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Liège (matériau)

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Pour les articles homonymes, voirLiège (homonymie).

Liège au Portugal.

Leliège est unproduit agricole et unmatériau cellulaire, produit à partir de l'écorce duchêne-liège. Cet arbre est actuellement le seul produisant des quantités exploitables desuber, même si cetissu végétal est présent dans toutes lesplantes vasculaires et parfois en quantité remarquée comme chez lephellodendron. Le suber protège l'arbre des insectes, du froid, des intempéries, et des incendies, tout en lui permettant de respirer, par de minces canaux appeléslenticelles (les trous du liège et de certains fruits).

Le chêne-liège est unpuits de carbone d’autant plus efficace que l’arbre est exploité pour produire du liège[1].

Histoire de l'utilisation et de la production

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Écorce d'un chêne-liège.

Les premiers chênes-lièges identifiés montrent que l'espèce existe depuis des millions d'années et des vestiges de l’Antiquité prouvent que les hommes ont su l’exploiter pour des utilisations variées et la fabrication d’objets très diversifiés.Des vestiges d’objets fabriqués en liège et datant de ont été retrouvés enChine, enÉgypte, àBabylone et enPerse. EnItalie, parmi d’anciens vestiges datant duIVe siècle av. J.-C., on a trouvé des objets fabriqués en liège tels quebouées,bondes pour obturer lesbarriques, chaussures de femme et morceaux de toitures.À la même époque, on trouve des traces du chêne-liège dans les écrits du botaniste grecThéophraste, s’émerveillant de « la faculté que cet arbre possède en renouvelant son écorce quand celle-ci lui est retirée ».

Le bouchon de liège résiste aux pressions mieux que lesbouchons du type précédent, et avec le développement duchampagne et autres vins pétillants, ils les supplantent à partir du début duXVIIIe siècle.

AuXVIIIe siècle et au début duXIXe siècle, le liège est utilisé pour fabriquer des maquettes de monuments antiques qui connaissent un grand succès[2].

Le nom du liège est attribué au27e jour du mois defrimaire ducalendrier républicain ou révolutionnaire français[3], généralement chaque dugrégorien.

AuXIXe siècle, la France, l’Italie et laTunisie développent l’exploitation de leurs forêts de chênes-lièges et la production du liège comme matériau. En1860, l'ÉcossaisFrederick Walton invente lelinoléum en ajoutant de l'huile de lin à du liège et fonde une entreprise auRoyaume-Uni qui produira des revêtements de sol pour l'Europe et l'Amérique du Nord de1864 à1970.

À la fin duXIXe siècle, le liège aggloméré apparait, permettant d'une part de récupérer les déchets de l'industrie du liège, d'autre part de développer des usages anciens (bouchons) et nouveaux (plaques, panneaux, etc., mis en formes infinies).

AuXXe siècle, l’industrie du liège développe des processus et desméthodologies, l’emploi du liège comme matériau est de plus en plus innovant etdans lesannées 1950, une entreprise américaine conçoit les premières dalles en liège pour revêtir le sol[réf. nécessaire].

À la fin duXXe siècle et au début duXXIe, des études sont menées pour définir les normes internationales pour l’industrie du liège. La principale institution dans ce domaine est la Confédération européenne du liège (C.E.Liège) qui regroupe cinq pays producteurs (Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Portugal)via les fédérations de ces pays.

Écorçage

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Écorçage près d'Aracena (Espagne).
Forêt de chênes-lièges près deTempio Pausania (Sardaigne).

Le liège produit naturellement par l'arbre est appelé « liège mâle » : crevassé et de moindre valeur, celui-ci ne peut pas servir pour la fabrication debouchons. De manière générale, l'opération qui consiste à enlever l’écorce d’un arbre se dit « écorçage». Pour désigner particulièrement l’opération consistant à enlever le « liège mâle » on parle de « démasclage ». Pour le chêne-liège, l’écorçage a cela de particulier que l’opération ne demande pas d’abattre l’arbre pour récupérer le liège. Cette opération se pratique dès que le tronc atteint 70 cm decirconférence à 1,30 m du sol et sur un arbre qui a entre 20 et25 ans.

Le liège mâle est de couleur noire, d’une structure très irrégulière et d’une dureté qui le rend difficile à travailler. Il peut toutefois servir de matériau d’isolation ou de revêtement de sol. Après le démasclage, il faut environ deux à troisécorçages avant que le liège après repousse devienne plus régulier, moins dur, avec une certaine régularité dans leslenticelles, et soit ainsi doté des caractéristiques nécessaires à la production de bouchons. Le liège de qualité « bouchonable » s’obtient en respectant la « loi des neuf ans », durée de repos nécessaire à l'arbre pour reconstruire une couche suffisante de liège[4].

Le nouveau liège qui se forme est appelé « liège femelle » ou « liège de reproduction ». L’opération qui consiste à enlever celui-ci se nomme « la levée ». On parle de « levée de l’arbre » quand l’épaisseur de liège femelle voulue est atteinte. Le seuil d’épaisseur idéal correspond à environ 3 cm : c’est l’épaisseur minimale nécessaire à la fabrication des bouchons pour lesquels le diamètre standard est en général de 24 mm. La durée de reproduction du liège sur un arbre écorcé est de neuf à quinze ans selon la région où l’arbre est cultivé. La levée s’effectue de mai à août. La durée de vie moyenne du chêne-liège étant de l’ordre de150 ans, cela permet d’effectuer de douze à quinze récoltes[5].

