Les Hommes du jour, est une collection de brochures hebdomadaires grand format, d'inspirationlibertaire, publiés entre 1908 et 1919[1]. Elles sont majoritairement rédigées parVictor Méric, sous les pseudonymes deFlax ouLux, avec une illustration de couverture d’Aristide Delannoy. 245 numéros sortiront jusqu'en.
À partir de 1909 parait une collection annexe,Portraits d’hier, « études sur la vie, les œuvres, l’influence des grands morts de notre temps », ainsi qu'en 1910La Petite bibliothèque des Hommes du jour. La collection fusionne avecLe Journal du peuple en 1916. Elle devient une série mensuelle de 32 pages à partir d'avril 1920.
En 1929, elle prend le titreLes Hommes du jour et Le Journal du peuple.
En,Victor Méric lance, avecHenri Fabre, la collection« Les Hommes du jour annales politiques, sociales, littéraires et artistiques », une revue mi-politique, mi-satirique, de quatre pages, à la vervelibertaire, appelée à un succès durable[2]. Le gérant estErnest Reynaud[3].
Chaque numéro présente la biographie d’un personnage contemporain rédigée non sans humour parVictor Méric, sous la signature « Flax », tandis qu’une truculente caricature de Delannoy donne les traits du personnage.Les Hommes du jour paraissent sous cette forme jusqu’après 1918. La série est complétée par lesPortraits d’hier, bimensuels consacrés à des célébrités des lettres, des arts, de la politique ayant vécu auXIXe siècle[4].
Pour la couverture du premier numéro,Aristide Delannoy réalise une caricature deGeorges Clemenceau à l’apparence d’une tête de mort, au lendemain de la sanglante répression du mouvement des carriers des sablières de Draveil.
Victor Méric a raconté dans un numéro consacré à Delannoy en, l’accueil qui fut fait à ce dessin devenu fameux : « Nous étions assez inquiets. Il nous fallait, pour le premier numéro destiné auGrand Flic Clemenceau, un dessin vigoureux, acerbe, mordant. J’avais fait le possible pour le texte. Quand Delannoy, quelques jours après, revint avec son carton et exhiba la fameuse tête de mort, nous trépignâmes de joie. Avec un dessin semblable, c’était le succès assuré. Ce fut le triomphe. LaGueule de Clemenceau tirée à 25 000 s’enleva comme du petit pain »[6].
Quelques mois plus tard, le, Victor Méric etAristide Delannoy sont condamnés à un an de prison et à 3 000 francs d’amende[7] pour avoir, représenté le généralAlbert d'Amade, protagoniste d’une expédition coloniale au Maroc, en boucher au tablier taché de sang. Le, les deux hommes sont incarcérés à la prison de la Santé, au quartier politique. Delannoy, atteint de tuberculose, est libéré le avant l’expiration de sa peine[6]. Victor Méric n'est placé en liberté conditionnelle que le[2].
La publication continue jusqu’en 1939 avec des collaborateurs divers, la caricature étant remplacée par un cliché photographique en couverture. Le dernier numéro parait le.
Autres personnalités : Paul Adam, Maurice Barrès, Henry Bataille, Paul Bourget, Aristide Briand, Jules Claretie, Georges Courteline, Lucien Descaves, Paul Deschanel, Maurice Donnay, Anatole France, Urbain Gohier, Maxime Gorki, Jules Guesde, Jean Jaurès, Paul Lafargue, Jules Lemaître, Maximilien Luce, Octave Mirbeau, Jules Renard, Jean Richepin, Henri Rochefort, Auguste Rodin, Edmond Rostand, Séverine, Tolstoï, Édouard Vaillant, etc.