Movatterモバイル変換


[0]ホーム

URL:


Aller au contenu
Wikipédial'encyclopédie libre
Rechercher

Liberté

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Page d’aide sur l’homonymie

Pour les articles homonymes, voirLiberté (homonymie) etLibre.

Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.
Si ce bandeau n'est plus pertinent, retirez-le. Cliquez ici pour en savoir plus.

Cet articlene cite pas suffisamment ses sources().

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant lesréférences utiles à savérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références ».

En pratique :Quelles sources sont attendues ?Comment ajouter mes sources ?
La Liberté guidant le peuple parEugène Delacroix (1830).

De façon générale, laliberté, du latinlibertas (« état de l'Homme libre »), dérivé deliber (« Homme libre ») est un terme qui désigne la possibilité d'action ou de mouvement.

Pour le sens commun, la liberté s'applique principalement aux individus et s'oppose à la notion d'enfermement ou de séquestration. Une personne qui vient de sortir deprison est dite libre. Le sens original du mot liberté est d'ailleurs assez proche : l'Homme libre est celui qui n'a pas le statut d'esclave.

La liberté est un sujet difficile. Bien que tous aspirent à être libres, il y a presque autant de définitions de la liberté qu’il y a d’individus. Ainsi, chaque société a dû établir certains principes de base pour s’entendre sur ce que devrait être la liberté.

Pour commencer, on peut définir la liberté comme la possibilité qu’a une personne de penser, de s’exprimer et d’agir selon ses valeurs, ses croyances, ses besoins et ses désirs. La liberté permet, par exemple, à une personne de faire des choix, de choisir. Ces choix peuvent être très simples, comme sélectionner une chanson que l’on a envie d’écouter. Il arrive aussi que ces choix soient plus complexes parce qu’ils impliquent des obligations.

Enphilosophie, ensociologie, endroit et enpolitique, la liberté est une notion majeure : elle marque l'aptitude des individus à exercer leurvolonté avec — selon l'orientation politique des discours tenus — la mise en avant de nuances dont aucune n'épuise le sens intégral :

  • formulation négative : où l'on pointe l'absence de soumission, de servitude, de contrainte, d'aliénation… que celles-ci soient exercées par d'autres individus (exemple : l'esclavage) ou - non plus physiquement mais opérant sur lesmentalités - par lasociété (exemples : lapropagande, lecontrôle social ou laloi, dès lors que certaines dispositions sont vécues commeliberticides, comme lavidéosurveillance, leconfinement ou encore laprohibition) ;
  • formulation positive : où l'on affirme l'autonomie et la spontanéité du sujetrationnel ; les comportements humainsvolontaires se fondent sur la liberté et sont qualifiés de libres ;
  • formulation relative : différents adages font ressortir l'équilibre à trouver dans une alternative, visant notamment à rendre la liberté compatible avec des principes de philosophie politique tels que l'égalité et lajustice. Ainsi : La « liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (art. 4 de laDéclaration des droits de l'homme), ce qui implique la possibilité de « faire tout ce qui n'est point interdit, comme ne pas faire ce qui n'est point obligatoire » (art. 5), la « liberté de dire ou de faire ce qui n'est pas contraire à l'ordre public ou à la morale publique » (droit administratif) ou encore « La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres » (peut-être inspiré parJohn Stuart Mill)[1]. Dans une telle formulation, la liberté est étroitement liée au concept dedroit, allant jusqu'à confondre les deux notions.

Cette notion renvoie à une double réflexion :

  1. d'une part sur la liberté en tant que questionnement sur la capacité de choisir et de faire ;
  2. d'autre part comme questionnement sur l'exercice concret de ce pouvoir de choisir et de faire.

Dans la mesure où ces deux perspectives se recoupent de diverses manières, leur chevauchement peut provoquer des erreurs d'interprétation dans les analyses et la confusion dans les débats. Il faut donc prendre soin de distinguer les différents sens de ce mot.

Définition

[modifier |modifier le code]

D'un point de vuesémantique, leTrésor de la langue française informatisé (TLFI) définit la liberté comme un état où le sujet n'est pas l'objet de contrainte[2].

Liberté et responsabilité

[modifier |modifier le code]
Article connexe :Responsabilité.