L'écorce s'exploite sur le tronc et les principales branches, si leur diamètre le permet. La hauteur d'écorçage dépend du diamètre du chêne-liège : plus il est gros, plus haut on peut lever le liège. On utilise pour cela un coefficient d'écorçage qui, multiplié par la circonférence du chêne-liège mesurée à 1,30 m indique la hauteur maximale de récolte à ne pas dépasser. En France, les coefficients d'écorçage sont en général de 1 à 1,5 pour le démasclage, et de 1,5 à 2 pour les levées suivantes. Dans d'autres pays, comme au Portugal par exemple, les coefficients d'écorçage peuvent atteindre voire dépasser 3, ce qui permet de gagner en rentabilité.

Pour prélever l’écorce, on utilise deshaches spéciales possédant un tranchant très fin et un manchebiseauté. Il est possible de distinguer trois types de haches[6] :

Propriétés

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Bouchon à bouteille de vin en liège aggloméré.
Objets d'artisanat en liège, à Porto (Portugal).

Le liège est un matériau cellulaire, dont près de 90 % du volume est de l'air, ce qui lui donne une faibledensité, d'excellentes qualités d'isolationthermique,acoustique et vibratoire. C'est un produit souple et antistatique. Grâce à lasubérine qui en constitue une fraction importante, il résiste relativement bien à l'humidité, et également au feu, même si, contrairement à la croyance populaire, le liège reste inflammable au même titre que tout composé ligneux. Il se décompose lentement.

On distingue deux types de liège : « naturel » et « expansé » :

Utilisation

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Il sert traditionnellement à fabriquer desbouchons à vin ; plus de 80 % de la production de liège mondiale est utilisée pour fermer les bouteilles[7]. Néanmoins, toutes ces propriétés, réunies dans un matériau naturel, rendent le liège précieux pour diverses applications. LePVC utilisé dans les fuselages des avions a pu être ainsi remplacé par du liège qui dispose des mêmes propriétés de légèreté et d'ininflammabilité[8]. Concassé en granulés, on le transforme en panneaux d'isolation, revêtement mural ou pour le sol. Il entre aussi dans la composition dulinoleum.

Le liège est utilisé dans beaucoup d'applications de bouchages spéciaux, de semelles de chaussures, de panneaux techniques. Il est également utilisé dans la fabrication de certainsinstruments de musique de lafamille des bois, notamment laflûte à bec, laclarinette, lehautbois, lesaxophone et lebasson.

Ses caractéristiques font de lui un matériau très demandé pour l’élaboration d’articles particuliers : siège de voiture, articles de sports,canne à pêche, constituants de produits destinés à l’industrie de pointe, joints de dilatation destinés à l’industrie du bâtiment, etc. Le liège peut entrer dans la fabrication devolants debadminton, et dans le secteur de lamode, pour la fabrication de chaussures, de sacs, d’accessoires et de vêtements.

L'expansion de ce matériau dans l'habitat a démarré à la fin duXIXe siècle. Au début duXXe siècle, des architectes renommés tels queFrank Lloyd Wright l'ont utilisé pour son absorption acoustique. AuXXIe siècle, il connait un surcroit d'intérêt pour la construction de maison plusécologiques (HQE par exemple) grâce à ses excellentes performances d'isolant acoustique et thermique anti-allergique, éprouvées depuis plusieurs siècles. Saconductivité thermique (λ) est d'environ 0,04 watt par mètre-kelvin en fonction du produit et du niveau d'expansion. Il se présente en panneaux constitués de liège broyé et aggloméré, expansé dans des fours ou desautoclaves, ou en plaques naturelles notamment utilisées en décoration. Résilient comme couverture de sol, il est souple à la marche et apporte un confort inégalé, même par les matériaux synthétiques les plus récents. Il est particulièrement utilisé dans les pays d'Europe du Nord, aux États-Unis, ainsi qu'au Japon.

Accessoires en liège sur un stand duVeggieWorld Paris 2019.

Il est également utilisé dans l'industrie spatiale[9], pour fabriquer desboucliers thermiquesablatifs, à l'instar de la sonde de la missionExomars.

Le coût de sa collecte et de son tri reste trop élevé pour qu'une filière de recyclage se développe à grande échelle malgré des initiatives locales.

Production

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D’autres pays, tels que laRussie, ont essayé de planter des chênes-lièges sans succès.

Commerce

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La France, en 2014, est importatrice nette de liège, d'après les douanes françaises. Le prix à la tonne importée était d'environ 11 000 [12].

Références

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  1. Site de la Fédération française du liège,Un chêne-liège exploité capte deux fois plus de CO2 que n'importe quel autre arbre.
  2. Françoise Lecocq, « Les premières maquettes de Rome - L’exemple des modèles réduits en liège de Carl et Georg May dans les collections européennes aux XVIII -XIX siècles »,Roma Illustrata, représentations de la Ville. Actes du colloque international de Caen,‎,p. 227-259(lire en ligne).
  3. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine,Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française,p. 21.
  4. Coopération - Découvrir la terre de Vasco de Gama.
  5. Site de la Fédération française du liège,Le procédé d'écorçage du chêne-liège.
  6. La levée du liège.
  7. (es)Ecologistas y corchos, Reuters Sobre elmundovino, 13 août 2007.
  8. « Des avions… en bouchons de liège ? »
  9. (en) JenniferHarbaugh, « Foam and Cork Insulation Protects Deep Space Rocket from Fire and Ice »,NASA,‎(lire en ligne, consulté le).
  10. « Production de liège : Situation, évolution en France et dans le monde »,(consulté le).
  11. (pt + en) « APCOR Yearbook 2018/2019 », surapcor.pt/,(consulté le).
  12. « Indicateur des échanges import/export », surDirection générale des douanes. Indiquer NC8=45041011(consulté le).

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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