Les Libéraux-démocrates résultent de la fusion en1988 de l'ancienparti libéral britannique et du plus récentparti social-démocrate, une faction qui a quitté le parti travailliste en1981. Les deux partis ayant préalablement formé une alliance électorale, baptiséeSDP-Liberal Alliance, pendant quelques années, mais les élections générales en 1983 et 1987 furent des déceptions pour l'Alliance. Ils ont gagné beaucoup de voix dans les élections, légèrement moins que le parti travailliste, mais ils n'ont pas gagné une quantité comparable de sièges à laChambre des communes. Après la fusion, le parti nouveau a éluPaddy Ashdown, premier chef du parti uni.
Au milieu des années1990, à la suite du « recentrage » duNew Labour sous l'impulsion deTony Blair, la question d'une alliance entre les Libéraux-démocrates et le Parti travailliste devient centrale. Néanmoins, souhaitant conserver une identité propre, le parti s'oriente davantage vers lagauche de l'échiquier politique, s'opposant en particulier à la privatisation des chemins de fer ou étant favorable à une hausse des impôts[7].
Après deux élections sans augmentation significative des sièges, l'élection générale en 1997 a doublé leur nombre de sièges. Ashdown a démissionné en 1999, etCharles Kennedy l'a remplacé. Sous la conduite de Kennedy, le parti a augmenté le nombre de ses sièges lors des élections de 2001 et également en 2005. Charles Kennedy a été obligé de démissionner le à cause d'une cabale interne et parce que des révélations sur sonalcoolisme allaient être rendues publiques.Menzies Campbell a été choisi comme dirigeant pour l'élection du.
À partir de 2004, le parti, qui a prospéré en se positionnant à la gauche du Parti travailliste, décide de retrouver sa place historique au centre. Le but est de récupérer des voixanti-Irak provenant des conservateurs dans des circonscriptions travaillistes. Les stratèges du parti désirent également reprendre l'espace politique au centre, misant sur un virage à gauche du Parti travailliste après le départ de Tony Blair[8]. La presse britannique utilise le terme de« révolution du livre orange » pour désigner l'adoption en 2004 d'un nouveau manifeste qui convertit les Lib-Dems aunéolibéralisme et les rapproche des conservateurs sur les questions économiques[9].
Ce partiqui se présente comme le « plus scrupuleux » de l'échiquier politique britannique[réf. nécessaire] a vu certains de ses dirigeants être accusés d'écarts de conduite impardonnables en politique et de scandales. Le parti est menacé aussi par leParti conservateur, qui s'est rétabli après l'élection deDavid Cameron, son nouveau dirigeant.
Durant la campagne desélections législatives de 2010, la prestation du chef du partiNick Clegg lors du premier débat télévisé permet aux Libéraux-démocrates de voir leurs intentions de vote fortement augmenter, un sondage leur prédisant même 34 % des suffrages. Cependant, les intentions de vote diminuent par la suite[10]. Finalement, le, le parti obtient 57 sièges et 23 % des voix. Mais les élections débouchent sur un « parlement suspendu » (Hung Parliament), sans majorité, qui met les Libéraux-démocrates dans une position de « faiseur de roi »[11]. Le, un accord de coalition est trouvé avec leParti conservateur britannique pour ungouvernement sous l'autorité deDavid Cameron comprenant cinq membres des Libéraux-démocrates, dont Nick Clegg qui devientvice-Premier ministre[12]. Le but des Démocrates-Libéraux est d'« ancrer le gouvernement au centre »[13]. Mais une grande partie de ses électeurs jugent que le parti a« vendu son âme » en s'alliant aux conservateurs[14].
Lors des élections locales de 2011, les Libéraux-démocrates perdent le tiers de leurs sièges tandis que leréférendum sur le mode de scrutin qu'ils soutiennent est largement rejeté[15]. L'année suivante, ils connaissent une défaite qualifiée d'« historique » aux élections locales[16]. Au congrès de Brighton, en, Nick Clegg apparaît de plus en plus contesté au sein du parti, de nombreux militants lui reprochent d'avoir laissé le gouvernement de coalition faire d'importantes coupes budgétaires dans les allocations aux plus pauvres, d'avoir abandonné la réforme de laChambre des lords ou encore d'avoir reculé sur la question des frais universitaires[17].
Traditionnellementcentriste[8], le parti a évolué vers lagauche parallèlement au recentrage duParti travailliste sous l'influence deTony Blair dans les années 1990[7]. Depuis 2004, les Libéraux-démocrates ont repris leur place au centre[8], notamment en participant à ungouvernement de coalition avec lesconservateurs entre 2010 et 2015. Cependant, les électeurs du parti se trouvent plus à gauche que les instances dirigeantes[9] même si un rééquilibrage vers le centre se rencontre après 2010, avec la perte de son électorat le plus à gauche[18].
Le parti veut réduire les impôts sur les ménages les plus pauvres, par le biais d'une taxe sur la propriété foncière (Mansion Tax(en))[19]. En matière d'éducation, ils sont favorables à une baisse des frais de scolarité et à une réduction du nombre d'élèves par classe. Le parti se voit cependant accuser de trahir ses promesses de campagne à la suite de sa participation au gouvernement deDavid Cameron, qui permet aux universités de tripler les frais d'inscription et dont la politique d'austérité entraîne une chute de 10 % en moyenne des revenus des Britanniques[20]. Sur le plan des libertés individuelles, le parti est opposé à la création d'unecarte d'identité et au stockage d'empreintes génétiques de personnes innocentes[19].
Les Libéraux-démocrates sont parfois qualifiés de« verts »[13] : ils sont pour un Royaume-Uni« zero carbon » en 2050, contre la construction de nouvellescentrales à charbon et lescentrales nucléaires de nouvellegénération. Ils proposent également de restreindre le budget alloué aux routes pour rouvrir des lignes dechemin de fer fermées[19].
En matière de politique étrangère, les Libéraux-démocrates sont réputéspacifistes. Ils sont par exemple le seul grand parti britannique à s'être mobilisé contre laguerre d'Irak[9]. Le parti esteurophile[13] et s'est même prononcé en faveur de l'euro[19]. Après leréférendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, les Libéraux-démocrates participent au blocage du Parlement en refusant toutes les propositions, et réclament l'organisation d'un second référendum. Ils restent cependant proches des conservateurs et refusent de prendre part à un vote de défiance contre le Premier ministreBoris Johnson[20]. Après son revers aux élections de 2019, le parti Libéraux-démocrates abandonne la contestation duBrexit[21].
↑Mark Kesselman, Joel Krieger et William A. Joseph,Introduction to Comparative Politics : Political Challenges and Changing Agendas, Cengage Learning,, 744 p.(ISBN978-1-337-67124-8,lire en ligne),p. 71.
↑a etbFabrice Rousselot, « Les travaillistes labourent en terre libérale-démocrate. En congrès, les lib-dem hésitent à s'allier au Labour. »,Libération,(lire en ligne).