L'existence d'un degré de liberté suppose que le sujet soit confronté au moins à une alternative. Le propre de cette situation implique qu'un libre choix est possible, qui ne peut s'exprimer que par un renoncement aux autres possibilités. Il en résulte que nécessairement, l'attribution d'une possibilité d'agir, rend impossible une ou plusieurs autres possibilités d'agir et modifie donc d'autant le champ de libertés d'un individu.

D'autre part, l'interprétation des contraintes contenues dans l'alternative rencontrée n'est pas neutre dans la détermination du choix tant cette analyse conditionne l'évaluation du champ des possibilités. Il existe une infinité de tels ensembles : Pour une même situation, des opérateurs distincts voient donc sous le mot « liberté » des notions parfois fort différentes.A fortiori lorsque cette même situation se reporte dans un contexte différent.

De plus, comme le ditsaint Augustin« Dilige, et quod vis fac » : (Aime et fais ce que tu veux) en ce sens, la liberté est l'expression d'une dynamique comprise comme étant aussi uneresponsabilité.

Liberté et choix ouverts ou fermés

[modifier |modifier le code]

Lathéorie des jeux enseigne que le choix est également affecté par la perception d'enjeux partagés avec d'autres.

  • Dans une situation d'« enjeu fermé », le choix opéré détermine des effets qui produisent des conséquences qui ne peuvent se réaliser objectivement et nécessairement qu'au détriment ou à l'avantage d'une des parties. Ce qui est gagné par l'un est forcément perdu par l'autre. Le choix s'opérant — qu'on le veuille ou non — dans un contexte de rivalité.
  • Dans une situation d'« enjeu ouvert », le choix opéré produit des conséquences qui peuvent être reportées non pas sur les parties immédiatement présentes au choix, mais sur des tiers qui ne sont pas forcément présents au débat et peuvent à la limite jouer le rôle de « bouc émissaire »

Liberté source de droits et de devoirs

[modifier |modifier le code]

La liberté peut donc constituer un attribut de l'être humain, de savolonté, et être la condition dedroits naturels ou positifs, mais aussi dedevoirs et obligations.

Liberté formelle et liberté réelle

[modifier |modifier le code]

LaDéclaration universelle des droits de l'homme (1948) pointe la distinction entre « liberté négative » (le fait d'être délivré de l'ingérence d'autrui dans l'exercice d'activités que l'on peut faire par soi-même) et la « liberté positive » (le fait d'être délivré des facteurs restrictifs comme la faim, la maladie, l'insécurité, l'indigence, etc.). De ce fait, le texte distingue :

  • les droits-libertés ou droits fondamentaux (liberté d'expression, de mouvement, de conscience…) qui garantissent la sphère d'autonomie de l'individu face aux pouvoirs externes et notamment ceux de l'État. Ces droits sont nécessaires mais pourKarl Marx demeurent des droits formels, des droits « bourgeois » : « ce sont les droits de l'homme égoïste, de l'homme séparé de l'homme et de la communauté »[3]. Dans cette perspective, la défense des Libertés est assurée par unÉtat minimal ;
  • les droits-créances ou droits réels (droit au travail, assistance sociale, santé, logement, culture). Ainsi la liberté de poursuivre des études supérieures peut demeurer pour certains citoyens une liberté formelle si les droits d'inscription ou les conditions économiques constituent une entrave à l'exercice de ce droit. Dans cette perspective, undroit est considéré comme un, c'est-à-dire unecréance de l'État envers ses citoyens. UnÉtat providence est alors requis pour garantir l'accès effectif de chacun aux «libertés» censées être accessibles à tous.

Liberté-choix et liberté-exercice

[modifier |modifier le code]

L'exercice de la liberté doit comporter une dimension vécue que l'on ne saurait réduire au seul choix volontaire. D'une certaine manière « la liberté s'use si l'on ne s'en sert pas ». Ces deux aspects de l'existence humaine se distinguent, pour se rejoindre et se renforcer l'un l'autre ou au contraire s'amenuiser ou aller jusqu'à se détruire réciproquement. Ainsi, dans une société, l'existence des libertés juridiques peut être objectivement reconnue, alors que dans la pratique effective, laréalité (son existence dans nos actes) et l'essence (la conception que nous nous en faisons) de la liberté peuvent poser des problèmes.

