba (1680-1710),évolution territoriale de la Russie,Empire russe (1721-1917),Troisième Rome (Moscou),guerres russo-turques (1568-1878),émirat de Dariya (1744-1818, premier état saoudien etwahhabite).

XIXe siècle : Nahda

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Proche-Orient ottoman en 1900

Lalittérature arabe moderne commence, (après laCampagne d'Égypte de Napoléon en 1798-1801), avec lanahda ( éveil, essor, envol, renaissance), liée à la décomposition politique de l’Empire ottoman, au moment de réinvention identitaire dumonde arabe qui l’accompagne, au pouvoir en Égypte deMéhémet Ali (1805-1848), à l'ère des réformes (tanzimat (1839-1878)) dans l'Empire ottoman, au mouvement réformiste musulman, et à un renouveau durable de la langue et de la culture arabes. Tout au long duXIXe siècle, l'ottomanisme, nationalisme ottoman pluriethnique, multiculturel, multiconfessionnel avec prééminence musulmane, reste majoritaire dans le monde arabe. Lenationalisme arabe semble plus tardif : on peut l'associer à laRévolte ʻUrabi (1879-1882), soulèvement nationaliste égyptien, anti-occidental et anti-ottoman.

L'Empire — surnommé « l'homme malade de l'Europe » par l'empereur russeNicolasIer en 1853, lors d'une conversation avec l'ambassadeur britannique — diminue territorialement, mais entame un processus de modernisation afin de retrouver sa puissance et sa prospérité d'antan. Cette période débute en 1808 avec laCharte de l'Alliance (tr) (Sened-i Ittifak) signée entre le sultan et les chefs féodaux, et qui confirme le pouvoir de ces derniers face à l'administration centrale. Vient ensuite l’édit de Tanzimat (Tanzimat Fermani) en 1839 où l'administration centrale annonce des mesures législatives dans le but de moderniser l'Empire.

Durant cette période, des pays européens tels que la France et le Royaume-Uni influencent l'Empire ottoman. Une autre réforme entreprise à cette époque est l'abolition de l'esclavage en 1847. Le statut demillet est aboli 1855, ou plutôt réformé pour les communautés qui ne souhaitent pas en être privées.Cette période de réformes qui est appeléeTanzimat se poursuit par la premièreConstitution monarchique du 23 décembre 1876. Pour la Syrie, il s’agit entre autres de la route de Beyrouth à Damas (1857-1863) (par le comte de Perthuis de Laillevault) et duchemin de fer de Beyrouth à Damas (1891-1895).Le découpage administratif est restructuré :vilayet de Bagdad (1869-1918),vilayet de Bassora (1875-1918),vilayet de Mossoul (1878-1918).

La réorganisation (tanzimat) du pouvoir ottoman (1839-1876) est localement le fait deMidhat Pacha (1822-1883), progressiste, réformiste, pro-occidental, maître d'œuvre de laconstitution de l'Empire ottoman de 1876. Il est gouverneur duvilayet de Bagdad en 1866, avant d'être nommégrand vizir en 1873, à la place du précédent,Mahmoud Nedim Pacha, antiréformiste.

La « kurdicité » repose en parie sur le système tribal, d’adhésion au chef féodal kurde, ce qui est un générateur de conflits permanents, si nécessaire contre l'ensemble de la nation kurde, plus encore contre tout pouvoir central. Dans l’Iran voisin, sous ladynastie Kadjar (1786-1925, turkmène), la faiblesse persistante du pouvoir persan, malgré quelques victoires comme celles d'Abbas Mirza contre les Ottomans, laisse une large autonomie aux Kurdes.En Irak, le siècle connaît diversesrévoltes kurdes (1806-1912), dont celle deBedirxan Beg (1802-1868) en 1828-1847).Après l’écrasement d’une dernière grande révolte kurde, celle duCheikh Ubeydullah (1825-1883), il ne reste plus d’entités autonomes ou semi-autonomes kurdes, avec l’avènement du centralisme à travers une politique de réformes, dans les deux Empires ottoman et perse. Le pouvoir des princes est anéanti, dans la mesure où ils sont remplacés par des gouverneurs ottomans, mais impuissants car manquant de la légitimité traditionnelle. Cela renforce par conséquent ceux à qui ils sont amenés à déléguer : les chefs religieux (« cheikhs chez les Sunnites, ‘’dede chez les Alévis), féodaux (aghas), et, surtout, les chefs des tribus, devenant de fait des autorités intermédiaires, qui forment en fait un écran entre les individus et l'État. Ainsi, la modernisation des structures étatiques renforce le rôle des tribus kurdes, qui constituent désormais le réel contre-pouvoir face à la bureaucratie ottomane.

Lalittérature kurde s’illustre entre autres les écrivains :

Ledéclin de l'Empire ottoman s’accentue avecAbdülhamid II (1842-1918, sultan en 1876-1908).Le prototype des milices tribales kurdes, ce sont les régimentshamidiés, créés en 1891, sur le modèle des cosaques russes : le pouvoir central ottoman embrigade certaines tribus kurdes sunnites pour former des régiments de cavalerie irréguliers commandés par leurs propres chefs tribaux. Un des usages est de mater les minorités rétives, dont les plus connues sont lesmassacres hamidiens (1894-1897) contre Arméniens,Assyro-chaldéens,Syriaques.

Références

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  1. https://www.cairn.info/revue-tumultes-2002-2-page-108.htm
  2. « Prix de la littérature arabe », surInstitut du monde arabe,(consulté le).
  3. a etb(en) « Baghdad - History | Britannica », surEncyclopædia Britannica(consulté le)
  4. Souleymane Bachir Diagne,Islam et société ouverte : la fidélité et le mouvement dans la philosophie de Muhammad Iqbal, Maisonneuve & Larose,

Annexes

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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