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En latin,limes signifie simplement chemin de patrouille à la frontière.
Dans la terminologie militaire duIer siècleapr. J.-C., lelimes désignait les routes qui s'enfonçaient dans les territoires hostiles situés en avant des terres d'Empire, qui étaient jalonnées de postes fortifiés et dirigées vers l'extérieur. Leur but était de faciliter les offensives en pays barbare[2].
Le terme change de sens lorsque l'empereurHadrien renonce aux conquêtes. Les routes deviennent alors des routes fortifiées qui, là où manque la coupure géographique d'un fleuve, séparent le territoire romain de celui des barbares[3], et sont destinées à relier les différents secteurs frontaliers de manière continue[2].
Le termelimes, qui définit une frontière établie par l'homme, s'oppose à celui deripa qui désigne une frontière naturelle. Par extension,limes finira par désigner toute zone frontière, naturelle comme artificielle[3], ou à un ensemble de routes fortifiées formant une zone défendue derrière une frontière de l'Empire[3].
Barrière défendant l'Empire contre des ennemis extérieurs (ainsi en parlentFrontin[4] etTacite[5] auIer siècle), lelimes était gardé par endroits par deslégionnaires ou des auxiliaires.
À partir du règne d'Hadrien, il devient plus important pour l'empire de maintenir les territoires conquis que d'en conquérir de nouveaux. Il construit son système défensif d'abord sur le Rhin, puis en Bretagne[2].
Les frontières de l'Empire romain étaient constituées d'éléments naturels et d'éléments artificiels.
Lelimes matérialise physiquement lafrontière entre l'empire romain et le monde barbare, tel qu'il était entendu par les Romains, à savoir les peuples ne parlant nigrec, nilatin.
Lelimes consiste enroutes derocade le long de la frontière, desservant des postes de surveillance plus ou moins importants, et reliées aux villes de garnison. Localement, le limes peut être renforcé par des ouvrages tels que mur et/ou fossé. Il a un but défensif, mais aussidouanier et politique car il s'agit d'une fortification discontinue plus symbolique qu'efficace[7].
Deslimes plus ou moins élaborés ont ainsi été établis sur la plupart des frontières de l'Empire. Les plus célèbres sont ceux construits dans le nord de la province deBretagne (actuelle île deGrande-Bretagne) : les murs d'Hadrien, d'Antonin. Le plus grand était établi le long du Rhin et du Danube, par une succession de tours de guet, decastella (fortins), deplaces fortes reliées par un réseau très dense devoies romaines. Unlimes de ce type, mais moins profond et moins dense, était construit enAfrique du Nord.
Les barrières peuvent aussi être artificielles, comme une palissade ou un mur de pierre, parfois précédés d'un fossé. C'est le cas pour lemur d'Hadrien, lemur d'Antonin, leLimes Porolissensis(en) (enDacie) ou lelimes de Germanie. Chaque frontière était également suivie en parallèle sur toute sa longueur par une route avec un intervalle régulier des forteresses de légionnaires (castra), des forts (castella), des forts auxiliaires, ainsi que des tours (turris) et des zones d'observation (stationes).
Les représentations du limes romain peuvent être vues sur la frise de lacolonne de Trajan ou surcelle d'Antonin, où les scènes d'ouvertures se situent sur la rive droite duRhin, avec la représentation d'une série de postes de garde, de forts, de forteresses, avec également une protection de palissade.
Le troisième cas est très particulier, il s'agit des préfectures (comme la préfecture des Alpes à l'époque desguerres marcomanes). Ce territoire est confié à un commandant militaire spécial (dans l'exemple précédent, il s'agit deQuintus Antistius Adventus(en), dont le rôle a été de prévenir et bloquer lesinvasions barbares[8].
Il était constitué de plus de soixante places fortifiées espacées d'une dizaine de kilomètres. Elles défendaient la frontière de l'Empire. On peut citer celle deSaalburg près deBad Homburg, qui est la seule à avoir été reconstruite, ou lecamp romain d'Obernburg, aujourd'hui largement documenté.
Descohortes de 500légionnaires et cavaliers y étaient stationnées pour empêcher les pillages desGermains dans la zone contrôlée par les Romains. Desvoies romaines y conduisaient à partir de l'Italie ou de laGaule.
Plus de neuf cents tours de guet se dressaient le long dulimes rhénan, espacées les unes des autres de façon à pouvoir communiquer entre elles par signaux visuels ou sonores selon les conditions de visibilité, et ainsi avertir au plus vite la prochaine place fortifiée de tout mouvement germain.