Liberté principe philosophique ou liberté pratique socio-politique

[modifier |modifier le code]

L'enquête socio-politique sur la pratique de la liberté est au moins aussi fondamentale que le questionnement concernant le problème philosophique de son existence et de son éventuelle essence. Il faut cependant garder à l'esprit que les deux aspects se recoupent.

Typologie des libertés

[modifier |modifier le code]

Libertés individuelles

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Libertés individuelles.

On[Qui ?] distingue au niveau de l'individu plusieurs « types » de libertés :La liberté naturelle : selon laquelle la nature autorise l'homme à employer l'ensemble de ses facultés comme il l'entend.Laliberté civile : elle s'inscrit dans le cadre d'un homme citoyen étant libre de ses actes, tant que ceux-ci ne nuisent pas à autrui et ne sont contraires à aucune Loi. Cette liberté est très délicate d'application, en particulier en ce qui concerne le droit de laconcurrence, puisque toute création de commerce nuitpar principe aux commerces antérieurs existant dans le voisinage. On y associe souvent la maxime suivante : « La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres ».Laliberté de circulation : dans la même optique que la précédente, elle reconnaît à l'homme le droit d'aller et venir librement sur le territoire national, ce qui inclut la possibilité d'y entrer ou d'en sortir. Cette liberté a été étendue en Europe grâce auxaccords de Schengen, permettant la libre circulation des personnes dans l'espace de laCommunauté européenne.Laliberté de culte ainsi que laliberté de conscience : la liberté de culte permet à chaque individu de pratiquer la religion de son choix, la liberté de conscience permet de ne pas avoir de croyance religieuse. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen en fixe pour limite : l’absence de trouble à l'ordre public.Laliberté d'opinion consiste en laliberté de pensée associée à laliberté d'expression : elle permet à chacun de penser et d'exprimer ses pensées sans censurepréalable, mais non sans sanctions, si cette liberté porte préjudice à quelqu'un. Elle va de pair avec laliberté de la presse, qui est celle d'un propriétaire de journal de dire ce qu'il veut dans son journal.Laliberté économique : elle permet à chacun de percevoir des revenus de sontravail et de pouvoir affecter ces derniers librement : liberté de travailler et de consommer. Nul ne peut se voir refuserpar principe un emploi pour des considérations autres que de qualification professionnelle (par exemple sexe, origine ethnique, âge ou religion).Laliberté contractuelle : les individus doivent être libres de définir eux-mêmes les termes des contrats qu'ils passent entre eux.

Libertés collectives

[modifier |modifier le code]

La liberté n'est pas qu'individuelle, elle existe aussi à un niveau global, plus collectif, avec par exemple la liberté de la presse, qui permet une libre publication, sans subir de censure.

Les différentes libertés collectives :laliberté d'association :laliberté de la presse : elle permet à chacun de publier librement ses pensées ou ses opinions, sans être sujet à lacensure ou à tout autre mesure arbitraire ou autoritaire ;laliberté de réunion : elle permet aux individus de se réunir librement pour débattre de leurs opinions ;laliberté syndicale : elle permet aux salariés de former et d'adhérer ou non à desorganisations syndicales pour les représenter et faire valoir leurs droits et revendications.

En matière d'exercice des libertés collectives, la mise en œuvre concrète de la notion de liberté peut parfois conduire à des situations paradoxales comme dans le cas de laliberté de la presse, par exemple. Ainsi la concentration des moyens techniques et financiers importants, le soutien desannonceurs publicitaires nécessaires aujourd'hui aux organes d'information, en particulierradiophoniques ouaudiovisuels, tend à restreindre le nombre des opérateurs disposant des moyens nécessaires et suffisants pour agir. La conséquence étant la formation decartels qui, pour protéger leur situation, pratiquent de façon « spontanée » et « plus ou moins consentie » l'autocensure en raison :desgroupes de pression qui exercent leur influence sur leur actionnariatde leurs liens avec les annonceurs publicitaires qui ne souhaitent pas associer certaines prises de position avec leur image de marque,de la pression de l'audimat.

