
Unelibation est un rituel religieux consistant en la présentation d'uneboisson en offrande à unedivinité, ou à toute personne que l'on veut honorer, en renversant quelques gouttes sur le sol ou sur unautel. Les liquides offerts en libations étaient variés, le plus souvent duvin, dulait ou de l'huile d'olive. C'est une forme desacrifice. Il fut très pratiqué dans les religions de l'Antiquité.
La libation est l’action de verser (en latinlibare, en grecleibein, en sanscritlabla, « verser, jeter, lancer ») un liquidedevant une personne ou un objetsacré (statue, autel), Il se distingue de lalustration, qui est l’action de verser (ou asperger) le liquidesur la personne ou sur l’objet, dans un but de purification[1].
LaBible évoque la libation à plusieurs reprises.
« EtJacob dressa un monument dans le lieu où Dieu lui avait parlé, un monument de pierres, sur lequel il fit une libation et versa de l'huile. »
— Genèse, 35.14
« Vous y joindrez une offrande de deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l'huile, comme offrande consumée par le feu, d'une agréable odeur à l'Éternel; et vous ferez une libation d'un quart de hin de vin. »
— Lévitique, 23.13
« Car pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche. »
— 2 Timothée, 4.6
Unholocauste est toujours accompagné d'une libation de vin[2].
Dans l'Ancienne Égypte, ces rites avaient pris une connotation très complexe : aucun peuple de l’Antiquité ne leur a accordé autant d’importance. La libation est associée au culte d’Osiris, qui était à l’origine une divinité agraire : il représente le grain (ou touteplante) qui renait périodiquement sous l’action de l’humidité ; l’irrigation annuelle des terres par les crues du Nil lui donnait un sens cosmologique. Par la suite, Osiris étant devenu le dieu des morts[3], libations et lustrations étaient censées rendre à lamomie duPharaon (et plus tard, de tous les défunts) ses fluides vitaux afin de pouvoir renaître dans l'au-delà. Le matériel primitif se composait d'une verseuse et d'une cuvette[4] ; il s'est ensuite considérablement enrichi.
EnGrèce antique, la libation (spondè) est accompagnée d'une prière ou d'un vœu. Elle peut être accomplie à tout moment de la journée, pour invoquer la bienveillance divine. Lors des banquets, elle clôt le dîner (δεῖπνον /deĩpnon) et débute la beuverie (πότος /pótos)[5],[6].Théophraste la décrit comme un « toast en l'honneur du bon démon »[7].
Dans saLettre aux Romains,Ignace d'Antioche compare le martyre des chrétiens à une libation.
Dans l'Apocalypse, les sept coupes ultimes de la colère de Dieu (Apo 16 : 1) sont en réalité desphiales, c'est-à-dire des coupes plates à libation. Le versement de leur contenu a des effets particulièrement néfastes.

La libation a toujours été très pratiquée dans les traditions africaines. On la retrouve encore de nos jours en Afrique Noire. En Amérique Latine, et notamment en Bolivie, au Pérou et au Chili, elle perdure en hommage à la « Pacha Mama », déité de la terre, à laquelle sont offertes quelques gouttes de vin ou de bière avant leur consommation.
Dans l’Ásatrú, les pratiquants versent à l’aide d’une corne à boire de l’alcool (souvent de l’hydromel ou de la bière) pour honorer les dieux germano-nordiques et les ancêtres.
Dans la culture hip-hop américaine, la libation consiste à verser une petite quantité de liqueur de malt, ou autre alcool, sur le sol, en hommage à des camarades enterrés (« dead homies ») ou en prison, ou simplement pour consacrer une nouvelle entreprise.