Lelimes germaniquefut détruit par les attaques desAlamans en 258, qui occupèrent l'espace compris entre leRhin et leDanube. Une nouvelle ligne de défense fut organisée parAurélien (270-275) le long du Rhin et de l’Iller, affluent du Danube, avec Brigantium (Brégence) comme camp militaire.
LeDonau-Iller-Rhein-Limes(de) (DIRL) (Rehenus-Danuvius-Hilaria), est créé vers 290 après lachute du limes de Germanie supérieur-rhétien (vers 250), sur un territoire comprenant France, Allemagne, Autriche, Suisse et Liechtenstein.Une première acception concerne uniquement le tronçon de Constance au Danube.Une seconde acception comprend les tronçons Constance-Bâle, Bâle-Bingen et Haut-Danube. Le DIRL sert moins de rempart que de réseau de postes de surveillance de zones tribales potentiellement hostiles, par lesLimitanei (soldats des frontières), dans les provinces romaines deMaxima Sequanorum (Séquanaise) et deRhétie.
Là où le bois manquait déjà à la suite desdéfrichements entamés dès leNéolithique, des murs de pierre étaient élevés, qui bloquaient efficacement les cavaliers (Mur d'Hadrien)
Le mur d’Hadrien (Royaume Uni), long de 118 km, a été construit sous les ordres de l’empereur Hadrien en 122 apr. J.-C., à l’extrémité nord des frontières de la province romaine Britannia[6].
LeLimes de Bretagne est lelimes le plus septentrional de l'Empire romain, avec ses deux murs (lemur d'Antonin et lemur d'Hadrien). Ils contiennent lesPictes et lesScots. Le mur d’Antonin, une fortification de 60 km de long située en Ecosse, fut commencé sous l’empereur Antonius Pius en 142 apr. J.-C. comme une défense contre les « barbares » venus du Nord[6].
Tardivement, et dans le même ordre d'idées, se construit ladigue d'Offa dans l'Essex, longtemps après le départ des Romains, qui sépare Saxons et Gallois.
Le Limes danubien s'articulait sur une série de places fortes reliées par une route de rocade suivant le cours du Danube. Uneflotte fluviale complétait le dispositif de surveillance.
LeLimes du Danube, qui est le plus important du système de défense de l'Empire romain dans son ensemble, car il assurait la protection de beaucoup de provinces de laRhétie jusqu'à laMésie (c'est-à-dire tout le long du parcours du fleuve jusqu'à son embouchure).
Leslimes d'Afrique romaine désignent la série d'aménagements défensifs réalisés par lesRomains enAfrique du Nord.
Les Romains organisent leur système de défense au fur et à mesure de leur progression dans le contrôle des territoires annexés enAfrique et enMaurétanie. À chaque avancée, un nouveaulimes enveloppe des territoires et des populations réputés pacifiés et susceptibles d’accepter la civilisation à la romaine, et les distinguent des zones extérieures où laPax Romana n’est pas encore établie. Par sauts successifs, ce limes finit par atteindre et parfois pénétrer les confins arides du domainesaharien depuis l’océan Atlantique jusqu’aux déserts de laGrande Syrte.
Ces systèmes diffèrent des limes européens appuyés sur des fleuves : le relief montagneux et étiré d'est en ouest impose de construire desroutes de rocade qui permettent la circulation des troupes et aussi celles des commerçants, des points fortifiés qui les jalonnent et exceptionnellement des ouvrages défensifs tels que murs ou fossés. Des voies transversales unissent ce limes aux principales cités, et à la zone côtière[9].
Le limes est militairement efficace jusqu'auIIIe siècle. Culturellement, d'importants échanges existent entre l'Empire romain et les peuples barbares[10].
Lelimes de Germanie et deRhétie figure depuis 2008 dans la liste des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO[11]. Plusieurs sentiers construits le long de la frontière romaine existent encore aujourd'hui enAllemagne.
Le limes romain figure sur leCanon historique des Pays-Bas, liste officielle de 50 thèmes, initiative du gouvernementnéerlandais, dont la première version date de2006 et dont la deuxième version est officiellement acceptée le.
Carte du limes germanique, matérialisant la frontière de la province romaine deRhétie-Vindélicie.
Tour de guet derrière unepalissade de troncs de chênes taillés en pointe, derrière lefossé de défense. Reconstitution d'une infrastructure de défense (limes) aux frontières de l'empire romain oufortifications avancées. Kastell Zugmantel, dans leLand de Hesse, Allemagne.
Reconstitution palissade + profil de fossé à la Saalburg (ancien fort romain du limes de Germanie), massif du Taunus,Land de Hesse, Allemagne.
Tour de guet, reconstituée à Niedernhausen, Taunus.