La détention des moyens d'expression peut ainsi conduire à relativiser le pouvoir de contrôle et de critique de l'individu sur ces vecteurs… L'abolition de lacensure n'est donc plus un gage suffisant de liberté: S'il est vrai que les publications ne sont plus soumises à des décisions arbitraires, les vecteurs de l'information jouissent d'une marge de manœuvre conditionnée essentiellement par leur actionnariat, leurs annonceurs et leur audience . Dans ce difficile équilibre, il n'est pas certain que la richesse et la diversité des individus puisse librement s'exprimer. La légitimité de l'information et des médias (présentés comme le quatrième pouvoir, à l'instar des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire) est de ce point de vue en question.

Liberté de l'information

[modifier |modifier le code]
Voir l'article détaillé :Libertés sur Internet.

Le développement d'internet a grandement facilité et décuplé les échanges d'information, ce qui pose de nombreuses questions éthiques relatives aux libertés.

Protection des données privées

[modifier |modifier le code]
Voir l'article détaillé :Données personnelles.

Il n'est pas souhaitable, notamment pour une entreprise qui souhaite protéger soncapital intellectuel, de divulguer des informations sur le réseau internet mondial. Il est parfois nécessaire d'établir des règles, et différents niveaux d'accès et de confidentialité pour lesparties prenantes[4].

Logiciel libre

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Logiciel libre.

Le logiciel libre cherche à donner la liberté à ses utilisateurs d'utiliser leursprogrammes comme ils le veulent, sans restrictions artificielles et sans donner au programmeur le pouvoir absolu sur le fonctionnement du programme[5]. L'utilisateur a également la liberté d'étudier le fonctionnement du programme, de le modifier et de le partager librement[6]. Cette liberté n'est pasanticapitaliste et est compatible avec lacommercialisation du logiciel[7]. Un des exemples les plus notables de logiciel libre est lesystème d'exploitationGNU, à la base du mouvement, mais lenoyau Linux,LibreOffice,Mozilla Firefox[8],le moteur wiki de Wikipédia, etbeaucoup d'autres en sont également.

Lemouvement du logiciel libre vise à favoriser l'accès à laconnaissance et aux techniques de manière universelle, ce qui, à l'heure de lamondialisation, représente un élément pour la défense deslibertés individuelles dans les pays émergents, les rendant techniquement indépendants des pays « déjà développés ».

D'après leurs détracteurs, lesbrevets logiciels entraîneraient la formation detrusts surpuissants juridiquement qui seraient peu compatibles avec les libertés individuelles car ils pourraient avoir des droits exclusifs sur les idées de base nécessaire à la création de logiciel[9].

Culture libre

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Culture libre.

La culture libre est un courant de pensée défendant et agissant pour l'égalité en droits des Hommes face à la connaissance et aux œuvres de l'esprit qui en découlent.

Les licences libres sont une forme de concrétisation de la culture libre. Une œuvre sous licence libre possède quatre caractéristiques fondamentales :

  • la liberté d'utiliser l'œuvre pour tous les usages ;
  • la liberté de la copier et de diffuser des copies ;
  • la liberté de l'étudier ;
  • la liberté de la modifier et de diffuser des copies de l'œuvre résultante.

À la base liée auxlogiciels libres, la culture libre s'étend à tout média, à toute la culture, à toute information : aux encyclopédies (ex : Wikipédia), aux livres (ex:wikisource), à l'éducation (wikiversité,Ressources éducatives libres), aux vidéos, aux films (Fondation Blender), aux jeux ; mais également à la science, la recherche, les brevets, et l'économie.

Histoire de la notion de liberté

[modifier |modifier le code]
Voir l'article détaillé :Histoire de la notion de liberté.

Antiquité

[modifier |modifier le code]
Allégorie de la Liberté dansAlmanach iconologique pour l'année 1765, Des vertus, parHubert-François Gravelot. Elle est décrite ainsi :« La Figure de LA LIBERTE se fait voir marchant, parce que son caractère est l'action. Le Sceptre qu'elle tient exprime l'emprise que par elle l'homme a sur lui-même. Quant au bonnet qu'on lui voit dans l'autre main, c'était le signe de l'affranchissement chez les Romains. Elle est la mère des connaissances, de là son nom donné auxArts Libéraux, et c'est ce qu'indiquent les différents attributs répandus à ses pieds. Ces Oiseaux changeant de climats avec les saisons, ainsi que ces Vaisseaux qui font route, semblent ajouter à la peinture du plus grand des biens. Le Chat ennemi de la contrainte achève de la caractériser. »[10]

La liberté telle que nous l'entendons (comme propriété métaphysique ou comme condition transcendantale de lavolonté) était assez largement ignorée dans l'Antiquité. Cela tient d'abord au fait que la volonté n'est pas pour les hommes antiques unefaculté à part du psychisme, et que le psychisme n'est pas séparable de l'organisme (cf.Aristote,De l'âme).

L'âme, chez lesGrecs, est un principe d'animation du vivant : lepneûma (du grec ancienπνεῦμα /pneûma, « énergie vitale »), (par exemple, le cheval a unepneûma, que l'on a traduit improprementâme dans les traductions du grec au français), alors que la comparaison pour nous de l'âme et d'un être vivant concret est bien difficile. (Du point de vue moderne, l'âme est plutôt l'esprit, la pensée ou la conscience, ou quelque chose d'intérieur qui peut se distinguer de la vie animale. L'âme est en général quelque chose qui ne peut proprement s'attribuer à l'animal, bien que l'éthologie contemporaine étudie et ne nie pas l'existence d'unesensibilité animale et decomportements animaux.)

Une conséquence importante de cette conception ancienne de l'âme, c'est que l'action, ou du moins un certain type d'actions, a pour les Grecs une dignité moindre (par exemple l'esclavage et l'artisanat). Par nature, un être quitravaille n'est pas « libre » (Aristote,Politiques) car son activité déforme son corps et altère en conséquence les qualités de son âme. Ce qui a de la valeur, la finalité par excellence de l'activité humaine, c'est lapensée, l'activité de l'intellect, conçue comme la finalité et le vrai bien de l'âme : la liberté de l'homme serait donc dans la contemplation qui nécessite d'ailleurs des conditions de vie d'hommes libres. (Το εύδαιμον το ελεύθερον, το δ’ ελεύθερον το εύψυχον ie. heureux sont les libres et libres sont les courageux.) Cette liberté n'est pas contraire à la nature et à sa nécessité, puisqu'elle est la réalisation parfaite de l'essence de l'homme (il ne faut donc pas confondre l'emploi qui est fait ici du mot liberté avec d'autres emplois qui sont faits ailleurs dans l'article).

L'école cynique (Diogène de Sinope) définit la liberté comme un individualisme qui permet à l'individu de se réaliser en remettant en question tous les tabous sociaux.

« Chez les Romains un homme perdait sa liberté naturelle, lorsqu’il était pris par l’ennemi dans une guerre ouverte, ou que pour le punir de quelque crime, on le réduisait à la condition d’esclave. Mais les Chrétiens ont aboli la servitude en paix & en guerre, jusques-là, que les prisonniers qu’ils font à la guerre sur les infidèles, sont censés des hommes libres ; de maniere que celui qui tueroit un de ces prisonniers, seroit regardé & puni comme homicide[11]. »

La liberté dans le droit n'est apparue qu'à la fin de l'Antiquité, lorsque laliberté religieuse a été octroyée aux chrétiens parGalère avec l'édit de Sardique dit « de Galère » (311), puis parConstantinIer avec l'édit de Milan (313)[12].

Christianisme

[modifier |modifier le code]

Lechristianisme vient ensuite modifier cette conception, avec l'idée d'undieu qui est volonté et qui crée, l'idée d'un dieu artisan (cf.Paul de Tarse). Cette idée de l'artisan se rencontre déjà chezPlaton, mais sous une forme qui n'est pascréationniste : lathéologie antique fait plutôt de Dieu un intellect non impliqué dans la création de la matière, même s'il peut y être engagé, par exemple pour y mettre de l'ordre. L'action va donc prendre de la valeur, ou changer de valeur, dans la mesure où le libre arbitre est maintenant métaphysiquement valorisé : cette valorisation a une originemorale, en particulier pour l'explication dupéché. Le prix à payer de lathéodicée (pour conserver lavolonté juste de Dieu), c'est la malédiction de la liberté humaine, qui fait de l'homme un coupable parnature.

Lelibre arbitre (liberum arbitrium) chrétien apparaît nettement dans un écrit de jeunesse d'Augustin d'Hippone (De Libero arbitrio). Sa finalité était de fonder unethéodicée ; ce concept permet en effet de disculper Dieu de la responsabilité du mal, qui est une création humaine ou diabolique (c'est là l'invention de l'intériorisation du pêché dénoncée parFriedrich Nietzsche)[13]. La motivation est donc théologique et non anthropologique. Plus tard, Augustin d'Hippone est amené à critiquer le moine bretonPélage qui a repris sonDe Libero arbitrio, en affirmant que, dans leLivre de la Genèse, l'homme a abusé de sa liberté en mangeant le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal (Genèse, chapitre 3). C'est l'origine de la doctrine dite dupéché originel. Augustin d'Hippone a écrit de nombreux livres anti-pélagiens qui décrivent cette doctrine, réaffirmée auXVIe siècle lors duconcile de Trente.

Par la suite, le libre arbitre deviendra un trait fondamental de l'anthropologie deThomas d'Aquin.

L'Église catholique affirme que l'homme a été créé libre, mais qu'il a abusé de cette liberté en mangeant du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. L'expression « péché originel » ne figure pas dans la Bible, mais est employée dans le catéchisme de l'Église catholique (§ 1707)[14] :

« Séduit par le Malin, dès le début de l’histoire, l’homme a abusé de sa liberté (GS 13, § 1). Il a succombé à la tentation et commis le mal. Il conserve le désir du bien, mais sa nature porte la blessure du péché originel. Il est devenu enclin au mal et sujet à l’erreur. »

En dépit de sa reconnaissance de la liberté humaine comme un droit fondamental, l'Église a longtemps considéré l'esclavage comme normal, ainsi que le dénonce l'auteur de l'article « Liberté » dans l'Encyclopédie en 1751 :« Mais comment les puissances chrétiennes n’ont-elles pas jugé que cette même religion, indépendamment du droit naturel, reclamoit contre l’esclavage des negres ? c’est qu’elles en ont besoin pour leurs colonies, leurs plantations, & leurs mines.Auri sacra fames ![11] »

Concernant plus particulièrement laliberté de religion, à la demande du papeJean XXIII, leconcileVatican II a adopté la déclarationDignitatis humanae (1965) qui reconnaît la liberté religieuse pour tous.

Dans l'exhortation apostoliqueReconciliatio et paenitentia (),Jean-Paul II affirme que, « en partant de quelques-unes des affirmations de la psychologie, la préoccupation de ne pas culpabiliser ou de ne pas mettre un frein à la liberté porte à ne jamais reconnaître aucun manquement ». Selon lui, cette conception de la liberté, qui est un résultat des sciences sociales dans la société contemporaine, est responsable de la perte du sens dupéché[15].

Dans l'instructionLibertatis conscientia sur la liberté chrétienne et la libération (), lecardinal Joseph Ratzinger, préfet de laCongrégation pour la doctrine de la foi, affirme : « Dans la volonté de liberté de l'homme se cache la tentation de renier sa propre nature. En tant qu'il veut tout vouloir et tout pouvoir et par là oublier qu'il est fini et qu'il est créé, il prétend être un dieu. « Vous serez comme Dieu » (Gen 3, 5). Cette parole du serpent manifeste l'essence de la tentation de l'homme ; elle implique la perversion du sens de sa propre liberté ». Selon lui, ce genre de tentation fait perdre le sens dupéché, de sorte que la volonté d'être libre aboutit presque toujours à l'esclavage et à l'oppression[16].

On voit, par ce bref historique, que le problème de la liberté enOccident n'est pas séparable de l'histoire de l'ontologie de Dieu. Ceci est encore valable même auXXe siècle, chezSartre par exemple (voir plus bas), lorsqu'il renverse le rapport de l'essence et de l'existence.

Pensée libérale

[modifier |modifier le code]
Article détaillé :Liberté (philosophie).

La réalisation de la liberté, sa pratique politique, crée de nombreuses tensions : sommes-nous plus libres sans les autres ? Comment penser la liberté par rapport aux libertés ? La liberté pour tous est-elle une véritable liberté ?

L'autonomie politique est incarnée par la figure ducitoyen, qui abandonne son indépendance naturelle pour se soumettre volontairement à des lois qui sont, au moins idéalement, les mêmes pour tous (Hobbes,Rousseau[17]). C'est à cette condition que, selon cette théorie, les hommes peuvent être libres ensemble. Mais les lois peuvent être ressenties comme une aliénation de leur liberté par les individus.

Il existe cependant un point de vue opposé à cette vision de l'éducation comme moyen de la liberté qui peut être regroupée sous le nom de « paradigme du bon sauvage ». Ainsi auXVIIIe siècle,Jean-Jacques Rousseau défendait unparadigme dubon sauvage, considérant l'éducation comme une domestication de l'homme, et lasociété comme uncarcan. Ce point de vue, qui sera développé parSigmund Freud dans son essaiMalaise dans la civilisation (1929), a été discuté dès laRévolution française. Un ouvrage commeSa Majesté des mouches deWilliam Golding suggère au contraire que l'homme privé des contraintes sociales n'en devient pas nécessairement meilleur.

Regards philosophiques

[modifier |modifier le code]
Articles connexes :Liberté (philosophie) etHeidegger et la question de la liberté.

S'il n'y a pas de chapitre spécifiquement consacré à la « Question de la Liberté » dansÊtre et Temps, l'on a cependant pu dire que « la pensée du philosopheMartin Heidegger demeure jusqu’à la fin une pensée de la liberté tout comme elle est une pensée du temps », comme le souligne le philosophe allemandGünter Figal dans sonMartin Heidegger. Phänomenologie der Freiheit, qui voit toute l'analyse duDasein constituer une introduction à la compréhension de ce que veut dire pour lui la liberté, cité par Hans Ruin[18].

Notes et références

[modifier |modifier le code]
  1. John Stuart Mill,De la liberté,p. 100 : « La liberté de l'individu doit être ainsi bornée : il ne doit pas se rendre nuisible aux autres. »
  2. Informationslexicographiques etétymologiques de « liberté » dans leTrésor de la langue française informatisé, sur le site duCentre national de ressources textuelles et lexicales I.
  3. K. Marx,La question juive.
  4. Conférence du 30 avril1998 sur l'internet.
  5. « Logiciel privateur », surgnu.org(consulté le).
  6. « Qu'est-ce que le logiciel libre ? », surgnu.org(consulté le).
  7. « Vendre des logiciels libres », surgnu.org(consulté le).
  8. Firefox propose des modules non libres pour étendre ses possibilités, ce qui est sujet à controverse dans la communauté du logiciel libre. Un dérivé de Firefox entièrement libreGNU IceCat, n'incite pas à l'installation de modules non libres.
  9. « Brevets logiciels et brevets littéraires », surgnu.org(consulté le).
  10. Iconologie, 1767.
  11. a etbArticle « Liberté » dans l'Encyclopédie, p. 471.
  12. L'édit de tolérance de Milan (13 juin 313), L'histoire pour tous, 19 mars 2013.
  13. La disculpation de Dieu est relative, puisqu'on peut toujours lui reprocher d'avoir créé l'homme avec cette déficience, ou d'avoir créé le diable pour le corrompre.
  14. Catéchisme de l'Église catholique.
  15. Jean-Paul II, exhortation apostoliqueReconciliatio et paenitentia.
  16. Joseph Ratzinger, instructionLibertatis conscientia.
  17. Théorie explicitée dansDu contrat social,texte disponible surWikisource.
  18. Hans Ruin - Le sort de la liberté chez Heidegger-KLESIS – Revue philosophique page 60: Mélanges phénoménologiques / avril 2008http://www.revue-klesis.org/pdf/Hans-Ruin-Klesis.pdf.

Voir aussi

[modifier |modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Unecatégorie est consacrée à ce sujet :Liberté.

Bibliographie

[modifier |modifier le code]

Filmographie

[modifier |modifier le code]

Articles connexes

[modifier |modifier le code]

Liens externes

[modifier |modifier le code]

v ·m
Droits humains essentiels
Droits civiques
Droits économiques, sociaux et culturels
Droits reproductifs
Atteintes aux droits
v ·m
Champs disciplinaires
Grandes subdivisions
Éthique appliquée
Concepts
Doctrines et Courants
Méta-éthique
Éthique normative
Éthique appliquée
Ce document provient de « https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Liberté&oldid=233305879 ».
Catégories :
Catégories cachées :

[8]ページ先頭

©2009-2026 Movatter.jp